Hey, salut à tous ! Tout d'abord, je tiens à m'excuser du retard, j'avais promis que je publierais ce chapitre à une certaine date, c'est-à-dire, y'a plus d'une semaine, et j'avais malheureusement pas fini d'écrire le chapitre 9. Et c'est alors que je vous l'ai annoncé avec un teaser, qui m'a valu une menace de mort ^^ (oui Timothe, c'est de toi qu'on parle).

Teaser : ALORS QU'IL S'EN TIENT À SA PROMESSE... ALORS QU'ELLE NAGE DANS LES MÉANDRES DE L'INCOMPRÉHENSION... IL AFFRONTERA UN ENNEMI, TANDIS QU'ELLE ÉCHAPPERA À D'AUTRES...

J'en avais également profité pour vous troller. Je pense que vous verrez de quoi je parle une fois le texte ci-dessous lu. D'ailleurs, le teaser ressemble à une prophétie pas encore accomplie. Bon enfin, bref.

Maintenant que j'ai la wifi (même si elle est en carton), j'en profite pour publier le chapitre, j'espère sincèrement qu'il vous plaira. Perso, j'ai bien aimé l'écrire.

Sur ce, bonne lecture !


Chapitre IX : Réflexions impétueuses

Astrid s'était tenu sous la pluie tellement longtemps que quand elle était rentrée chez elle, plusieurs passants ne l'avait pas reconnu. Depuis, un goût amer hantait sa bouche. Elle avait mal à la tête, elle n'arrêtait pas de pleurer, s'énerver. Pourquoi trouvait-elle ça frustrant qu'il soit partit en la laissant ? Ne l'avait-il pas entendu ? Certainement que non…

Elle n'avait compris qu'à l'instant où il avait posé ses les lèvres sur les siennes à quel point il comptait pour elle, qu'elle s'était berné en voulant son amitié toutes ses années. Et elle s'en voulait. Elle avait voulu qu'il revienne, elle lui avait dit que c'était possible, pourtant il a suffit que les habitants de Beurk le voit pour qu'il provoque le dégoût général. Tout le monde s'était fait à l'idée qu'il était un intrus. Absolument tout le monde s'était résolu à ça.

Pour elle, il n'y avait pas plus désespérant de voir aussi peu de lucidité chez les siens. Et même si Varek, les jumeaux Kognedur et Kranedur et Rustik ne se souciait pas vraiment de ce que pensait les siens par rapport à Harold, c'était surtout parce qu'ils croyaient l'avoir capturé. Encore, elle n'était pas sûr qu'ils aient compris le sens de son rapatriement ou bien comment ils avaient fait pour partir d'un drakkar en plein océan.

La jeune valkyrie avait l'impression d'avoir berné tout le monde. L'espoir l'avait trop aveuglée, et maintenant, elle se retrouvait seule, avec de nouveaux sentiments qui pesaient sur son cœur. Comme l'affection qu'elle voulait porter à Harold. Un Harold disparu sous une pluie battante avec pour seul amis, l'ennemi du village.

Et c'est effondrée sur son lit, trempée jusqu'aux os, les yeux larmoyant et la poitrine prise dans un étau qu'elle s'endormit. Son sommeil s'acheva quand une vague de froid la réveilla et l'étreignit de la tête aux pieds. Elle éternua, et déjà, quand les événements de la vieille refirent surface, Astrid savait qu'elle devrait se préparer à une dure journée, toute aussi ennuyante que les autres, mais sûrement ponctuée par des remontées de chagrins. Bizarrement, elle avait l'impression de n'avoir dormi que quelques minutes, mais ces vêtements gelés lui chuchotaient sur tout son corps de cesser de les porter. Ils se défirent rapidement d'elle et furent jetés en vrac sur le dossier d'une chaise.

La jeune fille se sécha avant de s'emmitoufler dans des vêtements propres. Elle renifla plusieurs fois, et jura contre elle-même. Elle avait attrapé un rhume. Une fois prête, la valkyrie sortit en direction du port, l'air maussade, les pieds traînant. Sur les passerelles de bois qui reliait la ville au port, elle vit Varek.

- Vous êtes arrivés, lui dit-elle d'une voix enroué.

- Ouais, mais avec un jour de retard, dit-il en posant son sac d'affaire comme pour se préparer aux longues discussions qu'il s'offrait avec Astrid.

- Je vois ça.

- On a dû faire des pauses pour colmater et recolmater les brèches que les pirates ont fait. J'en ai mal aux épaules. Et toi ? Ton prisonnier ?

Varek vit l'intéressée baisser la tête avec une expression décomposé. Il soupira et reprit la parole en faisant craqué ses os.

- Je sais ce que tu as essayé de faire, Astrid, et je sais comment tu as voulu t'y prendre. Sur le port j'ai déjà entendu de sales rumeurs sur un revenant. Et ça fait trop longtemps qu'on se parle pour que je ne comprenne pas ce qui ne va pas chez toi. » Comme elle ne répondait pas, il poursuivit :

- Ça fait, quoi… dix ans ? Depuis tout ce temps où il était introuvable, on a parlé et tu vois bien que on est presque les seules du village à penser que… Harold n'aurai pas dû subir un traitement aussi défavorable. Il t'a hanté pendant dix ans. Et rien qu'en voyant ta tête, je me dis que tu viens de le découvrir. » Nouveau silence. Les marins défilaient sur la passerelle en portant des sacs mouillés et rageusement recousus en râlant sous l'effort et les nouvelles. La combattante était presque méconnaissable. Fatiguée, un peu négligée, sans sa tenue de combat, le nez rouge et sans sa fameuse hache.

- Il est partit, c'est ça ? lâcha Varek. Il perçu le léger hochement de sa tête. Même si le jeune homme avait envie d'une réponse plus net, il n'insista pas. Même une viking ne devait pas montrer qu'elle pleurait. C'est presque s'il voyait son cœur se serrer avant de se briser derrière sa cage thoracique. L'érudit soupira, reprit sa besace avec énergie et poussa son amie vers la ville.

- Viens, les bateaux marchands ont ramenés pas mal de trucs. Je pense que tu as besoin d'un remontant.


Assis à une table de la Grande Salle, Varek et Astrid partageaient un pichet de liqueur. Une personne en particulier y toucha, l'autre s'abstenait puisque la matinée avait à peine commencé. La jeune fille prenait régulièrement des gorgées sans parler, et bientôt quand elle eut vidé les deux tiers de la carafe, Varek la retint de faire cul-sec en la portant à la bouche.

- Je pensais pas que tu prendrais autant de plaisir à boire un truc aussi fort, lui dit-il en grimaçant.

- J'ai froid, et ça réchauffe…

Il ne réussi pas à la retenir d'engloutir un autre verre. Mais il ne consentit pas à en lui laisser un dernier. La jeune femme commençait déjà à virer sur le rose, et ne lâchait pas une seconde sa chope. Elle semblait sonné par l'ambiance, le bruit, les événements passés et maintenant l'alcool. Et bientôt, si elle n'y prenait pas garde, la maladie. Astrid s'effondra sur la table, sa tête heurtant le bois dans un bruit sourd.

- Je lui ai demandé de m'emmener…

Un sanglot s'éleva de la forme avachit sur le meuble tandis qu'elle repliait ses bras sous son crâne. Le viking attablé en face d'elle baissa les yeux, désolé pour elle. Si elle était encore là, c'est qu'il avait refusé de la prendre avec lui.

- J'ai était horrible… !

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda son ami en croisant les bras sur la table. Heureusement pour elle, il avait eu l'idée de prendre une place au fond de la salle, un coin sombre, pour lui laisser de l'intimité. Ils seraient à l'abri des oreilles indiscrètes.

- Je lui ai promis une chose, et je suis allé à l'encontre de ce que j'ai dit. Il a tout vu, je l'ai dégoûté. Il a chassé les habitants de Beurk en les criblant de pierre… !

- C'est pas plutôt l'inverse ?

- C'est pareil ! fit Astrid en tapant du poing sur la table, se redressant vivement. Varek leva les mains en signe de capitulation. Puis elle retomba aussitôt dans un bruit sourd avant de continuer.

- Tu l'aurais vu, il était tellement en colère… On s'est disputé et… il nous a insulté. Puis il a… » Le viking vit que le débit des larmes augmentait soudainement et elle rougissait furieusement. Quand elle tenta de lui en parler encore une fois, il la stoppa.

- C'est bon, je crois que j'ai compris. T'es pas obliger d'en parler. » Il soupira. « Et tu lui a demandé de t'emmener ? » Elle hocha la tête en faisant une étrange moue plaintive. C'était perturbant de voir Astrid faire des yeux de chiot battu. Ça lui ressemblait pas.

- Il a pas répondu, il a juste… » Le flot de larmes reprit de plus belle.

- Du calme, t'es pas forcé de le dire. Je vois bien que tu te fais mal. » Il laissa son amie pleurer et renifler en silence pendant un moment, et quand il lui sembla que dix minutes étaient passés, il fut étonné qu'elle larmoie toujours avec la même intensité. Il hésita longuement à lui poser des questions. Puis céda à sa curiosité, en dépit de l'état de la valkyrie.

- Tu compte faire quoi ?

- Quoi ? fit-elle, surprise par cette question.

- Tu compte faire quoi maintenant que tu as échoué… euh, sur tout le plan ?

Elle l'incendia du regard et il se recala, craintif, sur sa chaise. Elle soupira, elle se rendait compte qu'elle avait remporter une défaite totale. Harold l'avait renié, Beurk avait renié Harold, et Astrid n'avait rien obtenu de son objectif, ni d'elle. En conclusion, elle s'était ramassé. Il l'avait rejeté et c'est ce qui lui faisait le plus mal.

- À quoi tu penses ? demanda Varek, voyant qu'elle mettait du temps à répondre.

- Tu crois… qu'on le reverra ? fit-elle d'une voix enrouée par les pleures, après hésitation.

- Harold ? Non, pas ici.

La jeune femme ne regretta pas le franc parlé de son ami et hocha la tête, néanmoins dévasté par sa réponse. Elle ne pouvait naturellement pas s'attendre à une autre. Celle-ci était une évidence.

- Mais toi, tu veux le revoir ?

- Hum, acquiesça-t-elle aussitôt. Rien que l'idée de le revoir fit battre le cœur de la jeune fille. Elle l'imagina aussitôt, ne se doutant pas une seconde que sa pensée avait attendrit son expression. Encore une fois, son manque revint la torturer. Il apparaissait, elle le revoyait, et déjà l'envie de le regarder droit dans les yeux la titilla. Sauf qu'il n'était plus là pour lui permettre ce plaisir. Cette réflexion alourdit son cœur dans sa poitrine, et elle sentit les larmes revenir instantanément.

- Dans ce cas, pourquoi tu n'irai pas le retrouver ?


Le temps devenait violent dehors. Le vent devenait puissant, et les feuilles qui étaient pris dans ce torrent d'air devenait des lames tranchantes, fouettant ce qu'elles frôlaient de près. Les nuages étaient presque noir et lourd de menace. La tempête se déchaînait sur la mer, englobant des îles entières dans sa cruauté. La houle devenait immense, faisait des creux de plusieurs dizaines de mètres. Elle n'était pas dangereuse à première vue parce que il n'y avait pas de remous ni de tourbillons, mais elle ondulait en un seul corps avec beaucoup de puissant. Elle broyait les falaises et les bateaux qui se trouvaient à proximité des côtes étaient voués à finir en un tas de bois explosé, prêt à se noyer sous des muscles d'eau. Les arbres s'abaissaient devant l'ampleur de cet orage impétueux, hurlant quand le vent tiraient sur leurs branches et arrachait leurs plumages comme si ils étaient leurs doigts.

Au plus près des racines de cette forêt hurlante, une maison de bois solide comme un fort grinçait, combattant l'obscurité en émettant de la lumière par ses fenêtres, refusant de ployer comme le bois dans lequel elle était faite. Le hurlement de l'un de ses habitants retentit, semblable à un rugissement. Une porte s'ouvrit brutalement pour claquer avec puissance contre le mur, laissant deux silhouette sur son pallier. Les lumières disparurent soudainement, et un homme apparu en luttant contre la nature.

L'animal noir et menaçant qui l'accompagnait se courbait pour se donner de l'aérodynamisme. Sa queue à demi métallique résistait pour ne pas se tordre. L'homme, enveloppé dans un manteau noir volant au vent et revêtu d'une armure, s'approcha de son acolyte et trafiqua son corps avant de grimper dessus. La bête poussa un rugissement que la tempête amplifia, le propageant sur toute l'île. Puis elle déploya ses immenses ailes noires, qui se gonflèrent instantanément et prirent appuie sur la bourrasque. Elle l'emmena vers les hauteurs typhoniennes et édentés de l'île avant de la laisser courir dans le ciel, sur un courant d'air.

L'animal et le maître, tantôt semblaient happés par la tempête, tantôt semblaient l'accompagner. Alors que la voûte nuageuse grondait furieusement, elle se mit à cracher des litres d'eau, qui cingla chaque millimètre carré de la nature, fusillant avec férocité le sol et la mer, qui elle, devint une vaste étendu d'aiguilles. Les deux êtres filaient en ignorant la frappe de la pluie, regardant où tomberait le prochain éclair, qui partait se canalisait dans l'océan.

Au loin, une immense colonne d'air tourbillonnant en colimaçon apparaissait. Elle avalait les nuages et le large ; le ciel et la terre. L'homme fronça les sourcils devant la catastrophe, agrippant de toutes ses forces la selle pour ne pas se faire enlever par la nature. Un sourire s'étendit sur son visage. Il trouvait ça beau. Beau et terrifiant. Le dragon qui le portait rugi. L'homme comprenait parfaitement ce qu'il voulait dire. C'était un beau jour pour affronter la Mort. Et pas n'importe laquelle.

En regardant cette tempête déchirer tout ce qu'elle pouvait atteindre, il se dit qu'il ne la détestait pas, et il ne la craignait pas non plus. Alors qu'il volait avec son ami en son sein, il se sentait aussi vivant qu'elle. Son cœur battait dans sa poitrine, compressé par l'air qui s'écrasait sur son buste, compressé par le poids de ces propres épaules, par le poids de son armure, par les émotions, par la peur, par l'extase, l'adrénaline, et la fierté de tenir parole. Le poids d'une responsabilité qu'il avait accepté d'assumer.


- Le rejoindre ? Pourquoi je laisserai Beurk pour lui ? demanda Astrid, perturbé par le taux d'alcool qui affluait en elle.

- Pourquoi tu lui as demandé de t'emmener, alors ? Tu peux pas me dire que la situation n'exigeait pas que tu le dises, je sais qui tu es. Tu es parfois impulsive, ce qui te pousse à dire tout haut ce que tu penses la plupart du temps, comme ce soir où tu as dit que Harold n'avait pas mérité qu'on le traite comme un incapable, devant son propre père, comme quand tu t'es mise un soir à me parler de lui alors que tout le village l'avait presque oublié, comme tu as crié sur Rustik en le comparant à Harold indirectement. Quand la situation te l'exige, tu parles en toute honnêteté. Et je pense que hier, tu l'as fait.

- Si tu penses que j'étais honnête, alors pourquoi ai-je dit que je voulais laisser Beurk pour lui alors que c'est ma maison ?

- Si tu ne veux pas te le dire à toi-même, Astrid, c'est vraiment innocent de ta part.

- Mais qui tu traites d'innoce…

- Tu l'aimes, Astrid. Plus qu'il ne le faut. Je vois bien que tu es effondrée en ce moment. Alors pourquoi tu n'irais pas vivre la vie que tu entends de vivre ?

- Tu veux me pousser à quitter Beurk ? T'as une idée en tête ?

- Je n'ai rien en tête et oui, je peux te pousser à quitter Beurk si c'est pour que tu te sentes mieux. Je vois bien que tu es malade. Pour être plus précis, malade de lui. Tu te caches tes propres sentiments et au final, tu ne vas pas bien. Pendant dix, subitement après son départ, tu as changé. Tu es devenu plus réfléchit, et je pense que c'est la disparition de quelqu'un qui t'as poussé à changer. J'ai su qu'il s'est passé un truc entre lui et toi juste avant la fin de l'entraînement dragon. Qu'un truc s'était déclenché.

- Je ne sais plus quoi faire ni quoi penser, Varek, s'emporta la jeune fille. Je voulais qu'il revienne sur Beurk, pour tant de raisons. J'étais loin de me douter que ça partirait aussi loin. On l'a humilié, il ne voudrait pas revenir. Et j'ai trop peur de partir de l'île. Tu sais à quel point le monde est dangereux quand on est seul, non ? » La hooligan poussa un soupir puis ajouta en baissant les yeux : « Enfin… pas pour lui. »

- C'est pour ça que c'est un bon coup de le rejoindre.

- Qui t'as dit que je voudrais quitter Beurk pour lui ?

- Avoue que, depuis tout à l'heure, tu hésites. » Quand la valkyrie reposa sa tête avec un soupire, Varek comprit qu'il avait vu juste. Après un silence, elle lui demanda d'une voix pâteuse, alcoolisée :

- Pourquoi j'hésite, d'ailleurs ?

- Je ne sais pas, moi. On dit que les choix sont des ennemis, ici…


Quand j'ai écrit le passage de la tempête, j'étais assez fier de moi. Je pense avoir rassemblé tout les éléments pour montrer qu'elle était violente, mais rien quand l'imaginant, je la trouve belle. Je sais pas pourquoi. Pour moi, le phénomène le plus impressionnant, qui montre une certaine puissance, c'est la tempête.

Et pour l'anecdote, c'est la soundtrack Marathon du film 2 de 300 qui m'a inspiré. Ce qui va plutôt bien ensemble puisque la plupart des affrontement dans ce film sont navales.

En tout cas, j'espère que le chapitre 9 vous aura plu, je suis toujours ouverte à vos avis et vos questions si vous en avez. Je publierais la suite un peu après la rentrée, en espérant vous faire attendre (niark!).

Sur ce, bon vent !

Merlin's Vision