Hey ! Salut tout le monde ! Je sais que vous mourrez de froid en ce moment avec l'hiver alors j'ai pensé que publier un chapitre maintenant vous ferrez chaud au cœur (haha...). Alors pour ce chapitre, vous verrez un lézard, une dinde et des poissons en bouilli. Voilà, c'est tout pour le spoil. J'espère que le contenu vous paraîtra quand même un peu plus hardcore, un peu difficilement faire pire comme teaser non ? Sur cette note tordu, je répond aux reviewers du chapitre précédent !

Scorpon : merci d'avoir commenté, j'avoue que la politique de Beurk est quelque chose d'extrêmement poignant, hein (on y croit à fond). Quelque part, cette intrigue politique me fait marrer parce que Stoïck à l'air hyper sérieux à ce propos. Sauf que c'est moi qui décide, HA ! Merci de ne pas avoir fait du spoil dans les commentaires, tu peux tout de suite vérifier si ton intuition était bonne. C'est vrai que rire de la situation devant Stoïck était risqué de la part d'Astrid (surtout quand il est hyper sérieux) mais si ce n'était pas le cas, on s'ennuierai non ? ;)

mc arno : Eh oui mc ! Astrid n'est pas encore morte... Navrée, mais comprend que je prend un malin plaisir à ne pas te faire plaisir (oui, tu comprend c'est tellement marrant de donner de faux espoirs aux gens). Mais je trouve ça mignon quand même, tu souffres pour elle et elle souffre pour toi. Tu serais pas amoureux ? ;)

Je vous souhaite une bonne lecture, sur ce !


Chapitre XIII : La fuite est une solution…

- Non !

Astrid avait eu un étrange réflexe en s'opposant à la mort du lynx. Tout simplement parce que s'il devait mourir, se serait par sa main. Elle n'était pas sortit très tôt ce matin pour retourner bredouille au village, étant donné qu'elle s'était promis de revenir avec une proie nocturne. En attendant, interférer le dragon noir de la veille n'était sûrement pas une bonne décision. Celui-ci tourna lentement la tête dans sa direction, le félin toujours dans la gueule. Le corps de la proie pendait embroché entre les dents affûté de l'animal. Il était déjà mort. La colère monta en Astrid.

- Lâche-le, ordonna-t-elle en laçant au Vipère un regard noir. La bête gronda et resserra sa prise sur le corps sans vie du félin qui saignait entre ses dents. La jeune femme porta sa main au pommeau de sa dague pour menacer le prédateur ailé.

Puis soudain, il plissa les yeux, comme si le dragon s'amusait. Il avait presque une expression vicieuse. Alors il souleva le lynx qui fut légèrement projeté en l'air puis à sa redescente il referma à nouveau sa mâchoire sur le cadavre. Astrid détourna le regard quant à la scène qui se déroulait devant elle, elle pouvait deviner rien qu'aux bruits que le dragon prenait son petit déjeuner.

L'estomac retourné par les événements, la valkyrie en oubliant sa colère. Peu importait à présent qu'elle le soit, le félin qui s'était jeté sur elle un peu plus tôt était… ailleurs. Elle ne pouvait plus le ramener comme prise de chasse. Elle se retourna alors vers le Vipère, qui avait oublié de s'essuyer la bouche avant de se tourner vers son opposante. Cette dernière regarda la bête avec cette fois une grande méfiance. Leur rencontre précédente l'avait moins remuée, sûrement parce qu'elle était moins proche du spectacle cette fois. Astrid pouvait clairement deviner que ce dragon n'était pas comme les autres.

De ce qu'elle savait sur les dragons, ces derniers chassait en groupe dans les endroits où le gibier était facile attraper, entre autre dans les villes et villages, qui plus est ils n'avaient pas à se soucier des dégâts matériels, c'était à leur avantage une fois qu'ils reviendraient.

Le Vipère en face d'elle était de loin différent d'eux. Tout ce que Astrid avait appris sur les dragons résidait dans les notes d'Harold. Ce qu'elle avait lu la veille avant de dormir lui revint en mémoire et alors elle comprit petit à petit. Les dragons qui chassait en groupe emmènent la nourriture pour leur reine. Le reptile noir en face d'elle était seul, et mangeait ce qu'il chassait. Il était de loin le dragon le plus agressif qu'elle n'avait jamais vu. Il était sauvage, n'appartenait à personne. Il ne faisait pas partit de la communauté de dragons qu'elle avait découvert il y a dix ans avec Harold.

Astrid se baissa à temps pour éviter une queue hérissée de piques et quand elle voulu reculer pour s'éloigner, son assaillant donna un coup d'ailes et fit un bond par-dessus elle pour lui bloquer la route. La viking prit aussitôt la seule direction disponible à présent, là où se trouvait le Vipère noir un peu plus tôt, et elle courut. Elle avait suffisamment d'informations sur ce dragon sauvage pour savoir que le combattre serait certainement une des choses les plus difficiles qu'elle aurait à faire dans sa vie. L'aube grise avait commencé à pointer, la jeune femme ne l'avait pas remarqué à cause de son réveil mouvementé mais la lumière tamisé du jour naissant lui permit d'éviter les sapins et de sauter par-dessus les obstacles qui barrait sa route. Ses jambes forcèrent l'allure quand elle entendit un craquement derrière elle et un souffle rauque et animal.

Alors qu'elle se demandait si elle avait déjà courut aussi vite, on lui percuta le dos et elle fit un vol plané avant de rouler à terre à toute vitesse. Sans trop savoir comment, elle se redressa et continua à courir et le grondement frustré de l'animal à ses trousses lui parvint. Et par Odin, qu'est-ce qu'il était proche. Astrid continua à courir comme une dératée sans pouvoir ralentir le rythme sous peine de finir étaler au sol. Mais ses poumons commençaient déjà à fatiguer, elle faisait tellement d'efforts que soutenir la cadence allait être très compliquée. Alors elle freina sachant pertinemment que son poursuivant se trouvait juste derrière mais elle glissa suffisamment fort en s'arrêtant pour finir allongée par terre.

Elle eu une nanoseconde pour apercevoir la lueur de surprise dans les yeux du Vipère avant qu'il ne passe par-dessus elle pour ne pas l'écraser. Alors la guerrière se releva et couru en sens inverse. Mais trop tard, le dragon avait bondit et en quelque battement, il la plaqua sous lui. Le choc sonna la jeune femme qui se tint la tête un moment avant de recevoir une goutte sur sa main. Son poursuivant la regardait et du sang coulait de sa gueule. De sa gorge sortit un grondement menaçant.

Il regardait avec défi sa prise tandis qu'elle respirait bruyamment pour reprendre son souffle sans le quitter du regard. Il grogna un peu plus et elle se tapis un peu plus à la vue de sa dentition et à la senteur de son haleine. Astrid inséra sa main dans la terre retournée par l'atterrissage du dragon et en balança dans les yeux du reptile. Celui-ci recula avant de porter ses ailes devant ses yeux. La valkyrie ne perdit pas une seconde et se jeta hors de portée du Vipère et se remit à courir. À son grand soulagement, personne ne la poursuivait quand elle sortit de la forêt.


Quand Astrid rentra dans sa bicoque et zieuta le baquet d'eau qu'elle avait laissé pleine avant de partir, elle se défit de ses étoffes pour quelques unes déchirées et se jeta dans l'eau froide. Elle en ressortit frissonnante mais rinça un minimum son corps avant de sortir et d'utiliser sa serviette encore mouillé. Elle regarda ses plaies et les badigeonna prestement d'onguent. L'onguent, un cadeau Gothi la vieille guérisseuse. Toujours en vie, et oui. Astrid avait une envie irrépressible de calmer l'adrénaline qui coulait encore en elle après les événements, mais elle avait aussi besoin de noter sa découverte. Enfin, ce qui ressemblait à une découverte. Elle voulait l'immortaliser comme l'avait fait Harold en écrivant ce qu'il savait sur du papier.

Après avoir enfiler quelque chose, elle sortit de sa maison et fut soudain frappé par le début d'agitation qui régnait dans la ville. Tout le monde commençait à se réveiller et elle se demandait si quelqu'un l'avait traverser le village dans l'état où elle était revenu de la forêt. Elle secoua la tête pour quitter ses pensées et d'un pas rapide, presque en courant, elle traversa de nombreuses rues avant d'arriver à une petite boutique que Varek appréciait particulièrement.

- Bonjour Madame !

- Bonjour Astrid, que me vaut l'honneur de ta visite ?

- Auriez-vous un carnet, s'il vous plaît ?


La réunion dans le Grand Hall avait agité la ville entière, tout le monde ne parlait plus que de Dagur, de l'émissaire, de l'effarante demande qui avait été faite au Chef la veille. Une nouvelle rumeur naissait en plus de celle-ci, on rechercherait le complice du traître. Varek faisait une ronde avec Astrid près du chemin aux catapultes alors qu'elle tentait de lui expliquer pourquoi diable elle avait acheté un carnet. Quand le blond se résigna à comprendre les raisons de la jeune femme, il se mit à lui parler sérieusement.

- La nouvelles des témoignages commencent à se répandre. Si quelqu'un a vu quelque chose, il viendra trouver l'un des enquêteurs pour parler de ce qu'il aurait vu. Si l'un des neufs venait à savoir quelque chose de compromettant sur toi, il me sera impossible de te couvrir.

- Tu n'es pas obligé de me couvrir, tu le sais depuis le début, Varek, le coupa Astrid en le regardant dans les yeux.

- Tu t'es confié à moi sur Harold avant que le conseil dans la Grande Salle ne se fasse. J'ai commencé à garder ce secret avant que ce conseil ne se fasse alors non, je ne te dénoncerais pas, je pense que je t'ai déjà dit pourquoi et je n'en rajouterais pas.

- Tu compromets ta place en Beurk en me couvrant, insista la guerrière.

- Comme tu as déjà compromis ta place en le faisant revenir alors maintenant arrête de vouloir me faire changer d'avis sinon c'est ce que je ferais ! Plus sérieusement Astrid, que comptes-tu faire si on te découvre ? Tu ne pourras pas rester là. Et même si tu le pouvait, tu perdrais à tout jamais ta considération.

- Je ne sais pas. Je ne sais pas non plus si j'ai encore envie de rester sur Beurk en gardant mon secret, pas…

- Pas avec ce que tu ressens pour Harold, je sais. Mais pourquoi tu n'irais pas lui rendre visite pour savoir ce que tu as besoin de faire ? » Astrid s'arrêta de marcher, maquant de heurter une jeune dame qui allait en sens inverse, et regarda Varek sans comprendre.

- Quoi ?

- Ne me dis pas que tu étais tellement préoccuper à rêvasser que tu n'as pas penser à retourner sur l'Île-Qui-Gronde…

- Si, déclara-t-elle, avec une étrange fermeté. C'était comme véridique. « En tout cas, ton idée n'est pas bête…

- Astrid, arrête de sourire, la prévint Varek en surprenant le petit sourire de son amie. Elle releva la tête et s'empourpra légèrement.

- Mais si je m'absente de Beurk pendant je dirai une semaine, est-ce que tu seras capable de me couvrir tout seul ?

- Je réfléchirai à un moyen de te couvrir, t'en fais pas pour moi. Tu souhaites toujours retrouver Harold même avec les problèmes que tu as sur le dos en ce moment, c'est un truc que j'admire chez toi. Ta ténacité.

- Toi aussi tu es tenace Varek. Bien plus que tu ne le crois. » La valkyrie regarda un moment dans le vide avant de demander hésitante à son ami.

- Est-ce que… je peux te laisser en plan pour cette patrouille et aller voir quand aura lieu la prochaine expédition en mer ?

- Tu vois, fit le viking, j'attendais même pas que tu me le demande. » À ces mots, Astrid lui fit un sourire et lui tapa amicalement l'épaule puis elle partit en lui rendant son signe de la main. Varek regarda la jeune femme rebrousser chemin en évitant les passants jusqu'à ce qu'elle disparaisse. Il reprit sa patrouille, arrêtant un gamin qui tentait de voler une bourse. Il avait promis à Astrid qu'il réfléchirai à un moyen de couvrir Astrid, or il en avait déjà trouvé un.

Et il s'appelait Eliott Rothschild. Le blond avait beau réfléchir à la situation dans laquelle il s'apprêtait à s'embarquer en se disant qu'il ne faisait que protéger sa meilleure amie, ce qu'il s'apprêtait à faire relevait du complot. Mais plus il mettrait des gens de son côté, moins Astrid et lui serraient pris au piège.


Astrid partit en direction du port et s'approcha du gérant des expéditions de la flotte marchande de Beurk. Elle avait couru pour arriver jusque là et fut très énervé de voir qu'il était en pleine conversation, importante en plus, qui empêcha le gérant de lui répondre. Elle tenta de se calmer, mais plus la conversation durait, plus elle s'impatientait. Au final, elle se résonna en se disant que moins elle paraîtrait pressé de partir à la prochaine expédition, moins sa requête serait étrange. Alors elle fit le vide pendant un moment et se concentra sur autre chose en attendant que le gérant daigne lui accorder son intérêt. Quand le gérant se libéra, il se tourna vers la jeune femme. Il lui demanda alors à travers sa broussailleuse barbe blanche :

- Je t'ai fait attendre ? » Astrid haussa les épaules et il reprit : « Alors que puis-je faire pour toi ? »

- Je voudrais savoir si la prochaine expédition en mer vers l'Île-Qui-Gronde était déjà planifier, fit-elle en se demandant si elle n'avait pas était trop brusque.

- Non pas pour le moment, enfin, je suis justement en train d'y réfléchir. Mais pourquoi veux-tu aller sur l'Île-Qui-Gronde ?

- Vous êtes curieux, tiqua la valkyrie.

- Non, c'est juste que tu fais allusion à cette île en premier. Si tu voulais partir en mer le plus tôt possible peu importe où, il y a un convoi pour Gréminion qui part demain matin, alors je me demande pourquoi tu ne préfère pas tout de suite partir si tu voulais juste prendre l'air.

- C'est vrai que ça paraît plus logique, marmonna Astrid en réfléchissant à toute allure à sa prochaine excuse.

- Oui, effectivement. Enfin, peut-être que je me mêle de ce qui ne me regarde pas. Je pensais demander au Chef un départ pour l'Île-Qui-Gronde dans peut-être trois jours afin de reprendre du bois pour réparer les dégâts orchestrer par les dragons.

- Pourquoi ne pas prendre du bois de la forêt ? » Astrid se retint de hurler et de se frapper pour avoir ouvrit la bouche.

- Vous êtes curieuse, fit le gérant, lui renvoya sa pique. Elle leva les yeux au ciel malgré elle.

- Parce qu'on ne pourrait plus chasser les animaux sur cette île si la forêt disparaissait. Même si on a déjà coupé certains arbres pour faire de la place à la ville, on a décidé qu'il ne fallait pas détruire notre réserve de viande sur pattes. C'est pourquoi on prend nos matériaux ailleurs, sur l'Île-Qui-Gronde. » Astrid hocha la tête puis demanda à nouveau :

- Dans trois jours ?

- Je te met sur la liste des escortes si tu veux.

- Je veux bien, merci. (Elle se retourna pour partir mais s'arrêta au dernier moment) Vous pouvez éviter de mentionner au Chef que j'ai demander moi-même de partir ?

- Je sais que ça se fait très peu que quelqu'un me demande si il y a un convoi pour quitter l'île, les gens comme ça, je les ai jamais dénoncé, je sais qu'ils avaient quelque chose à cacher, de grave qui plus est. Alors, je leur demandais de m'expliquer pourquoi ils voulaient partir et je ne disais rien. Moi aussi je vais à l'Île-Qui-Gronde prochainement. J'ai eu une escarmouche avec un des gérants de l'archipel et j'aimerai régler des comptes. » Puis le vieil homme éclata de rire devant la tête livide de Astrid.

- Allez file, la chassa le gérant d'un mouvement de la main. Personne ne pourra entendre ce que tu as à me dire en mer. Je dirai rien à personne. Sache que je te jetterai par-dessus bord, si la raison de ton départ n'est pas divertissante.


- Et tu comptes lui raconter ? fit Varek quand il retrouva son amie au dîner, à leur table au fond de la Grande Salle devant leur soupe de poisson.

- De toute façon, s'il compte me dénoncer, je lui couperai la langue, fit Astrid en jouant avec la nourriture vaseuse dans son bol, un peu boudeuse.

- Il aura encore plus envie de te dénoncer si tu lui fait du mal. Si tu veux mon avis, c'est un très mauvais plan, l'avertit le viking avant de porter son bol à sa bouche. La jeune femme le regarda un instant boire puis continua à parler en voyant qu'il ne s'arrêterait pas de manger.

- De toute façon, je doute que ce vieillard me fasse vraiment passer par-dessus bord…

- Détrompe-toi, l'interrompit Varek en reposant lourdement son bol sur la table. Il y a une rumeur comme quoi c'est un ancien pirate à la retraite. Je peux te dire que ce gars sait sait défendre, je l'ai vu pousser Rustik dans l'eau du port alors que cet idiot l'avait défier de le mettre à terre.

- N'importe qui pourrait pousser Rustik à l'eau, c'est la première chose qu'on devrait apprendre à un enfant dans sa vie, fit Astrid avec évidence.

- Pas faux. Tu devrais quand même faire gaffe au gérant. Invente-toi un mensonge bien rocambolesque mais crédible pour qu'il te garde à bord. Ce gars-là s'ennuie juste de ne plus avoir d'aventure à vivre après sa retraite.

- La flemme d'y penser pour l'instant. Tiens, tu veux ma soupe de poisson ? J'aime pas ça.

- Merci. Tu compte faire quoi après avoir atteint ta destination ? » Astrid s'arrêta de bouger à sa question alors qu'elle lui tendait le bol. Les conversations dans la salle comblèrent le blanc qui se profilait entre les deux vikings, puis la jeune femme se reprit.

- Je verrai en temps voulu, répondit-elle en tournant la tête vers la table du Chef. Celle-ci était caché par une multitude de personne qui tentait de parler à leur dirigeant. Varek suivit le regard de son amie et dit :

- Tout le monde souhaite donner un avis à Stoïck concernant la proposition de Dagur. Si le Chef à la migraine demain matin, faudra pas être étonné, avec le nombre de protestations qu'il a reçu.

- Tout le monde a vite réfléchit à ce sujet, chacun à un avis différent de l'autre mais il reste tous les même, mis à part le tien peut-être. » Varek ne répondit pas, engloutissant la soupe d'Astrid avant de lui tendre son récipient. Aussitôt elle se leva et s'éloigna.

- Où tu vas ? Lui demanda le blond, surpris qu'elle s'en aille si vite pendant une soirée.

- Dans la forêt. Je te dis à demain. » Et sur ce, elle se dirigea vers la marmite fumante de soupe et reprit un bol, puis sortit du Grand Hall, se prenant de plein fouet l'air glacial de la nuit. La Hooligan frissonna et se dirigea vers la forêt en resserrant son manteau autour d'elle, veillant au passage à ne pas faire tomber sa soupe. Elle arriva à la lisière de la forêt de sapins et s'arrêta pour observer. Il faisait si noir dans les bois qu'elle faillit renoncer à s'y aventurer. Puis elle soupira et s'avança entre les troncs. Vaillant à ne pas heurter un quelconque obstacle à ses pieds, elle progressa doucement dans l'ombre.

Le froid était beaucoup plus présent et prenant que dans la matinée et elle tremblait, claquait des dents. La seule source de chaleur présente à proximité était la soupe, mais à la vitesse où Astrid avançait pour qu'elle ne se renverse pas, elle n'allait pas tarder à refroidir avant d'arriver à destination. Après une quinzaine de minute à marcher le plus vite possible sans escarmouche avec la nourriture vaseuse dans la main, elle atteint l'endroit où elle avait chassé le matin même. Refusant d'avancer encore de peur de se perdre dans le noir, la guerrière posa le bol à terre et s'accroupit près de celui-ci, et se mit à attendre, guettant les moindres petits bruits.

Ses genoux fatiguèrent et elle s'assit enfin par terre. Au bout d'un moment, elle trempa un doigt dans la soupe, qui commençait à devenir tiède. Quand la valkyrie finit par s'habituer au froid, elle arrêta de regarder les alentours et se concentra sur un point dans le vide devant ses jambes en tailleur. Après avoir attendu, bien une demi-heure en plus, elle était sûr que la soupe avait refroidi. Son plan n'avait pas fonctionner et elle soupira. Elle releva alors la tête. Devant elle à seulement trois mètres se tenait totalement immobile le Vipère noir. Ses yeux jaunes se voyait parfaitement dans le noir, et pire que tout pour Astrid, il semblait que ça faisait un moment qu'il la fixait. Et elle ne l'avait même pas vue.

Un sentiment de surprise et de peur gagna la viking tandis qu'elle commençait elle aussi à fixer son opposant. Comment avait-elle fait pour ne pas voir à quel point il était proche ? Comment elle avait fait pour ne pas l'entendre approcher vu les kilos que devait supporter le squelette de cet animal ? Une série de questions des plus angoissantes passa à toute vitesse dans la tête de Astrid. Le Vipère fit un pas coupant les pensées de la jeune femme. Un autre lentement, puis un autre, et il continua d'approcher jusqu'à ce qu'il soit assez proche de la jeune fille. Ces yeux jaunes se baissèrent sur la soupe qui trônait entre les deux adversaires. Astrid tenta de se reprendre.

- Prend, lui dit-elle. Le dragon releva la tête et la regarda avec méfiance. Il gronda, plissant les paupières.

- C'est pour toi, ajouta la Hooligan. Un cadeau.

Le Vipère noir regarda la soupe de poisson, la renifla, puis revint sur la viking. Elle tentait de ne pas trop paraître effrayer par la proximité entre elle et ce dangereux reptile. Elle lui lançait de temps en temps un regard intimidé, méfiant, alternant avec la soupe. Alors le dragon se pencha sur le bol et lapa le contenu, il en sembla même satisfait. Astrid le regarda faire, crispée. Elle n'osa pas le déranger en plein repas, c'est pourquoi, quand il eut nettoyer le fond du récipient, elle murmura :

- Je veux qu'on soit ami.


Et ki cé ki va avoir un amii ? OwO

Vous ne le saurez jamais. (j'ai un humour qui tue, n'est-pas ?) J'espère que votre lecture a été divertissante et que certains ont pris un malin plaisir à voir Astrid se rétamer deux fois d'affiler à seulement une minute d'intervalle (on ne vise personne, hein) !

N'hésitez pas à laisser un commentaire, est-ce que cette suite vous intéresse ? Et qu'en pensez-vous ? Pour vous dire, à la base, cette fic devait durer bien moins longtemps, et j'avais finalement décider de la rallonger tout simplement parce que le contenu de l'histoire aurait été beaucoup trop simple et j'aurai même pu regretter qu'elle se termine aussi tôt.

Je vous fait de gros bisous en attendant des réponses, bande de petits raton-laveurs ! ❤

Merlin's Vision