Hey ! Salut tout le monde ! Un rythme de publication de deux semaines, c'est un peu dur, surtout quand on prévoit un bac blanc et un TPE, donc je suis désolé s'il est avancé de 3 semaines, mais je peux pas faire autrement. M'enfin bon, j'en ai profité pour le faire un peu plus long je pense. Je suis ravie de pouvoir le publier car il montre un passage important de l'histoire. Bref, j'y ai mis du cœur et de l'émotion, vous verrez :)

Avançons je vous prie et puisqu'il est temps, je répond aux reviewers, vous avez eu des retours plutôt positif concernant le déroulement de l'histoire, mais on va voir ce qu'on va voir... !

mc arno : Le fait que tu ne t'attendais pas à "ça" me réjouit, vraiment ! J'adore surprendre ou faire peur x). Un voile de cinq ans sur les événements de l'île aux mercenaires donnent forcement naissance à des mystères. Dagur, se refuser un massacre ? C'est mal le connaître 😈. Merci pour les compliments, confrère, j'espère que tu vas t'amusé !

Toothlesspower : C'est vrai que le chapitre, en plus d'être court sur patte, n'a pas était très ponctuel, si on puit dire. D'ailleurs celui-là non plus, mais bon. Je suis contente que ce chapitre t'ait intéressé, l'île que j'ai imaginée, j'avais tout simplement envie d'y passer des heures, à me rouler dans le sable comme Krokmou et à me faufiler entre les sapins, me tapir entre les dunes, bref ! La découvrir comme une gamine de cinq ans. Quant au rassemblement de dragonnier, ben je pouvais pas laisser Harold tout seul :') Et puis, ça fait de l'histoire. Merci d'avoir laissé une review, j'espère que ce chapitre, tel qu'il sera te plaira, scénaristiquement parlant !

lemortel : Trop cruel de s'arrêter là ? Mais il fallait s'arrêter là, puisque c'était possible ! D'ailleurs il faut toujours le faire (niark)! Et t'as encore rien vu... Je te souhaite une bonne année aussi, j'espère que la suite te plaira !

ClemFun : J'avais trop envie de te faire plaisir alors... Voici la suite ;)

Je vous souhaite à tous une humble et mérité lecture ^^ ! D'ailleurs si vous voulez une anecdote, j'ai écris la première partie en écoutant Concerning Hobbits, le cover de Taylor Davis. Sur ce, on se retrouve en bas de page !


Chapitre XV : Allié de circonstance…

Harold ressortit de la pièce en même temps que Adalrik et le guerrier étant resté au bord du débat qui terminait tout juste. Les trois hommes descendirent au rez-de-chaussée dans un silence tendu puis une fois dans l'entrée, Adalrik se tourna vers le sorcier pour lui lancer un regard mêlant confiance et réflexion.

- Les années sans toi, Harold, ont été très dures pour Erwin. Tu sais, après l'attaque de l'armada, il a dit que tu avais bien fait de partir sachant que les Berserk te connaissaient sûrement. Mais ça ne le réjouissait pas autant qu'il le laissait croire de te savoir en sécurité. Il aurait vraiment préféré que tu sois resté…

- Je lui ai mainte fois demandé si ça le dérangeait que je parte. Il m'a dit de ne pas me soucier de ça, je me suis dit qu'il avait assez à faire avec le reste des mercenaires et j'avais peur de trop le tanner en lui demandant s'il était sûr. En plus, il avait un marmot turbulent dans les pattes alors… Sinon comment tu vas, Folker ? fit Harold en se tournant vers le mercenaire qui s'approcha pour lui faire l'accolade.

- Pas trop mal, répondit le concerné. C'est tendu ces derniers temps, les délais imposés par le Chef Dagur sont serrés, et j'ai vraiment du mal à travailler en sachant qu'on fournit tous ces efforts pour un fou pareil !

- Tu m'étonnes, pouffa le sorcier, en laissant un petit sourire émerger.

- En parlant d'Irmine, tu sais qu'elle a six ans maintenant ? C'est un sacré petit bout, un lutin sans rivale, proclama Adalrik, ce qui fit rire Folker, sûrement dû à un afflux de souvenirs qui lui revenait, ce qui intrigua aussitôt le chevalier.

- Tu sais où elle est ? fit Harold à l'idée de revoir le petit bébé qui jouait il y a cinq sur la peau d'ours dans le bureau d'Erwin aussi grandit. Le vieux conseiller gloussa puis invita les deux jeunes gens à le suivre. Quand la porte s'ouvrit, la vie du camp explosa aux oreilles des trois compagnons, ce qui n'en perturba qu'un même s'il se reprit vite. Ils descendirent le perron et se dirigèrent vers la partie village dissimulé derrière le camp. Quand Harold s'en approcha, il remarqua que l'espace à vivre s'était largement agrandi, et c'est en voyant son air étonné que Folker s'empressa de lui expliquer avec un sourire satisfait. La vie au Clan faisait des hommes heureux et libres, et Harold s'émerveillait toujours autant de voir le visage illuminé de ceux que les gens de l' « extérieur » appelaient des mercenaires.

- Tu sais que le camp s'est toujours agrandi, accueillir du monde n'a jamais déranger personne ici. Il suffit d'être ouvert pour accepter une personne venu de n'importe quel horizon et ce lieu devient un refuge pour bien du monde.

- On dirait Erwin quand je suis arrivée ici pour la première fois, avec ses discours pompeux, ricana Harold.

- Je dois dire, qu'il a bien grandi cet impertinent, radota Adalrik en poussant sur le petit rire, se balançant tranquillement comme s'il faisait une balade. Folker sourit malgré lui, et Harold se sentit de plus en plus nostalgique.

- Enfin, bref, nous avons une île immense, pourquoi on la garderait pour nous ?

- Je vois que c'est pas ce que vous avez fait, fit le sorcier. Quand ils arrivèrent à la Cachée – nom du village en soit – le jeune homme soupira et s'arrêta sous les yeux interrogatifs de ses amis. Devant eux passa une bande d'enfants, les femmes allaient de foyer en foyer pour discuter, du moins celle qui ne combattait pas, quelques hommes amenaient du bois coupé ou réparaient la toiture d'une des maisons à bas étages, aidés par quelques jeunes de l'âge d'au moins quinze. L'espace entre les chaumières n'étaient pas pavé, et l'herbe poussait contre les murs des maisons, aux abords des sentiers de terre, et les arbres ombrageaient et protégeaient les habitats d'une pluie ou d'une lumière trop vive.

Un vieil homme bougonnant passait un genre d'immense balai pour entasser les feuilles mortes près du Feu, immense place du petit village où était creusé au centre un creux pour loger les immenses feu de joie qui s'allumait tous les soirs, réunissant plus de quatre centaines de personnes, combattant et villageois mélangés. Folker s'immisça dans l'observation d'Harold, qui essayait de compter le nombre de maisons qui s'étaient rajoutées.

- Je passerai mes journées à regarder ce village vivre, fit Folker. Ce dernier avait une âme plus poétique que la plupart des guerriers présents au camp, et c'est ce qui l'avait lié d'amitié à Harold : son instinct de rêveur. Toujours à imaginer des choses pour un rien, parfois en ayant simplement vu une feuille tombé ou un champignon à la forme exceptionnel, là où certains disaient qu'il n'y avait rien d'inhabituel, Folker y voyait une nouvelle source de divagation. Distrait était le mot qu'il le définissait le mieux. Et le pire était quand on lui mettait une épée dans la main, il n'avait même pas besoin de regarder ce qu'il faisait.

- On s'assied sur « la branche », ce soir ? proposa Harold, en tapant dans l'épaule de son ami.

- Je vous y aurai bien rejoint si j'étais pas aussi vieux, s'insurgea Adalrik.

- Et si y'avait pas autant de travail, ajouta le mercenaire, la mine défaitiste.

- Folker, on a toujours le temps de faire quelque chose. Le tout, c'est de savoir quand il faut le faire et quand on peut le faire. Oh ! Arianne ! Appela soudain le vieux conseiller. Une femme à longue et lisse chevelure rousse se tourna vers les trois hommes puis s'avança vers eux se demandant ce qu'on lui cherchait. Quand elle reconnue le sorcier, un sourire immense étira ses joues, lui créant d'adorables pommettes et ses grands yeux verts clairs s'illuminèrent.

- Harold ! Mais ça fait une plombe qu'on t'as pas vu, s'exclama Arianne en se précipitant vers le jeune qui lui sourit comme à un grand ami. La femme se gêna pas pour lui faire l'accolade à son tour, on l'aura deviné, dans le camp, c'était la manière de saluer. Elle se décolla aussitôt après l'avoir faite, comme piquée.

- Dis-moi que t'as vu Erwin !

- Les retrouvailles étaient plutôt froides, je l'ai interrompu pendant le conseil, rapporta Harold. Il a pris le temps de m'expliquer l'agitation du camp et je suis partit pour ne pas plus le déranger. Adalrik en a aussi profiter pour faire la malle.

- Il va m'entendre, grogna Arianne en remontant mécaniquement une manche. Tu rentres d'une absence de 5 ans et il te fout à la porte parce qu'il est occupé ?!

- T'énerves pas, Arianne, il semblait contrarié, si l'avoir vu un petit suffit à le calmer le temps de régler son problème alors ça me fait plus plaisir qu'autre chose.

- Heureusement que tu es rentré Harold, soupira la compagne d'Erwin. Je savais plus quoi faire pour le requinquer un peu, il broie souvent du noir quand il est seul, et il prend beaucoup sur lui pour être autoritaire, même si tout le monde lui obéit toujours. C'est notre Chef de camp mais aussi notre Chef de cœur. Tout le monde compte sur lui, s'il y a autant d'agitation, c'est…

- Parce que tout le monde essaye de le soulager un peu, termina Folker avec un sourire sincère.

- Alors vous vous bougez le cul pour le détendre un peu ? fit Harold en ouvrant des yeux étonnés mais à la fois reconnaissant.

- Ton départ lui a fichu un coup, commenta Arianne. Même les gosses de l'âge de 5 ans voyaient qu'il boudait, cet abruti. Tu n'imagines pas les efforts que tout le monde fait pour rendre la vie encore plus grandiose pour lui depuis que tu es partit.

- Sérieusement arrêtez, fit Harold avec un air indigné. J'ai l'impression d'avoir abandonné mon gosse sur cette île ! » La boutade fit pouffer les trois amis tandis que le sorcier accentuait sa blague en ouvrant les bras pour désigner les faits invisibles panant devant lui.

- On va pas se le cacher, Erwin est vraiment ton gosse, fit Arianne en agitant la main. C'est comme si c'était plus toi qui l'avait élevé, et non l'inverse.

- J'ai jamais considérer qu'il m'avait élevé, s'offusqua le chevalier. Je l'ai toujours considérer comme mon meilleure ami.

- Oh, je suis vexé, fit le vieux Adalrik en se dandinant pour faire mine de tourner le dos à Harold. Folker, à côté, se moquait ouvertement de lui, observant la posture du conseiller pour le moins bizarre. « Au fait, je rappelle pourquoi on est là, fit-il en reprenant une posture normale. Tu pourrais appeler Irmine ici, Arianne ? » La femme aux longs cheveux roux ouvrit la bouche et regarda furtivement Harold avant de faire signe qu'elle revenait. Le sorcier regardait ce soudain comportement fuyant d'un œil méfiant, et quand il se tourna vers ses deux compagnons, ils lui lancèrent un regard quémandant la compréhension et le calme. Ce fut quand il entendit une petite voix aigu un peu plus loin qu'il se tourna vers la nouvelle arrivante. Une petite fille aux cheveux aussi roux que sa mère et aux yeux marron claire qu'il manquait à son père se précipita vers Harold en demandant « C'est lui ?! », surexcitée, un sourire honnête peint sur sa bouille ronde d'enfant. Le jeune homme ne put s'empêcher de la reconnaître aussitôt, c'est comme si la forme de son visage n'avait pas changé.

- Irmine, t'as pas changé d'un pouce, s'exclama-t-il faussement. Le petit bout s'arrêta d'un coup pour déclarer fièrement mais avec une tête atrocement mignonne et hilarante :

- Je suis grande maintenant !

- Mais oui, t'en fais pas je rigolais, assura le chevalier et à ses mots, l'enfant courut et se jeta dans ses bras. « Ah mes dieux, c'est trop d'amour, fit Harold en serrant le petit bout contre lui. La petite fille lui fit un grand sourire tandis que sa mère s'approchait doucement des deux. Irmine posa ses deux mains sur le torse d'Harold pour toucher à l'équipement qu'il s'était lui-même fabriqué. Ses deux mains ? Harold ouvrit deux yeux choqués quand il vit qu'il n'y en avait en réalité qu'une seule, et que l'autre ne semblait plus être là depuis bien longtemps.


Astrid se tenait droite face au Vipère noir qui la dévisageait avec férocité. Même si ce dernier avait fini son repas, c'était comme si la viking l'avait déranger pendant. La bougie cramait de plus en plus vite, ce qui inquiétait fortement la jeune femme, se retrouver dans le noir avec une bête pareil ne la réjouissait pas tellement, pourtant elle se devait d'agir pour son unique but. Mais quand le Vipère gronda, renâcla, renifla comme dans un langage propre à son espèce, avant de pousser un hurlement parfumé par la poiscaille bouilli qu'il avait un peu plus tôt avalé, elle comprit avant tout que l'animal lui disait quelque chose. En prenant une inspiration, la guerrière tenta en arquant ironiquement un sourcil de calmer les battements de son cœur.

- Chui désolé je parle pas le dragon, déclara-t-elle d'une traite. Le reptile la regarda et ses yeux s'ouvrirent un peu avant qu'il se reprenne et la menace dans un grognement sourd. Le fait qu'Astrid lui ait parlé fut le fruit d'un signe imperceptible qu'il n'était pas une bête aussi impassible qu'il l'avait laissé paraître lors de leurs dernières rencontres. Cette dernière se demanda même pendant un instant si le dragon avait compris ce qu'elle avait dit. Le dragon noir devant elle s'avança en enfonçant ces longues griffes dans le sol dans un horrible bruit de raclement.

Astrid n'était maintenant plus aussi impressionner par le dragon, bien qu'elle le savait toujours capable de lui faire autant de mal. La bête souffla par ses naseaux dans le but de menacer et se fut à ce moment que la bougie s'éteignit.

- Non…!

Astrid se releva brusquement faisant reculer de surprise le Vipère et tata le sol à la recherche de son luminaire de fortune. Elle toucha le rebord de sa lampe et la fit basculer, déversant la cire chaude sur ses doigts. La viking retira sa main en poussant un juron, fixant un point dans le noir, sûrement l'emplacement de son lumignon, et caressa sa peau brulée. Elle soupira puis se tourna vers le supposé endroit où se trouvait le Vipère.

- Toujours là… ? demanda-t-elle timidement, lorgnant vainement le noir qui l'enveloppait à la ronde. Quelque chose de dure lui cogna le front. La Hooligan posa la main dessus et la retira aussitôt en sentant la forme crochue, fissurée, semblable à un bois de cerf sous sa paume. La jeune femme déglutit. Ok, on fait quoi maintenant ? Elle retenait son souffle sans le savoir, mais le manque d'oxygène ne l'empêchait pas de penser à tout et à toute vitesse. Le grondement sourd qui lui força le tympan ne l'aidait pas à se sortir de sa situation. Astrid ne pouvait pas rentrer à la ville. Même si ses yeux commençaient à s'accoutumer doucement à la pénombre, elle ne rentrerait pas sans au préalable avoir chuté d'une falaise ou être rentré dans une centaine de sapin, un rocher, s'être pris la totalité des branches basses dans la forêt et avoir trébuché sur un gravier. Oui, dans le noir, toutes les gamelles étaient réalisables, parole de Kranedur.

Alors quoi ? La seule personne – oui, bon animal – capable de voir dans la nuit était bien sûr celle qui avait manqué de lui arracher le bras peut-être trois fois d'affilées. Astrid poussa un soupir résigné, et porta une fois de plus sa main sur la corne du Vipère, qui n'avait pas bougé. Le fait qu'elle laisse sa main reposer sur le bois du reptile sembla la calmer. D'ailleurs, les yeux aux auréoles jaunes sombres fluorescents restaient fixés sur la guerrière, qui n'y prêta nullement attention. La valkyrie n'éprouvait que de la tension, de la désespérance et le froid glacial qui l'entourait ne la rendait plus qu'étrangère et solitaire à la situation dans lequel elle s'était fourrée. En ce moment, la plupart des bêtes nocturnes devaient l'observer de leurs yeux pervers, priant pour que cette nuit-ci, ils pourraient enfin gouter et sentir les pans de peau humaine sur leurs langues et l'odeur de leur sang sur leur museau.

- Tu connais un endroit où je serais tranquille jusqu'à demain ? demanda doucement la combattante au Vipère qui n'avait pas bougé d'un pouce, comme s'il ne respirait pas. Un long silence se fit entendre dans toute la forêt, même les chouettes avaient décidés de faire taire leur propre existence. Sans rien ajouter à son habituel série de grognement, le Vipère attrapa sans ménagement la viking par les vêtements sur sa nuque et la souleva, coupant son souffle dans sa gorge jusqu'à ce qu'elle soit reposé sur une surface écailleuse. Aussitôt, l'espace autour d'Astrid se mit en mouvement et l'air caressa ses joues.

Autour d'elle les choses commencèrent à se déplacer avec de la vitesse, venant d'en face. Sous elle, les écailles ondulaient en effleurant les muscles, et elle sentit la puissance de la bête. Le dragon l'emportait. Elle ne savait pas où, mais elle s'endormit avant de le savoir. Le bruit spontané des pas lourds sur la terre et le souffle rauque du mutant furent la mélodie qui berça l'esprit de la guerrière. Jusque-là, elle ne les avait entendus que comme la présence aux alentours de l'ennemi, et peut-être était-ce toujours le cas, mais pour l'instant, elle faisait confiance au dragon sur lequel elle était juchée. Pour l'instant, elle ne pouvait que ressentir la présence chaude, imposante et étrangement rassurante de celui qui menaçait de la manger...


Harold avait regardé le camp s'agiter en compagnie d'Adalrik et Folker jusqu'à la tombée de la nuit. Il lui avait expliqué maintes choses sur les cinq ans où sa présence avait été un vide ici. Maintenant, il lui tardait d'interroger Erwin. Perché sur la 'branche', il patientait. Ou plutôt s'impatientait. En fin de compte, quand le Feu s'animait de plusieurs centaines de personnes, le Chef du Clan se pointa, traçant vers le repère sans vraiment prêter attention à l'animation présente. Folker le rejoignit en trottinant et ensemble, ils se dirigèrent vers la 'branche'. Harold observait le phénomène de la hauteur où il se trouvait. Les deux mercenaires commencèrent l'escalade de l'arbre, et le sorcier regarda Erwin s'asseoir sur la branche en face de lui et Folker s'adosser sur le tronc, un peu plus haut. Le Chef et l'ancien déserteur se regardèrent sous le regard attentif du troisième qui attendait la scène d'une retrouvaille aussi dramatique serait-elle.

- Alors ? Raconte-moi l'amitié fleurissante qui est née il y a cinq ans entre Dagur et toi, fit Harold avec un faux ton mêlant sérieux et enjouement. Erwin poussa un ricanement amer puis lia ses deux mains sur ses cuisses.

- J'ai vu Irmine, fit doucement le sorcier. Son Chef hocha la tête, le regard un peu fuyant. Il prit une inspiration et commença.


L'alerte résonna brutalement dans le camp alors que la totalité des vivants dormaient dans les chaumières de la Cachée exceptée la garde de nuit. Erwin se trouvait sous l'immense portail qui ornait l'entrée du camp, et en face de lui, plus d'une centaine d'hommes, armées de cuirasse et d'épées aux reflets légèrement rougeâtres. Et jusqu'alors, il n'avait eu que quelques hommes à sa disposition. Le bruit derrière la clôture du camp s'amplifia, les voix des mercenaires se rapprochaient mais elles s'éteignirent rapidement. Erwin s'avança pour faire place au débordement d'homme à l'entrée du camp. Les mercenaires se déployèrent, se fondant dans la nuit dans leurs apparats guerriers pratiquement tous noirs et anonymes.

Sur les murailles protectrices se dressèrent les dragons qui, dans leurs rôles de menace, déployèrent leurs ailes de peaux et de squelettes à la lumières des flambeaux. En face d'Erwin, l'homme aux tatouages bleus griffés sur l'œil gauche ricana devant ce déploiement. Le rire se répandit les alentours donnant à la scène le sinistre qu'il voulait qu'elle ait. Puis celui-ci éclata, plus fort, dans la nuit. Derrière l'homme, l'armada se retenait de faire quoique ce soit. A croire qu'elle était aussi menacée par son Chef. Au pied de ce dernier, les enfants, agenouillés et tremblants, fondirent en larmes, et l'un d'eux gémit. Irmine gémit. La mâchoire d'Erwin se crispa, il ne pouvait rien faire. Mais il comprit quel avait été le plan de l'armada quand elle avait découvert le camp. C'était une invasion. Et rien de mieux pour mettre à terre une petite armée que des otages. Plus que des otages, des enfants enlevés. Des bébés.

- Chut, chut chut chut, susurra le dénommé Dagur en pointant sa lame en direction de la gorge d'Irmine, voyant que la petite d'à peine un an commençait à s'agiter. Mais elle ne comprenait pas. Elle gémit encore une fois, plus fort, puis le Chef ennemi rangea son arme et l'attrapa sous les aisselles pour la caler contre lui avec un soupir résigné. Voir l'enfant se calmer dans les bras de l'opposant foutu une rage monstre à Erwin. Cet affreux tenait sa fille contre lui comme s'il en était le vrai père.

- Elle est très mignonne, commenta avec un sourire presque bienveillant Dagur. Dommage qu'elle doive nous servir. »

Il éclata de rire devant l'expression crispée du Chef mercenaire. Une colère immonde irradiait de ce dernier, son regard se plantait sur son adversaire, qui berçait avec un petit entrain sa fille. Le petit poing de l'enfant s'accrocha à la cape de son berceur.

- Vous devez être très inquiet pour eux à l'heure qu'il est, fit Dagur en désignant d'un mouvement de tête nonchalant les marmots tremblants à ses pieds, gardé par deux lances croisées. Mais ne vous en faites pas, ils vous seront bientôt remis, et en bonne et due forme… si vous nous laissez entrer dans le camp. Autrement… »

Le sourire qu'afficha ce dernier rembrunit aussitôt les mercenaires, certains, par impulsion, mirent la main à la garde de l'épée, mécaniquement.

- Laissez ces enfants revenir, fit Erwin plus sourde qu'il ne l'avait prévu. Ils n'ont rien à voir avec ce conflit.

- La prise d'otage consiste à faire participer la population à un conflit, non ? répondit Dagur, arrogant. Et puis, j'aime bien cette petite, ajouta-t-il en regardant Irmine. C'est ta fille n'est-ce pas ? Devrait-elle recevoir un traitement spécial… ?

- Tu ferais mieux de la déposer, maintenant. Où il ne restera plus grand-chose des hommes qui t'accompagne derrière, ni des bateaux qui t'ont amenés sur cette île.

- Si tu veux, je te rends la petite, dit promptement Dagur. Mais en échange, vous irez me chercher un autre enfant.

- Il n'est pas question que je donne un membre de mon Clan à un fou de ton espèce, cracha Erwin. Je ne t'ai pas demandé ma fille, je t'ai ordonné de nous rendre NOS enfants !

- Oula, du calme ! Pas la peine de s'énerver, fit le Chef ennemi avec une mine faussement offusqué, tout en déposant la petite dans la terre parmi les autres enfants. Puisque le message n'a pas était assez clair, je vais devoir te réexpliquer ce que j'attends de toi. » Au pied de Dagur, Irmine, demandant à être rassurée, s'agrippait à la fourrure de ses bottes, poussant une autre plainte. Le Chef attrapa sa petite main pour la décrocher de la chaussure et la tira vers le haut. Irmine, sur la pointe des pieds, tenta de se décrocher tandis que celui qui la tenait dégainait son couteau.

- Non… Non ! hurla Erwin, qui décida de se précipiter vers sa fille au moment où le couteau se levait. Il n'eut pas le temps de faire trois pas que Dagur trancha la main du bébé. Irmine retomba au sol, l'opposant la regarda s'affaler, se redresser, hoqueter puis

hurler.


Dans ce chapitre, je pense que j'ai dépassé un seuil de cruauté qui n'existait pas avant... Hrm !

Mais de toute manière, ce n'était qu'une mise en bouche... 😈 (Patapé svp...!)J'espère sincèrement que ce chapitre vous aura plus. J'ai mis un peu de temps à l'écrire, j'ai d'ailleurs un tout petit peu bloqué sur la partie Astrid, mais je pouvais pas en rester là.

D'ailleurs, quelque chose qui n'est pas notifier dans l'histoire, la rencontre entre Astrid et le dragon se fait la veille du retour de Harold dans son Clan, si certains d'entre vous n'avaient pas compris. Je pense que je vous ais tout dis, si j'ai la possibilité d'avancer l'histoire le plus tôt possible, je le ferai mais pour l'instant, le rythme tournera entre 2 et 3 semaines d'attentes.

En gros, se sera la surprise ;) ! Merci à ceux qui patiente jusque là, ça me fait très plaisir. Je vous fais à tous de gros bisous, et je vous dis à bientôt !

Merlin's Vision

Corrigé le 23.01.17