Hey hey hey ! Salut mes dragounets ! Je sais que ça fait un moment, mais je pouvais pas y faire grand chose, ça fait presque un mois que je n'avais soit pas de connexion internet, soit pas d'ordi du tout. Alors, pour les updates...
Bref, j'en ai profité, ce chapitre ne pouvait pas être coupé plus tôt, autrement dit, il est un peu plus long que d'habitude. 8 pages au lieu de 4 ou 5. Ça passe, non ?.. En plus, c'est un chapitre qui *SPOILER*. C'est l'heure des reviews, guys !
lemortel rageux : Mais siiiiiiiiiiiiii ! Comprend-nous, c'est comme ça que ça marche pour tenir en haleine. Et ça marche toujours (enfin, ça dépend pour quoi XD). Perspicace, l'ami, mais oui, Ombreur est un drakkeon, quoi de plus surprenant. Je m'attarde pas dessus, si t'arrive à comprendre, les autres aussi ! Merci pour les compliment et la review ! Moi aussi, j'attend ta suite 😉
zherden : Oui, ça arrive que certaines personnes changent de mentalité après avoir perçu quelque chose de vraiment spécial à leur yeux. Traumatisme et tout ça. Bref, tout ce qu'à fait Harold depuis le début de HTTYD est traumatisant pour tout le monde. Chouette hein ? (je déconne..) Astrid badass ? J'aurais dit en parfaite galère mais merci XD Oui, c'était mignon, malgré la distance, il veut quand même penser à elle et la préserver alors qu'elle est l'ennemi de Dagur ! Extra cute. Je te promet que c'est marrant de voir les gens râler par ta faute, tu comprendras peut-être un jour. Merci à toi pour la revieeew !
scorpon the wizard : J'adore ta définition de "mal nécessaire". Pour moi, ça voulait dire automutilation mais c'est pas grave XD Après ça dépend de si ça t'arrive souvent, par exemple quand tu as vraiment sommeil. Bref ! C'est vrai que la trahison n'est forcée d'être facile, donc, je vais pas bâcler un tel passage sachant qu'Astrid garde pas mal de connexion avec les Beurkiens malgré tout ce qu'elle a fait. Je pense d'ailleurs que personne ne s'est rendu compte à quel point elle pouvait être bête, mais ça c'est entièrement ma faute 😕 L'erreur est humaine, c'est tout ce que j'ai à dire pour ma défense. Ta prédiction est pas mal joué, j'adore quand les gens font des théories. La guerre peut être utile, mais il y a tellement de choses qui se font oublier quand commence un combat que lorsqu'elles sont détruites, on regrette souvent de l'avoir commencé car on détruit l'irremplaçable. Autant dire que la guerre a de grands enjeux. Fin de la parenthèse introspective. Merci à toi, scorpon, ça fait toujours plaisir de te voir commenter !
mc arno : hey vieux confrère ! Tu t'écarte du chemin de la fanfiction en ce moment 😌 La passion s'est éteint on dirait. J'avais eu l'idée de l'espèce dès le moment où j'ai fait appelle à Ombreur pour la première fois, autant te dire que l'idée n'est pas nouvelle. Enfin, pas pour moi mais c'était mon plan aussi. Je suis contente que tu aimes le côté dark dans lequel sombre l'histoire. Merci pour la review, biz !
Régalez-vous, surtout ^^ Pas de note de bas de page, j'ai élaboré ce chapitre sur près d'un mois, il ne résulte pas beaucoup de mes observations à part que je devais écrire ça, ça et ça, donc... tout est là. Bonne lecture et à une prochaine, mes dragounets.
Merlin's Vision
Chapitre XXII : Corruption et faux espoirs.
- C'est une catastrophe ! vociféra Stoïck dont les allées et venues sur la place noyaient les craintifs sous l'inquiétude de se prendre une torgnole en pleine tête tant ces gestes étaient grands, énervés et totalement désordonnés. Astrid, debout au bord de l'immense cercle que formaient les habitants autour de leur Chef fou de rage, déglutissait avec honte. Elle entendait autour d'elle les gens asséner à coup d'insultes murmurées tout le mépris qu'ils avaient envers les dragons, alors que la plus grande partie des dégâts occasionnés ce soir-là provenait de l'incendie qui s'était déclenché dans le stock de bois et qui avait pris une ampleur considérablement. Les maisons aux alentours étaient soit noires, soit totalement désintégrées avec pour seuls restants, les fondations et les poutres, fragiles et entamés par le feu mort.
La jeune femme avait dû mal à s'en remettre. Elle avait intentionnellement demandé à un dragon de mettre le feu à la réserve, et alors qu'elle avait assistée aux entraînements de Ombreur, avait été surprise par la vitesse à laquelle le feu avait grandi. En à peine deux secondes, des flammes de deux mètres de hauts avaient commencé à ronger le bois jusqu'à le décomposer comme s'il s'agissait de feuilles de papier. Les flammes d'Ombreur avaient été rouges, d'un rouge morbide, et quand le brasier s'était intensément déclaré, le feu avait commencé à tournoyer tel un typhon broyant tout sur son passage. Elle avait dû courir pour y réchapper, mais le reptile avait même du l'attrapé par le bras pour l'emmener sur quelques mètres en volant avant de la poser en sécurité dans une rue plus loin et de repartir vers le ciel noir de nuit et de fumée qui camoufla sa fuite. Elle ne l'avait pas revu ensuite.
L'incendie avait été si grand que les dragons eux-mêmes s'en étaient éloignés. Cinq minutes plus tard, sans aucune explication, les reptiles terrifiés avaient désertés le village et le typhon en était venu à se volatiliser, emportant avec lui quelques habitations. Une catastrophe et un phénomène pour le moins prodigieux. Une colonne rouge vampirique aux bras sifflants et grondants avec ardeur s'éteignant sans rien et démarrant de presque peu. Et Astrid était derrière tout ça. C'est bon, t'es une criminelle ma vieille. Et quelque part, elle était soulagée que tout le monde mette ça sur le dos des dragons, car à l'instant, elle était vidée, choquée, totalement submergée par son propre exploit. On pouvait rarement faire plus étrange que les jumeaux Thorstons dans ce village, mais il était clair qu'au vu des visages outrés, ravagés et bouleversés des Beurkiens, elle avait établi un nouveau record en réduisant à néant une petite partie de la ville en plus d'une réserve importante de ressource. Dans le cadre officieux bien sûr. Officiellement, les dragons étaient les responsables de cette dévastation.
- J'ai dû mal à croire que c'est un dragon qui ai pu faire chose pareille, s'exclama Gueulfort, donnant sans le savoir un coup de poignard à Astrid, qui s'insulta aussitôt de paraître aussi coupable en ayant sursauté. Qui a déjà vu un typhon de feu aussi sanglant?
- Il faut croire que tu n'es pas sorti du village depuis longtemps, Gueulfort. Crois-moi, un Cauchemar ou une damnation de la même espèce peut très bien être à l'origine d'une chose pareille, gronda Stoïck, le visage crispée de colère.
- Je trouve que c'est quand même un peu trop gros pour appartenir à un simple Cauchemar…
- Mais enfin ! Tous les Cauchemars ne sont pas pareils ! Il suffit qu'il soit un tantinet plus puissant et regarde la fiente qu'il nous lâche en plein visage !
- Stoïck, tu devrais te calmer…
- ME CALMER ! ME CALMER AVEC ÇA ! hurla le Chef en désignant avec insistance la partie de la ville encore fumante. L'hiver est à nos portes, plus proche que jamais ! Nous devons nous préparer à défendre notre île parce que Dagur ne voudra pas attendre pour nous marcher dessus, tout ça dans des conditions aussi sordide que le froid, la glace et la neige, la faim ! et tu voudrais que je me calme ?! Notre stock entier, ENTIER a brûlé ! Il ne reste rien, pas même une simple bûche ! Et ce stock n'était même pas destinée à prévenir de la guerre elle-même !
- J'ai peut-être une main et une jambe en moins Stoïck, mais je suis ni sourd, ni aveugle ! Si tu comptes brasser de l'air toute la nuit, fait-le nous savoir, en attendant, rien ne va se réparer tout seul et nous avions cruellement besoin de cette réserve pour rebâtir l'île. Tout le monde le sait, on a tout perdu, et bien quoi ! Prend une décision, tout le monde t'écoute ! Tu veux qu'on attend les Berserks en culotte et vas-y qu'on crève tous sans rien, ou on va renouveler ce foutu stock en attendant le prochain feu de joie ?! On ne peut pas rester là sans rien faire et tu le sais très bien ! »
Devant l'insurrection de son vieil ami, Stoïck grommela sans rien dire avant de céder à une expression fatiguée, et tout le monde le regarda avec une certaine compassion. Rien ne devait être facile en tant que Chef. Voir le désarroi des Beurkiens provoqua une certaine sensation d'éloignement à Astrid. Elle n'avait pas la même position qu'eux dans le conflit -car de toute manière, elle allait partir-, et bizarrement, cette distance la calma un peu. D'accord, c'était un incendie volontaire, oui c'était elle qui en était à l'origine, mais n'oublions pas pourquoi. Avec le support du gérant du port, elle pouvait s'enfuir de l'île par la voie des eaux. Elle allait bientôt y parvenir. Elle l'aurait bien fait en dragon si seulement elle avait eu plus de temps pour apprendre à le chevaucher, ce qui n'était pas le cas. Elle n'en avait pas fait une priorité, l'apprivoiser avait pris du temps et lui apprendre certains tours au vue de la planification de son départ était essentiel. Ombreur était vraiment dur d'oreille, et pas seulement parce qu'il était âgé. Une femme, interrompant les pensées de la Hooligan, demanda alors à l'assemblée d'une voix tremblante :
- Combien de maisons ont pris feu ?... Je… combien ? Lesquelles ?
Refusant de se sentir plus coupable en écoutant une quelconque réponse, Astrid fit volte-face et sortit de la foule le plus discrètement possible, prenant la direction du port. Au loin, elle entendait quelqu'un annoncer à regret qu'une dizaine de maisons y étaient passé quand la femme éclata en sanglots avant de pousser un long cri de désespoir. La valkyrie ne comprit pas pourquoi cette dame pleurait sachant que tout pouvait être rebâtit et remit à neuf. Plus elle s'éloignait de la place, moins elle entendait les dires outragés des gens. Mais un frisson d'horreur la parcouru quand la femme se mit à hurler de tristesse et de rage :
- Non ! NON ! MON ENFANT ! MON ENFAANT !
Le gérant rentra dans sa demeure, très modeste demeure. Cela ressemblait plus à un placard à balai qu'à une pièce à vivre, mais heureusement pour lui, il y croupissait seul la nuit. Et quand bien même, les six mètres carrés de son habitat ne lui permit pas de voir tout de suite la silhouette qui se tenait debout au fond de la pièce, dissimulé dans la pénombre. Il resta tétanisé quelques secondes sur le seuil de sa porte tandis que sa porte claquait derrière lui. Puis, persuadé de l'identité de son visiteur, il alla allumer en quelques coups de silex sa minuscule cheminée. A la lumière apparut la guerrière aux grands yeux bleus, regardant avec une froideur implacable le vide devant elle. Elle était légèrement échevelée, ce qu'il lui donnait un charme presque insane et malheureusement, le sang de dragon qui tachait ses vêtements et sa joue ne faisait que l'accentuer.
- Ma raison me conjure de nier toute implication dans l'incinère de ce soir… me l'interdit même, sous peine de finir fou et pourtant, je sais au fond de moi que l'idée de mettre le feu à la réserve ne venait pas entièrement de vous. J'avais, quelque part, une profonde croyance en vous, que vous aviez réellement la conviction de commettre un tel acte et vous l'avez fait. Mais je crois que…
- Vous le regrettez, c'est cela ? coupa la viking en déviant ses yeux sur lui. Le gérant avait l'impression qu'elle n'avait pas clignée une seule fois des yeux depuis qu'il l'observait.
- Eh bien, il me semble logique de ne pas le regretter sous peine de vivre sous l'influence des remords. Je disais plutôt que j'avais dû mal à réaliser mes dires passés, autrement je n'y pensais jusque-là pas vraiment. Mais il semble que cela soit trop tard. J'ai, comme qui dirait, en partit foutu le feu à la ville, vous n'êtes donc pas seule… »
Le gérant regarda un instant sa complice. L'aura qu'elle dégageait à présent lui semblait macabre, elle était sombre au-delà de tout ce qu'il avait pu voir, pourtant il connaissait déjà son essence. La corruption. La corruption aux vices et à la dépravation. Astrid venait de franchir une toute nouvelle ligne dans sa quête de liberté. Et même si cela semblait être la première fois qu'elle faisait une telle chose, il y avait un début à tout, et un début était amplement suffisant pour justifier son acte par la corruption. La corruption à une idée qui déplaisait aux mœurs de son royaume et sa mise en application.
- Je devrais… si j'étais une personne censée… te haïr pour avoir brûlé vif un gamin sans défense pris au piège dans une maison en flamme.
- Je n'avais pas l'intention de causer autant de… dégâts. »
Le gérant nota le choix des mots de la jeune femme. Un détachement voulu, et une impassibilité voulue, mais mal contrôlés. Elle avait détournée le regard et fixait à présent un point imperceptible devant elle, les yeux brillants. Il ne dit rien, il avait l'impression de la comprendre sans pour autant être certainement compréhensif. Il reconnut que lui aussi avait la gorge serré devant cet imprévu.
- Je ne me sens pas particulièrement concerné par l'incident. Je ne suis pas père, je n'ai pas d'enfants, et ce n'est pas la première victime qui meurt dans des flammes. Je… suis cependant plus pragmatique que je ne l'aurai cru. Je n'étais pas sur les lieux lors du départ de feu, alors, qu'est-ce que je risque ?
- Si personne ne nous a entendus parler sur le port, rien effectivement, admit la valkyrie. Pour l'instant, tout le monde met le départ de feu sur le dos des dragons. Ce qui n'est pas entièrement faux.
- Ne te crois pas intouchable pour autant, gamine. Je suis par exemple, au courant de tous tes méfaits comme tes faits, et même du plus récent, fit le régisseur avec un sourire navré. La guerrière soupira et se décolla soudainement du mur. L'homme n'avait jusqu'alors pas remarqué la dague qu'elle tenait dans sa main. Il perdit aussitôt son air compatissant et décroisa ses bras, instinctivement prêt à réagir. La jeune femme s'approcha avec lenteur du gérant, son manteau effleurant le dos du fauteuil qui trônait pas loin du feu.
- L'idée était en partit la vôtre, c'est vrai, fit Astrid avec supériorité, dirigeant la lame ouvertement devant elle pour menacer le responsable qui recula de quelques pas à son approche. Il fut, en une seconde à peine, acculé contre sa porte d'entrée. La jeune femme tenait l'arme de sa main droite, ce qui dissuadait le gérant de porter sa main en direction de la poignée de porte. Un seul mouvement et il serait peut-être amputé de quelques doigts si elle avait la volonté nécessaire pour le tailler en pièces.
- J'espère maintenant que vous allez assumer le fait que vous m'avez aidé jusqu'au bout et que vous continuerai à la faire.
- Je pense que vous me menacez inutilement étant donné que vous êtes belle et bien sur la liste des escortes. Stoïck quémande déjà un ravitaillement à l'Île-Qui-Gronde. Deux bateaux partiront demain à l'aube, et je ne dormirai que très peu cette nuit.
- Tous les escorteurs sont déjà au courant qu'ils partent demain ? demanda sceptiquement Astrid.
- Ils se sont inscrit eux-mêmes ce soir, quand j'étais sur la place, et ils étaient trop nombreux, j'ai donc fait en sortes de laisser vos amis ici pour que vous n'ayez pas de parasites lors de votre départ. Ils sont rayez de la listes et au courant que vous partez. Tout le monde le sait. Tout se passera normalement demain.
Astrid courait à perdre haleine dans la forêt, ayant pour seule lumière la pleine lune à présent dégagée. Elle manquait bien de se manger quelques troncs mais elle ne s'en souciait guère. Elle n'avait qu'une chose en tête, partir demain et pour toujours. Elle ne dirait au revoir à personne, se sera un adieu tandis que tous croiront la revoir. Varek, Kranedur, Kognedur, Rustik, Mad, Osvald, Falko, Corbo, Stoïck, Gueulfort, Gothi et tous ceux qu'elle connaissait. Peut-être une centaine de gens au total, bientôt n'auront que leur mémoire pour la voir et l'entendre parler. Elle n'existera plus sur l'île et partirai pour rejoindre Harold… Harold. Revoir Harold. Les yeux humectés et la respiration saccadée, la combattante déboula en haut du Gouffre des Corbeaux. Elle s'arrêta à temps pour ne pas être projeté dans le vide et se mit à chercher l'objet de sa recherche.
De lourds bruits de pas derrière elle la fit se retourner. Sans réfléchir, elle sauta sur Ombreur et se colla à lui. Le dragon émit un grognement contrit et gigota légèrement mais ne bougea pas, ne rendit pas ce geste. Quand la jeune femme releva la tête, le reptile fronçait ses yeux, encore surprit par l'affection que lui avait porté l'humaine. Il voyait ses larmes, l'agitation en elle, la panique, l'excédent d'émotion qui se changeait en une angoisse incontrôlable. Un ramassis de troubles énormes et surement gros à porter à terme. Mais surtout, une volonté de vouloir garder son calme qui peinait à faire sa place dans la tête de la jeune femme.
Astrid était complètement épuisé par cette nuit. Le combat, l'incendiaire, le chaos qui avait régner sur la ville avant la dispersion totale et effroyable des dragons, repartit en ne laissant que les dommages de leurs attaques. Elle avait vu après sa visite chez le gérant, quand elle traversait à nouveau le village, des bouts de toitures au sol, des moutons éventrés, des fois avec une patte en moins, sûrement dévoré au cours de la bataille ou arraché en étant saisit au vol, des brulures et profondes plaies sur les bras et les jambes des combattants, l'ambiance abasourdie, tendue et désespérée qui planait au-dessus des gens.
Astrid sentait sa gorge se nouer en y repensant. En plus d'être horrifiée parce qu'elle avait fait, elle sentait une force contrer sa détermination de quitter l'île. Le sentiment d'insécurité à se livrer à une vie qui ne lui réserverait le plus improbable des parcours, les plus improbables imprévus, et le plus improbable des sorts. Que va-t-il se passer ensuite ? Le genre de sensation qui vous donne envie de vous délaisser dans un coin pour pleurer inutilement comme un enfant sur les innombrables et irréparables erreurs que vous avez commise, dans l'espoir de revenir en arrière, de tout faire revenir en arrière comme si rien ne s'était passé, comme si rien n'avait existé. Un faux espoir. Elle sentait le goût de la bille sur sa langue, dans sa gorge, dans sa salive ; son estomac remuait d'angoisse et de malaise. Elle s'éloigna soudainement d'Ombreur et inspira précipitamment à plusieurs reprises, compressant ses joues à deux mains.
- Reprend-toi. Reprend-toi, Astrid, bordel !... Calme-toi…
Elle renifla, regardait le sol en faisant les cents pas sous le regard étrangement sceptique et inquiet du dragon qui émit un grognement. L'activité de la viking cessait et elle ordonnait alors avec une certaine fureur, une rage qui ressurgissait :
- Pars ! Maintenant ! À l'Île-Qui-Gronde… et retrouve-moi là-bas, tu m'as compris ?!
Le dragon releva son museau pour regarder la jeune femme avec du dédain luisant dans ses yeux jaunes phosphorescents. Puis il souffla par les naseaux et recula de trois pas en ouvrant ses grandes ailes. Il se ramassa sur lui-même et sauta en prenant appuis sur l'air. Le Vipère s'envola en poussant un cri strident qui résonna au-dessus des arbres.
- Je compte sur toi… fit la jeune combattante, les yeux embués en voyant son allié partir.
Harold enfilai les cuirasses qui lui tenaient les poignets, enfermaient son torse et ses épaules et bientôt, enfila sa cape pourvu d'écailles et de fourrure, plaçant dans son dos la tête du loup de façon à sangler sans difficulté son long manteau. La longue étoffe peinait à toucher le sol. Le jeune homme vérifia une dernière fois ses bottes pourvues d'une protection en fer, forgé par un de ses amis forgerons de l'Île Kyera, qui avait vanté d'avoir passé la nuit à faire les détails et dessins sur la plaque. Il appréciait les mettre, ça lui faisait du bien et lui apportait un peu plus de confiance et d'estime. Il se tourna vers le fauteuil de sa chambre, simplement aménagé par les subalternes de Dagur, et y ramassa son épée qu'il accrocha à sa hanche, avant d'enfiler des gants qu'il sortit de la poche intérieure de sa cape.
Il vérifia une dernière fois de n'avoir laissé aucun effet personnel dans cette pièce, et partit en laissant une désagréable odeur de plantes et de fumée. Il faisait froid dans la chambre, car il avait laissé la fenêtre ouverte toute la nuit pour chasser les relents de ses expériences, mais rien ne réussirait à camoufler les fragrances volages de ses poisons avant un temps. Il n'aurait qu'à espérer que les domestiques de chambres pensent à faire un courant d'air pour dissiper l'infection. Il ne désirait pas provoquer le mal chez qui que ce soit, lui seul était responsable des effets de ses mixtures. Il se réprimandait déjà de les avoir trop humé au risque d'attraper une saloperie plus tard. Il sentait – énormément – ses yeux à chacun de leurs infimes mouvements, sa gorge le grattait, il était nerveux et n'avait pas été très bien reposé. Il comptait sur Krokmou pour lui laisser du répit en cours de vol.
Harold quitta sa chambre et rejoignit Erwin dans un grand patio à la forme circulaire enfoncé de quatre étages, et dont le premier se trouvait élargit et à la fois obstrué par une dizaine de piliers soutenants les trois étages restant. Une prouesse architecturale, pensa Harold, qui n'avait que rarement vu des bâtisses de pierre, encore moins des comme celles où il se trouvait, et encore moins des patios. Ce genre de chose n'existait pas dans le nord.
- J'ai eu un architecte étranger, résonna la voix de Dagur dans le renfoncement, surgissant d'une des portes alors que les deux mercenaires venaient à peine de se saluer. Très bon. Cette cours est vraiment magnifique, j'ai bien deux ou trois fenêtre qui donne sur elle. J'en aurai voulu plus, des espaces ouverts comme cela, dans cette forteresse. Dommage que cet idiot ait fait un pas de trop en arrière avant de faire une chute d'environ soixante mètre. »
Le silence accueilli les mots du Chef Berserk, qui continuait d'observer le mur jusqu'au ciel, les mains croisées dans le dos. Harold échangea un regard un peu stupéfait avec Erwin, et Dagur remarqua leur interrogation muette et stoppa net sa contemplation pour dire avec un sourire :
- Je vous rassure, il est bien mort. Quelle souffrance il aurait eu s'il vivait encore !
- Tu as l'air en forme, Dagur, lança le sorcier de manière abstraite.
- Pas tant que ça, crois-moi, fit le Berserk en le regardant avec des yeux étrangement plaintifs. Faut dire que tu vas me manquer. » Harold leva les yeux au ciel. « Il n'y a pas beaucoup de chose à faire ici, ça fait longtemps que je prépare mon plan et j'ai bien envie de passer à autre chose. » Les deux mercenaires lancèrent un regard désabusé et énervé au Berserk.
- Heureusement que tu faisais partit de la distraction d'hier, Harold. Tu as littéralement égayé ma soirée.
- J'aime pas ce que tu dis, envoya le sorcier en fronçant les sourcils. Dagur perdit un peu de son sourire.
- On dirait qu'il n'y a que quand c'est toi qui plaisante que ça devient drôle.
- J'évite surtout de dire des choses trop déplaisantes pour les autres.
- Je vois pas ce qui choque, répliqua le Berserk avant de se tourner vers le Chef mercenaire. Vous partez donc ?
- Oui.
- Vous ne vous êtes pas énormément reposé, à ce que me disent vos têtes.
- Certainement, mais on voudrait éviter de t'ennuyer trop longtemps, fit Erwin en haussant les épaules.
- C'est trop gentil. Suivez-moi, clama alors le viking quand il entendit les autres escorteurs arriver dans le patio. Aussitôt, suivit des mercenaires, il relia la plateforme sur laquelle s'était posé ses alliées la veille. Les combattants quittèrent alors son dos quand il s'arrêta devant l'entrée et se dispersèrent en allant vers le bord du palier. Seul Erwin resta à ses côtés. Il se tourna alors vers son allié, plus grand que lui et demanda après quelques secondes de mutisme perplexe :
- Comment rappelez-vous vos dragons au juste ? » Le Chef attendit un court instant sa réponse, mais le mercenaire finit par dire :
- C'est simple. Nous les avons dressés.
- Oh, fit Dagur devant la pertinence de la répartie, en levant un sourcil sarcastique. Il se tournant alors vers le Chef Kyera quand il l'entendit fourrager dans sa sacoche quand il en ressortit un coquillage, de la taille d'une très grande main adulte, volumineux, taché de dégradés rouge-rose, enroulé sur lui-même dans une spirale et ayant des crêtes en pique. Intrigué, le Berserk le regarda porter un bout du coquillage à ses lèvres, prendre une grande inspiration et souffler dedans.
Un bruit assourdissant sortit de l'autre bout du coquillage, grave et retentissant. Il produisit un tel son qu'après qu'il ait arrêté de souffler dans l'instrument, on entendit l'écho du bas de la forteresse et ainsi que celui se propager au loin, dans le ciel brumeux et vers la mer. Dagur lâcha un ricanement excité devant le vacarme qu'avait produit l'objet. Erwin lui lança un regard en coin, et tourna la tête vers le ciel. Une minute plus tard, un cri strident répondit aux mercenaires. A l'horizon, on aperçut alors un groupe d'aile ployant avec puissance, abattant le vent. Les dragons arrivèrent sur la forteresse à toute allure et ce n'est qu'une fois à quelques mètres de la plateforme qu'ils ralentirent juste un peu pour se poser avec lourdeur et empressement.
Chaque mercenaires rejoignit sa monture et se mit à califourchon sur leur selle. Erwin grimpa sur son Troçonnateur et se tourna vers ses hommes, qui le regardaient pour lui transmettre silencieusement qu'ils étaient prêts. Le Chef mercenaire se tourna alors vers Harold.
- Je ne serai peut-être pas là avant un bon mois. Cela dépendra de si nous arriverons à transporter tout notre matériel et nos installations sur le volcan non loin d'ici en une seule fois. Je t'enverrai un dragon si je dois te faire parvenir un message, ou si j'ai besoin de toi ici ou ailleurs. Je superviserai toutes les opérations de transfert jusque-là, avec l'aide des autres conseillers.
- Tu ne viens pas avec nous ? s'étonna Madner en se tournant vers Harold.
- Harold a une mission à accomplir pour Dagur et lui-même. Il part dès maintenant, expliqua Erwin. Je vous expliquerai en chemin.
- Si tu as besoin d'un endroit te poser en attendant le retour de tes compagnons, tu peux revenir ici, Harold, fit savoir Dagur, ce qui mit en garde le sorcier, bien que pas longtemps.
- Merci, dit-il alors. Dagur fit alors volte-face et sans rien ajouter, quitta le palier, gardant constamment ses mains dans le dos. Il disparut dans l'ombre de l'entrée. Harold cessa de regarder par où le Berserk avait disparu et jeta un regard à ses compagnons avant de faire plonger Krokmou dans le vide. Alors qu'il terminait sa chute fulgurante du haut de la tour, il entendit le cri des Cauchemar s'élançant dans le vacuum. Il atteignit la mer deux seconde plus tard, ayant survolé la grande ville de l'île rocheuse et se dirigea d'emblée vers l'est, tandis que les autres firent route vers le sud.
L'aube pointait à peine. Astrid rassemblait le nécessaire dans un baluchon, elle avait réfléchit un moment à ce que serait le stricte minimum. Quelques rechanges, de quoi tenir chauds. Des armes. Elle volerait de quoi garder l'eau sur le bateau, quelqu'un aurait forcément sa gourde en peau avec un peu d'alcool à l'intérieur. Elle savait chasser, quoi manger ou cueillir. Et bien sûr, son carnet et les notes d'Harold, qu'elle ne pensait pas trimballer éternellement bien sûr. Elle n'avait pas besoin de plus. Son sac, jeté sur l'épaule et fin prêt, l'accompagna jusqu'à la sortie de la bicoque, dans laquelle vivait depuis plus de sept ans la viking. Astrid regarda une dernière fois son foyer, plongé dans le noir, puis claqua la porte derrière elle.
Il faisait vraiment froid dehors, de la vapeur sortait de ses narines à chacune de ses respirations. Le soleil ne pointait pas encore, mais il ne tarderait pas : le ciel palissait doucement. Il semblait que c'était un jour peu commun. Il y avait déjà plusieurs personnes dans la rue qui nettoyait les dégâts de la veille, mais personne ne parlait beaucoup. On respectait le sommeil des autres, sans aucun bruit, emmitouflé dans des peaux de bêtes et marchait silencieusement. On se disait bonjour d'une voix discrète. Astrid eut droit à beaucoup de salutation en traversant la rue, à des 'bonne chance pour l'expédition', des 'bien dormi ?' et autres. Jusqu'au port, les gens lui lançaient un regard où le respect s'y voyait encore, et cela crispait la jeune femme, qui rentra un peu les épaules par moment.
Elle savait qu'elle avait l'air de fuir dans cette position, elle s'efforçait tant bien que mal de se détendre. La Hooligan rejoignit le gérant quand elle l'aperçut. Ce dernier lui fit un signe de main quand, à son tour, il l'a vit. L'homme lui annonça aussitôt :
- Le Chef est en réunion, et tout le monde est là. Je pense que nous pouvons partir maintenant.
- Il y a vraiment du monde sur le quai aujourd'hui, grommela Astrid en zieutant les pontons et le chemin menant à la ville.
- C'est comme ça à chaque expéditions ; très peu de civil peuvent partir de l'île, et ils savent que s'ils arrivent à monter sur un bateau, ce ne sera pas en toute quiétude. Le danger est partout : le temps, les profondeurs, les récifs, les dragons dans les airs, les dragons dans l'eau, maladie, mort… Il y a de tout. C'est donc pour eux, un genre de spectacle, ou un phénomène. On part et on ramène des choses venus d'ailleurs. Mais il faut dire que celle-ci est exceptionnelle, étant donné que nous partons avec trois drakkars à la place d'un seul. »
La jeune femme se contenta d'acquiescer, et se fit hâter par le gérant qui lui ordonna de vite se diriger vers le dernier navire au bout du ponton. Elle se mit en marche quand le vivat brusque de la foule perché sur les hauteurs du port l'interpella. Elle s'arrêta pour regarder. Stoïck la Brute, suivit de Spilout et de Gueulfort, descendait les passerelles avec une fureur qui en écarta plus d'un sur son passage. Un peu plus loin derrière lui, suivait avec moins d'empressement les neuf enquêteurs, marchant avec un air sombre mais résolu. Et Varek, parmi eux, cherchait vainement quelqu'un du regard.
- Astrid Hofferson ! hurla Stoïck en arrivant sur le quai en furie. Spilout la vit et la montra à Stoïck qui se dirigea d'emblée vers elle. Quand le Chef passa devant le gérant, le régisseur lança un regard interdit à la jolie blonde, qui lut dans ses yeux. Il était tout aussi pétrifié par l'événement. L'arrivée de la Brute fut on ne peut plus terrifiante, pour la jeune femme. Chaque grand pas qu'il faisait la rapprochait d'une conclusion effroyable quant à la raison de sa venue. Les gens s'amassaient au bord de la ville, fronçant les sourcils, murmurant d'inquiétude.
Stoïck remonta le chemin pilotis jusqu'à la combattante, et s'arrêta devant elle, la surplombant largement. Il releva le menton, puis, passé un silence tendu, déclara d'une voix grondante et vomissante de dégoût :
- Astrid Hofferson, vous êtes en état d'arrestation… pour haute trahison, et meurtre." Il laissa un silence, et tout le monde retint son souffle, choqués. Il se tourna vers ses hommes qui l'avait suivit et ordonna : "Saisissez-vous d'elle." Astrid regarda les hommes s'approcher. Coincée entre la mer eux, elle n'espérait pas avoir une chance. A moins que... On lui saisit les bras sans ménagement et on la tira brutalement vers la terre ferme. Mais la crainte saisit Astrid et elle recula spontanément.
