Wakfu
CHAPITRE 7
Le jour suivant se passa tranquillement. Les Confréries eurent le droit à quelques combats sans grand danger et découvrirent que Willow n'avait aucune connaissance ni maîtrise de ses pouvoirs éliatrops. Yugo commença à la former et lui promit de poursuivre une fois arrivée à l'auberge.
C'est mon frère qui m'a appris les bases, lui raconta-il. Pour le reste, j'ai expérimenté. J'ai même brûlé Az.
Ce dernier confirma bruyamment, n'ayant rien oublié de la manière dont son ami lui avait carbonisé l'arrière train ce qui fit rire la jeune fille. Il lui raconta leur recherche du Dofus de Grougaloragran et comment le gardien Osamodas avait failli les tuer en les prenant pour des voleurs.
On cherchait à trouver un rocher en forme de tête de dragon. Mais pas moyen de mettre la main dessus. Quand on est arrivé dans ce trou au milieu du labyrinthe de roches, il commençait à faire nuit. Du coup, je me suis installé sur une pierre plate pour dormir. Le rocher était juste au-dessus de nos têtes !
Et tu t'en es rendu compte à quel moment ?
Quand le gardien à essayer de m'aplatir la tête avec son marteau. J'avais commis le sacrilège de toucher le rocher sacré du dragon. Après ça, je lui ai expliqué le but de ma venue et il m'a accueilli chez lui, dans le sanctuaire.
Tu as eu beaucoup de chance d'avoir pu le raisonner. C'est très rare qu'un gardien laisse le temps à un intrus de s'expliquer.
C'est vrai mais je crois que le présence d'un Tofu blanc et bleu y a été pour beaucoup. Adamaï était resté emprisonné sous cette forme à cause du Chienchien de Nox.
J'ai hâte de rencontrer Balthazar, avait-elle avoué. Je n'ai jamais vu de dragon et pourtant, nos deux peuples sont si proches…
Ça risque d'être compliqué mais je vais faire tout mon possible, lui promit-il.
Après cela, elle avait gardé le silence pendant des heures, se contentant de marcher, plongée dans ses pensées. Quelque chose semblait la perturber et elle ne cessait de lancer des coups d'oeil à la dérobée au garçon et à tripoter les oreilles de son bonnet. Le soir, ils firent halte dans une bourgade à peine plus petite que Emelka et quand l'aubergiste leur eût assigné des chambres, elle s'était excusée et retirée dans celle qu'elle partageait avec Latissa, laissant ses compagnons pantois et soucieux.
Elle doit sûrement s'inquiéter pour son père, avança Amalia.
Il n'y a pas que ça, ajouta la Crâ. Vous avez vu comme elle martyrisait son bonnet ? Elle n'a pas arrêté de le toucher sur tout le trajet. Et je crois qu'elle voulait te demander quelque chose, Yugo, mais qu'elle n'a pas osé.
Je pense savoir ce que c'est, répondit ce dernier en se levant. Je vais aller la voir pour tirer ça au clair. Latissa, vous êtes dans quelle chambre ?
La 18, je crois.
Il la remercia et monta à l'étage d'un pas léger. Les autres continuèrent à manger tranquillement. La jeune fille était inquiète et les autres pouvaient aisément la comprendre. Tous étaient épuisés par la journée de marche et profitaient de ce moment de répit. Demain, il leur faudrait encore parcourir des kilokamètres avant d'atteindre, pour les deux Eliatrops, Emelka et pour les autres, Astrub qui se trouvait à plus d'une journée de marche.
J'espère que l'on trouvera rapidement les indices concernant les reliques, soupira Amalia en s'étirant voluptueusement.
La plupart des sanctuaires se trouvent à Astrub, pour le reste, les autres sont érigés un peu de partout sur le continent.
Peut-être qu'en s'adressant à des représentants de chaque croyance, on parviendrait à trouver des indices, tenta Amalia. Nous sommes déjà six représentants même si, désolée Mordan, les Zobals ne sont pas encore reconnus comme des croyants à part entière. Sadida a ordonné que vous bâtissiez un temple mais techniquement, vous êtes les gardiens des masques contenant les neuf parties de l'âme du fils du Dieu Iop engendré avec une poupée Sadida.
Mordan écarquilla les yeux, étonné que la jeune Princesse ait tant de connaissances sur son peuple. Mais dans un sens, c'était logique; les Zobals descendaient indirectement de Sadida, et une personne du statut d'Amalia se devait de tout savoir de son propre peuple.
Quoi qu'il en soit, il va nous falloir douze représentants minimum, déclara Latissa.
Exact. Astrub sera une excellente occasion de se faire des alliés, approuva Mordan en hochant la tête.
Amalia soupira et leva les yeux en direction du plafond, inquiète. Savoir que les deux Eliatrops se trouvaient seuls à l'étage la perturbait même si elle savait à présent que Willow ne leur voulait aucun mal.
Princesse Amalia ?
Elle sursauta et aperçut Kyrel à ses côtés. Elle lui sourit et s'efforça d'oublier son trouble.
Je t'ai déjà dit de ne pas m'appeler Princesse, Kyrel. Je suis bien loin de mon royaume et ne vaux pas plus que vous.
Pour moi, vous restez la Princesse du Royaume Sadida, répondit-il en secouant la tête. Que diriez-vous de regarder les pièces de la prochaine collection de Nichrom Horlogerie ? J'ai pu récupérer le catalogue avant de partir.
Volontiers, approuva-t-elle. Horlo est un véritable magicien du temps.
C'est vrai et je peux dire sans me vanter qu'il a su transmettre sa passion.
Ils se levèrent et allèrent s'installer au coin du feu en bavardant. Le Xélor lui présenta le catalogue en lui racontant comment son grand-père en était venu à créer certaines pièces et celles qu'il avait réalisé lui-même. Amalia l'écoutait avec fascination, ébahie par tout le travail nécessaire derrière chaque modèle.
Et ma montre, demanda-t-elle soudain. Raconte-moi comment est venue l'idée.
C'est moi qui a réalisé le croquis, répondit timidement Kyrel. Votre peuple m'a toujours fasciné et quand j'ai entendu dire que le Roi Sheran Sharm voulait offrir un bracelet montre à sa fille, j'ai sauté sur l'occasion. J'y ai passé deux jours entiers et finalement, quand j'eus enfin terminé, je l'ai amené à Horlo. Vous n'imaginez pas mon angoisse. Quand il s'agit d'horlogerie, mon grand-père est intransigeant. Mais à mon grand étonnement, il a ri et m'a ordonné de passer au montage. J'étais si heureux. C'était la première fois qu'on me laissait participé et en plus, pour créer ma pièce ! Depuis, Horlo m'a nommé chef de réalisation. Père me répète souvent que j'aurai dû naître Sadida mais je ne pense pas. J'aime trop les montres et les horloges pour ça !
Je suis heureuse de pouvoir rencontrer le créateur d'un tel bijou, déclara la jeune fille. Tu n'imagine pas ma joie quand j'ai ouvert la boîte. Quand je suis au palais, je la porte constamment. Mais quand je pars en voyage, j'ai trop peur de la casser ou de me la faire voler. Qui sait ce que nous réserve l'aventure…
Des découvertes, des trésors, des amitiés mais aussi des déceptions, répondit le jeune horloger.
Vraiment ? Même de la part de ses alliés ?
Oui, même quand ces derniers ne s'en rendent pas compte et que l'on ne comprend pas soi-même ses sentiments.
La princesse referma le catalogue qu'elle feuilletait distraitement et regarda le Xélor droit dans les yeux, le déstabilisant. Pour une fois, il ne portait pas son masque et ne put cacher son désarroi.
J'en déduis que tu as remarqué mon trouble, Kyrel, dit-elle à voix basse. Que me conseillerais-tu ?
Je n'ai aucun conseil à vous prodiguer, Princesse, répondit-il en reprenant son sang-froid. Je ne suis pas très expérimenté en ce qui concerne les dilemmes amoureux et je n'ai qu'un an de plus que vous. C'est un brouillard complet pour moi. Mais demandez plutôt à votre amie Evangéline. Ne s'est-elle pas unie à Sir Tristepin ? D'après ce que j'ai compris, ils ont eu deux enfants ensemble.
J'en suis la marraine, confirma la jeune fille. Tu dois avoir raison, Kyrel. Je lui en ferais part, ce soir, quand nous serons seules. Merci à toi. L'attention que tu me portes me va droit au coeur.
Tout le plaisir est pour moi, Princesse, répondit-il en s'inclinant. Et si nous faisions une petite partie de cartes ?
Tous approuvèrent et Amalia fut reconduit à la table au bras du Xélor. Elle ne l'admettrait jamais mais cela lui faisait du bien d'être à nouveau considérée comme une personne de sang royal. Même si la spontanéité et l'authenticité de sa relation avec les membres de la Confrérie la ravissaient, cela pouvait aussi se montrer dévastateur.
Yugo gravit les marches d'un pas tranquille, la fatigue annihilant tout sentiment de panique ou d'urgence en lui. Willow s'inquiétait de savoir ce qu'il cachait sous son bonnet. Fort bien, il lui suffisait de demander. Après tout, il n'avait rien à lui cacher et cela leur donnerait encore l'occasion de se rapprocher. Cette obsession de la connaître et la découvrir encore et toujours le surprenait autant qu'il le rendait heureux.
La chambre 18 se trouvait au bout du couloir. Il se zappa, atterrit devant la porte et toqua avec entrain. Une petite voix lui répondit.
Willow ? Je peux entrer ?
Yugo ? Tu n'es pas avec les autres ?
Non. Je voulais te voir, dit-il sans détour. Ou attend, je reviens. Bouge pas !
Il repartit à toute vitesse et revint peu après, laissant tout juste le temps à la jeune fille de se passer de l'eau sur le visage et d'enfiler son bonnet. Quand il toqua à nouveau, elle l'accueillit d'un sourire engageant quoique fatigué. Il fit abstraction de ses yeux rouges et alla déposer le plateau garni de petits gâteaux et de deux tasses de thé.
Tu n'as pratiquement rien mangé ce midi, se justifia-t-il.
Tu es adorable, Yugo.
Non, je suis inquiet, répliqua-t-il. Parce que tu ne t'es pas décidée à venir me voir pour me poser la question qui te perturbait tant. Tu ne me fais pas confiance ?
Non, enfin si, se reprit-elle. C'est juste que… Je ne veux pas t'ennuyer avec ces futilités.
Qui t'a dit que tes questions étaient futiles ?
Moi. Parce qu'elles le sont. Tu as d'autres choses à régler que ma curiosité mal placée.
Il soupira et bras croisés, l'observa longuement. Même à cet instant, il ne pouvait s'empêcher de l'admirer égoïstement, alors qu'elle avait besoin d'être rassurée. Il lui prit doucement la main et la fit asseoir sur une chaise entourant la petite table sous la fenêtre. La nuit était éclairée par une pleine lune immaculée qui faisait étinceler la chevelure de la jeune fille.
Ferme les yeux, dit-il doucement sans lâcher sa main.
Elle obéit après lui avoir décroché une moue à la fois méfiante et amusée. Yugo saisit son bonnet de son autre main et le fit glisser avec lenteur. Il n'avait jamais révélé son secret à quiconque. Seul Alibert savait ce qu'il cachait sous son bonnet et encore, cela faisait des années qu'il ne les voyait plus si ce n'est quand il lui coupait les cheveux.
Yugo ? Tout va bien ? Tu trembles…
O-oui, bafouilla-t-il en se reprenant. Tends ta main.
Elle s'exécuta et sursauta légèrement quand elle sentit le contact brûlant de sa peau sur la sienne. Il dirigea sa main au niveau de sa tête et avant qu'elle n'ait pu comprendre, ses doigts entrèrent en contact avec ce qu'un Eliatrop avait de plus intime et fragile. Elle voulut s'écarter mais le jeune garçon la retint avec douceur et fermeté.
Je peux ouvrir les yeux, demanda-t-elle doucement.
Pas encore. Tu sais, je ne les ai jamais montré à personne sauf à mon Papa Alibert. C'est pas que j'en ai honte mais… Je crois que c'est une partie de nous que l'on ne doit révéler qu'à très peu de personnes.
Alors, pourquoi moi et pas Amalia ou Evangéline ? Tu as passé plus de huit ans à leurs côtés.
Tu es spéciale, avoua-t-il. Et tu partages cette particularité.
Cette fois-ci, elle ouvrit les yeux et le considéra, stupéfaite. Ses ailes brillaient d'un éclat bleuté dans la pénombre, l'éclairant d'une lumière irréelle la pièce. Ses iris semblant être faites d'or en fusion ne la quittaient pas. Elle tendit son autre main et la posa sur sa joue, impressionnée mais irrémédiablement attirée par ce petit être qui était venu la sortir de la grotte obscure dans laquelle elle se terrait.
Je peux les voir, demanda-t-il dans un souffle.
Elle se sentit hocher la tête et le vit avec crainte tendre sa main vers son bonnet. Elle ne fit pas un geste pour le retenir alors que tout son être lui hurlait de s'écarter. Elle sentit le tissu glisser de sa tête et ferma les yeux, ne voulant pas voir sa réaction. Elle avait beau se dire encore et encore qu'ils étaient pareils, révéler cette partie de son anatomie la mettait mal-à-l'aise, pire que s'il l'avait surprise à moitié nue.
"Je crois que c'est une partie de nous que l'on ne doit révéler qu'à très peu de personnes." Il avait raison. Ces ailes étaient la chose la plus précieuse qu'elle possédait d'autant plus qu'ils n'étaient que deux à en avoir.
J'ai vécu toute mon enfance dans le village de bûcherons, dit-elle soudain sans ouvrir les yeux. Ma mère m'a recueillie quand le gardien du sanctuaire m'a trouvée dans la forêt. C'était la guérisseuse du village et même si on se méfiait de nous, ce statut nous mettait hors de danger. Ça a duré neuf ans. Neuf ans de tranquillité jusqu'au jour où une femme m'a surprise sans mon bonnet et a vu mes ailes. Ils étaient prêts à me tuer mais Derek qui était de passage dans le village est intervenu en notre faveur et nous avons simplement été chassées.
"Il nous a pris sous sa protection et a engagé ma mère comme guérisseuse et moi, comme son assistante. Peu après, ils se sont mariés et Derek m'a officiellement reconnue comme sa fille.
" Ça fait déjà treize ans et ils sont heureux ensemble. Pourtant, je n'oublierai jamais la terreur que j'ai ressenti quand j'ai vu qu'ils étaient près à tuer ma mère à cause de moi."
Will…
Je sais ce que tu vas me dire, le coupa-t-elle. Que ce n'est pas de ma faute et pourtant ! Si je n'avais pas eu ces ailes, rien de tout cela ne serait jamais arrivé !
C'est vrai, approuva-t-il. Vous n'auriez pas quitté le village avec Derek et ils ne seraient sûrement pas mariés aujourd'hui. Vous seriez peut-être restées quelques temps encore avant qu'ils ne trouvent quelques choses à vous reprocher et que vous ne partiez dans la précipitation.
Willow rouvrit les yeux et le fixa, stupéfaite. Elle n'avait jamais réfléchi plus loin que le moment où sa mère avait failli être abattue, désirant effacer ce souvenir pour toujours de leur mémoire. Mais Yugo avait raison : jamais elle ne se serait décidé à partir avec Derek s'il n'était pas intervenu en leur faveur.
Elle lui sourit et le prit dans ses bras, reconnaissante. Yugo resta tétanisé de surprise pendant de longues secondes, déstabilisé par sa spontanéité mais surtout par sa proximité et finit par passer ses bras autour de sa taille pour la serrer contre lui, aussi euphorique qu'intimidé.
Tu ne devrais pas avoir honte de tes ailes, murmura-t-il au bout de quelques minutes. Parce qu'elles dictent ce que tu es et aussi parce qu'elles sont magnifiques.
Elle rit et passa une main dans ses cheveux, joueuse. Depuis deux jours, il n'avait cessé de la rassurer et de la consoler. Maintenant, c'était à son tour de l'épauler. Après tout, c'était elle l'aînée, même si elle ne savait rien des siens.
Et si on les goûter, ces petits gâteaux ? Je meurs de faim.
Yugo s'écarta, heureux de voir que son amie avait repris du poil de la bête. Elle servit le thé et prit une pâtisserie dans laquelle elle mordit avec entrain avant de tousser.
Ils sont archi secs, s'exclama-t-elle en buvant une gorgée.
Il éclata de rire et trempa le sien dans le thé avant de le manger. Il sentit le goût du beurre, puissant et presque écoeurant puis la saveur plus subtile du thé et ferma les yeux. Il était à bout de force. Maintenant que tout était réglé, il n'avait plus aucune raison de lutter contre le sommeil et avait du mal à garder les yeux ouverts.
Tu devrais aller te coucher, lui conseilla-t-elle.
Non, ça va, lui assura-t-il. Ça va passer.
Vas au moins sur le lit, Yugo. Tu as besoin de repos.
Il obéit et se dirigea d'un pas lourd vers le lit de la jeune fille. Elle enleva ses affaires et le regarda se laisser tomber comme une masse sur le matelas en plumes de Piou. Comme elle l'avait prévu, il ne mit pas dix minutes à s'endormir et elle le couvrit de sa cape après lui avoir retiré ses chaussures. Elle finit par s'asseoir au pied du lit et à l'observer en train de dormir avec toute l'insouciance du monde. Timidement, elle approcha sa main et la passa dans ses cheveux. Le petit garçon gémit dans son sommeil et s'apaisa bientôt. Willow décida d'aller chercher Mordan pour transporter le dormeur dans son lit mais se ravisa au dernier moment, préférant l'observer encore.
En deux jours, elle était parvenue à se faire accepter par tout le monde, même Amalia qui l'avait rejetée dans un premier temps. D'ici peu, elle apprendrait à contrôler ses pouvoirs et n'aurait plus de raison d'avoir peur. Et qui sait, si Eva et les autres parvenaient à entrer dans l'Annuaire de l'Almanax, elle pourrait bientôt voir sa mère et Derek à Emelka.
Elle avait hâte d'y être et de rencontrer le dragon et le petit Chibi ainsi que le père de Yugo dont Ruel lui avait dit tant de bien. Souriante, devant le spectacle de son jeune roi endormi, elle se leva et partit s'asseoir à la table pour terminer sa lettre. Elle la remettrait à Eva demain quand ils se sépareraient.
Son travail terminé, elle redescendit dans la salle commune et trouva ses amis encore attablés, pris dans une partie de cartes endiablée. Elle s'assit dans un coin et observa la partie qui se jouait à présent entre Eva et Kyrel. Ils s'affrontaient du regard pour déterminer les points faibles de l'autre. Puis, sur un signal d'Amalia, ils abattirent leurs cartes. Immédiatement, la Crâ eut un sourire triomphant tandis que le Xélor poussait un soupir de désespoir théâtral. Willow applaudit en riant.
Comment as-tu su que je poserai cette carte, demanda Kyrel.
Élémentaire, mon cher, répondit Eva, pas peu fière de son coup.
Yugo n'est pas avec toi, Will, demanda Amalia.
Il s'est endormi, répondit l'intéressée sans se départir de son sourire.
Mordan, est-ce que tu pourrais le porter dans son lit, demanda Ruel. On devrait aller se coucher nous aussi. La journée de demain sera tout aussi fatiguante.
Et toi, Will ? Tu vas bien, demanda Latissa, inquiète.
Oui, beaucoup mieux. Merci, Titi.
La Iop hocha la tête et partit se coucher après avoir salué ses amis. Tous l'imitèrent, excepté les trois femmes de la Confrérie du Tofu qui restèrent encore pour bavarder jusqu'à ce qu'elles tombent de fatigue. Amalia n'eut pas le loisir d'interroger son amie comme le Xélor lui avait conseillé et se promit de le faire le plus tôt possible.
