Chapitre 3 : Le château, le prince et le crapaud
Drago se sentait mal, très mal, et il était mal, très mal. Eiden ne lui avait adressé qu'un regard, un seul et malgré tous ces enseignements et principes malfoyniens, Drago devait bien admettre que ce regard lui avait fait peur. Car ce regard promettait une mort lente et douloureuse au blond si Elie ne réapparaissait pas très vite ET en bonne santé. Et étrangement, le jeune homme n'avait aucun mal à croire à cette allégation.
Ensuite le fils Rogue l'avait complément ignoré, mais c'était attelé avec un enthousiaste peu commun au sujet du jour : le sortilège d'Implosion. Et Eiden s'était fait un plaisir de montrer à Drago qu'il maîtrisait parfaitement ce sort. Et si le blond avait eu quelques fois des doutes quant à l'affectation du jeune homme chez les verts et argents, il était à présent certain qu'Eiden était un véritable serpentard, sadique et rancunier.
Mais surtout, Drago se sentait mal parce qu'il s'était comporté comme le dernier des imbéciles avec Elienor et que cela lui était douloureux de savoir qu'elle était fâchée contre lui. Il s'inquiétait aussi grandement de sa disparition. Et s'il gardait sa mine froide et impassible, à l'intérieur, il tempêtait. Où était Elie ? Pourquoi ne revenait-elle pas ? Avait-elle fait une bêtise ? Il risqua un coup d'œil en direction du brun qui continuait d'exploser avec détachement tout ce qui lui passait sous la main. C'était bien le fils de Rogue, à ne pas en douter. Rogue … son parrain … s'il apprenait qu'il avait fait du mal à sa princesse, il était mort. Même le Seigneur des Ténèbres ne pourrait pas lui infliger pire torture que celles que Severus inventerait juste pour lui.
Perdu dans ses pensées morbides, il ne remarqua pas qu'Elie était revenue et qu'elle s'était glissée entre son frère et Théo, au bout du banc. Flitwick avait simplement souri quand elle c'était excusée de son retard et avait à peine regardé le mot de Rogue avec de l'inviter à s'asseoir. Le petit homme adorait la jeune fille, elle était incroyablement douée en sortilège et remarquablement intelligente. Elle aurait mérité d'être dans sa maison.
Ce n'est que lorsqu'il entendit l'accent si particulier de la jeune Rogue que Drago sortit de sa rêverie et nota son retour. Il la contempla nerveusement : elle semblait aller bien, elle souriait et ses cheveux, libérés, volaient autour d'elle. Cependant elle ne lui accorda pas un regard et se contenta de s'exercer en compagnie des deux autres garçons. Riant lorsqu'elle se montra un peu trop enthousiaste et fit exploser la sphère et son support. Il était étrange qu'une fille si calme et si gentille ait un penchant aussi prononcé pour la destruction.
Le cours passa et les entrailles de Drago se remplir de plomb, Elie ne posa pas une seule fois les yeux sur lui.
Après le double de cours de sortilèges, les serpentards étaient libres jusqu'au lundi. Ils retournèrent donc à la salle commune, dans une ambiance bonne enfant. Personne ne posa de question sur la disparition de la blonde et personne ne reparla plus de l'incident du déjeuner. Drago passa le reste de l'après-midi à maintenir fermement en place son masque, bien que cela soit de plus en plus difficile à mesure que la nuit approchait. Finalement Blaise, excédé de sa sombre humeur, leva le nez de la partie d'échecs qu'il disputait avec Théo pour lui balancer :
— Pour l'amour de Merlin, lève tes fesses d'aristocrate coincé et va lui parler !
Eiden, qui avait sans aucun doute entendu, ne leva pas le visage de son livre et tourna une page distraitement, laissant Drago se lever et demander à Daphnée Greengrass, une fille de leur année d'appeler Elie pour lui.
La blonde descendit après un moment et sans un mot suivi le jeune Malfoy dans le dortoir des garçons. Jugeant les filles plus dignes de confiance que les garçons, celles-ci pouvaient accéder aux chambres de leurs homologues masculins alors que ceux-ci ne le pouvaient pas.
Toujours dans le silence, le jeune homme prit place sur son lit tandis qu'Elie s'installait sur celui de Blaise, voisin. S'asseyant de façon à se tenir le plus loin possible de lui, elle ramena les genoux contre elle et les entoura de ses bras. Elle ne le regardait toujours pas, gardant les yeux fixés sur la fenêtre verdâtre. Il soupira, elle l'évitait encore.
— Je suis désolée Elie.
Pas de réaction.
— Je n'aime pas Londubat, c'est vrai, mais c'est ton ami apparemment alors … je n'aurais pas dû l'insulter devant toi.
Elle leva ses yeux étranges vers lui et Drago n'y lit absolument rien, la jeune fille était très douée pour dissimuler ces sentiments quand elle en avait envie.
— Si j'étais aussi peu adroite que Neville en magie conventionnelle, est-ce que tu me raillerais aussi ? Est-ce que tout les serpentards se moqueraient de moi également ?
Soufflé par la question, Drago se leva et vint s'asseoir à côté d'elle sur le lit de Blaise.
— Bien sûr que non Elie, nous sommes solidaires entre nous et tu es une merveilleuse personne, avec ou sans magie. Le problème n'est pas que Londubat soit … plus faible que les autres en sorts, mais qu'il soit à Gryffondor.
— C'est ridicule cette rivalité.
— Peut-être Elie, mais elle existe depuis les débuts de l'école, elle ne va pas changer en quelques jours, même avec votre bon exemple à ton frère et toi. Je vais faire des efforts avec Londubat, mais s'il te plaît, Elie, cesse de m'ignorer ainsi, fit-il avec un regard triste. Je n'aime pas savoir que je suis en froid avec toi.
Enfin la jeune fille sourit et Drago, dans un élan de courage qu'il s'ignorait avoir, la prit dans ses bras. Elle sentait terriblement bon et sa peau était douce et chaude. Le blond se dit que peut-être cette dispute avait du bon finalement. Ils se séparèrent quand un poids vint envahir leurs genoux. Baissant la tête, Drago eut juste le temps d'apercevoir quelques écailles noires et vertes avant que le serpent ne disparaisse sous la chemise de la jeune femme.
— Ton frère a raison, rit-il, ce serpent est véritablement amoureux de toi.
Elle sourit et caressa la tête de Saffi qui reposait près de son cou.
— Il aime juste mon odeur et ma chaleur, il a compris que j'étais plus calme qu'Eiden. C'est plus confortable pour la sieste. Eid bouge toujours en tout sens, cela irrite Saffi.
Le garçon acquiesça et ils redescendirent avec les autres. Dès lors, Elienor fit comme si l'incident n'avait jamais eu lieu, elle passa même la soirée à côté du blond, discutant de tout et de rien, au plus grand bonheur de Drago. Après le repas ils étaient tous revenus s'installer dans les confortables fauteuils et avaient passé le reste du temps avant la nuit à jouer aux échecs et à se prélasser.
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Le premier week-end des jumeaux se passa merveilleusement bien. Le samedi, ils partagèrent leurs temps entre leurs compagnons de maison et leurs devoirs, chacun étant heureux de retrouver l'Elie enjouée et douce qu'elle était la plupart du temps. Et si son petit coup d'éclat n'était pas passé inaperçu, la plupart des élèves de serpentard ne l'appréciait que plus, jugeant qu'elle était parfaitement capable de faire valoir ses volontés et de se défendre seule malgré son apparence encore fragile. Eiden fut secrètement content qu'elle ait fait montre de ses capacités en public, les autres y réfléchiraient à présent à deux fois avant de la tourmenter.
Le dimanche, après le petit-déjeuner, leur père les fit demander dans ses appartements et ils passèrent la matinée à lui raconter leur première semaine et les dernières nouvelles.
Alors que les jumeaux déjeunaient avec Severus, le professeur leur indiqua avec un petit sourire au dessert qu'il avait une surprise pour eux et qu'elle n'allait pas tarder à arriver.
Et en effet, quelques minutes plus tard une marée de rouquins et une brune ébouriffée firent leur entrée et se jetèrent dans les bras des jumeaux. Ils n'avaient pas vraiment pu se voir depuis la rentrée et tous étaient très heureux d'enfin pouvoir passer un moment ensemble à l'abri des regards.
— Alors, ma petite féline, comment ce passe la vie chez les serpents ? demanda George à Elie, une fois qu'il l'eut lâché, se vautrant sur un fauteuil.
Ils avaient réussi à se parler plusieurs fois dans la semaine, ayant mis en scène leur ''rencontre'' dans le train, mais ils n'avaient pu échanger que des banalités, toujours entourés d'autres élèves.
— Et bien ça va. Ils ne sont pas aussi terribles qu'on le dit, ne n'est-ce pas Eid ?
Le garçon grimaça et porta son verre de jus de citrouille à sa bouche, mais finit par avouer, de mauvaise grâce.
— Je suppose qu'ils … ne sont pas si mal. Ils peuvent même se montrer assez sympathiques.
— Sympathiques ?! s'étrangla Ron. Merlin, Eid tu passes une semaine avec Malfoy et tu le trouves sympathique ?
— Non lui c'est un peu différent, j'ai encore du mal à passé outre notre passé et les événements de cette fin de semaine ne m'y ont pas aidé. Mais il n'est manifestement pas le petit con que j'avais imaginé et les autres sont plutôt agréables.
— Même Parkinson ? interrogea Ginny qui pianotait doucement sur l'accoudoir de son fauteuil, Fred installé sur l'autre.
— Oui … en vérité elle est une sorte de mélange entre toi et Hermione. Je pense que si elle ne jouait pas à la groupie de Malfoy, beaucoup l'apprécierait, vous les premiers, déclara Eiden.
Tous les gryffondors firent une grimace peu convaincue.
— C'est vrai, continua le garçon, elle n'est pas du tout la même en privé et en public. C'est une fille vraiment intelligente, passionnée par les runes et l'histoire de la magie, Hermione.
Elle hocha la tête, peut-être que les jumeaux avaient raison, après tout ils n'avaient de réel passif qu'avec Malfoy. D'ailleurs en parlant de lui …
— Et avec Drago, Elie, comment ça se passe, s'enquit la brune, nous avons tous entendu ton petit … hum … débordement.
— C'était vraiment cool d'ailleurs, tu pourras m'apprendre ? interrogea Fred, enthousiaste.
— En faite je ne l'ai pas fait exprès, c'est de la magie instinctive, je n'ai aucune idée de comment j'ai fait cela, dit doucement Elienor.
— Oh ! Dommage ! se désola le jumeau roux. Je dois dire que cela ne manquait pas de panache ! Excellent moyen de se faire respecter tout cela !
Même Severus, qui corrigeait des copies dans un coin pour laisser un peu d'intimité aux plus jeunes, souris.
— Drago s'est excusé auprès d'Elie pour Neville, expliqua Eiden en lissant un pli de son jean. Il a avoué qu'il n'aurait pas dû se moquer d'un de ses amis, mais que les habitudes ont la vie dure.
Tous sifflèrent.
— Malfoy c'est excusé ! fut le cri unanime.
Les deux serpentards hochèrent la tête sous la mine stupéfaite des autres.
— Eh ben ça alors ! souffla Ron.
Hermione eut un petit sourire au commentaire de son ami, puis, se saisissant d'un gateau elle se tourna vers la blonde :
— En tout cas, Elie, Neville à été très touché que tu l'aies défendu.
— Oui, tu y as gagné l'approbation des Gryffondors, ajouta Fred qui grignotait un biscuit. S'élever comme cela devant Malfoy, pour l'un des nôtres en plus, cela forge le respect.
— C'est une très bonne chose si l'on veut pouvoir se côtoyer comme avant, dit doucement Hermione. Personne ne trouvera rien à redire … vous êtes des serpentards très fréquentables.
Tous rirent de bon cœur. Eiden souffla discrètement et un grand poids quitta ses épaules :
— Je suis soulagé d'une certaine façon, expliqua-t-il en prenant lui aussi un biscuit, j'avais un peu peur d'être mis à l'écart à cause de ma nouvelle maison, mais je suis vraiment heureux que certaines choses puissent redevenir comme avant.
— En faite, c'est une très bonne chose qu'Elie et toi avez demandé à aller à Serpentard, vous êtes en train de briser des codes, dit Hermione, de montrer la vraie nature des verts et argents et de les forcer à sortir de leur tour d'ivoire en vous liant avec toutes les maisons.
— Je suis d'accord avec Miss Granger, intervint doucement Severus du fond de la pièce.
Tout le monde se tourna vers lui. Il s'était, un peu, adouci en présence des amis de ses enfants, surtout pour Eiden, et ceux-ci étaient encore surpris de voir combien il pouvait être différent dans la sphère privée. Comme tout les autres serpentards, songea la jeune née moldu.
— Avec la guerre qui se prépare, il vaut mieux que les plus jeunes soient soudés et unis. Et si vous tendez une main vers ceux de ma maison, certains comprendront peut-être qu'il y a une autre alternative aux ténèbres.
— Si on les traite tous comme de futurs mangemorts, c'est ce qu'ils deviendront, murmura Eiden.
Le professeur opina en souriant doucement.
— Tu as vu par toi-même que personne n'est tout à fait comme il le laisse paraître.
— Oui, souffla le jeune homme.
Puis la discussion se tourna vers des sujets plus légers et Elie se retrouva emportée dans un débat sur l'utilisation de la poudre de sabots de veau de lune pour les farces et attrapes.
— On veut le tester sur une série d'illusions éveillées que l'on met au point, expliqua Fred, mais on n'arrive pas encore à maîtriser les effets secondaires.
Avec ces connaissances en enchantements, potions et alchimie, les jumeaux avaient trouvé en Elie la camarade parfaite pour discuter de leurs ''projets'' et une aide précieuse.
— La dernière fois qu'on l'essayée, Fred a dormit douze heures sans que je parvienne à le réveiller, dit George.
— Et j'ai fait tout un tas de rêves pas forcément agréables, continua douloureusement son jumeau. Bien que le prototype est fonctionné comme il le devait. C'est après que je me suis endormi.
Elie réfléchit un moment puis dit :
— Il faudrait contrebalancer cela par un tonique et quelques choses contre les cauchemars. Un peu de piment de rouget et de la poudre de café pour le tonique, du tilleul et de l'anis vert pour les cauchemars. Elle s'arrêta un instant, semblant réfléchir. Mais le mieux serait un stabilisateur, comme le Gardien vert.
— Qu'est ce que c'est ce Gardien ? demanda Fred, curieux.
— C'est une potion utilisée sur le continent pour … et bien pour stabiliser les visions, principalement résultant de la prise d'aliments ou de préparations hallucinogènes. Il y a beaucoup d'ingrédients et la réalisation est plutôt complexe, mais je pense que je peux vous en faire, si on réunit tous les composants.
— Peut-on savoir, jeune fille, pourquoi tu connais si bien cette potion ? interrogea son père, d'un ton inhabituellement froid et menaçant qu'il n'utilisait jamais avec ces enfants.
Il avait relevé la tête de son bureau et de ces copies pour fixer sa fille de son regard implacable. Cependant celle-ci ne sembla pas particulièrement troublée, elle haussa les épaules et eu un petit soupire avant d'expliquer :
— Je n'ai pas utilisé ses drogues, Sev, je l'ai apprise car c'est un excellent remède pour les cauchemars les plus difficiles et une de mes amies en souffre. Elle ne voulait pas inquiéter ses parents alors Ravena et moi on lui préparait. C'est une potion assez connue à l'Académie, elle tourne beaucoup sous le manteau, mais la réaliser, quand on le peut et plus sûr. Elle peut devenir très dangereuse si elle est mal exécutée.
— Les ingrédients ?
— Principalement des plantes : du tilleul, de l'anis vert, de la mauve, de la fleur d'oranger et de laitue, de la rosée de lune, de la feuille de mandragore et d'autre encore que je ne me rappelle pas.
— Et sa portée sur des métis, disons d'elfe ? fit le potionniste d'un ton neutre en désignant discrètement son fils du menton, qui ne se préoccupait pas d'eux, riant avec Ron.
Elie comprit tout de suite où voulait en venir son père, son frère faisait encore de nombreux cauchemars, au sujet du Tournoi et de Voldemort.
— Un peu différente et je ne l'ai jamais essayée moi-même sur un métis éveillé, mais je suppose que ce sera toujours ça. Je lui en mettrais de côté quand j'en ferrais pour les jumeaux.
Severus fit semblant de ne pas entendre la dernière phrase, se replongeant dans ses corrections. Ils étaient aux courants des expérimentations des garçons Weasley, mais il laissait faire, car ils ne faisaient de mal à personne, que cela amusait Elie de les aider et surtout parce qu'il les trouvait dans le fond plutôt doués et leur projet prometteur. Même si en tant que professeur, il en ferait bientôt les frais.
À l'heure du dîner, les gryffondors prirent congé des Rogue, qui restèrent encore un moment dans les appartements du plus vieux. Tandis qu'Eiden remettait de l'ordre sur la table basse de son père, envahi de miette et de gobelets, Elie resta lovée dans son fauteuil, pensive.
— Tu t'inquiètes à propos de Neville, demanda le garçon qui avait deviné les pensées de sa sœur.
— Il va finir par deviner qui je suis, ce n'est plus qu'une question de temps.
— Pourquoi cela te perturbe autant. Il sera très heureux de te revoir.
— Je le sais bien, soupira Elie, mais nous sommes censés garder le secret. Si tout le monde peut deviner que j'étais Anna, alors bientôt toute l'Europe saura qu'Harry Potter et vivant, que lui et sa sœur sont des semi-elfes, la couverture de Sev sautera et Voldemort nous traquera.
— Nous sommes très loin de ce scénario, tempéra son père qui les avait rejoints dans les fauteuils. Et il serait bon que tu retrouves au moins un de tes amis ici, Elie.
La jeune femme se mordit la lèvre. En France, tout le monde était persuadé qu'elle avait disparu, kidnappée à la sortie de la diligence, juste avant de rentrer chez elle. Personne ne savait qu'elle s'était enfuie, à part son ancienne tutrice et qu'elle était toujours en vie. Savoir que ses amis la croyaient morte était difficile à vivre pour elle, d'autant plus dans ce nouveau pays où un mois auparavant elle ne connaissait personne.
— Mes proches sont tous au courant, Enor, dit Eiden. Toi tu es toute seule et je sais que cela te pèse. Alors j'espère vraiment que Neville va faire le rapprochement ou que s'il ne le fait pas que tu lui avouera tout toi-même, car tu retrouveras au moins un de tes amis de ton ancienne vie.
— Je suis d'accord avec ton frère, opina le professeur de potions. Monsieur Londubat fera un serment sorcier et tout ira bien. Il serra l'épaule de sa fille. Nous voulons que tous se passe au mieux pour toi Elie et se sera plus facile si lui au moins est là.
Une larme solitaire coula sur la joue de l'adolescente et elle se serra contre son frère.
— Ils me manquent, chuchota-t-elle, Rose me manque, Ravena et les autres me manque, mon clan me manque …
— Je sais Elie, je sais, murmura en retour son frère en la serrant contre elle.
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Ron essayait vraiment de garder son calme. Les mains crispées sur les genoux, la mâchoire serrée, il faisait vraiment tout ce qu'il pouvait pour respirer longuement et régulièrement. À côté de lui, Hermione semblait hors d'elle, prête à détruire tout ce qui aurait l'audace de se présenter devant ses yeux. Et elle n'était pas la seule. La plupart des gryffondors étaient dans le même cas : Neville tentait vainement de reprendre une respiration normale, Seamus se colorait tout doucement de rouge et Dean tremblait violemment, comme s'il tentait désespérément de se contenir. Mais celui qui inquiétait le plus Ron était Eiden, qui pourtant semblait parfaitement calme. Semblait, se dit-il. Pour lui qui le connaissait bien, il ne faisait aucun doute que le brun était furieux, mais la main de sa sœur sur sa cuisse, cachée du reste du monde le contenait contre vent et marée. Et c'était mieux ainsi, les jumeaux pouvaient être dévastateur lorsqu'ils étaient en colère, en témoignait l'état de Privet Drive la nuit du 31 et le mouvement de colère, maîtrisé, d'Elie face à Drago.
— Ce que je veux tout simplement dire, mes chers enfants, déclara tranquillement l'immonde crapaud rose qui leur servait de professeur de Défense contre les forces du mal, c'est que si Harry Potter avait véritablement été le sauveur que le peuple adulait, il ne serait pas mort dans ce bête accident.
— Comment osez-vous tenir de tels propos ! s'emporta Neville.
— Vous ne savez rien de ce qui a causé la mort d'Harry ! éructa Dean qui tremblait plus violemment que jamais.
Pas du tout impressionnée par les mouvements d'humeurs des deux garçons, Ombrage fit un horrible sourire et continua :
— Monsieur Potter est décédé dans le propre incendie qu'il a créé. Madame Skeeter a révélé l'an passé qu'il était instable mentalement, cela n'a rien d'étonnant. La culpabilité qu'il ressentait depuis la mort tragique de ce pauvre Cédric Diggory ne devait pas arranger les choses …
— Vous n'avez pas la moindre idée de ce dont vous parlez, siffla Hermione, qui ne pouvait plus garder le silence.
— Miss Granger, répondit le crapaud d'un ton méprisant. Je suis Sous-secrétaire d'État auprès du ministre de la Magie, croyez-vous réellement en savoir plus que moi sur cette affaire.
— Il y a nombre de choses qui vous échappe pourtant, rétorqua froidement la née-moldu, le retour de Voldemort, notamment.
Tous la regardèrent avec des yeux ronds, venait-elle réellement de dire Vol…. Vous-savez-qui ? Mise à part une grimace passagère, leur professeur ne se départit pas de son sourire faussement joyeux.
— Le retour de Vous-Savez-Qui n'est qu'une élucubration d'un enfant perturbé et d'un vieux fou en mal de reconnaissance, cracha-t-elle d'un ton doucereux.
— La mort de Cédric est-elle aussi une élucubration ? interrogea Hermione du même ton douceâtre.
Elle était dans un état proche de celui de troisième année, où elle avait giflé Malfoy. Et Ron et Eiden savaient qu'elle était à deux doigts de faire de même avec cette folle.
— La mort de Cédric Diggory n'est qu'un tragique accident. Ce tournoi est dangereux, ces incidents sont malheureusement déjà arrivés. Elle toisa la salle d'un air mauvais. Quant à Monsieur Potter, sa mort n'a quand à elle, rien d'un mystère, il c'est immolé lors d'une probable crise voilà tout.
— Si je ne m'abuse, Madame, le ministère n'a pas publié de façon officielle une quelconque raison à la mort d'Harry Potter. Les conclusions des aurors sont toujours en attente et rien ne vous permet d'affirmer cela. Il est cependant certain que sa famille d'accueil le traitait durement et on a retrouvé du sang sur les lieux, en grande quantité. Il est donc tout à fait possible qu'ils aient eu même mis le feu à leur demeure pour maquiller un crime en accident.
Tous gardèrent le silence, grandement surpris par l'identité de celui qui venait de parler.
— Je peux savoir ce qui vous permet de mettre ma parole en doute Monsieur … ?
— Zabini, mon père Marcus Zabini travaillent au Département de la Justice sur l'affaire de Monsieur Potter.
La femme lui lança un regard froid, mais n'osa pas s'en prendre directement au fils de l'un des plus éminents employés du Ministère.
— Vous ne travaillez pas encore au Ministère, Monsieur Zabini, quand ce sera le cas, vous pourrez faire part de votre avis, mais pas avant. Maintenant, reprenez vos livres et finissez ce chapitre.
Et le crapaud retourna à son bureau, réajustant son nœud de velours dans ses cheveux ternes. Nombre était ceux qui fixaient Blaise dans la classe, mais il n'en fit pas grand cas, étendit ses longues jambes et reprit sa lecture.
Plus tard, dans la salle commune, lorsqu'Elie interrogea Blaise sur son intervention, il répondit seulement :
— Je ne connaissais pas Potter, mais il nous a quand même débarrassé de Tu-sais-qui à un an et ce n'était pas un mauvais garçon. C'est Drago qui avait une dent contre lui, pas moi. Il ne méritait sûrement pas de finir comme cela et ce vieux crapaud n'avait pas à débiter ces horreurs devant ces amis.
Elie acquiesça et lança un regard discret à Eiden qui haussa les épaules. Les serpentards leur réservaient bien des secrets.
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Le samedi suivant fut le théâtre des sélections de quidditch des verts et argents, et c'est d'humeur joyeuse qu'Eiden commença la journée, réveillé par une présence chaude contre lui. Le nez dans les cheveux de sa sœur il murmura :
— Hey, salut, comment vas-tu ?
— Plutôt bien je dois dire, j'ai vraiment hâte de remonter sur un balai.
— Surtout que ce n'est pas n'importe lequel, sourit le garçon.
— Oui. Peut-être pourras-tu être plus rapide que moi cette fois-ci, se moqua gentiment sa sœur.
— Si je faisais la moitié de mon poids, peut-être, fit-il pas le moins du monde vexée, mais je crains de ne rien pouvoir faire face à ta silhouette. Tu devrais vraiment être attrapeuse, avec un corps comme le tien.
Elle secoua la tête, répandant des cheveux blonds sur le lit et le torse du jeune homme.
— Non, ce poste ne m'intéresse pas. On y est trop solitaire, j'ai besoin d'interaction, de contact.
— Il y a toujours les cognards, rit le brun et elle le rejoignit.
Autour d'eux les autres se préparaient, nullement dérangés par la présence de la jeune fille. Ils savaient que les jumeaux étaient très proches et qu'ils supportaient mal d'être séparés, ne serait-ce que pour une nuit. Et leurs amis avaient assuré à Elie qu'elle pouvait venir quand elle le désirait, puisqu'Eiden ne pouvait et ne désirait faire de même au dortoir des filles. Ce matin était le premier où elle s'invitait, s'assurant bien de frapper et d'avoir l'autorisation d'entrer avant de passer la porte. Comme son frère, encore sous la couette, Vincent et Gregory se prélassaient toujours, tandis que Théo, Blaise et Drago étaient déjà levés. Les deux derniers sortaient d'ailleurs leur balai, tentant également les sélections. Théo lui, préférait la stratégie à l'exercice du quidditch, bien qu'il apprécie les séances de vol en solitaire ou avec ces amis. Laissant Eiden se préparer, Elie investit le lit de Théo avec qui elle aimait passer du temps.
— Tu es prête pour les sélections ? demanda Théo, qui s'était habillé d'un pantalon noir et d'une chemise blanche lui allant parfaitement.
— Oui, je pense. J'espère être prise dans l'équipe, le quidditch me manque …
Le garçon capta l'éclat triste qui brilla un moment dans ses yeux, elle ne parlait sûrement pas que du quidditch. Il était admiratif de l'adaptation des jumeaux, ils ne se plaignaient jamais de quoique ce soit, ne regrettait jamais à voix haute leur ancienne école et faisait tout pour s'intégrer au château.
— Je suis certain que tu seras sélectionnée, assura le fils Nott.
— Tu ne m'as jamais vu sur un balai, contra en riant la blonde.
— Non, mais j'en suis certain quand même, fais-moi confiance.
Ils se sourirent et continuèrent de parler ensemble sous le regard un peu envieux de Drago. Il avait d'abord craint que sa relation avec Elie soit entachée par leur récente dispute, mais il n'en était rien. Cependant, il aurait aimé être plus proche encore de la jeune fille et il ne pouvait s'empêcher de ressentir un pincement au cœur à chaque fois qu'il la voyait intime avec d'autres. Évitant de regarder le couple, il vérifia que toutes ses affaires étaient en ordre et sortit un livre de potions.
Eiden, enfin debout, marmonnait en farfouillant dans son armoire. Sortant nombres de vêtements qu'il abandonnait ensuite sur le lit. Intrigué par son manège, Saffi sortit la tête de son vivarium et glissa sous le lit, d'où il pouvait observer son maître sans risquer de se prendre un vêtement perdu.
— § Que fait le garçon ? § interrogea-t-il.
— § Il chercher de quoi ce vêtir pour aujourd'hui § expliqua Elie, qui l'avait entendu.
— § Pourquoi se donner tant de mal ?§
— § Aujourd'hui est un jour important, il veut être à son aise. §
— § Une femelle ! § ronronna le reptile.
— §Non, des sélections, pour du sport § répondit la jeune fille, amusée par la supposition de l'animal.
— § Tsss sans intérêt alors !§
Et il repartit s'installer sous le coussin.
— Qu'a-t-il ? interrogea Théo qui observait leur manège.
— Il pensait qu'Eiden avait un rencart, mais je lui ai dit que c'était pour le quidditch alors il est assez déçu. Il ne comprend pas que l'on s'agite autant pour cela. Il est assez paresseux.
Un sifflement lui répondit, comme si l'animal l'avait compris et les deux jeunes gens éclatèrent de rire.
Enfin Eiden trouva des vêtements à son goût et ils purent aller petit-déjeuner, retrouvant Pansy qui s'impatientait dans un fauteuil de la salle commune. Elle voulut protester, mais quand elle vit la mine renfrognée d'Eiden et les rires discrets de Théo et Elie, elle garda le silence, se contentant de sourire.
Peu avant neuf heures ils se dirigèrent tous vers le terrain, Théo et Pansy laissant les autres pour s'installer dans les gradins.
— Vous êtes là pour les sélections, je suppose ? questionna une fille de septième année, grande et athlétique, vêtue de la robe des serpentards. Rejoignez les autres, on va vous séparer par poste.
La nouvelle capitaine s'appelait Andrea Shafiq, elle venait d'une famille de Sangs-Pur et jouait déjà au poste de batteur lorsque Marcus Flint dirigeait l'équipe. C'était une fille volontaire au caractère quelque peu volcanique, mais qui semblait savoir parfaitement se faire respecter. Elle avait un corps élancé et musculeux, mais qui restait néanmoins féminin et agréable à regarder, de longs cheveux noirs et épais retenue en tresse, des yeux de jais en amande et une peau matte. Une belle fille sans conteste, nota mentalement Eiden.
Ils commencèrent par les sélections des batteurs. Andréa demanda aux candidats de viser les anneaux des buts, puis de tenter de couper la route à certaines cibles en vols. Le choix du second batteur fut rapide, un élève de quatrième année, Peter Fersen, démontra rapidement à tous qu'il était le plus qualifié pour ce poste. Pourtant assez petit, autant qu'Elie, il frappait les balles enchantées avec une vigueur et une précision peu commune. Le choix étant fait, les recalés quittèrent le terrain, tandis que Peter restait pour titiller en condition réelle les aspirants des autres postes.
Les candidats gardiens prirent place chacun leurs tour devant les trois anneaux et tachèrent de stopper les tirs des aspirants poursuiveurs. Blaise se démarqua, lui aussi, assez vite des quatre autres, son excellente forme physique ainsi que son adresse faisant la différence.
Contrairement aux deux autres postes, choisir les trois poursuiveurs pris plus de temps. Ils étaient bien plus nombreux à tenter de décrocher une place et Andrea voulait prendre le temps de bien voir chacun pour choisir au mieux ceux qu'elle garderait. Alors que Blaise était sélectionné et restait en place, Drago et Elie n'étaient toujours pas passés. Ils regardaient de la pelouse ceux qui étaient en vol, menacés sans cesse par le petit feu follet qu'était le nouveau batteur. Dans le premier groupe, deux se prirent un méchant coup de cognard et durent quitter le terrain pour l'infirmerie, un tomba de balai, heureusement à faible hauteur et trois autres étaient triste à pleurer. Deux seulement semblaient assez doués, un grand brun aux yeux bleus et une fille toute menue, aux cheveux châtains et aux yeux turquoise.
Andrea siffla finalement la relève et les deux amis purent prendre leur envol. Ils étaient sept dans le second groupe, trois contre quatre, lui avec Elie et un grand gaillard un peu maladroit. Piquant sans vergogne le souafle à une fille de l'équipe adverse, il le lança à Elie qui l'envoya droit entre les bras de Blaise qui ne put le retenir. Lui adressant un petit sourire, le bistré récupéra la balle et la remit en jeu. Ils jouèrent un moment ainsi, tentant par tous les moyens de faire plier les autres, ce qu'ils n'eurent pas vraiment de mal à faire. Drago était naturellement doué pour voler et intercepter le souafle, il volait avec grâce et adresse, évitant sans difficulté hommes ou cognards qui se mettaient sur son chemin. Ils faisaient avec Elie une paire redoutable, lui renvoyant chaque ballon dérobé pour qu'elle marque, bien qu'elle lui ait laissé le faire plusieurs fois : elle voulait aussi qu'il montre ses capacités. Drago était fasciné par Elie : elle maîtrisait parfaitement son balai, pourtant puissant et utilisait sa silhouette petite et légère pour se glisser partout où on ne l'attendait pas. Elle filait comme une fusée à travers le terrain, impossible à rattraper. Mais ce qui impressionnait le plus le blond, c'était les figures qu'elle enchaînait avec naturel, utilisant tout son corps et même parfois l'inertie d'une pirouette pour envoyer le souffle ou marquer. Quand le sifflet d'Andrea retentit, le jeune homme se rendit compte qu'il l'avait fixé tout du long, ne faisant que peu de cas des autres. Souriant à Elie, toute proche, il se posa sur la pelouse, les joues rougies par la course.
— Bien, dit Shafiq, parlant haut et fort pour que tout le monde l'entende, le choix n'est pas vraiment difficile, trois d'entre vous se démarquent clairement. Donc Selwyn, Malfoy et Rogue vous restez, les autres disparaissez du terrain !
Artémisia Selwyn était la fille châtain du premier groupe, particulièrement douée pour récupérer et renvoyer les balles. Elle semblait aussi sentir venir les cognards et les évitait à la dernière minute à chaque fois, sans jamais ce faire surprendre.
— Malfoy, l'interpella la capitaine, je ne savais pas que le poste t'intéressait, mais je dois dire que tu es meilleur poursuiveur qu'attrapeur. Tu as bien fait de changer.
Drago hocha la tête, silencieux. C'était son père qui voulait qu'il joue attrapeur, soit disant le poste le plus important, mais lui préférait de loin être poursuiveur et faire équipe avec les autres et élaborer des figures et des stratégies.
Tous les nouveaux membres de l'équipe s'assirent dans l'herbe, en bordure du terrain pour assister aux sélections des attrapeurs, les dernières. Ils étaient cinq à briguer le poste, trois garçons et deux filles. Andréa libéra le vif, avec pour seule consigne de l'attraper le plus vite possible. Tous s'élancèrent, mais c'est Eiden qui l'attrapa le premier, au bout d'à peine cinq minutes. Il le relâcha et recommença encore, ne laissant jamais les autres le prendre avant lui. Finalement, ce fut une victoire sans conteste du jeune Rogue qui attrapa quatre fois de suite le vif avant qu'Andrea les fasse tous redescendre.
— C'est dommage que Potter ne soit plus là, on aurait pu enfin le battre cette année. Je suis sûr qu'Eiden est meilleur qu'il ne l'était, fit pensivement Blaise.
Pour toute réponse, Drago haussa les épaules et Elie garda le silence, se tournant vers sa nouvelle camarade de jeu, qu'elle connaissait déjà. En effet Artémisia était la cinquième fille de son année, avec Pansy, Daphné et Millicent. Elie s'entendait très bien avec la jeune femme et était contente de jouer avec elle et Drago.
0o0o0
Quand Eiden revint sur la terre ferme et après qu'Andrea ne les convoque sur le terrain, le lendemain aux aurors, les jumeaux se dirigèrent vers les appartements de leur père afin de lui apprendre la bonne nouvelle. Celui-ci, occupé à réaliser une obscure potion couleur souris, n'eut même pas l'audace de paraître surpris, se contentant juste de sourire, comme s'il avait toujours été certain de leur entrée dans l'équipe. Ce qu'il était, en vérité. Elie s'éclipsa assez vite, arguant qu'elle devait retrouver les jumeaux.
—Préparez-vous un nouveau produit ? questionna le professeur en arquant un sourcil ténébreux.
— Peut-être, fit innocemment la jeune fille avant de disparaître dans un rire.
— Je ne sais pas jusqu'à quel point il est bon que ta sœur s'entende avec tes amis, et surtout ces jumeaux démoniaques, gronda le potionniste à son fils.
— Les jumeaux ne sont pas démoniaques, rétorqua Eiden avec un petit sourire cependant, c'est très bien qu'elle se lie avec mes amis. Ou d'autres. Je veux qu'elle se sente chez elle ici, autant que possible. N'est-ce pas ce que tu veux ?
— Si bien sûr, grommela l'homme. Mais Miss Granger serait préférable, elle au moins ne lui montre pas le chemin de la délinquance.
Eiden éclata de rire. Que Rogue pousse sa fille vers la Miss Je-sais-tout, née-moldu, était sans nul doute comique.
— Dois-je te rappeler qu'Hermione à visiter les entrailles de Poudlard avec moi de nombreuses fois, qu'elle a aussi suivit Quirrell, affronter un chien à trois tête, des pièces d'échecs tueuses, un filet du diable, un troll, un loup-garou, toi, le saule cogneur et j'en passe …
Severus marmonna dans sa barbe que ses ''proches'' avaient tous un gros problème d'instinct de survi et de témérité. Ce à quoi Eiden répondit, un peu moqueur, « c'est normal ils sont dans mon entourage ».
— Je remarque que je suis placé dans la même catégorie que le troll, le loup-garou et le saule cogneur, fit-il remarquer d'une voix grinçante.
— Si tu l'avais attrapé à chiper dans ta réserve, tu te serais sûrement apparenté à tout cela.
Le professeur ne dit rien, si cela avait été le cas, il ne resterait plus grand-chose de la jeune née-moldu.
— Et puis, ajouta gaîment Eiden, Elie n'a nul besoin qu'on lui montre le chemin du maraudage et des bêtises, elle le connaît très bien toute seule et elle s'entend parfaitement avec Hermione. Elles parlent souvent de cours et d'histoire, se moqua-t-il légèrement, tu devrais en être heureux.
— J'en suis euphorique ! grimaça l'adulte en jetant quelques ingrédients dans son chaudron.
Le garçon pouffa en contemplant le tableau.
— Tu sais qu'en cet instant, tu es le parfais cliché du potionniste bougon et cinglant.
— Mais c'est le cas, Eiden, ne t'en es tu jamais rendu compte ?
Le jeune homme sourit et s'assit sur la table où son père officiait.
— Que fais-tu ?
— Je renouvelle les stocks de potions de régénération nerveuse pour l'Infirmerie. Il leva brusquement la tête de son chaudron. Veux-tu la faire ?
Eiden grimaça, mal à l'aise.
— Je ne crois pas non, si c'est pour l'infirmerie, il ne faut pas que je me plante.
— Je vais te guider, fit son père avec un regard tendre, tu n'empoisonneras pas tes cornichons de camarades je te le promets, même si certain le mériterais.
Pas vraiment certain, l'adolescent se leva tout de même et vint se positionner près de son père.
— Bien, il faut piller les baies de belladone séchées, comme cela, oui et les mélanger avec ceci pour en neutraliser le poison. Parfait. Maintenant tu verses le tout et tu remues douze fois dans un sens et douze fois dans l'autre.
Continuant à dispenser consignes et conseils d'une voix douce et égale, Severus amena son fils à la réalisation d'une potion difficile et pourtant parfaite.
— Tu vois, tu t'en es très bien sorti ! Essayons les potions antidouleur à présent. Il est toujours bon de savoir les réaliser.
Ils passèrent un long moment ainsi, rien que tous les deux et Severus nota avec plaisir et fierté que son fils avait beaucoup progressé. Il coupait à présent les ingrédients avec dextérité et parvenait à suivre sans mal les explications parfois difficiles du manuel. Sa nature à présent révélée lui offrait des avantages non négligeables, tels que sa vue à présent parfaite et même supérieure à la moyenne, ainsi que son odorat animal qui l'aidait à reconnaître et identifier les éléments nécessaires à chaque recette.
— Dis Sev …
Le garçon était en train de tourner régulièrement sa mixture, s'assurant qu'elle bouillonnait sans attacher.
— Oui ?
— Comment as-tu pris la nouvelle après la lettre de maman ?
La question surpris le potionniste et il instant le silence, réfléchissant.
— Eh bien, mieux que je l'aurai cru, je pense. En faite j'étais dévasté d'apprendre que j'avais pus croire que ta mère m'avait trahie, que mon fils me détestait, que nous avions une relation déplorable et que ma fille avait disparu. Et bien sûr, lorsque j'ai appris comment tu étais traité chez les Dursley cela a été pire et puis j'ai appris pour Elie … Pas mon meilleur soir je dois dire, sourit faiblement le potionniste, mais je suis plutôt content de la finalité, même si j'avais préféré que rien de tout cela ne se soit passé et que l'on soit à présent tous les quatre avec Lily. Mais on ne décide pas, n'est-ce pas ?
— Non, murmura le garçon, on ne décide pas. On ne décide de rien en faîte …
Severus serra l'épaule de son fils, mais ne put rien faire pour le rassurer. Que lui dire de toute façon ? Il n'avait jamais décidé de rien. Sa mère est morte, ainsi que l'homme qu'il croyait être son père. Il avait été élevé dans des conditions désastreuses et était poursuivit par le plus grand mage noir de tous les temps, qui avait justement repris vie devant lui en tuant l'un de ses amis après un tournoi cauchemardesque.
— Et toi, comment as-tu pris cela ?
L'adolescent eut un petit sourire contrit avant de commencer :
— Au début je ne parvenais pas à y croire, je me disais que c'était impossible, ensuite je me suis dit que l'univers avait un drôle de sens de l'humour : j'avais finalement un père, mais on se détestait depuis notre rencontre et toute mon existence aurait été différente s'il m'avait pris avec lui. Et puis mes yeux sont tombés sur Elie qui dormait à côté de moi et je me suis dit que tout compte fait ce n'était pas si mal.
Severus eut un petit sourire tendre à cette dernière phrase.
— Et maintenant je ne changerai rien, même si je préférais que maman soit là bien sûr. Je me suis fait à ce que mon sadique professeur de potions soit mon père, sourit impertinemment Eiden.
— Tu ne me détestes plus alors ? s'enquit ledit professeur.
— En vérité je ne crois pas t'avoir détesté ... enfin si, je veux dire, je détestais le professeur, je l'exècre encore un peu je crois, tout comme le Malfoy de ces quatre premières années. Mais je ne te déteste pas toi, ni Drago mon camarade de maison par ce qu'en réalité ce que je haïssais c'était l'image que j'avais de vous, pas vos réelles personnes … Tu comprends ? demanda, incertain, le jeune garçon.
— Oui je comprends, j'étais dans le même cas, bien que ce ne fût pas la représentation que je m'étais fait de toi que j'abhorrais, mais bien le simple fait que tu existes.
Eiden comprenait, son père semblait immensément amoureux de sa mère et il ne pouvait imaginer la douleur que ce devait être d'avoir chaque jour sous les yeux la preuve de sa trahison. Severus semblait d'ailleurs beaucoup s'en vouloir d'avoir ainsi gâché ses premières relations avec son fils, mais Eiden voulait à présent oublier. Il lui avait pardonné et ne voulait plus y repenser, mais profiter du présent avec lui, ce présent où il était un si fantastique père. Alors il le lui dit, pour faire fuir la douleur qu'il voyait dans ses yeux et pour lui prouver qu'il avait fait table rase du passé. Une unique larme coula des yeux de Severus et Eiden en fut profondément choqué. Il se précipita contre lui et le tient dans ses bras, le cœur douloureux que son père pleure à cause de lui, même si ce n'était pas de tristesse. Après un moment à se tenir contre le potionniste, il dit, pour casser cette sombre ambiance :
— Elie a toujours ce pouvoir sur moi … enfin, je suppose qu'elle l'a sur tout le monde, mais il marche particulièrement bien avec moi. Elle me calme juste par sa présence, c'est la seule qui peut me retenir, même au sommet de ma colère, pourtant Merlin sait qu'elles sont violentes. Je ne sais pas comment elle fait cela, c'est comme si elle savait toujours exactement ce que je pensais, elle sait toujours lorsqu'on lui ment ou si quelqu'un est heureux ou triste.
— Lily était comme cela également, tellement empathique, déclara Severus en se redressant, mais gardant cependant son fils tout près de lui. Elle parvenait toujours à me remettre d'aplomb, quelque soit l'intensité de ma rage ou de mon désarroi. Elle doit tenir cela d'elle … tandis que toi désolé mais tu dois avoir hérité de mon mauvais caractère.
Le plus jeune sourit tranquillement.
— Je suis content de tenir quelque chose de toi, même si c'est cela.
L'adulte sourit lui aussi puis se souvint de quelque chose. Se levant, il fit signe à son fils qu'il en avait pour une minute et se dirigea vers un petit placard, scellé par magie. Il en sortit une vieille coupure de journal et une photo jaunit qu'il tendit à Eiden. Le jeune s'attarda d'abord sur l'article, tiré d'un journal français qu'il connaissait grâce aux souvenirs de sa sœur. Sur la photo en noir et blanc, on voyait un couple, très jeune encore, qui se tenait la main. L'homme, d'une grande beauté, portait avec noblesse un costume de toute évidence cousu pour lui et échangeait un long regard amoureux avec sa femme avant de se tourner en souriant vers l'objectif. La mariée, elle, portait une longue robe éblouissante de simplicité, à la coupe près du corps en haut et évasée en bas. Elle était … vraiment magnifique.
Puis il prit la seconde photo, en couleur. Cette fois le couple posait devant un vaste manoir, dans un jardin emplit de fleurs, l'homme était en réalité d'un châtain doré et avait des yeux familiers, de l'exacte teinte changeante d'Elie. Sa peau était légèrement halée et il souriait d'un air tendre. La femme quant à elle semblait encore plus belle que sur la photo du journal, sa peau avait la blancheur de l'albâtre et ses cheveux l'éclat de l'or, mais ses yeux était identique à ceux d'Eiden, émeraude dorée. Elle ressemblait énormément à sa mère, même si la teinte de ses cheveux était différente. Il caressa le visage de papier.
— Elle ressemble beaucoup à maman et à Elie même si leurs yeux sont différents.
— C'est vrai, Elie a hérité des yeux de son grand-père, c'est un héritage elfique cette couleur changeante.
— Elie dit que les miens changent aussi, dans une moindre mesure …
— C'est vrai, approuva son père, ils foncent lorsque tu es en colère et l'or prend plus ou moins de place selon ce que tu ressens.
— Oh ! fit Eiden. Je n'avais pas remarqué.
Il reprit la photographie en main.
— Grand-Mère était blonde aussi. En faite, j'ai hérité de beaucoup de choses de toi, sourit un peu moqueusement Eiden, faisant référence à son ''présent génétique''.
— Tu es déçu qu'Elie ressemble plus à vos grands-parents que toi, s'enquit doucement son père.
Eiden resta figé, la photo à quelques centimètres du bureau.
— Non ! Bien sûr que non ! s'exclama-t-il, réellement surpris. Pourquoi penses-tu une telle chose ?
— Tu es certain ? insista le potionniste. Notre passif est plutôt important et je comprendrais que …
— Je nous croyais d'accord sur le fait de ne plus parler de ce ''passif'' ? gronda le jeune homme. Écoute papa je veux tenir des choses de toi, tu es mon père. Je suis fière d'avoir ton menton, ton front et d'autres choses encore qui ne viennent pas à l'esprit. Et puis sincèrement, je n'ai pas de quoi être jaloux d'Elie, exception faite des yeux et des cheveux, nous sommes parfaitement identique.
Eiden n'en revenait pas qu'il était en train de rassurer Severus Rogue sur son amour et sa fierté pour lui. Il sourit de la situation un peu étrange et son père le rejoint, conscient que ces peurs n'avaient pas lieu d'être.
Le professeur lui tendit ensuite à nouveau l'article, montrant le texte :
— Je ne peux pas le lire, mais toi évidemment tu le peux.
Severus ne parlait pas français, il avait bien appris quelques mots et formules de politesse depuis qu'Elie était arrivée, mais rien qui pouvait lui permettre de traduire l'article.
Le texte faisait état du mariage de deux héritiers d'illustres familles : les Clairbois et les Grimm. Ils insistaient sur l'incroyable événement que c'était là, mais aussi et Eiden grimaça, sur le sang métissé qui courrait dans les deux lignées qui avaient compté dans ses rangs des sorciers parmi les plus illustres du vieux continent. Le sang métissé … le garçon suivit de son long doigt le papier fatigué et un terme inconnu lui saute aux yeux : changeurs de peau.
— Qui a-t-il, mon ange ?
— Ils … dans ce papier …
Il souffla incapable de parler clairement.
— De quand datent les persécutions sur les métis de race magiques ? demanda-t-il finalement tout bas.
— Longtemps, plusieurs siècles, mais sa a explosé sous Voldemort, c'est là que …
— Que mes grands-parents sont morts, acheva le garçon, puis il posa l'article bien à plat et pointa du doigt un passage. Il est écrit ici noir sur blanc que les deux lignées sont fortement métissées et riches du sang de plusieurs créatures magiques.
— Eiden, soupira l'adulte, ce fait était bien connu en France, ce journal n'apprenait rien à personne.
— Peut-être, cracha le garçon, à présent en colère, mais ils ont précipités les choses, les journaux n'ont pas à étaler la vie privée ainsi et mettre en danger les gens.
— Comme ce qu'ils t'ont fait à toi ? demanda doucement son père.
Mais le plus jeune ne voulait pas parler de cela, il tâcha de se calmer, soufflant doucement et changea de sujet :
— Qu'est-ce que les changeurs de peaux ?
— C'est un peuple ancien, leurs origines se perd dans limbes du temps, on ne sait presque rien sur eux. Ils sembleraient qu'ils soient des animagus particulièrement puissants. C'est en tout cas, ce que l'on pense, vu qu'il y a des rumeurs comme quoi ce peuple prendrait la forme d'animaux.
— Ils disent qu'ils y en avaient dans notre lignée.
— Oh, je vois ... Mais je suis désolée, Eiden, je ne sais presque rien sur eux, peut-être que Mademoiselle Granger pourrait t'aider, ou Elie, elle en sait sûrement plus que moi là-dessus.
Le garçon acquiesça.
— Je vais y aller Sev, Andrea nous a donné rendez-vous à l'aube demain et je ne tiens pas à me faire reprendre par elle dès le premier jour.
— Miss Shafiq a son petit caractère, n'est-ce pas ? sourit Severus.
— On peut dire ça oui …
0o0o0
Drago Malfoy était en cette agréable soirée tout à fait satisfait : l'entraînement du quidditch s'était merveilleusement bien passé, les trois poursuiveurs ne mettraient pas longtemps à voler en parfaite symbiose, tant ils étaient en phase naturellement. Eiden était incroyable, les deux batteurs précis et stratégiques et Blaise tout simplement génial. Il était certain que cette année, la coupe serait aux verts et argents.
Ils étaient tous rassemblés dans un coin de la salle commune, autour de la cheminée, mais ce qui ravissait le plus Drago était qu'Elie, qui jouait à une partie de Go avec Théo installée sur le tapis, avait appuyé son dos frêle contre ses jambes, faisant profiter le garçon de sa chaleur et de sa douce odeur.
— Atari ! s'exclama le garçon aux cheveux corbeaux, satisfait de sa manœuvre.
Mais la jeune fille n'avait pas dit son dernier mot, elle plaça l'une de ses pierres sur le plateau et put ainsi en prendre trois à Théo qui n'avait rien vu. Les deux jeunes gens s'étaient découvert une passion commune pour ce jeu asiatique et y jouaient indifféremment en version moldu ou sorcière.
— Tu trouves toujours un moyen de me filer entre les doigts ! protesta le jeune homme.
— J'ai eu un bon professeur, sourit la jeune fille.
— Je vois ça, mais ça ne m'empêchera pas de te battre, assura-t-il d'un air rusé.
Théo était meilleur que la jeune Rogue, c'était indéniable, mais elle lui causait tout de même pas mal de problèmes et mettait en place des stratégies qu'il n'avait pas l'habitude de voir. Alors chacun y trouvait son compte : Elie progressait et Théo avait un adversaire à sa mesure.
Tandis que les deux adolescents disputaient une nouvelle partie, Drago continuait sa discussion avec Eiden et Artémisia, qui s'était jointe à eux ce soir, tandis que Blaise et Pansy débattaient devant le feu des dernières nouvelles. L'ambiance était douce, apaisante et tous en était satisfait après la matinée éprouvante que certains avaient eue.
Andrea n'était pas vraiment ce que l'on pouvait appeler une tendre, elle poussait chacun à son maximum et se montrait intransigeante, leur faisant répéter chaque exercices jusqu'à ce qu'ils soient parfaits, mais Eiden reconnaissait que sa méthode avait de grandes chances de porter ces fruits. Il coula un regard vers sa sœur, depuis leur séance de vol Elie grattait sans cesse ces cicatrices exposées à l'air libre. Certaines étaient d'ailleurs rouge vif et commençaient à saigner. Voyant qu'elle recommençait, il retint doucement sa main, l'empêchant discrètement d'aggraver son état. Mais ce geste n'échappa pas à la curieuse Pansy qui demanda :
— D'où viennent ses cicatrices, Elie, elles semblent récentes ?
Le visage de la blonde se referma immédiatement et ses yeux se vidèrent de toute chaleur.
— Rien d'important.
— Ça a l'air de l'être pourtant, insista doucement la jeune femme qui n'avait rien perdue de son attitude.
Mais Elie se referma encore plus et le visage de marbre elle répéta :
— Je t'assure que ce n'est rien. C'est terminé de toute façon.
Le regard de la brune se fit très doux et un peu triste aussi. Elle était blessée évidemment que la jeune Rogue leur cache quelque chose qui semblait aussi grave, mais elle voyait bien que c'était difficile aussi pour la blonde.
— Nous sommes amis, Elie, nous pouvons t'aider si tu le veux.
La jeune Rogue tourna un regard vide vers elle.
— Il n'y a rien Pansy, je te l'assure. Rien de si important qu'il nécessite votre aide. Ce n'est que le fruit d'un petit incident, il n'y paraîtra bientôt plus.
Pansy ne parut pas convaincue, mais comprenant qu'elle n'obtiendrait rien de la jeune femme, elle laissa tomber et reprit sa conversation avec Blaise. Les autres firent de même, voyant bien que le sujet était clos.
— Tu ferais peut-être mieux d'aller voir Père, elles sont en train de se rouvrir, murmura Eiden en caressant l'épaule de sa sœur, l'empêchant à nouveau de porter la main aux vilaines marques rouges.
— Tu as sans doute raison, soupira la jeune femme.
— Veux-tu que je vienne avec toi ? demanda doucement son frère en faisant remonter sa main sur la joue d'Elie.
— Non c'est inutile, reste là confortablement au chaud. Je n'en aurai pas pour longtemps.
Elle se leva ensuite et sortit sous le regard un peu inquiet de ses amis qui se tournèrent dans un bel ensemble vers le fils Rogue. Celui-ci ne put s'empêcher de grimacer.
— Je ne dirais rien de plus, assura-t-il en soupirant.
— Écoute Eid, lui dit Pansy, vous êtes nos amis à présent et elle n'a pas l'air bien. Ces marques ne sont vraiment pas belles à voir et …
Elle fut interrompue d'un geste par Eiden qui répondit :
— Vous pensez vraiment que notre père ne s'occupe pas d'elle ? Vous pensez qu'il la laisserait ici si elle n'était pas bien ? Elle a eu quelques blessures cet été et le vent de ce matin les a un peu malmenées, c'est tout. Sev va lui donner des potions et demain elle ira mieux. Mais s'il vous plaît, cesser de la confronter avec cela, d'accord ?
Sentant que c'était important, les autres abandonnèrent une nouvelle fois. Les jumeaux pouvaient dire ce qu'ils voulaient, mais eux qui étaient proche de la jeune fille avaient bien remarqué que c'était plus que quelques marques isolées. Et tous s'était fait une petite idée de ce qui avait pu les causer. Surtout Drago qui l'avait connue bien moins guérie et muette. Il n'en avait d'ailleurs rien dit aux autres, se contentant de garder le silence lorsque le sujet était abordé, et si ses amis avaient remarqué quelque chose, personne ne lui avait posé de question. Intérieurement il se jura de connaître le fin mot de cette histoire. Avec ou sans la participation volontaire des enfants Rogue.
Quant à Elie, elle avait frappé aux appartements de son père, mais personne ne lui avait répondu. Devinant qu'il devait être encore à la salle des professeurs, elle remonta dans les étages. C'est là qu'elle manqua de heurter un autre élève, perdu dans ces pensées.
— Oh pardon, je suis confuse, je ne regardais pas où j'allais et …
— Ce n'est pas grave, assura le garçon.
Il n'y avait pas beaucoup de lumière, mais grâce à ces gênes elfiques elle put reconnaître la personne qui lui faisait face.
— Bonsoir Neville.
— Bonsoir Anna, fit le garçon d'un air amusé.
La jeune fille n'était pas surprise, elle savait bien qu'il l'aurait reconnu tôt ou tard. C'est pour quoi elle demanda seulement :
— Depuis quand le sais-tu ?
Neville sourit, il était encore vêtu de son uniforme, ce qui le fondait partiellement dans l'obscurité.
— Et bien, j'ai des doutes depuis que nous nous sommes parlé en Botanique, bien que je me sois fait la réflexion depuis ton arrivée au château que tu lui ressemblais, mais je l'ai comprit que lorsque tu t'es accrochée avec Malfoy …
— Oh je vois, je me doutais que tu ne tarderais pas à faire le lien.
Il sourit et l'attira dans ses bras.
— Je suis vraiment soulagée de te voir en … relative forme, murmura-t-il, ayant parfaitement vu ses cicatrices saignantes et son apparence encore bien frêle.
— Moi aussi je suis contente de te voir Nev, souffla la jeune fille.
Ils s'écartèrent, mais Neville garda ses mains dans les siennes, les enserrant doucement.
— On croyait tous que l'on ne te reverrait jamais. Tu avais disparu sans laisser la moindre trace et personne ne t'avait vu nulle part …
— Je sais, je suis désolée.
Elle caressa doucement sa main de ses doigts pour se faire pardonner.
— Enfin tu es là maintenant, souffla Neville. Tu es arrivé quand ?
— La nuit du 31 juillet, j'étais … et bien je n'étais pas en très bon état alors on m'a emmené ici pour me soigner.
Le jeune homme eut un rictus douloureux et demanda :
— Tu sais qui t'a fait du mal ?
Elie secoua la tête.
— Juste qu'il porte la Marque des ténèbres. Je suis désolée, Nev, de ne vous avoir rien dit, mais j'ai pensé … que vous seriez plus en sécurité si vous ne saviez rien.
Le garçon opina et soupira.
— Je suppose que se découvrir traquée par les mangemorts et sœur d'Harry Potter amène une certaine insécurité.
Cette fois, la jeune femme était réellement surprise, elle contemplait, les yeux grands ouverts son ami qui souriait doucement à présent.
— Comment …
— Eh bien, j'avoue que j'ai mis un peu de temps, mais cela m'a finalement sauté aux yeux. J'avais toujours trouvé que vous ressembliez un peu sous vos anciennes apparences et puis au niveau du caractère aussi, obstiné, volontaire, dévoué aux autres et ce goût des vagabondages … et puis Harry n'a pas tellement changé. Je veux dire, physiquement il ne se ressemble plus vraiment, mais il est toujours le même au fond. J'ai vécu avec lui pendant quatre ans, je connais ces petites habitudes et ses expressions, mais surtout son aura est toujours identique, même s'il a une forte part elfique à présent. Il me semblait bien avoir perçu quelque chose d'autre chez lui avant tout ceci, fréquenter le Clan m'a appris pas mal de petits trucs sur les créatures magiques …
— C'est … étonnant que tu aies fait le lien.
— Il y avait aussi l'attitude de Ron et Hermione qui m'a mis la puce à l'oreille, même s'ils essayent de la cacher, ils sont assez inquiets pour toi et Harry.
Elie semblait préoccupée à l'idée que le jeune homme les aient reconnu, elle et surtout son frère, mais Neville la prit à nouveau contre lui pour la rassurer.
— Ne t'en fais pas Elie, je vous ai reconnu, mais je suis le seul à avoir été proche de vous deux sous votre ancienne apparence. Personne ne peut se douter d'un truc aussi gros.
Il caressa ses cheveux et lui demanda de lui raconter ce qu'elle pouvait de ces deux derniers mois, elle lui raconta tout, survolant seulement l'épisode de sa captivité. Les entrailles de Neville se tordirent au récit de son arrivée en Angleterre et de son mutisme, mais il fut heureux qu'elle ait retrouvé sa famille et de nouveaux amis, même si les anciens lui manquaient beaucoup.
— Il n'y a que Rose qui sache où je suis et comment je vais. On s'échange quelques lettres, peu car on ignore si le mangemort qui m'a enlevé ne la surveille pas également. Mais au moins elle sait que je vais bien, et moi aussi.
— Tu devrais le dire aux autres, Elie, après tout, les proches d'Harry sont tous au courant.
— Je préfère qu'ils me croient disparue ou pire que de les mettre en danger, soupira Elie.
— Ils sont déjà en danger, nous le sommes tous depuis le retour de Voldemort. Plus encore ceux du clan.
— Justement, nul besoin d'en rajouter.
Neville l'entoura plus fermement de ses bras et dit à voix basse, près de son oreille, comme pour la rassurer.
— C'est cruel de faire cela Elie et tu le sais. Mais surtout c'est atrocement difficile pour toi, je le vois bien.
Elie tâcha de chasser la douleur de son visage, mais son ami la connaissait trop bien. Les relations entre les membres d'un même clan étaient toujours particulières et précieuses, vivre loin de cette famille était compliqué et pénible pour un membre seul. Elie souffrais de cet éloignement, Neville le savait bien, d'autant qu'elle avait toujours vécu au sein du clan, contrairement à lui ne venait que ponctuellement.
— J'ai Sev et Eiden maintenant, les autres et toi aussi. Cela va aller … assura-t-elle avec un sourire triste.
Neville ne répondit pas, se contentant de serrer ses mains dans les siennes.
— Au fait, merci d'avoir pris ma défense vendredi. Mais ce n'était pas nécessaire, j'en ai l'habitude et tu vas te faire mal voir chez les serpentards.
Elle sourit doucement et pencha un peu la tête sur le côté. Neville la trouva adorable et il fut heureux de voir que certaines de ces habitudes n'avaient pas changé.
— Je l'ai fait par ce que l'on est ami, Nev et que je le voulais. Mais ne t'en fais pas, les serpentards se sont habitués à notre ''ouverture'' aux autres maisons. Drago est même venu s'excuser auprès de moi … même si c'est à toi qu'il aurait dû les présenter.
— Ça Elie, cela n'arrivera jamais, éclata de rire le jeune homme. Aucune chance.
— Qui sait Neville, qui sait …
Ils se quittèrent finalement, se promettant de se revoir très vite et Elie reprit son chemin.
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Assis dans un des fauteuils de la salle des professeurs, Severus Rogue était plongé dans ses pensées lorsque le professeur Mcgonagall et Flitwick vint à sa rencontre.
— Nous voudrions te parler de tes enfants, Severus, expliqua la femme au chignon.
— Y a-t-il un problème avec les jumeaux ? interrogea le potionniste.
— Non, pas le moins du monde, répondit la voix flûtée du professeur de sortilèges. Mais nous voulions savoir si tout se passe bien pour eux, s'ils s'acclimatent à leur nouvelle vie, ce gendre de choses …
— Et bien tout n'est pas parfait assurément, répondit Rogue qui n'appréciait guère être dérangé, même par ses collègues, mais j'imagine que compte tenu de la situation … hum … particulière, cela se passe assez bien. Je veux dire, c'est une bonne chose qu'ils parlent anglais et ce soit intégré dans leur nouvelle maison. Et puis ils ne me semblent pas vraiment en difficulté pour les cours …
— C'est un euphémisme ! fit Mcgonagall avec emphase. Eiden est bien au-dessus de la moyenne dans ma matière, quant à Elienor, elle est excellente.
— Pareil en Sortilèges, se réjouit le petit homme, votre fille n'est pas aussi puissante que son frère, mais elle a une magie tellement délicate ! Ils semblent tous deux bien intégrés, mais nous avons remarqué qu'ils sont parfois assez mélancoliques, perdus en eux même.
Severus leva un sourcil, que devait-il comprendre. Était-ce des reproches ou une tentative de soustraction d'information ? Il continua donc prudemment :
— Oui, je l'ai noté aussi, mais l'on ne peut pas s'attendre à ce qu'ils ne ressentent pas le mal du pays ou de leur ancien foyer.
— C'est certain, approuva Flitwick en tournant sa baguette entre ses doigts sans cesser de fixer le potionniste, cependant, j'ai remarqué qu'ils font tous deux également beaucoup de magie instinctive, notamment lorsqu'ils se considèrent en danger. Une telle insécurité peut être pathologique d'une enfance difficile, d'un certain mal-être présent, ou pire encore.
Severus fronça les sourcils, cherchant une réponse satisfaisante, ni trop révélatrice, ni trop peu.
— Eiden n'a pas vraiment eu … ce que l'on pourrait appeler une enfance facile. Cela pourrait expliquer ses réactions.
— Elienor est aussi peu confiante et nous avons bien remarqué … le petit professeur hésitait à continuer, nous avons remarqué qu'elle montre certaines cicatrices et des réactions excessives lorsqu'elle se sent en insécurité … Ces marques semblent récentes est nous nous demandions ce qui avait bien pu lui arriver.
— Ce n'est pas pour nous montrer gratuitement curieux, Severus, assura Mcgonagall qui était restée un moment silencieuse. La femme d'âge mûr avait parfaitement senti Rogue se tendre suite aux paroles de Filius.
— C'est seulement pour l'accompagner au mieux et ne pas commettre d'impaire dans nos futurs actions ou échanges avec eux.
Severus soupira, il connaissait bien les deux professeurs, c'étaient tous deux des amis proches de Dumbledore et des alliés dans la guerre contre le Seigneur des Ténèbres. Cependant il était réticent à parler de la vie privée de sa fille et de ce dramatique incident. Pesant le pour et le contre, il jugea qu'en toucher quelques mots ne causeraient pas plus de mal à la jeune fille.
— Elie a été enlevée à son retour de l'Académie cet été, par un mangemort. Il la séquestrée, torturée et … abusée, vraisemblablement pour qu'elle rejoigne le Seigneur des Ténèbres. Elle est parvenue à s'enfuir et a réussi à transplaner, on ne sait comment, auprès de son frère.
Flitwick avait poussé un petit cri, manquant de tomber de sa chaise alors que Minerva avait plaqué sa main sur sa bouche. Elle savait que la jeune fille avait été soignée par Madame Pomfresh l'été précédent, mais elle n'imaginait pas que c'était si grave.
— Pauvre enfant ... souffla le petit homme.
C'est à ce moment que retentir des coups sur la porte, Minerva se leva et trouva justement Elie derrière.
— Severus, votre fille voudrait vous voir.
Sans attendre, le potionniste se leva, voyant Elie il comprit immédiatement le problème et il la mena immédiatement à ses appartements afin de soigner ses plaies. Tapotant doucement un linge imbibé de potions sur une marque laissée à la naissance de son épaule, il demanda :
— C'est à l'entraînement que tu t'es fait cela.
Elle hocha la tête, il grimaça, continuant de nettoyer les blessures d'un air sombre.
— Oh ne m'interdit pas le quidditch, s'il te plaît, supplia la jeune fille, les yeux brillants de peine.
— Je n'allais pas le faire, assura Severus qui soupira cependant, mais tu mettras cette potion avant d'exposer ta peau au vent, et celle-ci après. Je vais te donner quelque chose contre les démangeaisons aussi.
Il savait bien que le quidditch était un exutoire pour ses deux enfants et il ne voulait vraiment pas les priver de cela, même si cela semblait causer quelque souffrances à Elie. Ne plus l'autoriser à jouer serait bien pire pour son moral que quelques coupures.
Elle se jeta dans ses bras, infiniment soulagée et reconnaissante :
— Oh merci papa, cela m'aurait trop manqué et ce n'est que quelques plaies.
— Inutile de me rappeler les chutes, traumatismes crâniens et autres agréables choses que tu risques à jouer à ce sport de sauvage, grommela Severus.
Lui n'était pas un sportif, il ne l'avait jamais été. Lily, elle, aimait voler, mais elle n'avait jamais joué dans l'équipe, préférant la liberté d'un vol sans but.
— Eid a aussi perdu tous les os de son bras en deuxième année, répondit sa fille avec un clin d'œil.
L'adulte la regarda d'un air sévère.
— Comment une moitié de mes gênes a bien pu devenir quelque chose d'aussi dérangé mentalement. Aurais-tu des tendances masochistes ?
— Si j'en ai, elles viennent sûrement de toi ! rit la jeune fille.
Severus secoua la tête, mais ne répondit pas à l'impertinence de sa fille.
— Veux-tu dormir ici ce soir ?
— Non, j'ai laissé mon devoir de métamorphose au dortoir et je voulais le terminer ce soir, expliqua la jeune femme en replaçant correctement ses vêtements dérangés par les soins de son géniteur. Mais celui-ci n'était pas dupe, il rétorqua sur un ton blasé :
— Tu as terminé ton devoir mercredi soir alors que nous faisions une potion de sommeil avec Eiden. N'est-ce pas plutôt que ton frère et toi aviez prévu de vagabonder cette nuit encore ?
— Tu dis cela comme si nous le faisions tout le temps.
— Vous faites cela tout le temps.
— Je ne vois pas ce qui te permet d'affirmer ceci, déclara la jeune fille avec un petit sourire en coin. Personne ne nous a jamais vus en dehors du dortoir.
— Dis plutôt que vous ne vous êtes jamais fait prendre, répliqua le professeur, souriant malgré tout intérieurement. Alors, mon hypothèse est-elle la bonne ? Mes deux hypothèses d'ailleurs ?
— Peut-être, fit innocemment Elienor, mais tu ne pourras pas le prouver.
Elle claqua un baiser sur la joue de son père et disparut. Severus contempla un moment la porte avant de ce rasseoir à son bureau. Il n'était pas stupide, il savait bien que ces enfants avaient un goût particulier pour tout ce qui était proscrit et qu'ils leur arrivaient souvent de déambuler dans le château et le parc après le couvre-feu. Mais comme l'avait rappelé Elie, personne n'avait encore réussi à les surprendre. Comment James, en à peine un an avait pu leur donner de telles inclinations. Severus était lui-même plutôt bon élève et obéissant, tout comme Lily, cela ne pouvait venir que de Potter … ou du clébard. Comment de tels individus pouvaient-ils pervertir d'innocents enfants en si peu de temps ? Le potionniste eut un petit rire malgré lui qui résonna contre la pierre froide des cachots. Ces jumeaux étaient sans doute beaucoup de choses, mais ils n'étaient pas ''d'innocents enfants'' du moins pas en matière de respect du règlement.
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Il ne fallut pas longtemps à Elie pour remonter au quatrième étage et à se glisser dans un couloir peu fréquenté, passant par un passage secret qu'elle connaissait par les souvenirs d'Eiden. Entre deux torchères, tout prêt d'une immense fenêtre donnant sur le parc, c'était installé son frère et les jumeaux Weasley qui discutaient tout en disputant une partie de bataille explosive. Elle se laissa gracieusement tomber entre eux, jetant dans le même temps un coup d'œil à la carte du maraudeur, étalé non loin. Personne à proximité, parfait. Tout proche d'elle, George glissa un bras autour des épaules de la petite blonde pour la rapprocher un peu. Dès leur rencontre, les deux jumeaux s'étaient immédiatement plus et entendus et le gryffondor n'hésitait jamais à entrer en contact physique avec la plus jeune, très tactile avec ces proches intimes. C'était cependant une relation totalement platonique et fraternelle, chacun savourant juste la présence et la personnalité de son vis-à-vis sans attentes amoureuses aucunes.
Relevant la tête à son arrivée, Eiden lui demanda si cela allait mieux. Pour toute réponse elle écarta un peu sa chemise pour lui montrer les marques, bien plus discrètes à présent que son père les avait soignées. Elle leur parla aussi de sa rencontre avec Neville et expliqua aux Weasley ce qu'il était réellement pour elle.
— Mais ce clan dont tu nous parles, qu'est-ce au juste ? interrogea Fred tout en abattant sa carte au centre.
Elie se cala plus confortablement contre l'épaule de George et expliqua de sa voix douce et posée, son accent résonnant parfois mystérieusement dans le silence du couloir.
— Les cellules que l'on appelle clan aujourd'hui découlent directement des structures, familiales ou plus larges, élaborées par les espèces les plus ''humaines'' des créatures magiques. Ils ont été adoptés dans l'histoire par les métis de créature et de sorcier pour se protéger de ces derniers et de leur chasse. On ne sait pas exactement combien il en existe dans le monde, car une partie d'entre eux ont choisi de s'exiler du monde magique et vivent en autarcie, complètement invisible aux yeux étrangers. D'autres se mettent à l'écart, mais conserve un œil sur l'actualité, tandis que d'autres encore sont intégrés au monde des sorciers et cachent leur véritable nature.
— C'est le cas de ton clan ? interrogea George, qui jouait à présent avec l'une de ses longues mèches.
— Oui, mon clan prône l'intégration et tente de faire avancer les opinions. Même si ce n'est plus la priorité à présent que Voldemort et de retour. Le clan doit protéger ses membres.
— Il y a beaucoup de persécution sur … les gens comme nous ? demanda Eiden qui remportait le tour.
— Oui, mais cela s'intensifie en tant de guerres, certains métis font d'excellents soldats pour un mage noir et les compétences des autres en matière de magie sont fortement convoitées. Beaucoup détiennent des secrets et des méthodes oubliés des hommes. Cela a commencé peu après l'utilisation des baguettes et c'est intensifié suite à la scission entre sorciers et moldu. Au fil du temps, beaucoup des rituels et des anciennes magies se sont perdus et les mages ont tenté de se les procurer en soumettant des métis à leur volonté. Il faut savoir que des sangs mêlés sont toujours plus fort que des sorciers ou des créatures standard, car leur sang est renouvelé et leurs caractéristiques se mêlent. Les enfants surtout, sont les plus recherchés, car ils sont incapables de se défendre et malléables. Les clans sont donc particulièrement protecteurs avec eux, d'autant plus qu'ils sont particulièrement précieux pour des peuples peu nombreux comme les nôtres.
— C'est pour cela que l'on place souvent des sorts de dissimulation sur les plus jeunes, interrogea Eiden, qui fouillait en même temps les souvenirs légués par sa sœur.
— Dans les clans qui se mêlent aux sorciers seulement, les autres n'en ont pas besoin. Comme de toute façon les sangs mêlés ne reçoivent l'intégralité de leurs pouvoirs qu'à leur quinzième anniversaire, cela ne les entrave pas. On leur explique leur nature lorsqu'ils sont prêts et leur apprend à maîtriser et dissimuler les pouvoirs qu'ils manifestent avant cette date.
— Les clans sont-ils basés sur la race ou autre chose ? questionna George, visiblement intéressé.
— Cela dépend, je dirais que la moitié est sous fondement racial et les autres, territorial ou convictionnel. Mon clan, par exemple est un clan multiracial, comme c'est le cas de beaucoup de clans prônant l'intégration, ils comptent des enfants de vélanes, d'elfes, des loups-garous, des métamorphes, ainsi que des sorciers évidemment, souvent maîtrisant des magies anciennes et acceptant nos cultures.
— Et vos grands-parents, sais-tu s'ils faisaiznt partie d'un clan ?
Fred avait rangé les cartes à présent et étudiait des croquis tout en suivant leur conversation.
— Je suis quasiment certaine, la plupart des métis sont sous la protection d'un clan, c'est un principe de survie. C'est aussi pour cela qu'ils se lient entre eux, les enfants sang-mêlés en épousent souvent d'autres, cela renforce les protections et permet de garder les secrets dans un même cercle.
— Je vois, comme les Sangs purs sorciers en faîte, dit Fred.
Mais ses paroles ne semblèrent pas plaire à Elie qui réfuta vigoureusement :
— Non ! Les Sangs purs préservent la pureté du sang, le nôtre est déjà mâtiné, nous nous lions avec des gens en qui nous avons confiance, qui ne nous utiliseront pas.
Le jeune homme roux leva les mains en signe de pénitence, souriant tout de même de l'air outré de la fille. Celle-ci ne lui en tint pas rigueur et ils bavassèrent tous sur les derniers jours et la reprise du quidditch. Ginny remplaçait Eiden comme attrapeur des gryffondors et semblait assez douée, à la plus grande surprise de ses frères qui ne l'avait jamais vu jouer. Apparemment, selon Hermione, elle forçait en secret la porte de leur remise à balai pour s'entraîner depuis des années.
— Rien de bien étonnant quand on n'y pense, il s'agit de Ginny, pas de Ronny le petit préfet, grimaça George. Mais bon, tout cela pour dire que l'équipe et assez bonne, même si ton ''passage à l'ennemi'' nous affaiblit pas mal. Enfin, au moins cette année on aura de vrais adversaires.
Puis le discours glissa vers les farces et attrapes et les jumeaux Weasley remercièrent Elie pour sa potion du Gardien vert, qui semblait faire des merveilles.
— On a complètement réglé les effets secondaires avec quelques gouttes dans la solution finale, expliqua Fred en montrant à Elie la liste des composants. Je l'ai testé à nouveau avant-hier et encore une fois hier, aucun problème à signaler. On pourra bientôt la mettre sur le catalogue.
— Je suis content de voir que vos affaires marchent bien, assura Eiden assis en tailleur contre le mur froid.
— C'est grâce à toi mon vieux, on te remerciera jamais assez. En plus, tu nous as apporté une nouvelle et talentueuse collaboratrice, fit avec un clin d'œil George qui serra dans un même temps l'épaule d'Elie qui lui sourit.
— C'est un plaisir, je m'amuse bien avec vous.
— Et nous donc ! s'emporta Fred qui sur-jouait un peu. Notre projet prend un tournant tout à fait intéressant depuis que tu es là.
— J'en suis très honorée, assura la jeune fille sans se départir de son sourire amusé.
— Et comment vous vous en sortez avec la vente ? interrogea Eiden qui parcourait à présent la liste des produits disponibles à l'achat.
— Et bien depuis la petite crise d'autorité d'Hermione la semaine dernière, on c'est fait un peu plus discret, mais on réalise l'essentiel de notre chiffre par hibou postal alors … On cherche tranquillement un local, mais pour l'instant rien ne nous a semblé convenir à ce que l'on cherchait.
— Rien ne presse, dit Eiden, si la boutique tourne par correspondance.
Fred opina du chef avec un sourire satisfait.
La lune était très haute dans le ciel et les quatre amis riaient encore dans le couloir désert, surveillant de temps à autre que personne ne s'approchait. Fred et George étaient en train de mettre au point leur nouvelle invention, les boîtes à flemme, des bonbons qui rendaient malade, excuse parfaite pour manquer les cours. Et ils avaient une idée très précise de la personne sur qui il allait la tester. Un gros et flasque crapaud rose, qui s'amusait à dispenser d'horribles rumeurs sur la mort d'Harry Potter à une foule de gamins crédules, abreuvés des désastreuses allégations de la Gazette. Eiden riait beaucoup à l'écoute du plan des jumeaux roux, mais il leur était surtout reconnaissant de le venger à leur façon et de tourner en ridicule cette horrible femme.
À présent ils étaient tous les quatre appuyés contre le mur, Elie toujours à moitié dans les bras de George. Eiden avait fait naître une brassée de flammes venues de nulle part, suspendu à quelques centimètres du sol et qui les réchauffaient doucement. La discussion s'était faite doucement plus calme, traitant surtout de Voldemort et du dehors. Rien de bien réjouissant et le feu enchanté ne parvenait à briser le froid qui les avaient soudainement envahit. Au loin la grande horloge sonna une heure du matin et ils décidèrent de se séparer. Regagnant les cachots discrètement, et après s'être assuré que les jumeaux Weasley ne croiseraient personne sur leur route, les enfants Rogue pénétrèrent sans bruit dans le repère des serpentards. Elie embrassa son frère sur la joue et s'apprêtait à grimper les escaliers du dortoir des filles quand la main d'Eiden s'enroula autour de son poignet, la retenant :
— Reste avec moi s'il te plaît Elie, chuchota son frère en réponse à sa question silencieuse.
— Mais et les autres …
— Ils s'en fichent Elie, ils te l'ont déjà dit. En plus ils dorment déjà tous et tu peux partir demain avant qu'ils ne se lèvent si tu veux. S'il te plaît Elie …
Elle resta un instant sans bouger puis capitulant devant l'air suppliant et fatigué de son frère. Ils se coulèrent donc le plus silencieusement possible jusqu'à son lit, le seul aux rideaux encore ouvert et se déshabillèrent rapidement. Ils se faufilèrent ensuite sous la couverture, Eiden en bas de pyjama, Elie vêtu d'un t-shirt de son frère. Le garçon blotti la fille contre son torse et ils ne tardèrent pas à s'endormir tout deux. Cette nuit-là, aucun ne fit de cauchemars. Ils n'avaient pas dormi ensemble depuis la rentrée et rien ne pouvait les atteindre en ce moment, confortablement lové l'un contre l'autre.
Elienor se leva avant le soleil, tâchant de quitter le dortoir avant qu'un de ses occupants ne s'éveille. Elle s'écarta tout doucement de son frère, prenant garde à ce qu'il reste assoupit : il restait encore une bonne heure et demie avant qu'il ne soit l'heure pour lui de se lever et quitta le doux refuge du baldaquin. À pas de loup, elle rejoint l'armoire d'Eiden et fouilla un instant à la recherche de quelques vêtements qui lui permettrait de rejoindre son dortoir. Elle sélectionna un jean gris étroit et une chemise cobalt qui, s'ils étaient près du corps pour Eiden, demeuraient un peu grand pour elle. Nouant le bas de la chemise afin de limiter les dégâts, elle rassembla vivement ses affaires et s'apprêtait à sortir lorsque son regard se posa sur celui, argent, de Drago. Leurs deux visages se colorèrent instantanément, lui de s'être fait prendre à la regarder se changer, elle à quitter la chambre des garçons.
— Salut, osa quand même le garçon du bout des lèvres.
— Salut.
Ils se fixèrent un moment, puis sans que Drago ne sache quoi dire, Elie reposait ses affaires convenablement pliées et son sac au pied du lit d'Eiden et vint vers lui. Quand elle ne fut qu'à quelques dizaines de centimètres, la jeune femme leva la main et caressa d'un geste doux la joue du garçon.
— Tu as l'air épuisé, pourquoi es-tu déjà levé ?
— Je … Drago tentait de reprendre le contrôle de son cœur, ses poumons et son cerveau qui avaient tous cessé de fonctionner à l'approche de la belle adolescente. Je n'avais plus sommeil.
Il était absolument hors de question qu'il lui avoue qu'il dormait très mal, que le retour du Seigneur des Ténèbres et les ambitions mangemoriennes que nourrissait son père pour lui le minait si fort qu'il ne pouvait fermer les yeux sans cauchemarder. Mais il n'eut pas besoin de le dire, car elle sembla le lire en lui comme elle le faisait souvent pour tout un chacun. Elle s'assit donc sur le bord de la couche et glissa deux petites mains sur ses omoplates avant de le serrer plus étroitement contre elle. Surpris, il sentit ses propres bras entourer d'eux même la taille fine de la jeune fille et sa tête se poser sur la sienne, son nez plongé dans ses cheveux. C'était comme si son corps ne lui obéissait plus, il relâcha son poids contre sa voisine qui ne cilla pas et un lourd soupir s'échappa de sa poitrine. Puis soudain il sentit une présence près de son esprit, apaisante, lumineuse, qui ne chercha pas à pénétrer en lui, mais qui au contraire l'attira vers elle. Il glissa doucement hors de lui-même et fut entouré de blanc, un blanc pur, infini où il sombra sans y prendre garde.
Quand il revint à lui, le soleil commençait à se lever et la lumière s'était considérablement accrue dans le dortoir. Il ignorait combien de temps il était resté perdu dans ces limbes réconfortants, mais il était certain qu'il s'était passé un moment. L'esprit encore embrumé et le regard flou, il sentit la présence apaisante se retirer et il la retint machinalement.
— Je dois y aller, les autres vont bientôt se lever et j'ai encore une douche à prendre et des affaires à préparer. Et toi aussi.
Il ne répondit pas, toujours inconscient de ce qui l'entourait, jusqu'à ce que des doigts fins et agréablement tièdes lui prennent le menton. Il plongea dans un regard couleur d'océan, ce matin d'un beau bleu vert et reprit un peu contenance.
— Drago, ça va aller ?
— Oui, oui, je vais … aller prendre une douche.
Elie lui fit un petit sourire tendre, comme on en fait aux enfants perdus et sa main s'attarda un instant sur sa joue.
— Je pense que c'est une bonne idée.
Puis elle sortit, récupérant au passage son tas de vêtements.
Drago mit encore quelques minutes à réagir, fixant sans le voir la fenêtre de plus en plus claire à mesure que les rayons du soleil pénétraient la surface du lac. Puis enfin il se leva et se porta à pas inhabituellement lourds et vacillants jusqu'à la douche. Trente minutes sous l'eau glacée furent nécessaires pour qu'il retrouve un semblant de normalité. La pierre froide de la salle de bains cessa de bouger et reprit sa couleur grise habituelle et il fut surpris par l'intensité du froid qui lui cascadait dessus. Frissonnant, mais à peu près alerte, il enroula une serviette autour de ses hanches et sortit à la recherche de vêtement. Blaise l'attendait de l'autre côté de la porte, abasourdi de le voir dans un état pareil.
— Drago ! Ça va ?
Il leva les yeux vers lui paresseusement et le reconnut malgré les brumes de son esprit qui s'estompaient doucement.
— Euh ouais.
Le bistré mit une main solide sur son épaule.
— Tu es sur ! Il le regarda plus attentivement. Merlin, tu as l'air totalement à côté de la plaque ! Et tu es complètement gelé, regarde tu trembles comme une feuille, va t'habiller bougre d'idiot !
Le blond s'abstint de lui faire remarquer que c'était lui qui le retenait à demi nu dans l'embrasure de la salle de bains et se dirigea d'une pas plus sûr vers son lit. Il retrouvait doucement équilibre et raison. S'habillant lentement, il se rendit compte que s'il avait été complètement dans les limbes peu de temps auparavant, Il allait bien mieux à présent. Il ressentait maintenant une douce chaleur au fond de ses entrailles et sa tête était délicieusement vide, seulement habitée de ce qui ressemblait à une douce lueur apaisante qui l'enveloppait dès qu'il fermait les yeux. Plus d'images angoissantes imprimées derrière ses paupières, plus d'œil rouge qui l'épiait. Pour la première fois depuis les événements de juin, il se sentait bien, sans angoisse ni crainte. Jetant son sac sur son épaule, il quitta le dortoir pour la Grande Salle, préférant attendre ses camarades là-bas.
Il n'y avait que trois serpentards installés à table, deux petites premières années et Elie qui semblait en pleine forme. Il lui fit un sourire resplendissant et s'assit à côté d'elle, si prêt que leurs jambes se touchaient du genou à la hanche. Saisissant la main de la jeune fille, il dit doucement :
— Merci pour ce matin. Je ne sais pas ce que tu as fait, mais merci, vraiment.
Il se pencha un peu plus, collant également leurs épaules. Elienor sourit simplement et reprit son déjeuner. Elle avait changé de pantalon, mais portait toujours la chemise d'Eiden nouée en bas, la couleur faisait remarquablement ressortir ses yeux et sa blondeur dorée. Drago laissa sans s'en rendre compte son regard glisser sur elle de très longues secondes, avant de se reprendre et d'entamer son repas. Elle ne rompit pas le contact, ni de ses jambes ni de ses épaules, ce qui fit encore grimper en flèche l'humeur du garçon.
Drago ressentit toute la journée la douce quiétude que lui avait offerte Elie et rien ne put l'atteindre, pas même les embrassades plutôt câlines qu'elle échangea avec Londubat et l'un des jumeaux Weasley. Ni même l'abject crapaud rose qui refusait de leur enseigner quoi que ce soit. Il traversa la journée avec béatitude et bonne humeur, tant et si bien que cela alerta ces compagnons qui lui demandèrent s'il n'avait pas fait appel à une solution ''chimique'' à son caractère de cochon.
Hélas, cela ne dura pas, cet état de grâce s'amenuisa peu à peu au fil de la journée pour complètement disparaître le lendemain, mais la lueur rassurante, elle, restât un moment derrière ses paupières, chassant les images sombres de sa tête et de son sommeil.
Quelques jours plus tard, les cauchemars revenaient, inlassables. Et Drago qui avait profité de quelques nuits de répit recommença à se sentir mal. Il préférait donc veiller le plus tard possible, repoussant les limites de son sommeil jusqu'à ce qu'il n'en tombe de fatigue et ne s'écroule sur son lit. Cela éloignait parfois les mauvais rêves.
Ce soir là, alors que les autres étaient déjà montés se coucher, Drago travaillait toujours dans un coin de la salle commune. Presque tous les serpentards étaient montés également et ils n'étaient plus qu'une poignée à profiter de la quiétude de la nuit sous le lac. Dans le presque silence, le garçon ne put manquer le doux chuintement de l'ouverture du portrait. Il n'eut pas besoin de se retourner pour savoir de qui il s'agissait, il n'y avait que peu de personnes qui déambulaient ainsi dans le château, faisant totalement fit de l'heure et du jour.
— Encore debout Drago, fit doucement remarquer Eiden en s'asseyant silencieusement face à lui.
— Oui, je n'ai pas vraiment sommeil.
Sa voix était parfaitement calme et maîtrisée, mais Eiden en connaissait long sur la souffrance morale. Il ne répondit pas, soupira et monta dans le dortoir.
Drago était perplexe, pourquoi le brun l'avait-il abandonné ainsi ? Il n'ignorait pas que ces relations avec Eiden avaient été un peu tendues les premiers jours, mais cela c'était beaucoup amélioré depuis et les deux jeunes gens étaient à présent indubitablement ami. Ou du moins, c'est ce que Drago avait cru. Sa mine s'assombrit, il était peut-être le connard que tout le monde pensait finalement. Mais un léger froissement d'étoffe le sortit de ses sombres pensées et Eiden vint se rasoir à la place qu'il occupait précédemment. Drago leva un sourcil interrogatif en direction du fils Rogue, mais celui-ci, pour toute réponse, déposa sur la table devant le blond une petite fiole de cristal ouvragée. Voyant que son voisin restait silencieux, Drago se saisit de la fiole et l'inspecta.
Le verre gravé était froid sous sa peau et le liquide qu'il contenait d'un vert assez clair, un peu comme de l'absinthe mais plus vif encore. Même à travers la fiole, le jeune Malfoy pouvait voir l'aspect un peu vaporeux qu'il avait et le discret éclat d'argent que le liquide prenait lorsqu'on l'agitait, conséquence de l'usage de la Rosée de Lune. Il n'avait jamais vu une telle potion. Ouvrant doucement le bouchon de cristal, il huma la senteur mentholée et fraîche, mais cela ne lui rappela rien.
— C'est une mixture que l'on appelle le Gardien vert, elle est principalement utilisée contre les ''mauvais trips'' liés à la drogue et aux substances hallucinogènes,
— Tu penses que je me drogue ? s'exclama, stupéfait et un peu outré le blond.
Eiden eut un sourire amusé, un de ceux qui le caractérisaient, un peu en coin, un peu moqueur.
— Je n'ai jamais dit cela. J'ai dit qu'elle était principalement utilisée par les drogués. Principalement étant le mot clef. En réalité, elle fonctionne plutôt bien contre les cauchemars et cette version, améliorée, est encore plus efficace.
Drago continuait de le regarder d'un air méfiant, la fiole toujours en mains, mais les yeux fixés sur Eiden.
— Ce n'est pas moi qui l'ai faite, rassure-toi, se moqua légèrement le jeune homme.
L'autre lui jeta un regard cynique, retenant visiblement ses sarcasmes.
— En vérité, c'est Elie qui la brassée et modifiée. Elle est plus adaptée à mon organisme je suppose mais il n'y a pas de danger à ce que tu l'utilises également. N'hésite pas à parler de l'effet qu'elle a sur toi avec Enor, qu'elle puisse ajuster la formule.
— Je …
Il voulait dire qu'il se trompait et qu'il n'avait pas de cauchemars, que sa potion ne lui servirait à rien, mais deux choses l'en empêchèrent : d'abord Eiden l'avait percé à jour, il était inutile de mentir d'autant qu'il semblait avoir bien cerné sa personnalité et son petit ego mais également car il était vraiment désespéré à propos de cela et prêt à accepter n'importe quoi, surtout si cela ce révélait aussi efficace que ce que lui avait fait Elie quelques jours auparavant.
— Je … ok merci.
— Pas plus d'une goutte à chaque prise, lui intima Eiden. Directement sur la langue et essaye de ne l'utiliser que lors des crises les plus importantes. Il est facile d'y développer une forte accoutumance et Elie ne me pardonnerait pas de t'avoir rendu drogué.
Une intense chaleur se développa dans les entrailles du blond à ces derniers mots, bien qu'ils n'aient certainement pas le même sens pour le fils de Severus. Mais au point où il en était, tout réconfort était bon à prendre. Cela lui rappela cependant la chaleur transmise quelques jours plus tôt par la petite blonde.
— Quand vous avez dormi ensemble, la dernière fois, j'étais réveillé quand Elie s'apprêtait à partir et assez … tourmenté par mes cauchemars … elle est venu sur mon lit et elle m'a fait … je ne sais pas se qu'elle a fait, mais j'ai eu l'impression d'être tiré de mon corps au sien, sauf que tout était blanc et pur, reposant et lumineux … cela m'a beaucoup aidé, même si j'ignore ce qu'il en ait.
Eiden s'enfonça un peu plus dans le canapé, croisant avec élégance ces longues jambes.
— Enor est empathe, elle tient cela de notre mère. Elle est particulièrement sensible aux émotions des autres et peut agir dessus, dans une certaine mesure. Je suppose qu'elle t'a pris un moment en elle pour soigner ton âme et ton esprit, t'offrir un moment de paix total, coupé de tout.
— Comment peut-elle créer un tel espace dans sa tête ?
— Elle est vraiment douée en occlumancie et son esprit est particulier, du fait de ses dons. Elle peut sans mal faire le vide et générer cette espace neutre.
C'était une expérience très intime que d'inviter une personne à l'intérieur de soi, si c'était ce qu'elle avait fait, Drago ne pouvait lui en être que plus reconnaissant encore.
— N'est-elle pas avec toi d'ailleurs ? interrogea le jeune homme pâle. Pansy m'a dit qu'elle n'était pas au dortoir.
— Contrairement à ce que vous semblez penser, Elie et moi faisons des choses l'un sans l'autre, fit le brun avec un rictus moqueur.
Il s'étira élégamment et lui adressa un nouveau sourire impertinent :
— Mais tu sembles fort préoccupé par son sort.
— Elle semble avoir connu des moments difficiles il y a encore peu. C'est mon amie il est normal que je m'inquiète, se justifia l'autre garçon.
Eiden se rembrunit aussitôt et Drago sentit une magie oppressante l'entourer. Il s'empressa donc de continuer.
— Je n'ai rien dit aux autres de ce que j'ai constaté cet été à la boutique, fit-il doucement pour ne pas accroître la colère du brun.
— Je sais.
— Mais puis-je au moins savoir si mon hypothèse est vraie ?
L'autre le jugea un moment du regard, de toute façon il était déjà au courant et il avait gardé le silence jusque là …
— Si ton hypothèse est qu'elle a été torturée, alors elle est juste, déclara Eiden d'un air polaire.
— C'est à cause de son sang, n'est-ce pas ?
Le fils de Severus lui jeta un regard acéré, mais garda le silence.
— Écoute Eid je ne suis pas un idiot, soupira Drago en repoussant un peu ses affaires plus loin, je l'ai deviné tout de suite, ainsi que Blaise, et les autres doivent s'en douter aussi.
Eiden garda le silence, que dire de toute façon ? Leur métissage était bien trop visible, inutile de réfuter.
— C'est les mangemorts qui ont fait cela, n'est-ce pas ?
Eiden fut surpris que le blond en parle ainsi sans détour et avec une telle hargne dans la voix. N'était-il pas censé encenser ce genre de comportement ?
— Il semblerait, déclara simplement le brun, attendant de saisir les attentions de son vis-à-vis.
Drago sembla comprendre le silence de son ami et soupira à nouveau :
— Ce n'est pas par ce que mon père est un mangemort et que j'ai une certaine attitude déplorable en public que je partage ces idéaux. Je dois jouer le parfait petit aspirant pour tromper mon père et ses ''collègues'', mais jamais je ne serais au service de ce serpent albinos. Je ne serais jamais un esclave, même si mon père se complaît à baiser le sol que cette enflure foule.
Eiden voulut répondre, mais c'est à ce moment qu'entra Elie, les joues rougies et les vêtements malmené par le vent. Ces yeux avaient ce soir une couleur grise-violette particulière et elle semblait d'excellente humeur. Alors qu'elle les rejoignait et s'installait dans un des fauteuils le sourire aux lèvres, une odeur de forêt et de grand air vint aux narines du blond.
— Ta chasse s'est bien passée ? demanda moqueusement son frère.
La jeune fille sourit, mais prit le temps d'ôter le large pull en laine qu'elle portait avant de répondre :
— Bien, mais malheureusement Luna n'a pas trouvé de pickset.
— Les picksets n'existent pas, fit tout bas Drago, comme pour lui-même.
Le sourire d'Elie s'élargit :
— Non, mais ce n'est pas ce qui est important.
Elle replaça derrière son oreille une des longues mèches échappées de sa natte malmenée par le vent et Drago ne sut quoi dire : les jumeaux étaient parfois dès plus étranges.
— Tu sens le fauve, déclara Eiden à sa sœur en plissant le nez.
Elle ne répondit pas, mais adressa un rictus malicieux à son frère. Elie était animagus, depuis de nombreuses années, aidée par sa génétique et les leçons du clan. Mais elle n'avait qu'une seule forme pour le moment, malgré son héritage, celui d'un fauve fin et long, un peu semblable à une panthère. Elle en usait souvent pour marauder dans le parc et la forêt. Cela amusait beaucoup Eiden qui comparai ce comportement à celui de James et ses amis lorsqu'ils étaient eux même étudiants. Ignorant superbement son frère elle se lova un peu plus confortablement dans le fauteuil, les yeux fixés sur les flammes vertes de la cheminée. Puis son regard se posa à nouveau sur Drago qui avait repris son travail, tenant aussi loin qu'il le pouvait le sommeil qui l'embrumait. Se redressant un instant, le blond tomba sur le regard d'Elie qui l'emprisonna quelques secondes. Comme le matin où il l'avait surpris, ce fut comme si elle voyait tout de lui, comme s'il ne pouvait rien lui cacher.
— Eid t'a donné de la potion ?
— Oui.
— Très bien, prends-en lorsque tu es à bout, mais fais attention tout de même, d'accord ?
Les yeux perdus dans ceux de la jeune fille, il acquiesça.
— Va te coucher Drago, continua-t-elle d'une voix douce, tu as l'air épuisé.
— Non je … je préfère finir cela.
Elle lui fit un sourire triste et il fuit son regard, le rivant sur son parchemin qui n'avait guère avancé. Il la sentit alors se lever et elle vint s'asseoir près de lui, sur le canapé de cuir. Sans un mot elle lui fit poser sa plume et le força gentiment à s'allonger, la tête du garçon sur ses cuisses. Un peu perturbé, Drago tentait de reprendre ses esprits, appréciant néanmoins la tournure qu'avaient prise les choses. Il sursauta quand les mains d'Elie se mirent à caresser ses cheveux, sans un mot, mais il expira bientôt profondément, se détendant complètement sous le doux contact. Une vague de calme l'envahit, accompagné derrière ses paupières de la lueur blanche caractéristique. Il se sentit immédiatement mieux, même si un peu de noir perdurait aux frontières de son esprit. Sans qu'il s'en rende compte, il sombra dans le sommeil.
Lorsque Drago s'éveilla le lendemain, il était allongé dans son lit, sous les couvertures et Blaise venait de lui secouer l'épaule :
— Il faut que tu te lèves, Dray, on a potions dans une heure.
Il hocha la tête et poussa ses draps sur le côté, constatant dans le même temps qu'il était seulement vêtu de son caleçon. Étrange, il ne se rappelait que des mains d'Elienor sur lui et de la sérénité qui l'avait envahi. Eiden capta de toute évidence sa confusion, car il s'approcha, encore torse nu et expliqua tout bas au blond :
— Elie t'a aidée pour tes cauchemars et tu t'es endormi dans la salle commune, alors je t'ai ramené ici et je t'ai couché.
— Merci, souffla Drago.
— De rien, c'est normal, répondit le jeune home en haussant les épaules, puis il désigna la table de chevet, tes affaires sont là.
Il se détourna pour terminer de s'habiller, et, prit d'un élan inconnu, il ouvrit le tiroir du petit meuble. Dedans il y trouva la petite fiole de la veille et une autre, d'une belle couleur lavande gardée dans un même contenant sculpté. Dessous il y avait quelques mots, tracés sur un morceau de parchemin : trois gouttes sur le sternum chaque soir, rien que des plantes, pas d'accoutumance. L'écriture était étrange, les barres des ''q'' et des ''p'' semblaient soufflées par un vent imaginaire. Il n'avait jamais vu une telle calligraphie, mais il ne doutait pourtant pas de son auteur. Se dépêchant de se préparer, il l'intercepta dans la salle commune. Prenant la concernée par le bras, il la fit se tourner vers lui.
— Merci, encore une fois, murmura le garçon, et pour la potion aussi, pour les potions en faîte.
— Pas de problème, sourit Elie.
Ils remontèrent ensemble à la Grande Salle, mais se séparèrent à l'entrée, car la jeune fille avait promis à Luna de petit-déjeuner en sa compagnie. Du coin de l'œil, Drago la suivit du regard et grimaça quand les deux blondes furent rejointes par Neville. Le beau visage du serpentard se fendit d'une grimace, mais il reprit vite une expression plus neutre alors que ses amis s'asseyaient autour de lui.
— Vous croyez qu'El en pince pour Londubat ? chuchota Pansy, surexcitée en les voyant au loin.
— Quoi ?! s'exclama sans pouvoir sans empêcher Drago.
— Je ne pense pas, intervint calmement Blaise, ils ont plutôt l'air d'avoir une relation fraternelle.
À ces paroles le blond respira un peu plus facilement, mais c'était sans compter la suite.
— En revanche avec George Weasley, rien n'est moins sûr, ils sont très … proches tous les deux, continua le basané avec un sourire un brin moqueur pour son meilleur ami.
— Sans oublier Aton, déclara Théo qui sirotait son thé.
— Qui est Aton ? demanda Pansy, visiblement avide de ragots.
— Aton Menes, septième année, serdaigle, très beau spécimen, très populaire auprès de la gente féminine de Poudlard, répondit le ténébreux en désignant un jeune homme à la peau ambré, aux cheveux noirs et aux yeux d'or.
Le jeune bleu et bronze était indiscutablement beau, bien fait de sa personne, possédant un charme oriental hérité de ses origines égyptiennes et un esprit vif. Il attirait nombres de filles de l'école. Drago ressentit une vive jalousie en le voyant qui s'accrut encore lorsque le serdaigle se pencha tout près d'Elie pour parler à l'oreille.
— Oh je vois ! fit Pansy joyeusement, scrutant la scène. Qu'en penses-tu Eiden ? Tu sais quelque chose ?
Le brun haussa les épaules nonchalamment, n'ayant pas l'air de se soucier le moins du monde de l'excitation de sa voisine.
— Enor fait ce qu'elle veut, cela ne me regarde pas.
— Oh arrête Eid, rit la jeune fille, tu es immensément possessif et protecteur avec elle, ne me fait pas croire que tu ne sais rien.
— Je ne veux pas me mêler des histoires de cœur d'Elie, répliqua le garçon qui ne réfuta pas les accusations de son amie.
— Veux-tu nous parler des tiennes dans ce cas ? susurra la brune d'un air charmeur, se rapprochant du brun avec un air de prédateur.
— Cesse cela, Pansy ! grogna le jeune homme d'une voix froide qui fit de nouveau rire l'autre.
— De toute façon, ce n'est pas de toi qu'il s'agit aujourd'hui, même si je finirai par découvrir ce qu'il en est un jour, assura Pansy en riant toujours. Alors, entre Neville, George et Aton, tu parierais sur lequel Blaise ?
— Moi je pencherai sur Aton, mais il y en a sans doute d'autres auquel tu n'as pas pensé. Elie est tout à fait charmante.
— Peut-être … des idées ?
— Pourrait-on passer au moins un déjeuner sans racontars et cancans, protesta Drago que la conversation irritait au plus haut point.
Les autres se retournèrent vers lui d'un air surpris, ne comprenant pas son changement d'humeur. Il soupira et fit un geste de la main apaisant avant de prendre une tasse de thé.
— Désolée, je suis un peu fatigué, dit-il pour s'excuser.
Pansy lui jeta un regard perçant, mais aucun de ses amis ne releva, se contentant de changer de sujet.
Le moment venu, ils se dirigèrent tous vers les cachots pour assister à leur premier cours de la journée. La plupart des gryffondors étaient déjà là et saluèrent les jumeaux à leur arrivée, ceux-ci abandonnèrent un moment leurs camarades serpentards pour prendre des nouvelles de leurs amis. Le petit éclat d'Elie avait considérablement rapproché les enfants Rogue des rouges et ors, leur part gryffondoresque de caractère faisant le reste. Alors quand la porte s'ouvrit, c'est sur son fils et sa fille riant de bon cœur avec leurs ennemis naturels que Severus tomba. Mais loin de se départirent de sa froideur habituelle, le potionniste lança :
— Messieurs et Miss, je vous conseille fortement de vous calmer avant d'entrer en classe si vous ne voulez pas que je teste la potion du jour sur vous.
Clairement peu emballés par cette idée, tous se turent et entrèrent le plus silencieusement possible dans la classe, mais avant qu'ils n'aient pu s'asseoir, le professeur les divisa en groupe de quatre, mélangeant les maisons, avant de les inviter à s'installer autour des tables, rendues rondes et agrandies pour l'occasion.
— Les buses approchent et il m'a semblé utile que nous fassions aujourd'hui un travail un peu différent de l'accoutumé. Vous avez trois heures pour élaborer et brasser le philtre de paix le plus correct possible. Nous avons déjà réalisé ensemble cette potion, c'est pourquoi vous n'aurez que la liste et la procédure incomplètes de cette réalisation. Je vous encourage fortement à mettre vos connaissances en commun et même, dans la mesure du possible, à l'améliorer. Vous avez accès à tout ce qui se trouve dans la réserve, ainsi qu'à tous les ouvrages qui vous seront nécessaires. Monsieur Goyle, ôtez ce sourire stupide de votre visage, j'ai bien entendu retiré tous les livres qui pourraient vous donner la composition exacte de cette potion.
Il se détourna dans une envolée de cape et inscrivit quelques lignes au tableau. Eiden, qui faisait équipe avec Blaise, Ron et Neville, grimaça, cela n'allait pas du tout être simple. Du coin de l'œil, il vit Elie, Hermione, Pansy et Artémisia se pencher les unes vers les autres avec des airs de conspiratrices. Il soupira, nul doute qu'elles n'auraient aucune difficulté à réussir l'exercice. Soufflant douloureusement il se tourna vers ses coéquipiers :
— Alors, comment procède-t-on ?
— On pourrait déjà tenter de retrouver la procédure ? À quatre mémoires, on devrait y arriver, proposa Blaise.
— Ouai, faisons donc cela, grommela Ron qui sortit un parchemin et quelques plumes.
En effet, à quatre et même si deux d'entres eux étaient particulièrement désastreux en potion, ils parvinrent à retrouver toutes les étapes. Ils s'attelèrent donc ensuite à la réalisation de la mixture, qui, si elle n'était pas parfaite, semblait à peu près faire l'affaire. Laissant les deux gryffondors préparer les ingrédients, Blaise et Eiden fouillaient leurs notes et quelques ouvrages, tentant de trouver des indices ou des ingrédients pour améliorer leur travail. Les deux amis échangeaient parfois quelques paroles, pointant des passages qui leur semblaient intéressants. À force de recherche, ils finirent par trouver qu'en modifiant un peu la procédure habituelle, on pouvait atténuer certains effets secondaires.
— Il faudrait qu'avant de mettre la poudre de bicorne, on verse quatre queues de salamandres Ron, cela atténuerait la trop grande apathie que l'on observe chez certains sujets.
Le jeune garçon roux hocha la tête et retint son geste, obéissant à Eiden qui versa d'abord l'ingrédient conseillé par l'un des vieux manuscrits. La potion se mit à siffler et à virer du bleu au vert, mais ne fit pas mine d'exploser ou de trouer le chaudron, ce qui était déjà une bonne chose. Ron jeta ensuite la poudre dans la préparation et celle-ci prit la couleur attendue pour cette étape.
— Cool ! Cela semble avoir fonctionné ou du moins cela rien n'a empiré et l'aspect est bon.
Eiden lui rendit son sourire et soupira mentalement, au moins il ne s'était pas trompé.
À la table des filles, l'ambiance, si elle restait studieuse, était bien plus détendue. Une nouvelle fois Elienor avait proposé d'user de technique d'alchimie et transmutait quelques ingrédients dans un petit chaudron annexe en compagnie d'Hermione qui ne cachait pas son excitation, tandis que les deux autres surveillaient l'avancement de leur mixture. Quand tout fut prêt, le contenu du petit chaudron vint rejoindre l'autre et bientôt des vapeurs argentés s'en échappèrent, preuve de la réussite de la potion. Les filles étaient enthousiastes, elles s'amusaient bien et Elie était enchantée de voir qu'Hermione et Pansy s'entendaient à merveille, partageant en réalité nombre de points communs. L'idée de son père était plaisante et leur faire ainsi travailler la mémoire et l'invention à quelques mois des Buses pouvait se révéler décisif.
À la fin des trois heures, chacun des groupes dû rendre une fiole de sa préparation et Severus leur donna pour devoir d'écrire tentes centimètres de parchemin ensemble sur les moyens d'améliorer un philtre de paix, expliquant leur choix et ses conséquences. Débarrassant leur espace de travail, Ron laissa aux soins d'Eiden de verser un peu de leur potion dans un flacon qu'il étiqueta d'un sort. Puis le brun, emportant avec lui la liste des composants qu'ils avaient utilisés, prit leur échantillon pour l'apporter sur le bureau de son père. Celui-ci entreposait déjà les autres sur une étagère, prêt à être analysés et notés. Il fit cependant un minuscule sourire à Eiden quand il se présenta devant lui et observa un instant sa mixture, secouant légèrement la préparation.
— Avez-vous utilisé des queues de salamandre ? interrogea le potionniste.
— Oui et de la feuille de Vivlet.
Le sourire de Severus s'agrandit.
— C'est une très bonne idée. Se penchant au-dessus du bureau pour attraper la fiole il murmura à l'oreille de son fils. Je suis très fier de tes progrès Eid.
Le garçon rougit un peu et sourit avant de disparaître sous le regard tendre de son père, qui le masqua cependant très vite pour grogner à l'intention d'un autre élève.
— Donnez-moi donc cela, que je juge si ceci sera une aussi grande déception qu'à l'ordinaire.
L'élève s'enfuit littéralement sous le regard polaire de son terrifiant professeur.
