Chapitre 6 : Chouette, lettres et petits présents
Le petit-déjeuner du lendemain vit les interrogations des deux bruns trouver quelques réponses. À l'heure du courrier un magnifique hibou grand-duc, blanc comme neige, vint déposer devant Elie un petit paquet emballé dans un papier coûteux du plus bel effet. L'animal atterrit avec grâce, laissa la jeune femme le débarrasser de sa charge puis s'envola sans attendre de réponse. Impassible, l'adolescente défit l'emballage soigneusement, comme elle l'avait fait à son anniversaire l'été précédent et découvrit un magnifique coffret de bois de rose, sertie de nacre couleur d'aube et d'un fermoir ouvragé. À l'intérieur, il y avait une magnifique fleur de nénuphar, encore perlée de rosée, au cœur d'or et de rose qui s'épanouissait vers le blanc le plus pur. Elle reposait, magnifique et solitaire, sur la soie d'un bleu vert tendre qui garnissait l'intérieur du coffret. Elie caressa d'un doigt léger l'un des pétales et sourit doucement. C'était un des spécimens magiques plutôt rares et la réplique de ceux qui se trouvaient sur sa baguette, mais c'était surtout le cadeau rituel lorsque l'on voulait séduire une femme d'un clan : lui offrir une fleur fraîche.
— C'est une belle fleur, remarqua Eiden qui souriait lui aussi.
— N'est-ce pas ? fit doucement sa sœur en suivant la courbe d'un pétale du doigt.
De l'autre côté de la table, extérieurement tranquille et serein, Drago était en réalité inquiet de connaître la réception de son cadeau. À la mise en couple de Blaise et Eiden, il s'était finalement résolu à prendre les choses en main et à agir pour faire évoluer sa relation avec la jolie blonde. Il avait demandé conseil à son ami basané, tout enfoncé dans la guimauve et les bons sentiments à ce moment. « Les métis et surtout ceux aussi visibles qu'Elie sont en général plutôt méfiant à l'égard des sorciers qui veulent les séduire. Il y a malheureusement, trop de cas où c'était seulement intéressé et même si ce n'est pas le cas, les couples mixtes sont parfois compliqués, les deux mentalités s'opposant sur bien des points. Tu dois donc prouver à Elie que tu es conscient de cela et prêt à faire des efforts que les choses fonctionnent entre vous. » Avait expliqué Blaise. Il lui avait ensuite conseillé de respecter les usages des clans, ce qui serait une belle preuve de respect et de reconnaissance de sa nature, ce que Drago avait fait avec plaisir, se renseignant sur tout ce qui serait bon à prendre. Il avait donc découvert cette tradition de la fleur fraîche, que le prétendant offrait à sa belle pour montrer son attachement. Il avait ensuite jusqu'à ce qu'elle fane pour faire sa cour et séduire la jeune fille.
Elie avait ensuite rangé précieusement le coffret dans son sac et avait entamé une vive discussion avec Pansy, tout émoustillée par ce présent.
Le lendemain, c'est à la midi que son cadeau lui fut offert, un assortiment de chocolat d'une grande marque suisse l'attendait à sa place, enrubanné de blanc. Généreuse, Elie en fit partager ses amis, notamment Eiden et Théo qui raffolaient de telles choses. Les serpentards passèrent un excellent désert, profitant avec gourmandises de ces petites merveilles chocolatées. Les présents se succédèrent ainsi pendant plusieurs jours, attirant les gloussements des filles qui s'étaient aperçues de ce petit manège.
Puis vint finalement le soir de la première réunion et le groupe d'amis se dirigea vers le septième étage et pénétra dans la salle sur demande une fois qu'Eiden l'ait invoqué. Ils commencèrent tout de suite à mettre en place l'espace, sous les directives du fils de Severus et ils attendirent, confortablement installé sur les coussins, que les autres arrivent. Les premiers, arrivant avant l'heure prévue, furent Neville, Ginny, Ron et Hermione qui prirent connaissance avec plaisir, pour les trois premiers de leur futur lieu de rassemblement ;
— C'est vraiment fantastique, souffla Ginny, les yeux brillants.
— Oui, hein, sourit Eiden.
Les quatre gryffondors virent ensuite s'installer avec eux, se mêlant par affinité, la rousse rejoignant Hermione auprès de Pansy. Les autres s'asseyant près de Blaise et Eiden.
Les suivants furent les jumeaux Weasley et Lee qui prirent Elie en otage pour lui parler d'une nouvelle idée. Ils s'éloignèrent un peu et des éclats de rire se firent bientôt entendre.
— On te porte un intérêt tout particulier il me semble en ce moment, glissa George à l'abri des oreilles indiscrètes.
— Il semblerait, oui, sourit la jeune fille, ce que le rouquin ne manqua pas.
— Aurais-tu changé d'avis ? interrogea, coquin, le garçon.
— Peut-être, concéda Elie, en tout cas il fait des efforts et met tout en œuvre pour.
— La question est, est-ce que ça fonctionne ?
La bouche de l'adolescente se tordit un peu et elle souffla :
— Oui, ça fonctionne.
— À la bonne heure, s'exclama son vis-à-vis. Je suis content pour toi.
Elie fut dispensée de répondre par l'entrée d'Agathe, la petite gryffondor de deuxième année qu'elle avait invitée. La jeune élève, mal à l'aise, se tenait encore dans l'embrassure quand Elie l'invita à s'approcher.
— George, tu connais peut-être Agathe, elle est en deuxième année chez toi ?
Le jeune homme hocha la tête et serra la main de la jeune fille joyeusement. Elie avait fait la connaissance de la petite gryffondor récemment, elle était une jeune métisse elfe dont les gènes étaient brusquement sortis, dans une famille de sorciers. Elle ne comprenait pas trop ce qui lui tombait dessus et ses pouvoirs se manifestaient de plus en plus maintenant qu'elle était à Poudlard. Elie lui avait proposé aide et conseil et les deux filles s'étaient doucement rapprochées. La blonde invita la plus jeune à s'asseoir près des jumeaux alors qu'elle-même rejoignait son frère. Les participants arriveraient au compte-gouttes et s'ils se montraient surpris de la présence de Blaise, Théo, Pansy et Drago, pour le moment, personne ne dit rien. Andrew finit par arriver lui aussi, amenant avec lui sa meilleure amie, Amanda, une vélane aux cheveux roux écureuil et aux pétillants yeux noisette. Zacharias Smith et les poufsouffles furent les derniers à arriver et Eiden sentit à son regard furibond que tout ne se déroulerait finalement pas dans le calme.
— Que font-ils ici ? éructa-t-il, en pointant du doigt leurs quatre amis vert et argent.
— La même chose que toi, répondit tranquillement Eiden, ils viennent s'entraîner.
— Ce sont des serpentards et des mangemorts !
— La famille de Blaise n'à jamais été affilié au Mangemort, son père à œuvrer à la capture des hommes du Seigneur des ténèbres. Quant à nous, le département de la justice à statué sur l'innocence de nos parents en 81, énonça platement Drago, pas le moins du monde ému par ce bonhomme rougissant et mugissant.
Zacharias voulut répondre, mais Susan Bones le coupa, excédé :
— Stop Zacharias, on ne va pas recommencer. Tu nous as déjà fait ta petite crise à Pré-au-lard.
— Mais comment peux-tu leur faire confiance ?
— Pour le moment, je ne le fais pas, rétorqua la rousse, mais manifestement Eiden et les autres le font alors comme j'ai confiance en eux, cela me suffit.
L'autre voulu enchaîné, mais une série de regards noirs l'en empêcha et il dû garder le silence. Le fils Rogue put donc accueillir tout le monde et expliquer ce qu'il devait dans le calme. Ils passèrent ensuite un moment à choisir un nom et ils adoptèrent finalement celui de l'Armée de Dumbledore. Et même si Eiden ne goûtait guère à la mention du vieux fou, il reconnaissait que c'était un parfait pied de nez à Ombrage. Puis, désireux de se faire une idée du niveau général, il répartit les élèves par deux et leur fit exécuter une série de maléfices, passant entre les rangs en compagnie d'Elie pour juger des compétences de chacun et de la direction à prendre. Il fut assez déçu de constater que la plupart n'avaient pas de grande compétence en la matière et qu'un simple sortilège de désarmement ne posait apparemment pas mal de problème.
— Ton geste n'est pas bon, Colin, tu dois d'abord monter puis tourner.
Le petit blond lui fit un sourire surexcité et s'exécuta, ne parvenant qu'à faire dresser les cheveux sur la tête de son frère. Mais pas dépité pour deux sous, il persévéra pendant un moment, jetant quantité de sorts enthousiastes et inefficaces.
— Cela va être plus compliqué que prévu, glissa à voix basse Eiden à sa sœur qui pouffait en regardant l'aîné Crivey.
— Il va sûrement falloir revoir tes attentes, Eid, mais ne baisse pas déjà les bras. Je vois beaucoup de bonne volonté et ce n'est que le premier jour. Tout le monde ne peut pas avoir ton potentiel.
D'un geste très mature, le garçon lui tira la langue et s'éloigna pour conseiller Cho et son ami. La chinoise, rougissait et battait des cils comme une idiote près de lui, mais il n'y prêta pas la moindre attention. Son béguin pour la jeune fille avait complètement disparu et il était tout à fait satisfait de sa relation avec Blaise. La ridicule séduction dont elle faisait preuve à son égard n'avait pas le moindre effet et il adressa même un sourire charmeur à son petit ami par-dessus l'épaule de la jeune femme, puis la quitta pour le rejoindre. Blaise passa un bras possessif autour de sa taille, souriant malgré tout ne l'enlaçant.
— Elle semble t'apprécier, fit simplement le basané.
— Elle ne fait vraiment pas le poids.
Eiden embrassa doucement son homme sur la tempe et continua :
— Tu n'as vraiment pas à t'en faire, tu le sais, n'est-ce pas ?
— Oui, souffla l'autre dans le creux de son cou, causant un émoi important dans le bas-ventre du brun.
— J'aimerais tant te le prouver, murmura-t-il, mais ce n'est ni le moment ni l'endroit. Alors, remettons cela à ce soir …
Il s'éloigna avec un regard plein de promesses, sous l'œil moqueur de Drago.
— Depuis quand es-tu devenu si pitoyablement accro ? ricana le blond, il te fait quelques serments et voilà que tu fonds complètement.
Le bistré haussa un sourcil :
— Ce n'est pas moi qu'il lui fait une cour digne du dix-septième et me confond en fleur et cadeaux.
— Je fais ce que tu m'as recommandé, je te signale, rétorqua son ami en levant sa baguette. Et un Malfoy se doit de toujours suivre l'étiquette.
Après plus d'une heure et demie de sort en tout genre, Eiden les arrêta et leur donna rendez-vous deux semaines plus tard, après avoir vérifié l'emploi du temps de chaque équipe de quidditch. Le match Gryffondor/Serpentard ayant lieu la semaine suivante, le garçon préférait ne pas poser de réunion à ce moment.
— Eh bien cela ne s'est pas trop mal passé, déclara Ron une fois que les autres furent partis.
— Ouai, répondit Eiden en rangeant les coussins d'un coup de baguette.
— Quel est le problème ? interrogea Hermione qui avait bien senti le ton lourd de son ami serpentard.
Elie serra brièvement l'épaule de son frère et répondit :
— Il ne pensait pas que le niveau serait aussi moyen, en vérité, à part quelques-uns dans vous tous et les amis d'Assar et Anton, la plupart ne connaissent pas beaucoup de sorts et sont assez médiocres en défense.
— On n'a pas vraiment eu, un programme suivit, les profs sautaient chaque année, grimaça Pansy.
Les autres opinèrent et Théo continua, pensif :
— En vérité le seul qui tenait la route c'était le professeur Lupin, ceux d'avant étaient totalement nuls et à côté de la plaque et celui d'après un fou psychopathe et paranoïaque.
Les gryffondors le regardèrent de travers.
— Quoi ? fit le brun. Par ce que je suis chez les serpents je n'ai pas le droit de dire que ces cours étaient bien ?
— Tu ne l'as jamais vraiment montré, rétorqua Neville.
L'autre souffla, mais ne répondit pas. Il n'allait pas prendre position pour un loup-garou rouge et or, son père l'aurait étranglé.
— Il est plus de neuf heures, intervint Ron, le couvre-feu est passé et je n'ai pas vraiment envie de me faire attraper par Rusard.
Ils quittèrent donc la salle et se séparèrent, regagnant leur dortoir respectif. Arrivée aux cachots, les six amis se laissèrent tomber dans les canapés et fauteuils près de la cheminée et s'installèrent, certains avec leurs devoirs, d'autres simplement pour discuter. La soirée passa ainsi doucement, à la lumière du feu.
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— Vous vouliez me voir Albus ?
— Ah Severus ! Oui, asseyez-vous.
Le potionniste obéit et s'installa en face du directeur, séparé de lui par le grand bureau. Le vieil homme le contempla un moment, les yeux étincelant d'intelligence derrière ses lunettes en demi-lune puis, finalement, il demanda :
— Comment cela-ce passe avec vos enfants, Severus ?
L'autre s'installa plus confortablement puis répondit simplement :
— Bien, Monsieur le Directeur.
Le vieillard le regarda à nouveau de ses yeux perçants.
— Mademoiselle Chambord est venue, il y a quelques jours …
L'homme aux cheveux de jais soupira discrètement, il détestait quand le vieux fou agissait ainsi.
— Rose est venue en effet et elle est repartie, seule, chez elle, en France.
— Je n'ai jamais douté de cet état de fait, mais quand revient-elle ?
— Je l'ignore, la situation est un peu compliquée, on ignore si l'agresseur d'Elie la recherche encore. Et vu que l'on sait à présent qu'il est un mangemort, il est vital qu'il ne la retrouve pas. Rose essaye d'agir le plus discrètement possible, mais il y a toujours des risques.
— En effet, souffla le Directeur, il est cependant cruel pour Elienor et elle d'être ainsi loin l'une de l'autre, surtout après ce que votre fille à vécue.
— Me suggériez-vous de la renvoyez en France ? demanda un peu violemment, le professeur de potions, sentant la colère monter.
Albus eut un petit geste apaisant et répliqua :
— Bien sûr que non, je pensais seulement à une façon de faire plus confortable. Bien qu'il ne m'en vienne pas la moindre à l'idée. Je me pencherai là-dessus.
— J'ai invité Rose à venir à Noël chez nous.
Le vieil homme acquiesça.
— C'est une bonne chose, pour vous également. Elle peut vous en apprendre beaucoup sur votre fille. Et puis, d'une certaine façon, Mademoiselle Chambord fait également partie de votre famille à présent.
— J'en suis conscient, opina l'autre. C'est une personne agréable et charmante, elle n'est pas ce que l'on pourrait appeler un fardeau. C'est un plaisir de l'accueillir.
— Surtout depuis que vous savez qu'elle n'emportera pas Elienor, sourit le directeur dans sa barbe.
Severus lui décrocha un regard un peu sombre, mais il ne dit rien d'impoli.
— C'est une excellente mère, elle ne fait pas passer ses besoins avant ceux d'Elie.
— Mais vous l'avez cru, à un moment.
— Je ne savais pas alors à quoi m'attendre, je ne l'avais jamais rencontrée. Mais à présent que je la connais, je ne me fais plus de soucis pour cela. Et puis beaucoup de choses me sont tombées dessus récemment et pas toutes aussi agréable que mes enfants, soupira le professeur Rogue.
— J'en conviens, fit doucement l'autre. Mais ne parlons pas de cela aujourd'hui, alors que les ombres s'étendent au-dehors. Avez-vous parlé aux jumeaux de leur famille ?
Severus grimaça, puis joint ses longs doigts blancs sur ses cuisses.
— Non, pas encore. Je voudrai que Rose soit présente également, elle sera plus à même de répondre aux questions d'Eiden et Elienor. Et je préfère … qu'elle soit là …
Le directeur, à ses mots, eut un sourire franc.
— Vous semblez beaucoup l'apprécier …
Le potionniste lui décrocha son second regard noir de la journée.
— Cessez cela, Albus !
— Voyons, Severus, Lily nous a quittés depuis longtemps, vous avez des enfants maintenant et Mademoiselle Chambord est déjà une mère pour Elienor.
Le professeur de potions siffla de colère et détourna la tête, visiblement furieux.
— Je n'ai aucune envie de refaire ma vie, c'est seulement que Rose est métisse, elle sait beaucoup de choses que mes enfants doivent connaître et que je ne peux leur enseigner.
Les yeux du vieil homme brillèrent, mais il ne répondit pas, se contentant de laisser effleurer un petit sourire au coin de ces lèvres.
— Est-ce tout ce que vous me vouliez ? s'enquit Rogue, qui commençait doucement à s'impatienter.
— En vérité je voudrais également que vous passiez donner ceci à Sirius et Remus.
L'autre leva un sourcil, sarcastique.
— Le clébard ne peut même plus emprunter la cheminette maintenant ? ricana-t-il d'un air narquois.
Le sourire du directeur ne disparut pas et il répliqua :
— Je pense qu'il aimerait beaucoup avoir des nouvelles de son filleul.
Si Severus grogna à ces mots, il ne fit rien de plus. Se saisissant du paquet, il se dirigea vers la cheminée, et après avoir fait un signe de tête à Dumbledore en guise de salut, il entra dans l'âtre et cria sa destination.
Il apparut dans une gerbe de flammes, illuminant un bref instant la salle à manger plongée dans l'ombre.
— Rogue ?!
Le potionniste distingua une forme courbée au-dessus de la table, de l'autre côté de la pièce, lisant à la lumière tremblante d'une bougie solitaire une masse de parchemin.
Severus ne répondit pas, se contentant d'épousseter ses manches sans lui accorder le moindre regard.
— Il y a un problème ?
— Non, Black, pourquoi crois-tu qu'il y a un problème ? grinça l'autre.
Sirius le contempla d'un air critique puis déclara :
— Toi ici. Toi ici à cette heure. Voilà ce qui me fait croire à un quelconque problème. Les jumeaux vont bien ?
— Oui les jumeaux vont parfaitement bien, ils sont suffisamment en forme pour faire le mur tous les soirs et vagabonder dans le parc et le château.
Un sourire vint fleurir sur les lèvres de l'animagus et Severus grinça :
— N'ai pas l'air si fier, Black, c'est de ta faute si mes enfants sont de tels délinquants.
— Des délinquants ! répéta, amusé Sirius. Tu n'y vas pas un peu fort ? Et en quoi est-ce de ma faute ?
— Elie est de toutes les combines de ces calamités de copies conformes Weasley et Eid passe plus de temps hors de son lit, la nuit venue, que dedans. Et comme ni Lily, ni moi n'avions de telles accointances, cela ne peut venir que de toi et de Potter.
L'héritier Black éclata de son rire semblable à un aboiement.
— Tu n'abuserais pas un peu ? Et puis, si j'en crois ce que je vois, tu sembles tout à fait satisfait de tes rejetons, même si ils sont ingérables.
Rogue soupira et Sirius lui désigna la chaise en face de lui.
— Whiskey ?
Le professeur opina et l'animagus sortit un instant, revenant avec une bouteille, trois verres et Remus.
— Lupin.
— Severus, fit doucement l'intéressé en s'asseyant en bout de table, entre les deux autres, tandis que son ami servait l'alcool.
— Alors, comment vont les enfants ? interrogea l'ancien professeur de défense contre les forces du mal.
Le potionniste lui lança un regard douloureux et se lança à contrecœur dans un résumé des dernières aventures des jumeaux. Les deux autres, fort attentifs ne le coupèrent pas une seule fois. Quand il se tu, Remus demanda :
— Comment c'est passé la visite de Rose ?
Severus fut surpris que Remus soit au courant de la visite de la jeune femme, mais il ne le montra pas, fidèle à lui-même.
— Comment sais-tu pour Rose ?
— Albus nous l'a dit … comment va Eiden ? répondit le loup-garou en buvant une petite gorgée du liquide ambré.
— Il va … mieux. Sur le coup je crois qu'il a eu très peur et que d'une certaine façon il m'en voulait de l'avoir laissé venir, ayant trop peur qu'elle reparte avec Elie. Il s'en voulait aussi à lui, d'être égoïste et de vouloir garder de force sa sœur près de lui, mais Enor à mis les choses au clair, plusieurs fois et je crois qu'il a enfin intégré le fait qu'elle reste ici.
— Je ne doute absolument pas d'elle sur ce point. Elle a dû lui répéter à chaque fois qu'il y réfléchissait.
Le potionniste acquiesça.
— Mais il semble avoir d'autres choses à penser maintenant, sourit Remus. Il a, comme qui dirait, une distraction personnelle à présent pour éviter d'y penser.
Severus s'autorisa un minuscule début de sourire alors que Sirius grimaça.
— Qu'est-ce qui te dérange tant Black ? Que ton précieux filleul soit gay ?
— Bien sûr que non, grogna l'animagus.
— C'est le fait qu'Eiden se soit entiché d'un serpentard qui l'embête, rit doucement le loup-garou.
Sirius lui offrit un regard d'outre-tombe et poussa un soupir à fendre l'âme.
— Eiden est aussi un serpentard maintenant, il faut t'y faire.
— Je m'y fais, fit d'une voix funèbre l'héritier Black.
Les deux autres échangèrent un regard entendu.
— Et toi ?
— Comment cela et moi, Lupin ? Si je me fais à ce que mon fils soit à serpentard ? Oui plutôt, surtout lorsque l'on sait qu'il aurait dû y aller dès sa première année.
Sirius tournait dramatiquement son alcool dans son verre tandis que Lupin répondait :
— Je ne parlais pas de cela, mais de la relation d'Eiden avec Blaise.
— Blaise est parfait pour Eiden, c'est un jeune homme de bonne famille, métisse, ouvert, agréable, intelligent et plutôt beau garçon. Pourquoi ne me satisferais-je pas d'un tel parti comme gendre ? Même si, Merlin soit loué, nous n'en sommes pas à là, déclara Severus en s'étirant placidement et en se réinstallant contre le dossier de bois de sa chaise. Ils ont de plus l'air très attachés l'un à l'autre. Je crois qu'il fait beaucoup de bien à Eiden, c'est bon pour lui de pouvoir compter sur quelqu'un d'autre qu'Elie et d'être proche d'une autre personne. Cela devrait l'obliger à être moins exclusif, possessif et protecteur avec elle.
— Il est toujours aussi … s'enquit l'ancien professeur de défense.
Severus hocha la tête sombrement. Oui il l'était, et cela n'allait probablement pas s'arranger avant un moment. Bien sûr le potionniste comprenait parfaitement son fils, après cette séparation de quatorze, il était normal qu'il agisse ainsi, surtout au vu de l'existence qu'il avait eue jusque là. Severus était lui-même exagérément protecteur avec ces enfants et devait vraiment se contrôler pour ne pas les enfermer dans ses appartements pour qu'ils n'en sortent plus jamais. Il porta son verre à ses lèvres, tout en laissant son esprit dériver. Il avait tout arrangé pour que les jumeaux et lui passent d'excellentes fêtes, en sécurité et tranquilles. Il était hors de question pour le potionniste que leur premier Noël ensemble se fasse au château. Leur famille avait besoin de faire épanouir leur lien ailleurs qu'à Poudlard, et il tenait vraiment à offrir un peu d'intimité à ses enfants, qu'ils se retrouvent tous les trois, loin de tout.
Un appel doux de Lupin le fit sortir de ces pensées :
— Et toi, Severus, comment te sens-tu par rapport à la visite de Rose ? demanda le loup-garou.
Le professeur de potion cligna des yeux, tâchant de revenir au moment présent, puis il prit une seconde avant de répondre :
— Je pense que j'avais très peur également, comme Eiden, même si je suis pleinement rassuré à présent. Je veux dire, je n'imagine pas qu'Elie parte loin de moi. Ce serait déjà horrible de la perdre, mais en plus je les perdrai tous les deux. Je ne suis pas sûr qu'Eid puisse tenir si elle part, pas maintenant en tout cas. Et moi … ils sont tout ce qu'ils me restent de Lily et je les aime, vraiment, et cela m'arrache le cœur qu'ils m'aient été pris pendant si longtemps, que la relation avec Eiden ait été … ce qu'elle était … alors oui je redoutai beaucoup la venue de Rose.
— Mais tu l'as tout de même fait venir, fit délicatement Remus.
— Oui, pour Elie. Par ce qu'elle en avait besoin et par ce qu'elle à abandonné sa vie française pour nous. Cela n'aurait pas été juste de la priver de la venue de celle qui a été comme sa mère pendant quatorze ans ni de la séquestrer ici.
— C'était … vraiment altruiste et empli d'abnégation, dit, incertain, Sirius qui visiblement n'en revenait pas d'un tel comportement de la part de Servilus.
Rogue lui adressa un regard sévère :
— Que voulais-tu que je fasse ? Que je lui interdise de revoir ses proches ? Que je l'enchaîne à mon bureau ? Je suis son père, Black, pas son geôlier. Je me dois de faire son bonheur, même si cela ne fait pas le mien.
L'animagus secoua la tête, mais ne répondit rien, que pouvait-il répondre à cela de toute façon ?
— Mais en réalité, je me suis trompé, Rose m'a tout de suite assuré qu'elle ne voulait pas qu'Elie rentre avec elle, et qu'elle voulait qu'Enor reste avec nous. Elle m'a juste demandé l'autorisation de la voir de temps en temps.
— Albus nous à dit qu'en réalité elle est de la famille des jumeaux, intervint l'héritier des Black.
— Oui, c'est la cousine de Lily, la fille de sa tante maternelle.
— Est-ce qu'elle … commença Sirius.
— Lui ressemble ? Oui, d'une certaine façon. Elle est rousse également, mais d'une teinte différente, vénitienne, elle n'a pas de taches de rousseur, mais leurs visages ont des traits communs. Elle, en faîte elle ressemble aussi aux jumeaux et je m'étonne qu'aucun d'eux n'ait fait le lien. Enfin elle ressemble plus à Elie, mais c'est elle qui l'éduquée alors je suppose que c'est normal.
— C'est une bonne chose, que tu l'apprécies, se serra plus facile ainsi, déclara Remus en repoussant légèrement son verre vide.
Severus haussa les épaules et finit son whiskey d'un trait.
— J'ai compris que je n'avais pas forcément à faire cela seul. Rose c'est occupée d'Elie et elle s'inquiète pour Eiden, elle le considère comme de sa famille également, elle a été une mère pendant longtemps pour Enor. Elle peut m'aider à traverser cela, elle peut nous aider.
Les deux autres approuvèrent silencieusement.
— Je crois que j'aimerai la rencontrer, souffla Sirius, pensif. Même si ce sera étrange et douloureux de voir Lily en elle …
— En réalité elles ne se ressemblent pas à ce point, c'est vraiment très lointain. Mais je comprends, c'est douloureux pour moi également …
— Bien entendu, fit doucement l'animagus.
Severus passa encore un moment en compagnie des deux hommes, puis rentra à Poudlard. C'était étrange de penser qu'il s'était confié à Black et Lupin et qu'il avait apprécié le faire. Il perdait vraiment l'esprit ces derniers temps. Ou peut-être était-ce ces enfants qui l'entraînaient dans leur ouverture d'esprit ?
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Il était très tard et Eiden, dans les bras de Blaise, ne dormait toujours pas. Tranquillement allongé, il recevait les émotions diffuses de sa sœur. Le souffle de Blaise contre lui était calme est régulière, cela faisait de nombreuses heures qu'il dormait. Le métis d'elfe en profita pour contempler son compagnon tout son soûl. Blaise était vraiment un homme très séduisant. Une mâchoire carrée, masculine, une peau parfaite : douce et lisse, des yeux en amande et de longs cils noirs. Il passa une main tendre dans ses cheveux courts et malgré lui, le réveilla. Le bistré papillonna des yeux, découvrant la couleur miel de ceux-ci.
— Tu sais qu'il est horriblement tard, murmura le basané.
— Je suis désolé de t'avoir réveillé.
— Ce n'est pas grave.
Il s'étira, tout en gardant Eiden tout contre lui. Il l'embrassa tendrement, une main sous son menton
— Pourquoi ne dors-tu pas ? Tu as encore fait un cauchemar ? continua-t-il, l'air inquiet et les sourcils froncés.
Le fils Rogue embrassa avec un sourire les rides frontales de son amant que son humeur avait créé.
— Non, je … réfléchissais.
— Ah oui, fit Blaise avec un sourire coquin, et à quoi ?
Il se colla un peu plus contre lui.
— Ah rien de particulier.
Les yeux de son petit-ami se firent perçants, mais il ne répondit pas, posant sa tête sur la poitrine d'Eiden.
— Ton cœur bat très lentement et tu as l'air serein. Qu'est-ce qui te rend aussi bien ?
— Je suis bien contre toi et puis je me concentre sur les pensées d'Elie, cela me calme, répondit le brun.
Blaise sourit amoureusement et parsema le coup d'Eiden d'une multitude de baisers.
— Tu peux voir les pensées d'Elie ?
— Non, pas réellement, je sens ses émotions si je me focalise dessus et j'ai comme des flashs, des images floues qui me viennent parfois. Bien sûr si elle choisit de partager cela avec moi c'est plus clair, mais il faut que l'on soit en contact pour cela.
— C'est … fascinant …
Eiden se redressa sur un coude :
— Cela ne te dérange pas ?
Blaise tourna vers lui un regard interrogatif.
— Elie et moi, la relation vraiment étrange que l'on à tous les deux, notre exclusivité, enfin tout cela quoi. Cela ne te dérange pas, de devoir me partager tout le temps avec elle, expliqua Eiden.
Son compagnon rit et caressa doucement sa joue.
— Non Eid, ça ne me dérange pas. Vous avez … cette relation si spéciale et magnifique, mais ce n'est pas la même chose que ce que nous avons. Chacun à sa place et tu as besoin des deux.
Il s'arrêta, à court de mots, et l'embrassa passionnément. Puis s'arrêta, un petit sourire aux lèvres.
— Et à quoi pense Elie en ce moment ?
— Elle est bien, elle est dehors, je pense, sous sa forme d'animal par ce que ces sensations sont différentes. Probablement sous sa forme de louve par ce qu'elle est avec Anton et qu'Anton et … une sorte de chien sauvage lui aussi.
Blaise grimaça.
— Elle est avec Anton.
— Oh, mais qu'avez-vous tous avec les frères Menes ?! Eiden en cognant son front contre l'épaule du basané.
— C'est juste qu'ils sont vraiment sexy et gentils, et charmants et rieur et … j'ai déjà dit sexy ?
Eiden leva un sourcil, un petit sourire ornant son visage d'albâtre.
— Bref, ce n'est pas le principal problème, le problème est que Drago à un faible pour Elie et qu'il fait beaucoup d'effort pour la séduire, alors je ne voudrai pas qu'elle …
— Batifole ailleurs ? ricana Eiden. Lui fasse perdre son temps ? Se moque de lui ?
Blaise souffla, son compagnon s'était éloigné un peu de lui et le regardait à présent un peu froidement.
— Eiden …
— Non, c'est ton meilleur ami, je comprends. Elie est arrivée après et elle est cette … aguicheuse qui rend triste Drago, c'est bon, j'ai compris.
Le brun commença à se lever, mais le bistré le retient de toutes ses forces par le bras.
— Eiden, je n'ai jamais dit cela. Je ne pense pas du tout qu'Elie soit … non c'est horrible, tu ne peux pas dire ça, moi je ne l'ai pas fait.
Le fils de Severus se tourna vers son petit-ami, mais resta loin de lui, toujours retenu par le bras.
— Tu es du côté de Drago, mais est-ce que toi, ou les autres, vous vous êtes déjà mis du côté d'Elie ? D'essayer de la comprendre ? Elle ne joue pas, Anton est un ami, et il ne sera jamais que cela, comme George, comme Neville. Quoi que vous imaginiez dans vos esprits torturés. Mais je pensais que toi au moins Blaise tu comprendrais. Les Malfoy ne sont pas connus pour leur tolérance, Drago a passé sa scolarité à se moquer de ceux qui n'avaient pas le même sang que lui. Alors est-ce si étrange qu'Elie ait peur qu'il n'accepte pas entièrement sa nature ? Qu'elle ait peur de ce qu'il fera lorsqu'il se rendra compte du regard des autres, du regard de sa famille et des conséquences d'une telle relation ?
— Mais il est ami avec moi et il l'aime, il ne fera jamais une chose pareille.
Eiden lui lança un regard critique, froid encore.
— Tu t'inquiètes pour le petit cœur de ton ami, c'est normal. Mais il peut survivre à une peine de cœur. Mais Elie … je ne laisserai personne lui faire du mal encore une fois, et certainement pas cette fouine arrogante, déclara le brun d'un air polaire.
— Mais …
— L'année passée, un sorcier l'a détruite, il la reniée et la traînée plus bas que terre à cause de sa nature. Et cet été … Je ne laisserai plus aucun des leurs s'en prendre à elle.
« Des leurs » ? Au moins il accepte sa naissance maintenant, fit pensivement Blaise, en caressant doucement le bras blanc de son pouce.
— Eiden, calme-toi. Je ne reproche rien à Elie, ni les autres et personne ne va lui faire du mal. Non, mais sérieusement, tu te rends compte du nombre de gens qui serait prêt à vous défendre tous les deux ici ? Cela fait à peine deux mois que vous êtes ici et vous êtes déjà adopté par tous, déclara Blaise, sur un ton calme. Eiden, reviens t'installer.
À contrecœur, le brun revint sur le lit, mais le basané ne lui laissa pas le choix, il l'attira contre lui et le reprit dans ses bras. Si Eiden soupira fortement, il ne chercha pas à se reculer. Il aimait que Blaise prenne les choses en main, il avait été timide au début de leur relation, mais à présent qu'une certaine routine c'était installée, il n'hésitait plus à se montrer possessif quand il le voulait. Les deux garçons restèrent un moment ainsi puis finalement le fils Rogue se détendit.
— Elie le sait, murmura-t-il.
— Quoi donc, Eid ?
— Elie sait que c'est Drago qui lui envoie tout cela. Elle sait qu'elle l'intéresse depuis un moment, je ne sais pas exactement quand elle l'a compris, mais elle le sait. Elle ne fera pas de mal à Drago, quoiqu'il se passe, elle fera attention à ne pas le blesser.
— Elle sait, souffla Blaise.
— Ouai.
— Et bien cela va faciliter les choses, je suppose.
— Ouai, peut-être.
Et sur ces mots Eiden s'endormit.
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Plusieurs jours étaient passés et c'était le matin du match Gryffondor/Serpentard. Elie rejoignait la grande salle après avoir passé un moment dehors, elle c'était réveillé tôt, et ne parvenait à se rendormit, elle avait préféré traîner dans le parc. L'air était froid, mais le soleil brillait d'une lumière pâle, sans aucun nuage pour l'entacher.
— Est-ce que les serpentards ont besoin de piéger le terrain de quidditch pour gagner à présent ?
Elie se tourna vers la personne qui l'avait interpellé dans le hall.
— Cesse donc de dires des bêtises, Anton.
— Ce ne sont pas des bêtises, Elie, mais des suppositions éclairées, fit un autre garçon.
— Éclairées ?! De ta part, j'en doute fort George ! rit la jeune fille.
— Ce que tu peux être cynique, Elie ! répondit le rouquin.
Les deux septièmes années étaient installées sur les marches intérieures, visiblement penchées sur un devoir. Voyant cela la jeune fille leur adressa un regard surpris.
— Tu fais des devoirs, à cette heure, avant un match ?
— Bien sûr Elie, qu'est-ce que tu crois ? fit George avec un sourire resplendissant.
Mais l'œil sceptique de la blonde eu raison d'Anton qui, d'un petit coup de baguette, rendit son aspect originel au parchemin. Le devoir quelconque de métamorphose se changea doucement en une longue liste d'ingrédients et d'autres notes et croquis sur les dernières expériences des jumeaux Weasley.
— On à quelques difficultés avec les nouvelles versions de boîtes à flemmes et on n'arrive pas à arrêter l'hémorragie des nougats Néansang. Donc comme Anton est plutôt doué en soins magiques, on a pensé à lui en parler.
— Oh je vois ! Et où est Fred ?
— Fred est avec Lee, ils font hum … des échanges nos chers camarades.
Elie leva un sourcil amusé au mot « échanges », mais ne fit pas de commentaire. Elle échangea seulement un regard avec Anton qui lui demanda malicieusement :
— Alors, comment va ton petit prétendant ?
— Oh est qui est cynique à présent ? répliqua la jeune femme.
— Ne prends pas la mouche ainsi, Enor, rit George. Mais il déborde de guimauve et de sucre en ce moment, c'est … plutôt inhabituel pour un Malfoy.
— Il ne déborde pas de guimauve et de sucre, il me fait la cour, comme on pourrait s'y attendre dans un clan, ou dans les vieilles familles. Ce n'est pas dégoulinant, il n'y a pas de cœur ou d'autres stupidités, rétorqua la fille de Severus, son regard noir braqué sur les deux hommes. Elle ressemblait étonnamment à son père en ce moment, mis cela ne fit reculer aucuns des deux jeunes hommes.
— Tu es étonnamment protectrice envers lui, Enor. Aurais-tu changé d'avis à son sujet ? interrogea innocemment Anton.
La jeune fille eut un rictus.
— Il fait beaucoup d'efforts …
— Et donc, que vas-tu faire ?
— Je ne sais pas, après tout mon nénuphar n'est pas encore fané, fit-elle en haussant les épaules.
— En tout cas il ne se moque pas de toi, déclara Anton, il t'a tout de même offert un artefact rare.
Quelques jours plus tôt, Drago lui avait en effet offert un pendentif magique, un peu semblable à la Sphaera qu'elle avait utilisée lors du premier cours de Mcgonagall, mais en plus petit. Son utilité était cependant la même, servir de support à la métamorphose. Elie se refusait à le porter, ainsi que le bracelet offert la veille, tant qu'elle n'avait pas fait un choix. Elle ne voulait pas lui donner de faux espoirs ni être une sorte de ''croqueuse de diamants''.
Les deux garçons se levèrent et ils entrèrent tous deux dans la Grande Salle, se séparant devant les longues tables.
— Je ne t'ai pas vu dans la salle commune, dit Andrea alors qu'Elie s'asseyait près d'elle.
— Ni au dortoir, continua Artémisia qui était elle aussi déjà levée.
— Je me suis réveillée tôt, alors j'ai fait un tour dans le parc, expliqua la blonde en prenant le pot de confiture que lui tendait gentiment son amie.
— Stressée ? interrogea la capitaine qui entamait un solide petit déjeuné.
— Non pas vraiment, excitée plutôt. J'ai vraiment hâte de voler.
Les deux filles hochèrent la tête et elles continuèrent toutes les trois de manger dans le calme. Peter ne tarda pas à les rejoindre, offrant un sourire timide à Elie qui lui servit une tasse de thé dès qu'il s'assit.
— Lui en revanche l'est, déclara-t-elle à l'attention des deux autres adolescentes.
— Je vois cela, mais respire Peter, tout va bien se passer, on s'est bien entraînés et préparés à affronter les gryffons. Il ne nous reste plus qu'à jouer aussi bien qu'à l'entraînement et tout ira bien.
La voix de la capitaine était rassurante et assurée, elle calma le petit batteur qui put enfin avaler quelque chose. De longues minutes plus tard, les trois derniers membres de l'équipe firent leur entrée, la mine encore endormie et la démarche incertaine.
— Déjà levé ? fit sarcastiquement Andrea.
Eiden bailla seulement ouvertement pour toute réponse et se laissa tomber à coter de Peter, lui empruntant son pot de mélasse.
— Si tu passais plus de temps à dormir, Rogue, qu'à traîner dans le parc et le château la nuit, tu serais sûrement moins fatigué, continua la capitaine.
— Je ne suis pas fatigué, je dors suffisamment, c'est juste que j'ai le sommeil lourd et le réveil difficile.
— Je confirme, intervint Blaise qui dissimula un bâillement lui aussi.
La jeune femme leur lança un regard noir à tout les deux puis se tourna vers Drago qui avait repris un peu de contenance et beurrait à présent ses toasts avec emphase, les yeux tournés résolument vers ses mains, tachant d'échapper aux yeux perçants de la capitaine.
— Et toi ?
— Comment cela moi ? demanda Drago qui essayait toujours d'éviter les yeux noirs de la jeune femme.
— Sommeil lourd toi aussi ?
— Non, mais Andrea, le terrain ne va pas s'envoler, il ne sert à rien de se lever à l'aube.
— Même si certaines se plaisent à le faire, grommela Eiden sans regarder Elie qui sourit cependant.
— Je t'ai réveillée, questionna-t-elle avec un grand sourire innocent.
— Non, mais j'ai rêvé de la forêt et du terrain, donc j'ai bien compris que c'était toi.
— C'était juste pour te montrer comme il faisait beau dehors, déclara la jeune fille en haussant les épaules, pas du tout ému du ton brusque de son frère.
— J'aimerai vraiment que tu cesses de polluer mes rêves Elie, grogna-t-il en réponse, piquant un toast de sa fourchette avant de l'avaler tel quel.
— Ah oui ? fit la jeune fille avec un sourire rusé qui ne valait rien qui vaille aux yeux de son frère. Et moi j'aimerai tant que tu cesses de polluer les miens, Eid, mais vois-tu, on a pas toujours ce que l'on veut. Mais ne t'en fais pas, je trouverai un moyen de te rendre la pareille un jour.
Sous les eux de toute l'équipe, les joues du fils de Severus devinrent cramoisies et il baissa brusquement les yeux sur son assiette.
— Ce n'est pas la peine, souffla-t-il, les joues toujours en feu.
— Oh, si je crois que c'est la peine, fit narquoisement sa sœur, son large sourire dévorant son visage moqueur.
— Tu es vraiment cruelle parfois, Elie, j'ai peine à croire que tu ne sois qu'à cinquante pour cent la fille de Sev.
Elienor éclata de rire, mais ne rajouta rien, ce dont son frère lui fut grandement reconnaissant, mais Blaise, fort surpris de voir son compagnon dans un tel état, l'interrogea quant à cette ''pollution'' de ses rêves.
— Oh ce n'est rien qu'Eiden qui a parfois du mal à garder ces fantasmes pour lui-même.
— Hey, ce n'était rien d'aussi explicite ! contesta son frère.
— Peu importe, répondit la blonde, c'était déjà bien assez. Qu'aurais-tu ressenti si les rôles avaient été inversés ?
Le brun ne répondit pas, marmonnant seulement pour lui-même des sentences terribles et fortement imagées.
— Je crois qu'il aurait détruit la personne qui en faisait l'objet, rit Blaise en passant une main amoureuse dans les cheveux de son petit-ami qui ne prit même pas la peine de répondre.
Le temps passant toute l'équipe termina son petit déjeuner et quitta la salle, dans le hall, ils croisèrent là Théo et Pansy qui venait de se lever, tous les deux vêtu des couleurs des serpentards.
— Bonne chance ! firent-ils d'une même voix.
Les autres leur répondirent par un signe ou un sourire et ils prirent le chemin du terrain, tout en écoutant les conseils d'Andrea.
Arrivée aux vestiaires, les filles se déshabillèrent de leur côté et les garçons de l'autre puis ils se retrouvèrent pour les dernières recommandations.
— Eiden, tu sais ce que tu as à faire, si jamais on se retrouve en difficulté ; et priez tous Salazar que ce ne soit pas le cas, sinon gare à vos fesses ; attends avant d'attraper le vif et tâche d'empêcher Weasley de le faire.
Le fils Rogue opina du chef, l'air résolu.
— Blaise, Peter, agissez comme vous le faites toujours entre nous et je n'aurai aucune crainte quand à l'issue de ce match. Blaise, tu es un véritable mur, ne te laisse pas abattre par les gryffons. Oui leurs poursuiveuses sont excellentes, vraiment excellentes, mais toi aussi tu l'es Blaise, alors ne te laisse pas abattre.
Le bistré leva des yeux incertains vers elle, mais constatant que tous le regardaient d'un air semblable à celui de la capitaine, confiant et fier. Il hocha lui aussi la tête. Eiden passa un bras autour de ces épaules et embrassa son crâne pour lui donner du courage.
— Peter, tu sais également quoi faire, ils ne vont sans doute pas te prendre pour un danger, car tu n'as pas vraiment la carrure d'un joueur, mais à toi de profiter de leur surprise lorsque tu leur montreras que tu es parfaitement à la place sur ce terrain. Tu es vraiment mortellement précis, profites-en et concentre-toi sur Weasley fille si tu vois qu'Eiden est en mauvaise posture, sinon ouvre l'œil et agit en conséquence, selon les plans que l'on à prévu.
Peter lui fit un clin d'œil coquin puis Andrea se tourna vers les trois poursuiveurs, assis côte à côte.
— Et vous, je ne me fais aucun souci, enfin sauf pour Weasley cadet, par ce que vous allez vraiment lui causez des problèmes. Sérieusement, je ne crois pas avoir déjà vu un trio pareil, vous êtes vraiment une machine terrible tous les trois. Gardez les formations que l'on a mises au point et Elie, fais attention. La paire de Weasley va te prendre en grippe immédiatement, ils connaissent ton adresse et fraîchement, tu es plutôt frêle alors tu seras la cible à abattre. Mais je compte sur toi pour ne pas te laisser faire, ok ? Ce n'est pas par ce que vous êtes amis que tu dois les laissez te démolir la face ?
— Ce n'est pas ma conception de l'amitié, rassura Elie avec un petit sourire en coin.
— Parfait ! Drago tu as vraiment bien fait de changer de poste, donc continue ainsi, quant à toi, Artémisia, fais ton boulot fais le relais entre Drago et Elie et évite cognards et adversaires. Je vous ai tous choisis, j'ai confiance en vous, je sais ce que vous valez alors faîtes de votre mieux et tout ira bien.
Tous approuvèrent et se levèrent. Drago tendit une main galante pour aider Elie à se relever qu'elle saisit avec un sourire de remerciement. Elle était vraiment adorable dans sa robe verte, elle semblait mignonne et fragile dans le long vêtement, mais le blond savait bien qu'elle était une guerrière et une adversaire redoutable. Elle avait rassemblé ses cheveux en une longue natte africaine très serrée et elle souriait, visiblement ravie de disputer ce match. Elle était vraiment séduisante en ce moment et Drago ne put s'empêcher de l'embrasser tendrement sur le front.
— Bonne chance Elie.
Elle se pencha et glissa à son oreille, avant d'embrasser la peau fine derrière :
— Bonne chance aussi Drago.
Elle le tira par la main jusqu'aux autres et fort heureusement, car Drago était momentanément privé de toutes force.
L'instant d'après ils étaient tous dans les airs et Andrea serrait la main d'Angelina Johnson, la nouvelle capitaine des gryffondors. Pour la première fois depuis qu'Eiden était à Poudlard, la poignée de main des deux capitaines était parfaitement cordiale, voire même amicale. Les deux filles se sourirent même, impatientes de jouer l'une contre l'autre. Andrea, bien que d'une famille de sang pur, était une fille vraiment sympathique, bien que parfois volcanique, elle donnait vraiment tout ce qu'elle avait pour son équipe et ses joueurs. D'ailleurs, Eiden trouvait que les deux capitaines se ressemblaient beaucoup. Elles avaient la même façon de leur hurler de dessus lorsque les choses n'allaient pas comme elles le voulaient et le même caractère entier. Le coup de sifflet retentit et Alicia Spinnet attrapa le souafle, avant de se le faire dérober par Drago qui l'envoya à Artémisia, qui le donna à Elie qui tira. Mais Ron, le nouveau gardien de gryffondors l'arrêta avec un petit signe de tête en direction d'Elie qui sourit malgré tout puis repartit dans l'autre sens comme une fusée.
Eiden passa un moment à regarder le match, en attendant de trouver le vif d'or, Ginny le suivait de près, consciente qu'il avait plus d'expérience qu'elle. Il vit les jumeaux Weasley causer pas mal de problèmes à leurs poursuiveurs, il vit aussi Andrea et Peter rendre coups pour coût, il vit aussi Elie marquer, au moins quatre fois, ainsi que Drago. Blaise ne laissa passer que quatre buts, arrêtant même les plus cadrés et il ne fut immensément fier. Un éclat doré brilla sur sa gauche et il plongea, mais le vif lui échappa et disparut à nouveau. Un cognard particulièrement vicieux le pris en chasse et il du foncé de l'autre coté du terrain pour lui échapper, du coin de l'œil, il vit Drago marquer à nouveau et Alicia désarçonnée par Peter.
Le match dura un moment, les deux équipes se battant férocement, offrant un spectacle palpitant aux élèves et professeurs. Puis, après près d'une heure, Fred envoya un cognard parfaitement bien placé sur Elie qui ne put l'éviter et le prit en plein dans l'épaule. Un bruit sec d'os qui se brise fit grimacer Drago, qui volait tout près et du sang jaillit. La clavicule d'Elie venait de se casser, perçant sa peau, mais la jeune fille ne lui accorda pas la moindre attention et serra son balai d'une main, le souafle dans l'autre pour rester en place puis elle fila comme le vent vers les buts adverses, exécutant une magnifique roulade pour esquiver Angelina qui venait dans le sens inverse. Puis elle marqua, perçant la défense de Ron une nouvelle fois. Puis le match repris, plus impitoyablement que jamais.
— Andrea, tu devrais peut-être demander un temps mort pour Elie, cria Blaise à sa capitaine, qui stationnait non loin.
— Je voulais le faire, elle à refusé, répondit la jeune femme avant de renvoyer férocement un cognard en direction de George Weasley.
De l'autre côté du terrain, Drago s'inquiétait aussi du sort de la petite blonde. Il ne cessait de l'observer, alors même qu'elle levait un pouce vers le haut en direction de son frère qui filait à quelques mètres au-dessus d'eux. L'autre hocha la tête puis se lança à la poursuite du vif qui venait de réapparaître. C'est à ce moment qu'Artémisia attira son attention, sifflant avec ses doigts avant de lui envoyer le souafle, il poussa son balai à sa vitesse maximale, flanquée des deux filles qui le suivaient de près. Les trois poursuiveuses adverses s'étaient érigées en défense des buts, conscientes qu'elles ne pourraient leur prendre le souafle à temps.
— Elles nous bloquent le passage, fit Drago en ralentissant un peu.
— On le voit bien, rétorqua Artémisia, qui réfléchissait intensément. Manœuvre de la voltigeuse ? interrogea-t-elle.
Drago grimaça et vira pour éviter un cognard.
— Elie n'est pas vraiment en état.
— Je suis en état, rétorqua la jeune fille sous l'œil critique du blond. Je suis en état.
Drago hésita, mais capitula, passant le souafle à Artémisia, il se porta en avant à pleine puissance, tandis que les deux filles filaient derrière en direction des buts. Elles prirent de l'altitude puis Elie récupéra le souafle, sauta de son balai pour se rattraper à celui d'Artémisia quelques mètres plus bas, échappant à Alicia et Katie. Puis plongea, les bras bien ouverts, envoyant le souafle de toutes ses forces à travers l'anneau central avant que Drago n'apparaisse sous elle et la rattrape. La cloche du but retentit, témoin de la réussite de la petite poursuiveuse.
— Merci de m'avoir rattrapé, fit Elie dans le vent, toujours installée devant Drago, attendant qu'Artémisia, qui avait récupéré son balai, le lui rende.
— Je n'aime pas vraiment cette manœuvre, souffla le jeune homme, serrant un peu plus étroitement que ce qu'il fallait la blonde contre lui.
— Elle a fonctionné pourtant, sourit l'adolescente, et regarde.
Eiden plongeait à présent à une vitesse folle en direction du sol, ne remontant qu'in extremis, la petite balle bien au creux de sa main. Ginny loin derrière. Elle ne pouvait rivaliser, ni avec le talent d'Eiden, ni avec la puissance de son balai. Le coup de sifflet final retentit et une foule immense envahit le terrain, multicolore. Cela avait été un très beau match et tous été très fier des deux équipes qui s'étaient bien battues.
Drago prit lentement la direction du sol, tenant toujours dans son bras fort Elie qui souriait de toutes ses dents. Ils se posèrent en douceur sur la pelouse verte du terrain et Eiden se jeta sur Elie, prenant bien garde à ne toucher ni son épaule ni sa clavicule.
— Tu as été incroyable Eiden ! dit-elle avec enthousiaste.
— Non, tu as été incroyable. Même si là j'ai vraiment envie de te ligoter et de t'enfermer dans le bureau de père pour que tu n'en sortes plus jamais.
— Il n'y avait pas vraiment de risque, on a répété des dizaines de fois cette manœuvre, répondit Elie d'un air tranquille.
— Je sais, mais vous voir faire à l'entraînement été déjà difficile, mais là, c'était carrément fou, dangereux, suicidaire, soupira le brun.
— Tu exagères, parce que la descente en piquée n'était pas affreusement téméraire peut-être ? Tu aurais pu t'écraser dans l'herbe.
— Tu aurais pu t'écraser dans l'herbe.
La jeune fille leva les yeux au ciel.
— Drago m'a rattrapé.
Eiden lança un regard acéré au blond, montrant très clairement ce qu'il lui aurait fait s'il n'avait pas rattrapé sa sœur.
— Elie ! Ça ma petite féline, c'était vraiment génial ! fit la voix de George Weasley derrière eux.
Il prit doucement la petite poursuiveuse dans ses bras, tout en la félicitant encore de sa manœuvre.
— Ton frère lui bousillant l'épaule et la clavicule, ça aussi c'était vraiment génial ? grommela le fils Malfoy.
— C'est le jeu Drago, tempéra l'adolescente. Il ne voulait pas me blesser, mais je ne l'aurais pas épargné non plus, c'est le jeu.
Elle serra la main gantée de Drago dans la sienne, tandis que le reste de l'équipe de serpentard déboulait près d'eux et que Ginny sautillait autour, pas du tout triste d'avoir perdu.
— C'était vraiment un match du tonnerre, riait-elle, même si on s'est fait écraser.
— Jolie tactique vous trois, sourit Andrea aux trois poursuiveurs vert et argent. Je savais que vous feriez des merveilles ensemble.
— Ouai et vous nous avez fichu une sacrée frousse, intervint Blaise un bel hématome naissant sur sa pommette gauche, là où il s'était pris le bord d'un anneau en arrêtant un but. Quand Elie a sauté de ton balai Misia …
Le basané frissonna et passa un bras autour de la blonde, comme pour s'assurer qu'elle n'avait définitivement pas fini écrasée dans la pelouse.
Les trois poursuiveurs sourient et échangèrent un regard. Artémisia rendit d'ailleurs son balai à son amie en lui glissant quelques mots à l'oreille qui les fit rirent toutes les deux. Mais avant que les autres ne puissent les interroger quant à ce brusque éclat de joie, une voix glaçante retentit, aussi froide que l'Antarctique.
— Elienor Sarah Rogue.
Le ton n'était même pas agressif, ni même accusateur. Juste immensément polaire. Le sourire d'Elie glissa de son visage et la jeune femme leva des yeux inquiets vers son frère qui se raidit aussi.
— Tu crois que j'ai encore une chance de lui échapper ? demanda-t-elle d'une voix un peu désespérée.
Eiden grimaça et secoua la tête. Elie soupira et fit le plus joyeusement possible.
— Papa ! Tu as vu, beau match hein ?
Mais les sourires crispés des autres et leur dénégation nerveuse fit valser sa fausse bonne humeur, qui mourut complètement lorsque son père apparut devant elle, vêtu de ses habituelles robes noires, debout, droit, mais surtout furieux.
— Alors ? fit-il menaçant, faisant décamper une bonne partie de leur auditoire, qui trouva une excuse quelconque pour ne surtout pas rester là.
— Alors on a gagné, risqua la jeune fille, souriant à nouveau, bien que faiblement.
Autour il ne restait plus que Blaise, Drago, Eiden et les jumeaux Weasley.
Le potionniste soupira et fouilla dans une de ses poches, puis il tendit quelque chose en direction de sa fille, qui eut un mouvement de recul, craignant qu'il ne lui jette un sort. Mais il ne lui donna qu'un mouchoir, l'appuyant avec toute la douceur possible sur sa blessure qui continuait de saigner. Malgré toutes ses attentions, Elie ne put s'empêcher de grimacer, serrant fort la main de Drago qui ne l'avait pas lâchée.
— Tu ferais mieux d'aller à l'infirmerie, Elie, déclara Severus. Vous aussi, Monsieur Zabini, cette pommette prend une couleur vraiment désagréable.
Blaise hocha la tête et entraîna la blonde avec lui en direction du château.
— Il serait plus judicieux de les suivre, Eid, tu ne crois quand même pas que je n'ai pas vu l'état de tes doigts.
Eiden haussa les sourcils, mais sourit.
— Bon bah allons-y alors Drago !
Le professeur les contempla s'éloigner d'un air critique puis soupira :
— Jeu de dégénérés sauvages !
Eiden et Drago rejoignirent assez rapidement l'infirmerie. Blaise était déjà là, se faisant houspiller par une Madame Pomfresh apparemment remontée à bloc.
— Monsieur Zabini, cessé donc de bouger s'il vous plaît.
Le basané marmonna quelque chose d'incompréhensible et Eiden sourit avant de se laisser tomber à ses côtés, capturant la main de son compagnon, il se prit un regard acide de l'infirmière :
— Encore vous !
— La dernière fois que je suis venu ici, Madame, c'était pour Elie, fit Eiden en haussant un sourcil.
— Hum, fut la réponse, sarcastique, de l'infirmière. C'est dans les gênes alors !
Eiden lui offrit son plus beau sourire puis demanda :
— Alors comment il va ?
— Monsieur Zabini à l'os fracturé et un petit traumatisme crânien. Mais je lui ai donné une potion et s'il se tient tranquille et qu'il se sent bien dans quelques heures il pourra partir.
La bistré parut soulagé de ne pas être obliger de passer la nuit à l'infirmerie et sourit à son compagnon qui renchérissait déjà.
— Et ma sœur ?
— Je lui ai donné une potion antidouleur, j'attends qu'elle fasse effet avec de lui remettre l'épaule en place et réduire sa fracture.
Sur ces mots elle fit asseoir le brun sur un lit voisin et jeta un œil à ses doigts.
— Rien de bien méchant, juste l'annulaire et l'auriculaire de cassé. Buvez cela !
Le jeune homme s'exécuta et la femme lui jeta un sortilège qui créa une intense chaleur dans ses doigts qui se ressoudèrent d'eux-mêmes sans lui causer la moindre douleur.
— Voilà, vous êtes comme neuf ! fit l'infirmière. Et vous Monsieur Malfoy, pourquoi êtes-vous ici ?
— Oh je n'ai rien, je venais seulement pour mes amis.
— Je vois, répondit la vieille femme en le regardant d'un air perçant.
Puis elle disparut un peu plus loin, derrière les rideaux tirés d'un autre lit, Eiden sur ses trousses qui voulait s'assurer de la bonne santé de sa sœur. Poppy le fixa d'un œil désapprobateur, mais lui permit tout de même d'entrer à sa suite. Elle connaissait le lien qui unissait les jumeaux et laissa donc couler, même si ce n'était pas dans ces habitudes.
Elie était assise sur le lit, le torse presque nu, seulement couvert de sa brassière de sport, raison pour laquelle Pomfresh avait tiré les rideaux autour d'elle.
— Hey, fit Eiden en s'asseyant près d'elle, comment vas-tu ?
— Plutôt bien, je ne sens vraiment plus rien maintenant.
— Vous auriez dû venir le plus tôt possible, Mademoiselle Rogue et non traîner sur le terrain. Cette fracture est particulièrement douloureuse.
Elie haussa les épaules.
— J'ai une bonne résistance à la douleur.
L'infirmière souffla, mais ne répondit pas, tout affairée qu'elle était à tamponner un liquide bleu ciel sur la blessure d'Elie. Son épaule avait pris une vilaine couleur noirâtre, mais semblait plus saine à présent que Poppy l'avait remis en place. L'infirmière sortit un moment, laissant les jumeaux seuls le temps d'aller chercher une potion. Quand elle revint, elle ne le fit pas seule, mais accompagnée de son père et d'une femme, pas vraiment inconnue.
— Rose ! s'exclama Elie, mais que fais-tu ici ?
— Ton père m'a prévenue, expliqua la Française en s'approchant pour déposer un baiser sur le front des deux adolescents.
— Ça n'était pas la peine de te déranger pour si peu, je n'ai pratiquement rien !
La femme eut un rictus et soupira avant de passer ses doigts fins sur l'épaule meurtrie de sa pupille.
— Ce n'est pas rien. Tu t'es pris un cognard et tu as plongé d'un balai à plusieurs dizaines de mètres du sol.
Elie jeta un coup d'œil réprobateur à son père qui leva seulement un sourcil.
— N'est-ce pas ce que tu as fait ? interrogea le potionniste.
— Ça n'était pas aussi dangereux que cela en avait l'air ! rétorqua la jeune fille, secouant sa longue crinière blonde.
— Non bien sûr que non, répondit Rose, comme lorsque tu as sautée de cette falaise chez Orsu, ou que vous avez tenté d'attraper ce cocatris avec Ravena et Lysandre, ou que vous avez conjuré cette espèce de jungle avec Neville et Charlotte. Non rien de tout cela n'était dangereux, pas plus que ton saut de l'ange.
— Je … commençai la jeune fille, mais elle ferma la bouche devant l'air qu'affichaient les deux adultes.
Eiden pouffa, recevant un regard noir de sa sœur qui lui reprochait manifestement son manque de soutien.
— Veux-tu que nous parlions de tes propres aventures, Eiden ? susurra Severus d'un air dangereux, sous le sourire de sa fille.
— Non on va éviter, rétorqua le jeune homme. Nous étions sur la folle hardiesse d'Elie, restons-y.
La susnommée plissa les yeux d'un air courroucé, mais ne put corriger son frère à cause de sa blessure.
— § Sale traître ! Tu ne perds rien pour attendre ! § siffla-t-elle à l'attention du garçon qui souriait innocemment.
Madame Pomfresh lui remit la clavicule en place d'un sortilège et il ne resta bientôt plus qu'une petite cicatrice, là où l'os avait percé sa peau.
— Géniale, une de plus ! souffla la jeune fille en effleurant la peau de son doigt. Quand pourrais-je sortir ? demanda-t-elle à l'infirmière.
— Je veux que vous restiez allongés cette après-midi et si tout va bien après ce délai vous pourrez partir. Je vais immobiliser votre épaule, mais éviter quand même de trop vous agiter.
Puis elle sortit s'occuper d'autres patients, l'épaule de la jeune femme avait été bandée et ne lui faisait plus vraiment mal. Les deux hommes sortirent et rejoignirent Blaise et Drago plus loin le temps que la jeune femme s'habille. Rose l'aida à présent à revêtir un t-shirt qu'elle avait pris soin de récupérer dans les appartements de Severus.
— J'ai pensé que tu aurais besoin de cela aussi, fit-elle en lui tendant un jean propre.
— Oui merci.
— Alors, vous avez gagné le match.
— Oui.
— Et tu as fait cette manœuvre abominablement dangereuse ?
— Oui.
Rose sourit et remit derrière son oreille une mèche échappée de sa natte.
— J'aurai vraiment aimée voir cela. Je suis sûr que c'était incroyable.
Elie opina et sourit avant que sa tutrice la prenne dans ses bras.
— Tu me manques Elie, ce qui est ridicule par ce que l'on ne se voyait jamais lorsque tu étais à l'école.
— Tu me manques aussi Rose, ce n'est pas ridicule. Il s'est passé beaucoup de choses et … il s'est passé beaucoup de choses.
Elie se recula et la femme ajusta son haut sur son épaule
— Tu as l'air en meilleure forme que le mois dernier.
— Eiden me gave.
— Il a bien raison.
Puis les deux femmes sortirent, Rose soutenant la jeune fille. Elle l'aida à s'installer sur le lit à côté de Blaise. Madame Pomfresh leur apporta à tous de quoi déjeuner puis partit s'occuper de Katie Bell, elle aussi touché par un cognard, brillamment envoyé par Peter. Apparemment Andrea était passée prendre des nouvelles de son équipe et était repartie, virée de l'infirmerie par une Poppy très en forme qui jugeait qu'il y avait déjà assez de monde comme cela dans ses locaux.
— Alors, comment vas-tu ? lui demanda le basané.
— Assez bien je dois dire, je peux normalement sortir en fin d'après-midi, et toi ?
— Pareil, sourit Blaise. On pourra se joindre à la fête.
Puis il se tourna vers Rose est se présenta de la manière la plus respectable possible, connaissant la réputation de la femme parmi les métis.
— Je suis enchantée, Monsieur Zabini. Je connais votre mère et c'est une femme que je respecte grandement. Vous semblez lui ressembler beaucoup.
Le basané resta coint mais la française serra son épaule gentiment avant de se tourner vers Drago qui n'en menait pas large non plus.
— Drago Malfoy, fils de Lucius Malfoy, pour vous servir, fit le jeune homme avec son élégance habituel.
— Et bien enchantée également, Monsieur Malfoy, votre famille est fameuse, même au-delà de la Manche. La Française promena son regard sur les adolescents installés autour d'elle. Je suis vraiment heureuse de rencontrer les amis d'Eiden et Elie.
Ils passèrent l'après-midi ainsi, Rose posant toutes sortes de questions aux jeunes gens, cherchant à mieux les connaître. Drago fut positivement surpris par cette femme à l'allure si aristocratique, mais qui se montrait si ouverte envers eux. Il sentait bien qu'elle était puissante, à la fois en tant que sorcière et en tant que métisse et qu'elle était également très haut placé sur l'échelle de la noblesse européenne. Mais elle ne se montrait ni froide ni distante, contrairement à ce à quoi était habitué à voir le fils de Lucius aux nombreuses réceptions de ces parents. Et si rencontré la femme qui avait élevé Elie était source de peur pour lui, elle parvint rapidement à le calmer, le mettant à l'aise avec ces sourires et sa gentillesse. Il vit bien que Blaise était dans la même position que lui, pire, vu que sa relation était officielle et certainement connue de la Française, mais lui aussi se détendit assez rapidement. Il ne pouvait en être autrement au côté de Rose. Drago comprit beaucoup de choses sur le caractère et les manières d'Elie durant cette heure. Il était visible que la jeune fille avait été élevée dans l'amour et la douceur et que sa tutrice était très attachée à elle, comme elle semblait l'être elle-même. Les manières aristocratiques de Rose transparaissaient chez Elie, ainsi que son attitude calme et ouverte. Elle était vraiment très belle aussi, ses cheveux formant de lourdes boucles, cascadant sur une de ses épaules. Il vit également les relations plus que cordiales, empruntent de respect, que semblait entretenir la femme et son parrain et il en fut heureux. Il était sûrement plus simple pour tout le monde que Severus et Rose s'entendent. Bien sûr la présence de la tutrice posait une fois de plus la question de l'absence de ceux d'Eiden, mais le garçon leur avait dit que ces tuteurs n'étaient pas des gens aimant et qu'ils étaient parfaitement heureux de ne plus l'avoir sur le dos. Et si ses amis étaient tristes d'entendre cela, Drago se réjouissait de voir Rose aussi attentive à Eiden qu'à Elie. Le garçon n'avait manifestement pas gagné qu'un père et une sœur dans cette histoire.
Puis Madame Pomfresh vint et libéra Blaise et Elie qui sautèrent au bas de leurs lits, très contents d'être autorisés à s'en aller. Dans le couloir, Rose embrassa les deux enfants Rogue et déclara :
— Il faut que j'y aille, je ne peux pas m'absenter trop longtemps, j'ai de nombreuses affaires à régler avec le Clan. Mais portez-vous bien, on se voit pendant les vacances.
Elle les quitta donc, menée par Severus qui glissa à ses enfants un « ne faite tout de même pas trop de folie, même si c'était une très belle victoire » puis les deux adultes disparurent, laissant seul les quatre élèves dans le couloir.
— On y va ? proposa Blaise.
Les autres acquiescèrent et ils rejoignirent les cachots. Là-bas, ce qui promettait d'être une immense fête était en préparation. Une fois assurée que ses joueurs n'avaient rien de grave, Andrea et les autres s'étaient attelés à l'organisation de la soirée, aidée par d'autres élèves qui s'en donnaient à cœur joie. La salle commune avait été surchargée de bannières et de drapeau de l'équipe et quelqu'un avait même acheté des centaines de petites lumières aux jumeaux Weasley qui illuminaient l'endroit en rebondissant au plafond et sur les murs.
— Ah vous voilà ! s'exclama Pansy en les voyant arriver.
Elle installa immédiatement Blaise et Elie sur un canapé et leur ordonna de ne pas en sortirent.
— Vous vous êtes quand même sérieusement blessés tous les deux, argumenta-t-elle.
Blaise voulut lui dire que si Madame Pomfresh les avait autorisés à sortir, c'est qu'ils plus n'avaient rien, mais il ne réussit pas à placer le moindre mot. Fort heureusement Théo arriva bientôt avec un paquet de friandises et cela les occupa un moment, le temps que l'installation se termine et que la plupart des serpentards se rejoignent dans la pièce pour fêter l'événement.
— À notre équipe qui a ravi la victoire à ses débiles de gryffons, fit Trevau, un septième année à l'allure de bœuf qu'Eiden trouvait parfaitement antipathique.
Tous levèrent leur verre de bière au beurre et portèrent un toast avant qu'Andrea n'intervienne :
— L'équipe d'Angélina s'est très bien battue, ils n'ont vraiment rien de débile, dois-je te rappeler qu'ils nous battent depuis quatre ans ?
L'infâme individu se contenta de grogner et d'abandonner la partie, vidant son verre pour ne pas avoir à répondre.
Andrea se laissa tomber sur un des fauteuils avec son équipe plus Théo et Pansy puis elle fit à l'adresse d'Eiden :
— Je n'ai pas encore pu te féliciter, mais très bon piqué, Eid.
Le garçon sourit seulement puis dit, un petit sourire aux lèvres :
— Moi je voudrai souligner que Blaise n'a laissé passer que peu de tirs alors qu'il n'avait cessé de répéter qu'il nous ferait perdre ce match. Alors Blaise, avons-nous perdu ?
Le basané fit une grimace à son compagnon puis se réfugia dans sa bière, peu désireux de répondre à cela.
— Tu as vraiment géré Blaise, intervint Théo, et cet arrêt du genou, vraiment fantastique ! Digne des plus grands !
— Oui et j'ai nettement vu sa roulade pour intercepter le second but, ajouta Artémisia de sa voix flûtée.
La jeune fille avait également eu son lot de réussite, comme chacun dans l'équipe, mais elle s'en était sorti, elle sans séjour à l'infirmerie. Son don pour l'esquive l'avait bien aidée, ainsi que le fait que les jumeaux s'acharnaient sur Elie, leur meilleure buteuse et de consistance plus frêle. Artémisia n'était elle-même pas vraiment ce que l'on pourrait appeler une fille taillée, mais elle était tout de même moins mince que son amie et semblait plus solide, même si ça n'était pas forcément la vérité.
— Oh et personne n'oubliera votre magnifique manœuvre de la voltigeuse, fit Pansy, du grand art ! Même si j'ai cru que mon cœur allait s'arrêter.
— C'est une chose que nous avions travaillée à l'entraînement, mais je dois dire qu'ils l'ont magistralement exécuté, ronronna Andrea, particulièrement fière. En vérité, je ne pensais pas qu'ils oseraient véritablement la tenter, c'est tactique si difficile …
— Un pur régal à voir renchérit Théo, elle est si rarement utilisée. D'ailleurs je ne pense pas qu'elle ait déjà été tentée à Poudlard.
— J'ai cru qu'Elie allait s'écraser, confessa Peter, lové dans un fauteuil. Et pourtant je les ai vus s'entraîner !
— Ouai, moi aussi déclara sombrement Eiden.
— Et bien moi j'étais sûr qu'elle allait réussir ! répliqua Artémisia en mordant joyeusement dans un petit gâteau.
— Encore heureux, protesta Drago, c'est toi qui l'as proposée.
— Moi pendant quelques secondes, j'ai eu l'impression de voler … fit rêveusement Elie, confortablement installée dans le canapé, les genoux ramenés contre elle
— Voler sur un balai ne te suffisait pas, il fallait que tu te jeter dans le vide ! gronda son frère, assis en face. Il fit un mouvement vers elle mais la main de Blaise sur son genou le contraint à rester assit.
— Je me suis senti tellement … libre, continua sur le même ton la blonde, faisant fit de l'intervention de son frère. En tout cas c'est grâce à Drago, c'est lui qui m'a rattrapé.
— Encore heureux, cela aurait fait tache, dans tous les sens du terme, rit Théo de sa blague douteuse.
Tous les autres lui lancèrent un regard incertain, pas sûr que la blague soit vraiment drôle, mais Elie souriait, elle, comme inconsciente du fait qu'elle aurait très bien pu se fracasser sur le sol.
La soirée passa doucement ainsi, entre rires, gâteau, musique et bière au beurre puis la salle commune se vida petit à petit, ne laissant plus que quelques personnes en son sein. Drago resta longtemps devant le feu, sortant ses devoirs, n'ayant pas encore sommeil. Tous ses amis étaient montés, même les jumeaux qui pour une fois restèrent bien sagement dans leurs dortoirs. Le blond écrivait depuis un moment quand un doux bruissement lui fit lever la tête et qu'une odeur merveilleuse florale et boisée l'enveloppa. Il tomba sur le regard aux reflets argentés d'Elie qui déposa son nénuphar sur la table basse devant eux.
— Il est fané à présent Drago, dit-elle simplement.
— Tu savais que c'était moi ? fit-il surpris et ne sachant que faire.
— Oui, je le savais.
— Depuis combien de temps … commença-t-il puis il secoua la tête, cela n'avait aucune espèce d'importance.
Doucement il sortit sa baguette et toucha le cœur de la fleur, murmurant un sort qui eut pour effet de raviver la plante, déversant une lueur qui s'épanouit lentement du cœur vers les extrémités, rendant son aspect originel au présent. Quand elle le prit dans ses mains, Elie fut surprise de voir qu'il s'était changé en une sorte d'albâtre blanc, rose et dorée, figeant la fleur dans sa beauté pour l'éternité. Elle la reposa doucement tandis que Drago disait, rassemblant tout son courage :
— Tu sais, si tu refuses tu peux garder tous les présents, je ne veux pas que tu me les rendes, je te les ai offerts, ils sont pour toi.
— Je pense que je vais les garder, répondit tranquillement Elie.
— Oh tu …
— Drago, sais-tu comment se finit une telle tradition ?
— Et bien, tout dépend de la réponse, mais oui je sais, murmura le jeune homme au comble du stresse.
— Oh alors tu sais quoi faire si je te dis que j'accepte tes attentions.
— Je ….
— J'accepte tes attentions, Drago Malfoy, chuchota Elie en souriant.
Le cœur battant, le garçon se pencha vers elle et posa ses lèvres sur celles, douces de la fille qu'il aimait et elle répondit sans attendre, bougeant contre lui. Les mains de Drago se frayèrent donc un chemin vers elle, sur sa taille et son dos, tandis qu'Elie venait caresser sa nuque et son cou des siennes, englobant le jeune homme de son odeur et de sa chaleur. Puis sans qu'ils ne sachent qui avait commencé, leurs langues se mêlèrent, dansèrent ensemble, prenant bien le temps d'explorer la bouche de l'autre tandis qu'ils se rapprochaient encore. Une mèche d'Elie vint caresser le visage de Drago et il put respirer à plein poumon l'odeur entêtante de ses cheveux. Il resserra sa prise sur la jeune fille, immensément heureux qu'elle soit enfin à lui, contre lui. Puis ils séparèrent finalement et avec un petit sourire craquant, Elie demanda :
— Personne ne s'enfuit cette fois ?
— Non, sourit lui aussi Drago en se penchant à nouveau vers la jeune femme, pas encore rassasié d'elle, non personne ne s'enfuit.
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La nouvelle de la relation d'Elie et Drago fut accueillie avec plus de calme que celle de son frère, et ce pour plusieurs raisons. D'abord elle n'était pas homosexuelle, car bien que les relations de même sexe soient bien tolérées dans le monde des sorciers, elles restaient tout de même marginales, et puis beaucoup avaient devinés la nature des sentiments que Drago nourrissait pour la belle serpentard.
Quand ils apparurent main dans la main, le lendemain du match au petit déjeuner, Severus ne put s'empêcher de soupirer en son for intérieur : ciel, pas de gryffondors ni de poufsouffles, mais bel et bien deux serpentards, et pas des moindres ! Le potionniste était pleinement satisfait, même si cela ne l'empêcherait pas de faire de la vie de son filleul un enfer si jamais il blessait sa petite princesse. Ce dont il s'assura d'ailleurs que Drago avait bien compris, et ce dès le petit-déjeuner, d'une mise ne garde visuelle parfaitement claire. Le garçon déglutit d'ailleurs : il connaissait trop bien le caractère cruel de son parrain pour ne pas prendre au sérieux la menace qu'il représentait.
— Cesse de te laisser intimider par mon père, Drago, dit Elie en posant sa main sur la sienne pour lui faire détourner le regard puis elle roula des yeux à l'adresse de son géniteur qui fit comme si de rien n'était.
Libéré de Severus, Drago tomba cependant sur l'air menaçant d'Eiden qui lui promettait mille morts lentes et douloureuses.
— Eiden s'il te plaît, cesse de tuer mon récent petit-ami du regard, j'aimerai qu'il le reste encore un peu.
— Un peu, rit Blaise.
— Beaucoup, assura Elie avec un sourire. Eiden !
— Je n'ai strictement rien fait, protesta le garçon.
Cependant, Drago tient tête au père, comme au fils, refusant de baisser les yeux ou de s'avouer apeuré par leurs menaces. Il était un Malfoy tout de même.
— Que faisons-nous aujourd'hui ? interrogea Pansy, le nez dans sa tasse de thé.
— On pourrait peut-être faire le devoir du vieux crapaud ? fit, la mort dans l'âme, Eiden. Ce n'est pas que j'en ai envie, mais il va bien falloir le faire.
Ils acquiescèrent tous sombrement.
— C'est sûr quoi cette fois ? demanda Blaise, que cette idée désespérait vraiment.
— La théorie du sortilège de désarmement, ou comment décrire ce sort ainsi que ses usages et ses limites, répondit funèbrement Drago.
— Génial, répondit sombrement le basané. Pédagogique et intéressant, comment pourrais-je ne pas sauter de joie ?
Le repas terminé, ils s'installèrent donc tous dans leur coin favori de la salle commune et s'attelèrent à la tâche, échangeant des idées et des remarques de temps à autre. Théo fut le premier à terminé, c'étant déjà avancé, puis Elie s'étira et commença à se lever, privant Drago du contact réconfortant de sa cuisse contre la sienne.
— Déjà terminée ? l'interrogea-t-il.
— Oui, je l'ai fait dans la nuit de jeudi à vendredi, je n'arrivais pas à dormir.
— Oh … ok
Elie se pencha et déposa un baiser léger sur les lèvres de Drago.
— Je reviens dans une minute.
Elle disparut dans le dortoir et le garçon la suivit du regard. Blaise le regarda, l'air moqueur et dit :
— Depuis quand es-tu devenu si pitoyablement accro ? Elle te fait quelques serments et voila que tu fonds complètement !
Entendant les mots qu'il avait lui-même prononcés à la première réunion de l'AD, le blond grimaça, mais se replongea dans son devoir. Quelques minutes plus tard, Elie revint et se réinstalla près de Drago, continuant la rédaction d'une longue lettre commencée l'avant-veille. Eiden avait à présent terminé lui aussi et il discutait avec Théo de la prochaine réunion de l'AD, qui devait avoir lieu le vendredi suivant.
— Je pensais aborder les sortilèges de réduction et d'entrave et peut-être aussi le sortilège de stupéfixion, expliqua Eiden à son ami aux cheveux noirs qui s'était allongés en travers de son fauteuil.
— Ça me paraît bien, suffisant en tout cas pour nous faire travailler toute la séance, je ne pense pas que nous soyons beaucoup à avoir déjà lancé un sortilège d'entrave.
— Non, mais il m'a été plutôt utile dans le passé, il est toujours bon de le maîtriser.
Surtout lorsque l'on se retrouve au milieu d'un labyrinthe peuplé de monstres et de sortilège, songea Eiden. Il échangea un regard avec sa sœur et il vit qu'elle pensait à la même chose. Elle lui lança un regard entendu et poursuivit son écriture. À présent que ses amis de Beauxbâtons étaient au courant de son état, ils s'échangeaient régulièrement des nouvelles. Tout semblait bien aller pour eux, même si depuis le retour de Voldemort, le Clan s'inquiétait de leur sécurité.
— Hum …
Un tout petit garçon, probablement en première année, se tenait devant eux, gêné d'avoir à les interrompre.
— Oui ? demanda gentiment Eiden.
— Le professeur Rogue voudrait vous voir tous les deux après le déjeuner, il dit que Madame Menes est là, fit précipitamment l'élève, comme s'il ne désirait pas rester là plus longtemps que nécessaire.
— Oh, d'accord. Merci du message.
Le garçon s'enfuit littéralement, disparaissant de leur vue plus vite que le vent.
— Tu pourras nous rejoindre après, Blaise, je suis sûr que Sekhmet sera ravie de te voir, fit Elie au basané.
— Oui, je passerai plus tard, pour vous laisser entre vous.
La jeune femme hocha la tête et reprit sa rédaction. La mère de Blaise était proche de certains membres du clan de la Main de Lazuli, sa grand-mère en était issue et Helena, la mère du bistré, l'avait parfois emmené avec elle lors de ces visites. Blaise connaissait donc un peu la famille Menes, et notamment la tante, Sekhmet, l'alpha.
Après le déjeuner donc, les jumeaux rejoignirent leur père dans ses appartements. Leur invitée n'était pas encore arrivée, alors ils s'installèrent dans le salon pour l'attendre. Profitant qu'il était seul, Severus demanda :
— Alors Drago, Elie …
La jeune fille le regarda d'un air amusé.
— Je suppose que cela ne te pose pas de problème, père, parfait spécimen de serpentard pour moi aussi.
— Je dois admettre qu'ils sont plutôt à mon goût, du moins tant qu'ils se tiennent à bien.
— Tu ne ferais quand même pas du mal à ton Drago chéri, ton petit filleul adoré, ironisa Eiden.
Son père lui lança un regard acéré.
— Filleul ou pas s'il fait le moindre mal à Elie …
— Bien, bien, assez de manifestations d'amour paternel coupa en riant la jeune fille. Vous ne me croyez pas capable de me débrouiller seule ?
— Si, mais on ne va pas refuser un petit plaisir lorsqu'il se présente, déclara placidement son frère en étendant ses longues jambes.
Elie soupira et secoua la tête, passablement déprimée par l'attitude des deux hommes de son sang.
— Narcissa va être enchantée, intervint Severus, elle ne cesse de me demander de tes nouvelles depuis qu'elle t'a rencontrée, ainsi que des tiennes, Eiden, même si elle n'a pas eu l'insigne honneur de te connaître.
Pour toute réponse son fils l'ignora superbement, examinant un de ses ongles avec une attention surprenante.
— Ce qui ne va sans doute pas être le cas de son mari, lui qui prône si fort la pureté de son sang, répliqua l'adolescente.
Son père tourna son regard vers elle.
— N'en soi pas si sûr Elie, les sangs mêlés de ton rang sont très recherchés pour les unions, un tel apport de pouvoir dans sa lignée ne pourrait que séduire Lucius. Car ce qu'il aime, encore plus que son nom, c'est le pouvoir. Et une telle alliance est vraiment attirante pour lui, surtout lorsqu'il saura que vous êtes les derniers héritiers Grimm. Severus soupira fortement. Non, en réalité, je ne me méfie pas trop de Lucius pour t'accepter, je me méfie plus de ce qu'il manigancera pour t'utiliser.
Avant qu'aucun des deux enfants ne puisse répondre, les flammes de la cheminée devinrent vertes et une femme apparut, ressemblant beaucoup aux frères Menes. Elle avait la peau mate, le visage fin, un nez droit, des yeux en amande ourlée de cils épais et noirs que se fermait sur des pupilles dorées, une longue chevelure noire retenue sur le côté gauche par une large tresse compliquée et entrelacée d'or. Elle portait un pantalon noir qui collait à ses jambes musclées et une tunique cintrée, légère, pas vraiment adaptée au froid hiver écossais. Ses ongles d'une teinte sombre et d'une coupe effilée semblable à des griffes, et ses oreilles, de formes particulières, plus allongées que la normale, lui conférait un aspect étrange, un peu animal.
— Bonjour, fit-elle avec un sourire qui découvrait des canines aiguisées. Je suis Sekhmet Menes, l'alpha et la chef du clan la Main de Lazuli.
Elle parlait avec un fort accent méditerranéen et les bracelets à son poignet cliquetaient quand elle bougeait. Elle serra la main de Severus, qui lui tendit sa gauche, comme le voulait l'usage des métis et le sourire de la nouvelle venue s'agrandit encore, lui donnant un air un peu sauvage.
— Enchanté, Madame Menes, Severus Rogue, le père d'Elie et Eiden.
L'orientale se tourna alors vers l'adolescent qui ressentit une petite tension, comme devant une créature inconnue et potentiellement meurtrière.
— C'est un plaisir, assura-t-elle avant de serrer sa main à son tour, effleurant d'un doigt la marque nouvellement acquise d'Eiden. Son regard sembla le transpercer et il sentit qu'elle lisait au plus profond de lui. Mes neveux m'ont beaucoup parlé de toi.
Quand elle se détourna finalement pour serrer contre elle sa sœur, Eiden ne put s'empêcher de soupirer légèrement, soulagé qu'elle cesse de le jauger ainsi.
— Ma petite louve, je suis si heureuse de te retrouver.
— Moi aussi Sekhmet.
Le ton de la femme avait presque imperceptiblement changé, passant sur une gamme plus douce. Quand elle relâcha Elie, aucun des deux hommes ne manqua le rapide examen qu'elle faisait déjà de la jeune fille. Elle se tourna d'ailleurs vers le potionniste.
— Si cela ne vous ennuie pas, j'aimerai m'atteler tout de suite à cette tâche, autant régler les choses tout de suite.
L'homme acquiesça et lui désigna la porte de la chambre des jumeaux et elles disparurent toutes deux derrière. Elles revinrent quelques minutes plus tard puis l'Égyptienne invita d'un geste Eiden à prendre la place de sa sœur. Celui-ci, pas vraiment assuré, échangea un regard avec Elie qui l'encouragea d'un sourire.
— Il n'a pas l'air très rassuré, souffla Severus en contemplant toujours la porte close.
— Sekhmet est assez impressionnante, mais elle ne fera rien à Eiden.
— Elle à l'air … assez sauvage, confessa l'adulte.
— Oui, c'est une métamorphe sous sa véritable forme. C'est une marque de confiance, d'ordinaire, devant un sorcier non affilié à un clan elle garde son apparence humaine.
Severus hocha la tête, Rose lui avait enseigné les bases des mœurs métissées dans ses nombreuses lettres, à sa demande. Il voulait vraiment en apprendre plus sur le peuple de ses enfants.
— Tu voyais souvent ses neveux ? interrogea l'homme.
Ses enfants lui avaient raconté qu'ils avaient tout avoué aux frères Menes, sous couvert de serment sorcier. Ils avaient reconnu Elie dès son arrivée.
— Non pas vraiment, répondit Elie, je ne les voyais qu'assez rarement, car ils vivent ici, en Angleterre avec leurs parents.
Eiden et Sekhmet revinrent à ce moment et prirent place à leur côté.
— Qu'en est-il ? s'enquit immédiatement le professeur.
— Et bien rien de fâcheux, heureusement. Même si les circonstances de leur héritage n'étaient pas favorables, il semblerait pourtant que tout se soit déroulé correctement. Bien sûr, j'aimerai tout de même les surveiller et faire des examens réguliers, au moins jusqu'à leur majorité. Ils ont un grand potentiel, qui va encore augmenter régulièrement, il serait plus prudent d'en suivre l'évolution, pour s'assurer que tout se passe bien.
Severus opina, parfaitement d'accord, puis l'orientale continua :
— L'ossature et la musculature d'Eiden se développent correctement, ainsi que celle de sa sœur, il devrait probablement grandir encore tous deux, d'après ce que j'en ai vu. Leur flux magique est bon, ainsi que leur état général. Je leur ai tout de même donné quelques potions et exécuté certaines incantations pour les aider à reprendre un poids et une forme normale, mais tout cela devrait se réguler avec le temps. Elie n'a pas vraiment de séquelles de sa séquestration, même si je vais continuer de la surveiller. Concernant leurs héritages, ils me semblent plutôt bien accepter l'elfique, qui est déjà bien incorporé. Même si vous n'êtes pas à l'abri de quelques éclats de magie impromptue, surtout dans le cas d'Elie qui avait déjà cette tendance avant. Dans quelque temps ils vont développer leur nature de changeforme, ce qui posera peut-être plus de problèmes.
— Comme ? demanda Severus.
— Et bien comme tous les métamorphes, ils vont probablement avoir des petits problèmes de transformations.
— Leur mère avait passé un certain temps avec des griffes à la place des ongles, sans pouvoir rien y faire, se souvient le potionniste.
— Des tracas dans ce style-là, oui, sourit Sekhmet en agitant sa chevelure de jais. Mais nous passons tous par là, il n'y a pas lieu de s'alarmer. Quelques gouttes de la potion métamorphosys et des sortilèges de dissimulations permettent de maîtriser le problème. Et si vous avez des difficultés, demandez conseil à Anton, il saura quoi faire pour vous aidez. Ou prévenez-moi si c'est vraiment grave ou handicapant.
— Handicapant ? interrogea, le teint brusquement plus pâle, Eiden.
— Rien de bien méchant, assura la femme.
Elle continua ainsi, leur faisant des recommandations et dispensant des conseils pour mieux gérer les changements, même si, d'après elle, ils semblaient vivre bien la chose.
Alors que l'après-midi était bien entamé, de faibles coups retentirent contre la porte et Severus pria les visiteurs d'entrer. Les jumeaux lui avaient expliqué qu'ils avaient invité Blaise à passer, mais le bistré n'entra pas seul, mais accompagné des deux neveux de Sekhmet, qu'il était passé chercher. Les retrouvailles furent joyeuses, bien que courtes, l'alpha étant attendue ailleurs.
Les cinq jours qui les séparaient de la troisième réunion de l'AD semblèrent s'égrainer mortellement lentement aux yeux d'Eiden. Ses nuits étaient ponctuées de cauchemars ou Voldemort arpentait les couloirs du Ministère, cherchant avec ardeur une chose cachée derrière une porte qu'il ne parvenait à trouver. Il se réveillait en sueur, désorienté, pris d'une colère qui n'était pas la sienne, mais surtout sa tête menaçait d'éclater et il ne parvenait à se rendormir. Parfois les cauchemars étaient si fort qu'ils réveillaient aussi Elie, il sentait alors ses mains parcourir ses cheveux, son visage, secouer ses épaules. Elle était la seule qui parvenait à le réveiller et à le calmer. Parfois, quand elle était assez calme elle-même, elle l'entraînait dans cet espace blanc où il s'oubliait.
Mais cette semaine, les songes étaient tellement forts qu'ils affectaient également sa sœur et qu'elle ne parvenait pas non plus à se réveiller. Le jour, il était tellement fatigué qu'il traversait la journée comme dans un brouillard épais, comme un fantôme, suivant à peine le discours ronronnant de ses enseignants. Blaise s'inquiétait bien sûr, ainsi que leurs amis, vert et argent ou rouge et or, mais aucun ne pouvait réellement l'aider, lui ou Elie. Alors il attendait les vacances avec impatience, certain que l'acharnement du vieux crapaud à son égard ne faisait qu'empirer les choses. La professeure semblait en effet avoir définitivement pris Eiden en grippe et lui infligeait régulièrement des retenues, dont il revenait la main ensanglantée et la tête douloureuse. Fort heureusement, grâce à sa sœur, Anton et l'essence de Murlap, il parvenait à cacher cela aux autres. L'égyptien avait de grandes connaissances en soins magiques et il aidait toujours Eiden quand celui-ci refusait d'aller à l'infirmerie ou de demander l'aide de son père. Les jumeaux avaient décidé d'un comment accord de ne pas alerter Severus sur la persistance des cauchemars d'Eiden, tant que ceux-ci ne devenaient pas ingérables. Il avait déjà bien assez de soucis comme cela, avec son rôle d'espion chez Voldemort.
Le soir de la réunion, Eiden retrouva pourtant le sourire, cela le mettait particulièrement en joie d'entraîner tout ce monde au nez et à la barbe d'Ombrage et de ce dire que ceux-là au moins pourraient se défendre un peu plus efficacement des mangemorts. Quand tout le monde fut rassemblé dans la Salle sur demande, il expliqua :
— Aujourd'hui nous allons commencer avec les sortilèges de réduction, puis nous travaillerons ceux d'entraves et enfin, si nous avons le temps, nous verrons les sortilèges de stupéfixion.
Des murmures parcoururent les rangs, c'était un programme ambitieux et des sortilèges complexes. Tous avaient hâte de s'y mettre.
Le brun les répartit donc par groupe, les encourageant à mélanger les maisons. Il demanda à Elie et Hermione de le seconder, maîtrisant toutes deux les trois sortilèges. Il était ainsi plus facile de gérer la quarantaine d'élèves et d'aider chacun d'eux à progresser.
Ils commencèrent par le sort de réduction, utilisant les strutoscopes comme cible. La plupart parvinrent à maîtriser le sortilège assez rapidement, d'ailleurs Ginny le fit si bien que l'ultime sortilège qu'elle envoya détruisit la table et tout les strutoscopes qu'elle portait.
Puis ils passèrent au sort d'entrave et l'utilisèrent sur des oiseaux de papiers conjurés par Hermione et Elie, permettant ainsi de s'entraîner sans danger. La séance se passa bien, si bien qu'ils purent également se frotter à la stupéfixion et qu'une bonne part du groupe parvint à en lancer au moins un efficace. Quand tous quittèrent la salle, peu avant vingt et une heures, Eiden avait retrouvé sa joie de vivre.
— Vous avez vu les efforts que vous avez tous faits incroyables ! C'était bien mieux que la fois précédente.
Tous opinèrent et firent part de leurs impressions. Blaise sourit tendrement à son compagnon, il était heureux et soulagé de le voir si optimiste et lumineux, alors que ces jours-ci il était si effacé et perdu. Sans pouvoir s'en empêcher, il l'enlaça par-derrière et déposa sa tête contre sa nuque, inspirant l'odeur de sa peau et de ses cheveux.
— Ça va Blaise ? demanda doucement le brun.
— Oui, très bien, répondit-il et Eiden sentit son sourire contre sa peau.
— Dors avec moi cette nuit, souffla le fils Rogue.
Pour toute réponse, le basané embrassa la peau douce dernière son oreille et resserra sa prise.
— Je t'aime, dit-il tout bas.
Les yeux d'Eiden brillèrent, mais le bistré ne pouvait les voir. Il se retourna cependant et fit face à son petit ami, laissant ses mains dériver sur la peau sombre.
— Je t'aime aussi Blaise.
Un immense sourire fleurit sur les lèvres du basané qui captura celle de son vis-à-vis dans un baiser tendre qui devint rapidement passionné. C'était la première fois que de tels mots étaient prononcés. Leurs langues dansèrent ainsi de longues minutes tandis qu'ils oubliaient le monde et les gens autour. Puis un toussotement les fit se séparer.
— Ce n'est pas que je voudrai vous déranger, mais il est plus de neuf heures et je ne tiens pas vraiment à attendre Noël avec Rusard, intervint Théo avec un petit sourire moqueur.
Blaise lança un regard peu amène au malotru qui avait osé les déranger en pareil moment, puis il s'éloigna d'Eiden, à contrecœur, gardant sa main dans la sienne.
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C'était une nuit très sombre, la lumière de la lune peinait à pénétrer la surface du lac et ne nimbait le dortoir que d'une frêle lueur verte, à peine assez pour distinguer les contours des meubles. C'est pourquoi Blaise eut le plus grand mal localiser la source des gémissements et des murmures, même si il se doutait de qui les produisaient. Se débarrassant de sa couverture, il sauta de son lit pour rejoindre la couche voisine et d'écarter les rideaux. Derrière, emmêlé dans les draps, se tortillait Eiden, vraisemblablement en proie à un violent cauchemar. Son serpent sifflait tout prêt de lui, serrait son poignet, mais rien n'y faisait, il ne parvenait pas à le réveiller. Blaise secoua son épaule, l'appela, mais sans plus de succès que Saffi. Tout ce capharnaüm tira cependant les autres du sommeil. Crabbe et Goyle regardaient Blaise, hébétés, mais Drago et Théo réagirent un peu plus et se virent à la rescousse du basané. Cependant, malgré tout leur effort, ils ne firent pas mieux que le bistré et Eiden continua à s'agiter sans ouvrir un œil. Plusieurs minutes angoissantes passèrent ainsi, sans que la situation ne change. Puis la porte du dortoir s'ouvrit sur une Daphnée Greengrass paniquée qui bredouilla qu'Elie faisait une crise dans son sommeil. Voyant l'état d'Eiden, la jeune fille se tût et son teint devint très blanc.
— Vous … il … vous ne parvenez pas non plus à le réveiller ? bégaya-t-elle.
Face à l'affolement ambiant, Drago prit les choses en main :
— Ok, Blaise continue de tout faire pour le lever, Théo va chercher Sev et Daphnée aide Blaise, il faut que l'on arrive à en tirer un de là pour qu'il aide l'autre.
Sans savoir pourquoi, le garçon était certain de cela. Il fallait absolument réveiller un des jumeaux, pour que ce cauchemar cesse.
Théo disparut immédiatement, enfilant rapidement un pull par-dessus son pyjama : les cachots en hiver étaient particulièrement froids. Blaise retourna à sa tâche tandis que Daphnée regardait toujours le blond :
— Et toi ?
— Je vais essayer d'aller à votre dortoir, pour vous aider avec Elie, répondit le fils Malfoy en quittant le dortoir lui aussi.
Contrairement à ce qu'il avait d'abord pensé, l'escalier des filles le laissa passer, comme s'il semblait saisir l'urgence de la situation. Dans le dortoir des cinquièmes années, l'ambiance n'était pas meilleure. Elie semblait tout aussi mal que son frère, complètement prisonnière des couvertures. Pansy et Artémisia tentaient par tous les moyens de la réveiller, tandis que Millicent, impuissante et ne sachant que faire, attendait sur son lit, la mine blanchâtre.
— Drago ! s'exclama Pansy. On a envoyé Daphnée chercher Eiden …
Le jeune homme hocha la tête et s'approcha de sa petite amie.
— Oui, mais Eiden est dans le même état alors il ne peut rien faire. J'ai demandé à Théo d'aller querir Sev.
— Lui sera quoi faire, approuva Artémisia qui secouait toujours son amie gémissante.
Finalement, à trois, ils parvinrent à tirer Elie de son cauchemar et à la réveiller. Même si elle ne semblait guère en meilleur état, tremblante et les yeux dans le vague, elle avait au moins cessé de gémir. Sans attendre, Drago la prit dans ses bras et la serra exagérément contre lui, tentant de les rassurer tous les deux par ce contact. Cela sembla fonctionner puisque quelques minutes plus tard, les yeux flous de l'adolescente se posèrent sur lui et elle s'écarta un peu.
— Eiden … murmura-t-elle, la voix un peu rauque, en se redressant difficilement.
Comprenant ce qu'elle voulait, Drago la soutint, la portant à moitié, jusqu'au dortoir des garçons où le fils Rogue s'agitait toujours. Une fois près de lui, sa sœur se laissa tomber sur le lit et le secoua comme les autres, d'une main, posant l'autre sur son front trempé de sueur. Elle l'appela et lui parla en celtique, espérant l'atteindre par delà les limbes du sommeil et du songe. Après un moment, elle réussit elle aussi à le réveiller et il bafouilla des phrases sans suite, dans la même langue qu'Elie. Il voulut se redresser, mais elle le maintint allongé. Ce qui était une bonne idée, considérant les tremblements et l'agitation de l'adolescent. Celui-ci chercha d'ailleurs à se dégager puis retomba finalement sur les couvertures, vaincu.
— Vous avez fait chercher père ? interrogea Elie de la voix la plus fatiguée que ses amis ne lui avaient jamais entendue.
— Oui, il ne va pas tarder, rassura Blaise en serrant doucement l'épaule de la jeune fille.
Elle opina seulement, sans les regarder et passa une main rassurante dans les cheveux défaits de son frère qui se calmait doucement. Saffi continuait de siffler doucement, sur un ton apaisant, des paroles que seuls les jumeaux pouvaient comprendre, même si le sens n'avait que peu d'importance pour le moment.
— Sev va arriver, Eid, il s'occupera de tout, murmura-t-elle tandis que la main de son frère serrait douloureusement la sienne.
Assia, le petit serpent d'Elie, tomba du pyjama de celle-ci sur la poitrine du garçon et se lova contre son cœur, le faisant profiter de sa chaleur enchantée.
C'est sur ses entrefaites que Severus entra en trombe, suivant d'un Théodore à moitié habillé. Le professeur se précipita sur ses enfants et demanda doucement à Elie, qui semblait la plus calme, de lui expliquer. Mal à l'aise devant tout cet auditoire, la jeune femme choisie, bien que son esprit soit encore confus, de tendre une main vers son père et de lui montrer le cauchemar d'Eiden qui les avait tous les deux mis dans cet état. Et bien que les images fussent fort emmêlées, il en saisit le message principal.
— Met un pull Elie, nous allons voir Dumbledore.
La jeune fille se releva, tanguant un instant avant que Blaise ne la rattrape. Elle resta contre lui jusqu'à ce que Drago lui passe quelque chose de chaud pendant que Severus tirait Eiden du lit.
— Tu peux marcher, fils ?
L'autre hocha la tête, pâle comme la mort et fit les quelques pas qui le séparait de son armoire sans trop trébucher. Il se couvrit lui aussi et les trois Rogue sortirent, non sans que le plus âgé ne lance aux autres :
— Recouchez-vous, ordonna-t-il. Je m'occupe des jumeaux.
— Mais … commença Drago.
— Je vous tiendrai au courant, assura le professeur. Recouchez-vous !
Il ignora le regard mi-paniqué mi-interloqué de ses élèves et disparut du dortoir avec ces deux enfants.
L'ascension jusqu'au deuxième étage ne se fit pas sans peine et Severus porta à demi son fils jusqu'au bureau du directeur. Elie était toujours très pâle, mais elle pouvait marcher seule et elle ne tremblait presque plus, ce qui rassura, un peu, le potionniste. Arriver devant la statue qui gardait l'entrée, le professeur donna le mot de passe « Fizwizzbiz » et monta sur l'escalier animé avec les deux adolescents.
Malgré l'heure très tardive, Dumbledore ne dormait pas. Il autorisa immédiatement Rogue à entrer et même si il fut surpris de a présence de ces enfants et de leur état, il les invita tout de même de suite à s'asseoir. Sous son encouragement, Severus conta ce qu'il savait des faits. Une fois tout rapporté, le vieillard se tourna vers Eiden :
— Et tu certain de cela ? Un gigantesque serpent aurait attaqué Arthur Weasley ?
— Oui, fit Eiden d'une voix rauque. Mais ce n'était pas un rêve Monsieur, il faut me croire ! Arthur Weasley à été mordu par cette chose et il se vide de son sang dans ce couloir que Voldemort me montre depuis des mois en rêve.
Albus hocha sombrement la tête.
— Je te crois Eiden, je te crois.
Il se leva ensuite prestement, interpellant deux tableaux et leur donnant une série d'ordres auquel le fils Rogue ne prêta aucune intention. Son père avait passé un bras secourable autour de sa taille, l'empêchant de s'effondrer, ce qu'il semblait pouvoir faire à tout moment. De l'autre côté, Elie avait posé sa tête contre l'épaule de son père qui caressait son genou d'un geste rassurant. Si la situation avait été plus légère, Albus aurait apprécié la tendresse du tableau. Mais ce n'était guère le moment. Le vieil homme passa la tête dans sa cheminée, réveillant le professeur Mcgonagall et l'enjoignant de faire venir dans son bureau les enfants Weasley. La femme s'exécuta et le directeur sortit de la cheminée.
— Monsieur, je dois vous dire, commença Eiden d'une voix mal assurée, dans mon rêve je n'étais pas le témoin, j'étais le serpent.
Les tremblements du garçon avaient repris de plus belle et sa voix s'était brisée sur la fin. Il baissa la tête, honteux, mais Albus la fit redresser, ses longs doigts sous le menton du jeune homme.
— Eiden, ce n'est pas toi qui as attaqué Arthur, mais Voldemort. Partageant son esprit et donc son point de vue, il est normal que tu l'aies ressenti ainsi, mais ce n'est pas toi qui l'as blessé, d'accord ?
L'adolescent opina douloureusement, mais ne fuit pas le regard du vieillard. Finalement, celui-ci se retourna et enjoint un certain Phineas Nigellus Black de prévenir Sirius de l'arrivée des enfants Rogue et Weasley. Puis Fumseck fut chargé de prévenir Molly et Dumbledore s'affaira auprès des différents tableaux.
La famille Rogue resta un long moment silencieuse, puis Ginny et ces frères entrèrent en compagnie du professeur Mcgonagall.
— Que ce passe-t-il ? demanda tout de suite la jeune fille. On nous a dit que papa était blessé ?
Le directeur eut un geste apaisant et déclara :
— Votre père a été blessé au cours d'une mission pour l'ordre, mais il a été envoyé à l'hôpital Sainte Mangouste. Votre mère l'y a rejoint et vous allez l'attendre au Square Grimmaurd.
Fred voulut protester, mais le directeur l'en empêcha et posa sur son bureau une vieille bouilloire qu'il fit illuminer de bleu un bref instant.
— Tout le monde sait utiliser un portoloin ? interrogea le vieil homme.
Severus souffla à ses enfants :
— Je vous rejoins dès que je le pourrais.
Eiden et Elie acquiescèrent tous les deux et touchèrent d'un doigt la bouilloire avant d'être emportés. Après un court moment, les six adolescents atterrirent au beau milieu de la salle à manger du Square Grimmaurd. Sirius les y attendait et les invita à s'asseoir, faisant venir de la réserve une caisse de bières au beurre. Personne n'avait envie d'aller se coucher. Les enfants Weasley demandèrent bien vite des explications aux jumeaux. Le professeur de métamorphose les avait tirés du lit avec une explication sommaire. Eiden s'exécuta donc, avec l'aide d'Elie, et leur expliqua les grandes lignes de son rêve, en omettant volontairement qu'il était le serpent dans ce songe. De longues heures passèrent ainsi, George avait trouvé refuge contre Elie, qui tenait elle-même la main d'un Eiden encore pâlot, Fred se tenait la tête entre les mains, immobile, mais éveillé, Ginny c'était lovée sur sa chaise et Ron somnolait par à coup, se réveillant brusquement à chaque fois. Sirius, lui gardait le silence, contemplant seulement la scène. Un éclair rouge brilla soudain et un parchemin tomba sur la table, dont Fred s'empara immédiatement. C'était un mot de Molly, leur indiquant que leur père était toujours en vie et à l'hôpital et qu'elle voulait qu'ils restent à Grimmaurd jusqu'à ce qu'elle vienne les chercher. Si cela rassura les enfants Weasley, cela ne les empêcha pas de continuer leur veille, jusqu'à ce que le jour vienne et que Molly n'apparaisse dans la cheminée.
— Il va bien, les rassura-t-elle immédiatement. Il dort pour le moment, mais je vous emmènerai le voir plus tard.
La femme n'avait pas l'air en grande forme, mais elle souriait pourtant et après avoir embrassé chacun des adolescents, elle se tourna vers Eiden et le remercia chaleureusement :
— Sans toi, il se serait vidé de son sang là-bas, fit-elle chaudement. Et heureusement il l'on trouver à temps et Albus à pus inventer quelque chose pour justifier sa présence en cet endroit, sinon il aurait eu de très gros ennuis. Alors merci Eiden, merci !
Il accueillit maladroitement l'adulte dans ses bras, la nausée au cœur. Il se sentait mal de lui cacher que c'était peut-être lui qui avait agressé son mari. Mais il fut coupé dans ses noires considérations par Sirius qui revint avec de quoi petit-déjeuner. Tous s'attablèrent et les Weasley mangèrent avec appétit, grandement soulagés que leur père soit tiré d'affaire. Mais Eiden, lui, ne put rien avaler, ce qui n'échappa pas à sa sœur. Alors que tout le monde montait pour dormir un peu elle le poussa dans leur ancienne chambre et soupira :
— Eiden, quoi que tu penses, ce n'est pas de ta faute.
— Mais j'étais le serpent, El ! C'est moi qui ai mordu Arthur, j'ai senti son sang et sa chaleur et le reste. C'était moi !
Elle le tira par la main pour qu'il s'assoie sur le lit et elle dit doucement en serrant plus fort sa prise.
— Tu n'as strictement rien fait Eiden, j'ai tout vu également je te rappelle, je l'aurai su si c'était toi.
— Mais peut-être que Voldemort m'a possédé et qu'il m'a fait transplaner jusqu'au Ministère et … fit Eiden qui perdait sérieusement patience.
— Il est impossible de faire transplaner quelqu'un à distance Eid. Et Voldemort ne t'a pas possédé, tu te rappelles de tout et je n'ai rien senti de telle. Tu as seulement été attirée dans la tête de ce serpent, à cause de ton lien avec Voldemort, c'est tout. Tu as été un témoin Eiden, pas l'agresseur, pas un actif.
— Mais … commença le garçon.
— Eiden, j'ai mis plusieurs minutes avant de te réveiller, et avant cela, nos amis ont tenté de nous tirer de là pendant un long moment. Ils t'ont vu t'agiter bien avant la fin de ce rêve. Tu n'es pas sorti de ton lit Eid, pas plus que moi, ce n'était qu'une vision, rien de plus !
Le jeune homme la regarda d'un air perdu, comme un enfant :
— Tu es sûre ? fit-il très bas.
— J'en suis certaine Eid. Rien de tout cela n'est de ta faute, tu as sauvé Monsieur Weasley. Sans toi on aurait appris trop tard pour l'attaque.
Elle le prit contre elle et le berça comme un enfant.
— Tu n'as rien fait de mal, Eid. Rien du tout.
Son frère sembla la croire, il s'appuya plus fortement contre elle et il finit par s'endormir, le souffle enfin apaisé. Elie le suivit quelques minutes plus tard, complètement exténuée.
Quelques heures plus tard, après un rapide déjeuné composé de sandwichs, la petite troupe revêtue des vêtements moldus envoyés de Poudlard par Albus et ils prirent le métro londonien en compagnie de Fol Œil et de Tonks, qui abordait ce jour-là encore des cheveux d'un rose chewing-gum. Si Eiden était à présent rassuré sur sa position durant son rêve, il ne voulait pas pour autant parler aux autres. Il se glissa donc entre Elie et George, qui respectèrent son besoin de silence. En plein cœur de Londres, ils quittent la rame de métro et Tonks les dirigent jusqu'à un grand bâtiment de brique rouge, auparavant un grand magasin : Purge & Pionce Ltd. Derrière les vitrines sales, de vieux mannequins défraîchis s'exposaient, au milieu d'un espace miteux et poussiéreux. L'auror s'approcha de l'un d'eux et demanda à entrer. À la plus grande surpris d'Eiden, la chose de plastique démodée lui répondit et leur permit le passage. Comme à la gare, chacun traversa la vitrine et se retrouva dans le hall d'un hôpital bondé où tous les patients semblaient être atteints de syndromes bizarres : des malformations, des métamorphoses incomplètes, des appendices surnaturels … Certains produisaient également des sons étranges ou agissaient curieusement, mais les adolescents n'eurent pas le temps de s'y pencher plus en avant que déjà Tonks les entraînait dans la file du standard. Un moment plus tard, la femme les renseignait sur la nouvelle chambre d'Arthur et ils montaient tous au premier étage. Tonks et Fol Œil laissèrent entrer la famille Weasley en premier, arguant qu'ils ne pourraient pas tous lui rendre visite en même temps. Les jumeaux Rogue voulurent rester eux aussi en arrière, mais Molly les poussa tous les deux dans la chambre.
— Arthur veut te remercier Eiden.
Soupirant intérieurement, le garçon entra dans la petite pièce meublée de trois lits. Deux des patients semblaient dormirent, mais Monsieur Weasley, lui, était bien réveillé et les accueillit avec un grand sourire. Il attrapa sa baguette magique et fit apparaître assez de chaises pour tout le monde.
— Alors Papa comment ça va ? interrogea Ron.
— Assez bien je dois dire, quand les guérisseurs trouveront le moyen de fermer mes plaies je pourrais rentrer à la maison.
— Elles ne se sont toujours pas refermées ? s'enquit Molly.
— Non, apparemment le venin les en empêche, mais ils ont bon espoir de trouver. Ils ont vu des cas bien pires apparemment, alors ils veillent à me donner toutes les heures une potion de régénération sanguine et ils cherchent un antidote.
Ils échangèrent ensuite des banalités et les dernières nouvelles jusqu'à ce que Fred demande à son père :
— Alors, que s'est-il réellement passé là-bas ?
Monsieur Weasley eut un sourire pour Eiden et déclara :
— Vous le savez déjà, il me semble.
Le garçon ne répondit pas, mais Fred continua :
— Ce que nous ne savons pas, c'est se que tu faisais là-bas et pourquoi tu t'es fait attaquer.
— Je travaille au Ministère, Fred, dit tranquillement Arthur.
— Oui, mais pas à ces heures-là. Et d'après Eiden tu t'es fait attaquer dans les bas niveaux, et tu travailles au deuxième.
— Cela ne te regarde pas ce que j'y faisais, fils.
— Oui, mais apparemment tu surveillais quelque chose. Est-ce l'arme dont parlait Sirius cet été ?
Un coup sec sur la main du rouquin l'empêcha de continuer et un regard noir de Molly les mit au défi de poser d'autres questions. Arthur se racla la gorge et bifurqua sur d'autres sujets plus innocents. Deux heures plus tard, après avoir attendu les aurors dans le couloir, tous revirent dans la rue bondée et prirent le métro dans le sens inverse. Arrivés au Square Grimmaurd ils eurent la surprise de voir Sirius et Severus attablés l'un en face de l'autre, autour d'un thé, parfaitement sereinement. Bien sûr Eiden savait que son père faisait des efforts pour lui envers son parrain, mais il n'aurait jamais imaginé les trouver en pareille situation, sans explosion ni cris. Mais le garçon ne savait pas que son père avait commencé à tisser des rapports plus calmes avec son ancien ennemi, notamment au cours de la soirée précédente, où il s'était confié à propos de Rose et de ses enfants. Quand il les vit, le professeur se leva immédiatement et se porta à leur rencontre.
— Vous allez bien ? demanda-t-il en les inspectant tous les deux.
Mais comme ces enfants semblaient en relative forme, il les relâcha et expliqua.
— Ombrage à piqué une crise lorsqu'elle c'est aperçu que vous aviez tous les six disparut, mais Dumbledore à trouver une excuse et j'ai pu ramener vos affaires. Londubat, Jordan et Granger ont rassemblé celles des Weasley et les serpentards en ont fait de même avec les vôtres. Vous n'avez donc pas besoin de revenir au château.
Les adolescents opinèrent et Elie demanda :
— On reste ici alors papa, où on rentre chez toi ?
— On rentre chez nous, El, répondit l'homme en serrant affectueusement son épaule. Avez-vous des choses à prendre ici ?
— Nos pyjamas, fit la jeune fille en disparaissant pour les chercher.
Eiden lui hésita et tourna un regard un peu désolé vers son parrain, déchiré. Mais celui-ci lui fit un sourire rassurant :
— Ne t'en fait pas Eid, on se reverra bientôt. Il faut que tu passes du temps avec ton père et ta sœur, tu en as besoin et envie.
— Oui, mais toi …
— Oh je vais être bien occupé ici, rétorqua joyeusement l'animagus. Je vais avoir du monde toutes les vacances, les Weasley m'ont demandé de rester, c'est plus près de l'hôpital. Mais on se verra le vingt-cinq, ne t'en fait pas.
Tranquillisé, le garçon sourit et alla embrasser son parrain alors que sa sœur réapparaissait. Après de rapides au revoir, Severus les fit transplaner chacun leur tour.
