N.D.A :
Bonsoir !
Exceptionnellement je poste le nouveau chapitre aujourd'hui car je ne serais pas disponible en fin de semaine.
Je voudrai juste répondre aux deux reviews qui ne se sont pas affichées, sans que je comprenne pourquoi.
mamy 83 : Merci d'avoir pris le temps de laisser un commentaire. Vos éloges me vont droit au cœur et je suis enchantée que l'histoire et l'écriture vous plaise. A bientôt pour la suite !
adenoide : Merci également pour le review. Si les nouveaux venus ont pus trouver et entrer dans le manoir, c'est justement car Severus les a invités, comme vous le découvrirez plus bas.
Comme d'ordinaire, merci à ceux qui visitent, lisent et commentent ! En espérant que la suite vous plaise ...
Bonne lecture !
Elishae
Chapitre 14 : Lucius Malfoy
Quand Eiden fit entrer les nouveaux venus dans la salle à manger, il vit la surprise et la joie se peindre brusquement sur le visage de sa sœur et il en fût heureux. Elie se leva prestement et courut se jeter dans les bras d'une fille de leur âge aux cheveux foncés, coupés au carré et à la peau d'albâtre.
— Je suis si heureuse de te revoir, Elie, fit-elle en la serrant dans ses bras.
— Moi aussi Ravena si tu savais.
Puis elles se séparèrent et Elienor se tourna vers un blond aux magnifiques yeux bleus foncés qui la regardait avec tendresse. Il ouvrit les bras et elle s'y engouffra.
— Hey, salut ma féline, fit-il d'une voix basse et douce en la serrant contre son torse, plongeant son nez dans ses cheveux. Elle sourit contre son épaule puis il la redressa pour la regarder d'un air inquiet, constatant ses changements, les bons comme les mauvais, et il la laissa aux bras d'une petite blonde aux yeux noisette.
— Tu as bien changé Elie, plus encore que je ne l'imaginais.
L'autre sourit simplement et salua de la même façon un petit châtain et une très belle fille au teint olivâtre. Puis elle se tourna vers les autres, toujours attablés et fit les présentations.
— Alors je vous présente mes amis français, Ravena (elle hocha simplement la tête), Lysandre (il fit à tous un sourire ravageur que Drago accueillit avec une grimace), Charlotte (la petite blonde sourit elle aussi), Arthus (il fit un petit signe de la main) et Soraya (qui inclina la tête également).
Puis elle fit de même avec ses amis de Poudlard :
— Mon frère, Eiden, commença-t-elle avec chaleur, Hermione, Blaise, le compagnon d'Eiden, Neville que vous connaissez déjà (le garçon leur adressa un immense sourire), Ron et Drago, mon petit ami.
Elle avait prononcé ses derniers mots avec tendresse, les yeux brillants, ce qui n'échappa à personne surtout pas à l'intéressé qui lui rendit son sourire.
Une fois les présentations faites, chacun se salua et les jumeaux installèrent les nouveaux venus à leurs côtés, demandant à Olly plus de thé et de douceurs. L'elfe revint bientôt avec le nécessaire, sous le regard amusé d'Arthus qui suivait les actions de la créature d'un air curieux.
— J'avais oublié qu'il y en avait ici ! déclara-t-il, avec un très fort accent français, qui le rendait difficile à comprendre.
— De quoi parle-t-il ? interrogea Ron qui ne comprenait pas la réaction du châtain.
— De l'elfe de maison, expliqua Neville, en France ils préfèrent utiliser les korrigans.
— Alors, comment êtes-vous arrivés ici ? demanda Elie qui semblait euphorique.
Ravena, qui était assise à côté d'elle déclara :
— C'est grâce à Rose et ton père, ils ont tout organisé pour que l'on puisse venir et ils nous ont fourni un portoloin clandestin. On va pouvoir rester quelques jours incognito, puis on rentrera.
La jeune fille attirait les Anglais. Bien sûr, tous les nouveaux venus avaient un petit quelque chose d'exotique qui les rendait attrayants aux yeux des autres, mais Ravena et Lysandre étaient particuliers. Un grand pouvoir se dégageait d'eux, une aura semblable à celle d'Elie et Eiden et aucun ne douta qu'ils possédaient le même métissage. Ils avaient tous les quatre les traits fins et gracieux et étaient particulièrement beaux, trop pour être de simples sorciers. Les deux élèves de Beaubâtons semblaient également maîtriser la magie sans baguette avec la même facilité et le même naturel que les jumeaux, faisant venir à eux ce qu'ils désiraient d'un simple geste. Mais celui qui fût le plus scruté fut Lysandre, d'une part à cause des révélations de Neville, d'autres part, car il était vraiment charmant, trop au goût de Drago. Le fils Malfoy avait immédiatement décelé en lui l'éducation et le maintient des plus nobles familles, les cheveux d'or et les yeux de saphir de cet ange tombé du ciel. Il n'appréciait guère la proximité qu'il semblait avoir avec Elie et la tendresse qui illuminait son regard chaque fois qu'il le posait sur elle. Dans un élan de jalousie, il passa un bras autour de la jeune femme pour bien montrer à ce petit prince français qu'elle était engagée. Mais Elie lui fit un doux sourire et caressa la main qui la tenait, le rassurant. Elle ne chercha pas le moins du monde à se dégager de son étreinte et s'appuya même un peu plus contre lui.
L'attitude de Drago fit sourire Lysandre, mais il ne fit pas de commentaires, échangeant juste un regard amusé avec Ravena qui l'avait remarqué elle aussi.
— Tu ne te ressembles plus vraiment Elie, ton héritage à eu une étrange influence sur toi, déclara Soraya qui l'avait scruté de haut en bas.
La jeune femme avait un accent méditerranéen tout à fait charmant qui émaillait de chaleur son anglais parfois incertain. C'était une chance que les amis d'Elie aient tous bénéficié d'une certaine éducation, car ils maîtrisaient tous à peu près la langue de Shakespeare, suffisamment en tout cas pour pouvoir converser.
— Notre mère avait également lancé sur nous un sort de dissimulation de nos traits pour nous protéger. Il a également sauté ce jour-là c'est pour cela que mon changement est plus prononcé que d'ordinaire. Mais Eiden a été plus radical que moi, c'est lui qui a vraiment changé.
Les jumeaux se sourirent, se rappelant tout les deux de la scène de l'infirmerie, des mois auparavant, lorsqu'Eiden s'était inspecté pour la première fois dans la glace.
— J'ai appris que nous avions quelques ascendants en commun, sourit Ravena en regardant les jumeaux.
Cette nouvelle semblait vraiment la réjouir au plus haut point et elle avait été surprise, mais ravie lorsque Rose lui avait appris ce fait la veille, en leur remettant le portoloin.
— Mère est extatique, tu devrais la voir, je l'ai rarement vue aussi heureuse, mais c'est vrai que tu es un peu sa troisième fille.
Elie adorait la mère de Ravena, Morwen et celui-ci lui rendait bien. Elle avait été une figure maternelle pour elle, en plus de Rose, lui enseignant des tas de choses qu'une jeune métisse de bonne famille doit savoir.
— Je l'étais aussi, avoua Elie, tu te rends compte du hasard ? Rose, qui est en faîte la cousine de ma mère. C'est … vraiment incroyable.
— Le sort fait parfois bien les choses, fit Charlotte avec philosophie.
Quelque temps plus tard, chacun fut installé dans les douze chambres du manoir et voyant que Blaise avait pris ses quartiers dans celle d'Eiden, Elie proposa à Drago de dormir avec elle.
— Mais ton père ne va pas …
— Allons, Drago, aurais-tu peur de mon père ? Toi, un Malfoy ? dit-elle en se moquant gentiment.
— J'ai un minimum d'instinct de survie, marmonna le jeune homme
Mais il ne résista cependant pas à l'invitation, trop tentante, et les elfes de maison apportèrent ses affaires dans les appartements d'Elie. Pendant que tout le monde s'installait, il entreprit de montrer toute l'étendue de ses sentiments à sa petite amie, allongé sur le grand lit de celle-ci.
— Drago, il faut que je te dise quelque chose à propos de Lys avant qu'Eiden ne s'en charge, murmura-t-elle entre deux baisers.
L'autre grogna à l'entente du nom, mais la laissa tout de même continuer.
— C'est mon fiancé alibi.
Le blond se figea au-dessus d'Elie, plantant son regard d'acier dans le sien.
— Alibi ? gronda-t-il.
— Oui alibi. Si j'avais voulu que cela change, j'aurai agi depuis longtemps, on se connaît depuis le berceau. J'ai connu d'autres gens et lui aussi.
Drago gémit dans son épaule.
— Évite de me parler d'autres s'il te plaît, El, ça ne me met pas dans de bonnes … hum inclinations.
Elle saisit doucement son menton et l'obligea à lui faire face.
— Tu n'es pas … je ne sais pas … en colère à propos de Lys ?
Drago soupira et se laissa tomber sur le flanc, à côté de la jeune femme.
— Non, je sais ce que c'est que ces contrats. De manière non officielle, j'ai le même avec Pansy. Et je sais que ni toi ni Lysandre n'envisagez de telles relations.
Elie était soufflée, elle s'attendait à devoir argumenter et se défendre, à de la jalousie et de la possession, pas au calme apparent de son compagnon. Il s'était montré parfaitement excessif dans ce domaine depuis qu'il était ensemble et même avant d'ailleurs, alors qu'il agisse ainsi …
— Tu … prends la chose vraiment bien. Me crois-tu enfin quand je te dis qu'il n'y a que toi ?
— Je t'ai toujours cru, je n'aime simplement pas que l'on s'approche trop de toi. Mais j'ignore pourquoi Lysandre ne m'apparaît pas comme une menace. Bien sûr cela me tue que vous soyez si proche alors qu'il est si beau et qu'il se montre si tendre avec toi, mais je ne m'inquiète pas. Aucun de vous ne voit l'autre de cette façon, je le sais. C'est comme Londubat et Weasley paire.
Elle sourit et l'embrassa sur le nez avec un sourire, contente.
— Par contre cela ne vaut pas pour tout les autres, les Menes et autres imbéciles.
— Les Menes ne sont pas imbéciles, fit Elie en roulant des yeux, et ils ne veulent rien de moi. Assar est gay !
— Oui, mais pas l'aîné.
La jeune femme colla ses lèvres aux siennes pour le faire taire, coupant court à la crise de jalousie. Et si Drago voulut protester, il rendit les armes très rapidement. Un craquement les interrompit finalement et la petite voix d'Addy se fit entendre :
— Maître Eiden demande si la Maîtresse et le jeune Monsieur Malfoy veulent se joindre à eux pour un quidditch.
Elie échangea un regard avec Drago et se releva sur un coude pour dire à l'elfe qu'ils étaient d'accord. Addy disparut et les deux adolescents s'extirpèrent du lit pour s'habiller. En cherchant quelque chose de chaud, Drago tomba sur son propre pull, qu'il lui avait prêté à Poudlard, fraîchement lavé et convenablement plié qui attendait sagement sur la commode. Il le prit dans ses mains et sourit avant d'en vêtir Elie qui ne se fit aucune illusion sur le pourquoi de cet acte. Elle sourit un peu moqueusement et dit :
— Dray, on dort ensemble, dans ma chambre, je crois que tout le monde à bien saisit que tu es mon petit ami.
— Je ne vois absolument pas de quoi tu parles, répondit l'autre innocemment.
— Mais bien sûr ! ironisa Elie en l'entraînant à sa suite dans le couloir.
Lorsqu'ils arrivèrent au terrain, Eiden, Blaise, Ron étaient déjà là, avec leurs propres balais, que les deux derniers avaient emmenés en prévision, sachant pour le nouveau terrain. Le fils de Severus avait prêté des balais de la remise à Lysandre, Arthus et Charlotte et sortit une vieille boîte de balle. Ils n'en utilisèrent qu'une, le souafle et mirent Blaise et Ron aux buts. Les autres prirent le rôle de poursuiveurs, avec d'un côté Eiden, Drago, Charlotte et Lysandre, Arthus, Elie de l'autre. Elie et Drago formaient un trop bon duo et avaient trop l'habitude de jouer ensemble pour qu'ils puissent être mis ensemble sans avantager leur équipe, et même si Arthus était habituellement batteur et Eiden attrapeur, les deux se débrouillaient tout de même à ce nouveau poste. Neville, Hermione, Soraya et Ravena avaient choisi de ne pas jouer et s'étaient installés tout prêt, assis sur des couvertures autour d'un feu invoqué pour échapper au froid de l'hiver.
Le match fut dès le début palpitant, chacun faisant de son mieux pour mener. Les forces s'équilibraient plus ou moins. Même si l'équipe de Lysandre se montrait un peu meilleure, les deux excellents balais dont disposaient Drago et Eiden rattrapaient un peu le coup. Quand ils firent une pause, l'équipe du français menait tout de même de plusieurs buts.
— Vous avez vraiment tenté cette figure ? En plein match scolaire ? Et personne n'a rien dit ? s'étonna Arthus qui parlait avec Eiden, Lysandre, Charlotte et Elie de la manœuvre de la voltigeuse qu'ils avaient effectuée au premier match.
— Père était furieux qu'on l'ait tenté, grimaça Elienor, mais finalement il n'a pas trop crié. Et à part lui, non, personne ne nous l'as reproché.
— Sans doute par ce que tu avais l'épaule ravagée et la clavicule cassée, rétorqua son frère qui frottait ses mains l'une contre l'autre.
— En tout cas j'aurais aimé voir cela, fit Charlotte, ça a dû être un grand moment. Vous avez dû beaucoup la travailler pour la réussir en situation !
— Drago, Elie et Artémisia ont vraiment une alchimie ensemble, expliqua Eiden, ils parviennent à mettre en place des stratégies vraiment difficiles, même s'ils sont incroyablement téméraires.
Charlotte sourit au dernier mot du garçon et au regard courroucé qu'il adressa à sa sœur. La jeune fille était ravie de voir qu'ils s'entendaient si bien, et même si elle avait été étonnée d'apprendre qu'Harry Potter était le jumeau de son amie, Eiden n'était pas du tout comme elle se l'imaginait. Ou du moins pas comme les livres et les journaux le décrivaient. Mais elle voyait bien la complicité qu'il y avait entre le frère et la sœur et combien ils se ressemblaient, autant physiquement que mentalement.
Tous s'étaient finalement retrouvés autour du feu et les jumeaux subissaient un véritable interrogatoire de la part de leurs amis.
— Alors déjà une forme de loup ? s'enquit Ravena, tout à fait au faîte des histoires que l'on racontait sur les héritiers Grimm.
Elie sourit et hocha la tête :
— Oui, le même soir.
— Aw adorable ! s'exclama Soraya, la belle vélane. Elle avait également du sang de métamorphe dans les veines, mais ne pouvait prendre qu'une seule forme, celle d'un chat sauvage à la fourrure chocolat.
— Vous nous montrez ? demanda gentiment Charlotte.
Les jumeaux échangèrent un regard, à part les frères Menes et plus rarement la paire Weasley, personne n'avait encore vu leur forme lupine. Mais ils se levèrent pourtant et se métamorphosèrent sous l'œil surpris de leurs amis.
— Waw, vous êtes vraiment grand, souffla Ron faisant face au loup noir d'Eiden qui était plus haut que lui assis.
— C'est plutôt inhabituel, souffla Lysandre en caressant la douce fourrure d'Elie. Ils sont bien plus grands qu'Arthus.
Pour prouver ces allégations, le lycanthrope se métamorphosa aussi. En effet il était plus petit, plus fin, ses poils étaient moins fournis et son aspect un peu différent. Même à côté d'Elie, qui était moins imposante que son frère, il paraissait presque frêle. Il jappa joyeusement après Eiden qui le poussa un peu de son flanc, puis ils se mirent à jouer comme des louveteaux, Arthus tentant de mordiller les oreilles du loup noir. Le jeune français était un loup-garou de naissance, descendant d'une longue lignée. Il ne rejetait ni sa nature ni son loup et vivait sereinement les pleines lunes, en grande partie car il gardait une totale maîtrise de lui-même pendant toute la durée de la nuit. Il pouvait aussi changer de forme à son aise, sans représenter le moindre danger pour lui-même ou les autres.
Elie avait quant à elle préférer fourrer son museau dans le cou de Drago, ce qui faisait rire le jeune homme essayant vainement de la repousser. Les poils soyeux de sa tête chatouillaient la peau fine du garçon et ses longs doigts grattouillèrent ses oreilles pour lui rendre la pareille. L'immense loup gronda et referma délicatement sa mâchoire sur le poignet du blond, sans lui faire le moindre mal. Malgré lui, Drago frissonna, la louve le regarda d'un air interrogateur et s'assit sur son derrière, la tête un peu penchée.
— Je pensais juste que … si tu le voulais, tu pourrais m'arracher le bras, ou la tête.
Le loup gronda à nouveau, comme s'il riait et poussa gentiment son épaule. Frottant son museau contre lui.
— Je te manquerai trop en faite, rigola-t-il et pour toute réponse elle le poussa suffisamment fort pour qu'il tombe sur le dos et qu'elle le surplombe. Un instant plus tard, elle était redevenue humaine et l'embrassait sur le bout du nez.
— C'est certain.
— Tu fais une très belle louve, sourit Drago.
— C'est ce qu'Eiden dit aussi, même si je fais un peu fragile à côté de lui …
— Fragile ?! hoqueta son compagnon qui avait eu, à peine quelques minutes plus tôt, des crocs d'une dizaine de centimètres autour du bras.
— Je suis toute petite par rapport à lui !
— Tu es un peu plus petite et plus fine, mais tu n'as absolument rien de fragile, crois-moi.
Elie se pencha à nouveau sur lui avec un sourire enjôleur qui ne disait rien qui vaille à son compagnon.
— Et là tu me trouves comment ?
Elle changea à nouveau, mais pour sa forme d'once et Draco se figea, pas franchement à l'aise de se faire dominer par un félin aux griffes longues. Gentiment, Elie passa un coup de langue rappeuse sur sa mâchoire et ronronna.
— Tu en as d'autres dans ce genre-là ? fit Drago, mi surpris mi-inquiet.
Pour toute réponse l'animal se lécha le pelage, totalement ignorant du commentaire de son petit ami.
— Pourquoi faut-il que tu prennes la forme de deux tueurs sanguinaires ? Tu ne peux pas te changer en chaton ou en faon ?
La jeune femme métamorphosée ronronna de plus belle.
— On vit une époque troublée, la guerre sera bientôt sur nous, intervint Lysandre. C'est une bonne chose qu'elle ait de quoi se défendre.
Drago était d'accord bien sûr, mais il était assez déstabilisant de voir Elie ainsi. Elie qui était habituellement si douce et ouverte … C'était vraiment perturbant de constater qu'elle pourrait lui déchirer les entrailles du seul coup de patte si elle le désirait. Drago n'était pas habitué à être ainsi menacé. Comme si elle avait entendu ces pensées la panthère fourra à nouveau son museau contre le torse du fils Malfoy et sans pouvoir sans empêcher, Drago entoura son cou puissant de ses bras, plongeant ses mains dans la fourrure mouchetée. Elle ronronna doucement et il fit basculer sa tête contre l'épaule duveteuse. Elle était chaude et douce, les muscles roulaient dessous et ses ronronnements semblaient gagner l'intérieur même du jeune garçon. Chose étrange, ses poils dégageaient la même odeur que ses cheveux. Et c'était une odeur franchement agréable.
— J'avoue que si on oublie les crocs et les griffes, tu es plutôt attendrissante. Une véritable peluche, déclara en souriant son petit ami.
Léchouillant sa mâchoire à nouveau elle frotta gentiment sa tête contre lui, comme un petit chaton d'un mètre vingt.
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Severus et Rose les avaient rejoints pour le dîner et pour la première fois depuis très longtemps, la salle à manger du Manoir Prince était emplie des bruits des conversations et des rires. Les amis des jumeaux étaient particulièrement heureux d'être ensemble et ce fut un joyeux repas.
Le potionniste était intrigué par les adolescents de Beaubâtons, mais tous semblaient beaucoup apprécier Elie et s'être parfaitement intégrés à la petite troupe de Poudlard. Il fut particulièrement attiré par Lysandre et Ravena, les deux meilleurs amis de sa fille. C'était les premiers métis elfe-changeur de peaux qu'il rencontrait en dehors de ces enfants. Ils avaient, même pour le garçon qui ne partageait aucun sang avec eux, quelque chose de semblable dans leurs traits et dans leur aura, une élégance et un certain exotisme particulier, différents des autres mâtinés présents, que seuls eux quatre partageaient. Il sentait qu'ils étaient également tout particulièrement puissants, même si Elie et Ravena paraissaient l'être un peu plus. Le regard de Severus s'attarda un moment sur la cousine de ses enfants. Elle avait des cheveux noirs, coupés en carré, lisses et brillants, une peau claire et des yeux onyx qui brillaient d'intelligence. Elle parlait moins et plus calmement que les autres, mais rien ne semblait lui échapper. Un peu plus grande qu'Elie, elle était aussi mince et bougeait avec grâce et noblesse, comme il seyait à quelqu'un de son rang. Elle semblait également communiquer de façon non verbale avec ces deux amis, par le biais de regard ou de simples gestes, même si rien de tout cela n'était aussi élaboré que ce qu'avait développé les jumeaux.
En face d'elle était assis Lysandre, aussi blond que Ravena était noire et aussi solaire qu'elle était taciturne. Le garçon était un hôte charmant, rieur, agréable, poli et bien élevé. Ses beaux yeux bleus foncés se posaient avec calme et intelligence sur ce qui l'entourait et, tout comme Ravena, Charlotte et Elie, il parlait un anglais parfait. Severus n'était pas étonné qu'il soit, en quelque sorte, le promis non officiel de sa fille, il faisait un excellent partie et leur couple aurait pu être harmonieux s'ils nourrissaient de tels sentiments l'un envers l'autre. Lorsque Rose lui avait expliqué l'arrangement tissé autour des deux adolescents, le potionniste s'était d'abord insurgé : il refusait de soumettre sa fille à un mariage arrangé. Mais lorsque la Française lui avait expliqué le réel intérêt de cette ''alliance'' il avait compris. Après tout, nombre de sangs purs agissaient ainsi en Angleterre. Le monde sorcier, comme celui des moldus, regorgeait de croqueurs de diamant et autres intéressés qui ne rêvait que d'une union lucrative.
Plus tard, dans la chambre d'Elie, Drago se glissait sous les couvertures avec bonheur, la journée avait été forte en émotion. Il avait eu peur que son parrain ne lui arrache la tête lorsque sa fille lui avait annoncé qu'ils dormiraient ensemble, mais il avait juste arqué un sourcil corbeau, sans rien dire, puis s'était détourné. Severus Rogue était parfois un homme étrange.
Sortant de ses pensées, Drago laissa son regard dériver sur sa petite amie, vêtu d'un joli pyjama aubergine. Elle finissait de tresser rapidement ses cheveux pour la nuit, avec la maîtrise que donne l'habitude puis elle se leva pour le rejoindre. S'étendant à ses côtés, elle laissa Drago la prendre par la taille pour la rapprocher tout contre lui. Contre sa poitrine la jeune femme soupira et il passa une main tendre sur son visage, la questionnant sur ce qui n'allait pas.
— C'est la première fois que l'on dort ensemble, répondit-elle.
— C'est un problème ? Je peux dormir ailleurs si cela te gêne finalement ? assura le garçon.
— Non, bien sûr que non. Reste ici, fit-elle en passant une de ses mains sur la nuque pâle et masculine. C'est juste … un peu stressant.
Il eut un sourire tendre et embrassa son front.
— Tout va bien se passer, je suis certain que je vais passer la meilleure nuit de ma vie !
Elle rit et se blottit un peu plus contre lui, profitant quelques minutes de sa chaleur et de son odeur réconfortante. Leurs deux souffles s'étaient progressivement calmés et la béatitude du présommeil les submergeait lorsque Drago demanda :
— Elie ?
— Hum
Il remonta doucement sur son épaule son pyjama qui avait glissé : Rose l'avait rapporté de l'année passée et il était à présent trop grand.
— Tu as déjà rencontré des elfes ? Je veux dire, des elfes de sang purs ? interrogea le jeune garçon.
Elle bougea un peu contre lui puis leva ses yeux presque totalement violets ce soir-là et lui répondit :
— J'en ai rencontré oui. Un quand j'étais toute jeune et ensuite, plus tard, l'été de ma deuxième année. Je crois qu'ils étaient de la lignée de la dernière qui s'est unie à la famille de ma mère.
— Ils sont comment ?
— Les elfes de pure naissance ? Assez semblable aux hommes en vérité. Leurs oreilles sont plus pointues évidement et ils dégagent … quelque chose de différent, ils semblent terriblement jeunes et un peu innocents, même les plus vieux. Il n'y en a plus beaucoup et la plupart ne sorte jamais. Leur mode de vie est mis à mal, ils ne construisent presque rien, vivent proche de la nature, loin de toute civilisation, pratique une magie élémentale. Le développement de notre monde, le nombre toujours grandissant des humains et leur construction frénétique mettent à mal leur existence. Ils n'ont presque plus d'endroits pour vivre. Beaucoup s'éteignent, leur esprit s'efface jusqu'à les laisser vides et fantomatiques puis ils meurent, incapables de se nourrir ou de se déplacer.
Drago ne savait quoi répondre, mais Elie continua :
— Ils ressemblent beaucoup aux métis elfe/sorciers en vérité, si ce n'est leur vision plus pure et innocente du monde. Physiquement, je ne pense pas que tu vois une grande différence entre eux et moi, c'est plus profond, davantage lié au mode de vie et à l'éducation.
— Je vois, il y en a beaucoup dans ta lignée ?
— Et bien je sais encore peu de chose sur elle, mais d'après ce que j'ai entendu, oui plus tôt. De toute façon pour faire naître des changeurs de peaux, il faut une grande concentration de pouvoir et de magie elfique, ainsi que des gênes de métamorphes. Donc oui, il y en a un certain nombre. Mon arrière grand-mère l'était, et le grand-père de ma grand-mère également à ce que l'on dit.
— Lysandre et Ravena aussi ont beaucoup de sang elfique, n'est-ce pas ?
— Oui, surtout Ravena.
Drago lui fit un sourire tendre.
— Tu a l'air enchanté qu'elle soit ta cousine.
— Je le suis, assura la jeune femme. Elle est comme ma sœur, ma meilleure amie, la seule de mon âge à être comme moi.
À ces mots elle se pelotonna un peu plus contre Drago, mêlant leurs jambes.
— Tu restes avec moi ?
La question était posée si doucement que le garçon aurait pu ne jamais l'entendre, mais il le fit et l'embrassa doucement.
— Bien sûr que je reste avec toi, aussi longtemps que tu me le permettras.
Le lendemain, lorsque Drago se leva, pourtant assez tôt, Elie n'était déjà plus là. Mais le jeune homme ne s'en formalisa pas, il savait bien que sa compagne dormait beaucoup moins que lui. Il choisit soigneusement un pantalon gris et une chemise blanche et prit les escaliers. Il trouva Elie dans la véranda, installée avec son amie Ravena. Les deux filles étaient penchées l'une vers l'autre et parlaient en celtique, emplissant l'espace de leurs voix exotiques. D'un même mouvement, elles se tournèrent vers lui. Il n'avait fait aucun bruit, mais l'oreille elfique était plus affûtée que celle humaine et Elie était capable de reconnaître son parfum n'importe où.
— Bonjour, dit-elle en souriant.
— Viens donc t'asseoir Drago ! invita la brune en montrant un siège.
Le garçon s'exécuta et s'installa près d'Elie.
— J'ai beaucoup entendu parler de toi, commença la Française. L'héritier de la dynastie la plus riche d'Angleterre, le fils du grand Lucius Malfoy …
Drago grimaça, si enfant il avait été très fier d'être identifié à son père, à présent, la comparaison lui était franchement douloureuse. Il exécrait cet homme qui était son géniteur, celui qui baisait les pieds du Seigneur des Ténèbres qui croyait que le monde était aux pieds de toute personne portant le nom de Malfoy.
— Ta propre famille n'a rien à nous envier … rétorqua-t-il.
La jeune brune eut un petit rire, assez froid et coupant, mais son sourire était bizarrement moqueur.
— Ma famille n'est pas de sang pur, elle n'aura jamais la considération dont la tienne jouit.
— Tu n'as pas de sang moldu, donc au sens strict du terme, tu es une sang pur.
Le sourire de Ravena s'élargit, toujours railleur.
— Ne jouons pas sur les mots Drago, je ne suis pas une véritable sorcière, c'est tout ce que cela veut dire, même si je n'ai aucun sans moldu en moi.
— Ce que tu dis est ridicule, pas une ''véritable sorcière'', cela n'a vraiment aucun sens ! protesta le jeune homme.
— Oh s'il te plaît, Drago, même en France nous avons entendu parler des théories raciales de ta lignée. Ne soyons pas hypocrites !
Drago serrait les mains sur les accoudoirs, franchement en colère à présent et furieux contre cette fille qui ne semblait pas vouloir comprendre.
— Je ne partage pas ces théories. Mon nom ne contraint pas mon âme, j'ai mes propres convictions. Si mon père est un chien servile et enfermé dans ces principes, ce n'est pas mon cas, j'ai mes propres opinions, merci bien.
Un vrai sourire orna le visage de sa vis-à-vis, un brin impertinent, semblable à celui qu'Elie produisait parfois.
— Tu l'as bien choisi en vérité, dit-elle à Elie.
— Je te l'avais dit, répondit la blonde, en lissant le devant de son haut.
— Même s'il semble avoir le caractère d'un fangieux enragé, termina Ravena d'un air moqueur, mais tu as toujours eu un faible pour les créatures caractérielles.
Drago s'étouffa, une créature caractérielle, lui ?
— Je ne m'ennuie jamais, confia Elie en riant.
— J'imagine, badina Ravena. Il a l'air d'un parfais spécimen de ce que la société sorcière peut produire. Très distrayant !
— Eh je suis encore là je vous signal ! interrompit Drago qui n'en revenait pas. Je vous entends !
— Bien sûr que tu es là, ronronna la brune, quel serait l'intérêt sinon ?
Le jeune homme écarquilla les yeux, il n'avait guère l'habitude d'être ainsi mis de côté et raillé. Même si ça n'était pas méchant. Puis les paroles de Ravena lui revirent en mémoire « Tu l'as bien choisi ».
— Attendez … est-ce que c'était une sorte de test ?
Il était stupéfait de s'être laissé manipuler ainsi.
— En quelque sorte, fit Ravena. Mais tu t'en es admirablement sorti !
— Oh … alors c'est bien … je suppose.
La Française se pencha vers lui, un sourire faussement agréable plaqué sur le visage.
— Si tu lui fais le moindre mal, tu souhaiteras ne jamais être née, je peux te l'assurer.
Drago lui rendit son sourire.
— Je ne compte pas le faire et elle a déjà assez de protecteurs comme cela sans que tu t'y mettes également.
— C'est par fraternité, répondit la jeune femme. Elle n'a absolument besoin de personne pour te faire payer tes incartades.
— Crois-moi, je le sais parfaitement, grimaça Drago en repensant à l'incident de la grande salle.
— Hey vous savez que je suis là ? intervint en souriant Elie en reprenant les mots de son compagnon.
— Bien sûr qu'on le sait, rétorqua la brune en levant les yeux au ciel. Comment t'oublier, féline ? N'est-ce pas petit sorcier ?
— Vena, cesse de l'embêter, soupira la blonde.
La jeune fille fit un sourire carnassier et ses yeux noirs brillèrent. Dans la pièce à côté retentit le rire de Blaise et Drago se décida à les rejoindre, laissant seules les deux filles non sans avoir embrassé tendrement sa petite amie. Celle-ci le suivit du regard jusqu'à ce qu'il sorte, ce qui n'échappa pas à Ravena.
— Tu sembles beaucoup l'apprécier.
— Je l'apprécie, approuva Elie.
— Et même un peu plus, n'est-ce pas ?
La blonde ne répondit pas, se contentant de sourire.
— Ce n'est pas Guillaume, continua doucement Ravena en serrant la main de l'autre adolescente.
— Je le sais.
— Il ne te fera pas le moindre mal. Par Vivianne il est comme un véritable gentilhomme avec toi, il t'a fait la cour !
Elie sourit à nouveau.
— En vérité il ressemble beaucoup à Lysandre.
— Oui, d'ailleurs je me demande pourquoi tu fais tant d'effort pour finalement reprendre le même ! Ravena rit puis redevint sérieuse. Je sais que c'est difficile, par ce qu'on nous a tellement répété, mis dans la tête de faire attention, de nous préserver, de garder le secret. Et puis il y a eu Guillaume, et Arthus a eu Andreo. Mais je ne pense pas que tu te trompes avec Drago.
— Je le sais.
Ravena détailla son amie, elle était encore mince, trop, mais sa musculature, fine et discrète, était bien présente, plus présente qu'avant l'été.
— Tu as repris les entraînements, n'est-ce pas ?
Elie qui avait suivi son regard haussa les épaules.
— J'ai repris le quidditch et Andrea n'est pas une tendre.
La brune lui retourna un regard perçant.
— Ne te fiche pas de moi Elie, tu t'es musclée, tes pouvoirs sont franchement meilleurs et je t'ai vu voler, tu es en meilleur forme qu'avant l'été, même avec ce qui c'est passé.
Le visage d'Elie n'exprimait rien, mais Ravena avait une longue pratique de son amie, elle ne lâcha rien et l'autre finit par soupirer :
— Oui.
— Pourquoi ?
Elie afficha une mine dure.
— Je ne serais plus jamais une victime.
— C'est pour cela que tu ne prêtes aucune attention à ton corps, il te dégoûte ?
La blonde garda le silence.
— El, Eiden m'en a parlé, il voit bien que tu ne te soignes pas et il trouve que tu te blesses souvent. On sait toutes les deux que tu ne te mutiles pas, c'est juste que tu te fiches de ce qui peut t'arriver.
— Ton père nous a appris à faire fit de la douleur. À nous dépasser.
— Il nous a aussi appris à nous respecter, les autres et nous même. Et ce n'est pas ce que tu fais. Je ne te juge pas Elie, dit-elle en posant une main sur son bras. Je m'inquiète pour toi. Et Eiden aussi.
Elie leva les yeux vers elle après les avoir baissés.
— J'ai besoin de reprendre le contrôle de ma vie, tu comprends Vena. Et cet héritage, il est vraiment fort, je dois l'apprivoiser, pour ne plus me laisser emporter.
— Comme chez les tuteurs d'Eiden ?
Elle hocha la tête.
— Elie c'est normal de ne pas toujours tout maîtriser, laisse Eiden et tes amis t'aider, laisse Rose t'aider et ton père. Tu leur fais de la peine en ne leur faisant pas confiance ainsi.
— Eiden et père on assez de problèmes comme cela sans ajouter les miens.
0o0o0
Blaise était en effet réveillé, ainsi qu'Eiden et Neville. Tous les trois levèrent la tête à son entrée et sourire de son air un peu chagriné.
— Qu'y a-t-il Dray ? demanda Blaise alors que son ami s'asseyait en face d'eux.
— Ravena m'a … testé, je crois.
— Testé ? s'enquit Eiden.
— Et il a réussi, sinon il ne serait pas dans cet état, fit Neville, les yeux rieurs.
Drago releva élégamment un sourcil interrogateur.
— Ravena et Elie sont comme des sœurs, elles se protègent mutuellement, avec Lysandre. Tous les trois ils sont soudés depuis qu'ils sont tout petits, toujours ensemble.
Blaise déposa une tasse devant Drago qui le remercia d'un regard.
— Quel est le problème avec vous autres les métis ? demanda le blond au basané. Qu'est ce que Ravena craint tant ?
— Je te l'ai déjà expliqué, répondit l'autre. Le monde sorcier n'est pas toujours très accueillant envers nous.
Drago porta son thé à sa bouche d'un geste élégant et Lysandre, Hermione et Charlotte entrèrent à ce moment-là. Ils saluèrent tout le monde et s'assirent à leur côté babillant de chose et d'autres. Il avait croisé Severus et Rose à l'étage et ils s'étaient tous deux retirés dans le bureau du potionniste pour régler quelques affaires en cours. Ils leur avaient dit de ne pas s'occuper d'eux, ils avaient beaucoup à faire. Elie et Ravena revirent un moment plus tard, et enfin Arthus, Soraya et Ron, qui s'étaient un peu attardés au lit.
— Veux-tu que nous le faisions ce matin Eiden ? interrogea Lysandre, en posant sa cuillère en argent.
— Oui, je t'en serais reconnaissant.
— Qu'avez-vous décidé ? demanda Blaise.
— Lysandre doit m'enseigner quelques façons des métis. Je ne sais encore que peu de choses là-dessus.
— J'aurai pu le faire, intervint doucement Elie, fixant d'un visage de marbre son frère.
Celui-ci grimaça, il savait qu'il l'avait blessé.
— Tu me l'as proposé, mais je n'étais pas prêt alors. Et lorsque je le fus, je n'ai pu te le demander. Je ne voulais pas te déranger avec cela et tout est si naturel pour toi … § Je suis désolé Enor, je ne voulais pas te blesser. § ajouta le garçon.
— § Je sais Eiden, ne t'en fais pas pour cela §
— § Ce n'est pas pour te rejeter en aucune façon, c'est juste que je me sentais un peu … honteux alors que tu connais cela depuis le berceau §
— § C'est naturel, ne vous en formalisez pas, ni l'un ni l'autre, interrompit doucement Ravena.
Eiden fut quelques secondes surpris, mais il se ressaisit : il avait oublié que Ravena parlait également fourchelang, c'était un don si rarissime.
— On pourrait se joindre à vous ? interrogea Hermione. Il serait bon pour nous également d'en savoir plus.
— Et tu es très intéressée, sourit Eiden.
— Et je suis très intéressée, consentit la brune en souriant.
Ils s'installèrent tous dans la bibliothèque, sous la coupole, dans les canapés bleu nuit et Lysandre commença à parler :
— Elie et Blaise ont dû vous dire que les métis se cachent en général, surtout les enfants. Mais notre clan par exemple, ainsi que d'autres, ne fait pas vraiment de secret. Nous prônons l'intégration des fils de créatures magiques à la communauté sorcière, à une vie en communauté. Beaucoup d'entre nous vivent en France, en Italie, en Suisse et dans les pays ibériques, là où les lois sorcières sont les plus souples envers nous. Beauxbâtons accueille également un certain nombre d'enfants de lignées magiques, plus que n'importe qu'elle autre école, c'est pour cela qu'il y a une grande concentration de mâtinée en Europe occidentale.
— Les lois de votre pays étant bien plus dures, poursuivit Ravena, peu des nôtres y vivent. Cela explique qu'il n'y ait que peu de métis à Poudlard.
— Il y a trois grandes races magiques qui peuvent se reproduire avec les humains, les vélanes, les elfes et les métamorphes, qui comptent les loups-garous et les changeformes, ceux qui peuvent prendre l'apparence d'un animal, continua le blond d'une voix calme et claire.
— Et les changeurs de peaux ? interrogea Hermione.
— Ils sont une sorte d'anomalie en vérité. Ce n'est pas réellement un peuple à proprement parler. Ils apparaissent dans les lignées puissantes, où se côtoie le sang sorcier, elfique et métamorphe. Ils sont de rares cas de transformations multiples, une mutation génétique, ils ne sont pas différents des changeformes habituels, si on exclut la pluralité de leurs formes animales.
— J'ai lu que des légendes parlaient également de certains changements corporels de leur part humaine, comme les métamorphomages, intervint la née-moldu, impatient de vérifier son savoir.
— Il y a eu certains cas, très rares, chez des individus âgés et expérimentés, mais rien de commun avec les métamorphomages, expliqua Ravena. Ils parvenaient seulement à changer quelques traits de leur visage, leur faisant prendre une autre forme, toujours là même. Mais c'est vraiment très rare, pour ma part, je n'en ai jamais vu.
— Elie et Eiden le sont c'est cela ? Changeurs de peaux ? questionna Ron.
Les autres acquiescèrent et Lysandre reprit ses explications :
— Les vélanes sont en général les mieux acceptés par les sorciers, surtout les minors.
— Les minors ? s'enquit Drago, élégamment installé dans un large fauteuil, Elie tout contre lui. C'est elle qui lui répondit.
— C'est un rang de sang, il y a les minors, ceux qui ont assez peu de sangs de créatures en eux, ensuite les edams et les altas. Ces catégories sont assez larges, certains minors n'ont presque aucune trace de sang magique et certains altas sont presque purs, alors que d'autres sont plus mâtinés.
— De quel rang es-tu ?
— Alta, comme Ravena. Soraya est edam, Lysandre et Eid sont probablement à cheval entre les deux et Blaise …
— Je suis entre les minors et les edams selon Sekhmet, intervint le basané. Les catégories sont assez floues.
Il était installé près de Drago et Elie, dans un sofa avec son petit ami, un bras possessif autour de la taille fine du brun.
— Est-ce en rapport avec l'éloignement du parent créature ? interrogea Hermione. Les petits enfants d'un elfe seront forcément des minors ?
— Non, les gènes ressortent aléatoirement, répondit Blaise. Ils se réveillent parfois après des générations de sorciers, où à l'inverse, deux parents altas peuvent avoir un enfant minors, ils n'y a pas de règles. Ma mère est alta et moi non.
— Et Arthus ? Qu'en est-il pour lui ?
Le garçon sourit, découvrant ses dents un peu pointues.
— Les rangs ne s'appliquent pas au loup-garou, ont l'est ou on ne l'est pas. C'est tout. D'ailleurs, on ne peut être qu'un sang-pur. Il n'y a pas de métissage avec d'autres races, pas de loup-garou vélane ou elfe. La seule chose qui varie est le degré de maîtrise de sa lycanthropie. Les nés loup-garous comme moi sont en général plus en harmonie avec leur nature et maîtrisent mieux leurs loups que les mordus. Mais chacun peut y parvenir avec du travail et de la volonté, malgré ce qu'en disent les sorciers. Nous ne sommes pas vraiment différents des autres métamorphes. Le loup-garou sanguinaire est une construction sorcière, si les miens étaient moins stigmatisés, ils seraient plus nombreux à s'accepter et maîtriser leur nature. Malheureusement, les choses ne se passent pas ainsi …
— Les hommes ont toujours eu peur de ce qu'ils ne maîtrisent pas, dit sagement Charlotte près de Neville.
— En tout cas, il y a pas mal de choses qui sont différentes dans la culture sorcière et la culture métisse, reprit Lysandre, désireux de changer de sujet. Le plus important pour nous est résumé dans notre devise : Clan, Respect, Magie.
Eiden opina, Elie lui en avait déjà parlé.
— Les liens à la famille et aux nôtres sont les plus importants, récita le fils Rogue. Honorer les anciens et protéger les jeunes. La magie est le fondement de notre monde, ce qui nous relie à ce qui nous entoure. Le respect est fondamental pour les métis, respect de soi et des autres, des lois et de tous êtres vivants, fidélité envers les siens et son compagnon.
— Fidélité ? l'interrompit Drago.
— Elle est une des principales valeurs des mâtinés, lui expliqua Lysandre. En général, les métis ne s'unissent qu'une seule fois. Et même si ils peuvent avoir plusieurs compagnons dans leur vie, en règle générale ils ne se marient qu'à un seul et lui reste fidèle. Beaucoup meurt d'ailleurs à la disparition de leur époux ou épouse, surtout s'ils n'ont pas d'enfants. L'adultère est vraiment rare chez nous.
— Tu peux donc calmer ta jalousie dévorante Malfoy, se moqua Ron.
Le blond lui lança un regard meurtrier, mais le rouquin en eut cure.
— Je ne suis pas …
Un haussement de sourcil de Blaise le fit taire et les autres sourirent. Il resserra machinalement son étreinte sur Elie et bouda un peu.
— C'est souvent un sujet tendu dans les couples mixtes, intervint doucement Charlotte, le fossé des cultures est important et les métis ne pensent pas toujours comme les sorciers.
Hermione encouragea la petite Française à donner des exemples et elle s'exécuta :
— Et bien dans le cas des nés moldu, généralement les mâtinés ne soutiennent pas les thèses sur la pureté du sang. Un sorcier est un sorcier, qu'ils soient d'origine moldu ou non. Certains considèrent que ces derniers ne sont pas vraiment différents des magiciens. Un humain est un humain pour eux. Il y en a qui nous prennent même comme une sous-espèce, plus faible, plus étriquée d'esprit, aveuglé.
Neville grimaça et prit la relève de Charlotte :
— Les métis ne sont pas tous ouverts d'esprit, comme les nôtres. Quelques-uns ont des théories raciales bien affirmé. Puissiez-vous ne jamais rencontrer Nadeshda …
Les Français échangèrent un regard et face à la curiosité des autres, Neville explicita sa pensée :
— Nadeshda est une métamorphe, descendante d'une très ancienne lignée russe. Sa famille rejette la société sorcière depuis des siècles et aucuns de ses enfants n'a jamais mis les pieds à Dumstrang ou dans une autre école. Ils ne se cachent pas, ils considèrent juste les sorciers comme une espèce inférieure qui ne mérite pas leur intérêt. Ils sont … plutôt racistes.
— C'est un euphémisme, grommela Soraya, qui n'avait pas dit le moindre mot depuis le début. Ils ont la même considération pour votre race que vos sangs-purs ont pour les moldus. Pour eux, vous n'êtes rien de plus que des animaux.
— Elle est vraiment effrayante, confessa Neville. Je fais toujours tout pour ne pas la croiser, ses yeux semblent toujours vous geler sur place.
— Je te rassure, je ne suis pas beaucoup mieux considéré. Apparemment je me comporte comme une de ces ''aveuglées'' et je bien trop immergée dans la culture sorcière, ricana Soraya. Je trahis ma lignée sûrement.
— Tout comme moi, souffla Ron, un peu aigre malgré tout.
La belle vélane lui sourit :
— Je le vis très bien et toi ?
— Cela dépend …
— La société n'est pas toujours tendre, fit Charlotte. Mais même si Nadeshda est horrible, la pire, pour moi, est Xenia. Je me sens toujours comme une sorte d'animal en captivité à expérimenter pour elle. Elle est faussement amicale et fraternelle, mais elle a les mêmes pensées que Nadeshda.
— Si je ne me trompe pas, elle est liée aux Grimm, elle est ta cousine, soupira Elienor.
— Et donc à vous aussi, répondit Ravena d'un air rusée, apparemment ravie de partager les branches les plus désagréables de sa famille. Mais Natalia et Olga aussi. Elles vont te plaire Eiden, elles sont vraiment de chouettes personnes, elles étudient toutes les deux à Dumstrang.
Le garçon opina, un peu perdu. Il était habitué à n'avoir aucune famille et maintenant, régulièrement il apprenait l'existence de nouveaux parents éloignés. C'était une bonne chose évidemment, même si elle était un peu déroutante.
— Le clan de la Nenia est connu pour ses positions antihumaines, répliqua Arthus, la dernière qui en a épousé un a été tant dénigrée qu'elle a finalement quitté le clan pour celui de l'Arbre Bleu.
— Est-ce que ton clan … commença Drago sans terminer, mais tout le monde comprit ce qu'il voulait dire et Elie lui répondit.
— Non, Charlotte en est la preuve, ainsi que Neville, nous ne croyons guère à la suprématie des races, nous aspirons juste à un peu de paix ensemble.
Elie embrassa doucement la tempe de son petit-ami à ses mots, le rassurant sur l'accueil qui lui serait réservé.
— Mais revenons au sujet des usages, dit Lysandre. Dans le doute, appliquez les règles de bienséances sorcière et faite montre du plus grand respect. D'ordinaire on salue, le chef de clan en premier, puis ensuite l'alpha, et l'omega s'il est présent et que l'on connaît son identité.
— Je croyais que le chef de clan et l'alpha étaient une seule et même chose, fit Eiden.
— Non, même si généralement la même personne endosse les deux rôles, il arrive qu'ils soient occupés par deux personnes distinctes. Le chef dirige le clan, tandis que les fonctions de l'Alpha sont avant tout guerrières : il est chargé de la protection du clan et doit obéir au chef pour tout autre sujet. Il est secondé d'un bêta et d'un delta tandis que les seconds du chef de clan sont l'epsilon et l'omicron. Ce groupe est complété par un intendant : l'omega.
— Cela semble bien compliqué, risqua Ron qui ne voulait pas vexer les autres.
— Les mâtinés ont un sens aigu de la hiérarchie et de l'autorité, bien plus poussé que les sorciers. C'est normal que tout ceci te semble complexe, rassura Charlotte.
Ils discutèrent un moment encore, jusqu'à ce que la tête de Ron, Hermione, Eiden et Drago soit prête à exploser.
0o0o0
L'horloge venait de sonner 18h30, est Drago était fébrile, les invités n'allaient pas tarder à arriver et avec eux, sa petite amie, que son géniteur avait vraiment hâte de rencontrer. Lucius avait glissé quelques commentaires à son fils au sujet de sa nouvelle relation avec la belle serpentard, ce qui avait confirmé les craintes du jeune homme : il était au courant et cette nouvelle lui importait. Que Lucius approuve ou non, Drago n'en savait rien, mais il se doutait que dans un cas comme dans l'autre, cela n'était pas bon pour lui.
Assis, encore seul, dans le grand salon d'apparat du Manoir Malfoy, le garçon tirait nerveusement sur sa manche de chemise immaculée, agité.
— Respire Drago, tout va bien se passer, le rassura sa mère en entrant dans la pièce.
Il se leva d'un bond et la femme le rejoint, chassant une mèche pâle de son visage avec un sourire tendre.
— Tu es si beau mon fils ! Je ne parviens pas à croire que tu sois déjà ce magnifique jeune homme. Je te revois encore le jour de ta naissance.
Drago eut un regard mi reproche, mi aimant pour sa mère et lui répondit :
— Vous êtes éblouissante Mère ce soir.
Le sourire de la femme s'agrandit et elle caressa doucement sa joue. Il était vrai que Narcissa Malfoy, déjà d'ordinaire très belle femme, était absolument magnifique en ce réveillon de la nouvelle année. Ses cheveux avaient été relevés en un chignon aristocratique, laissant échapper une longue mèche du côté droit et elle portait une robe de brocart argenté, assorti à ces yeux, serré à la taille et au buste. Le tableau était complété d'une parure de diamants et d'un maquillage discret, rehaussant sa beauté de fleur fragile.
— Tu ne devrais pas te mettre martel en tête, Drago. Ton père ne fera rien de compromettant en public et Severus ne le laissera pas faire de mal à ses enfants.
Le garçon opina, mais ne parvint cependant à se détendre.
Narcissa rit doucement et serra le bras de son fils avant qu'un elfe ne vienne leur annoncer le premier invité. L'adolescent passa rapidement ses mains le long de son pantalon à pince gris perle, tâchant de chasser les plis insidieux qui pourraient s'y être logé et Lucius Malfoy entra en compagnie d'un homme de belle taille et d'une femme aux cheveux foncés.
— Mon cher Edgar, Madame Dénis, vous connaissez déjà mon épouse.
Narcissa serra la main de chacun avec un sourire poli et son mari se tourna vers leur jeune garçon.
— Et voici mon fils, Drago, qui étudie actuellement à Poudlard.
Ils se saluèrent et le bal des politesses commença. Nombre de personnes se succédèrent devant les Malfoy, adressant leurs salutations. La réception du Nouvel An des Malfoy était un événement dans la bonne société anglaise et tout le gratin y était convié. Un nombre affolant de personnes se succédèrent devant eux et Drago, pourtant habitué à cet exercice, commença à se sentir mal. Les derniers arrivés, un couple de diplomates accompagnés de leur fille, s'attardait et la jeune femme en profitait pour lancer des œillades de braise au fils de Lucius. Touchant légèrement son bras dès qu'elle en avait l'occasion, elle tachait de le séduire éhontément devant leurs parents, mettant Drago fort mal à l'aise, bien qu'il conserve un sourire de circonstance. Le salut du blond vint d'un solide quadragénaire, à la peau chocolat, qui se porta à leur rencontre et baisa la main de Narcissa avec distinction.
— Marcus ! s'exclama la femme. Quel plaisir de vous voir ce soir ! Nous ne nous sommes plus revus depuis cette réception au ministère, le mois dernier.
— J'ai été grandement occupé par le travail, ma chère, mais je compte bien me faire pardonner mon absence auprès de vous ce soir, répondit l'homme avec un sourire ravageur aux dents éclatantes.
Il se tourna ensuite vers Lucius et Drago, qui n'avaient jamais été aussi soulagés de voir apparaître le père de son meilleur ami.
— Marcus, c'est un plaisir, fit le plus âgé des Malfoy, votre femme et vos enfants ne sont pas là ?
Voyant qu'ils étaient de trop, le couple et leur fille les quittèrent en s'excusant, se tournant vers d'autres invités, à la plus grande joie de Drago qui ne savait plus quoi faire pour repousser l'assaut de leur calamar de progéniture.
— Ils sont là, Helena a été accosté par une collègue et retardée. Mais la voilà déjà qui vient par ici !
La belle vélane avait cette fois revêtu une robe grenat et laissé ses cheveux libres. Elle portait pour seul bijou une paire de boucles en or aux oreilles et un unique rubis sur la poitrine, attirant le regard sur sa gorge délicieuse. Ses talons vertigineux claquèrent sur le sol de marbre de la demeure des Malfoy et elle s'approcha avec bonne humeur, suivit par un Blaise très en beauté et une magnifique jeune femme, de quelques années son aînée. Elle était vêtue de rouge, comme sa mère, mais une teinte plus sombre et sa chevelure de jais étaient nattées. Elle s'appelait Olivia et travaillait aussi au Ministère, au Département des Mystères et bien qu'elle ressemble beaucoup à sa mère, elle possédait les yeux noirs chaleureux de Marcus.
Helena laissa Lucius lui faire un baisemain puis salua Narcissa et Drago à la française, d'un doux baiser sur la joue, sans laisser le temps à l'adolescent de réagir.
— Tu es à croquer Drago, roucoula la basanée. À tomber dans ce costume !
Marcus, Olivia et Narcissa eurent un léger sourire à ses mots tandis que Blaise leva les yeux au ciel et que Lucius restait de marbre. Le blond, lui, fut un peu gêné. Les manières d'Helena étaient plus chaleureuses et anticonformistes que ce que la bonne société anglaise magique pouvait tolérer, du fait de sa naissance sur le continent et de son éducation de vélane. Elle se montrait toujours tactile et passionnée, entière, mais c'est ce qui faisait son charme.
— Merci Helena, fit-il doucement.
Il se souvenait encore de la façon dont la femme l'avait harcelé pour qu'il abandonne le Madame Zabini d'usage et il ne désirait pas revivre cela, se forçant à plus de familiarité avec la plantureuse métisse. Marcus passa un bras autour de la taille de son épouse, souriant encore. Ils étaient vraiment bien assortis tous les deux : un charme ravageur, une beauté noble et élégante, une peau sombre et un charisme certain. De mauvaises langues avaient pariées sur la chute de leur couple dans les premières années, mais il leur avait fallu se rendre à l'évidence, les Zabini s'aimaient profondément et n'allait pas se séparer de si tôt, malgré les quand dira-t-on et leur sang différent. Ils impressionnaient d'ailleurs toujours Drago qui les considérait comme une sorte de couple parfait, loin de l'harmonie factice de ces propres parents.
— Severus est-il arrivé ? s'enquit Marcus qui ne manqua pas l'intérêt soudainement éveillé dans les yeux de Blaise qui n'avait cessé de scruter la foule discrètement.
— Pas encore, répondit Narcissa d'une voix douce, mais nous savons tous qu'il n'est jamais pressé de se rendre à ce genre de soirée.
Les deux femmes échangèrent un sourire de connivence, amusées, mais ne rajoutèrent rien. Lucius et Marcus échangèrent des banalités sur le Ministère et les dernières nouvelles puis ils furent interrompus par un homme sec aux cheveux sombres.
— Pouvons-nous vous aidez Darius ? interrogea l'époux Malfoy à l'adresse du nouveau venu.
Dans le sillage de Darius Nott se tenait son fils, Théo, parfaitement silencieux, il risqua seulement un regard à Drago et Blaise, mais ne fit rien d'autre, connaissant le caractère orageux de son géniteur.
— Un imprévu m'oblige à vous quitter, expliqua Nott de sa voix froide et sèche. J'en suis navré, mais je vous remercie tout de même de l'invitation, cette soirée promet d'être fameuse Lucius, comme toujours.
L'autre hocha la tête, interceptant le léger mouvement de Darius en direction de son avant-bras gauche et le père Nott fit signe à son fils de le suivre avant que Narcissa ne l'intercepte :
— Théodore peut peut-être rester, c'est un jour de fête après tout et cela ne nous dérange pas de veiller sur lui pour vous.
L'homme jeta un regard froid à l'adolescent qui baissa les yeux, évitant ceux de son père, connaissant la punition qu'il encourait s'il ''défiait'' son géniteur. L'adulte sembla hésiter un moment, mais l'idée de ne pas l'avoir dans les pattes le séduit.
— Tâche de ne pas me décevoir pour une fois.
Le jeune homme opina sans relever la tête et l'autre disparut sans plus de mot. Théo adressa un coup d'œil reconnaissant à Narcissa, qui lui sourit en retour. Elle ne voulait pas qu'il passe le Nouvel An seul dans le manoir de son père, consigné dans sa chambre. Helena le prit ensuite à partie joyeusement, lui demandant comment étaient sa vie et ses études depuis leur dernière rencontre. L'épouse Zabini, tout comme l'épouse Malfoy, avait promis à la défunte mère de Théo de s'occuper de lui et elle le faisait autant qu'elle le pouvait, bien que son glacial père ne rendait pas la tâche facile.
Darius Nott était un mangemort convaincu, de la première heure, suivant le Maître avec frénésie, partageant sa passion pour le massacre des moldus et des sangs de bourbes. C'était un homme terrible et sanguinaire, au cœur plus froid que l'Antarctique. Il ne voyait en son fils que l'héritier de son nom, un être qui le décevait sans cesse. Théo était trop faible pour lui, trop timoré concernant les idées du Lord Noir et trop doux pour faire un fils correct à ses yeux. Seul sa sainte horreur du mariage et l'idée de devoir à nouveau partager sa vie avec une autre épouse le retenaient de renier Théo et de concevoir un autre héritier. Alors il se contentait de le punir à la moindre incartade et de l'enfermer dans sa chambre ou dans les cachots chaque fois que sa vision le dérangeait. L'adolescent ressemblait bien trop à sa mère, cet être chétif, emporté par la maladie jeune encore, pour être un fils satisfaisant.
L'intervention de Nott jeta un froid, mais elle fut vite oubliée lorsque Severus fit enfin son apparition, aux côtés de ses deux enfants. Le potionniste portait exceptionnellement un costume noir et une chemise blanche presque entièrement dissimulée par sa veste sombre à la coupe stricte. Qui avait bien pu lui faire abandonner ses éternelles robes longues, personne ne le savait, mais il avait eu bien du mérite et Rogue était plutôt agréable à regarder dans cette tenue, ses cheveux propres encadrant son visage pâle. Ainsi mis en valeur, on percevait plus nettement d'où venait la beauté des jumeaux, il ressemblait beaucoup à Eiden.
— Severus ! Enfin ! Nous commencions à nous inquiéter ! déclara Narcissa avec un sourire à peine moqueur.
— L'invitation disait à partir de 18h30 Narcissa, elle ne commandait pas d'être là pour cet horaire. Nous ne sommes donc pas en retard.
Le potionniste salua tout le monde d'un hochement de la tête sec, sans faire plus, mais les jumeaux se montrèrent plus démonstratifs et firent montre de leur politesse.
Eiden se présenta le premier devant Lucius Malfoy qui le regarda d'un air critique. Aux yeux de tous, il n'y avait nul doute que l'aristocrate connaissait parfaitement le statut de métis du jeune homme. Il tendit une main froide et serra brièvement la main de l'adolescent et échangea quelque politesse, se faisant rapidement une opinion sur le garçon puissant et inébranlable devant lui avant de se tourner vers sa sœur. Ses yeux étaient de glace et n'exprimaient rien, mais un sourire de prédateur vint orner ses lèvres lorsqu'il les posa sur les jointures blanches de la jeune fille.
— Mademoiselle Rogue-Grimm, fit-il très doucement, de sorte que seul elle, Drago et Severus, les plus proches, purent entendre.
Si le potionniste n'eut aucune réaction, Drago lui pâlit brusquement : avait-il bien entendu ?
— Il me semble que tu as gardé quelques secrets sur le sang et l'ascendance de tes enfants, Severus, continua Lucius, son sourire toujours présent et mettant l'autre mal à l'aise.
— Je savais que rien ne t'échappait, Lucius, répondit simplement le professeur.
— En effet, ni cela ni la relation que vous entretenez avec mon fils, ma chère.
Elie ne se laissa pas intimidée, elle fit un beau sourire et inclina juste la tête.
— Je dois dire que si la nouvelle m'a surpris de prime abord, déclara le père Malfoy en lançant un regard froid à son rejeton, je suis pleinement satisfait de celle-ci. Même si j'aurai préféré l'avoir appris de la bouche de mon fils.
— C'est encore très récent, père, je ne savais pas que cela vous importait.
— Tout ce qui concerne mon enfant m'importe, Drago, surtout si celui-ci s'unit à une jeune femme si intéressante.
— Ils n'ont encore que quinze ans, il est un peu tôt pour parler d'union, Lucius, intervint le potionniste d'une voix calme, mais assurée.
— Des mariages ont été contractés bien avant cet âge, à commencer par le mien …
— Ma fille choisira son compagnon lorsqu'elle sera majeure, grinça le potionniste.
— Bien sûr Severus, original comme toujours ! ricana l'homme blond. Drago il ne te reste plus qu'à conserver cette relation jusqu'à cette date heureuse.
Il lança un regard d'avertissement à son fils qui resta de marbre puis le plus vieux continua :
— Mademoiselle Rogue-Grimm, ce serait véritablement un honneur de vous compter dans notre famille. J'ai beaucoup entendu parler de votre lignée et j'ai eu le plaisir de rencontrer certains d'entre eux et tout particulièrement votre ancienne tutrice, Rose Chambord. Une femme … surprenante.
— Elle l'est en effet, opina la jeune fille.
— C'est un terrible gâchis qu'elle ne se soit jamais mariée, après le tragique incident du décès de son fiancé …
Severus, ignorant ce fait, coula un regard interrogateur vers sa fille, mais elle ne put lui répondre en ce lieu. Avant que Lucius n'ait pu reprendre, Narcissa, qui s'entretenait avec Eiden et les autres se tourna vers eux.
— Elienor, je suis si heureuse de vous recevoir ton frère et toi ici. Nous n'avons guère eu le temps de parler la dernière fois …
La femme arracha l'adolescente des griffes de son époux et l'interrogea joyeusement sur sa tenue, une magnifique robe bleu pétrole aux motifs argentés.
— Elle vient de la boutique Fils d'or n'est-ce pas ? J'ai toujours aimé cette marque française, leurs réalisations sont toujours si délicates !
Elle l'entraîna plus loin, en compagnie d'Helena et d'Olivia et Drago loua sa mère d'avoir protégé sa petite-amie de son géniteur. Il put ainsi se consacrer à ses devoirs d'hôte plus sereinement et rejoignit ses amis dès qu'il le put. Théo, Blaise, Eiden et Elie avaient retrouvé Pansy, arrivée un peu plus tôt. Le basané avait passé autour de son compagnon un bras qui aurait pu passer pour innocent si sa main n'était pas fermement posée sur sa hanche en un message clair : il est à moi. Les quelques coups d'œil polaire qu'il lançait à ceux qui regardaient avec un peu trop d'insistance Eiden renforçaient encore ce sentiment, bien qu'un sourire heureux éclairait son visage. Les jumeaux attiraient les regards, tous deux vêtu de riches étoffes françaises bleu pour la robe d'Elie, vert émeraude pour la chemise d'Eiden, ils se tenaient avec une grâce et une noblesse naturelle, ne dépareillant pas le moins du monde au milieu du gratin anglais. Drago s'approcha et posa une main tendre sur l'épaule d'Elie, effleurant les boucles lâches de son chignon. Elle lui sourit et il embrassa sa tempe en un geste doux.
— Grimm … souffla-t-il simplement.
— Père ne voulait pas attirer encore plus l'intention sur nous. Je ne pensai pas que cela avait de l'importance pour toi ...
— Ça n'en a pas, assura Drago, mais mon père est enchanté. Une des plus puissantes familles du continent …
— Suis-je à la hauteur du grand héritier Drago Malfoy maintenant ? interrogea malicieusement Elie.
— Tu l'as toujours été, El, c'est lui qui ne te mérite pas !
Ils échangèrent un baiser tendre sous l'œil amusé de leurs amis.
La fête battait son plein et la grande salle de bal des Malfoy était emplie de musique et de paroles. Sur le côté, de longues tables chargées de mets avaient été disposées, de façon à ce que chacun puisse se restaurer à sa convenance. On trouvait également des chaises et de petites tables rondes pour ceux qui préféraient s'asseoir ou discuter, c'est ce qu'avaient fait les cinq amis, trop heureux de s'extraire des mondanités un moment. Ils étaient parvenus à semer leurs parents, au plus grand soulagement d'Eiden qui avait redouté la rencontre avec le père et la sœur de Blaise. Bien entendu, tout s'était merveilleusement bien passé, le jeune homme étant un être foncièrement bon et courtois, mais cela ne l'avait pas empêché d'être nerveux tout le temps que dura l'entrevue.
Une musique retentit soudain, éveillant l'intérêt de Blaise qui proposa à Elie de danser. Il savait pertinemment qu'Eiden n'était pas à l'aise sur la piste de danse et il ne voulait pas le forcer. La jeune fille accepta immédiatement et le suivit, posant une main légère sur le bras présenté. Posant une main sur son épaule et l'autre dans celle, plus foncé, du garçon, elle le laissa la prendre par la taille et initier le mouvement. Ils dansèrent ainsi un petit moment jusqu'à ce que Blaise déclare :
— Tu es vraiment une excellente partenaire Elie.
— Merci, tu ne te défends pas mal non plus, sourit-elle ne réponse.
— Ma mère m'a appris, confessa le basané.
— Elle a été une bonne professeure.
— Lucius ne t'a pas trop fait de misère ?
Il la fit tourner doucement, suivant le rythme de la mélodie et elle lui répondit.
— Non, je pense qu'il voulait seulement s'assurer que ces informations étaient bonnes, et comme Père ne m'a jamais quitté, il n'a rien pu faire. Même si je dois avouer que l'arrivée de Narcissa était à point nommée.
— Tu sais, si …
La jeune femme le coupa :
— Blaise, ce n'est pas le premier à agir ainsi, je peux me débrouiller.
Ils continuèrent à valser doucement, parlant parfois de choses et d'autres. Puis Drago vint reprendre sa petit-amie des bras du bistré et il serra tendrement sa compagne contre lui, l'entraînant dans un rythme lent et doux. Surprenant le regard que plusieurs hommes, plus ou moins jeunes, lançaient à sa compagne, il l'étreignit un peu plus et laissa échapper un grognement rageur.
— Je leur arracherais bien les yeux …
— Ce serait plutôt indélicat pour tes invités, sourit Elienor. Les Malfoy sont de plus réputés pour leur réception, pas sûre que ton père apprécie.
— Je me fiche de mon père, assura le blond.
La jeune femme rit et l'embrassa doucement, laissant ses lèvres bouger paresseusement contre celles du blond. Il lui rendit son baiser avec enthousiasme, mais Elie sentait qu'il était un préoccupé. Ses muscles demeuraient tendus et son dos raide.
— Qu'y a-t-il ? finit-t-elle par demander.
— J'appréhendais seulement cette fête et tant qu'elle ne sera pas terminée … Tout serait si simple si nous n'avions pas à passer par la présentation aux familles et toutes ces choses déplaisantes.
— Avais-tu peur de l'accueil que me réserveraient les tiens, ou bien l'inverse ? interrogea la fille.
— Les deux, je pense, même si je sais déjà que ma mère t'adore.
— Severus est ton parrain, il t'aimait avant même de connaître mon existence, Eiden est ton ami et Rose t'apprécie.
Dans les bras d'Elie, Drago grimaça.
— Severus m'aimait jusqu'à ce que je lui prenne sa petite princesse.
L'adolescente se contenta de rire et le jeune homme ajouta :
— Et je ne sais pas si Rose m'apprécie, elle est courtoise et polie avec tout le monde. Et après tout, je suis un sorcier.
— Le fiancé de Rose était sorcier, répondit simplement la blonde.
Drago l'interrogea sur lui, Rose semblait célibataire et elle l'avait élevé seule. Elie lui révéla qu'il était décédé avant qu'on ne la confie à elle. Tué par des braconniers alors qu'il tentait de protéger une femme métamorphe et son petit garçon. Ils étaient morts tous les trois.
— Des braconniers ?
— Le sang et la chaire des mâtinés sont utilisés dans certains rituels. Ils peuvent rapporter beaucoup d'argent.
— C'est horriblement barbare !
Elie ne répondit pas, la tête nichée contre le cou de son compagnon. Il se passa un moment pendant lequel elle embrassa doucement la mâchoire du jeune homme. Drago sourit malgré lui :
— Lysandre m'a dit que les métis étaient généralement tactiles.
— Cela vient des gênes métamorphes.
— C'est une chose qui me plaît, dit-il tout bas.
Il captura ses lèvres et ils échangèrent un baiser tendre, oublieux du monde autour, jusqu'à ce que Blaise s'approche et leur glisse d'un air moqueur :
— Voulez-vous une chambre ?
— Je suis chez moi, Blaise, je fais ce dont j'ai envie. Et si je veux une chambre, je la prends, grommela Drago.
L'autre sourit simplement en retour, toujours rieur.
— Tu es toujours si agréable Dray, un hôte parfait !
Le blond l'ignora superbement. Blaise avait finalement réussi à tirer Eiden sur la piste de danse et les deux jeunes hommes dansaient lentement. Et même si le brun ne semblait guère à l'aise, il se bougea cependant contre son petit-ami jusqu'à la fin du morceau, jusqu'à ce que sa sœur le kidnappe.
— Alors que penses-tu de cette soirée ? demanda-t-elle alors qu'ils dansaient sur un morceau plus lent.
— A l'image des Malfoy, je suppose, il semble y avoir toute la crème du Ministère.
Elie opina.
— C'est le but de ses soirées, se faire voir, montrer que l'on à des relations et nouer de nouvelles alliances. Tout ceci est politique.
— C'est ce que j'ai cru comprendre, répondit le jeune homme. Tu en as subi beaucoup ?
Eiden savait que Rose faisait partie de la haute société en France, elle avait donc dû entraîner Elie dans ses soirées.
— Quelques unes, moins que tu pourrais le croire, Rose a toujours été très protectrice envers moi, elle ne voulait pas trop m'exposer. Mon sang était assez visible, même enfant, à celui qui savait regarder. J'ai assisté à plusieurs de ces réceptions, mais le moins possible, le minimum exigé pour la pupille de la cadette Chambord. J'ai connu plus de rassemblements de métis que de fêtes sorcières.
— Est-ce différent ?
Elie sourit à son frère.
— Oui, tu auras bientôt l'occasion de comparer toi-même. C'est plus joyeux, moins guindé si je puis dire et plus exotique. Lorsqu'il n'y a que des alliés, chacun laisse voir sa véritable nature et c'est plus intéressant que les froufrous sorciers. Les enfants jouent et courent partout, les gens rient et dansent sans se soucier de l'étiquette sorcière, c'est plus convivial. Je suis certaine que cela va te plaire.
— Je le pense aussi.
Un son clair de cloche retentit, ainsi qu'une série de douce percussion et chacun fêta la nouvelle année qui commençait.
— Bonne année, Enor, ma petite étoile, fit doucement Eiden en la serrant contre lui. Tu es ce qu'il m'est arrivé de mieux cette année.
Elle sourit et l'embrassa doucement sur la joue.
— Je pense la même chose Eid, merveilleuse année à toi aussi mon frère.
Ils se tirent un moment ainsi, jusqu'à ce que viennent leurs compagnons respectifs, désireux eux aussi d'échanger leurs vœux.
— Bonne année, El, souffla Drago à l'oreille de la jeune blonde.
— Bonne année Dray.
Une main pale passa sur la joue douce de la jeune fille, finissant sa course dans ses cheveux et le garçon se pencha un peu plus encore, lui confiant tout bas :
— Je t'aime, Elienor.
— Je t'aime aussi Drago.
Ils unirent leurs lèvres en un baiser amoureux, inconscient du fait que Blaise et Eiden agissaient de même à côté.
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Le retour à Poudlard après les vacances se fit dans le calme, contrairement à leur départ. Severus déposa ses enfants sur le quai et ils prirent le train en compagnie de leurs amis serpentards. Malheureusement, il leur fallait éviter de se montrer avec les gryffondors, pour que rien de cette proximité de remonte aux oreilles de leurs parents. Il était maintenant treize heures passées, Drago et Pansy avaient disparu un moment auparavant pour remplir leur devoir de préfet. Eiden somnolait, la tête sur les genoux de Blaise qui lisait un traité de Défense pendant que Théo et Elie discutaient doucement, tout prêt l'un de l'autre.
— Tu crois que cela va suffire ? demanda le fils Nott.
— Je l'ignore, mais d'après Arthus, c'est la meilleure façon de faire.
Le garçon ne dit rien, mais il semblait septique.
— J'ai tout envoyé à Fred et George pendant les vacances, continua Elie, ils ont fait quelques tests …
— Et ? interrogea son ami.
— Après quelques ajustements, il semblerait que tout ait fonctionné comme prévu. Au-delà même de nos espérances apparemment …
— Oh ! Très bien ! répondit l'autre en se calant un peu mieux contre le dossier. Et donc, qui va profiter de cette toute nouvelle invention ?
La jeune fille eut un sourire rusé.
— Et bien nous avions le choix bien entendu, mais une personne en particulier me semble toute désignée …
Théodore lui rendit son sourire avec le même éclat.
— Laisse-moi deviner, le vieux crapaud ?
— Théo ! Je suis sidérée que tu puisses penser que nous nous en prendrions à une représentante du Ministère !
— Elle ne fait plus tout à fait partie du Ministère à présent alors …
Les deux jeunes gens éclatèrent de rire, assez bas cependant pour ne pas déranger Eiden et Blaise.
— Et quand cet incident aura-t-il lieu ?
— Sous peu, très cher, sous peu.
— Tu me préviendras ?
Le sourire d'Elie s'élargit.
— Je ne pense pas en avoir besoin, je pense que tu le remarqueras sans mal, en faîte, tout le monde le remarquera sans mal.
À ce moment entrèrent Pansy et Drago qui les rejoignirent sur les banquettes.
— Vous avez le bonjour d'Hermione et Ron, déclara la brune en se saisissant de son sac pour y trouver quelques choses à manger.
— Et MacMillan nous a demandé quand se tiendrait la prochaine réunion de l'AD, continua Drago.
Elie haussa les épaules et désigna son frère assoupi.
— Je n'en sais rien, nous n'en avons pas encore discuté, je crois qu'Eid attend les emplois du temps des entraînements de quidditch.
— C'est plus sage, opina Drago, le match contre Poufsouffle approche et Andrea va sûrement intensifier la fréquence des entraînements.
La jeune femme hocha la tête.
— Il paraît que tu as vu tes amis de Beaubâtons pendant les vacances ? intervint Pansy qui mordait joyeusement dans un sandwich.
L'autre acquiesça et la brune continua :
— Je suppose que cela t'a fait du bien, tu ne l'ai avait pas vu depuis combien de temps ?
— Depuis la fin de l'année dernière, même si nous avons correspondu par chouette depuis, répondit la blonde.
— En tout cas, vous avez dû beaucoup vous entraîner, j'ai remarqué à Nouvel An que tu avais quelques marques en plus, tout cela n'est guère aristocratique, fit, sur un ton léger et rieur, Pansy.
— Sev a installé un terrain de quidditch, on a eu quelques parties mémorables, rétorqua Elie prudemment, qui avait appris à se méfier de la soi-disant légèreté de son amie.
— Je vois cela, mais tu devrais être plus prudente, El, je trouve que tu te blesses beaucoup, dit doucement l'autre fille.
La mine de la fille de Severus se tendit imperceptiblement et elle répliqua, d'une voix parfaitement neutre :
— Quelques bleus n'ont jamais fait de mal à personne Pansy.
— Cela semble bien plus que quelques bleus, Elie.
— Le quidditch n'est pas exactement un sport calme, tu le sais aussi bien que moi, répondit la blonde sur un ton plus froid.
L'autre eut un petit sourire tendu et triste, comme si elle redoutait ce qu'elle allait dire à son amie.
— Je ne pense pas que le sport en soi la seule cause, El, tu reviens souvent blessée de tes petites escapades et tu ne sembles … pas vraiment te soucier de toi-même et de ton état.
Elie se renfrogna, elle avait déjà entendu cela d'Eiden et Ravena, elle n'était pas du tout disposée à recommencer avec elle.
— Nous faisons beaucoup d'excursion dans la forêt mon frère et moi. Et son état ne semble pas autant t'alarmer.
— Il ne rentre pas aussi blessé que toi … commença Pansy. Elie, es-tu certaine que tout va bien ?
L'adolescente se referma totalement à ces mots, affichant un visage de marbre et des yeux sans âme. De part et d'autre des filles, les trois jeunes hommes n'osaient prendre la parole, Drago était trop loin pour prendre la main d'Elie et sa petite amie ignorait totalement Théodore qui lui caressait doucement le genou en un geste apaisant. Blaise avait relevé le nez de son ouvrage un peu plus tôt, surpris par le ton inhabituellement froid de la sœur de son compagnon.
— Je vais bien Pansy.
— Elie … tu peux nous parler tu sais, nous sommes amis et …
— Non.
La voix d'Elienor était à présent froide et coupante, ses yeux semblaient de glace et tout son être transpirait la distance. Elle était d'une implacable autorité en cet instant et son ordre sembla s'infiltrer en chaque occupant du compartiment, leur interdisant même de bouger. Tous ne pouvaient qu'être d'accord : elle était à ce moment particulièrement effrayante, l'aura sauvage et dangereuse. Ses dents étaient devenues plus pointues, ses canines plus longues et ses ongles s'étaient mués en une matière dure et nacrée, blanchâtre et aiguisée, telles des griffes.
Eiden avait brusquement ouvert les yeux et contemplait à présent sa sœur d'un air inquiet, encore embrumé de sommeil. La jeune fille capta son regard et soupira, regrettant de s'être laissé ainsi emporter, puis elle se leva et disparut dans le couloir avant que personne ne puisse faire le moindre geste.
Elle marcha un moment le long du train encombré d'élèves et finit par se laisser glisser à terre. Le coin était tranquille, seul le lointain grondement des conversations et le bruit de la course effréné du train se faisaient entendre. Un moment passa ainsi, hors du temps puis un léger bruit lui parvint, comme une porte qui s'ouvre, se ferme et quelqu'un qui approche. Elle ne releva même pas la tête, parfaitement consciente, à l'odeur et au son ténu des pas, de l'identité de cette personne. Elle ne réagit donc pas en la sentant s'asseoir si près d'elle que leurs corps se touchaient des pieds à l'épaule. Elle ne protesta pas non plus quand un bras puissant vint entourer son flanc et qu'une main large vint câliner l'arrière de sa tête pour l'inciter à la poser sur un poitrail musclé. Elle respira un moment l'odeur envoûtante et musquée du nouveau venu puis releva la tête pour tomber sur une paire d'yeux d'or fondu.
— Je t'ai vu traverser mon wagon comme un fantôme, expliqua Anton en caressant doucement ses cheveux.
— J'ai eu … quelques contrariétés, répondit la jeune femme.
— C'est ce qu'il m'a semblé, sourit doucement l'autre adolescent. Et puis-je savoir quelles sont-elles ?
Elie soupira contre lui, mais s'exécuta, elle ignorait pourquoi, mais les choses étaient plus simples avec Anton, moins qu'avec Eiden bien entendu, mais très facile pour le presque inconnu qu'il était encore quelques mois auparavant. Elle ne s'en formalisait cependant pas, les mâtinés se laissaient énormément diriger par leurs instincts, et son instinct lui disait que l'égyptien était fiable, une épaule solide et une tombe.
— Les autres sont très curieux à propos de ce qui est arrivé cet été et moi, je ne suis pas du tout prête à en parler.
Le jeune homme hocha la tête.
— Qui est au courant ?
— Les proches d'Eiden, par Dumbledore, dans une certaine mesure, mes amis de Beaubâtons par Rose et les jumeaux Weasley, Neville et toi par moi. Mais seuls mes amis français et vous quatre êtes au courant de tout.
— Et Drago ?
— Il sait pour … la séquestration et les tortures.
« Pas pour le reste » termina-t-elle en pensée, bien que les mots flottaient entre eux.
— Il est ton petit ami, il a le droit de savoir, tu ne penses pas ? Ne lui fais-tu pas confiance ? interrogea doucement Anton.
— Si, mais je redoute sa réaction, avoua Elie.
— Oh, Enor, cela ne changera rien, il ne va pas te rejeter pour cela, ce n'est pas de ta faute. Rien n'est de ta faute.
— Si j'avais été plus forte, j'aurai pu le repousser, murmura l'adolescente.
Le garçon prit son visage en coupe et riva ses yeux merveilleux aux siens.
— Cet homme t'a attaqué Elie, il t'a fait du mal alors que tu n'es encore qu'une enfant. Lui un adulte à user de sa force et de son pouvoir sur toi. Tu ne pouvais pas te défendre, c'était lâche et terriblement mal et cruel. C'est un monstre et toi tu as fait ce que tu as pus, rien n'est de ta faute, répéta-t-il.
Elle garda les yeux baissés, évitant son regard.
— Tu m'entends ? C'est lui qu'il faut blâmer, pas toi.
Elle opina doucement et il la serra gentiment contre lui.
— Alors, et ces fêtes ? demanda-t-il pour alléger l'atmosphère.
— Bien, on a fait le réveillon avec Sev et Rose et Noël avec les Weasley. Puis Nouvel An chez Malfoy.
— À la grande fête de Lucius Malfoy, tu es une privilégiée ! se moqua gentiment le garçon de serdaigle.
Elle enfonça son coude en représailles dans les flancs de son ami, ce qui eut pour seule conséquence de déclencher ses rires chaleureux.
— Je suis tout de même heureux de ne pas avoir eu cette chance ! rit-il.
Elie sourit.
— Ce n'était pas si terrible en vérité, nous avons passé une assez bonne soirée. Même si Lucius sait tout de nos origines, il ne pouvait pas trop en faire ne public.
— Penses-tu qu'il va tout dire à son Maître ?
Anton savait parfaitement qui servait Lucius et que cet homme n'était pas disparut comme le prétendait le Ministère.
— Père pense qu'il ne dira rien et je le crois. Une telle information est plus profitable à Lucius seul. Et toi qu'as-tu fait ?
— On a passé les fêtes au Clan, sur le continent, comme chaque année. Tante Sekhmet était très contente de nous revoir, elle a aussi demandé de vos nouvelles, même si je suis certain que Rose la tient au courant.
— Tu as sans doute raison.
Anton saisit doucement son menton et l'obligea à lever le visage vers lui, découvrant ses dents transformées. Il passa un doigt tendre le long de sa mâchoire et sourit un peu :
— Tu as tout l'air d'une petite prédatrice maintenant, mais ce n'est guère prudent de rester ainsi. Peux-tu changer cela ?
L'adolescente hocha la tête et sa dentition repris son aspect d'antan, le garçon prit ensuite délicatement ses mains dans les siennes et inspecta ses doigts.
— Tes griffes semblent bien formées, leur aspect est bon et leur forme également. De l'excellent travail tout cela, assura le jeune homme, toujours souriant. Tu ne peux pas encore les métamorphoser, n'est-ce pas ?
Elie secoua la tête et l'autre la poussa légèrement de l'épaule, rassurant.
— On va attendre un peu, je suis sûr que tu y arriveras, il suffit seulement de faire redescendre la pression. C'est ta première transformation, je me trompe ?
— Non, souffla la jeune fille.
Anton fit un petit sourire.
— Et bien félicitation Elie, c'est un événement, si peu de temps après ton héritage, c'est remarquable. D'ordinaire, les métis elfiques comme toi mettent plus de temps à y arriver, leur nature d'elfe étouffant un peu celle du métamorphe. C'est vraiment bien ! Où en es-tu avec tes formes animales ?
— Une de plus depuis ces vacances, faucon gerfaut, répondit son amie.
— Une forme ailée ? Ça, c'est vraiment cool, et utile. Il lui adressa un regard de connivence. Assez proche de celle de Rose en plus.
Ces mots déclenchèrent également le sourire d'Elie.
— Elle est apparue la première fois quand Rose est arrivée au Manoir, le matin du réveillon.
— Elle a dû en être fort heureuse.
— Elle l'était, même si je ne maîtrisai pas encore bien mon vol. Je me suis beaucoup amélioré depuis.
— Tu me montras cela une de ces nuits.
La fille opina et soupirant, elle parvint à faire disparaître ses griffes, qui laissèrent ses doigts parfaitement intacts.
— Comme je l'avais dit, souffla l'égyptien. Ça va mieux, Elie ?
— Oui, merci. Je suis désolée de m'être emportée.
— Tu n'as pas à t'excuser, El, fit-il en la serrant d'un bras musclé.
La jeune fille souffla, la proximité d'Anton l'aidait vraiment à se calmer, elle s'appuya un peu plus contre lui et ils passèrent un moment ainsi, en silence, jusqu'à ce que la porte s'ouvre de nouveau et que n'apparaisse la tête rousse de George.
— Quelqu'un de terriblement inquiet pour toi, m'a demandé de l'aide pour te trouver, déclara le gryffondor.
Elie soupira à nouveau et tendit une main au jeune homme pour qu'il l'aide à se relever.
— Allons le retrouver avant qu'il ne retourne tous le train.
— Se serait plus prudent en effet, répondit, amusé l'égyptien en se levant souplement.
— Merci de ton soutien, Aton.
— Pas de problème, petite féline, fit le garçon en passant une main gentille dans ses cheveux. Mais allons voir ton frère.
Ils traversèrent en sens inverse le train et ne tardèrent pas à croiser Eiden, un peu pâle qui scrutait la foule d'un air angoissé.
— Elie ! s'exclama-t-il en se jetant sur sa sœur.
— Je t'avais dit qu'elle n'était pas loin, Eid, elle n'a pas pu sauter du train ! rit le jumeau Weasley tandis que son frère les rejoignait.
Le fils Rogue se contenta de lui lancer un regard sombre, par-dessus l'épaule de sa sœur qu'il serrait fortement contre lui.
— Tu m'as fait peur, souffla-t-il à son oreille.
— Elle avait simplement besoin de temps, Den, rétorqua Fred, on t'avait dit qu'elle allait revenir.
L'autre jumeau écopa du même regard que son frère, mais ne s'en formalisa pas plus, conservant son sourire éclatant.
— Elle était avec moi, Eiden, rassura Anton. Ne t'en fais pas, elle va très bien.
Le possessif et surprotecteur jeune homme remercia l'autre d'un regard et l'égyptien disparut bientôt, suivit par Fred et George qui laissèrent les enfants de Severus seul.
— Est-ce que ça va Elie ? interrogea doucement le garçon.
— Oui ça va. Je suis ... désolée d'avoir perdu le contrôle Caruos.
Le brun lui chuchota que ce n'était pas grave. Une intense chaleur envahit ses entrailles à l'entente du petit surnom que lui avait donner Elie. Elle lui avait un jour confié que son patronus lui allait parfaitement, un cerf, noble et protecteur de son peuple et elle avait commencer à l'appeler ainsi.
— Veux-tu retourner avec les autres ? Ou ailleurs ? Peut-être pouvons-nous rejoindre Ron et Hermione ?
— Non, cela ira, assura l'adolescente, je n'aurai pas dû m'énerver ainsi.
— Pansy peut se montrer parfois un peu insistante …
— Je sais qu'elle ne pense pas à mal, mais je ne suis pas encore prête à en parler.
Eiden lui fit un sourire tendre et compréhensif.
— Je sais Elie, je n'ai pas non plus parlé de mon passé. Aucun de nous n'est prêt à cela, mais cela viendra.
Elle hocha la tête et il prit sa main pour la mener jusqu'à leur compartiment. À l'intérieur, l'ambiance était plutôt fraîche. Blaise avait repris son ouvrage, mais ses yeux restaient immobile, Théo semblait perdu dans ses pensées, Pansy fixait la fenêtre, mal à l'aise, et Drago lui, scrutait la porte. Quand les jumeaux apparurent, tous se tournèrent vers eux et Pansy intervint, embarrassée :
— Je suis désolée, El, je ne voulais pas …
L'autre la coupa d'un geste de la main, tâchant de sourire à son amie tendue.
— Ce n'est pas grave, Pansy, c'est moi qui vous demande pardon à tous de m'être mise en colère.
— Ce n'est pas utile, déclara Blaise en invitant Eiden à s'asseoir à ses côtés.
Le jeune garçon s'exécuta et Elie resta une seconde debout, ne sachant que faire, lorsque Drago ouvrit ses bras. Elle s'y lova, sur la même banquette que son frère et laissa son petit ami lui embrasser le front et plonger ses longs doigts dans ses cheveux. Théo amorça la conversation et entraîna tout le monde sur un terrain plus léger, faisant oublier le récent incident à tous. Lorsque le train arriva en gare, tout le monde avait tourner la page.
Pour la première fois, Elie utilisa les calèches pour se rendre au château. Si cela l'amusa, elle ne manqua pas les sourcils froncés de son frère et se pencha vers lui pour comprendre.
— Je n'avais jamais vu de telles montures avant …
— Il n'y a rien d'étonnant à cela, elles ont sans doute toujours été là, mais sans que tu les remarques.
— Que veux-tu dire ? interrogea le garçon.
— Ce sont des sombrals, des créatures que l'on ne peut voir que s'y l'on à déjà vu la mort, expliqua Elie.
L'image du corps raide et froid de Cédric s'imposa à l'esprit d'Eiden, ses yeux morts tournés vers le ciel et il frissonna.
— Alors tu … commença-t-il.
— Oui.
— Oh, fit le jeune homme, ne sachant quoi dire.
Puis ils montèrent sans rien ajouter, et alors qu'il allait entrer dans la Grande Salle, leur père les accosta.
— Vous avez passé un bon voyage ? s'enquerra le potionniste.
Ses deux enfants acquiescèrent, ce n'était pas vraiment le moment de parler du saut d'humeur d'Elie.
— Dumbledore voudrait nous voir après le dîner, alors attendez-moi ici lorsqu'il sera terminé, expliqua le professeur.
Une nouvelle fois les jumeaux opinèrent et rejoignirent leurs amis pour dîner. L'ambiance était aux retrouvailles et chacun passa un excellent moment. L'estomac plein et les assiettes vides, Eiden et Elie retrouvèrent Severus devant la porte et le suivirent jusqu'à l'étage du bureau directorial. À l'entente du mot de passe, énoncé par Severus, la statue s'anima et ils purent tous trois emprunter l'escalier animé. Un coup de heurtoir et la porte s'ouvraient, les laissant pénétrer dans le vaste bureau de Dumbledore.
Ce dernier était déjà installé, plongé dans la lecture d'un long parchemin. Il cessa son activité à leur entrée et les salua, les invitant ensuite à prendre place sur les chaises qui lui faisaient face. Le directeur se rassit ensuite et joignit ses longs doigts devant lui.
— Je voulais te parler des événements de la veille des vacances, Eiden et de ce cauchemar que tu as fait.
Le garçon hocha la tête attendant qu'il continue.
— Je ne voulais pas t'en faire part plus tôt que tu profites des congés de fin d'année, mais cet incident n'était pas anodin.
— Mais encore, grinça Severus qui n'avait guère de patience et qui ne goûtait pas au temps que prenait le directeur.
Le vieillard sourit de l'intervention du professeur, mais ne s'en offusqua pas le moins du monde.
— Le sort d'avada que Voldemort lança à Eiden voilà quatorze ans à créé un lien entre eux. Un lien qui s'est manifesté à l'époque par sa cicatrice.
— Mais je ne l'ai plus, elle a complètement disparu lorsque mon héritage s'est révélé, intervint l'adolescent.
Album Dumbledore sourit gentiment :
— En vérité Eiden, ta cicatrice n'a pas disparu, elle est simplement dissimulée par tes nouveaux pouvoirs. Tu ressens toujours de la douleur à son emplacement, n'est-ce pas ? Et une certaine sensibilité ?
Frictionnant machinalement son front, le jeune homme opina à nouveau, le regard un peu dans le vague.
— Il l'a frotte de temps en temps et son front prend parfois une teinte un peu rosée, fit Elie qui n'avait encore rien dit.
Tous se tournèrent vers elle, surpris. En réponse, la jeune femme haussa simplement un sourcil.
— Eiden est mon frère, je me soucis de lui, je fais attention.
— Cela arrive souvent ? interrogea son père.
— De temps en temps, surtout lorsqu'il est fatigué ou nerveux et plus souvent depuis quelque temps.
— Eiden ? questionna le potionniste.
— Je … n'ai pas vraiment fait attention, avoua l'adolescent. Mais c'est vrai que maintenant qu'Elie le dit … cela s'est intensifié depuis quelque temps.
— Ton lien avec Voldemort n'a pas disparu avec ton héritage Eiden, intervint Dumbledore. Il est toujours là, même si ça forme visible ne l'est plus.
— Et que ce que cela implique ? demanda le plus jeune.
— C'est justement de cela que je voulais te parler. Tes cauchemars et les visions de ce que fait Voldemort te viennent de lui et de cette connexion. Tu entres en quelque sorte dans sa tête lorsque ton esprit et le moins protégé, lorsque tu dors. C'est assez délicat et douloureux, mais surtout c'est devenu un problème maintenant que Voldemort s'en est rendu compte que vous partagiez un tel lien, et donc que tu es encore en vie.
— Il est au courant ? s'exclama Eiden.
— Je le pense, lui répondit le directeur, avec une connexion d'une telle intensité, comme celle que tu as connue lors de l'attaque de Monsieur Weasley, il est presque certain que Voldemort ait découvert que tu vis et ce que vous partagez et je ne doute pas qu'il veillera à l'utiliser contre toi le moment venu.
— Mais il ne sait pas n'y où je suis, ni qui je suis, n'est-ce pas ?
— Non, votre couverture est très sûr. Il ne peut pas deviner qui tu es, surtout que tu es arrivés avec Elie dont tout le monde ignore l'existence.
— Que va-t-il faire, professeur ? s'enquit l'adolescent.
— Je l'ignore, mais j'ai quelques suppositions : il peut te torturer à coup d'images mentales, d'autant qu'elles semblent très réalistes dans ton cas, ou il peut te faire voir des choses qui n'existent pas, pour te tromper et te vaincre.
— Quelle est la solution ? demanda le professeur de potion, très inquiet pour son fils.
— Je crois que vous la connaissez déjà, Severus.
— L'occlumancie, fit Elie, qui avait parfaitement deviné.
— En effet, ma chère, l'occlumancie permettra à Eiden de fermer son esprit à Voldemort et de ses protéger de ses atteintes.
— Eiden ne peut pas apprendre l'occlumancie à temps, c'est un art très obscur et difficile et …
— C'est pour cela qu'il lui faut un enseignant digne de ce nom.
Severus haussa un sourcil, conscient que la suite n'allait pas lui plaire.
— Vous ne m'aurez rien épargné, grommela l'homme aux cheveux de jais.
— Vous êtes le plus qualifié pour enseigner cela à Eiden. Ainsi il pourra se protéger de Voldemort et du lien.
Eiden grimaça :
— Cela risque d'être compliqué, je ne suis pas vraiment doué pour ce genre de choses, Elie m'a déjà montré quelques petits trucs et c'était extrêmement difficile pour moi, expliqua le jeune homme.
— Il va pourtant falloir y arriver, Eiden, tu n'as plus le choix à présent. Promets-moi que tu feras tout ce que tu peux pour cela, dit le vieil homme.
Le fils de Severus opina, pas vraiment rassuré par le temps inhabituellement sérieux du directeur.
— Bien. Sinon mes enfants, comment se passe cette année ?
Ils discutèrent encore un moment avec le vieillard puis ils quittèrent son bureau en compagnie de Severus qui les laissa devant l'entrée de la salle commune des serpentards.
— Passe à mon bureau samedi soir Eiden et nous verrons comment procéder, fit le potionniste avant de laisser partir ses enfants.
