N.D.A :
Bonsoir, heureuse de vous retrouver pour la suite !
Je réponds ici aux deux reviews publiées sans compte et remercie ses auteurs :
mamy 83 : Une fois encore, merci de votre lecture, je suis contente de voir que la suite vous plait. J'essaye en effet de faire une histoire détaillée et documentée, c'est plus agréable et réaliste à mon avis. À bientôt !
adenoide : Pour l'identité du mangemort qui a sequestré Elienor, elle sera en effet divulguée, mais pas tout de suite ... en attendant petit indice, c'est quelqu'un dont-il a déjà été mention dans l'histoire. Je sais cela n'aide pas beaucoup, mais patience ... Concernant l'identité des jumeaux, il va falloir attendre quelques chapitres.
Comme d'ordinaire, merci à ceux qui visitent, lisent et commentent ! En espérant que la suite vous plaise ...
Bonne lecture !
Elishae
Chapitre 9 : Visites
Dans la salle commune, l'atmosphère était calme, une bonne partie de leur maison avait regagné leurs dortoirs et seuls leurs amis et quelques autres s'attardaient encore.
— Vous nous avez attendus ? interrogea Eiden.
— Oui, rien de grave ? s'enquerra Pansy, un peu inquiète.
— Non, la rassura Eiden, il voulait seulement savoir comment cela se passait pour nous, l'école et le reste, rien qui ne vous obligeait à rester debout.
Il souriait et cela dérida la brune.
— C'est bien normal, souffla-t-elle avant de s'étirer et de se lever. Bien, maintenant que vous êtes là, je vais me coucher. Tu montes Elie ?
— Oui, je te suis.
La blonde embrassa tendrement Drago puis Eiden et suivit son amie dans les escaliers, souhaitant une bonne nuit à tous. Les garçons ne tardèrent pas les imiter et gagnèrent le confort de leur dortoir. Crabbe et Goyle y étaient déjà assoupis, de légers ronflements s'échappant de leurs solides carcasses. Eiden, assit sur le lit, contemplait d'un air éteint son compagnon se changer, l'air complètement perdu dans ses pensées. Un petit sourire tendre sur le visage, il s'approcha et effleura les épaules du brun pour le faire réagir. Les deux émeraudes se tournèrent vers lui et Blaise murmura :
— Tu es sûr que tout va bien, tu sembles … ailleurs.
— Oui, je pensais juste à certaines choses …
Le basané ne se formalisa pas du mystère de son petit ami, il en avait l'habitude, et passa ses mains doucement le long de ses côtes pour le déshabiller et l'inciter à se mettre en pyjama. Ce que l'autre fit un peu gauchement. Puis Eiden demanda, d'une voix inhabituellement timide et hésitante :
— Je peux dormir avec toi ?
— Bien sûr.
Le bistré sourit et le mena à son propre lit, ouvrant les couvertures pour l'y installer et le ramenant contre son torse fort. Mais malgré la proximité de Blaise et l'odeur réconfortante de sa peau, Eiden ne parvint à trouver le sommeil et cela alerta son petit ami qui l'interrogea sur ce qui n'allait pas.
— Tu es complètement dans les nuages Eid, depuis que tu es revenu de chez Dumbledore et là tu ne cesses de te tortiller depuis que l'on est installé. Alors vas-tu me parler de ce qui te mine, ou vas-tu continuer ce manège jusqu'à ce que le jour se lève ?
Son compagnon ne semblait guère enclin à laisser couler cette nuit alors Eiden capitula et murmura :
— Je suis … très en colère contre Dumbledore.
L'autre leva un sourcil interrogateur et en demanda la raison.
— Il savait qu'Elie et moi étions les enfants de Sev quand notre mère et morte, et pourtant il nous a tout de même fait adopter en France, et dans des familles différentes.
— Il a fait quoi ? fit, surpris, le basané.
— Il savait pour Severus et il nous a tout de même éloignés. Et il nous a séparés, El et moi, sachant le mal que cela nous causerait.
— Pourquoi a-t-il fait une telle chose ?
— Il pensait que Père nous livrerai au Seigneur des Ténèbres pour qu'il utilise nos pouvoirs, grinça Eiden.
— C'est complètement stupide ! Sev n'aurait jamais pu faire une chose pareille ! s'indigna le fils Zabini.
— Apparemment, ce n'était pas quelqu'un de fiable … cracha le brun, vraiment remonté à présent.
Blaise grogna pour toute réponse et caressa la tête de son petit ami doucement, pour le calmer un peu.
— Et Severus n'a rien fait pour l'en empêcher ? demanda-t-il, surpris de l'attitude de son directeur de maison.
— Il ne savait pas pour nous, ma mère ne lui avait rien dit de la grossesse. Elle a simplement disparu. Elle était en danger, alors elle c'est cachée et Père n'a pas pu la retrouver. Il ne savait pas.
— Oh … et pourquoi vous avoir séparé El et toi ?
— Protection, éructa le jeune homme en serrant les poings. Si tu savais Blaise, comme j'ai envie de le massacrer lorsque je le vois, j'ai envie de frapper jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un petit tas sanguinolent de lui.
— C'est tout à fait compréhensible … fit à mi-voix l'autre garçon.
— Il a volé notre vie et m'a mis chez ces gens horribles qui ne voyaient en moi qu'un monstre alors que j'avais un père et une sœur en vie. Je le hais de toutes les fibres de mon être. Je l'exècre par tous les pores de ma peau.
De petites étincelles de magie s'échappaient des doigts d'Eiden et il tremblait de rage à présent, mais Blaise mit tout en œuvre pour le calmer. À coup de caresses, de baisers bien placés et de paroles rassurantes, il parvint à faire refluer la colère de son compagnon qui se tranquillisa peu à peu.
— Allez viens !
Surpris, Eiden vit le basané rejeter la couverture et l'entraîner avec lui.
— Qu'est-ce que …
— Habille-toi on va faire un tour dehors !
Bien qu'il ne comprenait pas quelle mouche pouvait bien avoir piqué Blaise, Eiden s'exécuta et le suivit jusque dans le parc, tout près du lac. Respirant l'air frais à pleins poumons, il sentit la paix et le calme l'envahir. Reconnaissant envers son compagnon, il l'attira dans ses bras pour de douces embrassades.
— Merci, c'était une excellente idée.
Les doigts de Blaise parcoururent son visage tandis qu'il souriait doucement, soulagé qu'Eiden soit de nouveau en paix.
— Une petite course, ça te dit ? interrogea-t-il malicieusement.
Eiden ne put s'empêcher d'arquer un sourcil corbeau.
— Je croyais que tu n'étais guère friand de promenades nocturnes ? ricana le jeune fils de Severus.
— Tout dépend de la compagnie, répondit le bistré en embrassant légèrement les lèvres fines de son petit ami.
Il abandonna ensuite sa forme humaine pour celle, puissante et féline d'une panthère noire. Blaise n'avait pas la moindre gêne de métamorphe dans le sang, mais comme tous les mâtinés, il avait une prédisposition à être animagus. Sa mère lui avait appris, quelques années plus tôt et il avait revêtu cette forme, tout à fait conforme à son caractère : un animal puissant et calme, patient et protecteur, avec un faible pour les siestes à l'ombre d'un arbre.
Eiden voulut l'imiter et prendre sa forme lupine mais les sensations lui apparurent différentes lorsqu'il se changea. Son pelage était toujours noir d'encre, mais moins fourni et le poil différent. Ses griffes étaient d'une autre forme et son corps, plus petit qu'en loup, était de facture différente, plus souple, plus déliée. Il grogna sans s'en rendre compte et le son qui sortit le fit définitivement douter : ce n'était pas du tout le même qu'à l'ordinaire. Il plongea ses yeux dans ceux, miel, de Blaise, assit sur son derrière devant lui et y distingua une certaine lueur de fierté et de plaisir. Se souvenant de l'attitude d'Elie lors de sa transformation, Eiden trottina vers la surface noire et lisse du lac pour y contempler son reflet. Ce qu'il y vit le fit rire, sans qu'il puisse s'en empêcher : face à lui se trouvait un lion aux yeux d'émeraude, couvert d'une toison noire, particulièrement dense au niveau du cou. Son rire, semblable à un ronronnement rassura Blaise qui l'avait suivit puis le jeune métis revint à son corps d'homme pour passer une main dans la crinière de son compagnon.
— C'est … très gryffondor … rit-il également. Même si je dois avouer que tu as beaucoup d'allure.
Le lion ronronna de plus belle et arqua le dos pour profiter un peu plus encore des caresses et des gratouilles de Blaise.
— Le roi des animaux, rien que cela ! continua le basané. Voilà qui ne va guère arranger ton ego démesuré !
À ces mots Eiden aussi changea, la mine boudeuse et le regard noir.
— Je n'ai pas d'ego démesuré, tu me confonds avec la fouine peroxydée, gronda le jeune homme.
Pour toute réponse, Blaise éclata de rire, pas vraiment d'un grand secours.
— Je plaisante Eid ! Mais tu es vraiment très majestueux sous cette forme, cela te donne un petit côté suffisant !
— Suffisant ?! s'étouffa Eiden. Tu as perdu la tête ?!
Pour se faire pardonner, Blaise l'entraîna dans un baiser vertigineux et caressa amoureusement les flancs de son petit ami avant de souffler :
— Alors, on la fait cette course ?
Si quiconque avait regardé par une des fenêtres du château cette nuit-là, il aurait vu deux félins ébène jouer comme des chatons et se poursuivirent autour du lac. Spectacle étrange, s'il en est, au beau milieu de l'Écosse, en plein hiver.
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Le lendemain, avant le dîner, les enfants Rogue se glissèrent jusqu'au bureau de leur père et le trouvèrent en pleine rédaction d'une longue lettre, sa plume glissant sur le parchemin à la lumière de quelques chandelles. Severus Rogue s'était arrangé depuis l'arrivée de ses enfants, son visage n'était plus aussi souvent déformé par ses rictus déplaisants, il n'était plus aussi aigre et triste, ce qui lissait son visage et il prenait un plus grand soin de lui-même et de son apparence. Ces cheveux n'étaient plus gras des relents de potions, son teint était net et ses yeux habités d'une lueur nouvelle, agréable et vivante. Ainsi en meilleure forme, la ressemblance avec les jumeaux était plus flagrante.
Il ne les avait pas entendu entrer, discret comme ils pouvaient l'être, mais il parvint à maîtriser sa surprise et ne relever qu'un sourcil en guise de réaction.
— Un problème ? demanda-t-il alors qu'Eiden se laissait tomber sur un des canapés.
— Pourquoi y aurait-il forcément besoin d'un problème pour venir te voir ? s'enquit Elie en s'installant aux côtés de son frère.
— Et bien le dîner va commencer et je connais le grand intérêt que porte ton frère à ce genre d'activité, alors je m'interroge.
L'adolescent ignora totalement la perche qu'il lui tendait, fourrageant distraitement dans sa chevelure, se décoiffant totalement.
— On reprend ses anciennes habitudes ? ricana le potionniste en le voyant faire.
Eiden soupira.
— C'était bien plus simple lorsque le peigne ne me connaissait pas. Les cheveux longs sont d'un tel entretien !
Elie rit doucement de ces mots :
— On ne peut pas véritablement dire que tu consacres beaucoup de temps à leur ''entretien'', Eiden.
Son frère planta un doigt vengeur dans ses côtes, la chatouillant sans aucune pitié, comme un enfant.
— Ce n'est pas par ce que ton petit ami passe une heure tout les matins devant le miroir que je dois faire de même. Tu ne te rends pas compte qu'il est un extrême ?
— Et toi tu en étais un autre, répondit sa sœur. Et même aujourd'hui, tu fais à peine d'effort, Den.
Le garçon souffla dramatiquement tout en continuant son manège, tirant de rires et des tortillements de sa sœur.
— J'envie tellement Blaise, il n'a rien à faire lui.
Severus lui envoya un regard troublé. Eiden était obligé de garder son catogan pour éviter que certains ne fassent le lien, ténu, avec Harry Potter. Son fils intercepta ce regard et soupira discrètement.
— Papa …
Les yeux noirs du professeur rencontrèrent ceux, émeraudes, de l'adolescent qui l'emprisonnèrent.
— Rien de tout ceci n'est de ton fait, arrête de tant vouloir.
— Oui, mais si tu n'avais pas changé d'identité tu …
— Serais assailli par les journaux et la populace. Je crois franchement que j'y gagne. Et puis de toute façon rien de tout ceci n'est de ta faute, tu ne m'as pas obligé à changer d'identité, j'ai choisi de le faire.
— Mais …
— Non ! coupa Eiden. Tu ne vas pas te sentir coupable à chaque fois que je fais un commentaire idiot.
Severus referma la bouche. Il fut traversé par la pensée furtive que jamais Harry Potter ne l'aurait interrompu ainsi et, souriant bizarrement en constatant que cela ne le dérangeait pas qu'Eiden le fasse, il se tu.
— Alors, puis-je savoir pourquoi vous êtes ici ?
— On t'a déjà dit, répliqua son fils en étendant ses longues jambes sur la table basse sous le regard désapprobateur du professeur. Tu es notre père, que l'on veuille te voir parfois te dépasse ?
— Tes pieds Eid ! gronda le plus vieux des Rogue. Nous nous voyons tous les jours, je te rappelle.
— Nous nous croisons tous les jours, intervint Elie qui claqua une petite tape sur la cuisse de son frère qui avait ignoré le commentaire de son père. Mais nous ne nous voyons pas réellement.
— Mmm, émit simplement Severus. Et la véritable raison ?
— Tu ne devines pas ? interrogea Eiden avec un petit sourire rusé. Face à la dénégation de son père, il souffla et fit à sa sœur. Irrécupérable je t'ai dit.
— C'est un jour important … fit doucement sa fille, semblant un peu peinée qu'il ne comprenne pas.
Severus se reposa un instant sur le dossier de sa chaise, fouillant sa mémoire, mais rien ne lui venait à l'esprit.
— C'est ton anniversaire aujourd'hui papa, continua à mi-voix la jeune femme sur un ton un triste.
— Oh …
— C'est tout ce que cela t'inspire ? rit Eiden, mais le cœur n'y était pas, il avait trop souvent partagé l'état d'esprit de son père, quand il était encore chez les Dursley.
— J'avais … oublié, déclara-t-il.
— On avait remarqué, répondit sa fille.
Severus avait un peu mal de constater l'effet que produisait ce simple fait sur la jeune fille, alors il se força à sourire.
— Tu sais El, lorsque l'on vieillit on n'accorde plus vraiment d'importance à ce genre de chose …
— Tu n'as que trente-six ans …
Le potionniste ne savait pas quoi dire, fort heureusement, Eiden intervint.
— Heureusement que l'on en s'en ait rappelé pour toi alors ! Bon anniversaire Papa !
Le garçon bondit sur ses pieds et serra son père fortement contre lui. Severus eut un moment de flottement, incapable de bouger puis il rendit son étreinte à son fils. Il entendit le minuscule soupir qu'émit Eiden en sentant qu'il répondait et se promit intérieurement d'initier plus de contacts avec son fils, le plus jeune en avait besoin et lui aussi, même s'il ne l'avouerait jamais. Il profita de l'instant, trop bref et le garçon laissa la place à sa sœur qui fit de même, lui chuchotant un joyeux anniversaire à l'oreille. Severus fut fortement secoué par cette irruption de ces enfants dans ces appartements et encore plus lorsqu'ils déposèrent sur la table basse trois cadeaux enrubannés.
— Vous m'avez offert des cadeaux, fit-il, stupéfait.
— C'est ce que traditionnellement on fait à un anniversaire, se moqua Eiden, notamment lorsque l'on aime une personne et qu'on veut lui montrer.
Le potionniste du faire tous les efforts du monde pour ne pas se laisser submergé par les paroles du garçon et il se contenta de le fixer, voyant la sincérité et l'amour dans les quatre yeux de ses enfants. Il baissa la tête avant de perdre contenance et passa un doigt long sous le papier pour le déchirer. Il découvrit une petite boîte en carton, assez simple, renfermant une plante magnifique, d'un vert sombre, où fleurissait une nuée de fleurs émeraude, jais, saphir et améthyste. Il effleura doucement un pétale délicat, doux sous sa peau, l'adulte ne doutait absolument pas que les jumeaux avaient créé cette merveille pour lui.
— On a eu un peu d'aide de Neville, expliqua Elie en le regardant faire. Tu peux utiliser toutes ses composantes, les pétales pour les potions de souvenirs, les tiges pour les décoctions de clame et les racines pour celle d'oublies.
— Mais c'est notre premier essai alors on te conseille de les tester avant, conseilla sérieusement Eiden.
Severus était estomaqué, ne venaient-ils pas de dire qu'ils avaient créé une nouvelle plante médicinale ? Elie sembla deviner sa pensée puisqu'elle dit :
— On c'est inspiré de plants préexistants, et on a un peu joué avec des graines de fleurs différentes, on ne l'a pas vraiment créé de toute pièce en ce qui concerne son aspect médicinal …
— C'est incroyable Elie, vous ne vous rendez pas compte !
— On va avoir des points ? questionna en riant Eiden, mal à l'aise au fond de lui que son père soit si soufflé. Il n'était guère friand, ni lui ni sa sœur d'ailleur, de compliments.
Dans le cadeau suivant il trouva une sorte de cloche de verre, un peu comme un boule à neige moldu, où s'ébattait dans un paysage ressemblant à s'y méprendre au parc du château, deux petits loups enchantés, parfaites répliques des formes lupine de ces enfants. La neige tombait magiquement sur le tout, apportant une petite touche supplémentaire de merveilleux. Le professeur contempla un moment les deux animaux jouer dans ce décor miniature puis il parvint à s'en arracher lorsqu'ils se roulèrent en boule, l'un contre l'autre, pour faire un petit somme, leur large poitrail se soulevant régulièrement.
Sans un mot, Eiden poussa vers lui le dernier cadeau, le plus petit, plat et dur. C'était en réalité un petit coffret tout simple, mais refermant le plus grand des trésors. À l'intérieur, se trouvait une vingtaine de photographies, représentant une Lily enceinte ou les jumeaux nourrissons, avant qu'ils ne soient séparés pour quatorze ans. Lorsque Severus les prit dans ses mains, religieusement, il s'aperçut que celles-ci tremblaient. Il les parcourut toutes longuement, s'arrêtant sur une qui montrait deux magnifiques petits bébés, aux cheveux déjà bien reconnaissables, qui babillaient ensemble comme s'ils avaient une conversation. D'ailleurs, c'était peut-être effectivement le cas, songea en lui-même le potionniste, les jumeaux avaient une telle connexion entre eux. La dernière montrait une Lily regardant à la fenêtre, les mains sur son ventre arrondi, comme attendant quelqu'un. Elle faisait si peu de mouvement que l'on aurait pus croire à une prise de vue moldu si l'on ne voyait pas sa poitrine se soulever doucement. Severus caressa du doigt la silhouette tant aimée et une larme perla au coin de ses yeux, la deuxième en quinze ans. Il ouvrit les bras pour ses enfants qui ne savaient pas trop quoi faire et les serra fort contre lui.
— Je vous aime tellement, murmura-t-il si bas que des oreilles non métissées n'auraient pas pu entendre.
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La troisième réunion de l'AD se tint le vendredi suivant, au même endroit qu'à l'ordinaire, avec un public un peu élargi. Les serpentards avaient en effet entraîné avec eux Peter et Andrea, les deux batteurs, rejoignant Artémisia invitée à la réunion précédente, ce qui faisait que désormais l'intégralité des équipes rouge et verte assistaient aux séances de l'AD. Peter en fut enchanté et s'y lança avec enthousiasme, ponctuant le moment de ses rires chaleureux et nombreux. Andrea, si elle se montra plus mesurée, était ravie que les autres les conviés à cela et s'appliqua à mettre en pratique chaque conseil d'Eiden.
— N'est pas trop dur d'inverser les rôles ? lui demanda malicieusement Drago en la voyant hocher gravement la tête à une remarque du brun.
La solide jeune fille leva les yeux aux ciels et répondit :
— Chacun sa place, Dray, je le sais parfaitement. Je sais prendre les enseignements là où je peux les trouver et celui d'Eiden est plutôt bon. Et toi, comment ton petit orgueil prend la chose ?
— Assez bien, tu le vois, sourit le jeune homme sans saisir la perche que sa capitaine lui tendait.
La fille Shafiq le contempla un moment d'un œil critique puis dit sur un ton mortellement sérieux.
— Cette année est une bien grande surprise, j'ai peine à croire que se tient devant moi le Drago Malfoy que j'ai côtoyé pendant quatre ans.
— Les gens changent … dis simplement le blond en haussant les épaules.
— Enfin, quelle que soit la personne à l'origine de cet heureux changement, je la félicite, continua la brune.
— Tu l'as devant toi, enfin, avec l'aide de quelques autres … fit le jeune homme en agitant nerveusement sa baguette.
Andrea partit dans un grand rire :
— Qui pourrait le croire, Drago Malfoy est finalement devenu quelqu'un de bien … contre toutes attentes
L'autre grimaça, mais ne répondit pas.
— Le changement de poste, de personnalité et de relations … je me demande ce que tu nous réserves comme autre surprise, Drago, mais j'ai vraiment hâte de les voir et même dis participer, termina-t-elle avec un clin d'œil.
Saisissant le message, le fils Malfoy hocha la tête. Tout n'était peut-être pas perdu pour les serpentards, s'ils voulaient bien se secouer un peu et accepter de changer. Théo, lui et Andrea n'étaient sûrement pas les seuls à ne pas partager les idéaux de leurs parents. La difficulté était à présent de découvrirent les autres et de les persuader d'avoir le courage de changer de camp, comme eux l'avaient fait.
— Comment en es-tu venue à ces nouvelles amitiés ? interrogea doucement l'héritière de la famille Shafiq.
Drago désigna du menton les jumeaux Rogue qui remontraient patiemment, un peu plus loin, la gestuelle du sort qu'ils étudiaient à deux jeunes poufsouffles.
— Je vois … étranges créatures que ces deux-là … murmura la jeune femme.
Puis Andrea fut prise à partit par une Angelina très heureuse de la voir en ces lieux et les deux capitaines se lancèrent dans une conversation passionnée sur les sorts de défense et leur utilisation dans la vie courante. Drago les regarda un moment, perdu dans ses pensées jusqu'à ce que deux bras fins s'enroulent autour de sa taille et qu'un parfum envoûtant et clairement identifiable ne l'en fasse sortir. Un beau sourire vint germer sur son visage et il s'appuya doucement contre le petit corps qui l'enserrait. Un ronronnement lui parvint et il sourit un peu plus. Cette attitude était à ses yeux si adorable qu'elle le faisait complètement fondre, cela et les réactions parfois étranges, mais si attendrissantes de son exotique et pas vraiment humaine compagne.
— Tu as l'air ailleurs, fit la voix, un peu inquiète d'Elienor alors qu'elle le tenait toujours contre elle, le visage enfoui dans son dos. Quelque chose ne va pas ? interrogea-t-elle en serrant doucement son étreinte.
Il frissonna en sentant la douce vibration que créait la prise de parole d'Elie dans son dos et il serra dans ses mains celles, plus petites, de la fille de son parrain, caressant tendrement la peau douce.
— Rien de grave, ne t'en fais pas.
— Et à quoi songeais-tu si fort, Drago Malfoy ?
— À la chance que j'avais de t'avoir.
Il n'eut pas besoin de se retourner pour connaître le sourire qui avait envahi les traits gracieux de la jeune femme.
— Flatteur, murmura-t-elle en bougeant un peu sa tête, enveloppant le blond de l'odeur de ses cheveux.
— Ce n'est que la stricte vérité, fit-il en se retournant enfin pour prendre le visage parfait de sa compagne entre ses longs doigts, profitant de sa position pour déposer un doux baiser sur le nez de celle-ci. Si vous n'étiez pas venu avec Eiden, je ne serais jamais là, ni les autres, à choisir ce que je veux faire de ma vie et à envoyer les beaux principes de mon père à la poubelle.
— C'est une bonne chose alors …
— C'est une très bonne chose, assura Drago en promenant la pulpe de ses doigts sur les tempes de sa petite amie.
— Andrea a l'air tout à fait satisfaite de ses nouveaux camarades d'entraînement, ajouta-t-elle sous les caresses du garçon.
— Elle l'est, sans aucun doute et ce n'est pas la seule.
Le rire fleurit dans les yeux d'Elienor et elle continua :
— Eiden se demande si nous n'avons pas fait une bêtise. Il dit qu'Angelina à la même tendance au verbe haut et facile et qu'elles vont probablement se liguer ensemble pour nous hurler dessus.
— Ce ne serait pas une si mauvaise chose, tu ne crois pas ? Si l'on excepte la paix de nos oreilles, évidemment. Je veux dire, la coopération entre les maisons, et plus particulièrement les gryffons avec les serpents.
— Ce serait une excellente chose, approuva la jeune femme.
Le garçon promena son regard sur l'étrange assemblée, s'arrêtant parfois sur des paires insolites, mêlant les serpentards avec les gryffondors ou les poufsouffles.
— Qui aurait pu dire l'année passée qu'une telle chose arriverait. Vous avez bousculé pas mal de choses, Eid et toi.
— Il fallait peut-être un regard neuf ? déclara la jolie blonde, ou peut-être un peu de foi en vous ?
Drago était entièrement d'accord, la foi inébranlable des jumeaux était ce qui avait fait changer les choses, ce qui l'avait fait changer lui …
— Elie, tu peux m'aider une seconde ? les interrompit Eiden de l'autre bout de la salle, visiblement en mauvaise posture.
Sa sœur rit doucement et embrassa tendrement son compagnon avant de rejoindre son frère dans la peine.
Ils révisèrent ensuite les sortilèges de stupéfixion et Eiden vit avec plaisir que tous s'étaient améliorés dans ce domaine, même Neville qui avait pourtant tant de mal avec la magie courante. Le soutien et la confiance sans faille dont faisait preuve Elie à son égard n'y étaient sûrement pas étranger et il parvint à exécuter plusieurs fois le sort sans faillir.
La pièce avait été recouverte de ses coussins que la salle avait générés pour eux et bientôt on assista à la chute, heureusement amortie, de plusieurs corps convenablement stupéfixiés. Le fils Rogue était certain que ses ''élèves'' c'étaient entraînés seuls depuis la fois dernière et il en fût heureux. La plupart avaient à présent comblé le retard accumulé par des années de professeurs incompétents et d'enseignements lacunaires et le moral était au plus haut, ainsi que les espoirs. Pris dans l'euphorie de la réussite Eiden proposa pour la première fois qu'ils s'entraînent au sortilège du Patronus. Un silence religieux s'installa dans l'endroit et tous retinrent leur souffle, Eiden pensait réellement qu'ils étaient prêts ?
— Je sais que beaucoup d'entre vous pense que ce sortilège est irréalisable par des étudiants tels que nous, mais je l'ai appris et Elie aussi alors vous êtes capable de faire de même, je crois en vous !
À demi rassurés, mais excités tout de même de tenter une telle démonstration de magie, tous se regroupèrent pour regarder Eiden montrer ce sort. Mais alors qu'il levait sa baguette et s'apprêtait à crier les paroles nécessaires, le garçon intercepta le regard effrayé d'Hermione et sa dénégation frénétique. Intrigué il baissa un peu son instrument et sa sœur intervint d'une voix douce :
— Me laisserais-tu le faire, cela fait longtemps que je ne l'ai plus utilisé et ce serait une occasion de voir s'il est toujours acceptable. Tu pourras me dire s'il y a quelque chose que je fais mal.
Ne comprenant pas le manège des deux filles, mais leur faisant une entière confiance, il opina et laissa la place à sa sœur qui s'écria « Spero Patronum », faisant apparaître une magnifique et immense louve de fumée, tout à fait semblable à sa forme de métamorphe. L'animal parcourut un moment la salle au galop avant de s'immobiliser devant Eiden et d'effleurer sa main de son museau. Les doigts du jeune homme passèrent à travers la non-matière et le loup poussa un hurlement silencieux avant de se dissiper.
— Et bien il est tout à fait acceptable, sourit Eiden à sa sœur. Maintenant que vous savez comment faire, allez-y, tentez votre chance ! Pensez au souvenir le plus heureux que vous avez et lancer vous !
Chacun s'y attela avec enthousiaste et le fils de Severus se tourna vers Hermione et Elie, qui s'étaient approchées.
— Pourquoi vous …
— Combien de sorciers possèdent un patronus en forme de cerf, Eiden ? demanda à voix basse la née moldu.
— Je …
— Toute l'école t'a vu en exécuter un lors du match de quidditch en troisième année, personne n'ignore qui possède une telle forme. Crois-tu que personne n'aurait fini par faire le lien ? Et notamment tes amis de serpentard ?
Eiden grimaça, il avait bien failli faire une énorme boulette. Heureusement que sa sœur et sa meilleure amie étaient plus avisées que lui. Il n'était pas du tout prêt à ce que son identité soit révélée et certainement pas à ces nouveaux amis verts et argent.
Bien sûr il avait à présent toute confiance en eux, il n'avait pas peur qu'ils ne révèlent son secret, mais il avait plutôt peur de la réception de cette nouvelle et de la façon dont ils prendraient le fait que leur ami Eiden était en réalité le garçon avec qui Drago était ennemi depuis quatre ans, celui qu'ils insultaient et dont ils se moquaient depuis leur entrée au collège. Le balafré, le petit Potty qu'ils détestaient et qui était soi-disant mort depuis l'été. Non, il n'était vraiment pas préparé à ce qu'ils connaissent son ancienne identité et encore moins Blaise … Comment le basané prendrait-il la nouvelle ? Le repousserait-il s'il apprenait qu'Eiden et Harry n'étaient qu'une seule et même personne ? Le brun n'était pas disposé à jouer sa relation pour connaître la réponse, il aimait bien trop Blaise pour risquer de le voir le rejeter.
— Hey ! la coupa Elie de ses pensées macabres. Personne n'est au courant Caruos[1], tu n'as rien fait de mal !
— Oui, mais j'ai failli …
— Il n'y a rien eu, concentrons-nous sur cela, rien ne sert d'imaginer le pire alors que tout ceci a été évité.
Eiden opina, quoique nauséeux et s'éloigna pour jeter un œil aux tentatives de ses camarades, désireux d'oublier ce presque incident.
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Le lendemain, exceptionnellement, l'entraînement de quidditch des verts et argents n'eut pas lieu au lever du jour, mais plus tard, à neuf heures. Les craintes d'Eiden c'était vérifiées et Andrea et Angelina c'était en effet mise à coopérer pour les torturer, proposant à leurs deux équipes un entraînement commun. S'étant déjà affronté en début d'année, il n'y avait pas besoin de tenir les secrets sur les techniques et méthodes. Au contraire, chacun y trouvait son compte et progressait.
À leur arrivée sur le terrain, habillé et prêt, les serpentards trouvèrent une bonne partie de l'équipe des rouges et or déjà présente, discutant sur la pelouse ou s'échauffant dans les airs. Elie grimpa d'ailleurs immédiatement sur son balai et fila rejoindre Ginny à une quinzaine de mètres du sol, semblable à une traînée verte dans le vent.
— Hey Elie comment ça va ? s'exclama la rousse en voyant son amie arriver comme un boulet de canon.
— Plutôt bien, sourit en retour la blonde. Et toi ?
— Au poil, je suis trop contente que l'on s'entraîne ensemble.
Un puissant appel d'air manqua de désarçonner les deux jeunes femmes et la paire Weasley apparut à leurs côtés.
— Alors, prête à en baver ? interrogea Fred. Angelina et Andrea ensemble, mon pire cauchemar …
Les deux filles éclatèrent de rire, ce qui attira l'attention des deux capitaines au sol et leur valut deux regards noirs.
— Voulez-vous bien venir plutôt que de vous bidonner ainsi. Nous avons déjà perdu assez de temps, maugréa Angelina.
Sans se formaliser du caractère de fangieux enragé de la jeune basanée, les quatre amis atterrirent et rejoignirent les autres sur l'herbe glacée.
— Nous allons commencer par une série de figures et de manœuvre à effectuer. Nous avons élaboré une liste avec Angelina et nous attendons de vous qu'elle soit entièrement maîtrisée à la fin de cette séance, déclara avec sévérité Andrea qui promenait son regard froid sur l'entière assemblée.
Les autres acquiescèrent, ne sachant pas s'ils avaient le droit de parler puis Angelina leur ordonna de remonter sur leurs balais et ils gagnèrent tous le ciel.
Ils commencèrent par la roulade du paresseux que tous maîtrisaient à peu près, puis la difficulté augmenta progressivement. Ils finirent par la délicate figure de l'étoile de mer qui consistait à ne se tenir sur son balai que d'une main et d'un pied, habituellement utilisée par les gardiens.
Puis les deux équipes s'affrontèrent pendant plusieurs matchs où Artémisia brilla particulièrement, dérobant à plusieurs reprises le souafle à ses adversaires et évitant presque surnaturellement les cognards des jumeaux Weasley. L'entraînement dura ainsi plusieurs heures et se termina brutalement lorsque George envoya, d'un puissant coup de batte, un cognard perturber le tir d'Elie et que la balle heurta le dos de la jeune femme en la propulsant à terre, plusieurs mètres en contrebas. Sous le regard impuissant des autres, elle atterrit durement sur le dos, au pied des poteaux recouvert de givre. Ron avait bien tenté de plonger pour la rattraper, mais il n'avait rien pu faire. Le son mat de sa chute attira le regard de son frère qui abandonna immédiatement la poursuite du vif pour foncer au chevet d'Elie. Il sauta à terre, ne se souciant pas du clair manque d'élégance de son atterrissage et s'agenouilla promptement prêt de la tête blonde. Il passa une main délicate sur le front blanc et les yeux de la jeune fille s'ouvrirent, papillonnant un moment avant de se fixer sur les siens. Eiden constata avec horreur qu'ils étaient ternes et empreints de douleur. Cela lui rappela les événements de son anniversaire et l'état dans laquelle elle se trouvait lorsqu'elle était apparue sur le plancher de sa chambre, à Privet Drive.
— Hey, Elie, tu peux bouger quelque chose pour moi, s'il te plaît ?
La jeune fille ne semblait pas comprendre ce qu'il lui disait. Elle avait toujours le regard vague et ne réagissait pas à ces paroles. Eiden accentua sa caresse sur son visage, la forçant à lui prêter attention.
— Elie, je t'en prie, serre ma main !
Elle n'en fit rien et ses yeux commencèrent même à se refermer, malgré tout les efforts que déployait son frère pour qu'elle ne le fasse pas. Il n'osait cependant trop la secouer, de peur d'aggraver d'éventuelles blessures, mais il paniqua quand il sentit la chaleur humide du sang sous ses doigts. Il revint à ces yeux clos et se sentit perdre pied. Dans son affolement, il chercha de l'aide du regard, entendant finalement les appels des autres joueurs. Il vit leurs mines angoissées et soudain, Hermione, qui avait suivi l'entraînement avec Neville, Pansy et Théo sur les gradins fut à ses côtés. S'agenouillant rapidement la née moldu dit d'une voix qui se voulait douce et rassurante :
— Ça va aller, Eiden, Peter et Katie sont partis chercher ton père et Madame Pomfresh, ils ne vont pas tarder à arriver.
— Elle saigne, Hermione, gémit lamentablement le garçon.
— Peux-tu me laisser la toucher pour que je regarde si je peux faire quelque chose ?
Le brun la regarda d'un air perdu, ne comprenant rien à ce qu'elle voulait dire.
— Tu ne laisses personne approcher Den, tu as dressé un bouclier instinctif et tu m'as laissé passer lorsque tu as paniqué, mais là, tu la protèges toujours et je ne peux pas la toucher. Arrêtes, s'il te plaît que je puisse voire si je peux l'aider.
Vaguement conscient de sa magie maintenant qu'elle l'avait mis au courant, il put abattre le mur invisible qui séparait son amie de sa sœur blessée. La brune commença immédiatement son inspection, localisant la source de l'hémorragie et l'endiguant comme elle le pouvait sans trop bouger le petit corps malmené. De la voix, elle tentait de rassurer un Eiden complètement affolé. Fort heureusement l'infirmière et Severus virent bientôt et la vieille femme concentra immédiatement son attention sur Elie. Severus quant à lui passa un bras autour de son fils et le força à le regarder, une main sous son menton.
— Poppy s'occupe d'elle, Eiden, elle va la soigner, fit-il d'une voix apaisante. Calme-toi mon ange, ça va aller.
Ce n'est qu'en entendant la voix de son père que le garçon se rendit compte qu'un torrent de larmes s'échappait de ses yeux et qu'il tremblait violemment.
— Arrêtes tes sorts, fils, tu t'épuises. Il ne va rien lui arriver, on s'occupe d'elle.
À contrecœur le brun laissa tomber son bouclier, laissant les autres s'approcher. Ils restèrent cependant à une certaine distance, ne voulant pas perturber les soins de la blessée.
— C'est bien, Eiden, c'est bien, souffla le potionniste en tenant toujours son fils apeuré contre lui.
Quelques longues secondes passèrent ainsi puis Madame Pomfresh adressa à Severus des paroles que le jeune garçon ne comprit pas et le professeur se leva, entraînant Eiden avec lui et il appela Blaise, non loin derrière :
— Monsieur Zabini, pourriez-vous vous charger d'Eiden ? Mademoiselle Granger, puis-je vous demander de vous occuper de Monsieur Weasley ?
L'intéressé n'entendit pas de réponse, mais bientôt deux bras forts virent remplacer ceux de son père et une douce odeur de cèdre l'enveloppa. Il vit Severus lancer un sort à Elie pour empêcher son état de s'aggraver et la saisir délicatement sous la nuque et les genoux pour la porter au château. L'adolescent voulut les suivre, mais il n'aurait manqué de chuter, chancelant, si Blaise ne l'avait pas retenu à temps. Des paroles douces furent prononcées, sans qu'il n'en comprenne le sens et il se sentit soulever de terre et blotti dans l'étreinte rassurante de son petit ami qui le porta lui-même à l'intérieur. Blotti contre le basané ; que sa nature aidait bien en ce moment pour porter son compagnon ; il ne parvint cependant à ne calmer ni ces pleurs, qui s'étaient seulement faits moins torrentiels, ni ses tremblements. Lorsqu'ils arrivèrent à l'infirmerie, Rogue désigna au bistré un fauteuil qu'il avait conjuré et Blaise si assis, installant son petit ami confortablement lové sur lui et continua ses mots apaisants et ses douces caresses. Du coin de l'œil, il vit Hermione pousser gentiment un George choqué sur un lit et son jumeau venir à son chevet. Il vit aussi les autres arrivées et Drago se glisser à ses côtés, mortellement inquiet pour sa compagne. Il avait le teint blafard et les yeux un peu fous, ce qui n'échappa pas non plus à Pansy qui se tint derrière lui pour lui assurer un peu de réconfort. Quand Severus se retourna et vit l'assemblée derrière lui, il soupira, mais dit calmement :
— Vous ne devriez pas être tous ici. Je sais que cet accident vous a tous profondément choqués, mais vous gênez plus qu'autre chose en restant là. Regagnez vos salles communes, je m'assurerai que chacun d'entre vous soit prévenu de son état, mais pour le moment, allez ! Ne restez pas là !
Qu'ils aient été touchés par le ton inhabituellement doux et presque compréhensif du potionniste, ou la justesse de ces paroles, la plupart des élèves opinèrent et quittèrent à contrecœur l'infirmerie. Ne restèrent plus que les amis serpentards d'Elie et Hermione, Neville et les Weasley, prudemment retranchés près du lit de George dans l'espoir de ne pas se faire jeter dehors. Délaissant un instant sa fille, le professeur vint à la rencontre du jeune batteur et lui dit quelques mots que lui seul put entendre avant de lui faire boire quelques gouttes de potion de sommeil sans rêves. La mixture eut un effet immédiat et le garçon s'endormit, apaisant un peu les traits marqués de son visage. Severus s'assura qu'il était bien dans les bras de Morphée puis remonta sur lui la couverture. Le gryffondor était mortifié d'avoir envoyé le cognard qui avait causé la chute et l'état d'Elie, mais ce n'était pas de sa faute et le potionniste ne lui en voulait pas. Les accidents arrivaient tout le temps au quidditch et sa fille serait bientôt sur pied. Il revenait au chevet de celle-ci lorsque Madame Pomfresh terminait ses soins et elle leur expliqua :
— Sa chute à causé quelques blessures importantes, mais rien qu'un petit séjour ici et une bonne dose de poussos ne puissent arranger. Elle ira parfaitement bien dans quelque temps, assura l'infirmière. Elle a déjà connue bien pire, rajouta-t-elle, pour elle-même, si bas que seul le professeur put entendre.
Tous respirèrent, rassurés et la vieille femme ne tarda pas à les mettre également à la porte, arguant que ni Elie, ni George ne se réveilleraient avant, au moins, le lendemain matin. Severus autorisa seulement Blaise, qui rassurait Eiden et Drago, qui était encore fortement angoissé, à rester encore un peu.
— Bois cela mon ange s'il te plaît, demanda Severus à son fils qui s'il ne pleurait plus, semblait encore en fort mauvais état.
Le jeune homme tourna un regard vide vers son père et bu sans discuter la mixture que son père présenta à ses lèvres. Cela calma les relents de peur et de larmes qu'il avait encore en lui et sa respiration, ainsi que les battements de son cœur se firent plus lents et plus profonds. Sa tête roula sur la poitrine de Blaise, pesant un peu plus lourdement contre les pectoraux musclés, mais il garda les yeux ouverts.
— Tu as entendu ce qu'a dit Poppy, Eid, elle va bien maintenant et dans quelque temps elle rentra aux cachots. Ce n'était qu'un accident et tout est fini maintenant.
Eid cligna des yeux et se pencha en avant pour caresser le visage de sa sœur, ses bras appuyés sur le matelas, il prit la main d'Elie dans la sienne et resta ainsi. Bientôt Blaise, qui lui caressait doucement le dos le sentit s'endormir et il le souleva doucement pour qu'il puisse reposer contre sa sœur sur le petit lit d'infirmerie. Dans son sommeil il passa un bras autour de sa taille pour la rapprocher de lui et les trois autres hommes purent voir la respiration des jumeaux s'apaiser conjointement à ce geste. Severus soupira à nouveau, mais de soulagement cette fois et se laissa tomber près de Drago, qui n'avait toujours pas dit un seul mot. De l'extérieur on aurait pu croire qu'il était parfaitement maître de lui-même, mais son regard et l'imperceptible tension de son corps en disait long à son parrain qui le connaissait tout de même depuis sa naissance.
— Drago ? appela-t-il.
Le plus jeune se tourna vers lui.
— Pourquoi ne pas t'approcher un peu ?
Ces mots firent trembler le jeune sang pur qui ferma quelques secondes les yeux.
— J'ai peur qui si je la touche tout cela s'effondre et que je me retrouve de nouveau sur le terrain, à la voir s'écraser sans pouvoir rien faire et la regarder se vider de son sang par terre, inatteignable, à quelques mètres seulement de moi.
— Ce n'est pas le cas, rassura l'adulte. Elle est là, dans ce lit, c'est la réalité. Elle a été soignée et demain tu la retrouveras.
Très lentement le fils Malfoy se leva et contourna le lit pour ne pas déranger Eiden dans son sommeil. Très doucement il avança une main fine vers le visage d'albâtre de sa compagne et ne put retenir un petit gémissement de soulagement de voir qu'elle bien là, dans ce lit et plus sur le sol gelé du terrain, hors d'atteinte. Il caressa tendrement sa joue et son front, faisant glisser ses longs doigts sur la peau d'ivoire, se rassurant de la sentir chaude sous la sienne. Il s'attarda un moment sur ses lèvres puis, sans se soucier de la proximité de son parrain et père de sa petite amie, il l'embrassa amoureusement, un bref instant avant de se redresser.
— Blaise et toi feriez mieux de retourner à la salle commune maintenant, la matinée a été rude et éprouvante. Je demanderai aux elfes de vous apporter quelque chose pour le déjeuner que vous avez loupé.
Sentant le ton intransigeant sous le paternalisme des propos, les deux garçons se levèrent et jetèrent un dernier regard sur les jumeaux avant de sortir. Blaise s'autorisa même un baiser furtif sur le front d'Eiden avant de le quitter, laissant Severus comme seul veilleur de ses enfants. Une fois solitaire, Rogue se leva à son tour pour embrasser les deux adolescents endormis et chasser de leur visage les mèches qui s'attardaient. Il prit un moment pour les contempler, le blond contre le noir, seul différence entre eux une fois leurs yeux clos, leur peau nacrée de teinte identique, le petit nez de Lily, ses adorables pommettes et ses yeux de chat. Son menton à lui et son front aussi, dont les jumeaux avaient hérités et leurs longues mains, l'une enlacé, l'autre serrant le corps étranger. Il se surprit à les imaginer tout petits, bébé encore, ainsi endormit l'un contre l'autre dans le même berceau, couvé du regard par sa Lily, sa magnifique Lily qui ne l'avait jamais abandonné. Sa magnifique Lily dont il aimerait tant qu'elle soit aujourd'hui à ces côtés.
— Tu as vraiment bien travaillé, chuchota l'homme, je regrette tellement que tu ne sois plus là pour voir le résultat aujourd'hui.
Il se rassit, le cœur triste, mais plus déchiré par l'absence de son grand amour, la seule qui n'avait jamais réussi à voir l'intérieur de son cœur. Il secoua la tête à ses pensées et se reprit : non, pas la seule. Les jumeaux aussi avaient su voir au-delà de l'être froid et cruel, eux aussi avaient réussi à le toucher et lui faire donner le meilleur de lui-même. Avec un sourire il repensa au soir de son anniversaire, où ils s'étaient glissés dans son bureau. Le professeur de potion n'avait plus accordé d'importance à ce jour depuis qu'il avait perdu la seule personne avec qui il aurait aimé le fêter. Il en avait même oublié jusqu'à l'existence. Alors voir que ces enfants s'étaient mis au courant et avaient organisé un petit quelque chose pour lui l'avait profondément touché. Il remonta la couverture sur l'épaule d'Eiden. Oui, les jumeaux étaient la plus belle chose qui lui soit arrivée, le plus beau cadeau que Lily lui avait fait et il la remerciait chaque jour un peu plus pour cela, lui pardonnant presque de l'avoir laissé seul en ce monde gris et terne sans elle.
Il abordait encore ce petit sourire tendre, si incongru sur son visage de professeur aigri, lorsque l'infirmière revint. Elle traversa silencieusement la pièce, désireuse de ne pas troubler les trois endormis, et prit place au côté de Severus, le visage parfaitement neutre. Pourtant, quelque chose, dans son calme où sa proximité alerta le potionniste qui leva des yeux interrogateurs vers elle.
— Je dois vous parler de quelque chose, Severus …
Le potionniste avait fixé son regard implacable sur l'infirmière et ne lâchait plus ses yeux fatigués.
— C'est à propos d'Elie.
— Elle a des difficultés avec l'incident d'aujourd'hui ? interrogea Rogue qui refusait de céder à la panique qui s'infiltrait rapidement dans ses veines.
— Non pas avec ce qui s'est passé ce matin non. Mais lorsque je l'ai auscultée tout à l'heure, j'ai fait … certaines découvertes …
Le peu d'empressement dans faisait preuve la vieille femme mettait vraiment Severus dans une colère noire, mais il tâcha de se contenir, voyant que Poppy cherchait désespérément comment lui annoncer ce qu'elle avait à dire. Voyant qu'elle peinait toujours, le professeur de potion soupira :
— Juste … dites-le … peu importe ce que c'est.
L'autre eu une grimace peu amène, mais s'exécuta :
— Elienor a des blessures, un grand nombre de blessures, plus ou moins anciennes, mais surtout qui n'ont pas été soignées.
L'information mit un certain temps à pénétrer l'esprit de l'homme pourtant si alerte à l'ordinaire.
— Est-ce que vous suggérez que … je pourrais … faire du mal à ma fille, dit-il sur un ton dangereux.
La femme ouvrit de grands yeux surpris.
— Merlin non, pas le moins du monde. J'étais là le soir où vous avez appris pour eux, tout le long de la convalescence d'Elie et ensuite, je sais bien que vous n'êtes pas capable d'une telle chose, jamais je n'aurai même l'idée de vous accuser ! Je me demandai plutôt si vous aviez eu connaissance de quelques … problèmes qu'aurait eu votre fille, avec d'autres étudiants, par exemple …
— Non rien de tel, répondit l'homme en fronçant les sourcils.
— Il y a des blessures assez sévères, plus ou moins guéries par magie, mais qui n'ont vraisemblablement pas été soignées par quelqu'un maîtrisant les soins. Une forte magie en cache la plupart, mais ce matin, avec sa perte de connaissance, beaucoup de choses me furent révélées. Des choses que je n'avais pu voir lors de son dernier passage entre ces murs. Êtes-vous certain qu'elle n'a pas été molestée ?
— J'en doute, Eiden et elle sont presque inséparables et il ne laisserait jamais une telle chose arriver.
Il réfléchit puis son visage se fronça. Il repensa à certains regards que jetait Eiden sur sa sœur, sur la tristesse qu'il y voyait parfois lorsque la jeune fille revenait d'une autre expédition à l'extérieur.
— Se pourrait-il ... qu'elle … se fasse cela elle-même ?
— Comment cela elle-même ? demanda l'infirmière, un peu perdue.
— Et bien, se pourrait-il qu'elle se blesse durant ses activités et qu'elle ne se fasse jamais soigner ?
— Cela semble étrange. Ou alors elle est incroyablement malchanceuse, ou bien …
— Elle se met dans des situations à risques.
Disant cela, l'esprit de Severus s'éclaira et il continua :
— Elie passe beaucoup de temps dehors à s'entraîner, au quidditch, aux exercices dispensés par son ancien clan … elle veut maîtriser son héritage et son nouveau corps.
— Après un traumatisme comme le sien, c'est naturel de se dépasser pour que cela ne recommence plus jamais. Elle doit certainement s'entraîner bien plus durement que ce que vous imaginiez, opina Madame Pomfresh.
— Elle a dit à sa meilleure amie qu'elle ne serait plus une victime.
La vieille femme grimaça en l'entendant.
— Elle doit certainement prendre ses blessures comme des punitions pour ce qui est arrivé cet été, une manière de nier ce corps qu'elle ne reconnaît plus et qui l'a dégoûte. Cela arrive parfois après une agression de ce type …
— Et ses blessures, qu'en est-il ? interrogea le professeur.
— J'ai soigné ce que j'ai pu, mais certaines sont trop anciennes et d'autres vont nécessiter du temps …
— Je vais en parler avec elle, assura l'homme en regardant sa fille pour le moment endormi. Mettre un terme à cela.
L'infirmière soupira tristement.
— Cela ne va probablement pas être simple, elle a vécu un grand traumatisme pour une personne si jeune.
Elle lissa sa robe et se tourna vers Rogue.
— Il est inutile de rester ici, Severus, ils ne se réveilleront pas avant demain matin.
L'homme hocha la tête et se leva sans trop y croire. Il embrassa les deux fronts de ces enfants avant de quitter l'infirmerie. Il avait un elfe à envoyer et deux équipes de quidditch à rassurer.
L'après-midi passa rapidement, entre les assauts des gens inquiets pour ses jumeaux et la montagne de choses qu'il avait à faire, mais finalement Severus parvint à tout finir et put revenir à l'infirmerie après le dîner. Tirant à lui une énorme pile de copie non corrigées, il s'y mit sans grande envie, Madame Pomfresh l'avait accueilli sans surprise, sachant très bien qu'il serait revenu tôt ou tard. Elle était retournée à ses tâches dans son bureau, laissant le professeur au calme au milieu de l'infirmerie silencieuse. Aussi, lorsque la porte s'ouvrit, il sut immédiatement que cela ne pouvait être elle. Il laissa cependant l'intrus approcher et releva la tête alors qu'il se tenait tout prêt.
— Je ne t'ai pas vu au dîner Drago, fit-il.
Le garçon haussa les épaules.
— Tu es tout seul ? s'enquit le professeur.
— J'ai faussé compagnie à Pansy, elle a réussi à endormir Blaise.
L'adulte leva un sourcil noir de jais.
— Les potions l'ont un peu aidée, concéda le jeune homme en s'installant un peu gauchement à ces côtés.
Il était assez proche, ils se touchaient presque et Severus sentit qu'il avait besoin de réconfort. Ce n'était plus arrivé depuis longtemps, Drago faisant toujours tout pour cacher ses sentiments, mais aujourd'hui était particulier. Il tendit un bras et rapprocha son corps fin du sien. Soupirant, le plus jeune se laissa un peu aller et pesa contre lui. Ils restèrent un moment ainsi, le silence seulement troublé par le grattement de la plume du professeur.
— Sev je voulais te demander quelque chose …
Les yeux onyx de son parrain se braquèrent immédiatement sur lui et il attendit qu'il continue, la plume à quelques centimètres du parchemin.
— Si jamais … il arrivait … quelque chose … tu pourrais protéger ma mère ?
Cette fois-ci les deux sourcils se levèrent.
— Y a-t-il quoi que ce soit dont tu voudrais me parler Dray ?
— Non … je … laisse tomber, souffla le jeune homme en s'écartant de lui et se levant pour partir.
Severus le rattrapa par le poignet et le força d'un geste à se rasseoir.
— De quoi parles-tu par Merlin ?
— Rien d'important, marmonna le garçon.
— Drago, soupira Severus, mais l'adolescent garda la tête obstinément baissée.
L'homme contempla un moment le jeune homme de marbre près de lui puis il demanda doucement :
— Comment cela se passe à la maison avec ton père, Dray ?
Pendant un bref instant, une lueur de tristesse et de colère brilla dans les yeux du blond puis il revint à son visage sans âme.
— Pas vraiment bien. Il était plutôt content pour Elie, mais il m'a fait payer de ne lui avoir rien dit. Depuis juin c'est … et bien je pense que l'on se rapproche doucement de l'enfer.
Rogue encaissa les paroles de son filleul sans broncher, même si elles lui donnaient une envie furieuse de frapper Lucius.
— Je ne sais pas trop comment cela va se passer l'année prochaine et même cet été, Père devient vraiment fou. Je m'inquiète pour Mère, moi au moins quand je suis à Poudlard, je suis en sécurité.
Le potionniste serra les épaules juvéniles de sa longue main.
— J'essaye de suivre tout cela de près, Drago, je te promets de faire ce que je pourrai pour ta mère et toi. Mais je voudrai que tu sois prudent …
— Je le suis, assura le plus jeune. J'ai rassemblé mes affaires dans ma chambre, je suis prêt partir si … mais c'est pour ma mère que je m'inquiète.
— Ne t'en fais pas, je m'occupe de cela, lui promit de professeur.
Drago ne méritait pas cela, personne ne le méritait bien sûr, mais aucun enfant ne devrait avoir à passer par là, lui, Théo, Pansy, tous ces adolescents pris dans la tourmente et dont les parents avaient décidé de faire des soldats cruels et sanguinaires. Bien sûr, tous seraient probablement des soldats bientôt, mais ils méritaient d'avoir le choix de leur camps, qu'on leurs tendent la main. Le fils Malfoy sembla deviner ses pensées puisqu'il dit :
— Nous ne sommes pas tous seuls, tu sais. Toi d'abord tu nous aides et puis tes enfants et ils ont amené d'autres à le faire aussi, ce ne sera pas comme la dernière fois. Vous n'aviez pas eu le choix, nous, nous l'avons.
- Que veux-tu dire ?
Drago passa une main nerveuse sur son visage et souffla tout bas :
— Mordred, Elie va me tuer si je te le dis …
Il risqua un rapide coup d'œil vers le lit tout proche, s'assurant que la jeune femme dormait toujours. Mais Severus méritait de savoir et Drago voulait lui dire qu'un certain nombre d'entre eux se sortiraient de là, grâce à ses enfants.
— Tu sais que depuis qu'Elie et Eiden sont là, les conflits entre maisons ont un peu faiblit et que quelques un d'entre nous ont … élargi l'horizon de leurs fréquentations.
— J'ai vu cela, oui, ne put s'empêcher de sourire son parrain.
— Et donc fort de ces nouvelles alliances, certains serpentards ont décidé de faire face à leurs parents et de se joindre à la lumière.
Le professeur était abasourdi, bien sûr il avait vu le vent tourner dans sa maison, mais il n'imaginait pas que son filleul et ses amis étaient parvenus à un tel exploit. S'ils avaient réussi ne serait-ce qu'à détourner un seul enfant de Mangemort des Ténèbres, c'était déjà une grande victoire.
— Qui ? demanda-t-il.
— Et bien Pansy, Théo et moi d'abord, même si c'était déjà prévu, ça ne va pas du tout plaire au Seigneur des Ténèbres, Andrea Shafiq, Henry Wilkes, Daria Wellnet et Alrus Peckett.
Severus hocha la tête, des enfants de sangs-purs promis à la marque, les adolescents avaient fait du bon travail.
— C'est assez impressionnant je dois dire, tu es sûr de toi cependant ? C'est une décision très lourde, probablement la plus difficile de leur existence, êtes-vous certain qu'ils le désirent et qu'ils le feront ?
Le jeune homme opina et le potionniste se demanda comment il pouvait être aussi affirmatif. Il le questionna donc et Drago grimaça.
— Si je ne me trompe pas, fit doucement Sévères, on arrive au point crucial où Elie t'en voudra à mort si tu me mets dans la confidence, n'est-ce pas ? La partie ''moquons nous royalement du règlement et agissont à notre guise'' ?
Le garçon ricana, Severus connaissait bien ses enfants.
— Il se pourrait que ce soit cette partie-là en effet …
— Parle Drago, je te promets que je ne vous en tiendrai pas rigueur.
— Ouai, mais tout le monde n'aura peut-être pas cette magnanimité … grommela le jeune homme.
Le professeur de potions ne put s'empêcher de sourire intérieurement, la réaction de sa fille semblait vraiment inquiéter Drago, même si lui ne se faisait que peu de soucis concernant ce fait.
— Il se pourrait que l'on … s'entraîne régulièrement à la défense contre les Forces du mal avec quelques autres élèves …
Le sourcil de Severus se leva à nouveau.
— Quelques autres élèves ?
— Il se pourrait que l'on soit en réalité une cinquantaine.
L'homme était profondément surpris à présent. Cinquante ? Comment avaient-ils fait une chose pareille ?
— Autant ? Depuis combien de temps cela dure ? Où avez-vous trouvé un endroit suffisamment grand ?
Drago lui lança un regard malicieux.
— Depuis un certain temps. Il semblerait que nous ayons quelques ressources …
— Dois-je essayer de me persuader que mes enfants n'ont rien à voir avec ce projet totalement fou et suicidaire ?
— Tu peux essayer, répondit l'adolescent en lissant sa manche avec un petit air moqueur inscrit sur le visage.
— Ils en sont à l'origine, n'est-ce pas ? fit-il d'un ton douloureux à son filleul à présent franchement amusé.
— Et bien Hermione a eu l'idée, mais comme ils gèrent le tout, on peut considérer que c'est eux en effet.
Un profond soupir s'échappa de la bouche fine de Rogue.
— Donc je suppose que ceux que vous avez convaincus vous suivent dans cette combine et l'étroite collaboration avec les Poufsouffles et les Gryffondors est une preuve suffisante de leur désir de ne pas suivent leurs parents ?
— Oui, nous cherchons toujours un moyen pour les mettre en sécurité, surtout Andrea qui ne peut vraisemblablement pas rentrer chez ces parents cet été si elle ne veut pas être marquée.
— Je vais en discuter avec Dumbledore.
— Ce serait bien, si nous pouvons leur proposer un refuge, ils hésiteront moins à quitter leur maison.
Severus acquiesça, impressionné en vérité.
— Comment ce sont passés les premiers temps en ''communauté'' ? s'enquit-il auprès du jeune blond.
— Mieux que l'on aurait pu le croire, il n'y a que ce crétin de Smith qui ait fait des histoires, les autres ont cru tes enfants sur parole. Je dois dire que je m'attendais à plus de difficulté, mais finalement, tout s'est bien passé. Je suppose que la relation d'Eiden et Blaise et celle d'Elie et moi ont facilité les choses, ainsi que nos nouveaux amis.
— Amis ? se moqua le potionniste.
— C'est ce qui s'en rapproche en tout cas, soupira le garçon. Tu sais ils ne sont pas si terrible une fois qu'on les côtoie. Bien sûr j'ai souvent envie de balancer mon poing à Weasley cadet et Londubat, mais dans l'ensemble, on se tolère assez bien.
— Et les Menes ? glissa Severus.
Il se prit un regard noir de son filleul qui ne goûtait guère à sa petite plaisanterie, mais cela ne mit pas à mal son sourire.
— Allons Drago, tu es ridicule !Toute cette jalousie et cette possessivité n'a pas lieu d'être ! Ne sais tu rien des métis ? La fidélité est une de leur valeur fondamental !
— Nul besoin de tromperie si elle me quitte simplement pour un autre.
Le plus vieux des Rogue leva les yeux au ciel, de son avis, il était très improbable que sa fille le laisse. Mais Drago avait toujours été ainsi, déjà enfant il était jaloux et possessif et il n'allait pas changer, c'était inscrit dans ses gènes …
— Ton fils l'est tout autant et s'il y a toujours une possibilité pour que l'on se sépare avec Elie, il n'y aura jamais moyen qu'ils cessent, eux, d'être frères et sœur.
— Ils n'ont pas eu une vie facile et Eiden est très en colère d'avoir été séparé d'Enor.
— On a vu ça, grommela Drago.
Il resta encore un peu puis Severus le poussa à rentrer au dortoir. Il était déjà très tard et veiller ne changerait rien. Lui passa cependant la nuit là, somnolant par à coup sur son fauteuil. Au petit matin il s'éveilla lorsque Madame Pomfresh sortit de son bureau et vint vérifier l'état de ses patients, les quelques mots, pourtant à peine chuchotés suffire à réveiller Eiden qui avait dormi plus que son soûle.
— Bonjour Eid, sourit tendrement Severus en le regardant papillonner, un peu perdu.
— Que fais-je encore ici ? interrogea le jeune homme, encore enfoncé dans les brumes du sommeil.
— Tu es là pour Elie, tu te rappelles ?
Instinctivement le garçon resserra son étreinte sur sa sœur.
— Oui, souffla-t-il, comment va-t-elle ?
— Bien, elle se réveillera bientôt.
Il acquiesça et profita pendant quelques minutes de l'agréable chaleur de la couche, reprenant ses esprits. Puis Severus lui dit :
— Va à mon bureau prendre une douche et te changer, je reste là.
Il se leva avec difficulté, un peu ankylosé d'avoir dormi sur ce petit lit, il se traîna jusqu'à la porte et disparut. Le petit corps d'Elie se recroquevilla sous la perte de chaleur et se tortilla un peu avant de s'éveiller elle aussi. Son père s'approcha immédiatement pour s'assurer de son état et elle lui sourit, apparemment en forme, ce que l'infirmière confirma peu de temps après. Elle lui apporta de quoi déjeuner et les laissa seuls sur un regard du professeur de potions. Severus tira le fauteuil plus près du lit et dit à sa fille :
— Elie, j'aimerai que l'on parle tous les deux.
Quelque chose dans sa voix ou son attitude dut mettre la puce à l'oreille de sa fille, car elle pâlit brusquement.
— Poppy a découvert que tu n'étais pas en aussi bonne forme que tu nous le laisses croire, fit-il doucement.
Elle grimaça et se tendit un peu alors qu'il caressait tendrement sa main. Si ce mouvement de recul lui déchira le cœur, il n'en montra rien.
— Elie, pourquoi n'as-tu rien dit, à moi ou à Eiden ? Nous aurions pu t'aider !
— Vous avez assez de choses à penser sans que j'en rajoute. Eiden à ses cauchemars et son enfance pourrie et toi tu as Voldemort et ton espionnage.
— Elie, tu ne dois jamais hésiter à venir me parler, rien n'est plus important à mes yeux que votre santé.
Elle baissa la tête, frottant son poignet nerveusement. Le plus vieux saisit son bras et lui fit relever le visage.
— Elie, parle-moi, quel est le problème ?
— Je …
La jeune fille ne continua pas, mais Severus avait sa théorie.
—Tu est encore perturbée par ce qui est arrivée cette été et tu ne veux plus que cela arrive, alors tu t'épuises en entraînement pour devenir plus forte ? Et lorsque tu te blesses, tu ne te soignes pas parce que ton corps te dégoûte, n'est-ce pas ma chérie ?
L'adolescente garda le silence, mais celui-ci était éloquent. Son père se leva de son siège pour la prendre dans ses bras et la tint contre lui, dans le fauteuil.
— Oh El, tu n'as pas à avoir honte, tu n'y es pour rien.
— Je suis dégoûtante … souffla la jeune femme.
— Non Elie, ce n'est pas vrai, tu n'as absolument rien de dégoûtant, c'est lui qui l'est pour t'avoir fait cela.
Les bras du potionniste serraient sa fille, probablement trop fort, mais il ne voulait pas qu'elle ressente cela, il ne voulait pas qu'elle pense ceci. Mais avant qu'il ait pu rajouter quoi que ce soit, les portes s'ouvrirent brusquement et Eiden entra en coup de vent. Il fonça sur sa sœur, posant une main sur sa joue et l'autre dans son dos et il lui murmura quelques paroles en celtique en la berçant doucement. Les pleurs de la blonde se calmèrent et finalement elle retrouva une respiration normale, elle chuchota en réponse à son frère qui se laissa tomber sur un le lit en face d'eux.
— Tu seras toujours ma parfaite petite étoile El, quoiqu'il arrive. Ne laisse pas cette ordure te changer Mela Blediā[1].
— Je ne veux pas qu'il recommence … fit tout bas la jeune fille.
Eiden caressa seulement ses cheveux avec un sourire apaisant. Étrangement, Severus sentit que la crise était passée. Qu'Elie extériorise enfin la douleur de son calvaire était une bonne chose, elle qui n'en parlait jamais et agissait comme si cela ne l'avait pas atteint. Et en voyant sourire timidement sa fille il sut que les choses iraient mieux. La gardant contre lui, il les écouta parler de choses et d'autres, faisant revenir la paix. Puis l'infirmière revint avec le petit déjeuner d'Eiden et les deux enfants mangèrent sans plus faire mention des récents événements. Le garçon aida sa sœur à revêtir les vêtements qu'il lui avait apporté, vu qu'elle n'avait pas encore le droit de quitter l'infirmerie, contrairement à lui que l'on avait endormi seulement pour le calmer et ils se réinstallèrent sur le lit, Elie appuyée contre le mur et son frère assis en tailleur en face. Il s'avéra qu'elle n'avait plus aucune séquelles de sa chute de la veille, même si Madame Pomfresh voulait tout de même la garder jusqu'à la fin de la journée pour surveiller son état, elle put même se lever sans mal et rejoindre la couche de George qui se réveilla lui aussi peu après. Le fils Weasley était affreusement mal et honteux d'avoir blessé son amie, mais celle-ci lui assura qu'elle n'avait rien et le félicita même pour son excellent coup de batte.
— J'ai eu tellement peur, El, quand je l'ai vu te heurter et toi tomber. Je pensais juste à te gêner, pas à te toucher, mais c'est comme si tu ne l'avais pas vu.
— En vérité Monsieur Weasley, intervint doucement Rogue qui était revenu de sa discussion avec l'infirmière, cet incident n'est pas de votre faute. J'ai discuté avec Poppy et Eiden, et je pense qu'Elie aurait parfaitement pu éviter ce cognard si elle n'avait pas été aussi fatiguée ces derniers jours. Ce n'est qu'un mauvais concours de circonstances, rien de plus.
Le jeune homme n'en fut qu'à moitié rassuré, mais il opina tout de même, surpris que la chauve-souris des cachots se montre si compréhensif. Il aurait cru qu'il allait lui arracher la tête pour avoir blessé son enfant, mais il l'avait rassuré la veille et ce matin encore. Severus Rogue était vraisemblablement une bien étrange créature.
Severus garda un œil sur sa fille les jours suivants, mais elle semblait véritablement aller beaucoup mieux, comme si le fait d'avoir enfin exprimé ce qu'elle ressentait même succinctement l'avait libéré. Le professeur l'avait forcé à se faire examiner une nouvelle fois par Madame Pomfresh plus tard dans la semaine, mais celle-ci lui assura que tout allait bien et qu'elle n'avait pas constaté de nouvelles blessures sur sa fille. Eiden semblait lui aussi plus confiant, il sentait qu'Elie allait enfin pouvoir surmonter cela sainement. Les deux jumeaux étaient d'ailleurs d'une humeur joyeuse et caline, ce qui n'échappa à personne et ravit leurs compagnons respectifs et leurs proches. La seule mauvaise conséquence qu'il y eut à cet état d'esprit fut qu'ils se liguèrent une nouvelle fois pour rabrouer Ombrage qui les colla tous deux en retenue pendant une semaine, ce dont les jumeaux se fichaient totalement. Ils débordaient d'une énergie incroyable et passaient la plupart de leurs nuits dehors. Leurs amis avaient bien du mal à les suivre et ils se demandaient comment les enfants Rogue pouvaient tenir un tel rythme. Ce fut Anton, un peu avant que ne commence une réunion de l'AD qui leur donna la réponse alors que Ron se lamentait :
— Mais que quelqu'un les fasse cesser, ils me donnent le vertige rien qu'à les voir s'agiter ainsi.
Les jumeaux testaient leur tout nouveau mannequin d'entraînement, inspiré de celui du Manoir Prince, qui envoyait aléatoirement des jets de lumière, semblable à des sorts que l'élève devait éviter, faisant travailler l'esquive, sans danger. Et Eiden et Elie semblaient particulièrement apprécier l'engin et s'y confrontaient depuis de longues minutes, riant aux éclats à chaque fois qu'un sort inoffensif les frôlait.
— Héritage métis, fit seulement Anton, qui le regardait d'un air désabusé. C'est l'apprivoisement de leur nature de métamorphe qui leur donne cette énergie.
— Et cela dure combien de temps ? geignit Ron.
Anton eut un sourire narquois.
— Vu la puissance des jumeaux, je dirais encore au moins une semaine, probablement plus.
— C'est une blague !
L'égyptien éclata de rire devant la mine déconfite du rouquin.
— C'est toujours comme cela demanda, vivement intéressé, Hermione.
— Non, il y en a que ça rend somnolent … ça dépend de chacun.
Le plus jeune des Weasley aborda un air funèbre, évitant de regarder ses amis qui s'agitaient encore.
— C'est à se demander s'ils n'étaient pas mieux endormis à l'infirmerie, bougonna-t-il, puis il croisa le regard noir de Drago et leva les mains en signe d'innocence. Ça va, calmes-toi, je plaisantais !
— Mais il y a d'autres effets sympathiques … glissa Anton en échangeant un regard avec Blaise qui souriait. N'est-ce pas Drago ?
Le jeune homme blond fronça les sourcils, il ne voyait pas du tout où l'autre voulait en venir … Levant lui aussi les yeux vers Blaise il vit qu'il souriait toujours et que ces yeux brillaient de malice.
— Voyons Drago, se moqua le serdaigle, tu as forcément noté quelques changements. Une recherche de proximité et de contact, une humeur plus câline et un fort entrain pour tout geste ou action intimes.
Les paroles de l'égyptien pénétrèrent l'esprit du blond et ce dernier sourit d'un air un peu pervers. En effet maintenant qu'il le disait … il tourna son regard vers Elie qui lui sourit avant de se baisser rapidement pour éviter un sortilège.
— C'est possible en effet, dit-il d'un air réjoui.
— Ah trop d'informations … se lamenta Ron, mais le fils Malfoy l'ignora complètement, se contentant de fixer d'un air gourmand sa petite amie qui jouait toujours avec leur nouvelle acquisition.
Eiden lui avait abandonné cette activité pour s'en trouver une meilleure encore : s'installer sur les genoux de Blaise et embrasser son cou délectable. Comme l'avait dit Anton, il ressentait un fort besoin de contact avec son compagnon et ne manquait jamais une occasion de le câliner ou de le laisser le câliner. Si cette forte envie l'avait plutôt surpris le bistré au début, il s'en accommodait plutôt bien. La basané passa une main tendre sur les pectoraux fermes de son compagnon et Eiden ronronna de plaisir. Se décalant légèrement il continua ses baisers, faisant frissonner Blaise qui le repoussa légèrement.
— Pas ici. Ce soir, souffla-t-il.
Les yeux d'Eiden s'étrécirent, mais il ne protesta pas. Il se leva de sa confortable assise et rejoint sa sœur.
Les premiers élèves apparurent sur ses entrefaites et Eiden et Elie retrouvèrent leur sérieux. Une fois que tout le monde arrivé et installé, la réunion put commencer. Ils reprirent leur travail sur le patronus et chacun s'attela à la tâche.
— Si vous ne parvenez qu'à produits un peu de fumée argentée, c'est déjà très bien, rassura Eiden en passant entre eux.
— Encore faut-il y arriver, soupira Neville.
Elie l'entendit et vint a lui. Il soupira et agita sa baguette sans que cela ne produise aucun effet.
— Il faut souvent un long moment pour que cela fonctionne, Nev. C'est normal de devoir s'entraîner.
— Ton frère a réussi au bout de seulement quelques essais Elie et c'est déjà ma deuxième séance !
— Regarde autour de toi Nev, la plupart ont autant de difficultés que toi. Ne te base pas sur mon m'as-tu-vu de frère !
Le garçon debout à quelques mètres se retourna :
— Eh ! Je t'ai entendu !
Elie eut un sourire brillant d'innocence avant de revenir à son ami en difficulté.
— Ton souvenir n'est peut-être pas assez fort.
La bouche de Neville se tordit d'une grimace.
— Je n'en ai pas d'autres.
Elie réfléchit un instant puis souffla discrètement :
— Tu sais parfois un espoir, même s'il n'est pas réel, peut être plus fort que n'importe quoi d'autre.
Le garçon acquiesça et s'exécuta et se concentrant il réussit à faire sortir un peu de brume grise de sa baguette.
— Super Neville ! s'exclama la jeune fille blonde en serrant son épaule de sa petite main blanche.
Il acquiesça heureux de voir Elie si joyeuse. Il s'était tellement inquiété de la voir morose et triste.
— C'est vraiment fantastique ! Je suis sûr que tu parviendras bientôt à lancer un patronus corporel !
Neville n'en était pas aussi certain, mais il se garda bien de le dire. Elie semblait transportée de contentement.
L'exercice dura encore un moment puis ils s'essayèrent à l'esquive, usant des nouveaux mannequins d'entraînement. Observant et en discutant entre eux, ils élaborèrent des stratégies pour mieux sans sortir et se perfectionner. Eiden constata avec plaisir lors de cette séance que les dernières réticences intermaisons semblaient être tombées. Il vit une fois encore Angelina et Andrea faire équipe, Théo et Drago discuté tactique avec Susan Bones et Michael Corner et Blaise, Pansy, Ginny et Luna en conciliabule dans un coin. Cela lui réchauffa le cœur et il fut heureux que les tensions ne s'effacent. Il s'en voulait un peu lui même de ne pas avoir su voir au-delà des apparences avant cette année, mais il fallait dire que l'attitude de Drago à son égard ne l'avait pas encouragé dans cette direction, même s'il aurait dû voir que tous n'étaient pas ainsi. Ses yeux se posèrent sur Blaise et son regard s'adoucit, s'il était resté Harry Potter, il n'aurait probablement jamais été son petit ami. À cette pensée son cœur se serra. Définitivement il préférait sa vie de maintenant avec Elie, Severus, Blaise et les autres, et même Drago qui n'était pas si terrible lorsqu'on le connaissait.
Comme à l'ordinaire la réunion se termina peu avant vingt et une heures et chacun regagna son dortoir. Après un moment passé ensemble dans la salle commune, les cinquièmes années de serpentards montèrent se laver et se coucher. La séance d'entraînement avait été éprouvante, entre l'esquive et la pratique du Patronus et tout le monde était harassé de fatigue. Seuls Eiden et Pansy s'attardèrent encore pour discuter un peu.
Après sa douche, Blaise s'allongea sur son lit en attendant Eiden, toujours en bas. Sa tête s'enfonça dans l'oreiller de plume et il ferma les yeux de contentement, il se sentait doucement somnolent. Mais il résista au sommeil, désireux de profiter un moment de son petit ami. Celui-ci entra d'ailleur au dortoir au moment où Drago quittait la salle de bains et il l'y remplaça. Blaise commençait sérieusement à s'endormir lorsque la voix d'Eiden murmura quelques sorts et que la nuit les envahit brusquement. Le brun avait vraisemblablement fermé les baldaquins et se tenait à présent à genoux sur le lit, tout près de lui, seulement vêtu d'un boxer sombre qui faisait magnifiquement ressortir sa peau marmoréenne.
— Alors Blaise, fit-il en se penchant sur lui, cette promesse …
— Je suis tout à toi, assura le bistré.
— Je suis enchanté d'apprendre cela, murmura l'autre garçon.
Dans la pénombre, ses yeux brillaient très légèrement. Il s'écarta et se plaça entre les jambes musclées de son petit ami, caressant l'extérieur de la cuisse sombre de sa main pâle. Il remonta doucement à son cou et l'embrassa langoureusement.
— J'attends cela depuis le début de la soirée …souffla-t-il en traçant un sillon de feu sur sa mâchoire de sa langue rose.
Sa voix était chaude, envoûtante, légèrement différente de sa voix habituelle. Sentant son souffle contre la peau fine de sa nuque, Blaise frissonna. La main d'Eiden se fit plus directive et il souleva un peu sa tête pour glisser sa langue dans sa bouche. Le baiser fut époustouflant, mais ils leur fallut s'écarter pour respirer un peu. Toute la fatigue que Blaise avait pu sentir peser sur lui un moment plus tôt semblait s'être envolée, balayer par la passion dévorante qui animait son compagnon.
— Tu es si délectable, dit Eiden à mi-voix.
À ces mots, la pointe de deux canines aiguisées vit marquer légèrement la peau à la naissance de ces épaules, sans lui faire le moindre mal.
— J'ai tellement envie de te croquer.
Il accentua la pression, à peine, suffisamment pour que Blaise ne ressente la puissante tenaille que pouvait être sa mâchoire. Sur sa cuisse il sentait la main désormais griffue du fils Rogue, qui avait revêtu, sans doute sans même s'en appercevoir, sa forme de métamorphe. Un nouveau frisson parcourut le corps du bistré, ce Eiden là lui faisait vraiment beaucoup d'effet, mais il n'allait pas lui laisser tout mener seul. D'un coup de hanche, il le fit basculer sous lui et l'embrassa tendrement en passant sa main sur son ventre ferme. Ne semblant pas lui en tenir rigueur, le brun sourit et flatta les fesses rondes de Blaise, laissant les lèvres du basané parcourir son torse.
— Blaise, soupira-t-il alors qu'une main possessive se refermait sur sa hanche, l'empêchant de faire le moindre mouvement.
Ce fut au tour du basané de sourire, il adorait mettre Eiden dans cet état, il adorait embrasser sa peau si douce, le faire gémir et frémir sous ses mains.
— Eiden … tu n'es pas le seul à avoir des compétences cachées, chuchota Blaise en mordillant la peau blanche de ses abdominaux.
— Ah oui ? minauda l'autre.
— Et si je te montrais ?
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Au matin de second match de l'équipe des serpentards, contre Poufsouffle, une fois encore les filles et Peter étaient arrivés au vestiaire avant les trois autres. Elie discutait vivement des conditions météo avec Artémisia, seulement habillée d'un top vert qu'elle portait sous son pull et sa robe de quidditch quand Drago entra avec sa nonchalance habituelle, ignorant le regard peu amène que lui lançait la capitaine.
— Surtout ne te presse pas Drago, ce n'est pas comme s'il y avait un match aujourd'hui, ironisa-t-elle.
L'autre l'ignora totalement pour aller embrasser sa petite-amie, profitant éhonteusement de sa tenue pour caresser son dos et ses hanches. Il finit cependant par la laisser et se préparer, se changeant rapidement. Andrea cependant qui avait suivi les actions de son poursuiveur fit d'une voix un peu surprise.
— C'est moi Elie où tu t'es franchement musclé depuis quelque temps ? Par ce que je sais que je te vois pas souvent sans tes gros pulls, mais tout de même !
La jeune blonde haussa les épaules.
— Je m'entraîne.
— Oui, mais même.
— Il ne fait pas franchement chaud dans ce pays, je ne me découvre pas souvent.
— Hum, répondit seulement Andrea, puis elle tomba sur le regard noir et possessif de Drago et elle leva les yeux au ciel. Par pitié Dray, je suis hétéro, H-E-T-E-R-O, mon intérêt est purement sportif.
Elle ne reçut qu'un nouveau regard polaire et quelques grommellements en réponse, mais n'y prêta aucune attention, car Eiden et Blaise avaient choisi ce moment pour débarquer en coup de vent.
— C'est sympa à vous d'arriver avant le coup de sifflet finalement, déclara la capitaine qui ne plaisantait plus du tout.
— Nous … commença Blaise, mais elle l'interrompit.
— Je me fiche totalement de tes excuses, Zabini, grinça-t-elle d'un air froid.
Le basané jeta un regard à son petit ami qui fit une grimace avant de se changer prestement lui aussi, sous le regard glacial de la jeune sang-pur. Finalement, après le petit discours d'usage, ils sortirent tous sous les commentaires de Lee et rejoignirent les jaunes et noirs dans les airs. Les deux capitaines se serrèrent la main et Blaise eut juste le temps de voir Drago échanger un coup d'œil rusé avec Elie et Artémisia avant de lancer un regard sadique à Zacharias Smith qui se tortilla un peu, mal à l'aise, sur son balai.
Et la suite donna raison au pauvre garçon. Dire que l'équipe de poufsouffle s'était fait écraser aurait été un mensonge. En réalité, c'était bien plus que cela : pendant les quinze minutes que dura le match, les jaunes et noirs encaissèrent quatorze buts et Eiden finit par se saisir du vif d'or juste sous le nez de Summerby qui ne fit absolument aucun geste vers lui pour l'en empêcher. Dégoûté par ce match lamentable, l'équipe de serpentards se retira dans les vestiaires.
— Ils n'ont même pas approché une seule fois nos buts, fit d'un ton funèbre Blaise qui n'avait absolument rien fait de ces quinze dernières minutes.
— Ouai, l'équipe de Smith est navrante, je ne comprends même pas qu'ils aient pu tenir tête à Serdaigle.
— Ils n'étaient pas en grande forme, expliqua Théo, qui les avait rejoints. Dan Zerrat, leur meilleur buteur, est à l'infirmerie et Dwaine Mentorsen est malade.
— Même, c'était vraiment honteux. Summerby n'a même pas essayé d'empêcher Eiden de prendre le vif, répondit Pansy.
— À vrai dire, je ne sais même pas si il l'a vu, rétorqua le fils de Severus, il n'a eut aucune réaction.
Les autres secouèrent la tête, il n'y avait vraiment rien de plaisant à gagner dans ses conditions, vraiment rien. Seul Drago semblait fort content, souriant d'un air un peu malsain et ils surent bientôt pourquoi :
— En tout cas, Smith a eu le temps de se ridiculiser.
— Tu veux dire que vous avez eu le temps de le ridiculiser, rigola Blaise en caressant la cuisse d'Eiden, un peu dépité du match.
— Je ne vois pas de quoi tu parles, dit avec un rictus méchant le fils Malfoy.
Le basané lui fit un regard indulgent, mais sourit cependant.
— Vous lui avez fait la pince de Parkin et tu lui as foncé dessus.
— Eh ! Tu dis ça comme si j'avais fait quelque chose de mal !
— Il a quand même failli s'écraser …
— C'est bien la seule chose que l'on a foirée … soupira le blond en secouant la tête, apparemment fortement déçu.
Les autres éclatèrent de rire.
— Ne riez pas ! C'est la seule action qu'il y ait eu dans ce foutu match ! protesta Drago en croisant les bras sur sa poitrine.
Eiden secoua la tête :
— C'est bien vrai malheureusement. On se demande pourquoi on s'est même levé ce matin, souffla-t-il.
— C'est clair que maintenant je me demande si ça n'aurait pas été mieux si tu étais arrivé après le coup de sifflet, opina Andrea. Ça aurait mis un peu de suspense et ils auraient peut-être pu attraper le vif …
— Qui sait ? Les miracles peuvent arriver, répondit Eiden.
Ils finirent par retirer leur robe de quidditch, mais restèrent encore dans les vestiaires, se trouvant plutôt bien en cet endroit.
— Au moins lorsqu'on sortira de là ce sera comme si on avait vécu un match potable, avait argué Andrea.
Ils étaient au chaud dans la pièce et plutôt bien installé, affalés sur les bancs ou par terre.
— Comment ça se passe le quidditch à Beauxbâtons Eid ? demanda finalement Peter, assis non loin de lui.
Une fois de plus, le garçon loua l'échange d'âme et son lien privilégié avec sa sœur qui lui avait légué sa mémoire.
— Les élèves sont bien plus nombreux alors il y a plus de maisons, donc plus d'équipes, mais dans l'ensemble un peu comme ici.
L'autre acquiesça et la conversation dévia sur un sujet moins dangereux pour le fils de Severus. Finalement l'équipe de quidditch quitta les vestiaires et les jumeaux Rogue se rendirent dans le bureau de leur père. L'accident d'Elie avait repoussé la première séance d'occlumancie d'Eiden, mais son père avait veillé à corriger cela et maintenant il faisait attention à ce qu'il s'y entraîne le plus souvent possible. Le jeune homme n'appréciait guère ces leçons qui étaient pour lui atrocement difficiles, mais il faisait des efforts pour Severus et pour lui-même, conscient de l'importance de celles-ci. Lorsqu'ils entrèrent, leur père était déjà là.
— Tu as assisté au match ? lui demanda Elie.
— Bien sûr, répondit l'homme.
— Pour ce que cela valait, maugréa Eiden, encore déçu.
— Vous avez gagné au moins.
— Ouai, mais à ce prix là ce n'était pas la peine. Je suis sûr que si on les avait laissés, ils auraient marqué contre leur propre camp.
— Ils étaient plutôt pitoyables c'est vrai, accorda le professeur.
Son fils se contenta de secouer la tête de dépit. Il était toujours si excité de jouer un match et il y en avait si peu. Cela le mettait vraiment en rogne que celui-ci eut été gâché. Il se prépara cependant à sa leçon et se mit en place, sous le regard critique de son père.
— Tu es sûr de ne pas vouloir prendre un petit moment avant ? interrogea-t-il. Tu ne me sembles pas vraiment dans de bonnes dispositions …
— Je n'en aurais pas de meilleurs plus tard, assura faiblement le garçon. Cette journée est déjà pourrie de toute façon.
Voyant qu'il n'y avait rien à faire, le potionniste acquiesça et poussa un peu les canapés pour faire de la place et matérialisa un tapis moelleux au sol pour Eiden qui tombait souvent durant leur séance, à bout.
— Cela te gêne si je t'emprunte quelques petites choses ? lui demanda sa fille qui s'était également mise à l'aise, ôtant les gros pulls de laine qui ne la quittait pas.
— Non, répondit le plus vieux des Rogue, prends ce dont tu as besoin.
La jeune femme rassembla donc tranquillement les ingrédients que lui indiquait le livre qu'elle avait apporté et les entassa sur la grande table de préparation de son père, qui ne manqua pas d'observer d'un air curieux son manège.
— Que prépares-tu ?
— Une potion de métamorphosys pour commencer, je me suis dit que se serait bien d'en avoir quelques-unes d'avance maintenant qu'Eiden et moi montrons des signes physiques de changeforme. Et aussi quelques autres de cet ouvrage qui me semblent intéressantes, répliqua l'adolescente.
Elle tourna quelques pages et se pencha dessus, suivant du doigt la colonne d'ingrédients avant de les chercher dans la réserve de son père.
— Quel est ce livre ? s'enquit le professeur en s'approchant du plan de travail. Je ne crois pas l'avoir déjà vu …
La couverture était de cuir, teinte en un bleu roi et liseré d'or. De curieux symboles entouraient le titre écrit en celtique, ainsi que quelques dessins représentant la faune, la flore et quelques objets. C'était un bel objet, apparemment coûteux, et il semblait assez récent, même si Severus ne l'avait encore jamais aperçu, ni dans les affaires de sa fille, ni dans celles que son fils abandonnait un peu partout.
— C'est le dernier de Mélina, tu sais la marraine de mon amie Charlotte, la sœur de Morane celle qui m'a appris à mêler les potions et l'alchimie.
Severus fouilla dans ses souvenirs et la lumière se fit dans son esprit. Rose lui en avait parlé aussi. Les deux sœurs, mi-alchimistes, mi-potionniste, travaillaient sur les liens qu'il pouvait avoir entre les deux disciplines et leurs applications concrètes. Mélina travaillait également plus spécifiquement sur la médecine métisse. Bien qu'elles soient toutes les deux humaines, elles étaient nées dans un clan et côtoyaient des mâtinés depuis toujours, raison pour laquelle elles s'intéressaient à leur savoir et à une manière de liés leurs soins à ceux des sorciers.
— Je me souviens, répondit le professeur.
— Elle me l'a envoyé en début de semaine et je me suis dit que j'allais profiter de l'occasion pour tester quelques mixtures qu'elle propose.
— Tu es chez toi, répondit seulement son père et sa fille lui sourit avant de retourner à son occupation.
Eiden quant à lui se concentrait désespérément pour faire le vide et tâcher de se concentrer suffisamment.
— Es-tu prêt ? demanda Severus.
Le garçon acquiesça à contrecœur et la leçon commença, le professeur lançant le sort pour entrer dans sa tête. Les barrières d'Eiden ne tirent pas une minute et le potionniste fut envahi par le flot des souvenirs de son fils.
« — Madame Dursley, je voudrai vous parler d'Harry, fit une femme, vraisemblablement une institutrice. J'ai constaté des bleus et des blessures sur son corps et je pense qu'il se bat en dehors de l'école. Vous savez, il n'a pas vraiment d'amis ici, peut-être que s'y vous l'inscriviez à une activité extrascolaire, il pourra diriger son énergie vers autre chose et se faire de nouvelles connaissances.
La Tante Pétunia pinça les lèvres fortement et lança un regard à un très jeune Harry qui promettait les pires tourments une fois revenu à la maison. »
Mais Severus ne vit pas la suite, car déjà le souvenir changeait.
« C'était la nuit, au dortoir des gryffondors, tout le monde était couché depuis de longues heures, mais Harry fixait les tentures fermées du lit voisin. Cela faisait plusieurs jours que Ron lui faisait la tête, depuis que son nom était sorti de la Coupe de feu. Il n'avait pas voulu croire Harry lorsqu'il lui disait qu'il ne l'avait pas déposé et lui avait tourné le dos et ne lui adressait plus la parole. »
« Des sifflements retentissaient dans le couloir, comme la dernière fois et Harry courut pour les suivre. Ils semblaient venir du mur, mais se déplaçaient rapidement. Il semblait qu'il était le seul à les entendre, Hermione et Ron assurant qu'ils ne les percevaient pas. Harry ne savait pas que penser. Mais au bout du couloir, dans la pénombre, il tomba sur le corps froid et rigide de Justin Finch-Fletchley.
— Justin … »
« Le froid l'envahit soudain, un froid glacial qui semblait pénétrer en lui, un froid qu'il connaissait bien et qu'il redoutait par-dessus tout. La surface du lac gela tout prêt de lui et il releva brusquement la tête pour voir une centaine de détraqueurs l'entourer, s'approchant de plus en plus. Le froid s'intensifia et le désespoir se mit à couler dans ses veines. Il était comme paralysé, incapable de bouger et même de respirer.
— Sirius …
Il tenta de le réveiller, le secouant durement, mais l'autre ne bougea pas, se contentant de laisser échapper un râle de plus en plus sonore.
— Sirius !
Harry tacha de lancer un patronus mais il n'y parvint pas. Les détraqueurs se rapprochaient toujours et le jeune homme bafouillait, incapable de faire sortir la moindre brume de sa baguette. »
« Le couloir sombre. Comme tous les soirs il faisait ce rêve. Ce couloir à la fois connu et inconnu et cette envie, chaque jour plus pressente d'ouvrir cette maudite porte vernie.
— Un peu plus loin, murmura-t-il.
De longs doigts blanchâtres entrèrent dans son champ de vision, se tendant comme deux araignées vers la poignée de métal poli.
— Juste un peu plus …
Il y était presque, elle était tout prêt … »
— Eiden ! Eiden !
Il ouvrit brusquement les yeux. Il était au sol, sur le dos, avec son père qui le surplombait, le visage inquiet.
— Que … que c'est-il passé ? bafouilla-t-il en se redressant.
— Tu t'es évanoui, expliqua son père en l'aidant à se redresser. Il y a eu ce dernier souvenir et tu as crié et … tu es tombé.
Eiden, assis sur le canapé par Severus, avait le plus grand mal à se ressaisir, il était encore perdu et cet étrange sentiment de désir l'habitait encore. Il sentit Elienor lui fourrer dans la main une petite fiole et l'encourager de la voix à la boire. Il obéit et le liquide tiède coula dans sa gorge, lui redonnant quelques forces.
— Eh bien, merci d'être mon cobaye Caruos[1], cette potion semble bien marcher ! sourit sa sœur en le voyant se reprendre.
— On dirait, fit prudemment le garçon en se redressant un peu.
La main fraîche d'Elie se posa sur son front, écartant les quelques mèches sombres qui s'étaient échappées de leur attache. Il se sentait de mieux en mieux, en effet la mixture d'Enor semblait bien fonctionner.
— Que m'as-tu donné ?
— Une potion du livre de Mélina que je viens de réaliser. Elle est conçue pour les métis c'est pour cela que son effet est plus rapide, elle est plus adaptée à ton organisme et à ses besoins, expliqua la jeune femme.
— Heureusement que tu as choisi de faire tes tests aujourd'hui.
— On dirait en effet.
Il y eut du mouvement sur la droite du garçon et Severus, qui était resté silencieux pendant l'échange de ses enfants, s'assit en face de lui.
— Cette porte et ce couloir Eiden, ils viennent d'où ? Les as-tu déjà vus ? interrogea le professeur.
— Il me semble, du moins dans mes rêves. Je crois qu'elle obsède Voldemort, elle revient souvent dans mes cauchemars. Il semble désirer très fortement qu'elle s'ouvre et je pense qu'il veut quelque chose retenu derrière, il ne cesse de dire « encore un peu » « juste un peu plus loin ».
Le garçon fouilla dans ses pensées un moment puis releva brusquement la tête, dévisageant son père.
— Ce couloir, fit-il, c'est celui où c'est fait attaquer Monsieur Weasley. Et tu sais ce qu'il est, n'est-ce pas ?
— Oui.
Severus ne mentait jamais à ses enfants, il se le refusait. Peut-être n'était-il pas un père modèle, mais il s'en fichait, il avait connu ses jumeaux à quinze ans, avait un lourd passif avec l'un d'eux et ils n'étaient pas exactement comme tout les autres enfants, alors le reste du monde n'avait vraiment rien à redire quant à la manière dont il s'y prenait avec les deux adolescents, même s'il les laissait transgresser le règlement de l'école et vagabonder dans le château toutes les nuits.
— Vous gardez quelque chose là-bas ? La chose que Voldemort recherche, vous voulez l'empêcher de s'en emparer ?
Ce n'était pas vraiment une question et Severus se contenta d'acquiescer.
— Tu sais ce que c'est ?
— Non Eid, je l'ignore. Je pense que seul Dumbledore le sait, nous savons juste qu'il ne faut pas que le Seigneur des Ténèbres s'en empare.
Eiden soupira et s'avachit un peu sur le canapé, épuisé.
— Qu'y a-t-il Den ? demanda le potionniste.
— J'en ai vraiment assez des secrets de Dumbledore. Et de Dumbledore aussi, répondit le jeune homme.
Severus ne dit rien. Il était d'accord avec son fils bien sûr, leur famille avait trop souffert des cachotteries du Directeur. Il contempla un moment l'adolescent qui semblait abattu puis ses yeux dérivèrent vers Elie, qui travaillait toujours en silence sur son chaudron.
— Que fais-tu Elie ?
La blonde releva la tête vers lui et sourit à travers la brume argentée que dégageait sa préparation.
— Une potion de soins. En faîte, je pense réaliser toutes les potions de première nécessité de ce livre. Elles seront bien plus efficaces sur nous, comme en témoigne celle que j'ai utilisée sur Eiden.
— C'est une bonne idée, approuva le plus vieux des Rogue, mais tu vas en avoir pour un moment, non ?
— Je ne suis pas pressée, déclara Elie. Mais peut-être ne veux-tu pas que je t'envahisse encore longtemps ?
Son ton était marqué par l'inquiétude et la phrase avait été soufflée si bas que Severus avait eu peine à l'entendre.
— J'adore que tu m'envahisses Elie, je n'en aurai jamais assez, la rassura gentiment le potionniste.
Un sourire brillant lui répondit et Severus y répondit avant que la jeune fille ne replonge dans les profondeurs du chaudron. Eiden s'était, lui, installé plus confortablement et la regardait œuvrer du canapé. Un moment passa ainsi, dans le calme puis le jeune homme demanda à son père :
— On continue ?
Severus haussa les sourcils.
— Tu te sens prêt ?
— Je sais que c'est important, il faut que j'y arrive et pour cela, il n'y a pas d'autre solution que de recommencer, encore et encore jusqu'à ce que j'y arrive.
Ils se remirent donc à la tâche et Severus tenta une nouvelle fois de pénétrer son esprit. Eiden parvint à tenir ses défenses quelques dizaines de secondes puis le professeur de potions investit son esprit. Les images défilèrent sous ses yeux jusqu'à ce qu'une en particulier le fasse s'éjecter de la tête de son fils. Celui-ci, la respiration sifflante, haletant, avait les yeux rivés sur le sol et les mains sur les cuisses. Il s'approcha doucement, effleurant son dos avant de l'appeler :
— Eiden ?
Le garçon ne réagit pas, cherchant toujours sa respiration.
— Eiden ?
Il se releva finalement et plongea ses deux émeraudes ternies par la fatigue dans ses iris préoccupés.
— Eiden, quel était ce dernier souvenir ?
Le jeune homme grimaça, le souffle encore un peu court, mais répondit tout de même à voix basse.
— Mon oncle.
— Cela je l'ai bien vu, mais que s'est-il passé ce jour-là ?
La voix de Severus était froide à présent, bien que son fils n'y soit pour rien et il espérait sincèrement avoir mal interprété ce qu'il avait vu.
— Ce jour-là, j'ai fait brûler le dîner par ce que Dudley avait une fois de plus ramené sa bande chez eux et que j'avais peur qu'ils s'en prennent à moi dans leur ennui. Alors Vernon m'a traîné dans mon ancien placard et …
Il se tu, son père était furieux à présent et rappelait à l'adolescent le glacial professeur sadique et cruel qu'il pouvait être.
— Eiden … fit-il froidement en s'approchant et son fils, instinctivement recula d'un pas et se recroquevilla légèrement, se qui rappela immédiatement son père à la réalité et l'immobilisa plus sûrement qu'un stupefix.
— Eiden, tu n'as pas … peur de moi ?
La question n'était qu'un murmure, mais elle atteignit tout de même le cœur du jeune garçon qui fit :
— Je …
Severus soupira et ses mains virent couvrir son visage, tremblant un peu. Eiden était horrifié d'avoir mis son père dans cet état et se précipita vers lui.
— Désolé Papa, désolé ! Non je n'ai pas peur de toi, mais ce souvenir et ta voix, ça m'a rappelé … d'autres choses.
Il ceintura la taille de son père de bras et se serra contre lui.
— Je suis vraiment désolé Papa, gémit Eiden qui ne savait quoi faire. Pardonne-moi s'il te plaît !
Ces mots sortirent l'adulte de son absence et il rendit son étreinte à son fils, le serrant un peu plus que nécessaire.
— Pardon, souffla le plus jeune.
— Tu n'as pas à t'excuser, Den.
— Je n'ai pas peur de toi, je te promets, c'est juste, ça m'a rappelé … avant et l'oncle Vernon aussi.
— Il t'a frappé n'est-ce pas ? Cette immonde ordure !
Le plus jeune ne répondit pas. À quoi bon ? Mais l'étreinte de Severus se resserra encore sur son corps fin.
— Je rêve tellement de le brûler vif.
— Elie a déjà essayé, risqua Eiden, tentant de détendre un peu l'atmosphère.
— Mouai, c'est bien dommage que cela n'ait pas marché d'ailleurs, marmonna-t-elle en tournant un peu brusquement sa potion.
— Il me détestait, je n'étais qu'un anormal pour lui, pas un humain, ce n'était pas très grave à ces yeux je suppose d'en venir aux mains.
— On ne frappe pas un enfant, quelle qu'en soit la raison. Il n'y a que les monstres qui agissent ainsi.
— Tous les adultes n'ont pas ces pensées, Papa, fit un peu froidement sa fille, les yeux brûlants de colère.
Fermement, Eiden guida son père pour l'asseoir. L'adulte était mal, il le voyait bien. Sa réaction l'avait blessé, même si elle n'était pas volontaire. Et savoir ce que tous ces enfants avaient enduré alors qu'il n'était pas là pour les protéger.
— Je m'en veux pour tout cela, dit-il.
— Rien n'est de ta faute. Tu n'es pas celui qu'il faut blâmer Papa, opposa doucement, mais fermement Elie.
— Non, mais j'ai une parfaite personne en tête pour cela, grogna Eiden.
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Le lendemain, le plan préparé par les Weasley fut finalement déclenché et chacun eut l'immense plaisir de voir entrer une Ombrage horrifiée et appeurée dans la Grande Salle, traverser l'allée et bafouiller devant le Directeur :
— Des … des … cra … cra
Elle était vêtue d'un de ces affreux cardigans pelucheux, à présent vert marécage, d'une veste de couleur boueuse et d'un pantalon rainette qui ne la flattait pas du tout. Sa broche ne montrait plus de petit chaton, mais une belle grenouille bien dodue. Avec tout cet attirail et ses bredouillements, elle ressemblait à s'y méprendre à …
— Des crapauds ! finit-elle par proférer. Des centaines ! Dans mon bureau !
— Professeur Ombrage, je crains de ne pas comprendre, fit avec politesse Dumbledore, toujours installé sur son siège.
— Il y a des crapauds dans mon bureau ! cria-t-elle de sa voix pinçante de petite fille hystérique.
— C'est un problème en effet, répondit le Directeur sans se départir de son calme. Voulez-vous que nous vous envoyions le concierge pour régler cette mésaventure.
— Je … je …
Gentiment le vieux sorcier se leva et la conduisit à sa place.
— Mangez donc, respirez, calmez-vous et nous tâcherons d'éclaircir cette histoire après le dîner, voulez-vous ?
La petite femme, tremblante et bredouillante n'était pas vraiment en état de protester et fut contraint de manger en silence. Elle ne semblait pas avoir encore remarqué l'état de ses vêtements.
Les amis des jumeaux se tournèrent immédiatement vers eux et les deux enfants Rogue affichèrent un regard surpris et innocent. Pansy les considéra avec méfiance puis déclara finalement :
— Bon on sait que c'est vous, comment vous y êtes-vous pris ?
Les deux concernés prirent une expression outragée et blessée sous l'œil intransigeant de leur amie.
— Mon cœur saigne que tu puisses croire une telle chose de nous, Pans ! s'exclama fortement Eiden.
Pas du tout impressionnée, la brune croisa les bras sur sa poitrine et sa bouche se tordit d'un rictus :
— Vous êtes dans tous les coups foireux de cet établissement. Tout ce qu'il y a d'étrange en ces murs à un rapport plus ou moins direct avec vous !
— Tu nous flattes Pansy, vraiment, rigola Elienor, mais nous ne sommes pas les jumeaux Weasley.
— Vous êtes toujours fourré avec eux, tu les aides même dans leur entreprise de Farces et Attrapes, El.
— Crois-moi, pour une fois, nous n'y sommes réellement pour rien ! assura la jeune fille blonde.
— Mouai … répondit l'autre, pas vraiment convaincue.
— Je t'assure, nous sommes innocents ! continua le fils de Severus.
— Enfin concernant cette affaire du moins, sourit Elienor en portant son verre à ses lèvres, ignorant les soupirs de la brune.
— Délinquants ! Quand on sait que votre figure d'autorité est le bourreau des cachots, cela fait peine à voir ...
Les jumeaux ne répondirent pas, se contentant de sourire d'un air impertinent.
— C'est les jumeaux Weasley qui ont fait cela, n'est-ce pas ? interrogea Blaise qui n'avait aucun doute.
— Je ne sais rien, assura Elie en continuant joyeusement son repas.
Le basané ne la croyait pas le moins du monde, mais il savait qu'elle ne dirait rien, ici en public au milieu de la grande salle, alors il recommença lui aussi à vider le contenu de son assiette, observant du coin de l'œil la table des professeurs.
— Je crois qu'il n'y a pas que Pansy qui doute de vous, déclara-t-il à l'intention des jumeaux Rogue.
Son compagnon et sa sœur relevèrent la tête et croisèrent le regard résigné et un peu amusé de leur père. Ils haussèrent les épaules, l'air parfaitement innocent et l'adulte détourna le regard sans qu'ils aient su s'il les croyait ou non.
— C'est incroyable la propension que tout le monde a à nous condamner au moindre événement bizarre.
— C'est que ce n'est tellement pas votre genre ! dit Théo qui ne cachait pas son hilarité, contrairement à ces amis qui tentaient de conserver leur sérieux en public.
— À t'entendre, on dirait que l'on passe notre vie à faire de tels coups, geignit Eiden.
Quatre paires de sourcils se levèrent, mais personne ne dit rien à haute voix. Le brun soupira exagérément.
— La présomption d'innocence ça ne vous dit rien dans ce pays ?
Le repas se poursuivit ainsi, seulement troublé par le cri d'Ombrage qui s'était finalement rendue compte de la transformation de sa garde-robe. À la fin du dîner, alors que le directeur et les professeurs Mcgonagall et Ombrage disparaissaient par la porte de derrière, les serpentards rejoignirent les frères Weasley qui se tenaient dans le hall en compagnie de Ginny et Lee Jordan.
— Alors qu'avez-vous fait ? demanda Pansy.
— Tout de suite, ma bonne amie ! fit aimablement Fred. Pourquoi y serions-nous pour quelque chose ?
— Par ce qu'apparemment ce n'est, ni Eiden, ni Elie, donc c'est que ce doit être vous ! répondit la serpentard.
— Je suis outré de … commença le rouquin, mais elle l'interrompit.
— Oui, oui, on sait. On nous l'a déjà faite celle-là !
Le sourire du gryffondor s'agrandit :
— Nous avons juste procédé à un petit changement de garde-robe et de décoration, répondit le jeune homme.
— C'est-à-dire ? s'enquit Théo.
— Eh bien nous avons pensé à quelque chose de plus … en adéquation avec sa personnalité et son physique, ricana Fred.
— Outre ce que vous avez vu, nous avons également changé les affreux chatons de ses assiettes en mignonnes petites grenouilles et nous avons rempli son bureau de quelques crapauds, continua George.
— Quelques ?! rit Elie.
— Quelques centaines, pas plus, sourit l'autre ce qui eut le mérite de faire éclater de rire tout le monde.
— En faite je le trouve presque mieux comme cela son bureau, intervint Lee, il me fichait la chair de poule avant tellement il était kitch.
— Ah c'est sûr au moins maintenant c'est original …
Un cri de féminin hystérique leur parvient de très loin et chacun sur qu'Ombrage avait rouvert son bureau.
— On devrait d'ailleurs remercier Dumbledore de l'avoir fait patienter, fit George avec un sourire lumineux.
— Oui, je suis sur qu'il y en a plus que quelques centaines maintenant … répondit son frère nonchalamment.
Les autres étaient partagés entre le plaisir de la farce et l'horreur qui en découlait. Et les images mentales ne les aidaient vraiment pas.
— Oui, c'est vraiment fantastique cette poudre, tu remercieras bien Arthus de notre part, petite féline.
— Ça lui a fait plaisir, assura la blonde.
Pansy se ressaisit à ses paroles, chassant de son esprit les crapauds envahissant le bureau d'Ombrage.
— Je savais bien que tu étais lié à cela, dit-elle en pointant un doigt accusateur vers elle. Tu l'es toujours.
— Je n'y suis pour rien, Arthus les a fournis, pas moi, répondit la jeune femme en triturant l'une de ses mèches, semblant se ficher totalement des accusations de son amie qui abandonna. La jeune brune connaissait trop bien la blonde pour croire qu'elle pouvait lui faire entendre raison.
— Alors, qu'avez-vous choisi comme crapauds ? s'enquit Eiden, désireux de se faire une image nette et fidèle de ce carnage.
— Oh une petite sélection, on ne voulait pas risquer de la décevoir, glissa George avec un clin d'œil coquin.
— Pauvres bêtes tout de même … soupira Ginny.
— Ne t'en fais pas, je suis sûr qu'Hagrid se chargera de les relâcher dans le parc, la rassura son frère.
Pansy leva les yeux au ciel, apparemment chez Weasley, il n'y en avait pas un pour racheter l'autre.
— Bon je vais vous laisser, il se fait tard et j'ai un devoir de sortilège à finir, leur dit la serpentard avant de prendre le chemin de la salle commune.
— Je devrais probablement la suivre, fit pensivement Théo, je ne l'ai pas fini non plus.
Il salua les autres et partit lui aussi en direction des cachots. Les jumeaux Rogue croisèrent la petite Agathe de gryffondors et prirent un peu de temps pour lui parler et voir comment elle allait. Des gênes elfiques c'étaient brusquement éveillés en la jeune fille, dans une longue ligné de sorcier et elle ne savait pas trop quoi faire. Personne n'était au courant dans sa famille et elle tenait à ce que cela reste ainsi, elle était donc soulagée de pourvoir trouver du soutien et des conseils des jumeaux. Son héritage ne s'était pas révélé encore, mais les manifestations de son pouvoir se faisaient de plus en plus nombreuses au fil du temps, n'étant pas soumises à des sorts de dissimulation.
— Alors, demanda Fred à Blaise et Drago qui étaient restés, comment ça se passe aux cachots avec les petits soucis d'Eiden et Elie ?
— Assez bien, répondit le basané, ils incorporent correctement l'héritage métamorphe et ils sont capables, en général, de contrôler leurs changements corporels. La potion métamorphosys aide bien également.
— Je vois, opina le rouquin et quant à leurs besoins ?
Blaise eut un sourire.
— Si tu parles de leur subite envie de contact et de câlin, c'est plutôt agréable. Même s'il ne faut pas trop s'habituer.
— Je crois que tout le monde à remarquer, ils sont positivement adorables …
Drago grimaça, c'est vrai que les jumeaux étaient à croquer lorsqu'ils venaient réclamer des baisers ou leurs bras, mais la jalousie du blond avait explosé et dans un sens, il attendait avec impatience la fin de cette phase, qu'il puisse récupérer sa petite amie adorable dans l'intimité et qu'elle calme un peu ses élans tactiles envers d'autre que lui.
Son air n'échappa aux trois autres garçons qui ricanèrent un peu de sa possessivité.
— On pourrait parler d'autre chose, grogna-t-il.
Les autres éclatèrent de rire et c'est ce moment que choisirent les enfants Rogue pour revenir vers eux :
— Que se passe-t-il ? interrogea Eiden.
— Rien d'important, assura Blaise en souriant toujours.
Elie se blottit dans les bras de son compagnon et lui souffla, l'air un peu inquiète :
— Tout va bien Drago ? Tu as l'air chiffonné ?
— Les Malfoy n'ont jamais l'air chiffonnés ! fit-il, le nez en l'air.
— Si tu le dis, sourit Elie. On y va ?
— Oui, oui, on y va.
Mais à l'entrée des cachots se tenait Luna, l'air perdue comme à son habitude, qui demanda auprès des jumeaux.
— Que voulais-tu Luna ? s'enquit Eiden une fois que Blaise et Drago furent rentrés dans la salle commune.
— Je voulais vous prévenir de faire attention, il y a quelque chose dans l'air et j'ai le sentiment que cela à rapport avec vous, déclara-t-elle de sa voix éthérée, les yeux fixés sur le plafond sombre.
Elie et son frère échangèrent un regard, Luna était toujours un peu étrange, mais ils avaient appris à écouter ce qu'elle disait et de parfois, lire entre les lignes de ses mots un peu fous. Ils la remercièrent de son conseil, ne sachant comment le prendre puis la jeune fille partit sans une parole, les prenant un peu de court.
— Humm, commença Elie les yeux toujours tournés dans la direction où la serdaigle avait disparue.
— Ouai, grogna Eiden.
— On fait quoi ?
— Rien, soupira le garçon, de toute façon, tu as compris quelque chose ?
— Non, souffla la jeune femme.
Puis son frère l'entraîna dans la salle commune.
[1] Caruos : cerf
