N.D.A :

Bonsoir, bonsoir ! Exceptionnellement, par ce que j'ai pus avancer dernièrement, je vous poste la suite deux semaines à la suite, petit cadeau pour fêter mon avancée !

mamy 83: Merci pour ces compliments et encouragements.

adenoide : Le patronus d'Eiden a peut-être changé, mais il n'est guère judicieux de s'en assurer devant autant de spectateurs :)

Merci à tout les autres qui passent, suivent et laissent des reviews !

En espérant que la suite vous plaise ...

Bonne lecture !

Elishae


Chapitre 10 : Petite baignade nocturne

— Monsieur Rogue.

— Oui Professeure ? fit le garçon d'un air angélique.

— Puis-je savoir pourquoi vous ne recopiez pas le chapitre que je vous ai indiqué en début de cours ?

Blaise grimaça, il sentait que la suite n'allait pas être reluisante. La haine entre le fils de Severus et la professeure de Défense contre les forces du mal s'était intensifiée et Eiden ne faisait plus aucun effort pour cacher ses sentiments.

— Peut-être par ce que je n'en vois pas l'intérêt, fit le garçon exaspéré. Professeure, ajouta-t-il ensuite avec un sourire moqueur.

— Il me semble que ce n'est pas à vous de juger de cela, Monsieur Rogue, grinça le vieux crapaud joufflu, ce programme a été approuvé par le Ministère et il est sans aucun doute meilleur juge que vous de ce que l'on attend d'un enseignement de cinquième année à Poudlard.

En retour le jeune homme brun ne lui fit qu'un sourire éblouissant, mais ne répondit rien. Le crapaud sembla enfler :

— Veuillez retourner à vos notes, Monsieur Rogue et laissez cette classe travailler dans le silence.

Mais Eiden n'en fit rien, continuant de sourire. Blaise, assit à ces côtés, serra sa cuisse pour le faire baisser la tête, mais il l'ignora.

— Un problème ? demanda Ombrage.

— Aucun, professeure.

— Alors, reprenez votre plume, fit-elle d'une voix menaçante.

Toujours rien et la femme se mit en colère. Se saisissant d'un parchemin elle gribouilla quelque mot puis lui fourra contre la poitrine.

— Sortez ! Allez voir votre directeur de maison !

Le garçon disparut sans se départir de sa bonne humeur et prit le chemin de la salle des professeurs, certain que son père y serait à cette heure. Il traversa rapidement le château et frappa à la double porte. Le professeur Mcgonagall lui ouvrit et l'invita à entrer. À l'intérieur, il n'y avait qu'elle et Severus, installé sur les fauteuils devant la cheminée.

— Ne devrais-tu pas être en Défense contre les forces du mal ? interrogea son père, certain de connaître la réponse.

— Je devrais.

— Et pourquoi n'y es-tu pas ? soupira le professeur de potion.

— Par ce qu'elle m'a envoyé ici.

— Encore Den !

Le garçon haussa les épaules, c'était évidant non ? Il tendit le parchemin à l'homme qui le prit, la mort dans l'âme. Derrière eux le professeur Mcgonagall le contemplait d'un air sévère sous son chapeau pointu. Severus prit un moment pour lire le message de sa collègue puis leva un regard perçant vers son fils.

— Nous en avons pourtant discuté Eid, profil bas devant Mademoiselle Ombrage. Retiens-toi un peu ! Tu n'es plus à gryffondor, fait preuve d'intelligence ! le morigéna-t-il d'une voix sèche.

La sorcière écossaise derrière leva les yeux au ciel et adressa un regard de reproche à son collègue.

— Je ne comprends pas que vous acceptiez une telle situation, protesta Eiden. On n'a pas eu un seul cours digne de ce nom depuis le début de l'année !

— Crois-tu qu'on ne le sait pas ?

— Eh bien agissez alors ! s'emporta quelque peu le jeune homme. Nous avons les Buses en fin d'année, les septièmes années ont les Aspic, comment sommes-nous sensé réussir ?

— Je ne pense pas que votre réussite aux examens soit un problème, il est évident que vous les réussirez, rétorqua le potionniste avec un regard étrange pour son fils.

— Le problème est qu'elle a été envoyée par le Ministère, intervint Minerva, on ne peut rien contre elle. Ceci dépasse le seul cercle de cette école.

Eiden retint de toutes ses forces ce qu'il avait à dire, mais c'était tout juste. Il ne voulait pas se montrer impoli envers son ancienne directrice de maison. Il reconnaissait toujours son autorité, même si ce n'était plus elle qui était chargée de lui à présent.

— Tu joues avec le feu, Eiden, ce n'est pas seulement des retenues et quelques lignes à copier que tu risques avec elle. Elle est sous-secrétaire d'État, elle peut faire beaucoup de mal. Alors s'il te plaît Eid, tache de faire attention !

Son père avait l'air inquiet et son ton ne souffrait aucune réplique, même si il restait paternel, alors le garçon souffla :

— Je … vais essayer.

Le cours d'Ombrage devait être terminé à présent et le jeune homme s'apprêtait à partir lorsque Severus le rattrapa sur le seuil de la porte.

— Elle t'a mis en retenu pour le reste de la semaine, Den. Mais s'il te plaît, fait en sorte que ce soit les dernières, il n'est pas bon d'attirer ainsi l'attention sur toi.

Il acquiesça et le potionniste le laissa partir. À mi-chemin de la Grande salle, il retrouva Elie et les autres qui s'y rendaient aussi.

— Alors ? demanda Théodore.

— En retenue jusqu'à samedi.

L'autre grimaça, il n'avait jamais été en retenue avec Ombrage, mais tout le monde les disait terribles. C'était d'ailleurs étrange que rien de ces méthodes n'avait encore filtré, il semblait que tous gardaient le silence, pour une raison ou une autre. Du moins, rien n'était encore venu aux oreilles des autres professeurs.

— Ce n'est pas si grave, répondit Eiden. Je crains plus Sev, même si pour cette fois il m'a laissé tranquille.

— Comme si Sev allait te punir, ricana Théo.

— Il l'a déjà fait, dit Eiden en repensant à leurs quatre années de haine réciproque.

Il se souvient brusquement des mots de son père et de son curieux regard.

— Dites-moi, quelqu'un aurait-il vendu la mèche pour l'AD à mon père ? demanda-t-il en les regardant tous tour à tour.

Tous lui rendirent son regard, surpris, sauf Drago qui jeta un petit coup d'œil à Elie avant de détourner la tête.

— Drago, minauda-t-elle dangereusement. Aurais-tu quelque chose à confesser ?

— Peut-être, concéda-t-il.

La jeune fille le contempla d'un air critique, mais finalement hocha la tête et reprit sa route, sous l'œil surpris de son compagnon.

— Tu n'es pas … en colère ? fit-il, interrogateur.

— Je ne voulais pas que Père sois impliqué, mais tu avais tes raisons, non ?

Drago fronça les sourcils, il ne comprenait pas l'attitude de la jeune femme. Il pensait qu'elle serait vraiment furieuse qu'il ait tout déballé à Severus.

— Tu voulais protéger ta mère et tu as parlé à Père pour qu'il discute avec Dumbledore et l'Ordre de l'accueil des enfants de Mangemorts qui se détourneront des Ténèbres.

— Comment tu …

— Je te connais bien Drago, sourit simplement Elie.

Elle prit sa main et l'entraîna avec elle, continua sur le même ton calme, rassurant son compagnon :

— Même si je ne voulais pas que Père soit au courant de quoique se soit pour qu'on ne puisse pas l'accuser, je sais que nous avons besoin de lui si nous voulons convaincre d'autres de rejoindre notre camp, il leur faudra une assurance qu'ils pourront se réfugier quelque part. Tu as eu raison de le faire.

Drago la regarda, le regard soudain plus amer.

— J'ai préparé mes affaires, tu sais. S'il arrive quelque chose, je ne veux pas me prosterner devant ce malade. Je ne veux pas être pris au dépourvu, je suis prêt à partir en quelques minutes, mais je ne voulais pas laisser ma mère ...

Elie plongea ses yeux étranges dans les siens et levant sa petite main blanche, elle caressa sa joue.

— Je sais Drago, on ne le laissera pas faire. Elle embrassa la peau fine derrière son oreille. Je ne le laisserai pas faire.

Le garçon frissonna, incapable de dire s'y c'était à cause du baiser ou du ton froid, dangereux, qu'avait utilisé Elie pour sa dernière phrase.

— Je le sais, fit-il, je te fais confiance.

Il la tira doucement contre lui pour l'embrasser et leurs lèvres se rejoignirent quelques secondes, juste le temps d'un chaste et doux baiser. Puis ils se séparèrent et rejoignirent les autres qui leur avaient laissé un peu d'intimité, de l'autre côté des portes.

Plus tard dans la soirée, Eiden sortit de retenue et retrouva sa sœur dans une des salles abandonnées de l'étage où elle attendait que l'affreux crapaud le libère. Assise sur le vieux bureau du professeur, elle lisait un livre en attendant qu'il daigne se montrer. Elle releva la tête lorsqu'il arriva, et ce bien qu'il n'eut fait aucun bruit. Outre leurs sens surdéveloppés qui les aidaient à détecter les intrus, les jumeaux pouvaient ressentir la présence de l'autre, pouvant même, dans certains cas, se localiser vaguement dans l'espace, s'ils étaient suffisamment proches l'un de l'autre.

— Alors ?

— Comme d'habitude, répondit son frère en tirant une chaise près d'elle. Elle n'a pas changé de méthode.

La jeune femme grogna et sortit de son sac un linge propre et une fiole qu'elle versa sur le tissu pour en tamponner la blessure du garçon. Le liquide était bleu et dégageait une odeur fraîche qu'il ne reconnut pas, il n'avait jamais vu cette mixture. Pourtant elle se montra fort efficace et atténua considérablement la douleur, ainsi que l'aspect malsain de la blessure.

— Merci, dit-il à sa sœur qui récupéra sa main d'un geste vif.

— Je n'ai pas fini, le gronda-t-elle.

Il la laissa appliquer sur sa main un baume pervenche qui rendit à sa peau son aspect lisse, quoiqu'encore légèrement rouge. Levant sa main à la lumière, Eiden siffla en constatant l'effet des remèdes de sa sœur.

— Wouaw c'est vraiment efficace !

— Il semblerait, sourit la jeune fille.

— D'où est-ce que tu sors cela ?

— Du livre de Mélina. Celui des potions de base pour les métis.

Eiden acquiesça.

— Ils fonctionnent vraiment bien en tout cas !

— C'est normal, répondit la blonde en sortant quelques pots et fioles de son sac, c'est par ce qu'ils sont plus adaptés à ton organisme que les potions des sorciers. J'en ai fait un stock d'ailleurs, mieux vaut être préparé à toute éventualité.

Elle aligna tous les petits contenants sur le bois fatigué et poussiéreux du meuble délabré. Regroupant certaines choses avec d'autres.

— Je t'ai tout étiqueté. C'est principalement des potions de soin. Celles-ci sont pour les plaies, celles-ci pour les brûlures, coups, douleurs, désinfection, une fiole de métamophosys, quelques baumes, des teintures de sommeil, quelques petites choses contre la nervosité et là contre les cauchemars …

— Euh merci, fit Eiden, un peu déstabilisé par le nombre de flacons.

— C'est pour que tu les mettes dans ton dortoir Eid, ou dans ton sac, enfin bref que tu les aient sous la main en cas de problème.

Sa sœur semblait un peu ennuyée de son manque de prévoyance, mais il est vrai qu'il avait toujours vécu au jour le jour, la planificatrice c'était Hermione, c'était elle qui faisait des listes et se préparait aux coups du sort, pas lui. Mais Elie n'était pas comme cela, Elie, sans être au point de la née moldu, était prévoyante, on lui avait appris à se débrouiller et à se suffire elle-même. Comme un soldat pensa un peu tristement Eiden.

— Qui a-t-il ? demanda sa sœur qui n'avait pas manqué sa petite mine.

— Je pensais à ton entraînement.

Elie haussa un sourcil.

— Et en quoi est-ce triste ?

— Dans mon idéal, on ne fait pas des enfants des soldats, grimaça l'adolescent.

— Dans mon idéal, répéta Elie, on ne fait pas des enfants des esclaves et on ne les enferme pas dans un placard.

— Je suis un cas particulier.

— Si tu sais que ton enfant est en danger, tu ne voudrais pas qu'il soit capable de se défendre ? demanda Elie.

— Je ferai tout pour qu'il n'ait pas à le faire, je le défendrai.

— Et si tu n'es pas là pour le faire ?

Le ton d'Elienor était calme, mais on sentait la peine derrière, le cœur de son frère se serra. C'était dans ces moments-là qu'ils ressentaient le plus le poids de ces quatorze années loin l'un de l'autre. Leur éducation avait été différente, elle avait fait deux des personnes qui ne pouvaient parfois se comprendre.

— Ok, fit-il doucement, cette voie est sans issue, alors je vais me taire et tu vas m'expliquer ton point de vue.

Un maigre sourire vint orner le visage de la blonde et elle expliqua :

— Rose t'a parlé des braconniers n'est-ce pas ?

Le hocha la tête, attentif.

— Et bien il y a cela déjà évidemment, qui, conjugué à d'autres choses, notamment le rejet des sorciers a conduit à faire de nous des créatures plutôt méfiantes, mais c'est également dicté par nos mœurs. Nous sommes plus indépendants que les humains, nos enfants vagabondent et nous fausses compagnie très jeune et nous tenons à ce qu'ils puissent se débrouiller sans les plus vieux. De plus nos habitudes sont un peu plus … hum … sauvages que les sorciers.

— Sauvage ?

— Tu ne l'as pas encore remarqué, puisque nous sommes entourés de sorciers et que les métis que tu fréquentes sont immergés dans la culture sorcière, mais dans un clan, les affrontements physiques sont nombreux, que se soit pour jouer, pour s'entraîner ou même pour régler un différent.

— Vous vous battez ? s'exclama, surpris, Eiden.

La jeune femme lui fit un regard indulgent.

— Tu penses en sorcier là Den, mais oui on se ''bat'' comme tu dis. Tu as déjà remarqué combien les contacts physiques sont importants pour nous, tu croyais qu'il ne se limitait qu'aux câlins et caresses ? Réfléchis et pense à ce que nous faisons lorsque nous sommes transformés tous les deux.

— On joue, on se pourchasse, se mordille et on se … bat.

Elie sourit.

— Et cela n'a jamais paru te gêner.

— Ça ne me gêne pas, mais c'est vrai que dit ainsi ça m'a perturbé. Il y a beaucoup de choses que j'ignore encore.

— Tu apprendras, assura Elie, nous pourrons passer un peu de temps au clan si tu veux, tu verras ainsi de tes propres yeux comment cela se passe.

Eiden était partagé, d'un côté il était curieux de voir dans quelles conditions avait vécu Elie, mais d'un autre côté, il avait peur de l'accueil qui lui serait réservé.

— Je … ils ne vont pas … je ne sais pas … me rejeter ? J'ai été élevé par des humains, je pense et j'agis comme un humain, même pas un sorcier parfois.

— Oh Den, fit sa sœur en prenant sa main, t'es-tu sentis rejetée par mes amis de Beauxbâtons ? T'ont-ils fait la moindre remarque à propos de cela ?

— Non, mais ils sont jeunes, élèves dans une école sorcière et tes amis, ils ont fait attention, mais les autres ?

— Les autres feront de même Eiden. Nous ne sommes pas si nombreux tu sais, la famille est importante pour nous. Personne ne te fera de mal Eiden, ils seront tous tellement contents de te connaître, je t'assure. Souviens-toi de Rose ! Souviens-toi de Ravena et des autres ! Tout se passera bien.

Peut-être avait-elle raison, peut-être que tout irait bien finalement. Eiden avait eu l'habitude que sa seule famille le rejette, mais cela ne devait pas se passer comme cela et avec Severus et Elie, ce n'était pas ainsi. C'était les Dursley les montres, les anormales, chaque jour sa sœur et son père le lui prouvait. Il pouvait avoir une famille, il en avait une, qui l'aimait et qui ne le lâcherait pas et une autre, élargie, qui ne demandait qu'à le connaître.

0o0o0

Le lendemain, les murmures envahirent la Grand Salle au déjeuner, il s'était manifestement passé quelque chose, mais Eiden s'en fichait totalement, dévorant son petit déjeuner avec plaisir. Il écoutait distraitement Elie et Blaise parler du cours imminent de métamorphose, savourant une délicieuse tartine à la mélasse, lorsque Pansy s'exclama, rompant la quiétude ambiante :

— Elle est quoi ?

Tous ses amis se tournèrent vers elle, alors qu'elle posait violemment son journal sur la table, se fichant éperdument de sa tasse et des pots de confitures traînant là. Elle rumina dans sa barbe, grommelant et maugréant tout en tournant avec brusquerie une page qu'elle manqua d'arracher.

— Pansy, soupira Drago en éloignant sa tasse du journal, pourrais-tu laisser de côté tes élans de passion pour une fois et nous laisser profiter d'un bon petit-déjeuner avant d'aller en métamorphose ?

La brune lui adressa un regard cinglant et abattit une nouvelle fois son journal, sur la table, faisant fit du petit cri outragé de Drago lorsque sa tasse se renversa.

— Regardez ! fit-elle, impérieuse.

Sur la une s'étalait l'horrible image d'Ombrage, la mine réjouie et saluant les journalistes avec un affreux sourire qui donnait l'impression qu'elle allait les manger tout cru. En grosses lettres était écrit ''La nouvelle Grande Inquisitrice de Poudlard''.

— La quoi ? demanda Blaise en tendant le cou pour lire. C'est quoi cette histoire de Grande Inquisitrice ?

— Apparemment c'est le nouveau décret d'éducation, marmonna Pansy en tournant brutalement la page pour exposer l'immense article en double page qui l'expliquait. Il y avait à l'intérieur deux nouvelles photos, une autre du vieux crapaud et une de Fudge, a priori occupé à faire un discours dans le grand hall du Ministère de la magie. Eiden le trouva tout aussi insipide qu'à l'été dernier.

— Inquisitrice, ça sonne comme … inquisition ? fit le fils de Severus, grimaçant. Pourquoi Merlin avoir choisi un tel nom ?

— Inquisition ? interrogea Théo qui ne connaissait pas ce terme.

— C'est un mot pour désigner les répressions de l'Église Catholique contre les infidèles et les … sorciers, expliqua Elie qui l'avait étudié en histoire de la magie à Beauxbâtons.

Théo frissonna, abasourdi :

— Et ils ont choisi ce terme-là ? Drôle de sens de l'humour …

— Je pense que c'est plutôt dans l'idée de contrôle et de répression, pas pour … les gens brûlés sur des bûchers, grimaça la jeune blonde.

— Et concrètement qu'est-ce que cela change pour elle ? intervint Blaise qui voulait savoir ce qu'il en était.

— Elle va avoir le droit d'inspecter les autres professeurs, répondit Pansy en parcourant l'article du doigt.

— Elle quoi ? Inspecter les autres ?

— Apparemment, répondit laconiquement son amie.

— Et Dumbledore accepte ça ?

— Il n'a pas vraiment le choix, rétorqua Drago. Si c'est un décret d'éducation du Ministère, il est obligé de plier …

— Mais c'est despotique ! plaida Blaise.

— Peut-être, mais c'est la loi, répondit le blond.

Un éclat de rire nerveux les interrompit et ils se tournèrent tous vers le fils Rogue qui l'avait produit :

— Désolé, c'est juste … imaginez Mcgonagall ou Sev inspecté par le crapaud… ricana le jeune homme.

Les autres sourirent, c'est vrai que l'image était tordante.

— Et bien j'ai hâte de voir cela, continua Eiden.

Mais contrairement à ce qu'espérait le garçon, Ombrage ne se montra pas du cours de métamorphose et ils purent tous changer leur oiseau en théière sans que le moindre crapaud ne pointe le bout de son nez. Et si d'un côté Eiden était très content de ne pas avoir à souffrir sa vue, il était aussi déçu de ne pas assister à sa confrontation avec la professeure de métamorphose qui promettait d'être épique. À la fin de l'heure, il prit son sac et se dirigea avec les autres vers les cachots, pour le double cours de potion.

— Tu penses qu'elle sera là cette fois ? interrogea le fils Zabini qui l'embrassait tendrement devant les cachots de Rogue en attendant que celui-ci daigne enfin leur ouvrir et les laisser entrer.

— Je l'ignore, répondit Eiden.

— Je me demande bien ce qu'elle dira sur lui … fit pensivement Blaise.

Eiden ne répondit pas, sa bouche à nouveau capturée par celle de son petit ami. Il se laissa embrasser puis s'éloigna en entendant un raclement de gorge. Derrière eux se tenait Elie qui voulait manifestement lui parler. Il lui adressa un regard interrogatif et elle le scruta un moment avant de lui dire :

— Quoiqu'il se passe ici Eiden James Rogue tu vas garder ton calme et rester un gentil garçon, fit-elle très sérieusement.

L'autre leva un sourcil, ne comprenant pas le moins du monde l'intervention de la jeune femme.

— Si Ombrage vient, elle sera là pour inspecter Père, le noter en quelque sorte et voir s'il est un professeur compétent. Ce qu'il est. Il est hors de question que des facteurs aggravants, tels que toi et ton caractère de fangieux par exemple, ne le tire vers le fond. Alors tu vas faire un effort et garder ton calme et tes commentaires pour toi pour qu'Ombrage laisse notre père en paix. Me suis-je bien fait comprendre ?

Si Blaise était étonné et, il devait bien l'avouer, un peu effrayé par le ton froid et sec de son amie, cela ne semblait pas être le cas d'Eiden qui souriait narquoisement.

— Insinuerais-tu que je ne sais pas me tenir, El ?

Un sourire sauvage envahit les lèvres fines de la blonde et elle inclina un peu la tête sur le côté, considérant son frère d'un air moqueur.

— C'est exactement ce que j'insinue, Den.

— Ne t'en fait pas, je me tiendrai bien.

— C'est tout ce que j'attends de toi.

L'autre lui rendit son sourire railleur, puis elle les laissa seuls à nouveau, rejoignant les autres un peu plus loin.

— Elle est … assez impressionnante lorsqu'elle le veut je dois dire, fit Blaise qui se remettait doucement de son interruption.

— Elle peut l'être, en effet, fit avec plaisir son compagnon.

— Je me trompe ou tu sembles content qu'elle t'ait menacé ? interrogea le basané, un peu surpris.

Le sourire d'Eiden s'agrandit et il ronronna en blottissant sa tête dans le cou chaud de son compagnon.

— J'adore quand elle est comme cela, qu'elle casse son image de petit ange et qu'elle montre les crocs.

Le bistré comprenait son point de vue, il était en effet heureux de voir qu'Elie pouvait parfaitement se défendre et même imposer ses idées si elle n'avait envie. C'était rassurant en quelque sorte.

La porte s'ouvrit à ce moment-là et Severus les fit tous entrer chacun leur tour. Comme à son habitude, il n'eut pas besoin de demander le silence pour l'obtenir, son aura inquiétante suffisant.

— Nous avons une invitée aujourd'hui, fit-il sur un ton neutre. Donc ce serait peut-être l'occasion de faire montre de vos talents cachés …

Personne ne répondit, bien trop apeuré par leur professeur puis celui-ci agita sa baguette, faisant apparaître sur le tableau le nom de la potion du jour ainsi que la page correspondante dans le manuel et ils se mirent tous au travail.

Les premières vingt minutes se passèrent comme à l'accoutumée, chacun était penché sur sa potion, tâchant de la réussir au mieux pour éviter les foudres de Rogue tandis que le vieux crapaud griffonnait sur un petit calepin dans son coin. Puis elle se leva et vint à la rencontre de Severus pour lui poser quelques questions : depuis combien de temps il exerçait, comment en était-il venu à devenir professeur et d'autres choses stupides, mais Severus parvint cependant à garder son calme.

— Mais n'aviez-vous pas postulé pour le poste de Défense contre les forces du mal ? interrogea Ombrage.

— Si, au départ, mais le professeur Dumbledore cherchait quelqu'un pour les potions, alors comme j'étais plutôt doué dans cette discipline, il m'a engagé pour ce poste.

— Vous n'êtes pas trop déçu d'être ici ? demanda-t-elle avec un horrible sourire.

Severus haussa un sourcil noir de jais. Qu'attendait-elle de lui au juste ? Qu'il lui confie désirer ardemment son poste et faire tout ce qui était en son pouvoir pour qu'elle disparaisse et le lui laisse ?

— Je suis très bien à cette place, assura le professeur.

— Pourtant vous renouvelez chaque année votre candidature, rétorqua l'affreuse femme en cardigan rose.

— C'est par ce que chaque année ce poste se libère, j'aime mon poste, mais je ne perds rien à vouloir changer un peu d'air.

— Hum, fit simplement Ombrage en notant quelques lignes sur son calepin. Et pourquoi selon-vous Dumbledore ne vous laisse-t-il pas ce poste ?

— Je vous suggère de lui demander.

— Je n'y manquerai pas. Mais parlons un peu de vos réalisations, j'ai découvert que vous collaboriez depuis longtemps avec Sainte-Mangouste et qu'un certain nombre des potions que les guérisseurs utilisent sont de votre invention.

— En effet.

— Mais dites-moi, si vos compétences sont si hautes, pourquoi rester à ce poste de professeur ? s'enquit en minaudant la femme.

— J'aime être ici, Poudlard est ma maison depuis l'adolescence, répondit froidement le potionniste qui commençait sérieusement à être agacé par sa consœur.

— Je vois, je vois. Mais dites-moi, une autre question, est-ce que vous restez ici pour vous protéger de votre passé trouble et des accusations qui pesaient contre vous en 91 ? Il est vrai que Poudlard a toujours été un refuge pour les âmes en peine et Dumbledore s'est toujours montré si tolérant

Severus était furieux à présent, ainsi que ces enfants. Ne venait-elle pas d'évoquer son passé de mangemort devant toute la classe ? À quoi jouait cette horrible bonne femme ? Quel était l'intérêt de tout ceci ?

— Je ne comprends pas votre interrogation. J'ai été innocenté à la fin de la guerre, répliqua sèchement l'autre professeur.

— Oui, bien sûr, répondit l'autre avec toujours cet affreux sourire.

La plume gratta à nouveau son calepin puis elle releva la tête et parcourut la salle des yeux, s'attardant sur Elie et Eiden, penchés chacun sur leur chaudron afin d'éviter son regard et de lui sauter dessus.

— Et dites-moi n'est-ce pas un problème d'avoir ces enfants comme élèves ? Je veux dire, vous ne pouvez pas être tout à fait impartial

— Mes enfants n'ont pas le droit au moindre traitement de faveur, grinça Severus. Ils sont des étudiants comme les autres.

— Bien entendu, déclara l'autre de son horrible voix de petite fille.

Elle fit un autre sourire atroce au potionniste et fit le tour de la classe pour poser des questions et vérifier le niveau, collectant quelques informations au passage tandis que Rogue reprenait son inspection. Tout était relativement silencieux, si l'on exceptait le bruit des potions qui chauffaient et les murmures des élèves répondant aux interrogations du vieux crapaud. Celle-ci s'approchait d'ailleurs petit à petit de la paillasse d'Elie, posant des questions à Drago assit juste devant.

— Monsieur Malfoy, pouvez-vous me donner les principaux éléments qui composent la potion d'oubli ?

— La fleur de lune, le venin de runespoore et les racines de rougebaies.

— Parfait, Monsieur Malfoy et quelles potions avez-vous apprises cette année ?

— Le filtre de paix, la teinture de Diromède, des potions de soins, la potion d'euphorie, quelques antidotes et la potion de force.

— Vous faites apprendre à vos élèves la potion de force ? demanda impérieusement Ombrage à Severus qui hocha la tête, parfaitement stoïque.

— En effet, et ce depuis plusieurs années maintenant, c'est un excellent exercice pour les Buses.

Cela ne semblait guère plaire au crapaud qui tordit sa bouche de mécontentement en raturant quelque chose de son carnet.

— Vos élèves sont pourtant encore immatures pour une telle potion.

— Je n'ai jamais eu de problème et le Directeur, ainsi que le Conseil à valider ce programme, rétorqua-t-il.

— Je ne suis pas certaine que le Ministère approuve.

— Faites-m'en part si je dois en changer, déclara Rogue avant de s'éloigner de l'horrible femme.

Il s'apprêtait à reprendre sévèrement Dean Thomas lorsque la main de sa fille se leva et qu'elle demanda :

— Professeur, je crains de manquer de cendre de salamandre, puis-je en emprunter dans la réserve ?

Severus se tourna vers elle, surpris. Elie ne manquait certainement pas d'ingrédients, elle avait accès à la réserve de son père et était toujours extrêmement prévoyante en ce qui concernait le matériel utilisé, conséquence de l'enseignement qu'elle avait reçu de plusieurs maîtres en potions en France. Il tâcha de deviner ce que tramait sa fille, mais elle abordait un visage totalement innocent et une gêne feinte de le déranger ainsi. En silence, il acquiesça et la jeune fille revient bien vite avec ce qu'il fallait. Elle s'était de nouveau attelée à la préparation de sa mixture lorsqu'Ombrage vint à elle pour l'interroger, un sourire malsain aux lèvres. Son animosité envers la blonde n'était pas aussi forte que ce que la professeure ressentait pour son frère, mais elle ne la portait pas dans son cœur, détestant cette jeune fille trop douée pour être normale, qui se comportait toujours avec la plus grande politesse. Le respect des enseignants était bien plus important à Beaubâtons qu'à Poudlard, en témoignait l'habitude qu'avaient les étudiants de l'école française de se lever à chaque apparition de leur directrice. Elie n'échappait pas à la règle, même si intérieurement elle exécrait l'adulte.

— Mademoiselle Rogue, que fait-vous là ? demanda sur un ton désagréable la femme du Ministère en se penchant sur le chaudron.

— Je m'apprête à verser la cendre de salamandre, Mademoiselle, aussi je vous demanderai de vous reculer un peu, je ne voudrai pas que des remous vous atteignent.

L'autre grimaça, mais ne recula pas pour autant, regardant la jeune femme verser la poudre et remuer dans le sens des aiguilles d'une montre, elle allait d'ailleurs se détourner lorsque que le chaudron se mit brusquement à siffler et le contenu à bouillir tellement fort qu'elle en reçu une quantité non négligeable sur les mains et le visage, causant une intense douleur là où elle était entrée en contact avec sa peau. La femme hurla et Severus les rejoint en quelques enjambées, faisant disparaître d'un coup de baguette la mixture qui couvrait l'autre professeur. Celle-ci cessa de hurler, mais tourna ses yeux furieux vers la petite blonde qui semblait au bord des larmes :

— Je suis désolée, je suis désolée, j'ai dû me tromper quelque part.

De véritables larmes coulaient à présent de ses yeux et elle semblait si horrifiée qu'Ombrage n'eut d'autre choix que de ce calmer, même si son regard lançait toujours des éclairs en direction de la jeune fille toute retournée qui répétait ses désolées d'un air paniqué.

— Vous avez oublié d'ajouter la sève avant de mettre la cendre, Mademoiselle Rogue, une erreur de débutant totalement indigne de vous. Vous serez en retenue jusqu'à la fin de la semaine avec le professeur Mcgonagall, fit sèchement le potionniste.

Puis il ajouta, considérant l'adolescente en pleurs.

— Elle saura vous punir en toute impartialité.

Severus enjoignit ensuite sa collègue à aller voir l'infirmière et ordonna à tous de retourner à leurs travaux, tandis qu'Elie reniflait toujours. Tous la contemplaient, ébahis. Elienor ne faisait jamais d'erreur en potion et encore moins une aussi grossière. Mais elle semblait vraiment touchée et angoissée d'avoir pu blesser un professeur de Poudlard alors chacun revint à ses chaudrons, laissant en paix la jeune fille. Seul Eiden regardait sa sœur sangloter avec un petit sourire, dont il ne put se répartir lorsqu'il se remit au travail. La fin du cours passa ainsi dans le silence le plus total.

— Je ne sais si je dois te féliciter ou te faire un sermon pour ce que tu as fait Elie ? soupira Severus alors que tout le monde sauf sa fille avait quitté la salle.

Sa fille serra la mâchoire, toute trace de tristesse disparut.

— Cette mégère t'a quasiment traité de mangemort devant toute la classe.

Malgré lui, le professeur eut un sourire.

— Je suis capable de me défendre seul, tu sais.

— Tu n'étais pas en position de le faire dans l'immédiat, moi je le pouvais, répondit seulement l'adolescente.

— C'était terriblement téméraire de faire cela mon ange. Si elle n'avait pas cru à ton petit numéro …

— Je n'allais pas la laisser t'insulter sans rien faire, fit, butée, Elie.

« Elle est bien trop mignonne ainsi pour son propre bien » songea Severus en la serrant dans ses bras.

— Merci tout de même.

La jeune femme eut un sourire satisfait.

— Mais de rien, c'était un plaisir crois-moi.

— Je n'en doute pas, sourit le potionniste. Superbe potion cuisante d'ailleurs ! Comment as-tu fait pour qu'elle ait la couleur et l'aspect de celle demandée ?

— J'ai ajouté quelques fleurs de mauve pour la couleur et remonter le feu pour qu'elle épaississe un peu, tout cela n'a aucune conséquence sur la mixture.

Son père hocha la tête très fier et touché dans le secret de son âme qu'elle soit intervenue pour lui, bien qu'il regretta qu'elle ait pris le risque de se faire renvoyer pour cela.

— Et j'y pense, c'est la première fois que tu peux prouver ma culpabilité, rit la jeune fille, toujours dans les bras de son père.

— En faîte non, répondit Severus, j'ai fait disparaître ta potion. Alors je n'ai que des soupçons.

Elle lui lança un regard entendu puis sortit déjeuner, retrouvant ses amis qui l'attendaient non loin. Croyant qu'elle s'était fait passer un énorme savon par son père, ceux-ci gardèrent le silence et Drago passa un bras réconfortant autour de sa taille avant d'embrasser gentiment son front. Seul Eiden, encore une fois, souriait bizarrement.

— Que m'as-tu dit déjà ? Ah oui, ''tu vas faire un effort et garder ton calme'' ! Alors, qui n'a pas su garder son calme de nous deux Elie ? Interrogea-t-il, narquois, ignorant le regard noir de Drago qui lui intimait de laisser en paix sa petite-amie.

— Oh s'il te plaît, tu étais prêt à bondir sur elle ! Si je ne l'avais pas fait, qui sait ce que tu aurais inventé …

Le garçon secoua la tête, riant doucement. Les autres, surpris par la tournure des choses, semblèrent comprendre peu à peu.

— Attends … tu veux dire que tout ceci était … intentionnel ? demanda d'une voix un peu aiguë Pansy.

La blonde ne répondit pas, mais son sourire malicieux le fit pour elle.

— C'était … vraiment … totalement …

— Incroyable, magique, jouissif, éclata de rire Théodore.

— Je voulais dire gonflé et dangereux, mais je suppose que cela convient aussi, dit la brune en le rejoignant dans son hilarité.

— Père a dit téméraire, avoua la fille de Severus.

— Ça, c'est clair, renchérit Théo, mais ça en valait la peine.

— Tu es une bien trop bonne actrice pour ton propre bien, Elie, fit Blaise, intervenant à son tour.

— Et heureusement pour moi, rit la jeune femme, sinon je serais déjà dans le bureau du directeur.

Tous rirent de concert et ils avancèrent vers la Grande Salle. En chemin le bras de Drago se resserra sur sa taille et le garçon parla pour la première fois :

— Ne fait plus cela, d'accord ? Je ne veux pas que tu sois renvoyée, souffla-t-il dans ses cheveux.

— Je protège les miens Dray.

Il ne répondit pas, la tenant tout contre lui.

— J'ai vraiment cru que tu étais bouleversée, continua-t-il sur le même ton.

— Je suis désolée, mais je ne pouvais pas te le faire comprendre devant tout le monde.

— Tu es vraiment une serpentard jusqu'au bout des ongles.

Il souriait à présent et cela rassura la fille qui craignait de l'avoir mis en colère avec toute cette machination.

— Tu en doutais encore ?

— Parfois tu n'agis guère comme tel.

Il apparut que Madame Pomfresh avait pu faire disparaître les brûlures et autres marques déplaisantes du visage et des mains d'Ombrage en quelques secondes, mais elle ne put cependant rien faire pour son orgueil blessé. Mais le fait que le vieux crapaud pensait réellement à un accident de la part d'Elie lui évita de se faire renvoyer. Elle ne fit rien de plus que les retenues déjà infligées par Mcgonagall. Apparemment, elle avait eu le droit à un sermon de l'infirmière pour s'être penchée ainsi au-dessus d'une potion alors que toutes règles de prudence le déconseillaient fortement. Elle se contenta donc de fusiller du regard la fille du Severus lors de leur cours de l'après-midi, ce qui ne causa pas un grand émoi à l'adolescente, contrairement à ce qu'elle lui laissa croire.

Le soir même, elle quitta son frère dans les escaliers, lui se rendant chez Ombrage, elle dans le bureau de la professeure de métamorphose. Frappant quelques coups, elle fut immédiatement autorisée à entrer. Derrière son bureau la professeure la regardait, non pas d'un œil sévère comme elle l'aurait craint, mais avec une certaine lueur de fierté. Nul doute que son père lui avait dit la vérité sur l'accident qui l'avait conduit ici.

— Asseyez-vous Mademoiselle Rogue, invita-t-elle et la jeune fille s'exécuta, attendant la suite.

— Votre Père m'a informé de la raison de votre présence ici, commença la sorcière. Mais voyez-vous, je n'ai pour habitude de punir que les élèves qui ont réellement fait quelque chose de mal, alors puis-ce que ce n'est pas le cas, que diriez-vous que nous en profitions pour accroître vos compétences en métamorphose ?

— J'en serais très honorée, Madame, assura l'adolescente, souriante.

— Bien, selon votre père, vous seriez déjà animagus.

— En réalité, c'est plus compliqué que cela, Professeur. Vous savez que j'ai … quelques prédispositions de naissance …

L'Écossaise hocha la tête.

— C'est ce que l'on m'a dit en effet.

— Et bien mes gènes un peu particuliers me permettent en effet de revêtir plusieurs formes animales et pas seulement celle que j'utilise depuis l'enfance.

La femme était curieuse, elle avait étudié les métamorphes bien sûr, comme toutes personnes intéressées par les métamorphoses, mais ce peuple restait très secret et il était difficile d'obtenir des informations précises.

— Parlez-moi un peu de vos différentes formes, l'encouragea-t-elle.

Elie s'exécuta, sachant par son père et son frère qu'elle pouvait avoir confiance en cette femme d'apparence sèche et stricte. Minerva Mcgonagall semblait très intéressée par ce qu'Elie avait à lui dire et surprise également de constater les différences entre une forme animale animagus et une forme animale métamorphe, à commencer par la possibilité de faire de la magie sous cette forme. En effet les métamorphes, comme d'autres êtres magiques étaient capables de faire de la magie sans baguette, ce qui leur permettait de jeter des sorts même lorsqu'ils se changeaient en animaux, contrairement aux sorciers animagus. Elle fut également curieuse de voir l'aspect métamorphe humain de la jeune fille et posa nombre de questions sur ses griffes, ses yeux, ses dents et ses oreilles qui changeaient quand elle quittait son apparence totalement humaine.

— Mais si votre première forme était un léopard, pourquoi ne pas en avoir les attributs ? interrogea l'adulte.

— Par ce que ma forme de léopard n'est pas celle inscrite génétiquement dans mon patrimoine, mes gênes de métamorphes sont lupins, ma forme l'est donc aussi. C'est à ma capacité de changeur de peaux que je dois mes autres métamorphoses, mais la réelle, instinctive, qui ne c'est révélé qu'à ma puberté est celle d'un loup, répondit Elie, tachant de lui expliquer tout ceci clairement.

— Pourquoi dans ce cas n'a-t-elle pas été votre première forme ?

— Je pense que c'est à cause du sortilège de ma mère, celui qui cachait mes origines. Elle avait très peur que l'on reconnaisse les Grimm en nous. En plus de nous faire prendre l'apparence de James, elle a aussi cherché à dissimuler notre héritage.

Leur discussion se poursuivit encore un moment puis Mcgonagall invita Elie à rentrer dans son dortoir, ce qu'elle ne fit évidemment pas. Ils s'étaient donné rendez-vous, ces amis, son frère et elle après leur retenue dans la salle de bains des préfets, dont Anton en avait l'accès, du fait de sa fonction. Elle gagna donc le cinquième étage et passa la quatrième porte à droite de la statue de Boris le Hagard avant de donner le mot de passe et d'accéder à la pièce. Bien qu'elle n'y soit jamais allée elle-même, les souvenirs d'Eiden avaient été suffisants pour qu'elle la retrouve et qu'elle y entre, avec le mot de passe d'Anton.

Celui-ci y était d'ailleurs déjà, discutant dans la piscine avec les jumeaux Weasley. Ils s'étaient dit que cela aurait été un lieu sympathique pour se retrouver, pour changer un peu et être au chaud. Et sympathique, l'endroit l'était : un magnifique lustre éclairait l'endroit d'une lumière chaleureuse, apaisante, une centaine de robinets assuraient le remplissage de la piscine rectangulaire qu'était le lieu de bain et les murs étaient percés de grandes fenêtres encadrées de longs rideaux blancs. Bien que l'ayant déjà vu en pensée, Elie ne put s'empêcher d'être saisie par la beauté de cette salle un peu magique.

Se déshabillant rapidement derrière un paravent délicat, elle enfila un maillot de bain une pièce qui couvrait parfaitement son dos et son ventre avant de se glisser elle aussi dans l'eau chaude et savonneuse.

— Alors, verdict ? interrogea Anton en souriant.

— Absolument magnifique, répondit-elle, soupirant de bonheur quand la chaleur envahit son corps.

— Content que sa te plaise.

— C'était vraiment une idée merveilleuse, assura la jeune fille.

— Comment était la retenue avec Mcgonagall ?

— Très bien, surtout par ce que je l'ai passé à discuter de métamorphose avec elle plutôt que de travailler.

Fred rit et demanda, curieux :

— Et pourquoi la si gentille Elienor Sarah Rogue était-elle en retenue ?

— Serait-ce à cause de ce que tout Poudlard murmure depuis ce midi ? ajouta son frère en s'approchant de quelques brasses.

— Et que murmure Poudlard depuis ce midi ?

— Que tu as accidentellement aspergé Ombrage de potion et qu'elle a du se rendre à l'infirmerie pour se faire soigner.

— Poudlard à raison alors, sourit Elie.

— Sauf que tout ceci n'avait rien d'accidentel, j'en mettrais ma main à couper, ricana Fred. Tu n'as jamais raté la moindre potion !

— Ce que tu dis est faut, bien sûr que j'ai déjà loupé une potion.

Fred haussa les sourcils :

— Tu vas vraiment essayer de me faire croire que tu ne l'as pas fait exprès ?

— Je n'ai pas dit cela, bien sûr que je l'ai fait exprès.

La paire Weasley applaudit d'enthousiasme.

— Ça féline c'est vraiment cool, on aurait tellement aimé être là pour voir !

— Oui, renchérit l'autre, elle devait être furax.

Elie leur raconta donc l'affaire, les remous de la potion, la peau d'Ombrage, ces larmes aussi et sa fausse panique, ainsi que sa réaction et celle de Severus qui avait parfaitement tenu son rôle. Les jumeaux ponctuèrent le discours de leurs rires tandis qu'Anton souriait simplement, plus mesuré de nature.

Puis les fils Weasley se calmèrent et chacun profita de l'eau chaude, maintenu à température magiquement. Puis Elie s'approcha des robinets, les scrutant avec attention, essayant de deviner leur effet.

— Il ne faut pas trop jouer avec cela, ça peut vite dégénérer et je ne veux pas encore fuir mon bain, la prévint Anton.

— Je sais, Eiden à essayer l'année dernière et il a en quelque sorte empoisonné l'eau tellement il avait fait de mélange, il ne pouvait plus respirer. L'eau était devenue verte et il a dû sortir au plus vite.

Anton la contempla un moment, elle le remarqua et lui demanda, de l'eau jusqu'aux épaules, nageant tranquillement, à quoi il pensait pour la fixer de la sorte. Le jeune homme sourit et lui répondit :

— Je pensais seulement à votre lien d'âme. C'est vraiment quelque chose de curieux … et de beau aussi je trouve, ça compense un peu ses années de séparation.

— Crois-moi, fit sombrement Elie, rien ne compensera jamais ses années de séparations comme tu dis.

— Je sais El, répondit l'égyptien avec un sourire indulgent, je voulais juste dire que vous aviez de la chance de l'avoir. C'est un rituel si ancien, je ne sais même pas si quelqu'un de vivant à notre époque la déjà effectuée.

— Probablement pas, c'est vraiment très dangereux, nous ne l'aurions jamais fait de notre plein gré. Même si je suis immensément heureuse que cela se soit fait maintenant.

— J'imagine.

— Cela nous a beaucoup facilité les choses, surtout pour la couverture d'Eiden. Il n'aurait jamais pu apprendre le français en quelques semaines sinon. Et c'est plus simple maintenant pour lui de prétendre venir de Beaubâtons avec les informations qu'il a eues de ma mémoire, expliqua Elie.

Elle testa ensuite quelques robinets, pas trop pour ne pas être submergée par leurs effets. Elle aimait particulièrement les bulles colorées, comme son frère et la senteur de lavande apaisante qui se dégageaient d'un lait blanc nacré. Puis les jumeaux les entraînèrent dans des chamailleries et ils se poursuivirent dans la piscine, créant encore plus de mousse qu'il n'y en avait déjà et emplissant l'espace de leurs cris et rires. Puis ils revirent près du bord, épuisé et Anton demanda aux Weasley comment avançait leur entreprise. En effet les jumeaux cherchaient un local depuis un moment, de préférence sur le Chemin de traverse, mais ne trouvaient pas encore leur bonheur. Ils avaient des idées bien précises de ce qu'ils désiraient et rien ne faisait l'affaire. Cependant ils ne perdaient pas espoir et continuaient de prospecter. De toute façon, la vente par hibou postal fonctionnait bien et ils voulaient profiter de leur dernière année à Poudlard pour établir une liste des besoins des élèves et voir ce qu'ils pourraient inventer pour y remédier.

— On a fini de mettre au point la crème canari, leur apprit George, il ne nous reste plus qu'à la tester sur quelqu'un d'autre que nous même.

Les deux métis échangèrent un regard et dirent d'une même voix :

— Ne comptez pas sur nous !

Les deux autres ricanèrent.

— Ne vous inquiétez pas, déclara Fred avec un grand sourire, on préfère des victimes plus … innocentes.

Anton fronça les sourcils.

— Je ne sais vraiment pas comment je dois prendre cela.

— Moi non plus renchérit Elie.

— C'est simplement que vous êtes aussi retors que nous et que vous vous méfieriez. Ce n'est pas drôle ainsi, expliqua Fred.

En son for intérieur, Elienor se promit de ne plus rien accepter de comestible des jumeaux avant un moment.

— Et les tubes à étincelles ? interrogea la jeune femme. J'en vois assez souvent à la salle commune.

— Oui cela marche assez bien, très bien même, on est content.

— C'est une bonne nouvelle.

— On n'est sur un projet de feux d'artifice en ce moment. Les premiers essais sont concluants, mais on voudrait les améliorer encore avant de les rendre disponibles sur le marché et de faire des stocks.

À ce moment entra Eiden, enfin libéré par Ombrage suivi d'une silhouette familière, aux cheveux blond pâle. Le premier souriait tandis que le second avait un air plutôt gêné, comme si il craignait l'accueil qui lui serait réservé.

— J'ai trouvé ce petit quelque chose sur la route alors je l'ai emmené, se justifia le brun en commençant à se déshabiller.

— Il n'y a pas de mal, répondit Anton en replongeant dans l'eau savonneuse jusqu'aux oreilles, échappant au froid.

Les deux garçons entrèrent dans l'eau quelques secondes plus tard, joyeusement pour Eiden, mais avec plus de circonspection pour Drago.

— Première visite Drago ? interrogea George qui voyait bien que le jeune homme était mal à l'aise.

— Non, seconde. Mais je suppose que vous non, malgré le fait que vous ne soyez pas préfets, répondit le fils Malfoy.

— En effet, mais il y a peu d'endroit dans ce château où nous n'avons pas mis les pieds, rétorqua George.

— Excepté les quartiers privés des professeurs, je pense que nous avons visité tout ce que nous pouvions.

— À part chez Rusard, plaisanta Eiden, puis il vit le visage des jumeaux. Non ? Sérieusement ? Pourquoi s'infliger cela ?

— Il avait pris quelque chose qui nous appartenait et nous voulions le récupérer, fit mystérieusement Fred. Nous avons donc dû … hum … investir ses appartements personnels pour la récupérer.

— Et comment était-ce ?

— Crois-moi Eid, tu ne veux pas savoir à quoi peuvent bien ressembler les quartiers d'un vieux concierge aigri et sadique.

Eiden rit, se frottant vigoureusement les bras avec la mousse nacrée qui flottait tout autour de lui.

— Non probablement pas, admit-il.

— Pas notre meilleure expédition, avoua Fred en frissonnant, malgré l'eau chaude. Mais d'ailleurs Eid, comment c'est passé ta retenue ?

— Comme à l'ordinaire, répondit le brun.

— Toujours cette bonne vieille plume.

Le brun hocha la tête, les jumeaux avaient eux aussi goûté à la punition spéciale d'Ombrage, plusieurs fois d'ailleurs et ils savaient parfaitement ce qu'il en retournait. Anton lui ne l'avait jamais pratiqué, mais avait eu des échos, par les jumeaux notamment.

— Cette femme est malfaisante, dit-il en secouant la tête, folle à lier et cruelle. Je ne peux pas croire qu'ils nous l'ont imposé.

— Je croyais qu'elle ne faisait que faire copier des lignes ? risqua Drago.

— Oh elle fait bien copier des lignes, pour cela pas de problème, mais elle te le fait faire avec ton propre sang, lui répondit Fred en frottant sa propre cicatrice.

Le blond était stupéfait. Avait-il bien entendu ? Elle ne pouvait pas faire cela, c'était immoral et illégal en plus !

— Mais c'est de la torture !

— Oui, mais Madame la Grande Inquisitrice et ses méthodes ont l'approbation du Ministère alors que veux-tu faire ?

— Mais il faut la dénoncer, en parler à quelqu'un, protesta Drago qui n'en revenait pas de l'abandon du gryffondor.

— À qui veux-tu le dire ? rétorqua le rouquin. Personne ne peut rien faire, le Ministère est derrière elle.

— Mais ce n'est pas légal !

L'autre haussa les épaules et Drago se tourna vers Eiden.

— Tu n'as rien dit à Sev ?

— Non, et tu ne vas rien dire non plus, crois-moi … Il a déjà assez de problèmes comme cela sans que je ne vienne en rajouter.

— Mais il serait tellement furieux de l'apprendre, comment peux-tu lui cacher ce qui se passe ? insista le fils Malfoy.

— Cela ne changerait rien. Il ne pourrait pas intervenir. Je ne veux pas qu'il perde son travail ou qu'il ait Ministère contre lui.

— Mais … commença le blond.

— Laisse Drago, c'est sa décision, intervint Elie qui était restée un moment silencieuse, écoutant simplement.

— Tu ne peux tout de même pas être d'accord avec lui, s'exclama son petit ami désespéré qu'ils ne repoussent son avis.

Elie soupira, s'approchant un peu plus de son compagnon.

— Je n'ai pas à l'être, c'est son histoire, puis elle ajouta. Il faut admettre qu'il a raison, rien ne changera de toute façon. Le Ministère tient Dumbledore.

Drago retint sa remarque brûlante, mais seulement car il ne désirait pas se disputer avec sa petite amie. Elle l'enlaça donc, tentant de la calmer et il dit, les mots un peu étouffés contre le cou d'Elienor.

— C'est vraiment injuste.

— Ce n'est pas de toi qu'il s'agit, rappela doucement la jeune femme.

— Qu'importe, c'est cruel, elle ne devrait pas avoir autant de pouvoir. Personne ne devrait avoir autant de pouvoir.

Elie était d'accord bien sûr, mais que pouvait-il y faire. Ils étaient presque encore des enfants et ils faisaient déjà ce qui était possible pour contourner la tyrannie d'Ombrage. Ils ne pouvaient en faire plus.

Drago mit quelque temps à se reprendre, mais sous les caresses d'Elie il finit par retrouver une certaine paix. Les jumeaux Weasley et Eiden avaient repris leurs jeux tandis qu'Anton les regardait en riant. Puis vint le moment d'aller se coucher et tous sortirent sauf Elie et Drago qui voulait prendre un peu de temps ensemble. La jeune femme était restée dans les bras de son compagnon qui la tenait contre lui, assise sur les marches de la piscine, immergée dans l'eau savonneuse. Ils étaient bien ainsi, savourant la proximité de l'autre et sa peau chaude, mais une question la tracassait.

— Tu n'es pas en colère ?

Elie savait que beaucoup de choses les séparaient elle et Drago et que souvent ils ne se comprenaient pas, ils avaient donc pris l'habitude de discuter, d'interroger et de parler si quelque chose les dérangeait, ou si ils ne saisissaient pas le comportement ou les idées de l'autre.

— Pourquoi serais-je en colère mon ange ? interrogea Drago, laissant jouer ses doigts contre le dos de la jeune fille.

— Et bien … je suis toujours assez … hum … pudique avec toi et réservée en ce qui concerne mon corps, mais tu me trouves en maillot de bain devant trois autres hommes.

Eiden ne comptait pas évidemment, il était son frère et Drago savait qu'il n'y avait aucune pudeur entre eux, ce qui lui semblait normal au vu de l'étroitesse de leurs liens.

— Ton habit ne découvre rien que je n'ai déjà vu, Elie, répondit le garçon. Il te cache beaucoup. Mais même sans cela je comprends que tu sois plus gêné avec moi qu'avec eux. Ils ne sont pas tes compagnons, c'est différent, il n'y a pas d'enjeux.

— C'est vrai, mais ce n'est pas juste pour toi, fit un peu tristement la blonde.

Le garçon sourit et embrassa son nez, pour la rassurer.

— On en a déjà parlé El, tu n'es obligée de rien, fit-il en la serrant un peu plus fort contre lui, tentant de lui faire comprendre par le corps ce qu'elle ne semblait pas entendre par la voix.

Elie ne sembla pas réagir pendant un moment puis elle plongea ses yeux dans les siens, cherchant quelque chose. Conscient que le moment était important, Drago ne fuit pas son regard, respirant simplement doucement. Et en effet, après s'être réinstallée contre lui, Elie murmura quelque chose et la main de Drago rencontra brusquement sa peau, la peau de son dos, qui lui avait jusque là été proscrite. Ne sachant quoi faire, le jeune homme s'immobilisa totalement. Mais Elie promena ses paumes sur les épaules d'albâtre, descendant le long de la colonne vertébrale du garçon, comme pour l'encourager à faire de même. Alors, timidement et très doucement, Drago s'exécuta, il commença par la base de son cou, endroit encore familier puis toucha ses omoplates et rencontra les premières cicatrices inconnues. Certaines étaient fines, d'autre plus profondes, elles barraient toute la surface de son dos et formait comme un dessin étrange. Laissant sa main suivre le tracé de l'une d'elles, il sentit Elie frissonner alors qu'il passait sur sa colonne vertébrale.

— Je t'ai fait mal ? demanda-t-il, inquiet.

— Non, répondit sa compagne en cachant un peu plus son visage contre lui. C'est juste … le souvenir …

À ces mots un braiser brûlant de haine et de colère enflamma brusquement le cœur du jeune homme qui ne voulait plus que se lever et courir à la recherche de l'homme qui avait fait ça pour lui faire souffrir le martyre avant de le faire définitivement disparaître de la surface de la Terre. Il voulut écarter un peu Elie de lui, pour voir son visage et l'embrasser, pour la rassurer et lui dire qu'il serait là maintenant, mais elle ne semblait pas vraiment disposée à découvrir sa tête.

— Continue, souffla-t-elle.

Les mâtinés avaient un rapport important au toucher et Drago comprenait qu'elle préférait qu'il la découvre ainsi, sans réellement la voir, alors il la laissa faire à sa manière, euphorique qu'elle lui fasse suffisamment confiance pour se dévoiler. Il reprit sa tâche, passant doucement ses doigts sur les entailles, grimaçant parfois de leur profondeur puis, lorsque ses paumes vinrent flatter sa taille, elle se retourna, offrant son ventre nu à son inspection tactile. Elle avait mué il ne savait comment son maillot de bain en un deux-pièces qui lui assurait un minimum d'intimité. Gentiment, les longs doigts de Drago parcoururent le ventre mince et ferme, caressant doucement la peau marquée. Il y a avait moins de cicatrices sur son ventre et il en connaissait certaines. Notamment, celle qu'il exécrait le plus, vraisemblablement causée par une botte cloutée, sur son flanc gauche. L'assaillant avait déchiré la peau, causant des marques profondes et encore un peu en relief. Elle n'avait de toute évidence pas été soignée, comme tant d'autres. Laissant une main apaisante sur son ventre, l'autre vola jusqu'à ces clavicules, retraçant la fine coupure causée par le cognard et descendit le long de ses bras, relativement épargnés, en dehors d'une marque qui semblait profonde et avait un tracé étrange. Il resta un instant de plus sur elle, tâchant de deviner ce qui avait bien pu la causer. Devinant son interrogation, Elie expliqua d'une voix très basse :

— Il m'a cassé le bras … fracture ouverte, Madame Pomfresh l'a réparé mais elle ne pouvait rien faire pour la cicatrice.

Les mains de Drago remontèrent à nouveau à ses mots et plongèrent dans ses cheveux mouillés alors qu'il embrassait sa nuque. Elie soupira sous la caresse et les baisers puis elle se décolla un peu de lui, exposant son dos nu à son regard. Contrairement à ce qu'avait craint le garçon, les marques qui le couvraient n'étaient pas laides. Peut-être était-ce dû au sang d'Elie, ou aux bons soins de l'infirmière, mais elles formaient plutôt une espèce de dessin, mystérieux et d'une certaine façon, beau. Les cicatrices ne ressortaient pas autant visuellement que d'ordinaire et elles étaient bien moins visibles que ce qu'elles le suggéraient au toucher. Il approcha à nouveau la main de celle qui barrait son dos de l'épaule au bassin et qui était étonnamment belle sous la lumière. Il sentit sa compagne trembler un peu sous son contact, il le retourna doucement pour la prendre dans ses bras.

— Tu es magnifique Elie, souffla-t-il à son oreille.

— Tu mens, répondit-elle tout bas, refusant de croiser son regard.

— Je te promets que non, ce qui les a causées est horrible, mais eux, sur toi, contre ta peau, ils sont étrangement beaux.

Elle bougea un peu contre lui et Drago cru un instant qu'elle allait le rejeter et l'accuser encore une fois de mentir. Mais elle n'en fit rien et resta lovée sur sa poitrine.

— C'est ce qu'Eiden dit aussi.

— Et il a raison, crois-moi.

Il la sentit faire une grimace contre la peau de son épaule et un petit sourire lui échappa malgré lui.

— C'est normal que vous le disiez, fit la jeune fille. Vous ne voulez pas me faire du mal.

— C'est la vérité, El. J'aimerai que tu les voies comme je l'aie vois.

— Quand je les regarde je le vois lui.

— Quand je les regarde, je vois qu'elles appartiennent au passé, dit doucement en réponse Drago.

Elle ne répondit pas et il releva la tête pour l'embrasser, joignant leurs langues avec tendresse. Il avala le soupir qui lui échappa et elle enroula ses bras autour de ses épaules, profondément heureuse de le sentir contre elle. Ils s'embrassèrent ainsi un moment, amoureusement avant qu'ils ne s'écartent finalement et qu'ils ne décident de rentrer aux cachots. Drago s'empara d'une épaisse serviette dès qu'ils furent sortis de l'eau et frotta doucement le corps de sa compagne, la séchant soigneusement. Elle le remercia d'un petit baiser et ils s'habillèrent tous deux, retraversant rapidement le château. Grâce aux sens surdéveloppés de la jeune femme, ils purent éviter les rondes de Rusard et atteindre l'antre des serpentards sans problème.

— Je peux dormir avec toi s'il te plaît ? demanda si doucement Elie que Drago faillit ne pas l'entendre.

— Bien sûr, El.

Ils se séparèrent quelques minutes, le temps pour Elie d'aller chercher quelques affaires pour la nuit. Drago en profita pour se changer lui aussi et récupérer une autre couverture, il savait qu'Elie était très frileuse. Il s'asseyait sur le lit, seulement vêtu d'un bas de pyjama lorsque sa compagne se glissa dans son dortoir. Elle jeta un coup d'œil au lit d'Eiden, vide, mais sentit son odeur du côté de celui de Blaise qui avait fermé ses baldaquins. Elle sourit pour elle-même et rejoint Drago, laissant des affaires pour le lendemain aux pieds du lit. Elle était vêtue d'une tenue chaude et douce, comme à son habitude, mais le haut était très large, suffisamment pour que Drago puisse atteindre sa peau. Souriant de cette constatation et du grand pas qu'avait fait la fille de son parrain, Drago l'entraîna sur ses genoux pour l'embrasser, ne s'interdisant plus de caresser son dos et son ventre dans la manœuvre. Riant lorsqu'il passa ses doigts sur ses cotes, elle le poussa un peu pour qu'ils tombent allongés. Drago la laissa faire et les blottit tous deux sur la couverture, Elie couchée sur lui.

— Je suis tellement heureux que tu me fasses confiance mon ange, murmura le garçon à son oreille.

Elle sourit embrassant son épaule.

— Je sais que je peux te faire confiance Dray.

Ces mots emplirent le ventre du jeune homme de chaleur, il savait qu'Elie était très méfiante et secrète, presque craintive sur sa vie intime, alors qu'elle lui confie qu'il avait sa confiance le rendait euphorique.

— Je ressens la même chose, El.

Il la lova doucement contre lui, l'enserrant à la taille et caressant sa joue de l'autre main.

— Tu sens la lavande, sourit-il.

— C'est mon pyjama, à cause de la potion, expliqua-t-elle.

— Tu n'en veux pas pour ce soir ?

— Pas besoin ce soir, assura-t-elle.

Leurs respirations se tranquillisèrent et bientôt ils s'endormirent paisiblement. Comme l'avait supposée Elie, la nuit fut calme, pour les deux.

Le lendemain, la lumière du matin passant au travers des baldaquins de Drago les réveilla, mais ils profitèrent encore un moment de la chaleur des draps et de la proximité de l'autre.

— Bien dormi, interrogea Drago en s'étirant comme il pouvait tout en gardant sa compagne contre lui.

— Comme un bébé.

Sa natte s'était un peu défaite durant son sommeil, dégageant quelques mèches et lui donnant un petit air négligé. Avec ces grands yeux encore embrumés de sommeil et sa petite voix enrouée, elle était adorable. Le garçon ne résista d'ailleurs pas à lui embrasser les lèvres alors qu'elle souriait.

— Et toi ? s'enquit-elle.

— Toujours merveilleusement lorsque tu es à mes côtés.

Des sons et le bourdonnement des conversations leurs parvenaient de derrière les rideaux et ils se décidèrent à ce lever. Comme Elie l'avait deviné, Eiden avait dormi dans le lit de Blaise, profitant d'ailleurs d'un dernier câlin avant de quitter la couche. Pansy était également là, assise sur le lit de Théo, habillé de pied de cap avant tout le monde comme à son habitude. La jeune femme était elle aussi vêtue pour la journée, d'une robe d'excellente facture et d'une paire de collants en laine.

— Oh tu étais ici alors, fit la jeune fille d'un air amusé, pas vraiment surprise, alors qu'Elie apparaissait, encore vêtu de son pyjama beaucoup trop large.

Elle ne répondit pas, trop occupée à bâiller. Son pull glissait un peu de son épaule et couvrait ses mains, trop grand. Son amie sourit, la trouvant attendrissante. Drago devait partager son avis, car il la tira contre lui, entre ses jambes, alors qu'il était encore assis à demi dénudé sur son lit. Il joua un instant avec sa natte avant qu'elle ne l'embrasse sur le front et ne passe ses mains sur ses épaules et sa nuque.

— Tu devrais peut-être t'habiller, dit-elle en riant doucement.

— Hum le veux-tu ?

Elle approcha sa tête contre la sienne et chuchota :

— Tu es bien trop beau pour que j'accepte de te partager.

— Dans ce cas alors …

Elle le quitta pour se rafraîchir à la salle de bains et en ressortit habillée du pull doré que son compagnon aimait beaucoup. Le voyant il sourit et termina de boutonner la chemise blanche qu'il avait passé. Eiden était finalement sorti du cocon qu'étaient les bras de Blaise et contempla sa sœur d'un air amusée.

— Bonjour, je croyais que tu ne voulais pas dormir ici, se moqua-t-il un peu.

Elie eut alors une réaction très mature et lui tira la langue et sautant sur le lit de son frère elle se mit à pépier comme un oiseau en français, parlant d'on ne savait quoi avec Eiden qui hocha la tête au départ, encore un peu endormit puis il participa plus activement. Quand tous furent finalement prêts ils purent prendre leur petit-déjeuner. Il était encore assez tôt et peu d'étudiants étaient déjà levés. Attrapant le pot de marmelade, Eiden eut tout juste le temps d'ôter sa main en vitesse avant qu'un hibou grand-duc n'atterrisse sur la table. L'oiseau lissa ses plumes avec importance avant de tendre sa patte à Pansy qui la prit d'un air sombre, certaine de son expéditeur. Elle présenta un morceau de brioche à l'oiseau qui l'a dédaigna d'un air fier avant de s'envoler.

— Foutue bestiole, grommela la brune.

Elle ouvrit l'enveloppe sans se soucier de l'élégance et en sortit le court message qu'elle contenait. Le lisant rapidement elle finit par la déchirer et y mettre le feu, sous les yeux de ses amis abasourdis. Elle finit par lever les yeux vers eux et constatant leurs mines la jeune femme soupira :

— Rien qu'une lettre de mon père.

La compassion brillait dans le regard de tous et Drago et Théo hochèrent la tête, comprenant ce qu'elle pouvait ressentir.

— Et que voulait-il ? interrogea gentiment Blaise.

— Que je me rappelle comment une véritable sang pur doit se comporter.

— Ce qui veut dire ?

— Ce qui veut dire que Père n'apprécie pas mes nouvelles fréquentations, répondit la brune en agitant sa baguette pour faire disparaître les cendres du message.

— Comment … commença Eiden.

— Mon géniteur, comme celui de Drago, fait partit du conseil, il sait parfaitement ce qui se passe ici et beaucoup de monde se fait un plaisir de le renseigner sur ma vie et ce que j'en fais loin de lui.

— Alors, que vas-tu faire ? demanda le fils de Severus.

— Rien.

L'autre arqua un sourcil sombre, ne comprenant pas.

— Je ne vais rien changer du tout, j'apprécie mes nouvelles relations comme dit mon père et je ne compte pas redevenir la petite peste aux idéaux mangemoriens qu'ils croyaient tous. Je ne veux plus faire semblant.

— Mais cela ne risque-t-il pas de … l'irriter ? s'enquit Blaise.

Son amie éclata d'un rire sans joie, dur et cynique.

— Crois-moi Blaise cela fera bien plus que l'irriter, mais je ne me mettrais pas à genoux devant un malade sanguinaire, même si lui se complet à le faire. Mon père ne me forcera plus à faire quoi que ce soit.

— C'est dangereux, souffla le basané.

Pansy ne répondit pas, évidemment que c'était dangereux, mais il s'agissait de leur vie et ils ne voulaient pas la détruire, ni Théo, ni Drago, ni elle en se soumettant au Seigneur des Ténèbres, jamais.

Eiden et Elie échangèrent un regard. Depuis la discussion de Drago et de leur père, plus personne n'avait parlé d'aider les enfants de Mangemorts. Ils se promirent de demander ce qu'il en était et ce qu'avait décidé Dumbledore, si Severus lui avait parlé.

Le soir venu, Eiden se rendit à sa retenue comme les autres jours, heureux qu'elle soit la dernière. Il entra avoir frappé et s'assit sous le regard réjoui d'Ombrage qui tendit une main impérieuse vers l'endroit qui lui était réservé.

— Monsieur Rogue, asseyez-vous donc ! Vous savez ce que vous avez à faire ! fit la femme avec un horrible sourire.

— Oui.

Sur la petite table honnie à napperon se trouvaient un parchemin et la plume acérée qu'Ombrage utilisait pour ces punitions.

— Eh bien allez-y alors ! déclara sur un ton doucereux, la professeure.

S'asseyant sur la chaise inconfortable, Eiden se saisit de la plume et commença à écrire, retenant un soupir. Ses blessures se rouvrirent instantanément, pour ne plus se refermer. Il en avait l'habitude, c'était toujours ainsi après plusieurs cessions à la suite. Mais cette fois, une douleur différente, piquante et brûlante envahit sa main et remonta dans tout son corps, comme une sorte de chaleur malsaine. Le sang battant à ses tempes, Eiden se rendit compte qu'il ne sentait presque plus sa main et que son bras était comme engourdi. La vue un peu floue, il contempla ses doigts qui le brûlaient comme s'il avait soudain plongé sa main dans l'âtre de la cheminée.

— Un problème, Monsieur Rogue ?

— Non, bredouilla Eiden, non pas le moindre.

Il ne voulait pas montrer le moindre signe de faiblesse devant le vieux crapaud, même si sa tête menaçait d'exploser et que le brasier envahissait maintenant son coude, remontant toujours, inéluctable.

— Pourquoi ne pas continuer dans ce cas ? fit-elle avec un sourire mauvais, semblable à un affreux batracien sur le point de gober une mouche bien juteuse, lissant le devant de son cardigan rose.

Eiden baissa docilement la tête, mais il ne put faire le moindre geste, son bras tout entier était pris dans les tourments et la brûlure gagnait à présent sa poitrine, s'infiltrant dans ses veines comme un poison. Sa vision devint franchement floue et il tangua un peu, bien que toujours assis.

— Je … je, commença-t-il.

Un voile incandescent était tombé sur ses yeux et il ne voyait plus rien, sa main gauche, moins atteinte se referma sur la table pour l'empêcher de tomber alors qu'il se sentait partir en arrière.

— Mais qu'est-ce qui m'arrive, murmura-t-il complètement retourné.

C'était comme s'il se consumait de l'intérieur, un feu liquide parcourait son corps, partant de sa main et son bras pour se diffuser partout ailleurs.

— Monsieur Rogue !

Il n'entendit même pas la professeure lui parler, complètement perdu dans la douleur. Il avait le plus grand mal à respirer, ses poumons s'étaient enflammés. De râles difficiles sortaient de sa gorge et sa tête lui faisait plus mal que jamais et chaque pulsation de son cœur était une torture, diffusant la chaleur maudite plus loin à chaque fois, plus fort. La pièce tourna et il s'effondra sur les pierres froides du sol, apercevant à peine une masse blanche pénétrer la pièce avant de sombrer.

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Severus travaillait sur une potion particulièrement délicate lorsque des coups furent frappés sur sa porte. Il jura et attendit que le visiteur s'en aille, mais celui-ci n'en fit rien et tambourina une nouvelle fois contre le panneau de bois. Maugréant des sentences contre l'opportun qui osait le déranger et baissant le feu sous son chaudron, il traversa la pièce à grands pas pour ouvrir brutalement la porte, prêt à maudire sur treize générations le perturbateur. Mais tous ces désirs de torture le quittèrent à la seconde où il trouva devant sa porte une Pansy Parkinson inhabituellement pâle et bégayante :

— Severus, c'est pour … pour …

— Essayez de vous calmer, Miss Parkinson et d'être plus claire, fit le potionniste sans parvenir à se défaire de son ton froid et sec.

Cela sembla cependant secouer la jeune femme et lui permit de se ressaisir.

— C'est les jumeaux, Severus.

Le potionniste blanchit immédiatement et son cœur rata un battement. Les jumeaux ? Qu'est-il arrivé ?

— Quoi les jumeaux ? demanda-t-il brusquement, mécontent et inquiet qu'elle ne se montre pas plus explicite.

— Il y a un problème, Severus … il vaudrait mieux que vous veniez.

Il ne se le fit pas dire deux fois, éteignant le feu de sa potion d'un coup de baguette il suivit l'étudiante dans les étages. Ils se retrouvèrent bientôt à l'étage du bureau d'Ombrage et le ventre du professeur se serra. Il avait un mauvais pressentiment, un très mauvais pressentiment. Si cette affaire se jouait entre cette femme et ces enfants, elle était forcement sérieuse. Le grognement qu'il entendit alors qu'il approchait confirma ses doutes. Devant la porte du bureau, grande ouverte et la serrure détruite, se tenait Blaise et Drago. La main du basané semblait retenir le blond par l'épaule l'empêchant de se précipiter à l'intérieur.

— Oh, Severus, soupira Blaise, apparemment fortement soulagé de le voir.

Ignorant l'intervention de son élève, l'homme parcourut les derniers mètres qui les séparaient pour constater l'incident lui-même. Car incident il semblait y avoir. À l'intérieur du bureau se tenait Ombrage, collée contre le mur du fond, menacé par une immense louve blanche qui protégeait entre ces pattes le corps inanimé d'un jeune garçon brun. Le cœur de Severus se serra lorsqu'il reconnut son fils et il voulut se précipiter sur lui, mais la louve grogna plus fort et il s'immobilisa. Les yeux d'Elie étaient complètement noirs et ne reflétaient que la colère la plus pure, teintée d'inquiétude. Elle retroussa ses babines, exposant à sa vue ses crocs impressionnants.

— Elie, mon ange, c'est moi, fit doucement Severus. Je ne te veux aucun mal, ni à toi ni à Eiden.

L'animal se tassa un peu sur lui-même, couvrant un peu plus le corps immobile de son frère. Son attitude ressemblait à s'y méprendre à une posture d'attaque. Cependant Severus s'interdit d'avoir le moindre mouvement de recul, refusant qu'elle y voie un signe de culpabilité. Il tint bon et Elie approcha, très doucement, sa truffe de sa main ouverte, reniflant son odeur comme si elle ne le reconnaissait pas. Mais alors qu'il allait toucher sa tête et la rassurer, Ombrage poussa un cri suraigu et lui lança un sortilège qui ouvrit son épaule et éclaboussa son pelage immaculé de sang. Avec une vivacité surhumaine, la louve fit volte-face et grogna de plus belle, se préparant à se jeter sur elle.

— Severus, ordonna la Grande Inquisitrice d'une voix aigrelette, retenez cette bête sauvage !

— J'allais le faire, Dolores, répondit sèchement l'autre, mais vous avez préféré la blesser d'un sort.

Toujours immobile, Severus appela doucement sa fille, tentant de la rassurer et de la calmer par ses mots.

— Severus, si vous n'écartez pas cet hybride de mon chemin, je vous promets qu'elle recevra plus qu'une petite coupure.

L'homme lui adressa un regard noir puis se désintéressa d'elle, interpellant toujours Elienor qui restait braquée sur Ombrage, la silhouette de son frère presque entièrement caché sous elle.

— Éloigne-toi monstre ! ordonna la femme, perdant patience.

L'animal gronda, mais n'en fit rien. La professeure de Défense tenait à présent sa baguette devant elle, la tenant en joue. Severus prit peur qu'elle fasse quelque chose d'inconsidéré et la mit en garde :

— Dolores …

— De telles anormalités ne devraient pas étudier ici, Severus. Ce ne sont tous que des monstres assoiffés de sang !

Elle leva sa baguette et jeta un sort de découpe qui entailla plus encore la peau d'Elie et s'apprêtait à frapper de nouveau lorsque Drago cria, retenu par Blaise :

— Non, ne lui faites pas de mal !

Mais la femme ne l'écoutait pas et lança un sortilège à Elie qui le reçut de plein fouet, tombant à terre, se tortillant et gémissant.

— Ombrage ! cria le potionniste, bondissant dans la pièce.

La Grande Inquisitrice réagit immédiatement, tournant son arme contre lui.

— N'approchez pas Severus.

Mais l'homme ne l'écouta pas et se précipita sur le corps de sa fille qui convulsait toujours. Le visage de la femme se tordit d'une horrible grimace et un éclair argenté manqua de peu l'autre professeur, poussé à terre par sa louve de fille qui se jeta sur Ombrage et la propulsa contre le mur, l'assommant sur le coup. Mais l'animal ne s'en occupa pas, fixant Severus de ses yeux sombres.

— Elie, c'est fini mon ange, murmura-t-il en se redressant.

Elle s'approcha lentement, reniflant toujours et finit par lui lécher la main, courbant les oreilles en signe de pénitence. Il effleura le pelage clair de ses longs doigts et lui murmura des mots d'apaisement. La louve geignit doucement, poussant du museau le corps inanimé de son frère, passant sa langue sur sa peau, tentant de le réveiller, sans succès.

— On va s'occuper de lui, El, ne t'en fait pas, lui assura son père.

À ce moment des bruits de pas précipités se firent entendre et Albus Dumbledore et Minerva Mcgonagall, prévenus par Théo, apparurent dans l'encadrement de la porte.

— Mais qu'est ce que … commença la sorcière écossaise.

— Nous verrons cela plus tard, Minerva, coupa Severus. Elie est blessée et Eiden inconscient, il leur faut des soins.

Se relevant tant bien que mal, le côté un peu endolori, Severus se pencha pour prendre son fils dans ses bras, sous les gémissements de sa fille, toujours sous sa forme animal.

— Ça va aller, chérie, chuchota son père. Lève-toi maintenant mon cœur, tu es blessée aussi.

Elie tenta bien de lui obéir, mais elle ne parvint à tenir sur ses jambes encore tremblantes. Severus n'eut même pas le temps de réagir que déjà Drago était près d'elle, ayant échappé à la poigne de Blaise.

— Drago non ! Elle n'est pas dans son état normal ! s'écria le basané.

Mais Drago n'en avait cure, il tendit sa main vers la tête d'Elie qui le laissa la caresser gentiment, au plus grand étonnement de tous.

— Hey mon ange, si tu ne peux pas te lever il faudrait que tu reprennes ta forme humaine ? Tu es trop lourde pour moi sous celle-ci .

L'adolescent savait bien qu'il fallait éviter à tout pris d'utiliser la magie sur les jumeaux tant qu'on n'en savait pas plus sûr ce qui avait conduit à cet incident.

La louve tenta à nouveau de se relever, mais ne tint pas longtemps, retombant lourdement sur le flanc.

— Allez, El, amour, la poussa son petit ami, essaye encore une fois !

Encouragée par le blond, Elie finit par tenir debout, assez précairement sur ses jambes flageolantes, mais debout tout de même et elle put suivre Severus et son précieux fardeau jusqu'à l'infirmerie, flanquée de Drago et de Blaise qui l'empêchait de tomber, se collant à ses flancs. Lorsqu'ils parvinrent à leur but, Madame Pomfresh les attendait déjà, prévenue par Pansy et prit en charge immédiatement Eiden. Elle s'affaira plusieurs minutes, ne posant aucune question sur la louve blessée, couchée au pied de son patient. Elle avait très certainement deviné son identité puis rendit son verdict, la voix fatiguée :

— Eiden est dans le coma.

— Dans le coma ? fit Severus, très inquiet. Mais ne pouvez-vous rien faire pour l'en sortir ?

— Malheureusement, répondit doucement l'infirmière, j'ignore ce qu'il l'a causé.

Elie grogna à ses mots et se releva à moitié pour mordiller gentiment la main de Blaise, l'invitant à s'approcher d'Eiden. Surpris, mais obéissant, le jeune homme se pencha sur son petit-ami avant de sursauter et de s'écarter brusquement.

— Je … je sais ce qu'il l'a causé, expliqua le basané en se rapprochant de son petit ami pour écarter une mèche de ses cheveux de ses yeux clos. Il a été empoisonné par de l'ancolie.

— La fleur d'ancolie ? interrogea, surprise, l'infirmière. Mais elle n'est pas vénéneuse.

— En tout cas pas pour les humains, souffla Severus, et c'est bien là tout le problème, n'est-ce pas Blaise ?

Le garçon hocha la tête.

— As-tu une idée de la façon dont il a été contaminé ? demanda le potionniste.

Le bistré allait répondre que non, mais à ce moment Elie se releva difficilement et lécha doucement la plaie du dos de la main d'Eiden, qu'elle atteignait sans trop de mal du fait de sa grande taille.

— Cette plaie est la seconde chose dont je voulais vous parler, intervint doucement l'infirmière tandis que les trois autres adultes s'approchaient. Les yeux de Severus se firent sombres en la voyant et il se tourna vers les deux étudiants, presque certain de comprendre cependant.

— D'où vient cette chose ?

Les deux garçons échangèrent un regard et baissèrent la tête, Rogue cependant insista et Blaise finit par répondre :

— C'est les punitions du professeur Ombrage pour les retenues, elle utilise une plume particulière.

Particulière, c'était bien le moins que l'on puisse dire. À cette annonce le professeur Mcgonagall pâlit et la mâchoire de Severus se contracta si fort que les adolescents crurent qu'elle allait se briser. Quant à Dumbledore, il resta stoïque, mais le regard qu'il lança à sa professeure de Défense, emmenée par un mobilicorpus, révélait l'étendu de ses sentiments.

— Pourquoi ne pas en avoir parlé ? interrogea Minerva qui semblait secouée.

Les garçons ne répondirent pas, mais Severus devina, promenant un regard froid sur chacun et particulièrement sur Dumbledore.

— Par ce qu'ils savaient que de toute façon personne ne pourrait rien faire et par ce que mes enfants leur ont interdit. N'est-ce pas cela Messieurs ?

Les deux jeunes approuvèrent.

— Je ne l'ai appris, pour ma part, qu'hier et Blaise à peine plus tôt, mais bien que j'étais horrifié, je comprends que personne n'ait rien dit. Vous avez tous les poings liés concernant Ombrage, tout le monde le sait. Il est inutile de faire des vagues pour rien.

L'Écossaise grimaça, mais ne dit rien aux paroles du blond. Elle comprenait la logique, mais cela la répugnait que des adolescents avaient du affronter ceci seul, qui sait combien avaient eu droit aux retenues spéciales de sa collègue. Puis Madame Pomfresh intervint doucement :

— Severus, je crains que mes compétences ne soient pas suffisantes pour aider votre fils. Il faudrait peut-être penser à contacter Mademoiselle Chambord …

— C'est déjà fait, j'ai demandé à Mademoiselle Parkinson et Monsieur Nott de s'en charger, pendant que nous emmenions leurs amis ici.

Et effet, Rose apparut quelques secondes plus tard, suivant une Pansy inquiète et ébranlée qui l'avait conduit le plus vite possible. La Française passa rapidement son regard sur l'assemblée et s'approcha vivement du lit d'Eiden. Voyant la louve mal en point à son pied et le corps pâle et inconscient de son frère, elle murmura pour elle-même en celtique quelque chose que personne ne comprit. Comme Blaise, elle eut un mouvement de recul en comprenant ce qui était, au moins en partit, la cause de l'état d'Eiden. Elle l'ausculta doucement, s'attardant sur la plaie de sa main puis s'accroupit pour s'occuper de sa fille adoptive.

Je sais que tu veux protéger Den, mais on s'occupe de lui maintenant. Alors ne veux-tu pas te transformer chérie ? On ne peut te soigner correctement sous cette forme.

La louve gémit pitoyablement, pressant sa tête contre la main de Rose qui la lui caressa tendrement.

Tu ne peux pas le faire n'est-ce pas ? demanda la femme. Ce n'est pas grave mon coeur, on va faire ce que l'on peut et te laisser te calmer. Ça va aller.

La rousse se releva sur une dernière caresse et se tourna vers Severus.

— Il faudrait prévenir Sekhmet, l'ancolie semble avoir fortement atteint Eiden et mes compétences ne sont pas suffisantes pour l'aider efficacement.

— Monsieur Nott est parti la chercher, il reviendra bientôt.

Rose sourit à Severus, soulagée qu'il ait pensé à lui demander de l'aide tout de suite. Ils ne pouvaient se permettre de perdre du temps.

— Pourquoi Elie reste sous cette forme ? demanda Pansy en fixant son amie qui léchait une de ses plaies.

— Par ce qu'elle a sentit une menace contre Eiden, qu'elle a eu très peur et que son instinct lui a dicté que sous cette forme elle pourrait mieux le protéger ainsi qu'elle-même. Lorsqu'elle se sentira plus en confiance, elle pourra reprendre sa forme habituelle.

Des bruits de pas se firent alors entendre et Sekhmet arriva enfin. L'Égyptienne était une fois de plus vêtue bien trop légèrement pour l'endroit et avait conservé son apparence de métamorphe. Il n'était pas dans ses habitudes de se cacher et toutes les personnes présentes connaissaient son statut de sang alors …

Elle salua chacun de sa voix chaude à l'accent chantant et demanda de plus amples explications. Théo avait fait ce qu'il pouvait en la conduisant de la cheminée de Rogue à l'infirmerie, mais il savait peu de choses, ce que Severus, Rose et Madame Pomfresh s'empressèrent de compléter. Elle ausculta d'abord Elie, demandant de l'aide à Blaise pour la déposer sur un lit et demanda à son ancienne tutrice de lui passer quelques pommades en attendant qu'elle puisse être soignée sous sa forme normale. Elle fronça le nez en détectant le sortilège Doloris usé sur elle, mais elle ne dit rien, gardant pour le moment le silence sur ce fait qui ne manquerait pas de faire piquer une crise à ses proches.

— Rose dans ma sacoche il y a une fiole de filtre d'apaisement et une autre vermillon tu peux lui donner s'il te plaît ?

La rousse, parfaitement consciente de l'utilité de la seconde potion, se figea un moment en braquant ses yeux sur Ombrage toujours évanoui puis se ressaisit et fit ce que lui demandait l'autre femme. Elle eut quelques difficultés à faire boire à Elie les deux mixtures sous sa forme de loup, mais elle réussit finalement et la jeune femme se calma peu à peu, cessant de trembler et se roulant en boule sur les couvertures, déposant son museau sur ses pattes. Elle aurait pu passer pour une grosse peluche si elle n'avait pas été couverte de plaies profondes et sanguinolentes, même si elle restait étrangement mignonne pour un prédateur garni de crocs et de griffes. Elle commençait à fermer les yeux quand de longs doigts vinrent caresser son dos. Elle tourna la tête vers Drago qui l'a rejoint, grimpant sur le lit.

— C'est encore une sale situation dans laquelle vous vous êtes fourrés, El, fit-il en essayant de sourire. Il y a trop de gens qui vous veulent du mal.

« Si tu savais ! » pensa Severus en l'entendant, assis entre le lit de sa fille et de son fils, attendant la fin des soins d'Eiden et le verdict de Sekhmet.

Le jeune gratta doucement l'arrière des oreilles duveteuse de sa compagne, étrangement apaisé lui aussi par cette forme.

— En faite, je sais que je devrais avoir un peu peur, surtout que tu étais franchement effrayante tout à l'heure, fit-il pensif, mais je te trouve tellement adorable comme cela, tu as un petit côté apaisant. Dans le genre peluche toute douce.

Elie gronda gentiment et lécha tendrement son cou avant de fourrer son museau dedans.

— Tu vois, exactement ce que je te disais !

Il la caressa un long moment, satisfait de sentir son souffle qui s'apaisait et le pelage doux entre ses doigts.

— En savez-vous plus ? demanda Severus à Sekhmet qui se redressait.

— Et bien il semble que la plume qui ait servi à dispenser cette … punition, répondit la femme en crachant presque le dernier mot de dégoût, ait été trempée dans une solution à l'ancolie. La plante s'est ensuite propagée dans son sang par le biais de la plaie et a gagné le reste de son corps, affectant les organes et les tissus. Il semblerait qu'il en ait aussi respiré des spores, ce qui voudrait dire qu'Elie et Blaise sont également atteints, dans une moindre mesure.

— Mais pourquoi … commença Madame Pomfresh.

— Les postions anti-hybride de Mademoiselle Ombrage ne sont guère un secret, déclara Mcgonagall outrée par tout ceci. Elle a sans doute dû chercher à prouver que Monsieur Rogue avait bien du sang mâtiné …

Elle semblait totalement révoltée, Madame Pomfresh revint à ce moment-là et assura à tous que le vieux crapaud avait seulement été assommé et qu'elle n'avait rien de grave.

— Que faisons-nous Albus ? interrogea l'écossaise. Elle a volontairement mis la vie d'un élève en danger. Nous ne pouvons pas passer outre cela, ni même pour le … reste.

Personne n'ignorait que le reste comprenait la plume et ses punitions moyenâgeuses qui relevaient plus de la torture que de la correction. Le vieil homme acquiesça, plongé dans ses pensées.

— Malheureusement je crains que vous ne puissiez rien faire, intervint Sekhmet qui affichait à présent son sourire étrange, sauvage et qui faisait toujours naître un peu de crainte dans le cœur de ceux qui n'y était pas habitué.

— Pourriez-vous développer, Mademoiselle ? demanda le Directeur qui la fixait par-dessus ses lunettes à demi-lune.

— Vous n'avez pas vraiment de marge de manœuvre, sinon cette femme se fera un plaisir de tout raconter des origines de vos enfants à votre gouvernement qui ne tardera pas à lever le voile sur leur secret. Et, si je n'abuse, votre Ministère est déjà infiltré par Voldemort. Je suis certain qu'il sera enchanté de découvrir la lignée de vos enfants … déclara l'égyptien en fixant Rogue que les conséquences percutèrent immédiatement.

— Que proposez-vous ? s'enquit-il, la tête encore emplie d'images de ces enfants aux mains de Voldemort.

— Effacez sa mémoire, répondit la métamorphe sans la moindre once de pitié. C'est le seul moyen pour que cette histoire n'aille pas plus loin qu'elle ne l'a déjà été. Et par pitié, veillez à ce qu'elle ne recommence pas !

La femme était critique et en colère. Les jeunes étaient primordiaux pour son peuple et l'idée qu'on laisse une telle femme au milieu d'enfants la dépassait complètement. Bien sûr elle comprenait qu'ils n'avaient pas eu le choix et que l'État était derrière elle, mais elle ne pouvait tolérer qu'une telle chose se produise, d'autant plus de la part d'un professeur. S'ils avaient été de sa race, les choses auraient été vite réglées … et définitivement.

— Je pense que Mademoiselle Menes à raison, approuva le vieil homme. Minerva, pouvons-nous discuter de tout ceci dans mon bureau et voir comment nous pourrions nous organiser ?

La professeure de métamorphose acquiesça et après avoir fait promettre à l'infirmière de les prévenir de toutes évolutions, ils quittèrent la pièce. L'Égyptienne les regarda faire et échangea quelques commentaires en celtique avec Rose qui ne semblait guère flatteur, puis elle se tourna à nouveau vers les proches des jumeaux.

— J'ai donné des potions à Eiden pour chasser le poison de son corps et guérir les dégâts engendrés, expliqua-t-elle calmement. Mais j'ignore combien de temps ça prendra et … dans quel état il se réveillera.

Le « s'il se réveille » n'était que sous-entendu, mais tout le monde saisit la gravitée de la situation. Même les adolescents qui courbèrent un peu la tête.

— Elie ne devrait pas rester comme cela longtemps, je pense que demain matin au plus tard elle aura repris une forme normale, continua-t-elle en posant un regard tendre sur la louve assommée par les événements et les mixtures qu'elle lui avait donné. Elle eut également un petit sourire pour Drago qui continuait de lui caresser amoureusement la tête, qu'Elie avait déposé sur ses cuisses.

Sekhmet ne faisait pas partit des métis qui considérait les humains comme une sous-race, mais elle était extrêmement méfiante envers eux et surtout envers ceux qui nouaient des relations intimes avec l'un des leurs. Il y avait eu trop de cas où cela c'était mal passé, intentionnellement ou non. Leurs mœurs étaient simplement trop éloignées, même si elles n'en avaient pas l'air. Cependant elle voyait bien que le blond aimait tendrement sa compagne et ils étaient si jeunes tous les deux …

— Si c'est possible Madame Pomfresh, je voudrais pouvoir dormir ici, pour surveiller Eiden, au moins cette nuit.

L'anglaise lui donna son accord et l'égyptienne demanda également à ce que les amis des jumeaux puissent rester pour la nuit également.

— Ils sont tous choqués et fatigués, ils sont aussi bien ici, au calme et ensemble qu'à leurs dortoirs.

Les quatre adolescents, reconnaissants, sourirent à la métisse qui leur donna à tous de quoi passer une bonne nuit sans cauchemars. Elle insista également pour ausculter Blaise, exposé aux spores d'ancolie, mais ne lui trouva qu'une très légère intoxication, qui s'éliminerait tout seule avec du sommeil et quelques bons repas. À Drago qui s'étendit comme il put aux côtés de sa petite amie, présentement beaucoup plus volumineuse qu'à l'habitude, Severus agrandit le petit lit d'infirmerie pour qu'il puisse passer la nuit avec elle.

— Si on m'avait dit un jour que j'aiderais un garçon à mettre ma fille dans son lit, grommela-t-il.

Drago sourit, déjà à moitié endormit et déclara après un grand bâillement :

— Vu l'état actuel des choses, Sev, je ne risque pas de faire quoi que ce soit avec ta petite princesse chérie.

— Silence impertinent et dors que je cesse de t'entendre.

Le ton de Severus était doux cependant, contrairement à ces paroles et le blond s'endormit le sourire aux lèvres, sous la couverture à côté de sa compagne roulée en boule dessus.

La voix basse de Sekhmet et Elie réveillèrent Drago d'assez bonne heure le lendemain matin. Les deux femmes s'exprimaient en celtique et cela, associé à la peau chaude de sa compagne contre la sienne lui firent comprendre qu'elle était parvenue à redevenir humaine. Se redressant un peu, Drago bailla à s'en décrocher la mâchoire sous le sourire des deux femmes.

— Ça va ? interrogea Elie.

Elle était assise sur le lit, tenant la main de Drago dans la sienne, habillée de vêtements simples et confortables sans doute pris dans ses affaires du bureau de Severus. Elle n'avait plus de plaies ouvertes et semblait en assez bonne forme.

— Très bien depuis que ma petite amie a décidé que sa forme sans poil était préférable, répondit-il sérieusement.

Elie le poussa un peu du coude, mais il se contenta de sourire.

— Et toi comment vas-tu ? demanda le garçon, alors qu'elle était prise d'une quinte de toux.

— Mieux depuis que Sekhmet m'a soigné sous cette apparence, répondit-elle en serrant doucement sa main.

— Mais elle a respiré une bonne quantité de spores d'ancolie, donc ces poumons, ses bronches et sa trachée mettront un peu plus de temps à guérir. Rien d'alarmant cependant, le rassura l'égyptienne.

Il semblait que ce matin non plus la femme n'avait pas daigné s'habiller en adéquation avec le climat. Elle portait un t-shirt sans manche rouge très foncé et un pantalon marron qui collait à ses jambes musclées. Comme ces neveux, Drago remarqua qu'elle était très belle, mais d'une beauté différente de celle d'Elie et Eiden, plus vénéneuse, plus sulfureuse, bien que rien dans sa tenue ne suggère une telle chose. Elle dégageait également une forte aura d'autorité, chose que le garçon n'avait encore jamais vue ou ressentit aussi fort. Il n'y avait aucun doute que c'était son rang d'alpha et de chef de clan qui le lui conférait. Sekhmet dû se rendre compte de ses observations, car elle lui répondit en souriant :

— Les mâtinés ont une température corporelle supérieure à celle des humains, nous sommes moins sujets aux rigueurs du temps que vous autres.

— Elie est vraiment très frileuse, rétorqua Drago.

— Il y a des exceptions bien sûr, mais même si Elie n'aime guère le froid, il est certain qu'elle survivrait bien plus longtemps que toi si vous vous retrouviez perdu dans la neige.

La guérisseuse lui offrit un nouveau sourire sauvage et Drago, un peu mal à l'aise, s'empressa de changer de sujet :

— Combien de temps Elie va devoir rester ici ?

— Si ce n'était que de moi, elle pourrait sortir dès maintenant, elle peut parfaitement se débrouiller seule avec ces potions, mais votre peuple est plus craintif et je ne doute pas que Madame Pomfresh ne l'oblige à tenir le lit quelque temps encore.

— Je ne veux pas quitter Eiden, souffla la blonde en réponse.

— Je sais, Mela Blediā[1] et je ne te forcerai pas. Il est de toute façon profitable à vous deux que vous restiez aussi proche l'un de l'autre que possible.

Voyant l'air de Drago qu'il ne comprenait pas, l'égyptienne ajouta :

— Les jumeaux ont toujours un lien puissant et un peu étrange entre eux. Et c'est encore plus vrai pour des enfants métissés, encore plus liés par un rituel d'âme. La magie de l'un stabilise l'autre et favorise la guérison, dans une certaine mesure.

— Mais Eiden a été contaminé par l'ancolie non ? N'est-ce pas dangereux pour elle de rester dans les parages ? interrogea Drago.

— Je me fiche de l'ancolie, gronda Elie alors que ses ongles prenaient cet aspect nacré et dur qui précédait la pousse de ces griffes.

— La contamination d'Eiden a été maîtrisée, elle ne concerne plus l'extérieur de son corps, du moment qu'Elie ne se tient pas trop près de lui, le risque est minime. De toute façon, je ne suis pas sûr que l'on puisse lui imposer de le quitter, sinon par la force, ce qui serait une très mauvaise idée.

Un grognement sourd en provenance de la jeune fille appuya ses propos et Severus, arrivé sur ses entrefaites, en fut surpris. Il scruta sa fille d'un air inquiet, mais elle reprit immédiatement son calme et ouvrit les bras pour un câlin que l'adulte ne lui refusa pas.

— Tu ne vas pas m'obliger à m'éloigner d'Eiden n'est-ce pas ? murmura-t-elle contre lui.

L'homme caressa un moment ses cheveux libres de toutes entraves et répondit :

— Bien sûr que non El.

— Tu me le promets ? demanda la fille en levant de grands yeux vers son père.

— Je te le promets.

Cela suffit à redonner le sourire à l'adolescente qui appuya sa tête contre le torse de son père.

— Sekhmet m'a prévenue que tu venais de te réveiller. Comment te sens-tu ?

— Bien, mais je voudrai qu'Eid se réveille …

— Je sais mon ange, moi aussi, mais on s'occupe de lui et ça va aller.

Elle toussa un peu et enfouit de nouveau son visage dans les robes de Severus. Celui-ci, sans cesser ses caresses apaisantes, demanda des nouvelles à l'égyptienne, l'infection d'Elie l'inquiétait, mais la femme le rassura, assurant qu'elle n'aurait bientôt plus la moindre gêne. Elle expliqua également que l'état d'Eiden n'avait pas évolué depuis que Severus était parti se coucher, à peine quelques heures plus tôt. Son corps devait à présent lutter contre le poison et purger son organisme pour qu'il puisse se réveiller. Et même armée de ses connaissances médicinales élevées, Sekhmet ignorait combien de temps tout ceci allait prendre.

— Mais ne perdez pas espoir et soyez patient, Eiden est fort, son organisme solide. Si je ne m'abuse, il a déjà connu des situations plus dangereuses que celle-ci …

Le professeur soupira :

— Ne me le rappelez pas.

La métamorphe sourit.

— C'est toujours difficile pour les parents sorciers de suivre leur enfant métissé. Nous sommes plutôt casse-cou et aventureux.

— Vous oubliez téméraire, ajouta le professeur.

— Seulement pour les pires d'entre nous, rigola la femme en agitant ses bracelets de métal, alors que le potionniste soufflait, dépité. Rose n'est pas là ?

— Elle va arriver, répondit l'autre. Elle avait … certaines personnes à prévenir …

L'égyptienne acquiesça, rejetant sa natte derrière sa nuque.

— Morwen et Orsu doivent être très inquiets. Surtout Morwen, elle a toujours été si maternelle avec Elie ...

Severus ne répondit pas. Il savait par Rose que Morwen avait été une sorte de tante pour Elie, la maternant et lui enseignant ce qu'elle avait à savoir, mais lui ne l'avait pas encore rencontré. Il savait qu'elle était la mère de Ravena, une cousine de Lily, mais il ignorait à quoi elle pouvait bien ressembler. Il ne pouvait s'empêcher de se montrer un peu jaloux à l'idée qu'elle ait été si proche de sa fille alors que lui-même ignorait tout de son existence, qu'elle avait partagé ses joies et ses peines pendant quatorze ans, lui procurant l'amour et le réconfort que Lily et lui auraient du lui fournir. Étrangement, il n'en voulait plus à Rose, elle avait été d'un tel secours pour lui durant ses mois difficiles, présente mais sans trop s'imposer, malgré la tristesse que lui causait sa séparation avec Elie. Pour Severus, leur relation n'avait jamais semblé faire de l'ombre à la sienne et il s'en était expliqué auprès de la française qui lui avait révélé qu'elle avait toujours su qu'Elie s'éloignerait à un moment ou un autre. Elle se doutait bien que cette affaire était plus importante qu'elle semblait l'être : ce bébé, né en Angleterre, mais rapatrié en France, alors que l'on ne savait soi-disant rien de sa famille, rien de tout ceci n'était clair. Mais elle avait pris soin de la petite fille comme si elle était la sienne, se répétant toujours qu'elle pourrait partir. Le contact qu'elle avait signé à son adoption ne permettait que de devenir sa tutrice, pas sa mère adoptive et cela aussi lui avait mis la puce à l'oreille. Mais Dumbledore étant ce qu'il était, au Royaume-Uni comme à l'étranger, elle n'avait pas insisté. Dans les premiers moments de cette révélation, Severus avait d'abord cru que le Directeur connaissait la lignée des jumeaux et qu'il avait sciemment confié Elie à une représentante de sa famille, mais en réalité, le vieux fou l'ignorait et avait seulement voulu confier l'enfant à une métisse puissante qui pourrait prendre soin d'elle. Sans le vouloir, la colère que Severus éprouvait pour le directeur enfla brusquement, seulement contenue par le poids chaud de sa fille contre lui qui l'obligeait à se reprendre.

— Papa ?

Le potionniste baissa les yeux vers Elie qui venait de parler.

— Que va-t-il se passer avec Ombrage ?

Elle ne semblait pas avoir la moindre peur en elle, seulement de la haine. Elle serra un peu plus ses mains sur les robes de son père, tentant d'endiguer ses sentiments qui la poussaient à traverser la salle et à déchiqueter d'un coup de mâchoire le cou du vieux crapaud.

— Il n'y a pas de bonnes solutions El. Mais le Directeur propose de lui faire oublier les derniers événements et de lui faire croire qu'elle c'est simplement évanouie dans son bureau et que l'un de vous la trouvée en allant la prévenir qu'Eiden ne pourrait effectuer sa retenue, étant à l'infirmerie. Un bon élixir d'oubli mêlé à quelque goutte de potion de confusion devrait effacer ce que nous désirons.

— Elle ne sera pas punie alors ?

Les entrailles de Severus se serrèrent et la colère le reprit :

— Pas pour le moment, mon cœur, mais je te promets que ce ne sera pas toujours le cas.

La jeune fille ne répondit pas. Elle savait que c'était la meilleure solution, la plus prudente, s'il ne voulait pas qu'Ombrage révèle leurs secrets, mais cela la rendait furieuse qu'elle en sorte impunie. Elle avait torturé des élèves et empoisonné sciemment son frère.

— Je lui ferai payer ce qu'elle a fait à toi et ton frère, Elie. Un jour, elle payera.

D'un geste calme, contrastant avec la tempête qui faisait rage à l'intérieur de lui, Severus s'empara de la main de sa fille, cherchant la trace de la punition d'Ombrage. Comprenant ce qu'il voulait, l'adolescente expliqua :

— On ne la voit pas, j'ai réussi à la faire disparaître avec des potions. Eiden y a été bien plus que moi, on n'a rien pu faire pour la sienne.

— Que dit la tienne ?

— « Je dois me montrer obéissante », fit-elle d'un air détaché. Apparemment je suis une élève indisciplinée.

Rogue grimaça de dégoût et ne put s'empêcher de jeter un regard mortel aux rideaux qui cachait son infâme collègue. Une main se posa sur son épaule, le faisant se tourner.

— Je suis d'accord l'idée que cette femme ne devrait plus exister, intervint Sekhmet. Mais la situation et votre gouvernement étant ce qu'ils sont, c'est la seule solution si vous voulez garder vos enfants près de vous.

— Je le sais, répondit l'autre à contrecœur.

— Cependant, lorsqu'il sera venu l'heure de faire payer à cette pourriture, n'hésitez pas à demander notre concours.

Les canines de la métamorphe avaient encore grandi, ajoutant à son côté sauvage et Severus ne put que sourire devant tant d'ardeur.

Les autres adolescents s'éveillèrent l'un après l'autre, le premier fut Théodore qui gigota un moment dans ses draps, puis Pansy, presque immédiatement après. Clignant des yeux un instant, elle contempla le plafond d'un œil critique avant de se rappeler où elle était et de se lever de sa couche. Soupirant en constatant que ces vêtements de la vieille étaient tout chiffonnés, elle les repassa d'un sort et arrangea sa coiffure comme elle put.

— Du nouveau, s'enquit-elle auprès de Théo, assis sur son lit.

Le garçon secoua la tête, mais lui montra Elie, à présent sous forme humaine, somnolant contre Severus. Voyant cela la brune fronça les sourcils, mais Sekhmet la rassura :

— Les métamorphoses violentes comme celle-ci sont souvent éprouvantes, sans compter le choc et le lien qu'elle partage avec son frère. Cette attitude est parfaitement normale.

La jeune femme opina, rassurée, avant de jeter un œil au lit d'Eiden. Le garçon était toujours aussi immobile et pâle, mais semblait avoir repris de très légères couleurs depuis la veille. Se portant à la rencontre de Drago, assis sur un siège près d'Elie et son père, elle demanda à son ami de lui conter les derniers événements, Théo les rejoint aussi, voulant savoir ce qu'il avait manqué et Drago leur raconta. Une bonne demi-heure passa ainsi avant que Blaise ne se réveille à son tour, immédiatement il demanda des nouvelles des jumeaux et se pencha un peu sur Eiden. Il fut cependant vite repris par Sekhmet qui le tira gentiment, mais fermement en arrière.

— Il est encore très contagieux Blaise.

Le basané serra la mâchoire et tourna un regard dur vers la femme.

— Et si je m'en fiche ? demanda-t-il un peu brusquement.

— Tu ne t'en fiches pas, Ada[2], tu ne voudrais pas qu'il soit encore plus malade, répondit doucement la femme en serrant plus tendrement ses bras contre lui. Vous vous feriez mutuellement du mal.

Elle sentit le corps de Blaise se relâcher un peu, vaincu et elle le mena à ses amis. Cela ne lui plaisait guère d'agir ainsi, mais elle n'avait pas le choix. Pansy vint immédiatement entourer ses épaules musclées de son bras pour le soutenir, mais cela n'eut pas grand effet.

— Dans deux jours tu ne seras probablement complètement guérit Blaise, continua l'égyptienne.

Il ne réagit pas, cela ne changeait rien de toute façon. Eiden, lui, ne le serait pas. Il se laissa un peu aller contre Pansy et ferma les yeux, espérant une nouvelle fois que tout ceci ne fut qu'un affreux cauchemar. En vain.

Et quand quelques minutes plus tard Elie fut de nouveau prise par une violente quinte de toux il voulut l'enlacer et la serrer fort, pour se rassurer et la rassurer, mais une nouvelle fois on le lui refusa.

— Pourquoi vous n'êtes pas contaminée vous ? interrogea Pansy. Vous avez été en contact avec les trois.

— Je suis guérisseuse, je m'expose à l'ancolie depuis des années pour être plus résistante, et surtout je prends des antidotes avant de m'exposer. Je ne risque rien tant que je ne touche pas leur sang.

— Je pensais que l'ancolie affectait tout leur corps ?

— Elle le fait, mais elle est bien plus concentrée dans le sang, je ne dois pas mettre en contact une de mes plaies, même minuscule sinon je serais contaminée aussi. Les antidotes ne protègent pas à ce point.

— Blaise pourrait le prendre.

Sekhmet secoua la tête. Il était trop tard à présent pour que Blaise prenne l'antidote. Il n'aurait aucun effet.

Rose revint une heure plus tard, l'air préoccupée et elle aussi pas assez vêtue pour la saison.

— Quelle est cette habitude de tenter la pneumonie ainsi ? grommela Severus qui tenait toujours sa fille endormie.

Rose eut un petit sourire d'excuse et se pencha pour scruter le peu du visage que l'on voyait d'Elie.

— Il fait bien plus chaud sur les terres du Clan, expliqua-t-elle. Et j'étais … quelque peu pressée.

— Tu n'aurais pas dû, répondit l'homme, rien n'a changé. Tu aurais eu le temps de passer un pull.

Il surprit le regard peiné de la femme sur sa fille et la décala légèrement pour qu'elle puisse voir son visage apaisé par le sommeil. Il savait que cela dévorait Rose de l'intérieur de ne pas pouvoir prendre Elie dans ses bras, mais elle était contagieuse, tout comme Blaise et la rousse n'avaient pas eu l'entraînement de Sekhmet pour résister à l'ancolie …

— Je n'aime pas la voir malade, ni elle ni Eiden et ça me tue de ne pas pouvoir les toucher, fit-elle tout bas.

— Je sais, répondit Severus. Mais elle va aller mieux et Eid aussi et bientôt tu pourras les prendre dans tes bras autant que tu le voudras.

La femme se laissa tomber sur un fauteuil, à distance suffisante d'Elie et Blaise qui somnolait aussi contre Pansy. Elle soupira fortement, perdu dans ses pensées puis se tourna vers son voisin :

— Comment vas-tu Drago ? demanda-t-elle gentiment.

Le jeune homme parut un instant surpris et un peu craintif, mais il se reprit bien vite et afficha un visage neutre.

— Aussi bien que l'on pourrait aller dans une telle situation, répondit-il poliement.

— Elie parle beaucoup de toi dans ses lettres, fit-elle avec un gentil sourire.

— Ah oui ? je …

Il se fustigeait mentalement, il avait vraiment l'air d'un idiot et passer pour stupide devant la tutrice de sa petite amie ne lui plaisait pas des masses … Mais Rose lui sourit et il se calma un peu.

— Elie vous a parlé des tendances de mon père ? interrogea-t-il, inquiet de l'image qu'il pouvait donner.

— Elle l'a fait oui, opina l'adulte. Et je trouve que tu es très courageux, ainsi que tes amis. C'est très difficile de tourner le dos ainsi à sa famille.

Le garçon grimaça et détourna un peu la tête.

— Ce n'est pas ma famille. Ma mère est ma famille, mais Lucius c'est seulement celui … qui a participé à ma conception.

Rose lui serra gentiment la main, elle était très triste pour le jeune homme. Parmi les siens, la famille était primordiale et elle ne comprenait pas que l'on puisse faire du mal à son enfant alors la relation qu'entretenaient Lucius et Drago la dépassait un peu.

— Tu sais que si tu as besoin d'aide … toi ou les autres, nous pouvons le faire.

Drago fit un petit sourire à la femme.

— Merci, Mademoiselle Chambord, Severus veille sur nous ne vous en faites pas.

— Oh Drago appelle-moi Rose voyons !


[1] Mela Blediā = petite louve

[2] Ada = terme affectueux inventé, désigne un enfant, un jeune chez les métisses.

N'ayant pas trouver d'équivalant en celte, j'ai du en créer un pour ce que je voulais, même si je voulais l'éviter.