N.D.A :
Bonsoir,
Pas de panique pour le brusque régime de cette fiction, j'ai simplement remodelé les chapitres pour les harmoniser. Les premiers étaient beaucoup plus court que ceux qui ont suivit, donc j'ai aplanis le tout.
De plus je prévois une fiction longue, donc c'était inutile de prendre de la place pour rien ...
Les chapitres vont également grossir encore par rapport à ce que je pouvais proposer. Tous seront maintenant à l'image de celui-ci.
Sur ce je vous laisse, bonne lecture !
Merci aux visiteurs furtifs ou non !
Elishae
mamy 83 : Merci de me suivre si fidèlement, c'est un plaisir !
adenoide : Je sais que c'est décevant, c'est le but. Je veux dire, on ne peut pas vraiment dire que Dumbledore agit beaucoup dans le canon et c'est important pour la suite de l'histoire que les plus jeunes se sentent obligés de faire les choses eux même. Les jumeaux se vengeront plus tard (bien plus tard) je promet. Merci de ta fidélité !
Chapitre 20 : Blaise
Cela faisait maintenant quelques jours que les jumeaux étaient sortis de l'infirmerie et même si l'expérience avait bien failli tourner au drame, elle avait eu certaines conséquences positives. Toutes traces de potions et de charmes avaient à présent disparu et les jumeaux avaient assez bien accueillit le brusque réveil de leur sang. Il n'y avait eu que peu d'incidents et seulement dans l'intimité de ceux qui connaissaient leur secret. Anton avait d'ailleur été d'une grande aide, dispensant conseils et encouragements, les poussant à se dépenser et sortir dehors au maximum pour dissiper toute énergie pernicieuse. Plus d'une semaine après, ils avaient quasiment maîtrisé tout ceci, du moins pour leurs apparitions publiques, bien qu'ils se laissent souvent aller dans l'intimité à laisser sortir leur véritable apparence et leurs pouvoirs. Leurs proches, Severus en tête, étaient vraiment très fiers d'eux et de la façon dont ils géraient admirablement tout cela, sans parler de Drago et Blaise qui étaient vraiment émoustillés par les attributs plus sauvages de leurs compagnons.
L'incident avait eu également comme conséquence étrange, mais heureuse, de faire se détendre Elie par rapport à sa nature et de lui faire lâcher la bride concernant tout ce qu'elle retenait. Elle ne cherchait plus à se conformer en tout temps à l'image de la parfaite petite sang pur devant ses proches et laissait progressivement quelques-unes de ses habitudes revenir. Il n'était plus rare d'entendre des mots en celtique parsemer son langage, comme ce que ces amis avaient entendu chez les autres enfants du clan venu chez Severus. Habitude qu'Eiden avait également adoptée. Il était normal selon Anton et Assar qu'il en soit ainsi puisque les liens avec le celtique avaient encore été intensifiés avec le reste de leur héritage, au vu de leur nature et de leur magie fortement liée à cette langue. Tous les métis, du fait de la très ancienne utilisation de cet idiome dans leur vie courante, ressentaient une forte affinité avec elle, qu'ils l'apprennent sur le tard ou dès le plus jeune âge. S'était inscrit au fond d'eux. Severus trouvait cependant adorable et rassurant qu'Elie ne se sente plus obligée de garder pour elle tous ses diminutifs et désignations dans ce langage. Il devait avouer également qu'il se sentait toujours toutes choses lorsqu'un de ses enfants le nommait papa ou père en celtique, l'utilisation de ce dialecte les rendait pour lui plus intimes, plus personnels d'une certaine façon, comme quelque chose qu'il ne partageait qu'avec peu de personnes.
Le mercredi soir, le petit groupe de serpentards se retrouva dans la salle commune après le dîner, à leur place habituelle. C'étant débarrassé rapidement de leurs devoirs respectifs, ils en profitèrent pour passé du temps ensemble, à simplement discuter et se prélasser. Comme souvent, Elie et Théo s'étaient allongés sur le tapis, devant la cheminée et jouaient à un de leur obscur et ancien jeu oublié, pour lesquels ils partageaient une passion commune. La lumière mouvante dansait sur leur visage, réchauffait agréablement leur corps. Ils adoraient tous deux la chaleur, s'installant plus près que la plupart auraient pu le supporter aussi longtemps. Pansy et Drago les regardaient jouer, tout en discutant du programme d'arithmancie, discussion agrémentée des interventions des deux autres, suivant également ce cours. Blaise et Eiden étaient quant à eux blotti sur un canapé, à demi-allongés, le second confortablement installé contre le torse du premier. Profitant simplement de la quiétude du soir. Blaise laissait courir ses doigts dans les cheveux sombres de son compagnon, faisant ronronner celui-ci sous le traitement. Les yeux d'Eiden étaient à demi fermés et sa main reposait sur celle que le bistré avait abandonnée sur ses abdominaux fermes. Les jumeaux avaient repris le quidditch le samedi précédant, à leur plus grand bonheur et offraient à leur équipe leur énergie explosive. Leurs quatre semaines d'arrêt n'avaient heureusement pas affecté leur capacité et ils seraient sans aucun doute prêts pour le prochain match.
— Tu penses que les poufsouffles ont une chance face aux gryffondors samedi ? interrogea le basané.
Un sourire un peu moqueur s'étala sur le visage de l'autre garçon.
— J'en doute fort, surtout s'ils offrent la même performance dont ils ont fait montre devant nous …
— Ils ont récupéré leurs deux joueurs vedettes à présent.
— Cela m'étonnerait que ça suffise. Je veux dire, Dan Zerrat est un très bon buteur et Dwaine Mentorsen est assez impressionnant, probablement l'un des meilleurs batteurs de cette école, mais ils ne peuvent sauver l'équipe à eux deux. Ginny est bien plus douée que Summerby, elle pourrait le battre les yeux fermés. Je parie qu'elle attrapera le vif pendant la première heure.
— Nous verrons cela, fit Blaise en embrassant le crâne d'Eiden.
— Voudrais-tu le parier avec moi ? demanda l'autre d'un air rusé.
Le basané rit, il était probable que le fils Rogue ait raison, quel était l'intérêt de parier si l'on est presque certain de perdre ?
— Tout dépend de ce que l'on y gagne, souffla le brun en relevant la tête pour embrasser le menton sombre qui le surplombait.
— Et que ce que j'y gagne ? demanda son petit ami.
Eiden susurra quelques paroles à son oreille qui firent légèrement empourprer les joues de Blaise.
— Dans ce cas, Den, il n'y a pas vraiment de perdant … répondit, rieur, le bistré.
Ils échangèrent un baiser renversant, qui fit brusquement baisser la tête à quelques premières années qui l'avait relevé en entendant l'éclat de rire de Blaise. Inconscient de l'attention qu'ils suscitaient, les deux jeunes hommes continuèrent leur activité, les mains de chacun s'évadant fougueusement sur le corps de l'autre, effleurant leurs torses et caressant leurs nuques. La main de Blaise avait empoigné les cheveux de son compagnon, inclinant sa tête pour lui offrir un meilleur angle pour que sa langue puisse piller un peu plus la bouche sucrée d'Eiden, tandis que son autre main titillait l'un de ses pectoraux athlétiques. L'autre garçon n'était pas en reste et c'était glissé entre le canapé et le corps du bistré, flattant ses fesses rondes pendant que ses doigts câlinaient sa taille musclée. Ils avaient complètement oblitéré le lieu où ils se trouvaient lorsqu'une toux insistante de Pansy les fit revenir à la réalité.
— Même si vous êtes tous les deux de très beaux spécimens, ce n'est pas pour cela que vous devez faire partager à toutes vos petites activités, intervint-elle.
Les deux garçons eurent la grâce de rougir et Blaise enfouit son nez dans la chevelure corbeau de son compagnon, soustrayant son visage au regard implacable et accusateur de son amie.
— Il y a des enfants ici, continua-t-elle sur un air de reproche.
Eiden tourna deux yeux pénitents dans sa direction et sembla la toucher avec son regard de chiot battu puisqu'elle grogna, marmonna quelques paroles incompréhensibles et se détourna, sous le regard amusé des trois autres. Le basané se redressa quant à lui un peu, entraînant le fils de Severus à sa suite et ils retrouvèrent un semblant de tenue.
— Maintenant que vous êtes de nouveau parmi nous et à peu près présentable, nous avons quelques questions pour le petit exhibitionniste que tu tiens Blaise.
Eiden ouvrit la bouche pour protester, offensé, mais la jeune femme ne lui laissa pas le temps de dire quoi que ce soit et continua :
— Nous nous demandions, pour les réunions, que comptes-tu faire ?
Les yeux de l'intéressé s'arrondirent et il se redressa un peu, manifestement pas de bonne humeur.
— Je rêve ! C'est pour cela que tu nous as interrompus ? Pour mon programme de vendredi ? éructa-t-il.
Pansy leva un sourcil et fit un petit geste de la main, semblant balayer les propos stupides de son ami.
— Bien sûr que non Eiden, voyons ! Je vous ai interrompu parce que vous deveniez franchement malséants et irrévérencieux.
— Malséant et irrévérencieux ?! s'étouffa le garçon, que son petit ami tentait de calmer en caressant doucement son dos, ce que le premier semblait totalement ignorer, dans l'hypothèse bien sûr où il s'en soit seulement rendu compte.
— Cela veut dire que tu avais une attitude tout à fait déplacée en public, Eiden, expliqua un brin moqueuse Pansy.
— Je sais très bien ce que cela veut dire merci !
— Parfait alors laissons cela de côté et concentrons-nous plutôt sur la question que je t'ai posée : que vas-tu proposer après-demain ?
Eiden plissa les yeux, tout prêt de jeter un sort à la fille qui lui servait d'amie, mais il inspira un grand coup et tâcha de se calmer. Il était totalement inutile de répliquer à Pansy lorsqu'elle était ainsi. Cela ne revenait qu'à s'engager dans une guerre vaine sans fin dont ni lui ni ces pauvres nerfs ne sortiraient vainqueurs. Le plus sage était toujours de l'ignorer, d'autant que son intervention recelait un petit fond de vérité, même si le jeune homme ne l'admettait jamais à voix haute.
— Je pensais que nous pouvions étudier plus spécifiquement la défense et notamment les différents moyens de se sortir d'une situation. Il n'y a rarement qu'une seule solution et il est toujours bon d'avoir plusieurs choix pour se sortir d'un mauvais pas. D'autant que si l'on a vu la situation avant, même de façon théorique et sécuritaire, on a plus de chances d'y faire face et même de s'en sortir.
La main de Blaise effleura sa chute de rein, comme pour le récompenser du calme et de la diplomatie dont il avait réussi à faire preuve, chose incroyable pour le tempérament orageux et volcanique d'Eiden.
Pansy croisa élégamment ses jambes, appuyant son coude sur l'accoudoir avec grâce.
— Cela semble une excellente idée, pas vraiment dans les cordes des gryffondors, mais sans nul doute un bon programme.
— Enchanté que cela siée à Mademoiselle Parkinson ! fit sarcastiquement le brun, qui se sentit malgré sa nouvelle répartition un peu insulté.
Elle lui offrit un sourire ravageur et rit doucement.
— Voyons Eid, il est inutile de se montrer si narquois !
Eiden ne répondit pas, enterrant seulement son visage dans la poitrine de Blaise, ce qui provoqua à nouveau le rire de la fille.
— Tu n'es qu'une affreuse sorcière Pansy, assura le fils de Severus, le son de sa voix atténué par le t-shirt et la peau de Blaise.
— Quel merveilleux compliment que voilà très cher !
Ce dernier et son petit ami finirent un peu plus tard par fuir leur amie très en forme et ses remarques incisives pour se câliner en paix dans le dortoir vide. Ils étaient étendus depuis un bon moment sur le lit d'Eiden lorsque quelques coups doux furent frappés à la porte. Sur leur invitation Elie entra, sans surprise pour eux qui avaient reconnu ses manières calmes. Elle tenait une lettre à la main et s'approcha de la couche pour la tendre à Blaise, blotti dans les bras de son compagnon en dessous de la couverture.
— Ça vient d'arriver en bas, expliqua-t-elle.
La salle commune des serpentards était dotée d'une sorte de puits donnant sur l'extérieur et la surface du lac de façon à ce que les hiboux puissent y accéder, étant la seule hors de leur portée.
Le basané la remercia et elle sortit sur un petit sourire, laissant les deux garçons tranquilles. Rapportant son attention sur l'objet, Blaise fronça les sourcils en reconnaissant le sceau de cire de sa famille. Que lui voulait ses parents à une heure pareille, eux qui n'envoyaient jamais de lettre en dehors de l'heure habituelle du courrier. Passant un doigt dans le pli, il fit sauter le sceau et sortit de l'enveloppe une lettre de son père. Il la lut immédiatement, tandis qu'Eiden se rallongeait pour lui laisser un peu d'intimité, les mains reposant légèrement sur ses hanches. Cela prit quelques minutes à Blaise pour finir la lecture du parchemin et il le fixa encore pendant un moment après cela. Il avait l'air perdu dans ses réflexions et sa mine sombre inquiéta Eiden qui caressa doucement sa peau pour attirer son attention. Saisissant sa question muette, le basané fit d'une voix hésitante :
— C'est mon père. Il a apparemment quelques problèmes avec le Ministère par rapport à l'affaire Potter …
Eiden grimaça dans le dos de Blaise et ses entrailles se tordirent un peu : il ne voulait causer le moindre problème au père de son compagnon qui avait été si bienveillant et accueillant envers lui à la soirée du Nouvel An des Malfoy. Il avait même demandé de ses nouvelles et s'était inquiété pour lui lors de son séjour à l'infirmerie.
— Il pense que Potter a été battu, ce que confirment les souvenirs de sa famille.
Le brun se tendit à ses mots, mais Blaise ne le remarqua pas, heureusement. Eiden eut un instant peur que les aurors découvrent la vérité sur ce soir-là dans les souvenirs des Dursley, mais il se rappela que Dumbledore avait tout orchestré et fait disparaître tout cette partie de la nuit de leur mémoire. Les décisions de Dumbledore le concernant cette dernière décennie n'avaient guère son approbation, mais il lui faisait au moins confiance pour avoir suffisamment sécurisé leur couverture.
— Il veut conclure à l'homicide, reprit Blaise, même s'il ne sait pas encore s'il est volontaire ou non, mais le Ministre veut enterrer l'histoire et le faire passer pour instable et sa mort pour un suicide.
Le fils de Severus resserra gentiment son étreinte, lui montrant son soutien et l'encourageant à continuer.
— Mon père campe sur ses positions et le Ministre également, pour le moment il a assez de pouvoir pour que le désir de Fudge ne se fasse pas, mais cela ne va pas durer éternellement, même si Amélia Bones et de son côté.
— Bones ? Comme Susan ? interrogea l'autre garçon.
— Oui, c'est sa nièce. Amélia est la directrice du département de la justice, la patronne de mon père. C'est une femme assez dure et stricte, mais c'est une bonne personne qui fait très bien son travail, l'une de celle qui ne se fait ni embrouiller par Fudge, ni par Dumbledore. Quelqu'un de droit. Je l'ai rencontré plusieurs fois et elle est vraiment impressionnante.
Le brun hocha la tête puis tira doucement Blaise pour qu'il se réinstalle contre lui, ce que l'autre fit de bonne grâce.
— Père est certain que cette histoire est plus grosse que ce qu'il semble et il a en général un très bon instinct. S'il pense qu'il y a quelque chose, je le crois.
Une chape de plomb s'abattit sur Eiden et il fit de son mieux pour inspirer et expirer calmement et garder contenance.
— Que veux-tu dire ?
— Il y a des preuves des mauvais traitements infligés à Potter. Des souvenirs, de ces tuteurs et des voisins, le témoignage d'une cracmolle et la maison aussi. Apparemment il ne reste pas grand-chose de sa chambre, mais les aurors ont trouvé du sang en grande quantité, des verrous à sa porte, une trappe et il semblerait qu'il ait vécu pendant des années dans un placard.
Eiden ferma douloureusement les yeux, il ignorait pourquoi ça lui faisait si mal que Blaise connaisse une partie de son passé le moins glorieux. Comme s'il allait le rejeter après cela et le trouver sale, indigne de lui. Son cœur se serra dans sa poitrine, puis il se rappela que son compagnon ignorait que c'était de lui qu'il s'agissait et qu'il n'avait aucun moyen de deviner que celui qui le tenait dans ses bras était Harry Potter. Cela le calma un peu, suffisamment en tout cas pour qu'il puisse cacher son émoi au bistré qui continua.
— Je n'imagine pas qu'on puisse traiter un enfant de cette façon. Je sais que cela existe bien sûr, mais je ne pourrais jamais même penser à lever la main sur un être sans défense. Cela me dépasse.
Il s'agita un peu dans l'étreinte devenue plus étroite encore de son petit-ami.
— Le sauveur du monde sorcier traité de la sorte ! C'est difficile à croire et en même temps … je veux dire, il y a avait quelques signes …
— Quelques signes ? s'étrangla le brun, mais Blaise ne le remarqua pas.
— Drago et Severus disaient toujours que ce n'était qu'un gosse gâté, un petit arrogant qui se complaisait dans sa célébrité. Mais cela n'a pas vraiment été le cas. Tu ne l'as pas connu, mais il semblait plutôt fuir la notoriété que la rechercher. Il n'y a qu'à voir comment il était l'année dernière lorsqu'un mangemort l'a inscrit dans ce maudit tournoi.
Si la mention de Severus lui fit un pincement au cœur, Eiden l'ignora et demanda à son petit ami :
— Comment sais-tu que c'est un mangemort ? La presse a dit qu'il avait trouvé un moyen de mettre son nom dans la coupe de feu.
Blaise ricana.
— Potter n'aurait jamais fait une chose pareille, personne avec un minimum de cerveau ne l'aurait fait. Ce tournoi était dangereux, pas à la portée d'un quatrième année, Diggory en est même mort. Et cela ne colle pas avec l'image que je me fais de Potter, cela ne colle pas avec ce que je sais de lui et ce qu'il a montré pendant quatre ans. Et je sais aussi que c'est vrai, car l'auror Kingsley en a parlé à mon père et qu'il lui fait confiance.
Le brun ne répondit pas, mais une immense chaleur se répandit dans son corps à l'entente des mots de Blaise. Savoir qu'il l'avait cru, alors qu'ils ne se connaissaient pas et appartenaient à des maisons ennemies le rendait immensément heureux. Il avait envie de l'étouffer sous les baisers pour cela, pour avoir vu le vrai lui. Mais il ne le fit pas, parce qu'il n'était plus Harry et que Blaise ne devait rien savoir, même si il lui avait finalement avoué l'une des plus belles choses qu'il ne lui avait jamais dit.
— Je croyais que c'étais votre ennemi ? dit-il finalement, d'une voix basse.
Blaise secoua la tête.
— C'était Dray qui en avait après lui, nous on s'ignorait. Ce n'était pas un mauvais gars, juste un mec sur qui était tombé un truc énorme. Il revenait de chaque été plus maigre et on voyait clairement qu'il ne grandissait pas comme il le devrait. Franchement, avec la gazette et le reste, je ne vois pas comment les gens pouvaient l'envier, comment Drago pouvait l'envier …
Drago Malfoy l'enviait ? C'était la meilleure de l'année. Pourquoi ce petit snobinard fils à papa pouvait-il l'envier ? Immédiatement Eiden se sentit injuste. Drago avait eu une vie bien plus difficile qu'il ne l'avait imaginé et ce n'était pas un mauvais bougre dans le fond. Mais de là à envier sa vie … Lui au moins n'avait pas été harcelé par les journaux et il avait a priori mangé à sa faim. Et même si Lucius était un enfoiré de première, il n'égalait tout de même pas les Dursley, si ? Au moins sa mère l'aimait elle ...
Blaise soupira et plia la lettre pour la déposer sur le chevet.
— Mon père me prévient qu'il y aura sans doute un article demain et qu'il ne saura pas vraiment à son avantage. Apparemment, Fudge a décidé de passer à l'offensive pour l'empêcher de parler. Vu qu'il ne peut rien légalement contre lui, il essaye de le discréditer auprès du public … Le ministre aime assez agir ainsi.
Eiden garda le silence, mais vint doucement embrasser les cheveux de son compagnon qui se retourna pour lui faire face. Lui offrant un tendre sourire avant de se pencher sur ses lèvres et de les recouvrir des siennes en un baiser doux et amoureux.
— Tu sais que je t'aime Eid, murmura-t-il en caressant sa joue.
— Moi aussi Blaise, de ton mon cœur.
Ils s'embrassèrent à nouveau, se laissant aller jusqu'à ce qu'ils s'endorment finalement et ne se réveillent que le lendemain.
La journée suivante ne fut pas vraiment une bonne journée, même si l'envie était là et que Drago avait charitablement tiré le baldaquin sur eux pour qu'ils ne soient pas dérangés par la lumière au petit matin. L'article de Fudge était effectivement paru dans la Gazette, mettant en évidence les faiblesses de son enquête et d'autres choses désagréables au sujet de sa vie personnelle. Notamment son mariage déraisonnable avec une métisse aux mœurs légères, une étrangère qui n'en voulait qu'à ces galions. Tous étaient désolés pour leur ami, mais Blaise se contenta de secouer la tête.
— Il m'avait prévenu et ce n'est rien de plus que ce que l'on dit d'habitude à propos de ma mère.
— Oui, mais rien n'avait encore été dit dans le journal le plus vendu de ce pays, répliqua doucement Pansy en pliant le papier pour qu'il n'ait plus les lignes cruels sous les yeux.
Le basané haussa les épaules, comme si rien de tout cela ne l'atteignait. C'était faux bien entendu, mais personne ne releva. Eiden passa un bras réconfortant autour de sa taille et son compagnon se blottit contre lui comme un enfant. La tête sous son menton, la main sur sa poitrine et les bras serrés contre lui. Charitable, Elie fit brûler d'un claquement de doigts le tissu d'ineptie qu'était la Gazette du jour et la chose s'enflamma brusquement, faisant se tordre douloureusement le visage de Fudge qui faisait la une. Rapidement il n'en resta plus rien pour témoigner, pas même les cendres et Blaise fit un petit sourire de remerciement à Elie qui l'embrassa sur la joue. Drago poussa une tasse de son thé préféré vers lui et Pansy lui serra l'épaule. Trop loin pour faire quoique se soit, Théo lui adressa seulement un sourire encourageant.
Personne n'était assez fou pour faire des commentaires désagréables à Blaise en face, mais nombre d'entre eux ne se génèrent pas pour le faire dans son dos. De façon plus ou moins discrète et même si le jeune homme ne laissa jamais rien paraître, ses amis savaient bien que cela le blessait, d'autant plus qu'il était certain de la juste cause de son père. Le Ministre avait pris un malin plaisir à le tourner en dérision dans l'article, assurant qu'il se trompait et que ses hypothèses étaient stupides. Eiden n'arrivait pas à croire que Fudge désavouait ainsi un membre de son gouvernement dans le plus grand journal sorcier du Royaume-Uni. N'était-ce pas complètement idiot de tourner en dérision le plus grand procureur de son administration ? Bien sûr Fudge n'était pas exactement quelqu'un que l'on pourrait appeler de sain d'esprit, mais tout de même. Le journal était également pourvu, comme souvent depuis le tournoi, d'écrits ''prouvant'' la folie de Potter et la sénilité de Dumbledore, ce qui faisait grincer les dents du fils de Severus. Certes le vieillard avait fait des erreurs les concernant, Elienor et lui, mais il avait toujours œuvré pour le bien de la communauté sorcière et avait tout de même une longue liste de réussite à son actif.
Puis vint le cours d'Ombrage qui ne put s'empêcher d'adresser un sourire victorieux à Blaise qui l'ignora totalement, mais qui mit Eiden dans une rage folle. La main de son compagnon sur son genou le coupa cependant dans sa tentative de sauter sur le vieux crapaud et de l'étrangler.
— Pourquoi tu … commença Eiden, très en colère contre leur professeure lorsqu'ils quittèrent enfin la salle.
— C'est inutile Eid et dangereux qui plus est. Ne te rappelles-tu pas ce qu'elle a fait la dernière fois que tu étais en retenue avec elle ?
Le garçon grogna.
— Et c'est une raison pour la laisser te traiter ainsi ?
Blaise détourna le regard.
— On ne peut rien faire contre elle, Den, elle a le pouvoir de faire ce qu'elle veut ici. Elle est soutenue par le Ministère !
— Je me fiche royalement de ce crétin de Ministre et de sa petite cour pitoyable, cracha le brun, furieux. Et il est hors de question que je m'écrase devant elle !
Les yeux de Blaise s'agrandirent de peur et il posa ses deux mains sur les épaules de son petit ami, les serrant si fort qu'il lui faisait presque mal.
— S'il te plaît Eiden, je t'en pris ne fais rien contre elle. Je t'en pris …
Le ton brusquement terrorisé et suppliant du bistré le fit se figer, toute colère le quittant tandis que la poigne de l'autre s'intensifiait encore.
— Je t'en supplie Den, je ne pourrais pas … je refuse que tu sois encore envoyé là-bas, froid et gris. S'il te plaît, j'ai cru que tu allais mourir et …
Le cœur au bord des lèvres de voir son compagnon si paniqué, le fils Rogue enroula ses bras autour de lui et le serra fort contre sa poitrine.
— Ça va aller Caru[1], je suis là …
Il sentit quelque chose de mouillé dans son cou et constata avec effroi que Blaise pleurait silencieusement.
— S'il te plaît Eiden, s'il te plaît, plus là-bas …
— Je te promets mon ange, je te promets …
Il passa une main réconfortante dans son dos, le caressant doucement, mais le basané continuait de sangloter silencieusement sur son épaule. Voyant que la situation n'était pas près de s'arranger, Eiden chercha des yeux sa sœur, mais ne la trouva pas. Ses amis leur avaient laissé un peu d'intimité en les voyant tous les deux et aucun n'était plus dans les parages. Se concentrant sur l'inquiétude d'Elie qu'il sentait au fond de lui, il tâcha lui faire comprendre la situation, comme lorsqu'il pouvait, à l'aube du sommeil, voir ce qui était au fond d'elle. Il lui fallait emmener Blaise au calme. Le soulagement le prit lorsqu'il sentit une vague positive en lui et une douce chaleur. Elie avait compris.
Doucement il souleva son compagnon qui se recroquevilla comme un enfant, la tête contre son torse et les mains fermement cramponnées à sa chemise. Fort heureusement, les élèves étaient presque tous en cours et il ne croisa personne sur sa route. Gagnant rapidement les cachots, il monta les escaliers menant au dortoir et allongea Blaise sur son lit. Ce dernier gémit à la perte de contact et ses pleurs redoublèrent, mais bien vite Eiden se débarrassa de son haut et s'allongea lui aussi, le reprenant contre lui. Tout doucement il défit la chemise de son petit ami pour le mettre à nu et rabattit les couvertures sur eux. Collant Blaise contre son torse. Il remercia Sekhmet de lui avoir appris que le contact peau contre peau était important dans les relations métisses et même salvateur dans certain cas. Il l'avait surtout utilisé pour les cauchemars d'Elie et lui, mais cela sembla faire du bien à son compagnon qui vit ses pleurs baisser un peu. Il psalmodiait toujours des supplications, mais ne tremblait plus violemment comme il l'avait fait dans le couloir.
— Ça va aller Blaise, je reste avec toi …
Il fallut un long moment au bistré pour se ressaisir, mais ses larmes se tarirent finalement et sa respiration se fit progressivement plus paisible, bien qu'il s'accrochait encore à Eiden comme s'il allait brutalement lui être arraché.
— Tu vas mieux Caru ? interrogea doucement Eiden.
Son bras gauche enserrait toujours fermement son torse et son autre bras s'était passé sous celui de Blaise, serrant son dos, sa main dans ses cheveux courts, soutenant la tête appuyée contre sa poitrine. L'autre intensifia un instant son étreinte avant de souffler.
— Oui.
Le brun lui embrassa tendrement le sommet du crâne sans le lâcher, murmurant des mots réconfortants, des mots d'amour qui permirent à son petit ami de se détendre complètement et de se laisser aller contre lui.
— Je te promets que je garderai mon calme avec elle, souffla-t-il.
Il ne répondit pas, il n'en était pas encore capable, profitant seulement du contact et des caresses de son compagnon. Il finit par lever les yeux vers le brun et le fixa de longues minutes, le cœur d'Eiden se serra un peu alors qu'il se demandait ce que pouvait bien penser Blaise qui ne bougeait toujours pas. Puis finalement le basané soupira et colla son oreille contre le cœur de son vis-à-vis, écoutant les battements rassurants de celui-ci. Depuis que le fils de Severus était sortit de l'infirmerie, il passait toutes ses nuits ainsi, à écouter le bruit sourd et régulier, rassurer de l'entendre si fort. Il ne desserra pas sa prise sur l'autre et le brun comprit qu'il était véritablement terrifié et que sa crise au sortie du cours de Défense l'avait vraiment paniqué.
— Je suis désolé, murmura Eiden, tellement désolé …
Il ne semblait pas s'excuser que pour Ombrage, il s'excusait pour le coma, les mensonges, les secrets, les problèmes de son père, tout …
— Ce n'est pas grave, Den. Je t'aime.
Et comme si ces trois mots pardonnaient tout, l'intéressé se remit à respirer, sans s'être rendu compte qu'il avait arrêté. Il sentit son cœur s'alléger bizarrement et lorsque Blaise leva la tête pour l'embrasser, il murmura contre ses lèvres :
— Je t'aime.
Une nouvelle fois c'est Elie qui vient frapper contre la porte et lorsqu'elle s'ouvrit, un sourire fleurit sur son visage en les voyants encore enchevêtré à l'autre. Mais elle n'avança pas plus, attendant que le couple l'y autorise.
— Tu peux entrer Elie, fit doucement Blaise et elle s'assit sur le lit de celui-ci, voisin du leur.
— J'ai prévenu père pour vous deux, mais il veut te voir Eiden. Et je ne pense pas qu'il puisse attendre encore longtemps.
Le garçon acquiesça savait que son père ne viendrait jamais faire irruption dans le dortoir, mais il était cruel de le laisser s'inquiéter ainsi. C'était son cours qu'ils avaient loupé et il savait très bien que jamais Blaise et Eiden ne sécheraient sans raison. Il contempla un moment le garçon encore recroquevillé contre lui. Pouvait-il vraiment laisser Blaise ?
— Je m'occuperai de lui, assura Elie dans sa tête.
Il opina et se leva tout doucement. Si le basané fit un moment mine de le retenir, il le lâcha finalement et se roula en boule au milieu de la couche, disparaissant presque complètement sous les couvertures. Se saisissant de sa chemise abandonnée, le brun caressa amoureusement la tête de son petit ami et disparut rapidement, désirant revenir au plus vite. Elie ne perdit pas de temps non plus. Elle ôta son pantalon et sa chemise également et se glissa sous les couvertures, prenant Blaise contre elle. Il s'accrocha immédiatement à sa nuque et sa taille, entremêlant leurs jambes et collant leur corps. Eiden était le compagnon de Blaise et Elie sa sœur, il n'y avait aucune ambiguïté entre eux, d'autant que le basané n'était pas aux femmes. Tout ce que le vélane en lui sentait à présent c'était une odeur proche de celle de son compagnon et une chaleur qui le rassurait et le calmait. Une sorte de substitut. C'était notamment pour cela que l'épisode de l'infirmerie avait été si difficile : privé, l'un du compagnon de son jumeau, l'autre de la sœur de son compagnon, ils n'avaient pas eu accès à cette paix. Mais aujourd'hui Elie était là pour Blaise et c'était une bonne chose qu'elle ait une si parfaite connaissance de sa nature, de leur nature et qu'elle sache exactement quoi faire pour soulager le garçon.
— Il est là Blaise, il est vivant, avec toi et il ne part pas. Tout ceci est terminé tu m'entends ?
Le jeune homme gémit seulement. Mais Elie ne s'en formalisa pas, elle savait qu'il mettrait du temps à se calmer complètement et à sortir de l'espèce de transe où il était entré. Elle n'était d'ailleurs pas surprise que cela lui arrive. Les suites de leur réveil avaient été assez calmes, mais entendre les paroles d'Eiden cette après-midi, entendre ce qu'il voulait faire, risquer de le perdre à nouveau était au-dessus de ses forces, surtout si peu de temps après qu'Eiden ait frôlé la mort. Cela montrait le formidable amour qui unissait déjà son jumeau à son compagnon et Elie ne doutait pas que si le destin les laissait faire, ils ne finissent vieux et ridés ensemble. Ils s'étaient fait confiance si vite, tout avait été si naturel, simple dès le moment où ils l'avaient décidé.
— Il va faire ce qu'il faut pour que ça n'arrive plus, assura-t-elle.
Elle frottait gentiment son dos et caressait ses cheveux, tentant de l'apaiser, lui laissant placer sa tête près de son cœur. Bougeant sa main pour la poser sur son cœur à lui, elle tâcha de lui faire passer une partie de son lien avec Eiden. Blaise sentait à présent confusément ces émotions et avait des flashs flous de ses images mentales. Se concentrant un peu plus, Elie parvint, grâce à sa magie à lui faire partager les battements d'Eiden, identique aux siens. Cela sembla faire un bien fou au basané qui soupira longuement.
— Ça ira bientôt mieux, Bratir[2], il fallait passer par là.
Le basané hocha lentement la tête puis leva son regard vers Elie, laissant son oreille et tout le reste de son corps à la même place.
— Ça va mieux Blaise ? demanda-t-elle doucement.
— Oui, souffla le garçon.
Elle effleura tendrement sa joue et lui embrassa le front :
— Je suis soulagée de l'entendre.
L'autre remua un peu contre elle et il finit par reprendre ses esprits. Le voile qui avait recouvert ses yeux disparut et il secoua la tête, comme pour en chasser les dernières brumes.
— Je …
Les doigts minces de la jeune femme se frayèrent un chemin jusqu'à son menton et elle demanda doucement :
— Te souviens-tu de ce qui s'est passé ?
— Je crois … comment suis-je arrivé ici ?
— Eiden t'a porté.
— Oh … je vois.
— Tu vas avoir bientôt seize ans Blaise, tes instincts sont plus fort maintenant et tu as un compagnon, c'est normal que tu aies réagi ainsi, dit-elle pour le dédouaner, avant qu'il ne puisse s'incriminer. Et la situation est plus que propice …
Il hocha la tête, conscient de la véracité des paroles de la jeune fille. Celle-ci fit d'ailleurs un petit mouvement pour se dégager, mais il la retint contre lui.
— Reste s'il te plaît … jusqu'à ce que Den revienne.
Elle sourit et reprit ses caresses sur son crâne, faisant soupirer l'autre.
— Merci Suior[3].
Eiden rentra un moment plus tard, alors que Blaise s'était endormi. Il échangea quelques mots avec sa sœur et s'installa à sa place. Immédiatement, le corps recroquevillé de son petit ami se colla étroitement à lui et il attrapa le tissu de son pantalon, comme pour l'empêcher de partir.
— Il a émergé ? interrogea Eiden.
— Oui, puis il s'est endormi. Reposez-vous tous les deux je vous ramènerai quelque chose à manger.
Le brun acquiesça et Elie disparue du dortoir. Descendant rapidement les escaliers, elle fut réceptionnée en bas par Drago.
— Blaise ?
— C'est endormi, Eid va rester avec lui.
Ils prirent le chemin de la Grande-Salle avec Pansy et Théo, mais un étrange spectacle les attendait dans le hall. Le professeur Trelawney se tenait au centre, à demi avachie sur un amoncellement de malles et de coffres. Elle pleurait et gémissait tandis qu'Ombrage se tenait, implacable, devant elle. Les élèves l'entouraient, murmurant et échangeant des hypothèses quant à ce qui se passait.
— S'il vous plaît … vous ne pouvez pas faire cela.
— J'ai bien peur que si, répondit le crapaud de son horrible voix de petite fille.
— Mais … mais ….
— Je vous ai prévenue ma chère, si votre enseignement ne remontait pas, que cette école allait se passer de vous.
Trelawney sanglotait, mais l'autre ne semblait pas s'en préoccuper le moins du monde, lissant son affreux cardigan rose pelucheux.
— Face à vos piètres performances tant de voyante que de professeur, vous deviez bien vous douter de ce qui vous pendait au nez, non ?
La professeure échevelée renifla, mais ne répondit pas, toujours secouée de pleurs, ses innombrables bracelets cliquetants comme des chaînes à ses poignets. Le professeur Mcgonagall surgit de la foule et aida sa collègue à se relever, lui tendant un mouchoir dans lequel elle souffla bruyamment.
— Un problème très chère ? interrogea Ombrage.
L'écossaise se contenta de lui envoyer un regard assassin sans rien répondre, soutenant sa collègue au plus mal.
— Vous ne pouvez pas faire ça … fit-elle pitoyablement.
Sa tortionnaire n'eut qu'un rictus de dégoût.
— Bien sûr que si. Dois-je vous rappeler …
— Qu'au terme de ce nouveau décret vous avez le pouvoir de renvoyer mes enseignants, interrompit Dumbledore qui arriva en fendant la foule. Vous n'avez en revanche pas le droit de les chasser de ce château. Ceci m'est encore réservé.
— Pour le moment, répliqua narquoisement Ombrage qui se précipiterait sans aucun doute dans son bureau une fois cette affaire résolue pour changer cet état de fait.
Le directeur ne lui accorda pas un regard, priant les professeurs Flitwick et Mcgonagall de raccompagner leur ancienne collègue à ses appartements.
— Puis-je savoir comment aller vous faire avec cette femme lorsque j'aurai fait venir son remplaçant ? demanda, railleuse, le crapaud.
— J'ai déjà trouvé quelqu'un et cette personne préfère être logée au rez-de-chaussée, rétorqua le vieillard.
— Mais … vous … vous n'en avez pas le droit je suis la Grande Inquisitrice et …. bredouilla Ombrage.
— Le Ministère ne se charge de trouver un professeur que lorsque le directeur est dans l'impossibilité de le faire, répondit doucement le vieil homme. Ce qui n'est pas le cas ici puisque j'ai trouvé …
Cela ne sembla pas du tout plaire à la professeure de Défense contre les Forces du mal qui fit une horrible grimace.
— Et puis-je savoir qui est cet heureux élu ? demanda-t-elle avec un affreux sourire qui fit froid dans le dos de l'assemblé.
Une série de claquements retentit et un homme à corps de cheval se montra. Il était d'une grande beauté avec sa robe cuivrée et ses yeux et cheveux clairs. Il avait l'apparence d'un homme jeune encore et sur sa poitrine bien faite se découpait la marque d'un sabot, comme s'il avait pris un coup violent.
— Voici Firenze qui, vous en conviendrez, est parfaitement qualifié pour ce poste, déclara joyeusement Dumbledore à une Dolores Ombrage qui avait tout l'air d'être touchée par la foudre.
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Le lendemain, Eiden s'éleva tôt, bien avant le soleil après avoir dormit une bonne partie de la soirée et de la nuit. Il prit une douche rapide et s'habilla avant de descendre dans la salle commune, non sans avoir déposé un baiser sur le front de Blaise qui dormait toujours et de se saisir de deux des petits pains que sa sœur leur avait vraisemblablement ramenés la veille. Il la trouva d'ailleurs assise devant le feu, la table basse envahie de croquis et de notes. Elle était elle aussi déjà habillée et plongée dans ce qui semblait être un devoir d'Arithmancie.
— Déjà levée ?
— Je peux te retourner la question, sourit-elle alors qu'il prenait dans un fauteuil proche du sien.
— J'ai dormi plus que mon soûle, assura le garçon.
Elle acquiesça et inscrivit une série de chiffres en bas d'une longue colonne, tachant de tracé le plus clairement possible les signes. Elle n'avait pas ce que l'on pouvait appeler une belle écriture et devait faire un effort pour être véritablement compréhensible, surtout dans le cas des nombres. Elle posa ensuite sa plume et déclara, tout en roulant l'un des parchemins proprement :
— Trelawney s'est fait renvoyer.
Eiden leva un sourcil, attendant qu'elle poursuive.
— Ombrage à finalement décider de s'en débarrasser. Elle l'a mise dehors devant la moitié de l'école, dans le hall juste avant le dîner.
Le garçon grimaça. Il n'aimait pas la professeure de Divination, mais elle ne méritait certainement pas d'être traitée avec une telle cruauté et un tel dédain. Cette mise en scène était si sadique … Et Eiden ne pouvait se réjouir du pouvoir despotique de la Grande Inquisitrice, surtout lorsqu'elle en faisait montre ainsi.
— Elle voulait la remplacer par l'un de ses gens, mais Dumbledore l'a pris de vitesse et à engager un centaure pour les cours et à autoriser Trelawney à rester et conserver ses quartiers du septième étage.
— Ça n'a pas dû plaire au vieux crapaud …
Elie eut un sourire amusé.
— Tu penses ! Un hybride ! On aurait dit qu'elle s'était pris la foudre sur la tête ! Elle n'a même pas protesté.
— Au moins une bonne chose, quoiqu'elle ne puisse rien faire contre lui et Dumbledore, c'est le règlement et leur droit.
La jeune femme opina et continua :
— C'est Firenze. Tu le connais non ?
— Oui, c'est lui qui m'a sauvé de Voldemort dans la forêt en première année et qui m'a ramené à Hagrid.
— Je ne crois pas que son troupeau ait apprécié. Il a une belle ecchymose sur la poitrine et d'après ce que tu m'as dit sur Bane ce ne serait guère étonnant.
Eiden se replongea un instant dans ses souvenirs, non il avait peu de chance que Bane n'accepte de voir l'un des leurs officier en tant que professeur à Poudlard, lui qui l'avait traité de mule lorsqu'il l'avait invité à le chevaucher en première année … Si les autres centaures étaient ainsi, alors Firenze avait dû avoir de sérieux problèmes avec son troupeau.
— En tout cas, les centaures sont réputés pour leur pratique de la divination, il serra certainement un meilleur enseignant que Trelawney.
— En même temps, difficile de faire pire, souffla Eiden.
La femme était vraiment une professeure déplorable et le brun ne pouvait pas dire qu'il la regretterait. Il se perdit un moment dans ses pensées, mordant distraitement dans un des pains amenés du dortoir. Il n'en sortit que lorsqu'un éclat améthyste attira son regard. Assia sortit en effet de la chemise d'uniforme de sa sœur et se tendit vers lui, humant l'air de sa langue. Elle avait encore pris quelques centimètres pendant leur séjour à l'infirmerie et ne devait à présent pas faire loin des trente, même si elle n'avait pas encore atteint sa taille adulte. Cela avait considérablement réjoui Elie de voir que son ''bébé'' avait tant grandi, mais cela l'attristait de ne pas avoir pu y assister. Assia était âgé de plus de quatre mois à présent, elle n'était plus la minuscule petite chose blessée que sa sœur avait trouvée dans l'herbe. Eiden tendit la main pour caresser gentiment sa tête et la petite femelle s'enroula autour de son poignet pour changer de porteur, remontant son bras pour se nicher dans le creux de son cou.
— Saff n'est pas là ? demanda distraitement Elie en effectuant une série de calcul totalement obscur à son frère.
— Non, il dort avec Blaise, il n'aime pas le voir ainsi. C'est étonnant d'ailleurs comme il est protecteur avec lui à présent. Il a sifflé Crabbe lorsqu'il a bousculé Blaise en début de semaine.
—Saffi sait qu'il est ton compagnon, il est normal qu'il le protège. C'est son instinct, il fait partie de son nid.
— Il a dormi avec lui toutes les nuits où j'ai été dans le coma, révéla d'un air tendre le fils de Severus.
Elie sourit en retour et passa un doigt cajoleur sur la tête d'Assia qui s'était confortablement installée.
— Comment Drago prend tout cela ? demanda finalement le garçon. Nous n'en avons pas vraiment parlé avec Blaise et maintenant je le regrette. La crise d'hier aurait peut-être pu être évitée.
— Rien n'est certain, répondit doucement sa sœur, nous n'en savons rien. Mais cela lui a au moins permis d'extérioriser et la situation est différente, Blaise est métisse, la mauvaise santé de son compagnon l'atteint physiquement.
— Drago est peut-être humain, mais personne ne peut dire qu'il n'a pas autant souffert que lui, répliqua Eiden.
— Ce n'est pas ce que j'ai dit, fit Elienor. C'est juste que Drago peut plus facilement maîtriser ses instincts, qui ne sont pas aussi fort que ceux de Blaise à ce sujet. Il en a beaucoup souffert, je ne le nie pas.
— Mais vous en avez discuté ?
— Oui, nous l'avons fait. Pendant plusieurs jours il n'en parlait pas du tout, puis nous avons finalement pris un moment pour le faire et cela a été une très bonne chose, pour nous deux.
Eiden eut un petit sourire malgré lui.
— Il ne te quitte plus à présent Enor, même si c'est seulement pour avoir un frêle contact silencieux. Il est très attaché à toi.
— Je sais et c'est aussi mon cas. Il n'a guère besoin des instincts des métisses pour s'en faire. Cette expérience a été traumatisante, pour tous, même Pansy et Théo ont du mal à s'en remettre, ainsi que tous les autres. Tu as dormi tout du long, Den, mais crois-moi, pour ce que j'en ai vécue, c'était effrayant …
Le garçon savait cela, il imaginait bien que cela avait été le cas. Et le regard que posaient encore tous ses proches sur eux en témoignait.
Les deux adolescents parlèrent ensuite de choses plus légères, désireux de changer de sujet jusqu'à ce que les autres n'arrivent et qu'ils ne descendent petit-déjeuner. Blaise, encore dans les nuages après sa très longue nuit, s'assit à côté d'Eiden et posa sa tête sur son épaule sans plus ni parler ni bouger. Son compagnon caressa doucement sa cuisse puis poussa vers lui quelques toasts qu'il avait lui-même enduits de confiture.
— Désolé … commença très bas Blaise. Pour hier …
Eiden sourit, il était vraiment trop adorable ainsi. Serrant ses épaules musculeuses de son bras, il se pencha vers lui et embrassa sa tempe.
— Il n'y a rien à excuser, Caru, dit-il tendrement. C'est moi qui ne sais pas me tenir avec elle ...
Le courrier arriva sur ses entrefaites, engendrant l'atterrissage près d'eux de trois hiboux. Etaine venait apporter des nouvelles de France à Elie, Elwig une longue lettre d'Orsu et Morwen qui s'inquiétait de l'état de santé d'Eiden et une missive de Lucius pour Drago. Si les deux premiers rangèrent leur courrier après les avoir rapidement parcourus, les conservant pour le calme de la salle commune, Drago la lut immédiatement, fronçant les sourcils au fur et à mesure et finissant par la jeter sur la table en soupirant.
— Que veut-il ? demanda Pansy.
— Les bêtises habituelles, tiens-toi bien, n'oublie pas ton rang, ton sang, ne me fait pas honte et autres joyeusetés.
— Je vois, grimaça Pansy.
— Oh est il espère que les jumeaux se rétablissent bien et que ma relation avec Elie est toujours d'actualité.
Tous avaient parfaitement compris la menace sous adjacente dans les propos de Lucius et Théo secoua la tête :
— Au moins tu n'es pas une immense déception pour ton géniteur. Tu peux encore servir à quelque chose …
Elie qui se tenait près de lui posa une main gentille sur la sienne alors que son ami reprenait son petit déjeuner comme si de rien n'était, comme Drago, mais tous savaient que l'attitude de leurs pères leur faisait du mal.
— Ce n'est pas grave, El, assura le jeune homme aux cheveux corbeau. Mon père est une ordure, mais je vous ai vous comme famille, c'est bien suffisant.
L'adolescente lui sourit en serrant un peu sa main, mais elle resta triste cependant voyant bien que cela touchait plus le garçon que ce qu'il ne voulait bien l'avouer.
— Père considère que je ne suis pas un fils à la hauteur et s'il n'avait pas une sainte horreur du mariage, il se débarrasserait de moi pour faire un autre héritier. Il préfère passer du bon temps avec du sang jeune que de supporter une autre épouse dans son entourage, ce sale porc, éructa Théodore.
— Mon géniteur m'aura au moins épargné cela, rebondit Drago, ce ne serait pas vraiment le comportement que l'on attendrait de quelqu'un de son rang.
L'autre haussa les épaules.
— Les préférences de Père ne sont pas vraiment connues, il cache cela à la bonne société. Avec un peu de chance, je suis une telle déception qu'il ne me présentera même pas au Seigneur des Ténèbres.
— Moi en tout cas, je ne pense pas qu'il le fera, intervint Pansy, les femmes sont des créatures inutiles … Mais Richard lui le sera, cela ne fait aucun doute, il accourra même dès que le Maître en fera la demande.
Richard était le frère aîné de Pansy, il avait quelques années de plus qu'elle et travaillait à présent avec son père dans leurs affaires. Il était un fervent partisan de Voldemort, même s'il n'était pas encore marqué lorsque Pansy l'avait quitté à Nouvel An, ce qui ne saurait tarder selon elle. Il n'avait que peu de considération pour elle, jugeant, comme ces parents qu'elle n'était qu'une cruelle déception. La mère de la jeune fille quant à elle était une sotte qui se pâmait devant son noble de mari et considérait tout ce qui n'avait pas le sang parfaitement pur comme des déchets indigne de son intérêt. Elle faisait régulièrement la leçon à sa fille pour qu'elle se comporte mieux et occupait ses journées à rencontrer les femmes des autres privilégiés, à organiser des réceptions ennuyeuses et à dépenser des sommes folles dans les magasins du Chemin de traverse.
— Est-ce que vous savez ce que Voldemort prépare ? demanda finalement Eiden qui semblait plongé dans ces pensées.
Tous grimacèrent, sauf Elienor qui continua tranquillement de petit-déjeuner, s'assurant tout de même que les sortilèges mis en place pour leur assurer une parfaite intimité fonctionnaient toujours. Les jumeaux appelaient toujours Voldemort par son nom. Leurs amis pensaient que c'était par ce qu'ils n'avaient pas été élevés dans cette crainte, puisque pas au Royaume-Uni. Blaise et Pansy jetèrent cependant un regard au brun qui ne fit aucun cas.
— Mon père a laissé entendre qu'il se cachait encore, expliqua Drago, une fois ressaisi. Tant qu'il n'est pas assez fort pour s'emparer du Ministère et que celui-ci daigne gentiment ignorer son retour, il en profite pour reformer ses rangs discrètement.
— Il s'intéresse aussi à la mort de Potter, renchérit Pansy. J'ai entendu mon frère et mon père en parler.
— Oui, fit sombrement Blaise, mon père pense qu'il y a des fuites dans son équipe à ce sujet, mais comme de toute façon le Ministère ne veut plus entendre parler de cette affaire ...
— Si vous voulez mon avis, tout cela n'est pas très clair, soupira Théo. On n'a pas fini d'en entendre parler.
— Comment ? Pourquoi ? demandèrent les autres.
— Vous ne trouvez pas ça étrange ? s'enquit le ténébreux. Potter qui a survécu au Seigneur des Ténèbres bébé, en première et quatrième année, au basilic, à un tueur fou, un dragon, une excursion dans le lac et un labyrinthe démoniaque se fait tout simplement tué chez lui, comme ça, dans sa maison ?
Les autres haussèrent les épaules, ils n'avaient pas de réponse.
— Si le Seigneur des Ténèbres ne l'a pas tué, qui l'a fait ? continua Théo.
— Apparemment les moldus l'ont fait, répondit Blaise.
— Je doute que de simple moldus aient pu tuer Potter, fit Drago avec une grimace. Le garçon avait peut-être été son ennemi, un gosse arrogant et en perpétuelle recherche de célébrité, mais c'était un sorcier puissant et le blond ne pouvait croire qu'il était décédé aussi simplement que cela.
— Je n'y crois guère non plus, intervint Pansy. C'est tout simplement impossible.
— Il y a des preuves de mauvais traitements, fit Blaise d'une voix douce, de blessures graves, de sévices, d'épisodes de famine et de séquestrations. Il est possible que les choses aient fini par aller trop loin …
— Quand est-il de la formidable explosion de magie constatée là-bas ? Comment expliquer cela ?
Elie leva un regard peiné et désolé vers son frère, comme si elle s'excusait de ce qu'elle avait pu faire, mais Eiden lui envoya une vague de sérénité et de calme par le lien. Elle n'y était pour rien, tout ceci n'était pas de leur faute. Eiden n'était pas étonné que ces amis soient si bien informés, après tout, leurs parents étaient tous des gens de la haute société, travaillant au Ministère pour la plupart et pour Voldemort. Par conséquent parfaitement informé de tout ce qui pouvait se passer dans le monde magique. Nul doute que sa prétendue mort avait attisé les vautours en quête de la moindre information. Cependant, il ne pensait pas que les aurors puissent découvrirent la vérité, peu importe combien de questions ils se posaient. Leur père, l'Ordre et Dumbledore avaient couvert leurs arrières et la vérité était si … incroyable … personne ne pourrait jamais deviner, personne ne connaissait même l'existence d'Elie. Cela le rassura et il tenta de faire partager ce sentiment à sa sœur qui en avait grand besoin. Bien qu'elle ne conserve admirablement bien les apparences en extérieur, à l'intérieur, elle était fortement angoissée. Sa manifestation de magie était un point fort étrange pour les aurors.
— Personne ne l'explique, avoua le basané. Potter a de toute façon toujours été adepte des choses incroyables.
— Cette affaire n'est pas terminée croyez-moi, dit Théo en finissant sa tasse. Il y a trop de choses étranges dans tout ceci pour que ce soit le cas et si quelques étudiants peuvent le deviner, j'imagine ce qu'on put comprendre les gens de ton père, Blaise.
Le bistré hocha la tête silencieusement et Pansy se tourna finalement vers les jumeaux qui avaient prudemment gardé le silence.
— Et vous, quand pensez-vous ?
Elie haussa les épaules.
— Je ne connaissais pas Potter, alors je ne peux me prononcer.
Pansy jeta un regard pénétrant à son amie, la scrutant pendant de longues secondes. Ce qui mit mal à l'aise Eiden qui se tenait en face. Qu'avait-elle à la fixer ainsi ? Sur ses gardes, il préféra dévier un peu du sujet :
— Mais je ne comprends pas pourquoi le Ministère voudrait boucler l'enquête et le déclarer responsable …
Drago s'étira et passa un bras possessif autour de la taille d'Elie, coupant heureusement Pansy dans sa contemplation et Théo répondit :
— Le Ministère a commencé à décrédibiliser Potter l'an passé pendant le tournoi. Ils jugeaient sans doute qu'il avait trop de pouvoir sur les gens. Ils étaient donc bien partie et ont continués. Ils ne peuvent simplement pas dire que le grand Survivant est bêtement mort dans une banlieue moldu et non en emportant Voldemort comme tout le monde le pensait. Ils n'ont pas besoin d'un martyr, ou d'un héros disparu, c'est pourquoi, à mon avis, ils ont joyeusement continué de massacrer son image.
— Cela a du sens, dit doucement Elie, même si ce n'est guère sympathique.
— Ils n'ont pas à l'être, Enor, c'est de la politique, déclara Drago en embrassant doucement son crâne.
Elle eut un petit reniflement dédaigneux et porta sa tasse à ses lèvres d'un air noble, foudroyant du regard l'innocente théière.
Ils purent tous constater, lors de leur premier cours de la matinée, qu'Ombrage était d'excellente humeur. Comme si rien ne pouvait lui faire plus plaisir que d'avoir une nouvelle fois fait montre de son pouvoir tyrannique, de plus devant une bonne partie de l'école. Eiden eut le plus grand mal à ne pas intervenir et la défier encore une fois, mais croisant le regard implorant et inquiet de Blaise il n'en fit rien. Le bien-être de son compagnon passait avant ces petites luttes de pouvoirs avec le vieux crapaud.
La journée passa rapidement et finalement il fut l'heure de tous se rejoindre au septième étage pour une nouvelle réunion de l'AD. Tous les participants ne manquèrent de saluer le rétablissement des jumeaux et la reprise de leur rendez-vous qui leur avait manqué. Une fois tous arrivé, le fils de Severus commença :
— Bien, comme certains d'entre vous le savent déjà, nous allons travailler aujourd'hui la défense et plus particulièrement vos réactions face à des situations à risque.
Zacharias Smith souffla lourdement, comme à l'accoutumée, mais tous les autres frémirent d'impatience.
— Nous avons planifié avec Elie plusieurs scénarios, continua Eiden, vous devrez trouver à chaque fois une façon différente de vous en sortir, deux si possible. Faites appel à toutes vos connaissances, Défense contre les forces du mal, Sortilèges, Métamorphose, pourquoi pas potions ou Botanique même. Soyez inventif ! Maintenant, si vous voulez bien vous répartir en petits groupes …
Le garçon vit avec satisfaction que chaque groupe mélangeait les maisons et que tous semblaient impatients de s'y mettre. Elie donnait à chacun un morceau de parchemin avec la situation et ceux qui le recevaient se mettaient immédiatement au travail. Elle lui fit un sourire avant de se tourner dans l'autre sens et de voir si tout le monde s'en sortait. Son frère fit de même et s'approcha du groupe composé par Ernie, Susan, Neville et Théo. Adressant un regard interrogatif à ce dernier, le jeune homme aux cheveux corbeau lui expliqua ce que disait leur parchemin :
— Invasion de Mangemorts à Poudlard. On tombe sur cinq d'entre eux dans un couloir, ils ne nous ont pas vus.
Eiden acquiesça avant de se laisser lui aussi tomber sur les confortables coussins.
— Qu'en pensez-vous ?
— On ne peut les attaquer de front, ils sont plus nombreux et plus fort forts, déclara Susan, les genoux repliés sur sa poitrine.
- Exact.
Il se saisit de l'autre parchemin que leur avait donné Elie, qui représentait sous forme de croquis la situation et d'un coup de baguette, l'anima. Les cinq petites silhouettes rouges se mirent en marche et remontèrent le long du couloir, tandis que quatre autres, bleus, étaient dissimulés dans un angle de l'autre côté.
— Alors, continua le fils Rogue, que proposez-vous ?
— La première hypothèse serait d'en mettre chacun un hors d'état de nuire grâce à l'effet de surprise et de s'occuper ensemble du dernier.
Le brun ne dit rien et se contenta de tapoter une nouvelle fois le parchemin. Quatre traits jaillirent des silhouettes bleues pour heurter quatre formes rouges, mais la cinquième se retourna et lança un trait vert à l'une des bleues qui s'effondra avant que les autres ne puissent l'immobiliser. Les amis d'Eiden grimacèrent en voyant cela sous le sourire gentil du premier qui les incita à en parler.
— Ok, soupira Neville, ça ne va pas parce qu'il aura le temps de faire au moins une victime, si ce n'est plus.
— Peut-être que si on conservait l'effet de surprise, mais qu'un l'utilisait différemment, fit pensivement Susan. Je ne sais pas par exemple …
Elle toucha le parchemin et fit naître un anneau de flammes immenses qui entoura brusquement les mangemorts. Les élèves lancèrent une pluie de sortilèges sur eux et les mirent tous les cinq à terre. La jeune rousse y gagna un superbe sourire et les félicitations du brun.
— Excellent !
La jeune fille lui rendit son sourire éclatant et il leur donna un nouveau parchemin sur lequel ils se penchèrent immédiatement. Plus loin, il entendit Elie parler avec Ginny, Agathe, Luna et Artémisia.
— Les loups-garous sont très rapides, il faut donc viser leurs jambes en priorité et leurs yeux. Leur instinct animal leur fait également craindre le feu, surtout sous leur forme lupine, vous pouvez donc utiliser cela, expliqua la jeune femme blonde à son petit auditoire qui l'écoutait attentivement.
— Et éviter les morsures, grimaça Ginny.
— Oui, répondit Elienor, elles sont empoisonnées et ne se referment que difficilement, sans parler évidemment du risque de contagion si la victime survit. Mais reprenons, vous êtes face à trois loups-garous, que faites-vous ?
Eiden sentit une douce chaleur se répandre à l'entente de la voix de sa sœur. Elie était une bonne enseignante, patiente et passionnée. Et il sentait au fond de lui cette vague délicieuse qui montrait qu'elle appréciait le faire. Tournant ses yeux à l'éclat d'argent vers lui, elle hocha la tête avant de revenir à son petit cours. Les deux heures passèrent rapidement et lorsqu'Eiden annonça la fin de la réunion, tous soupirèrent. Ces mises en scène avaient rendu les choses plus concrètes et bien que le garçon les ait conçus dans le but de réinvestir tout ce qu'ils avaient appris, mais cela avait également contribué, sans qu'il le prévoie à leur faire comprendre qu'ils pouvaient réellement agir et se défendre face à ces attaques. Ils étaient tous un peu plus en confiance à présent, bien que personne n'oublie qu'en situation réelle tout serait différent et que les mangemorts étaient bien plus forts qu'eux. Mais c'était tout de même un grand pas.
Une fois de plus, les six amis serpentards se retrouvèrent dans la salle commune, à leur place favorite devant l'une des cheminées. Elie était pelotonnée sur les genoux de son petit-ami, ronronnant aux caresses que ce dernier lui prodiguait dans les cheveux. Celui-ci souriait tendrement tout en serrant de son autre bras la jeune fille contre lui. Ils ne se parlaient pas, se contentant de profiter de la présence l'un de l'autre. Malgré lui, Eiden se sentit sourire. Drago était vraiment le compagnon parfait pour Elie, intelligent, piquant, un peu caractériel, mais terriblement amoureux et affectueux en privé. Il lui laissait assez d'espace tout en entretenant une relation tendre et tactile lorsqu'ils étaient tous les deux. Il ne l'étouffait pas et la laissait faire comme bon lui semblait, tout en accueillant ses besoins de tendresses avec bonheur, exactement comme elle le faisait pour lui. Ils étaient décidément très bien ensemble, ce que jamais, jamais Eiden n'aurait pu imaginer dire il y a encore quelque temps. Il se rendait compte qu'il avait eu auparavant une mauvaise image de Drago, et des serpentards en général, mais ce qu'il avait découvert lui plaisait énormément. Il ne regrettait pas d'avoir fait plier le choixpeau en première année, mais il se disait à présent que son changement de maison était une bénédiction. Il avait eu besoin de la chaude camaraderie gryffondoresque dans ses premières années, mais il appréciait maintenant à sa juste valeur la plus froide, mais tout aussi sincère amitié serpentarde. Cela correspondait à ce qu'il était devenu, c'était vraiment parfait ainsi, surtout avec sa sœur à ses côtés. Il n'aurait jamais cru que les cachots puissent être si agréables à vivre.
— Serais-tu enfin passé par-dessus ta possessivité et ta surprotection ? demanda Blaise en le voyant poser un regard affectueux sur le couple pâle installé non loin d'eux.
Eiden grogna pour toute réponse, poussant un peu son compagnon du coude. Ils avaient pris tous les deux places sur un des canapés tandis que Pansy et Théo se partageaient l'autre.
— Je ne vois pas de quoi tu veux parler … grogna le jeune homme brun avec une parfaite mauvaise foi.
Le basané eut un petit rire qui résonna agréablement sous la main que le fils de Severus avait posé sur son ventre.
— Tu ne pouvais pas supporter Dray au début et c'est à peine si tu tolérais qu'il s'approche de ta sœur …
grommela Eiden.
— Tout ceci est faux, je n'ai jamais empêché Enor de le fréquenter.
— Non c'est vrai, sourit le bistré, tu te contentais seulement d'épier ses moindres faits et gestes avec ce regard ''touche la ou fait lui du mal et je t'étripe si finement que l'on ne retrouvera que de la petite bouillie de toi''. Mais je te l'accorde, tu les laissais se parler et se côtoyer à leur guise.
Malgré lui, le fils de Severus sourit d'un air un peu sadique.
— J'ai peut-être un peu surveillé Drago, je l'avoue.
Blaise leva un sourcil narquois et Eiden soupira.
— Et je l'ai peut-être légèrement menacé, termina-t-il en roulant des yeux sous ceux, amusés, de son petit-ami. Mais je ne le fais plus maintenant … à moi qu'il ne m'en donne une raison, fit-il dans un murmure que le basané saisit parfaitement.
— Ah ! fit victorieusement le métis. Vas-tu enfin avouer le complexe de frère-poule que tu éprouves à l'égard d'Elienor ?
— Ce mot n'existe même pas, Blaise, soupira-t-il.
— Et bien il devrait, cela te définit parfaitement, pouffa l'autre.
— Je me suis peut-être montré un peu excessif c'est vrai, lâcha difficilement Eiden, mais le sourcil du bistré se souleva encore. D'accord je me montre encore parfois carrément excessif, mais je travaille dessus je t'assure !
Ces derniers mots provoquèrent l'hilarité de Blaise qui le serra un peu plus le corps du brun contre lui.
— Tu es adorable, assura le basané.
Un marmonnement incompréhensible lui répondit, ce qui accrut la lueur dans les yeux de son petit-ami.
— Je trouve cela mignon que tu veilles sur elle, assura le basané, même si elle n'en a absolument pas besoin.
Nouveau grognement, nouveau sourire de Blaise.
— Je me demande comment tu vas être avec tes enfants. Mon dieu ils vont être totalement surcouvées !
Étrangement ses paroles amenèrent une étincelle de tristesse dans les yeux d'Eiden et son compagnon se maudit de sa mauvaise plaisanterie.
— Je … désolé Den, je n'aurai pas dû me moquer de toi
L'autre balaya ses paroles d'un geste de la main.
— Ce n'est pas grave, Caru.
L'usage du terme affectueux rassura le bistré, mais il se sentait toujours un peu mal d'avoir brisé l'instant et provoquer la peine dans le regard de son compagnon. Celui-ci le vit d'ailleurs très bien puisqu'il soupira et déclara doucement :
— Je n'ai pas eu … une enfance très facile, alors je pense que je suis un peu excessif en matière d'amour et de protection par ce que moi-même j'en ai manqué. Je sais que ce n'est pas une attitude très saine.
Les bras de Blaise se resserrèrent autour de lui.
— Je plaisantai Den, tout le monde fait comme il peut avec les cartes qu'il a. Et que je sache, Elie n'a jamais protesté.
— Même si elle le pensait elle ne le ferait pas, sourit timidement le garçon. Elle me passe simplement trop de choses.
— Elle t'aime, elle veut simplement que tu sois bien.
Le brun hocha la tête puis continua :
— Quoiqu'il en soit, je sais que ce petit prince arrogant est parfait pour ma sœur, et même si j'avais un peu de mal avec lui au départ, j'apprécie et j'estime Drago maintenant. D'autant qu'il fait beaucoup d'effort.
— Il fait des efforts, mais pas ceux qu'on le croit. C'est celui qu'il a toujours été dans l'intimité, il tente simplement de se défaire de son rôle qui lui colle à la peau pour que tout le monde le voie au grand jour. C'est quelqu'un de bien, Den.
— Je le sais. À présent, ajouta-t-il pour lui-même.
Le rire de Pansy le sortit de sa réflexion et il sourit malgré lui. Le véritable rire de Pansy était si différent de celui qu'il avait entendu pendant quatre ans, il n'était ni froid ni haut perché, mais un rire chaud et entraînant, comme il n'était sans doute pas autorisé à être dans le petit cercle des enfants de sang pur. Le masque et la fausse apparence, c'était ce qu'Eiden avait découvert en arrivant dans l'antre des serpents. Car si quelques-uns étaient véritablement des salauds, idiots ou adeptes des préceptes de Voldemort ou des sangs purs, l'immense majorité n'était que des enfants terrorisés, tyrannisés par des parents malades de pouvoir et ''pureté'', comme Sirius en somme. Beaucoup étaient incapables de se lever contre eux et étaient poussé à l'échafaud par le reste des élèves et de la société pour avoir fini chez les verts et argents. Serpentard égal mangemorts, une croyance qu'Eiden avait fermement soutenue et qui s'était révélé vraie, mais d'une façon bien plus terrible que ne l'imaginait le jeune homme. Oui serpentard égal mangemorts, car peu avaient le choix. Vers qui se tourner de toute façon puisque tous les condamnaient déjà ? Il avait discuté avec un garçon de septième année peu de temps avant son coma, un beau brun aux allures de petit prince dont le torse et le dos étaient couverts de cicatrices, bien dissimulé sous les vêtements, comme autant de preuve d'amour de son géniteur qui voulait le remettre dans le ''droit chemin''. Lorsqu'Eiden lui avait demandé s'il voulait prendre la marque à son tour, le garçon avait demandé :
— Si je refuse de la prendre il me tuera et qui va me protéger de lui ? Tout le monde croit déjà que je le suis. Je n'ai pas d'amis en dehors d'ici, car mon père me surveille et ne veux pas que je me mélange au ''peuple''. Qui me croira quand je donnerai ma véritable allégeance ? Qui m'aidera ? Si je prends la marque et que je ne me fais pas remarquer, on me laissera tranquille, mais si je me rebelle, on me tuera.
C'était pour lui et d'autres, comme Andrea, qu'Eiden et Elie pressait Severus de trouver une solution. Mais cela n'avait pas l'air d'être la priorité de l'Ordre et Dumbledore tardait à mettre des choses en place. Et dans quelques mois, ils serraient trop tard pour eux. Comment les convaincre sans garantie ? Pour certains mieux valaient l'esclavage que la mort. D'autres choisissaient les ténèbres, car on les y laissera en paix, un peu d'argent de temps en temps et quelques appuis, sans plus, alors que rejoindre la lumière comme renégat, c'était forcement prendre les armes, pour se défendre soi-même puisque personne ne le fera. Ce n'était pas une vie pour un adolescent à peine sortie de l'école. Les autres avaient le choix, ils le devraient aussi.
— À quoi penses-tu si fort ? interrogea le basané en voyant son petit-ami perdu si loin en lui-même.
— À Andrea et aux autres, je voudrais trouver une solution, avoua le brun.
— Severus ne s'en occupe pas ?
— Il en a parlé à Dumbledore, mais lui-même ne peut pas s'impliquer, pas tant qu'il sera agent double, il ne doit pas trop en savoir, mais le vieux fou n'a pas l'air de vraiment se bouger, gronda Eiden.
Blaise et les autres savaient que Severus était un agent double, ils le savaient depuis un moment, probablement avant son fils lui-même, à cause des parents Zabini et de Narcissa, pour avoir quelqu'un de confiance à qui parler.
— Severus va le relancer, je lui fais confiance, assura le bistré.
« À lui oui, mais pas au Directeur » pensa le brun en se renfrognant. Il n'avait plus guère confiance en le vieil homme : il l'avait trop déçu ces derniers temps sans jamais se rattraper pour qu'il ne croie encore en lui. Son regard dériva à nouveau sur Elie. Il ne lui pardonnerait jamais cela, ni de les avoirs séparés, ni ce qu'Elie avait vécu cet été. Quoique le vieillard puisse faire. La jeune fille était toujours dans les bras de Drago, semblant à moitié dans le brouillard lorsque soudain son petit corps d'humaine fut remplacé par un petit tas de fourrure blanche lovée sur les genoux de son compagnon. Un instant figé, le blond passa ses doigts dans les poils pelucheux et une petite langue rose en sortit pour lui lécher la main.
— Oh Merlin ! s'exclama Pansy. Est-ce qu'elle …
La jeune femme était on ne peut plus excitée. Depuis l'épisode prolongé de l'infirmerie, les jumeaux avaient décidé de jouer cartes sur table avec leurs amis, avouant tout ce qu'ils étaient en mesure d'avouer, leur expliquant en quoi consistait leur héritage et leur sang, ainsi que se qu'ils savaient de la famille Grimm. Les enfants Rogue savaient qu'ils pouvaient avoir confiance en eux et le serment sorcier les empêchait de dévoiler ce qui leur avait été confié contre leur gré. C'était plus juste qu'ils soient au courant de tout, du moins de tout sauf de l'ancienne identité d'Eiden et de sa vie en Angleterre.
— Il semblerait, sourit tendrement Eiden.
Il s'approcha doucement et s'immobilisa devant le fauteuil de Drago, s'agenouillant sur le tapis pour laisser à sa sœur le temps de reprendre ses esprits. Elle avait de toute évidence changé alors qu'elle était à moitié endormie et il n'était pas sûr qu'elle ait tout compris à ce qui s'était passé, ni même qu'elle se soit rendu compte qu'elle n'était plus la même. Et en effet, il fallut quelques instants avant que la petite boule duveteuse montre le bout de son museau. Elle le leva d'abord vers la chemise de Drago, gémissant doucement, ensommeillée. Le garçon caressa sa petite tête pointue avant qu'elle ne tente maladroitement de se lever. Elle devait faire une cinquantaine de centimètres, quelques kilos et avait tout d'une peluche. Une fois sur ses pattes, elle colla celles avant contre la poitrine de Drago et jappa doucement vers lui pour qu'il frotte son nez contre le sien.
— Morgane Elie, tu es la chose la plus adorable que je n'ai jamais vue, fit le garçon en la soulevant doucement.
Elle se pourlécha les babines et émit un grondement de satisfaction au compliment qui fit rire son petit ami avant de la déposer, à contrecœur, sur les genoux de son frère.
— Hey ! Bonsoir petite chose, fit-il en passant une main le long de son dos et de son ventre pour détecter toutes malformations suspectes ou anomalies dans son apparence.
Pour toute réponse, elle léchouilla la joue d'Eiden qui rit.
— Tu peux marcher un peu pour voir ? demanda le garçon et l'animal sauta de ses genoux au sol sans trop de difficulté.
Elle tangua un peu à la réception, mais put faire quelques pas sans mal. D'un geste, Eiden rendit une portion du tapis réfléchissante pour qu'elle puisse voir elle aussi à quoi elle ressemblait désormais. Il avait beaucoup parlé de métamorphose animale avec Sekhmet, Anton, Assar et Paavan et savait parfaitement quoi faire lorsque cela arrivait, ce qui lui permettait d'accueillir tout cela plus sereinement. Ce qui était une excellente chose si l'on en croyait l'égyptienne qui avait prédit une accélération du nombre de leur métamorphose à présent qu'ils avaient incorporé la totalité de leur héritage. Elle les avait cependant enjoints à ne pas se précipiter et à tenter de maîtriser au mieux chaque nouvelle apparence avant qu'une autre ne surgisse. Elie sembla satisfaite de son nouveau elle puisqu'elle jappa joyeusement et courut d'un pas léger vers Pansy qui s'extasiait littéralement sur elle.
— Oh Merlin tu es à croquer ! dit-elle en se pâmant.
Les yeux de son amie semblèrent briller d'hilarité contenue et elle reprit ses joyeux coups de langue, ce qui ne sembla bizarrement pas gêné le moins du monde la toujours si propre sur elle et apprêtée Pansy Parkinson.
— Qu'est-elle ? demanda l'adolescente entre deux rires.
— Un renard arctique vraisemblablement, répondit Théo en regardant, attendri la petite peluche vivante. Elle ferait fondre le Seigneur des Ténèbres lui-même, continua-t-il en grattant son pelage épais.
Tous étaient bien d'accord. Elie laissa chacun la câliner un moment, désireuse de faire plaisir à ses amis, puis, des genoux de Blaise, elle gratta un peu la cuisse de son frère de sa petite patte frêle. Il la regarda un instant, curieux, puis elle lui envoya assez de représentations mentales de ce qu'elle voulait dire pour qu'il puisse comprendre.
— Tu penses ? s'enquit-il, n'ayant pas vraiment l'air convaincu.
La petite renarde jappa et il hocha la tête, se laissant aller contre le dossier de cuir et fermant les yeux. Pendant un moment il ne se passa rien, puis finalement la silhouette d'Eiden se brouilla et il prit lui aussi une forme presque identique à celle de sa sœur, bien qu'un peu plus grand et d'une couleur de jais. Elie en battit la queue d'excitation, glapissant joyeusement. Fort heureusement, il était très tard et les autres élèves avaient tous fini par aller se coucher. Eiden était en réalité aussi adorable qu'Elie, ses grands yeux émeraude contrastant fortement avec sa toison d'ébène. Il sauta sans attendre sur Elie qui se dégagea et lui mordit joyeusement l'oreille, tout cela sur les genoux d'un Blaise hilare. Ils combattirent facticement quelques minutes, puis Elie promena son museau le long du corps de son frère, veillant à son tour à ce qu'il n'y ait rien d'anormal. Puis Blaise le descendit charitablement du canapé pour qu'il puisse lui aussi se regarder dans le miroir toujours en place. Sa sœur lui laissa un peu de répit puis se mit à le poursuivre autour de la table basse faisant rire leurs amis qui s'amusaient de ce comportement enfantin. C'était une façon pour eux d'apprivoiser leur nouveau corps et de laisser un peu sortir leurs instincts de métamorphe. Ils se retrouvèrent finalement à rouler devant la cheminée, Eiden mordillant la patte avant de sa sœur qui fila se pelotonner sur les genoux de Drago d'où elle le nargua du regard, en sécurité. L'autre jappa un instant de dépit puis fit de même avec Blaise qui l'accueillit avec plaisir contre lui.
— Adorables ! assura une nouvelle fois Pansy.
Elie eut une sorte de sourire, heureuse de divertir un peu ses amis, puis reprit forme humaine, toujours assise sur les genoux de son petit-ami.
— Tu es magnifique quel que soit ta forme mon ange, murmura Drago à son oreille.
Cela n'échappa pas à Eiden également retransformé qui ricana :
— En même temps, elle ne prend que des formes de peluches !
Elie plissa faussement les yeux en direction de son frère, mais ne répondit pas.
— J'ignorai que l'on pouvait le faire consciemment, continua-t-il, plus songeur.
— Je sentais en moi que tu pouvais le faire, d'instinct. Mais je pense que notre lien aide, c'est plus simple de prendre une forme que l'autre a déjà prise. Souviens-toi pour le loup, tu l'as fait en premier et j'ai suivi, répondit la jeune femme en remettant correctement en place ses vêtements.
— C'est vrai, c'est une bonne chose qu'on l'ait découvert, ça nous sera probablement utile un de ces jours.
— Je n'en doute pas.
Ils en discutèrent tous un moment, puis finalement ils décidèrent d'aller se coucher. Il était fort tard et la lune était haute, même pour les jumeaux habitués à veiller.
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Le froid était moins vif en cette claire journée de début Mars et ils faisaient un temps magnifique. Une aubaine pour les équipes de gryffondors et poufsouffles qui s'affrontaient ce matin-là. Dans les gradins c'étaient l'effervescence, comme tout jour de match. Eiden, Elie et Blaise avaient troqué leur écharpe aux couleurs de serpentard pour d'autres, rouge profond, montrant clairement de quel côté ils étaient. Théo, Pansy et Drago ne pouvaient se permettre pareille fantaisie, dû fait de l'étroite surveillance de leurs parents. Pas que ce dernier ne s'en plaigne, le rouge ne lui allait guère au teint et il n'allait tout de même pas pousser l'offense jusqu'à porter les couleurs de ses crétins de rouges et or. La petite main d'Elie était enfoncée dans sa poche, joignant la sienne, caressant doucement sa peau. Il ferma les yeux quelques instants pour profiter de ce délicieux moment, mais un coup de sifflet et les premières clameurs le coupèrent dans son élan.
— Fichus imbéciles, maugréa-t-il.
Elie sourit de l'entendre, mais conserva son regard sur les deux équipes qui faisaient irruption sur le terrain. Ginny passa au-dessus d'eux et leur adressa un petit signe de la main avant de foncer à sa place alors que les deux capitaines se serraient la main.
Le match commença fort avec trois buts des gryffondors durant les cinq premières minutes, puis Ron en encaissa un et Ginny se vengea en en marquant deux autres. La suprématie des rouges s'installait déjà, sans réelle surprise toutefois …
Elie sautilla sur place en voyant George frapper d'un revers le cognard qui partit en sifflant en direction de Dan Zerrat à qui il fit lâcher le souafle. Angelina se fit un plaisir de le récupérer, quelques mètres en dessous et de le lancer à Alicia qui marqua. Lee rappela le score et fit quelques commentaires au sujet des deux jolies poursuiveuses qui ne plurent guère au professeur Mcgonagall qui le tança vertement.
— Monsieur Jordan, veuillez s'il vous plaît rester concentré sur le match, grinça l'écossaise.
— Mais Madame, c'est le match ! répondit le jeune homme en lui adressant sourire éclatant d'innocence.
Elle lui adressa un de ces regards furibonds dont elle avait le secret et Lee reprit prudemment ces commentaires sportifs.
— Est-ce que tous les Weasley ont le gène du quidditch ? interrogea Pansy. Ils forment tout de même la moitié de l'équipe ...
— Leur frère Charlie était un attrapeur très doué apparemment. D'après ce qu'ils en disent en tout cas, mais leur frère Percy était plutôt branché règles et études, lui répondit Eiden. Je ne sais pas pour l'aîné Bill.
— Percy était encore ici il y a quelques années. C'était un petit snobinard accro au règlement, intervint dédaigneusement Drago.
Eiden ne put s'empêcher de rire alors que Katie Bell marquait un autre but.
— C'est toi qui dis cela ?
Mais il ne le disait pas méchamment et le blond ne s'en offusqua d'ailleurs pas.
— Sérieusement, ce mec était plus mortel que Binns. Le préfet en chef le plus tatillon que l'on n'est jamais connu. Un cauchemar pour les gens d'esprit.
Le fils de Severus pouffa.
— On croirait entendre les jumeaux, ricana-t-il.
— En tout cas, on a vu les deux aînés l'année dernière pour le tournoi et ils sont plutôt pas mal, ronronna Pansy. Vous les avez déjà vus ?
— En photo seulement, mentit Eiden.
— Et bien tu rates quelque chose mon très cher ami. L'un est un fantasme en bottes de dragon, avec quelques cicatrices du plus bel effet, juste ce qu'il faut pour lui donner un petit côté ''je fais un métier dangereux et ça me rend carrément chaud''.
Les autres eurent un petit sourire indulgent pour leur amie qui avait complètement délaissé le match pour ses souvenirs émoustillants. Elle continua joyeusement sur sa lancée :
— Et l'autre est plutôt du genre aventurier sexy, avec un look cuir et croc de serpent : torride au possible. Je fonds complètement devant son côté ''viens vivre une passionnée aventure avec moi''.
— On ne dit pas passionnante aventure normalement ? interrogea Elie, amusée.
— Oh El avec lui je peux bien dire ce qu'il veut, s'emporta fougueusement la brune.
La blonde sourit, elle n'imaginait pas ce que dirait Bill en l'entendant. Probablement que cela le ferait rire également.
— Sérieusement Elie, si jamais un jour tu ne supportes plus le petit ego de notre Dray chéri. Profite de ta bonne entente avec la paire de Weasley et saute leur dessus. Ils sont vraiment sexy, pas autant qu'Anton bien sûr, qui est plus dans le style sauvage et animal, mais tout de même …
Pansy ignora totalement le grondement de Drago et le regard noir qu'il posa sur elle en entourant fermement la taille d'Elienor de ses deux bras.
— J'adore ton petit ego, assura la jeune fille blonde avec un sourire malicieux. Il est vraiment à croquer.
Drago se contenta de l'embrasser, laissant tomber son amie qui semblait complètement perdue dans ses fantasmes. Même la victoire des gryffondors et la liesse d'une grande partie de l'école n'arracha pas Pansy à ses pensées torrides. Finalement Eiden avait eu raison, le match avait duré quarante minutes et Ginny c'était emparée du vif sans trop de difficulté malgré le presque parfait coup de cognard de Dwaine Mentorsen, qu'elle avait évitée d'une roulade souple.
L'équipe de Serpentard plus Pansy, Théo, Hermione et Neville attendirent les joueurs rouges et or à la sortie, les congratulant pour cette belle victoire. Andrea en profita pour féliciter plus particulièrement Ginny sur sa magnifique pirouette, qu'elle lui avait apprise lors de leur entraînement commun. Alors qu'ils allaient partir et les laisser fêter cela entre eux, Angelina s'exclama :
— Vous allez où là ? Venez fêter cela avec nous !
— Avec vous … dans votre salle commune ? fit, surpris, Drago.
— Eh bien oui, je suppose. Où veux-tu le faire sinon ?
Drago grimaça malgré lui. Des serpentards fêter la victoire des gryffondors ? Avec eux ? Dans leur salle commune ? Quelle étrange, mais enthousiasmante idée.
— D'accord, répondit-il.
— Super ! s'enthousiasma Alicia, l'une des poursuiveuses. On y va alors.
Ils les suivirent sans plus se poser de question, traversant le château jusqu'au portrait qui s'ouvrit non sans avoir essuyé la surprise de la Grosse Dame. Elle ne s'opposa pas cependant à l'entrée des serpentard, après tout les temps changeaient.
De mémoire d'élèves, il n'y avait jamais eu de serpents dans l'antre des lions, mais beaucoup de choses avaient été bousculées cette année et il n'eut que peu de réfractaires à cette idée, l'euphorie du match aidant. Les jumeaux s'étaient procurés quantité de boissons, de nourriture et de sucreries, grâce aux elfes des cuisines et au passage secret d'Honeydukes.
— Toujours aussi bien fourni à ce que je vois, sourit Eiden en voyant la profusion de bonnes choses.
— Que veux-tu, lorsque l'on a les bons contacts … toi-même tu le sais bien, fit Fred avec un clin d'œil avant de servir galamment Angelina.
Eiden retrouva avec plaisir la salle commune. Il n'avait pas oublié les quatre années passées entre ces murs et les joies que cela lui avait apportées. Bien sûr il se sentait à présent tout à fait chez lui chez les verts et argents, mais c'était différent. L'antre des gryffons était chaleureuse et accueillante alors que celle des serpents était certes aussi confortable, mais d'une façon différente : plus raffinée, un peu plus froide aussi du fait des couleurs et du style. Si Eiden se retrouvait dans les deux, celle des cachots représentait sa nouvelle vie. Ceux qui était dans le secret lui firent quelques clins d'œil, heureux de le revoir ''à la maison''. C'est d'ailleurs avec une satisfaction infinie que le brun se laissa tomber dans son ancien fauteuil favori. Tout prêt de Ron et Hermione qui avaient fait de même, comme pour se rappeler le bon vieux temps.
— Alors Eiden le repère des lions ? lui demanda d'un air taquin Fred en faisant passer des bières au beurre.
— C'est pas mal, je pense que je pourrai m'y habituer, répondit le fils de Severus en se saisissant d'une.
— Sans doute ! rit l'autre. Nous sommes d'excellente compagnie !
Eiden sourit en portant la bouteille à ses lèvres, sourire qui s'agrandit à l'arrivée de Blaise qu'il tira gentiment sur ses genoux.
— C'est plutôt cool ici ! Différent de chez nous, mais sympa ... fit Blaise en dérobant une gorgée de la bière d'Eiden.
— Ouai pas comme chez vous ... grommela Ron en s'enfonçant un peu plus dans son fauteuil.
— Quand sais-tu ? s'amusa Blaise. Tu sais il n'y a pas de cadavres de moldus exposés ou de mues de serpents clouées aux portes. Je suis certain que ça te plairait !
— Non je ... commença le jeune rouquin, mais Hermione le coupa avant qu'il ne puisse révéler qu'il y avait déjà été.
— Ron s'il te plaît, pour ce soir au moins, fait nous grâce de ton intolérance, dit-elle en lui décochant un regard noir.
Les oreilles du garçon rougirent un peu, mais il ne répondit pas, conscient de son impaire.
— Les autres s'amusent bien ? demanda le fils Rogue à son petit ami pour dévier de ce sujet dangereux.
— Apparemment, Pansy est avec Ginny, Parvati et d'autres filles là-bas et Elie, Théo et Drago parlaient avec George, Lee et les poursuiveuses quand je suis parti.
Eiden balaya la salle du regard et constata que ses amis semblaient parfaitement à l'aise parmi ses anciens camarades. La fête battait son plein, tout le monde riait, discutait et grignotait dans la bonne humeur sur un fond de musique joyeuse. Plusieurs des tubes d'étincelles des jumeaux Weasley avaient été craqués, libérant leurs nuées multicolores qui rebondissaient au plafond. Personne ne semblait s'offusquer de la présence de six serpents dans leur repère, la plupart les connaissaient et faisait partit de l'AD, les autres ne firent aucun commentaire.
George et Lee finirent par entraîner Elie et Alicia dans une danse tapageuse, provoquant les rires des autres membres de l'équipe. Ginny et Dean les rejoignirent, ainsi que Fred, Angelina, Théo et Katie. Drago et Pansy en profitèrent pour rejoindre Eiden et les autres sur les fauteuils, contemplant les danseurs avec bonne humeur.
— C'était une excellente idée, déclara Drago en regardant toujours l'étrange ballet des couples.
Tous se figèrent un instant avant d'éclater de rire.
— Quoi ? s'offusqua Drago.
— Rien, rit Hermione. C'est juste ... le grand Drago Malfoy heureux d'être au milieu des gryffondors, dans leur salle commune.
— Les temps changent ... déclara philosophiquement le jeune homme en étendant élégamment ses longues jambes devant lui.
— C'est une bonne chose, rétorqua Ron en finissant sa bouteille d'un trait, c'est juste ... un peu déroutant.
— Je me demande bien ce que Potter en aurait pensé ... fit pensivement Pansy, le regard dans le vague.
Un silence assourdissant tomba sur le petit groupe, tranchant désagréablement avec l'environnement joyeux et festif qui les entourait. Et malgré le feu qui ronflant vaillamment dans la cheminée, la température aux alentours avait brusquement chuté.
— Je ... commença la jeune fille, consciente d'avoir brisé la joie du moment.
— Harry aurait vraiment été très heureux de voir cela, interrompit doucement Hermione.
Ses yeux étaient tristes et Eiden savait parfaitement qu'il lui manquait, même si elle le savait vivant et auprès d'elle. Il ne vivait plus avec eux, ne partageait plus leur repas et leur salle commune, n'avait plus le même emploi du temps et les mêmes fréquentations. Il n'était plus là et les choses ne reviendraient jamais comme avant. Et cela lui brisait le cœur, même si beaucoup de choses s'étaient passées pour le mieux.
Ron saisit doucement sa main pour la serrer et elle baissa la tête. Mais l'ambiance ne put se dégrader encore car Elie et Théo se laissèrent soudainement tomber à leur côté, babillant joyeusement. Profitant tous de cet heureux revirement de situation, ils se laissèrent emporter par les deux nouveaux venus et leur bonne humeur. Dans le secret de son cœur, Eiden louait sa sœur et ses interventions providentielles. Il ne faisait aucun doute qu'elle avait saisi son soudain mal-être et la situation. Ce qui se confirma d'ailleurs lorsqu'il murmura des remerciements et qu'elle lui servit l'un de ses adorables sourires.
La soirée se termina fort tard et c'est le professeur Mcgonagall elle-même qui vint finalement mettre un terme à la petite fête, estimant que vu qu'ils tenaient éveillé le château depuis des heures, alors ils pourraient tout de même finir par envisager d'aller se coucher et de laisser les autres faire de même. Elle faillit s'étrangler en voyant six serpentards dans la tour et masqua habilement un sourire avant de les sommer de retourner aux cachots.
— Et Monsieur et Mademoiselle Rogue, fit-elle avant qu'ils ne passent le trou du portrait. Pas de détours je vous pris ...
Les deux adolescents lui offrirent un sourire éclatant et lui souhaitèrent une bonne nuit en cœur avant de disparaître.
— Merlin, murmura la sorcière écossaise, quand Albus saura ça !
Puis elle étouffa un petit rire en pensant à la tête de ce cher Severus et rejoignit ses quartiers à son tour.
Ses enfants se changèrent cependant de lui raconter eux-mêmes la soirée le lendemain. Ils avaient pris possession pour l'après-midi de ces appartements, travaillant autour de la table basse sur la nouvelle corvée qu'Ombrage leur avait infligée. Blaise, Théo, Pansy et Drago étaient là aussi, ronchonnant comme eux sur le vieux crapaud.
— Morgane et dire qu'il me reste encore soixante centimètres ! geignit Théo.
Les autres échangèrent des regards sombres, ils n'étaient pas plus avancés.
— Je n'ai pas la moindre idée de ce que je vais bien pouvoir dire ensuite, rebondit Drago en soupirant.
Il se pencha sur Elie assise au sol contre sa jambe qui grattait son parchemin sans trop y croire. Le garçon grimaça en le voyant.
— Euh ... mon cœur ? risqua-t-il.
Elle releva ses yeux de son travail, l'air interrogative.
— Sans vouloir te vexer mon ange, mais ... euh ... ce n'est pas franchement lisible ... expliqua le garçon.
Mais elle ne prit pas la mouche, se contentant de soupirer.
— Je sais, déjà qu'à l'ordinaire ce n'est pas terrible, mais en plus lorsque je n'ai envie d'écrire ... souffla-t-elle en laissant tomber sa plume sur la table cirée.
Drago ne put s'empêcher de sourire tendrement. Il ne parvenait toujours pas à croire qu'une fille aussi gracieuse qu'Elie écrivait aussi mal. Elle avait pourtant eu une éducation noble, ce qui avait dû comprendre des leçons de calligraphie, ou du moins aurait dû ...
— Rose a tout essayé, mais apparemment je suis un cas désespéré, confia-t-elle avec une petite mine.
Drago se saisit doucement de son menton pour l'embrasser, souriant toujours.
— Ce n'est pas grave, dit-il, à vrai dire c'est plutôt mignon.
Severus revint de sa réserve sur ces entrefaites et demanda d'un air buté :
— Alors c'est comme ça que vous travailler vous ? Auriez-vous trouvé une nouvelle méthode de transmission de pensée ?
— On a bien le droit à un peu de réconfort, opposa le jeune homme. Ce truc est plus assommant que les leçons de maintien de Père ...
Le professeur laissa tomber ses ingrédients sur la grande table et soupira :
— Montre-moi cela ...
Drago le lui tendit avec le même sourire qu'il devait aborder en cas de Noël surprise.
— T'ai-je dit que tu es mon parrain préféré ?
— Je suis ton seul parrain Drago ...
— Le meilleur que la terre ait porté, le ...
— Ça va tu peux arrêter ton cirque, je vais vous aidez, coupa l'adulte en levant les yeux au ciel.
Il se laissa tomber aux côtés du jeune homme et parcourut les quelques lignes du sujet, fronçant les sourcils au fur et à mesure de sa lecture. L'adolescent blond ricana et fit avec un sourire goguenard :
— Tu vois, toi aussi tu trouves cela stupide !
— Je n'ai pas dit cela, réfuta le potionniste en reposant le parchemin sur la table.
— Mais tu l'as pensé !
Le professeur grogna et les autres élèves sourirent discrètement
— Parfois Drago je maudis ta mère de ne pas t'avoir fait muet …
Un grand rire secoua les plus jeunes et le blond noua ses bras d'un air boudeur, fusillant son parrain du regard. Mais celui-ci ne lui prêta pas la moindre attention et fit venir à eux quelques ouvrages qui s'entassèrent en une pile bien nette.
— Vous devriez trouver ce dont vous avez besoin là-dedans. Je sais que dans le vert, là, les vieilles lois de 1811 sont répertoriées et dans le rouge est relatée l'affaire des êtres de l'eau. Il doit y avoir également quelques lignes sur le cas des centaures, mais le petit, ici, vous aidera pour ceux du troupeau de Poudlard.
— On aurait pu demander à Firenze … dit Blaise, mais ça n'aurait pas été très délicat de notre part.
Le centaure leur avait expliqué que son troupeau l'avait battu et rejeté lorsqu'il avait accepté le poste de professeur et qu'il ne pouvait plus s'approcher de la forêt tant les siens étaient en colère après lui. Ils avaient tout de même manqué de le tuer, si Hagrid n'était pas intervenu, c'est ce qui se serait passé.
— Non en effet, fit distraitement Severus en consultant la table des matières d'un des ouvrages de la pile. Puis le tendant à sa fille il lui montra un paragraphe. Voilà il y a un petit résumé assez clair ici.
Ombrage avait donné comme devoirs aux cinquièmes années d'étudier pourquoi les hybrides et les êtres magiques devaient être contrôlé par le Ministère et les dangers qu'ils représentaient. C'était totalement stupide et raciste, mais il ne faisait aucun doute qu'elle avait encore la nomination d'un centaure au poste de professeur à Poudlard en travers de la gorge. Elle ne décolérait plus depuis quelque temps, envoyant de plus en plus de personnes en retenue. Eiden avait cependant réussi à se contrôler et à l'éviter, pour le bien de Blaise qui craignait à présent chaque cours de Défense contre les forces du mal. Mais Eiden faisait de gros efforts pour tenir sa bouche fermée, au plus grand soulagement de son compagnon qui n'était pas prêt à revivre l'enfer de l'ancolie. Même lorsqu'Ombrage passait à côté de lui avec son petit sourire suffisant, sûrement contente de l'avoir mis au pas, il ne réagissait pas, se contentant de la regarder d'un air neutre comme si elle n'était qu'un autre des meubles de la salle. Severus en était également satisfait, il craignait les thèses raciales de sa collègue et ce qu'elle pouvait faire à ses deux enfants. Ni lui ni les autres n'avaient rien pu faire contre ses horribles punitions, Dumbledore lui avait clairement signifié que de telles pratiques étaient contraires à l'éthique de l'établissement et à la limite de l'illégalité, mais le vieux crapaud lui avait seulement répondu avec un affreux sourire d'adresser ses requêtes au Ministre. Évidemment, aucune réponse n'était revenue et personne ne savait même si Fudge en avait eu connaissance. Ils étaient tous liés et sans possibilité de faire quoi que ce soit.
Les six élèves de serpentards s'étaient plongés dans les différents ouvrages, écoutant les conseils et les explications de Severus. Leur travail avançait ainsi un peu plus vite, bien qu'il reste affreusement laborieux et ennuyant. Il fallait soutenir la thèse d'Ombrage qui considérait les hybrides et les êtres magiques comme des monstres et des bêtes sauvages , dangereuses et aucun d'eux n'était évidemment d'accord avec cette position. Elie était celle qui avait le plus de mal avec ce sujet : elle ne connaissait pas autant la législation anglaise sur ses faits, n'ayant pas suivit leurs quatre années de cours d'Histoire de la Magie et de Défense contre les forces du mal et n'avait donc qu'une vague connaissance de la position des êtres magiques dans la société du Royaume-Uni. Eiden louait d'ailleurs Hermione et ses notes sur le sujet qui lui permettait de se débrouiller aujourd'hui. Ron et lui avaient honteusement profité d'elle durant toute leur scolarité et il ne s'était jamais vraiment penché sur toute l'aide que la jeune née moldu leur avait apportée. Inscrivant quelques faits rabâchés par la brune l'année précédente, il se promit de la remercier comme il le lui devait.
— Pourquoi les êtres de l'eau sont considérés comme des animaux ici ? interrogea Elienor. Ils ont un langage, une culture, une histoire et même un patrimoine. On peut difficilement les considérer comme des bêtes. Leur intelligence est de plus comparable à celle des métis ou des sorciers.
— En vérité, répondit Pansy en levant le nez de son parchemin après avoir inscrit une nouvelle ligne, en 1811 ils étaient considérés comme des ''êtres''. Le gouvernement du ministre Grogan Stump avait établi à ce moment qu'un être était « une créature dotée d'une intelligence suffisante pour comprendre les lois de la communauté magique et pour prendre une part de responsabilité dans l'élaboration de ces lois ». Ce qu'ils sont, à ne pas en douter. Mais ensuite ils ont choisi de retourner sous l'appellation d'animaux.
— Je ne comprends pas l'intérêt d'une telle démarche … avoua Elie, en France ils sont sous le régime des êtres et non pas des animaux.
— Lorsque les êtres ont été conviés par le ministère à accepter ou non ce nouveau statut, certains l'ont refusé ou l'on rendu quelque temps plus tard, comme les merrows, les selkies, les sirènes et les centaures. Ils n'étaient certainement pas d'accord avec les directives du Ministère et ne voulaient qu'on les laisse en paix.
— Ce que l'on peut comprendre, intervint Blaise. Il y a deux ans, Ombrage a fait campagne pour les recenser et les marquer. Et ce n'est, de loin, pas la seule initiative de cette sorte. Cela explique qu'ils aient rejeté les propositions du gouvernement.
— À juste titre, grogna la blonde. Les marquer ? Comme un troupeau de vaches ? Pourquoi pas les enfermés dans un zoo tant qu'on y est …
— Je crois que c'est le projet, à terme, grimaça le basané, conscient de la colère, justifiée, de son amie.
— Et on se demande pourquoi il y a si peu de métis ici, gronda la jeune femme. Ces lois sont tellement rétrogrades !
— Tout le monde n'a pas la chance d'avoir Rose comme chef du Département de liaison et de protection des créatures magiques, sourit l'autre en tachant de la faire revenir à une humeur plus joyeuse.
— Vous n'avez même pas de Département de liaison et de protection des créatures magiques, vous avez un Département de contrôle et de régulation ! Le but n'est pas exactement le même … régulation, cracha-t-elle, cela sonne comme si ils organisaient des battues ...
— Le Royaume-Uni n'est pas exactement ouvert sur ses questions, expliqua doucement Drago. Ce sont les sangs purs qui règnent ici et comme ils ne sont pas favorables à une ouverture sur les créatures magiques, en tout cas uniquement lorsque cela les arrangent … et puis nous en sommes là.
— Oui, ricana un peu méchamment Elie, une seule des dix-neuf au sang anglais !
Les autres relevèrent la tête à l'entente du ton sec de l'adolescente, surpris de la voir de si mauvaise humeur. Elie se mettait rarement en colère, sauf sur ce qui concernait ses proches, l'égalité et le racisme.
— Les dix-neuf ? interrogea Pansy curieuse et désireuse de calmer l'atmosphère.
— Une sorte d'équivalent des vingt-huit sacrés chez nous, expliqua Blaise.
— Euh … que sont les vingt-huit sacrés ? s'enquit Eiden qui n'en avait jamais entendu parler.
— Il est aussi appelé le registre des sangs purs, dit Théo. Il a été inventé en 1930 par mon arrière-grand-père Teignous Nott et liste les vingt-huit plus grandes familles de sangs purs anglaises, celles qui n'auraient pas été ''contaminées'' par les moldus. Une bonne partie d'entre eux suivent Voldemort, comme la mienne, les Travers, Rowle, Rosier, Black, Yaxley, Lestranges, Carrow et les Malfoy.
À la mention de ces derniers, Théo coula un regard désolé vers son ami blond qui haussa simplement les épaules, il était inutile de la nier et cela ne voulait pas dire qu'il partageait ses idéaux, bien au contraire.
— Il y a aussi des familles neutres : les Greengrass, Selwyn, Ollivander et Slughorn et d'autres dites ''blanches'' : les Londubat, les Abbot, Macmillan, Prewett, Shacklebott et les Weasley bien sûr.
— Les Weasley ? s'étonna Eiden. Mais je croyais que …
— En faîte ça vient de là, le truc de traître à leur sang, répondit Théodore en jouant avec sa plume. Quand le registre est sorti, ils se sont insurgés, avec d'autres, que leur arbre généalogique comportait des moldus et qu'ils en étaient fiers.
— Je vois … fit le brun. Et pour Selwyn, ils ne sont pas exactement neutres …
— En faite, historiquement et officiellement si, rétorqua le fils Nott, comme les Flint et les Bulstrode. C'est l'oncle d'Artémisia qui est mangemort, pas son père, l'aîné, ni son grand-père, le patriarche, donc officiellement, tant qu'ils ne prennent pas position … la famille est toujours neutre.
— Mais les dix-neuf alors, qu'est-ce que c'est ? demanda Pansy qui ne voulait pas que l'on s'écarte du sujet.
— C'est un peu du même genre, déclara Blaise alors qu'Elie reniflait, clairement mécontente qu'il fasse un rapprochement.
Le basané sourit de l'air buté de la jeune fille et continua :
— Bien sûr ce n'est pas une question de pureté du sang, ce serait complètement idiot, mais cette liste rassemble les plus anciennes et puissantes familles d'Europe, celles qui concentrent le plus de pouvoir et de connaissance.
— Ça ressemble en effet au vingt-huit, risqua Théo qui ne voulait pas subir la colère de sa camarade.
— Je sais, soupira-t-elle, c'est aussi exclusif et cela part de la même idée, mais …
— Tu n'aimes pas que l'on fasse le lien avec les idéologies d'ici, acheva le garçon aux cheveux corbeau tandis qu'elle hochait la tête. Je comprends.
— Et donc sur ces dix-neuf, il n'y en a qu'une seule du Royaume-Uni c'est cela ? interrogea Drago.
— Une et demi en faîte, déclara Elie en soupirant. Les Powys sont originaires du Pays de Galles et Quenech d'Irlande, de Cornouaille et de Bretagne française. Il n'y a plus que quelques gens de Powys en Angleterre, les autres ont fui sur le continent ou en Irlande du Sud.
— Ce gouvernement n'est pas vraiment favorable à l'existence des métis donc peu vivent ici, continua Blaise.
— Mais ta mère et celle des jumeaux … rétorqua Pansy.
— Des cas isolés, intervint le basané. Ma mère a suivi mon père et celle d'Elie et Eiden a été adoptée ici. Elles n'ont pas choisi l'Angleterre pour son accueil …
Il étouffa un petit rire, mais Pansy reprenait déjà :
— Et vous ?
— Comment cela est nous ? s'enquit calmement Eiden qui bien qu'il connaissait tout cela avait préféré laisser Elie et son compagnon expliquer.
— Vous en êtes, des dix-neuf ?
Le brun sourit, un peu moqueur.
— Cela changerait quelque chose ?
— Bien sûr que non, c'est de la curiosité rien de plus, grinça la jeune femme. Je te signale que Drago, Théo et moi sommes amis depuis la première année avec Blaise et que les Zabini ne font pas partit des vingt-huit sacrés, contrairement à nous.
— Et je ne m'en porte pas plus mal, répondit celui-ci avec un grand sourire. J'ai mon quota de sang noble de toute façon.
Les Zabini étaient une ancienne famille italienne de sang pur et s'il ne faisait pas partie du registre anglais, ils l'auraient fait d'un italien si une telle chose existait, bien que cela ne l'importe guère.
— Alors, allez-vous répondre à ma question ? s'impatienta l'adolescente brune.
— Les Grimm font partie des dix-neuf, ainsi que les Bordia, la famille de ma mère, consentit enfin à répondre le bistré. Les premiers comptent surtout des elfes et des métamorphes mais les seconds sont presque entièrement vélane.
— La race est importante pour ces lignées ? demanda Théo qui était toujours avide d'en savoir plus.
— Non, c'est simplement que certains gènes ne se mélangent pas. Les loups-garous par exemple ne peuvent être métissés, la génétique ne le permet pas. Les vélanes peuvent se mêler aux autres métamorphes, mais pas aux elfes.
— Cela veut dire qu'ils ne peuvent se … reproduire ensemble ? questionna la fille Parkinson en risquant un regard en coin à Eiden qui n'avait pas bougé.
— Non, sourit Blaise qui devinait parfaitement à quoi elle pensait. Cela signifie juste que les enfants d'un telle couple seront soit l'un, soit l'autre.
— Donc, imaginons, si toi et Eiden avez des enfants …
— Ils seront vélane ou elfe, avec peut-être du sang de métamorphe, mais pas les trois.
— Ils seraient probablement métamorphe, ajouta Elie, le gène est dominant, c'est pourquoi il n'y a plus beaucoup d'elfe et de vélane ''pur''.
— Et c'est une bonne chose, opina Eiden. Les métamorphes sont plutôt solides, c'est un bon ajout de sang.
Ils parlèrent encore un moment, abandonné depuis de longues minutes par Severus qui avait repris ses potions, conscient que le retour au devoir ne se ferait pas tout de suite et qu'ils méritaient bien une pause. Rose et les autres lui avaient déjà expliqué tout cela, mais il voyait bien que le sujet passionnait Pansy, Drago et Théo. Surtout le dernier d'ailleurs qui, s'intéressant de prêt à la médicomagie, était ravi de discuter avec les autres de génétique.
— Est-ce que vous êtes apparentés, vous et Blaise, s'enquit Drago, ici les sangs purs le sont tous.
Les trois se regardèrent. Eiden et Elie s'étaient un peu penchés sur leur généalogie depuis la révélation de Severus et Rose, mais ils n'avaient pas encore eu ni le temps ni les moyens techniques de le faire en profondeur. Blaise, lui, avait une meilleure connaissance de la lignée de sa mère, mais ne s'était jamais posé la question.
— Je n'ai pas le souvenir que les Bordia aient été récemment unis aux Grimm, fit le basané, mais je crois que les Ivrée-Nocera, la famille de ma grand-mère l'ont fait il me semble, mais cela doit remonter à au moins trois générations …
— Plutôt quatre à mon avis, déclara Eiden, du moins dans la branche principale. Ça devait être Anthime Grimm et Amaranthe Ivrée-Nocera, mais je ne suis pas sûr. On n'a pas vraiment trouvé d'information là-dessus, lorsque l'on verra le clan cet été on pourra en savoir plus.
En son for intérieur, Elie souriait comme une bienheureuse. Eiden semblait avoir exorcisé sa peur du clan et de son accueil puisqu'il parlait à présent de s'y rendre prochainement. La jeune fille en était très heureuse, elle voulait partager cela avec son frère.
Ils revirent finalement au devoir d'Ombrage, discutant du cas des loups et de la disparition du Bureau d'assistance sociale aux loups-garous. Ils parvinrent tous à terminer leur devoir en fin d'après-midi et l'abandonnèrent sans un regard en arrière. Profitant que son père soit revenu de sa réserve Eiden demanda :
— Y a-t-il des nouvelles concernant Dumbledore et les enfants parjures de mangemorts ?
L'adulte soupira en passant la main dans sa chevelure, manifestement la nouvelle n'allait pas plaire à son fils.
— Il dit que s'ils peuvent prouver de leur bonne foi, ils pourront se battre aux côtés de l'Ordre du phénix.
— En clair ? interrogea le brun.
— Cela veut dire qu'ils doivent d'abord fuir et se débrouiller seuls puis ensuite faire preuve de bonne foi afin de s'engager dans les rangs du vieil homme, expliqua Théo qui comprenait parfaitement ce que tout ceci sous-entendait.
— En clair il ne les aidera pas, résuma Drago sur un ton sec.
Le fils Nott et Severus hochèrent la tête.
— Mais ils ne peuvent pas s'enfuir comme cela, à l'aveugle sans avoir de refuge ! protesta Eiden. C'est de la folie et aucun ne le fera, ils risquent moins à rester chez eux.
— Je le sais Eiden, mais c'est la position de Dumbledore et de l'Ordre. Tu sais, certains d'entre eux considèrent que ces enfants ne sont pas et ne seront jamais dignes de confiance. Pour eux, ils sont et resteront des Mangemorts …
— C'est la chose la plus stupide que je n'ai jamais entendue ! tempêta Eiden. Ils ne sont encore rien du tout, ils sortent à peine de l'enfance !
— Je suis d'accord avec toi fils, mais je te rapporte ce que l'Ordre pense et cela m'étonnerait qu'ils changent d'avis. Ils estiment que s'ils ne réussissent pas déjà à protéger les leurs et les familles blanches, alors il n'est pas de leur ressort de gaspiller du temps et de l'énergie pour des jeunes qui n'ont montré toute leur scolarité que la haine et le mépris des autres.
Eiden roula des yeux, fortement agacés et en colère.
— Tout ceci est ridicule, les petites histoires d'écoliers n'ont rien à voir avec ce qui se passe dehors, nous avons tous fait des erreurs et les rivalités d'enfants idiots n'ont pas lieu d'être prises au sérieux. Je n'arrive pas à comprendre l'Ordre !
— Tous ne pensent pas ainsi, modéra Rogue. Kingsley, Tongs, Lupin, Black et les Weasley pour ne citer qu'eux sont de ton avis. Mais le problème est que l'Ordre n'est pas en mesure d'accueillir tous les enfants parjures. Nous n'avons pas de lieu sûr pour eux.
— Mais le QG …
— On ne peut faire entrer des civils là-bas, encore moins avec un tel passif Eid et tu le sais très bien. D'autant qu'il n'y a de toute façon pas assez de place. Ceux qui veulent combattre seront sans doute acceptés, avec beaucoup d'effort, mais les autres … Dumbledore ne peut rien faire.
— Ce n'est pas juste, fit remarquer Elie. Ils ne devraient pas avoir à choisir entre Voldemort et Dumbledore. Tout le monde a le droit de rester neutre et soutenir une cause ne veut pas dire se battre pour elle. La plupart d'entre eux préféreront rester du côté des mangemorts qui les laisseront tranquilles, à l'écart des combats, plutôt que de devoir mourir avec l'Ordre. Et je les comprends, chacun ses choix.
— Je l'ai comprends aussi Enor, répondit calmement son père, mais je vous rapporte seulement la réalité des choses.
— Alors on ne fait rien ? demanda son frère.
— L'Ordre en tout cas ne fera rien de plus et je ne vois pas ce que l'on pourrait faire … soupira l'homme en tournant son chaudron. À part la fuite à l'étranger …
— On peut peut-être aider ceux qui le veulent, intervint Drago. La plupart de mes relations ont un lien avec mon père, mais il y a peut être des moyens de …
— Et puis quoi, souffla Pansy, on les aide à partir et ensuite ? Sans argent et cachés, que veulent-ils qu'ils fassent ? Ils seront repris à un moment ou un autre et ils souhaiteront ne jamais être partis, crois-moi !
— On pourrait peut-être … commença Blaise, mais Elie secoua fermement la tête.
— Quoi ? interrogea Théo qui les avait vus faire.
— Blaise voulait demander l'aide de certains clans, mais nous en avons déjà parlé et ils ne peuvent et ne veulent pas prendre position officiellement, lui répondit son compagnon.
— Pourquoi ?
— La plupart considèrent que c'est un problème sorcier et que cela ne les regarde pas, expliqua le basané. Le très petit nombre de métis anglais sera accueilli s'ils fuient, mais pas les humains non Astu. Ils ne voient pas pourquoi ils prendraient position pour eux alors que les sorciers continuent de les chasser et de les massacrer. Et je dois avouer que je suis assez d'accord … termina très bas le bistré en baissant les yeux.
— Il faut aussi comprendre que nos communautés sont réduites et on déjà bien du mal à se protégé eux-mêmes de Voldemort et du reste du monde, on ne peut leur demander de mettre en danger des non-combattants, des vieillards et des enfants pour servir de refuge.
Il eut un silence, en effet, cette voie était sans issue. Même Severus ne savait que faire.
— Et si nous nous occupions de cela ? risqua Blaise.
— Je te signale que nous sommes mineurs, Blaise si tu l'avait oublié, ricana Pansy. Tu n'as pas de possession pour le moment et nous non plus.
— En vérité, dans quelques jours ce ne sera plus le cas … dit doucement le garçon à la peau sombre.
— Comment ? questionna Drago qui ne voyait pas comment cela était possible.
— Les métis sont majeurs à seize ans, pas dix-sept comme les sorciers, et bien que nous respections la législation sorcière concernant l'usage de la magie et le reste, les nôtres nous considèrent adultes à cet anniversaire et donc il est d'usage de mettre une partie du patrimoine de la famille à son nom, expliqua posément Elie. En revanche, même si cela paraît être une bonne idée Blaise, je ne pense pas que cela soit prudent. Ton père est déjà surveillé par le Ministère et les mangemorts, ainsi que ta famille, ce n'est pas un refuge idéal. En revanche, même si Eiden et moi sommes surveillés en tant que métis et enfants de Severus, personne ne connaît notre réelle ascendance et l'étendue des possessions Grimm …
— Tu proposes de … commença Drago.
— Oui. Nous en avons longuement discuté avec Den, fit-elle en adressant un sourire à son jumeau et nous avons découvert avec l'aide d'Orsu, Morwen et Rose que notre famille avait des demeures au Royaume-Uni et comme les Grimm sont censés être éteint, tout ce patrimoine n'est pas très clair et encore moins inscrit sur les registres du Ministère. Seule la banque Hemlotts, le pendant sur le continent de Gringotts, à la liste complète de ce que cela représente. Et comme les gobelins ici, leurs homologues ne divulgueront jamais leurs informations. Rose travaille actuellement là-dessus, avec Hem, le gobelin en charge de notre patrimoine. Il tente de trouver quelque chose qui fera l'affaire en tant que refuge, mais nous serons de toute façon limités, ce n'est qu'une partie de la solution.
— Mais c'est déjà quelque chose, approuva Théo.
— L'ennui c'est que nous n'en serons propriétaires que le 31 juillet, donc nous ne pourrons pas accueillir Andrea et les autres avant cette date, l'accès sera impossible.
Severus n'en revenait pas de tout ce que ces enfants avaient mis en place et sous son nez en plus, bien qu'il sache déjà qu'ils étaient fort doués en la matière. Il avait oublié la majorité précoce des métis, cela ne lui avait pas semblé important puisqu'ils étaient de toute façon soumis à la loi sorcière. Mais en vérité, ses choses allaient être d'une grande importance.
— Je ne pourrais pas … commença-t-il, mais Elie comprit immédiatement.
— En partit oui, mais se serait dangereux. D'abord à cause de ton statut d'espion, il est nécessaire que tu restes le moins mêlé possible à tout cela, que Voldemort ne découvre rien et ne te le fasse pas payer. Mais aussi, car Maman n'avait pas pris réellement possession de cet héritage, elle ne savait pas son existence et ne c'était jamais rendu dans aucune de ses demeures, la magie ne l'a donc pas reconnu complètement et de fait toi non plus. D'autant que vous n'avez pas eu un mariage métis ...
— C'est important ?
— Oui, répondit Blaise. Notre magie familiale et fortement liée au sang et aux rites, que vous n'avez pas échangée lors de la célébration, les protections seront donc instables jusqu'à ce qu'Eiden et Elie les réactivent à leur majorité. Donc pour le moment, les possessions des Grimm sont dangereuses à approcher, surtout pour toi qu'elles ne reconnaîtraient probablement pas.
— Tout ceci me paraît fort compliqué, murmura Pansy qui se massait la tempe droite en réaction.
— Ça l'est, acquiesça le basané avec un sourire d'excuse, mais ce n'est ni le lieu ni le moment d'en discuter. La question est maintenant : qu'allons-nous faire des parjures entre la fin des cours et le 31 juillet ?
C'est à ce moment que Severus intervint :
— Je peux trouver quelque chose pour un mois, si l'on se contente pour le moment des cas les plus urgents, ceux des septièmes années qui seront marquées à leur retour chez leurs parents. Après nous aviserons pour le reste.
— Je suis d'accord, mais je préférerai que Dumbledore n'en sache rien, répondit Eiden en tentant de trouver une meilleure position sur le canapé, depuis le temps où il y était assis. S'il ne veut pas s'en mêler très bien, mais il ne les sollicitera donc pas pour en faire des soldats, ils ne le feront que s'ils le désirent.
Severus acquiesça, il connaissait quelqu'un qui le ferait pour un mois. Il devait bien sûr lui parler, mais il était presque certain de sa réponse.
— De combien d'élèves parlons-nous ? interrogea-t-il.
— Trois, déclara Drago. Andréa Safiq, Kathleen Mevan et Allen Fawley.
— Fawley ? s'étonna Severus. Je n'aurais jamais imaginé qu'il soit contre les thèses du Maître. Son père est un mangemort convaincu et lui-même n'est pas tendre avec les autres maisons …
— Il n'a sans doute pas le choix. Son père fait partit du conseil de l'école et ils les surveillent de très près Elijah et lui. Au moindre faux pas, il s'assure que cela ne recommence jamais. Allen m'a montré les cicatrices que les corrections de son père lui ont laissées, cet homme est un véritable bourreau et sa mère une faible qui n'a jamais rien fait pour les défendre. Il s'acharne sur Allen par ce qu'il défend son cadet et si on ne fait rien pour lui il sera livré au Seigneur des Ténèbres et marqué. Allen n'est pas un mauvais gars, il a juste du mal à faire confiance et il se méfie de Dumbledore, mais c'est de lui-même qu'il est venu me voir et je suis certain de sa sincérité.
Eiden avait débité son discours d'un ton sec, non pas qu'il reproche quoi que ce soit à son père, mais l'histoire d'Allen lui paraissait un peu trop semblable à la sienne sous certains aspects pour qu'il puisse s'en empêcher. Il n'avait aucun doute le concernant, il savait, comme Elie, lorsqu'on lui mentait grâce à l'empathie héritée de sa mère.
— Je ne remets pas en cause la confiance que tu lui portes, mon ange, intervint Severus d'une voix douce, ni sa légitimité. Je suis surpris c'est tout. Mais le fait de jouer le jeu est son seul moyen de survie je l'entends bien.
Eiden hocha la tête et ramena ses longues jambes contre lui, soufflant longuement. Toute cette situation le rendait dingue et le vieux fou qui ne faisait rien …
— Je suis sûr que cela ne posera pas de problème à mon contact de les garder en sécurité pour un mois le temps de trouver quelque chose de mieux, fit Severus pour le rassurer.
— Il va tout de même y avoir un souci, dit la fille Parkinson, pensive. Jamais Andrea ne laissera Arya toute seule chez ses parents et les autres non plus.
— Kathleen c'est arrangée avec sa tante cracmolle avec qui elle est en contact secrètement, elle laissera son petit frère et sa sœur chez elle lorsqu'elle partira et ils quitteront le pays, elle a fait faire des papiers moldus pour eux, tout est prévu depuis l'été dernier. Même si elle ne vient pas avec nous elle les laissera à sa tante, elle ne veut pas qu'ils soient donnés à Voldemort.
— Ce ne sont que des enfants que veut-il qu'il leur fasse … répliqua Drago.
— Il les a menacés d'envoyer Greyback à la dernière mission ratée de son père, elle a raison de craindre pour eux, personne n'est à l'abri, intervint le potionniste. Les faire passer côté moldu et mieux encore, la frontière, est la meilleure solution.
— C'est ce qu'elle pense également, approuva Elie, mais Allen n'a pas cette chance et s'il déserte, son père va se venger sur Elijah, c'est certain. Il ne partira pas sans lui et Andrea pas non plus sans sa sœur.
— Je vais voir ce que je peux faire, fit Severus. Je vais en parler à mon contact et je vous dis dès que j'ai des nouvelles.
Les adolescents acquiescèrent, mais les jumeaux ne semblaient pas très heureux.
— Je sais que vous ne vouliez pas me mêler à cela, mais nous n'avons pas le choix dans ce cas là.
— On sait, mais ça ne nous oblige pas à apprécier, répondit son fils.
— C'est une bonne chose, Eiden, vous allez sauvez trois jeunes de Voldemort, cinq si on compte Arya et Elijah. Sans vous, ils seront marqués cet été, sans espoir de retour en arrière. Ne vous rendez-vous donc pas compte à quel point c'est miraculeux ?
— On ne les a pas sauvés, fit doucement Elie. Nous sommes en guerre, qui sait lesquels d'entre nous vont survivre à tout cela. Nous leur donnons seulement du temps.
— Et vous êtes les seuls à le faire, ça et l'AD, Merlin vous en faites plus que certains membres de l'ordre et même si cela ne me réjouit pas, je dois bien avouer que cela me rend très fier, dit le professeur.
Les jumeaux lui offrirent un pâle sourire et Eiden haussa les épaules :
— On fait ce qu'on peut. On ne peut pas tous être de super espion.
La journée se termina donc sur une note plus légère et lorsqu'ils prirent le chemin de la Grande Salle à l'heure du dîner, tous étaient d'humeur plus joyeuse.
[1] Caru : chéri, aimé
[2] Bratir : frère
[3] Suior : sœur
Je rappelle que tout les termes que j'utilise viennent du celte.
