N.D.A :
Bonsoir,
Merci à Cognards d'avoir relu ce chapitre et merci à ceux qui passent, lisent, commentent.
Pour le prochain chapitre il va encore falloir patienter trois semaines, j'ai quelques difficultés d'emploi du temps.
Elishae
mamy 83 : Merci pour vos compliments, cela fait beaucoup de bien en ces temps d'écriture plus difficiles.
Guest : Oui les jumeaux s'écartent de plus en plus de Dumbledore, ou du moins ils font sans lui. Pour Severus et Rose, je ne peux confirmer mais tu devrais avoir la réponse d'ici quelques chapitres.
Adenoide : Merci pour ta fidélité d'abord et oui, Eiden et Elie s'organisent sans Dumbledore et l'Ordre, vu qu'ils n'ont pas vraiment le choix. c'est regretable, mais ils ont leurs convictions alors ...
Chapitre 16 : Une géante surprise
La salle commune des serpentards était encore animée à cette heure-ci, la veille de la reprise des cours. Le matin même, Rose avait réveillé Eiden et Elie pour qu'ils préparent leur valise et ils avaient passé leur dernière matinée à Combe-les-lys. Ils avaient déjeuné tous les quatre en famille et s'étaient moqués de Severus qui grognait à l'idée de revoir ces ''cornichons d'élèves incapables de réaliser la moindre potion''. Rose les avait serrés dans ses bras et leur avait fait promettre de lui écrire au moins une fois par semaine et ensuite ils avaient pris la cheminette pour l'Impasse du tisseur et transplané sur le quai de la gare où ils avaient retrouvé leurs amis et compagnons.
— Tu as vu ton père pendant les vacances ? demanda Elie assise tout près de Drago à leur place favorite.
— Seulement le premier jour heureusement, ensuite Mère nous a emmené Théo et moi sur le continent. Le père de Théo ne l'a même pas vu, il est venu de la gare avec Mère et moi.
— Et c'est très bien comme cela, crois-moi. Moins je le vois, mieux c'est, déclara Théo, installé en face.
— C'est ton père… commença Blaise qui était triste de l'entendre.
— Non, c'est mon géniteur, pas mon père. Il ne me regarde pas, ne me parle pas, je ne fais qu'exister pour lui, gênant et honteux. Je ne suis pas son fils, seule une immense déception, rétorqua le jeune homme d'une voix qui se voulait sans âme.
— Ouais, tout comme le mien, fit Drago. La seule chose qu'il m'a demandé en arrivant c'est : j'espère que tes résultats seront meilleurs cette année et que tu es toujours avec la fille de Severus.
— C'est agréable de se sentir désirée par sa belle famille, rit Elie.
— Tu es son petit incubateur pour purifier sa lignée, ricana son frère.
— Il n'y a probablement pas grand-chose à purifier en raison de la… hum… tolérance des Malfoy à l'égard des moldus. Mais il ne crache pas sur un petit ajout de puissance, même s'il doit mâtiner son sang pour cela, grimaça Drago.
— Que du magique ! assura joyeusement Elie.
— Et vous, où étiez-vous finalement ? s'enquit Blaise. Vous êtes restés très vague dans vos lettres.
— On ne pouvait pas en dire trop, on était en France, chez Rose, expliqua son compagnon.
— Je vois, c'était bien ?
— C'était super, Combe est vraiment géniale, la maison est fantastique et on a fait des tas de trucs intéressants, s'enthousiasma Eiden. Mais tu m'as vraiment trop manqué.
Il ponctua ses mots d'un petit bisou dans le cou, à cet endroit précis qui faisait toujours soupirer Blaise et cette fois fût semblable à toutes les autres. Les autres sourirent et leur laissèrent un peu d'intimité tandis qu'ils échangeaient un baiser tendre.
— Et moi je t'ai manqué ? demanda à voix basse Drago à l'oreille de sa petite amie.
Elle lui renvoya un doux sourire et répondit sur le même ton.
— Tu sais bien que oui. Tu me manques à chaque fois que tu t'éloignes de moi, même une minute.
Satisfait le garçon caressa tendrement sa joue avant de l'attirer lui aussi dans un long baiser amoureux.
— Tu m'as manqué aussi.
Ils se câlinèrent encore un moment puis il fut l'heure d'aller se coucher. Tout le monde s'exécuta, heureux malgré le crapaud et les B.U.S.E. de retrouver le château.
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— Pas d'explosion de chaudron cette fois-ci ? la taquina Hermione en remuant le leur dans le sens des aiguilles d'une montre, comme indiqué par le manuel.
— Non, jamais deux fois la même blague Hermione voyons ! répondit malicieusement Elie. Et puis pourquoi te ferais-je une telle chose à toi ?
L'autre sourit simplement d'un air indulgent, comme on le ferait à un enfant turbulent, mais attachant malgré tout.
— J'ai commencé le livre que tu m'as rapporté, il est vraiment très intéressant, j'ignorai qu'il y avait tant de variantes à prendre en compte pour le sort Animae.
— Je te l'ai donné hier ! As-tu passé la nuit dessus ? s'enquit la blonde.
— Une partie seulement, répondit l'autre d'un air coupable, mais ravi. Il est si intéressant, je n'ai pas pu attendre.
Elles rirent toutes les deux, suffisamment doucement pour que Severus ne les reprenne pas. Elles ne tenaient ni l'une ni l'autre à faire perdre des points à leur maison, bien qu'Hermione risquait certainement bien plus gros dans cette histoire que sa fille.
— J'ai ramené pas mal de traités d'alchimie. Je te les prêterais lorsque je les aurait traduit, reprit la serpentard.
— Oh ne t'embête pas tant, je peux sûrement m'en sortir avec mes connaissances et un bon dictionnaire.
Elie secoua la tête et grimaça.
— Je ne pense pas, ils sont en vieux français, même pour moi c'est un peu déroutant. De toute façon je les traduis pour Drago aussi, le sujet l'intéresse. Mais en attendant, je peux te passer ceux en latin, il y en a assez peu, mais ils traitent de sujets vraiment passionnants.
— Ce serait avec plaisir, rétorqua la née-moldu en jetant dans le chaudron les racines que sa voisine venait de couper.
Severus leur avait à nouveau demandé de faire équipe, en mélangeant les maisons et ils réalisaient une teinture de mémoire en couple, mettant en commun leur capacité avec plus ou moins de bonheur. Du coin de l'œil, Elie jeta un œil à Drago qui avait fait équipe avec Susan Bones. Passé les premiers a priori, la nièce d'Amélia s'était plutôt bien entendu avec le fils de Lucius, après tout ils venaient tous deux d'une famille de sang-pur et connaissaient bon nombre de choses sur la société ou le ministère. Susan était une fille gentille et intelligente et Drago pouvait se montrer tout à fait charmant et agréable lorsqu'il le décidait. Pansy était avec Hannah Abbot, Théo avec Justin Finch-Fletchley et Blaise avec Seamus et ils semblaient bien s'amuser à en croire les rires étouffés qui provenaient de leur table. Eiden était avec Ron et tentait d'empêcher celui-ci de faire fondre leur chaudron : le rouquin ne prêtait pas une grande attention aux consignes et s'évertuait à fourrer dans le chaudron tout ce qui lui passait sous le nez. Les tensions s'étaient grandement amenuisées depuis la création de l'AD et même si celle-ci ne se réunissait plus, les alliances étaient restées, fort heureusement. Il n'était plus rare à présent de voir les maisons se mélanger et tout le monde, hormis Crabbe et Goyle, se parlaient en cinquième année, au moins poliment si ce n'est amicalement. Et c'était une excellente chose pour la paix de tous. Les professeurs n'hésitaient plus à leur demander de se mettre en groupe mixte à présent et le niveau s'en était ressenti.
Elie se leva pour chercher des ingrédients spéciaux dans la réserve et alors qu'elle parcourait les étagères du regard deux bras finement musclés l'entourèrent et elle fut enveloppée d'une odeur d'orange amère. S'appuyant un peu contre le torse de son petit ami elle soupira de contentement. Il la retourna bientôt et la poussa doucement contre l'étagère pour l'embrasser.
— Que m'as-tu fait ? murmura-t-il.
— La même chose que toi je suppose, plaisanta-t-elle en mordant tendrement sa lèvre inférieure.
Il gémit doucement et la souleva sous les fesses pour l'asseoir sur le petit plan de préparation sans cesser leur baiser.
— Tu en dois une à Théo, fit-il. Il paraît que j'étais insupportable sans toi.
— Je plains Théo, mais je suis tout à fait satisfaite d'entendre ça, rit-elle doucement alors qu'il attaquait son cou. Je lui offrirais le plus gros paquet de chocogrenouilles que je pourrais trouver pour le remettre de cette peine.
Drago baladait ses mains sous sa chemise d'uniforme pour caresser sa peau, mais cela ne la dérangeait plus désormais. Ça avait pris du temps, mais elle était à l'aise à présent avec lui et les caresses et les câlins un peu plus poussés n'étaient plus un problème, même s'ils n'avaient pas encore sauté le pas ultime. Enthousiasmée par la tournure que prenaient les choses, la blonde ne put s'empêcher d'abandonner un peu sa nature sorcière et ses longs crocs virent se refermer délicatement sur la clavicule de son compagnon, le faisant soupirer de plaisir.
- Oh là...
Les ongles mués en griffes d'Elienor passaient amoureusement sur ses abdominaux et le bas de son dos, le chatouillant agréablement.
— §Tu es si délectable§, souffla-t-elle dans la langue des serpents en mordillant son cou avec délectation.
Un grognement de plaisir échappa au garçon et il resserra sa prise sur la taille fine de l'adolescente.
— El, geignit le fils Malfoy, si tu continues je…
— Hmm, hmm.
Les crocs et les griffes d'Elie disparurent immédiatement et Drago se retourna brusquement vers la source du bruit. Blaise se tenait derrière eux, l'air franchement moqueur et dans les mains un bocal rempli d'une chose verte et visqueuse.
— Vous savez que vous êtes en plein cours n'est-ce pas ? déclara-t-il, l'œil rieur.
Drago lui assena un regard noir, mais Elie se contenta de replacer son uniforme correctement d'un air impassible, comme si elle ne s'était pas retrouvée en position compromettante quelques secondes auparavant.
— Je suis sûr que Severus serait enchanté de voir que vous lui fassiez des petits-enfants dans sa réserve, mais vous pourriez trouver un autre endroit qu'à quelques mètres de toute notre promo, non ?
— Et toi Blaise, ne peux-tu pas trouver d'autres endroits que le couloir des premières années ? opposa tranquillement la blonde.
Drago rendit son air moqueur au basané et sortit de la petite pièce. Les deux autres le suivirent peu après, sous le regard soupçonneux du maître des potions qui les laissa cependant se réinstaller sans faire de commentaire. Ils ne s'étaient absentés que quelques minutes. Elie se glissa à sa table sous l'œil mi critique mi-amusé d'Hermione.
— Que faisais-tu si longtemps dans la réserve ?
Pour toute réponse la blonde laissa choir sur la table ce qu'elle avait ramené. Hermione fronça les sourcils.
— Et avais-tu besoin de si longtemps avec Drago pour les trouver ?
— Ils étaient bien cachés, répondit son amie en haussant les épaules.
La née-moldu secoua la tête, amusée malgré tout, mais elles terminèrent la potion sans parler plus de cette interruption. Elles rendirent leur fiole sans plus de péripéties et Elie rejoignit ses camarades de maison pour leur cours suivant. Eiden la considéra d'un air franchement narquois. Pour se venger, elle lui envoya ses pensées du moment dans la petite pièce avec son compagnon et son frère grommela :
— Garde ton intimité pour toi Enor.
— Oh, mais j'aimerai le faire Eiden, j'aimerai tellement… fit la jeune femme d'une voix railleuse.
Pansy, Drago et Théo éclatèrent de rire tandis que Blaise passait un bras autour de son compagnon pour le soutenir. Eiden se massait les tempes comme pour faire disparaître les images de sa sœur et du fils de Lucius se câlinant joyeusement dans la réserve de son père, à un mur de celui-ci. Elienor était délicieusement revancharde lorsqu'elle le voulait et visiblement elle était plutôt ennuyée de se faire railler par son frère… Lui adressant un regard sans pitié, la blonde se saisit de la main de son petit ami et l'entraîna à ses côtés en direction de la forêt interdite, où ils devaient avoir un double cours de Soin aux créatures magiques. Lorsqu'ils arrivèrent, une bonne partie des serdaigles étaient déjà là et le rire communicatif d'Assar se faisait entendre. Il discutait avec Pavaan, Terry Boot et Michael Corner tout prêt de la clôture du jardin d'Hagrid et Elie sautilla vers eux, entraînant son petit ami à sa suite avant de les saluer joyeusement. L'égyptien et l'indien serrèrent la petite blonde dans leurs bras avant de faire saluer les autres arriver peu après. Ils parlèrent un moment puis Hagrid apparut, les invitant à le suivre à l'orée de la forêt. Non loin des premiers arbres étaient retenues par des colliers plusieurs créatures, à l'aspect semblable à de grands chiens fantomatiques. Les colliers devaient certainement être enchantés puisque les étranges canidés ne semblaient pas vraiment palpables.
— Voici les cynospectres, il y en a toute une meute dans la Forêt Interdite, ils ne sont pas dangereux et fuient généralement les humains. Est-ce que quelqu'un pourrait nous donner leur autre nom ?
Personne ne fut surpris de voir la main d'Hermione jaillir vers le ciel à la vitesse d'un boulet de canon.
— Les gytrash, dit-elle.
Hagrid hocha la tête en souriant et leur expliqua les consignes à respecter avant de les envoyer en groupe autour de chacune des créatures. Ils devaient les dessiner et noter tout ce qu'ils pourraient relever sur elles. Eiden fit à Blaise son petit regard de chiot battu pour qu'il l'aide avec son croquis, étant moins doué que son compagnon là-dedans. Le basané soupira faussement, mais le fit, n'étant pas en capacité de résister à son petit ami dans une situation comme celle-là. Leur groupe, ainsi que celui d'Assar et Paavan avait un léger avantage au vu de leur sang. Les créatures magiques leur faisaient un peu plus confiance qu'aux sorciers et leur permettaient de les approcher plus facilement.
— Tu as vu Hagrid ? souffla Eiden à sa sœur.
— Difficile de le louper, répondit-elle sur le même ton.
Le demi-géant passa près d'eux en leur souriant gentiment et ils se turent pour lui rendre avant de reprendre leur conciliabule dès qu'il avait tourné le dos.
— Il est encore blessé. Je peux comprendre qu'il l'ait été en revenant de sa mission en début d'année, mais là ça fait des mois que c'est comme cela et de nouvelles blessures semblaient apparaître chaque jour.
— Peut-être qu'il y a un mauvais sort, une infection qui les empêchent de guérir ? essaya le fils de Severus.
— Je ne crois pas, regarde, elles semblent différentes à chaque fois.
Eiden jeta un nouveau coup d'œil discret au professeur de Soin aux créatures magiques qui passait non loin.
— C'est vrai, mais je ne l'explique pas. Et toi ?
— Non plus, déclara sa sœur en secouant la tête.
— J'ai essayé d'en savoir plus la dernière fois que nous y sommes allés avec Ron et Hermione, mais il n'a rien voulu nous dire. Il s'est montré d'ailleurs étrangement prudent, d'habitude on arrive toujours à le faire parler.
Les jumeaux ne dirent rien, mais l'image de Flamel et de Touffu envahirent leur esprit et ils sourirent sans pouvoir sans empêcher.
— On finira bien par le savoir, continua à voix basse Eiden. Pour le moment même s'il est blessé, il semble avoir une constante, si les choses empirent on l'obligera à nous dire ce qu'il se passe.
Ils retournèrent à leur étude, conscients qu'ils ne pourraient de toute façon rien faire dans l'immédiat.
Mais la réponse vint finalement plus vite que les enfants Rogue ne l'auraient cru. Deux semaines plus tard vint le moment du dernier match de quidditch de la saison, Gryffondor contre Serdaigle qui se battait pour la seconde place du championnat. Serpentard ayant vaincu les bleus et bronzes avant les vacances, la suprématie des serpents était incontestable, l'équipe ayant gagné tous ses matchs. Severus en avait d'ailleurs bien profité pour se pavaner devant Minerva Mcgonagall qui rappela que c'était un élève à elle qui avait fortement contribué à cette victoire. Au potionniste qui lui rappela qu'Eiden était chez les verts maintenant, la professeure de métamorphose contra qu'il avait été préalablement chez les lions et y était resté pendant quatre longues années.
Après le petit déjeuner les jumeaux se dirigèrent vers le stade et s'installèrent sur les gradins, tous ensemble, faisant fit pour une fois du clivage Serpentard Gryffondor, les verts et argents soutenant l'équipe des lions, discrètement pour Drago et Théo, de manière plus voyante pour les autres. Le match avait commencé depuis quelques minutes lorsqu'Hagrid vint appeler doucement Eiden, tâchant, sans grand succès au vu de sa taille, d'être discret. Le brun échangea un regard avec sa sœur et celle-ci hocha la tête. Hermione et Eiden se glissèrent auprès du demi-géant et s'éloignèrent rapidement du stade.
— Que voulez-vous Hagrid ? interrogea la née-moldu.
— Je… je ne peux pas encore vous le dire. Suivez-moi s'il vous plaît et je vous montrerai.
L'homme semblait anxieux et faisait tout pour ne pas se faire remarquer, fort heureusement pour lui toute l'école était bien trop concentrée par le match pour leur prêter attention. Les trois amis marchèrent en direction de la forêt puis disparurent rapidement sous le couvert des arbres, progressant toujours plus loin en avant. Ils marchèrent un bon moment, les deux plus jeunes suivant avec plus ou moins de peine l'homme à travers les bois. Il faisait comme d'habitude de grandes enjambées et ne semblait pas se rendre compte que son rythme n'était pas adapté à deux adolescents.
— Où allons-nous Hagrid ? demanda Hermione, la voix fortement essoufflée.
— Juste un peu plus loin, répondit le demi-géant sans même se retourner.
Juste un peu plus loin se transforma en de longues minutes, de longues minutes où les deux élèves bataillèrent contre les broussailles et les ronces. Ils atterrirent finalement dans une grande clairière où trônait une espèce d'immense roché moussu. Eiden le contempla d'un air perdu et demanda :
— Hagrid, qu'est-ce que c'est ?
— Eh bien…
La jeune née moldue ne semblait pas non plus avoir la moindre idée de ce pour quoi leur ami les avait fait venir, puis le rocher bougea légèrement et elle sursauta fortement :
— Hagrid, je croyais qu'aucun d'eux n'avait voulu venir…
L'homme grimaça.
— Il… ne voulait pas venir, mais... je ne pouvais pas le laisser…
— Mais de quoi… commença Eiden alors que le rocher se redressait, ou du moins se qu'il pensait être un rocher.
— C'est mon demi-frère, je ne pouvais pas le laisser, il est si petit. Ils étaient toujours horribles avec lui et le battaient. Ce n'est pas une société tendre avec les plus faibles.
Ce qui semblait être un ensemble de pierres était en réalité une forme gigantesque, vaguement humanoïde. Ça n'était pas un humain, de par sa taille d'abord, mais aussi parce qu'il était difforme. Sa tête était très grande par rapport à son corps, parfaitement ronde, comme un ballon de football moldu, surmontée d'un tapis de boucles courtes et serrées d'une étrange couleur fougère. Ses yeux, petits en considération du reste, étaient aussi d'une couleur bizarre d'une couleur marron-vert comme la vase. Il n'avait de plus qu'une seule oreille, immense et charnue, implantée tout en haut de sa tête, à une place vraiment étrange. Le reste de son visage était également inhabituel, son nez était court et sans véritable forme, sa bouche s'ouvrait de travers et était pleine de dents jaunâtres et irrégulières de la taille d'une brique. Ses bras étaient larges et ronds, ses mains de la taille d'un parasol et ses pieds aussi grands que deux luges, posés au bout de deux jambes larges comme des troncs d'arbre. Il était vêtu d'un ensemble disparate de peaux de bêtes maladroitement assemblées entre elles. Une nouvelle fois la question de la conception d'Hagrid se posa dans l'esprit d'Eiden. Le demi-géant ressemblait simplement à un homme très très grand, mais son frère lui était vraiment difforme, pas comme un humain de cinq mètres, mais différent.
— Graup n'est pas dangereux, déclara précipitamment Hagrid, je l'ai ramené avec moi parce qu'ils le maltraitaient là-bas. Et maintenant j'essaye de faire en sorte qu'il s'intègre ici, je lui fais la leçon.
Les deux adolescents échangèrent un regard stupéfait et les yeux d'Eiden glissèrent vers les grosses cordes qui retenaient le géant. C'était cela l'idée pour l'intégration d'Hagrid ? Le garçon avait quelques doutes.
— Il essaye encore de s'enfuir, c'est pour cela que je le laisse attaché, expliqua le très grand homme.
— Oh Hagrid, mais s'il ne veut pas rester pourquoi ne le laissez-vous pas rentrer chez lui ? demanda la née-moldu.
— Parce qu'il n'est pas heureux là-bas, les autres géants sont méchants avec lui, plaida l'adulte.
— Vous voulez dire qu'il est attaché ici, retenu contre sa volonté depuis la rentrée, depuis que vous êtes revenu de votre mission ? s'enquit Eiden.
Hagrid était triste et mal, ils le voyaient bien alors ils laissèrent tomber.
— Graupy, viens par-là !
Le géant s'approcha de son pas pesant, faisant trembler la terre et les arbres autour des trois autres. Les deux élèves ne purent s'empêcher d'avoir un mouvement de recul. Mais Hagrid, lui ne bougea pas. Le géant tendit une main vers eux, mais les cordages l'empêchèrent de la refermer sur les deux adolescents.
— Non Graup, ce sont Eiden et Hermione, deux nouveaux amis.
La créature lui adressa un regard torve et se laissa tomber sans douceur sur les fesses, faisant tout trembler à nouveau.
— Je vous ai fait venir pour vous le présenter, parce qu'Ombrage m'a vraiment à l'œil et je pense qu'elle n'attend que de pouvoir me mettre dehors moi aussi et Dumbledore n'est plus là pour arrondir les angles maintenant.
Un vif pic de culpabilité serra le cœur d'Eiden une fois de plus et son amie lui serra la main pour le réconforter, consciente des pensées qui l'assaillaient.
— Et je voudrai, si vous êtes d'accord, que vous vous occupiez de lui quand je ne serais plus là. Il sait se nourrir tout seul, c'est de compagnie dont il aura besoin.
Eiden s'étrangla discrètement, Hagrid voulait qu'ils poursuivent les ''cours'' de son géant de frère ? Sérieusement ? Il secoua la tête, pourquoi cela l'étonnait encore ? Il faisait face à l'homme qui avait fait éclore un dragon dans sa cabane en bois, qui avait élevé un cerbère, une acromentula géante, des scrouts à pétards et des tas d'autres créatures étranges et surtout très dangereuses.
— Nous… commença-t-il, mais il croisa le regard emplit d'espoir de son ami et ne put continuer.
— Nous le ferons, assura Hermione.
Eiden hocha la tête. Il ne pouvait pas le refuser à Hagrid, pas lorsqu'il prenait cet air-là. Merlin dans quoi s'étaient-ils embarqués ? Ils laissèrent donc Graup à ses occupations, en l'occurrence tenter d'arracher les pins qui l'entouraient et retournèrent vers le stade. Ils se glissèrent tous les deux dans les gradins au moment où le coup de sifflet retentissait.
— Victoire de Gryffondor ! hurla Lee Jordan dans le mégaphone magique.
— Juste à temps, souffla Elie en les voyant arriver.
— Où étiez-vous ? interrogea Pansy. Vous avez loupé tout le match ?
Les trois garçons les fixèrent avec curiosité, mais Eiden souffla un ''plus tard'' avant que Lee n'appelle leur équipe sur le terrain pour leur remettre la coupe. Minerva la tendit à Andrea dont le sourire faisait facilement trois fois le tour de sa tête, elle était tellement heureuse d'offrir la victoire à sa maison pour sa dernière année.
Ce soir-là, une fête immense eut lieu dans les cachots, les jumeaux, avec le concours de la carte des maraudeurs et du service par correspondance des Weasley, abreuvèrent tout le monde de nourriture, de bonbons et de boissons en tout genre. La fête dura longtemps, Severus les laissant charitablement célébrer leur victoire en paix.
— On ne devrait peut-être pas venir ici, souffla Blaise alors qu'Eiden le poussait dans sa chambre des appartements du potionniste.
— Père n'est pas là, répondit l'autre garçon en l'embrassant sauvagement. Il est en France pour la nuit.
— Je croyais que les cheminées étaient surveillées ? souffla Blaise entre deux baisers.
— Elles le sont, mais il a réussi à convaincre Ombrage qu'il s'y rendait pour faire le plein d'ingrédients spéciaux pour les potions de l'infirmerie. Il ne peut pas y aller souvent, mais c'est toujours cela.
— Lui et Rose sont très proches non ?
Eiden haussa les épaules, ils l'étaient en effet, mais ni lui ni Elienor n'avaient surpris un quelconque geste équivoque. Et s'ils étaient heureux ainsi, il n'y voyait pas le moindre inconvénient. Mais là n'était pas le sujet ce soir, il s'empressa de pousser Blaise sur le lit et de reprendre possession de ses lèvres, il voulait un peu d'intimité avec son compagnon et il n'allait pas cracher sur celle qu'offrait sa chambre ce soir-là. Passant une main tendre sur le torse de son petit ami, il entreprit de défaire les boutons de sa chemise pour mettre à nu la peau sombre en dessous. Il caressa ensuite amoureusement les pectoraux musclés, s'émerveillant une fois de plus du contraste entre sa peau de nacre et celle chocolat de Blaise. Ce dernier l'attira d'ailleurs à lui en posant une main sur sa nuque et ravit ses lèvres amoureusement.
— Je t'aime, souffla-t-il contre sa peau.
— Je t'aime aussi, à la folie, répondit le brun en souriant.
L'odeur de cèdre du basané était envoûtante, puissante et le mettait à chaque fois en émoi. Fourrant son nez dans le cou de Blaise, il mordit la peau tendre, laissant une marque de croc à peine perceptible. Laissant sa nature de métamorphe émerger, il prit garde à ses griffes pour ne pas blesser son partenaire qui soupirait sous lui.
— Continue, souffla le bistré alors que son compagnon mordillait le lobe de son oreille, passant et repassant sa langue dessus.
Il descendit quelques secondes plus tard, traçant une ligne de baisers jusqu'à son épaule, ses doigts s'activant à l'arrière de sa tête, caressant la nuque sensible de Blaise. Il arriva finalement aux tétons déjà raidis de plaisir et les cajola de sa langue, jouant avec le petit bouton de plaisir, arrachant des gémissements tout à fait délectables à sa victime. Il adorait la peau de son petit ami, douce, parfumée, si réactive sous ses attentions… Il laissa un peu de son aura métamorphe effleurer Blaise qu'il en savait friand. Les métisses avaient toujours cette sorte de charme qui leur permettait de jouer sur les ressentit des autres, il faisait ressortir le meilleur d'entre eux, le charme des vélanes, l'attirante sauvagerie des métamorphes et le mystère des elfes. Eiden en usait sans scrupule pour faire plaisir à son compagnon et l'inverse était également vrai, Blaise était déjà un très bel homme, mais sous le charme de son sang… Le basané gémit à nouveau sous les assauts du brun et il reprit sauvagement ses lèvres, l'embrassant comme un assoiffé, faisant courir ses grandes mains sur le dos, les hanches étroites et les fesses fermes de son compagnon. Merlin qu'il le désirait. Avec le temps leur relation s'était faites de plus en plus ''physique'' et les caresses appuyées avaient remplacé les tâtonnements d'adolescents, mais ils n'avaient pas encore réellement fait l'amour, laissant les choses se passer à leur rythme.
Ce soir cependant ils étaient pris d'une si grande soif l'un de l'autre qu'elle menaçait de les consumer. La chemise d'Eiden vint rejoindre celle du basané sur le sol et ce dernier n'attendit pas plus pour fourrer ses mains sous le pantalon de son amour et de lui baisser rapidement, le laissant très excité et en boxer au-dessus de lui. Un sourire prit le fils de Severus en voyant l'impatience de son petit ami et il mordit doucement sa clavicule avant d'y apposer un suçon.
- Eiden...
Le susnommé aurait pu répondre, mais il était très occupé à défaire Blaise de son pantalon en effleurant le maximum de peau noire possible, tirant des soupirs au corps dénudé en dessous de lui. Son boxer eut droit au même traitement et le brun ne put s'empêcher de passer une main cajoleuse à l'intérieur des cuisses du bistré, ignorant volontairement son anatomie plus que réveillée. Les mains de son compagnon se serrèrent brusquement sur ses épaules et d'un habile coup de hanche il échangea leur position.
— Tu crois que tu peux me taquiner ainsi sans représailles ? interrogea dangereusement Blaise en le dominant de toute sa taille.
— Oh, mais j'ai exactement le genre de représailles que je voulais, susurra l'autre en caressant distraitement les abdominaux de l'autre.
Il fut cependant pris par surprise et poussa un petit cri lorsque son petit ami descendit brusquement son sous-vêtement émeraude et qu'il se retrouva totalement à nu devant celui qu'il aimait.
— Ah oui et à quoi pensais-tu exactement ? interrogea sur le même ton le métis.
Tout en parlant, il passa un doigt tout le long de la verge durcie de son amour, faisant cambrer le dos d'Eiden.
— Oh oui à cela, soupira l'autre. Exactement à cela.
Blaise sourit d'un air carnassier et referma sa main autour de la longueur blanche, imprimant un doux mouvement, assez pour faire se tordre l'autre, mais pas suffisant pour lui apporter un vrai plaisir.
— Plus vite caru… gémit Eiden.
— Oh non mon ange, tu as dit que tu cherchais exactement cela, je ne voudrai pas gâcher ton plaisir…
Le basané jouait sadiquement avec sa langue et l'un des tétons roses de son homme tout en continuant son affreusement lent mouvement.
— § Blaise s'il te plaît… §
Le bistré était d'abord bien convaincu de ne pas accélérer, mais les supplications en fouchelangue d'Eiden lui embrassait les reins et il ne put résister à lui en tirer d'autre. Sa bouche descendit doucement vers son nombril, parsemant la peau d'ivoire de marques rosâtres. Ses doigts vinrent cajoler les bourses pleines du brun qui gémit un peu plus fort. Il prit le temps d'opposer lui aussi un suçon à son compagnon, sur la peau fine de son ventre, juste au-dessus de la toison douce et sombre qui recouvrait son intimité. Eiden se tortilla plus fermement, mourant d'impatience que le basané ne descende encore. Blaise n'avait pas le cœur de le faire patienter plus, d'autant que lui aussi en avait très envie alors il reprit sa verge entre ses doigts et lécha doucement la pointe de son gland, tirant un soupir à son petit ami. Ce n'était pas la première fois qu'ils se faisaient plaisir ainsi, mais l'un comme l'autre chérissait ces moments d'intimité où ils se consumaient littéralement pour leur compagnon. Ils adoraient voir leurs yeux s'assombrir de désir. Blaise fit courir sa longue main tout le long du pénis dur comme la pierre et le fit finalement entrer dans sa bouche, imprimant un mouvement régulier qui fit gémir de plus belle son amant. Le métis était exalté de le voir ainsi, abandonné à lui. Il s'évertua à procurer un maximum de plaisir à son amant qui ne cessait de répéter son nom. Eiden semblait pris dans les affres du contentement et caressait passionnément la tête du basané, ne le forçant pas dans ses mouvements, se contentant de le tenir. Les longues mains qui caressaient ses joues, son crâne et ses tempes allumaient en Blaise un feu qu'il ne pourrait éteindre qu'en engloutissant de plus belle la verge de son compagnon. Ils n'avaient jamais été plus loin que cela, mais ce soir était différent, Blaise se sentait différent. Il n'osa pourtant pas le demander à son compagnon.
Il n'eut pas à le faire cependant, car une des mains pâles fichées dans ses cheveux descendit sur sa joue et le fils Rogue remonta gentiment son visage vers le sien. Eiden l'embrassa doucement et lui sourit, l'encourageant à continuer, à passer à la prochaine étape. Son air confiant et aimant rassura le bistré qui reprit ses baisers. Il descendit doucement sa main, caressant le ventre clair en passant et alors qu'il approchait à nouveau de l'intimité de son compagnon, il sentit une chose humide recouvrir ses doigts : le brun avait lancé un sort sans baguette de lubrification et lui souriait à nouveau tendrement, totalement en confiance. Alors le basané poussa délicatement un premier doigt en lui, attentif au moindre signe de douleur qu'aurait pu montrer son petit-ami. Mais celui-ci se contenta de soupirer et d'agiter doucement ses hanches.
— Plus Blaise, s'il te plaît, plus, souffla-t-il.
Et le susnommé s'en acquitta avec joie, mouvant son doigt en lui en embrassant toujours ses lèvres si appétissantes. Il en rajouta progressivement et de véritables cris commencèrent à échapper à Eiden, plus ou moins étouffés par leurs embrassades. Finalement il soupira à l'oreille de Blaise.
— Vas-y maintenant amour.
Il retira ses doigts et présenta un peu nerveusement sa verge à son entrée. Le rire d'Eiden retentit.
— Ce ne serait pas à moi d'appréhender normalement ? taquina-t-il.
— Je ne veux pas te faire de mal, riposta le métis.
Le brun se redressa et l'embrassa voluptueusement et retomba sur le lit, ramenant ses pieds contre ses fesses.
— Tu ne me feras rien, caru, j'ai confiance en toi, fit-il.
Un peu rassuré, Blaise commença à pousser doucement, ne manquant pas la grimace de son compagnon.
— Continue ça va, rassura le fils Rogue.
Malgré ses réticences le basané continua d'entrer dans le corps d'ivoire et ne s'immobilisa qu'une fois totalement en lui, attendant quelques instants qu'Eiden s'habitue à son intrusion.
— Tu es sûr que tout va bien ? interrogea le bistré en caressant son visage.
— Tout à fait sûr, rétorqua l'autre et il commença à imprimer un mouvement de hanche pour faire bouger Blaise en lui.
L'autre suivit le mouvement, entrant et sortant de plus en plus de l'étroit et chaud fourreau, cherchant ce petit point magique qui lui ferait voir des étoiles.
— Blaise encore ici… oui…
Il ne put s'empêcher de sourire en percutant vivement sa prostate. Il referma ses mains sur sa taille fine et accéléra encore, augmentant leur plaisir à tous les deux.
— Plus fort, geignit le brun en dodelinant de la tête de droite à gauche, une main serrant l'épaule de Blaise et l'autre les draps, comme pour trouver une attache dans cet océan de luxure.
Leur étreinte ne fut pas aussi longue que l'aurait espéré les deux adolescents, mais ils étaient tous les deux jeunes et inexpérimentés et ils ne mirent pas longtemps à venir, Eiden entre eux deux et Blaise profondément enfouit en lui.
Encore perdu dans la tourmente de leur orgasme, Blaise se laissa lourdement tomber à côté de son compagnon et le serra contre lui, profitant de sa merveilleuse odeur à peine voilée par la sueur et l'amour. Ils reprirent leurs souffles dans les bras l'un de l'autre, profitant des derniers relents de plaisir. Eiden fut le premier à se ressaisir et parsema le cou de son petit ami de baisers, le temps qu'il émerge lui aussi.
— Est-ce que… commença-t-il.
— C'était vraiment parfait Blaise, ne t'en fais pas. Je peux t'assurer que tu ne m'as pas fait du tout de mal, termina-t-il avec un sourire coquin.
Blaise grogna et le serra plus étroitement.
— Je ne suis pas de verre, tu le sais n'est-ce pas ? sourit le brun.
— Tu es mon compagnon, l'idée que tu ais le moindre mal me rend malade, rétorqua le jeune métis.
— Oh, mais je n'ai pas eu le moindre mal, au contraire.
Il vola ses lèvres d'un nouveau baiser enflammé, se glissant entre les jambes de son amant pour caresser son torse. La passion les reprit de nouveau et Eiden ne mit pas longtemps à descendre le long du corps de son compagnon et lui rendre sa petite caresse buccale.
— Eid, je veux… je te veux… en moi, souffla le jeune homme.
L'autre se redressa et lui sourit gentiment.
— Tu n'es pas obligé caru, ça me va de recommencer.
— Non, je te veux, je veux ressentir cela aussi.
Le basané déroba sa main, enduisit de salive ses doigts et les amena à son intimité, montrant clairement son désir à son compagnon.
— S'il te plaît…
Eiden l'embrassa et commença doucement à le préparer, lui tirant un concert de gémissement qui s'accrut encore lorsqu'il le pénétra enfin. Ils firent donc l'amour une seconde fois, passionnément, tendrement et alors qu'ils s'étaient à nouveau tous deux libérés et que Blaise avait ramené contre son torse le corps d'ivoire il rit doucement :
— Heureusement que Severus n'est pas ici.
Un sourire sauvage étira les lèvres d'Eiden.
— Ça, c'est certain.
Puis il rougit et rit aussi nerveusement.
— Je n'imagine pas du tout rejouer cette situation avec mon père à côté.
— La première ou la seconde, interrogea Blaise d'un air coquin.
Il le poussa pour lui faire payer sa moquerie.
— Les deux ! Mordred, je ne vais jamais pouvoir regarder Elie dans les yeux demain, gémit-il en cachant son visage contre le torse de son petit-ami.
Blaise eut un sourire amusé et passa une main dans les mèches décoiffées
— Tu n'auras qu'à penser à autre chose, fit-il simplement.
Il lui décocha un regard sombre.
— Par ce que tu crois que je suis en mesure de lui cacher quoi que ce soit ? demanda-t-il d'une voix fiévreuse.
Blaise haussa un sourcil.
— On est liés, elle ressent mes sentiments les plus forts et même certaines de mes pensées, que l'on soit proche géographiquement ou non. Et puisque je n'étais pas en état de les contenir, puisque dans une situation où mes ressentis étaient plutôt… hum… forts, alors il est certain qu'elle est déjà parfaitement au courant de ce que nous avons fait.
Il rougit et enfouit un peu plus sa tête. Blaise rit de plus belle.
— Hey tu n'as pas à avoir honte, nous n'avons rien fait de mal !
— Je le sais bien, maugréa l'autre. Mais c'est juste… savoir qu'elle sait…
Il ferma douloureusement les yeux, mais son compagnon ne l'épargna pas pour autant et il susurra moqueusement.
— Si ça se trouve, elle a profité de ton état et l'a fait partager à Drago, j'ai entendu qu'ils dormaient ensemble ce soir…
Les yeux d'Eiden s'écarquillèrent, il devint rouge, puis blanc, puis vert, puis rouge à nouveau et frappa du point le torse de Blaise.
— Hey ! Tu me fais mal violent personnage !
— Silence ! Comment peux-tu dire cela ? Merlin imaginer ma sœur et ce petit prince arrogant en train de… pendant que nous…
Il fut parcouru d'un violent frisson et il frappa à nouveau Blaise qui riait comme un bossu.
— Mais silence te dis-je !
Il ne cessa pas et resserra son étreinte sur lui.
— Allez, ta sœur a le droit à sa vie sexuelle, tu as bien la tienne à présent !
— Pas tant que je vivrais, rétorqua avec une mauvaise fois évidente Eiden.
Il se figea un instant puis ricana :
— Quand Sev va apprendre que sa petite princesse a une intimité avec son parfait petit filleul, il va le trucider ! Et je veux être là pour ça !
Blaise secoua la tête aux paroles d'Eiden, mais celui-ci se calma vite et reprit un visage bien plus sérieux.
— Je ne pense pas cependant que ce soit le cas, malgré le fait qu'ils semblent aimer batifoler dans des tas d'endroits plus ou moins publics.
— Que veux-tu dire ?
— Je ne pense pas qu'Elie soit prête à franchir le pas avec Drago. C'est vrai qu'elle va beaucoup mieux ces derniers temps et que l'épisode de la salle de bain des préfets l'a vraiment fait avancer, mais… je ne crois pas qu'elle en soit capable, pas pour le moment.
— C'est encore assez récent, quelques mois ne suffisent pas pour oublier une chose pareille, répondit le basané.
— Je le sais, je suis immensément fière d'elle de l'avoir si bien surmonté, mais je pense être encore à l'abri de sa vie sexuelle encore un moment.
— Nous verrons cela demain, dit seulement Blaise avec un petit sourire en coin qui fit gémir le fils Rogue à nouveau et enterrer sa tête dans le coussin.
C'est donc un Eiden circonspect qui entra dans la grande salle, Elie était déjà là, assise tout contre Drago ainsi que Théo et Pansy. Et si elle eut un sourire taquin lorsqu'il entra, elle ne fit rien de plus, se contentant de continuer de discuter avec son compagnon. Eiden ne savait pas pourquoi il s'était inquiété, elle ne le mettrait jamais gratuitement dans l'embarras et ne lui ferait jamais de mal. Il sentait d'ailleurs par le lien qu'elle était heureuse pour eux qu'ils aient approfondis encore leur relation. Eiden eut cependant un mauvais pressentiment lorsqu'à la fin de son cours, Severus lui fit signe de rester. Ils rentrèrent tous deux à ses appartements et le potionniste appela un elfe pour lui demander un repas pour deux. Bien que prudent, Eiden apprécia cependant ce petit moment seul à seul avec son père, jusqu'au dessert où l'adulte poussa vers lui une fiole d'un rose pâle.
— Tu as besoin de cela maintenant si je ne m'abuse.
Les joues de son fils prirent feu lorsqu'il reconnut la potion contre les maladies sexuellement transmissibles et il s'étouffa avec sa part de tarte à la mélasse. Il baissa les yeux devant le regard neutre du professeur et grommela, le visage encore plus rouge :
— J'ai déjà pris ce qu'il me faut. Je ne suis pas stupide.
— Je vois, et Blaise ?
— Également, nous prenons nos précautions. Même si je ne comprends guère pourquoi c'est si important… nous ne pouvons tomber enceintes et nous n'avons été qu'ensemble.
— De telles maladies peuvent se transmettre autrement que par les relations sexuelles.
— Je ne connais pas les infections sorcières, agréa Eiden, toujours aussi gêné.
Il se demandait bien comment son père avait pu deviner puisqu'il avait bien fait attention à ce qu'il ne reste aucune trace de leurs ébats. Severus sembla deviner ses pensées puisqu'il eut un sourire moqueur et déclara :
— Oh tu n'as rien oublié, mais je te connais Den et cette façon d'éviter mon regard n'était pas la plus discrète que tu puisses avoir.
Le jeune homme fit la moue, mal à l'aise et un peu honteux que son père soit au courant de sa vie sexuelle, mais il ne répondit pas et changea de sujet :
— Comment va Rose ?
Severus étira ses jambes sous la table.
— Plutôt bien, répondit-il. Vous lui manquez beaucoup, même si ça ne fait qu'un mois que vous êtes partis. J'avais peur qu'elle se sente seule, mais elle n'a pas beaucoup été à la maison de Combe. Sa loi est finalement passée et elle a réussi à conclure les accords avec l'Italie donc il y a eu tout un tas de paperasse à régler. Je sais que Thoman l'a beaucoup aidé et qu'ils se sont beaucoup fréquentés, mais c'est maintenant que cela sera le plus dur, à présent qu'elle est de retour en France.
Une lueur passa dans les yeux de Severus à ses paroles et Eiden se demanda un instant si… non ce n'était probablement pas cela.
— Elle me manque aussi, elle nous manque à tous.
— En effet.
Le regard de Severus s'était fixé dans le vague et Eiden commença à se lever. Les cours allaient bientôt reprendre et il devait rejoindre ses camarades.
— À tout à l'heure, lança-t-il à son père toujours songeur avant de disparaître.
La semaine suivante fut essentiellement consacrée aux révisions, les BUSES peu de temps après et tous les cinquièmes entamaient leur dernière ligne droite. La plupart d'entre eux avaient investi la bibliothèque, tout comme les amis serpentards et gryffondors des jumeaux. Ils s'étaient tous installés à deux grandes tables qu'ils avaient collées ensemble et travaillaient chacun sur un sujet différent. Seuls Drago et Elie manquaient à l'appel, ayant disparus quelques instants plus tôt derrière les hauts rayonnages.
— Ils expérimentent une nouvelle technique de révision ? ricana Pansy en ne les voyant pas revenir.
— Ils vont seulement chercher un livre Pans, tu vois le mal partout, lui répondit son ami basané.
La jeune femme leva les yeux au ciel.
— Bien sûr et moi je suis Morgane ! Deux et si longtemps pour un simple bouquin… Ne te fiche pas de moi Blaise, je sais parfaitement ce qu'ils sont en train de faire.
— Non tu ne le sais pas, grimaça Eiden, mais moi si.
L'adolescente fut prise d'un fou rire et manqua de s'étrangler avant que Théo, charitable, ne la frappe dans le dos.
— Je croyais que vous pouviez garder un peu d'intimité à présent, fit sérieusement remarquer Hermione en levant à peine son nez de son exemplaire de Traité des potions les plus complexes.
— On en garde, la plupart du temps, mais lorsque je ne fais plus attention mes barrières d'occlumancie s'abaissent.
— Elie se contient d'ordinaire non ? continua la née moldu.
— D'ordinaire oui, mais lorsqu'elle est… distraite dirons-nous elle laisse parfois passer des choses. Que des choses auxquelles je ne voudrais pas assister évidemment, fit Eiden en grommelant.
Les autres se moquèrent plus ou moins gentiment selon les personnes et Pansy fut sans conteste la pire.
— C'est bien qu'Elie soit à l'aise avec Drago et leurs… hum… activités, déclara une Hermione un peu rougissante. Je veux dire après ce qu'il lui est arrivé…
Mauvaise idée, la mâchoire du fils de Severus se contracta et il baissa brutalement ses yeux sur ses mains. Les problèmes d'Eiden envers Dumbledore ne s'étaient vraisemblablement pas arrangés. Pire, la fatigue et la nervosité le rendaient d'autant plus prompt à la colère en ces temps de révisions.
— Tu crois que tu pourrais nous faire partager quelques petites choses ? intervint licencieusement Pansy pour détourner son attention.
Cela eut au moins le mérite de fonctionner et Eiden s'étouffa avant de tourner vivement sa tête vers elle, les yeux exorbités.
— Pardon ?!
La brune fit la moue.
— Quoi ? Ce sont tous les deux de très belles personnes et sexy en diable. En plus avec l'alchimie de leur couple… cela doit être vraiment un beau tableau à admirer.
L'autre s'étouffa un peu plus et protesta vivement :
— Non, mais ça ne va pas ?! Je ne risque pas de te faire partager de telles choses sur ma sœur et son crétin de petit ami. C'est déjà assez douloureux de l'avoir dans ma propre tête, grogna l'adolescent.
— Oh allez, ça te débarrasserait comme cela !
— Non, grogna-t-il.
Sur ces entrefaites Elie et Drago revinrent, ce dernier levant un sourcil en voyant le sourire pervers de Pansy et la mine pas vraiment réjouie d'Eiden.
— Ce n'est que Pansy qui taquine Den, expliqua Hermione.
Drago eut un petit sourire rusé.
— Oui, elle fait ça souvent.
Ils s'assirent tous deux et se replongèrent dans les révisions, jusqu'à ce que Madame Pince ne les chasse de la bibliothèque.
Le premier matin des examens, c'était l'effervescence dans la Grande Salle, les examinateurs, un groupe de vieux sorciers pour la plupart à moitié sourds, étaient arrivés la veille et tout avait soudainement pris réalité pour les cinquièmes et septièmes années de Poudlard. La première épreuve était théorie des sortilèges et après le petit discours de Mcgonagall sur la fraude et leur avenir, ils purent enfin commencer.
— Ce n'était pas si terrible finalement, déclara Pansy en sortant de la salle.
— Non, c'est vrai, répondit Théo en mordant dans une barre de chocolat.
Ils sourirent en entendant Hermione refaire nerveusement le test au plus grand dam de Ron qui grimaçait en tentant de la faire taire. Eiden et Blaise étaient tout prêts, riant de l'état de leurs amis.
— Prête pour l'épreuve de cette après-midi ? demanda Théo à Elie. Je suppose que tu ne t'en fais pas trop ?
— On verra. J'ai travaillé, il n'y a pas de raison que cela se passe mal, répondit la blonde en haussant les épaules.
Elienor ne paraissait pas aussi nerveuse que les autres élèves, la jeune femme vivait plutôt bien le stress des examens. Sans doute que se faire kidnapper et torturer permettait de relativiser les choses…
Et en effet l'épreuve pratique ne posa pas réellement de problèmes aux jumeaux et ils sortirent tous les deux souriants et sereins. Le professeur Flitwick fit même un clin d'œil à Elie, elle avait parfaitement exécuté tous les sortilèges demandés, sous l'œil fier du petit homme qui rapporterait sans nul doute sa réussite à son père.
La métamorphose posa un peu plus de difficulté à Eiden, mais il s'en tira honorablement, que ce soit à l'écrit et en pratique, il sortit un peu avant Elie, en même temps que Pansy qui paraissait soulagée.
— Comment ça s'est passé pour toi ? interrogea-t-elle.
— Assez bien je pense, je n'ai pas réussi le dernier sortilège, mais dans l'ensemble je pense que ça va. Et toi ?
— Également, sourit la jeune brune. Je ne me faisais pas trop de soucis pour cette matière, je suis meilleure qu'en sortilèges. Je suis plus nerveuse quant à la Défense contre les forces du mal… même si j'ai eu un excellent professeur, ajouta-t-elle malicieusement en faisant un clin d'œil au fils de Severus.
— Tu va y arriver Pansy, tu as fait d'énormes progrès et lorsque nous avons répété ensemble la semaine dernière tu étais tout à fait au niveau. Je ne me fais pas le moindre souci pour toi, déclara le jeune homme tout à fait confiant.
Elle se précipita dans ses bras pour l'étreindre.
— Merci, souffla-t-elle à son oreille.
L'examen de Défense vint après celui de Botanique, qui eut lieu le mercredi, et le groupe d'amis rouge et vert s'en sortit avec les honneurs, particulièrement Eiden qui fit apparaître un magnifique cerf lorsque le professeur Tofty lui demanda s'il pouvait effectuer un patronus.
— Il y en a un qui a fait sensation… fit remarquer Blaise alors qu'ils se rejoignaient dans la salle commune plus tard.
Eiden le poussa de l'épaule, mais sourit tout de même.
— Il n'est pas le seul. Marchebank a demandé ensuite à Elie si elle savait le faire aussi. Ils semblaient tous deux extatiques avec Tofty.
— Tu m'étonnes, deux petits génies des sorts dans la même promo ! ricana Drago en se laissant tomber dans un fauteuil.
— La plupart d'entre nous auront une bonne note dans cette matière, répliqua Eiden comme si le blond n'était intervenu. Ombrage était folle de rage de nous voir tous réussir les épreuves. Mais avec l'AD, tout le monde a pu apprendre et progresser.
Finalement, tout le monde survécu aux jours suivants, bien sûr l'on dénombra quelques crises de paniques et de nerfs lâchés, mais dans l'ensemble, tout se passa à peu près correctement. Ils passèrent les épreuves des potions, Soins aux créatures magiques, Divination, Runes et Arithmancie pour ceux qui les avaient choisis. Le mercredi soir, tous les cinquièmes années prirent le chemin de la tour d'Astronomie pour l'épreuve pratique qui devait évidemment se dérouler de nuit. Chacun se mit au travail au signal des examinateurs, pendant que les professeurs Marchebank et Tofty passaient parmi eux. On n'entendait rien d'autre que les grincements doux des télescopes et le grattement des plumes sur les parchemins lorsque les portes du château s'ouvrirent brusquement, éclairant de lumière une large portion du parc. Sous couvert d'ajuster la position de son télescope, Eiden jeta un coup d'œil en contrebas. Une demi-douzaine de personnes apparurent et traversèrent le parc et le jeune homme eut la désagréable impression que la petite silhouette appartenait à la détestable Directrice, même à cette distance il pouvait sentir en lui la bouffée de haine irrépressible qu'accompagnait toujours la proximité du vieux crapaud. Il se demanda ce que pouvait bien faire Ombrage à cette heure du château et un coup d'œil furtif à Elie lui apprit que c'était également son cas. Elle avait les sourcils à peine froncés et les lèvres un peu pincées, des signes presque invisibles de son questionnement, mais révélateurs.
Eiden avait repris son travail lorsque des bruits de coups se firent entendre, comme si l'on frappait sans ménagement sur un panneau de bois. Il osa un second coup d'œil et vit les silhouettes pénétrer dans la petite cabane d'Hagrid et la porte se refermer. Pendant un moment il ne se passa plus rien, seulement les formes qui masquaient parfois les petites fenêtres de la maison. Sans plus d'indice sur ce qui était en train de se passer, le fils de Severus dut se remettre au travail. Un rugissement l'interrompit cependant quelques minutes plus tard, la plupart des élèves relevèrent la tête et scrutèrent le parc en quête d'indice.
— Mesdemoiselles et messieurs, concentrez-vous s'il vous plaît, l'épreuve n'est pas encore terminée, dit le professeur Tofty.
Les plus jeunes reprirent leurs observations, mais les amis des jumeaux, eux, continuèrent de jeter des regards vers le parc. Les serpentards n'aimaient pas beaucoup Hagrid pour la plupart, mis à part Blaise qui le trouvait balourd, mais gentil, mais ils s'inquiétaient pour l'ami des jumeaux qu'il était.
— Il ne reste plus que vingt minutes, rappela Tofty.
Ils se remirent donc à contrecœur à travailler, mais soudain un grand BANG retentit, la porte de la cabane s'ouvrit à la volée et Hagrid rugit à nouveau, mis en joue par les six personnes qui tentaient de le stupefixier.
— Non ! s'écria Hermione en plaquant ses mains sur sa bouche.
— Mademoiselle, ceci est un examen voyons ! la rappela à l'ordre le professeur Tofty, tout à fait scandalisé.
Plus aucun élève cependant ne s'intéressait à l'examen, malgré ses remontrances et celle du professeur Marchebank. Des sortilèges continuèrent d'être envoyé au demi-géant, mais ils ne semblaient pas avoir beaucoup d'effet, l'homme restait bien droit et repoussait ses assaillants, vociférant toujours. D'autres cris retentirent et une voix d'homme retentit.
— Allons, Hagrid, soyez raisonnable !
Mais Hagrid ne semblait pas du tout vouloir être raisonnable, il hurla sur l'homme qui recula. Dans le peu de lumière, Eiden reconnut l'auror qui était venu avec Fudge dans le bureau de Dumbledore, le jour de sa fuite, un certain Dawlish. Il lança un sort à Crockdur qui tentait de protéger le demi-géant et cela mis ce dernier dans une rage folle, il souleva le responsable et l'envoya voler et s'écraser loin sur la pelouse. L'homme ne se releva pas. Hermione et Pansy s'étranglèrent et les autres arboraient tous un visage effaré. Eiden, Ron et Hermione n'avaient jamais vu Hagrid dans un tel état.
Une exclamation retentit tout près et Parvati pointa du doigt l'entrée qui s'était ouverte à nouveau, laissant sortir une longue forme en robe.
— Allons, allons jeunes gens ! Il ne reste que seize minutes vous savez ! Remettez-vous au travail ! pria Tofty.
Mais plus personne ne lui accordait la moindre attention, même Marchebank contemplait le parc d'un air vaguement horrifié. Tout le monde suivait la progression de la silhouette des yeux.
— Comment osez-vous ? vociféra la voix du professeur Mcgonagall, complètement hors d'elle et audible jusqu'en haut de la tour. Laissez-le ! Je vous dis de le laisser tranquille ! De quel droit vous…
Un concert de hurlements retentit lorsque pas moins de quatre éclairs de stupéfixion frappèrent le professeur de métamorphose à la poitrine. La faisant luire un instant d'un halo rougeâtre inquiétant avant d'être propulsée dans les airs et de retomber brutalement sur le dos. Étendue dans la pelouse elle était parfaitement immobile.
— Mille milliards de gargouilles galopantes ! s'emporta le professeur Tofty qui avait enfin oublié son stupide examen. Une conduite scandaleuse ! S'attaquer ainsi sans la moindre sommation !
— LÂCHES ! hurla Hagrid. IGNOBLES LÂCHES !
Le demi-géant balança ses énormes points contre les agresseurs les plus proches qui s'effondrèrent sous la force herculéenne de l'homme. Il prit le corps inerte de son chien sur ses épaules et s'enfuit sous les braillements d'Ombrage qui exigeait qu'il soit attrapé et maîtrisé. Avant que quiconque ne puisse faire quoi que ce soit, il disparut dans le noir, laissant un silence assourdissant dans le parc et sur la tour. La voix chevrotante et hésitante du professeur Tofty annonça qu'il ne restait plus que cinq minutes, mais personne ne put réellement reprendre son observation et l'examen se termina dans une ambiance étrange.
— Que va-t-il arriver à Mcgonagall ? interrogea nerveusement Ron.
Assar qui les avait rejoints grimaça et répondit :
— Quatre éclairs de stupéfixion à son âge, ça ne peut pas être bon. Mais Pomfresh devrait pouvoir la rafistoler, elle est solide.
— En tout cas Hagrid peut dire merci à sa mère ce soir, intervint Paavan en se joignant à eux à son tour.
— Comment cela ? demanda Ron.
— Hagrid est à demi géant, c'est pour cela que les stupéfix n'avaient pas d'effet sur lui, c'est comme avec les trolls, c'est dans leur nature, la magie ne les atteint pas autant que nous. Ils sont très coriaces. Mais Mcgonagall…
Tout le monde garda le silence, tous étaient choqués que l'on ait pu faire cela à cette femme, très respectée et appréciée dans cette école et au-dehors.
— La seule chose de bien dans cette histoire c'est qu'ils n'ont pas réussi à avoir Hagrid. J'imagine qu'il va rejoindre Dumbledore maintenant, fit à mi-voix Hermione.
— Pourquoi s'en prendre à Hagrid ? s'enquit Eiden qui pensait déjà à la gigantesque implication de son départ. Ce n'est pas comme Trelawney, il a fait des efforts, ses cours sont bien meilleurs et nous étions tous près pour l'examen.
— À ton avis ? dit doucement Elie en fourrant ses affaires dans son sac. Ombrage déteste les hybrides, Hagrid en est un est un proche de Dumbledore, elle voulait absolument se débarrasser de lui. Et avec Mcgonagall hors-jeu pour un temps indéterminé, c'est un magnifique combo pour elle.
Les amis durent se séparer pour ne pas se faire mettre en retenue, mais chacun avait la mine basse et sombre.
— Dors avec moi s'il te plaît, murmura Eiden à sa sœur alors qu'ils entraient dans la salle commune des cachots.
Elle hocha la tête et disparu promptement dans le dortoir des filles pour se changer. Elle revint quelques minutes plus tard, embrassa tendrement son petit ami sur les lèvres avant de rejoindre son frère déjà sous les draps. Un petit salut général et ils tirèrent les rideaux sur eux.
— Deux de moins. Il ne reste plus que Sev, Flitwick et Chourave, souffla le jeune homme en accueillant sa sœur contre lui.
— On peut aussi compter sur Vector et Sinistra.
— Elles ne font pas partie de l'Ordre.
— Non c'est vrai, mais elles sont totalement du côté de Dumbledore. Mais c'est vrai que pour les ''hommes'' du Directeur il ne reste plus qu'eux.
— Ombrage va trouver quelque chose pour tous les virer je n'en doute pas. Prions seulement Merlin pour qu'elle ne soit plus là l'an prochain.
Il passa un bras étroit autour de la taille de la jeune femme et ils s'endormirent ainsi, son dos à elle collé contre son torse.
Le lendemain, Elie lui secoua gentiment l'épaule pour le réveiller et Eiden ouvrit une paupière lourde, la nuit avait été difficile et les cauchemars nombreux.
— Quelle heure est-il ? grommela le fils Rogue.
— Huit heures, si tu veux relire les notes d'Hermione il faut que tu te lèves.
Il grogna et enfonça sa tête dans l'oreiller. Elie rit gentiment et frotta tendrement son nez contre sa joue.
— Debout Eid, c'est la dernière épreuve cette après-midi, après tu es tranquille.
— Ne veux-tu pas lire les notes à ma place et me les refiler par pensées pendant l'examen ?
Elle rit plus fort.
— Tu sais bien que ce n'est pas possible, il faudrait qu'on soit en contact et je suis presque sûre que tout ceci serait considéré comme une fraude.
— Rabat joie.
Il consentit à sortir son visage de l'oreiller lorsqu'Elie ouvrit les rideaux d'un coup sec et partit se débarbouiller dans la salle de bains. Il se redressa difficilement sur ses coudes et jeta un coup d'œil périphérique au dortoir. Crabbe et Goyle semblaient avoir déserté, mais les autres étaient tous là. Théo allongé au-dessus de la couverture et à l'envers, lisaient ses notes sur son lit. Drago faisait réviser Pansy sur le sien et Blaise venait d'apparaître, vêtu simplement d'un pantalon et encore humide de sa douche. Eiden ne se priva pas de lorgner son torse sombre, ce qui n'échappa pas à son compagnon :
— Tu te décides à te lever ? interrogea-t-il malicieusement.
Eiden attrapa son poignet au passage et le tira sur son lit.
— Oh, mais je suis tout à fait réveillé, ronronna le jeune homme brun en lui roulant une pelle enflammée.
Ses longs doigts passèrent sadiquement sur son entrejambe, caressant sa virilité et faisant grogner le basané.
— Den… gronda-t-il comme un avertissement.
— Oh, mais je vois que tu es tout à fait réveillé toi aussi Blaise, susurra Eiden en faisant glisser son autre main sur ses fesses rondes.
Son petit-ami le fit taire d'un autre baiser et monta complètement sur le lit, dominant l'autre, un genou de chaque côté de son bassin. La dernière fois qu'ils avaient fait l'amour remontait à vraiment trop longtemps et il en avait très envie, vraiment très envie, mais le moment n'était pas vraiment bien choisi. Il repoussa le fils de Severus et glissa à son oreille.
— Tu te lèves et je te laisse faire ce que tu veux de moi ce soir.
— Ce que je veux ?
Le bistré hocha la tête et se releva sur un ultime baiser, les mains d'Eiden glissant de son postérieur. Ce dernier s'extirpa de la couverture et se traîna jusqu'à la salle de bains. Sa sœur se lavait en fredonnant une chanson des Bizzar'Sisters.
— Tu es conscient que je suis nue ? fit-elle en reniflant différentes bouteilles de shampoing avant de choisir celle de Théo.
— Tu es consciente que je n'en ai pas la moindre chose à faire ? répliqua-t-il en se débarbouillant le visage.
Elle ne prit pas la peine de répondre, faisant mousser le produit sur ses cheveux comme si de rien n'était.
— Et puis tu es ma sœur et les femmes ne m'intéressent pas. Deux excellentes raisons de n'en avoir rien à faire.
— Les femmes ne t'intéressent pas ou personne ne t'intéresse à part Blaise ? s'enquit Elie en se rinçant.
— Je ne sais pas exactement. Je suppose que c'est la deuxième solution puisque je trouve toujours des femmes attirantes, mais toujours moins que Blaise évidemment. Alors peut-être que je suis… bi ? Je veux dire le problème au début de cette histoire était les enfants, pas le fait de désirer des hommes ou de devoir les toucher intimement.
— Peut-être que tu te fiches simplement du sexe de la personne tant que tu as des sentiments pour elle ? proposa Elie.
Il lui passa une serviette et l'aida à sécher ses très longs cheveux. Il se stoppa un instant puis déclara pensivement :
— Oui, c'est possible. C'est comme cela que je le sens, parce que si Blaise était une femme, je ne crois pas que cela aurait changé quelque chose pour moi.
Elle passa une main gentille dans ses cheveux pour le remercier, il la remplaça dans la douche et elle fila réviser.
— Ce serait vraiment bizarre si on ne vous connaissait pas mieux, déclara Pansy en la voyant réapparaître.
— Hum ? interrogea distraitement Elie.
— Vous deux, dans la salle de bains et le manque total de pudeur que vous montrez l'un envers l'autre, explicita la brune.
— Oh… et bien j'imagine que ce n'est pas le pire, la proximité de nos pensées et esprit le sont probablement.
— Oui c'est sûr, mais avoue que ce n'est pas habituel…
— Pour nous peut-être, intervint Théo sans même relever le regard de ses notes, mais les métisses ont un rapport beaucoup plus apaisé à la nudité et ne sont pas particulièrement pudiques.
Elie lui adressa un sourire tendre, Théo savait énormément de choses sur les métisses, le sujet l'avait toujours passionné, bien avant de rencontrer les jumeaux, depuis l'enfance en réalité. Même s'il avait dû cacher à son père ce centre d'intérêt… Il jouait énormément le tampon entre Elie, Blaise et les autres et particulièrement entre la jeune femme et Drago, le rassurant et éclaircissant certaines interrogations. C'était parfois plus simple pour lui d'aider le blond que les autres puisqu'il était lui-même humain ayant un point de vue sorcier sur les choses. Et surtout il connaissait Drago depuis toujours alors il savait parfaitement le manœuvrer, lui et son caractère difficile.
— Tu n'es pourtant pas particulièrement exhibitionniste, fit remarquer Pansy, je ne crois pas avoir déjà vu…
Elle se coupa brusquement, consciente de son impaire. Ce n'est pas avec son corps qu'Elie avait un problème, mais avec ce qu'il y avait dessus.
— Je suis désolée Elie je… commença-t-elle.
— Il n'y a aucun problème Pansy je t'assure, rassura la jeune femme. Je n'ai jamais été particulièrement exhibitionniste en effet, même avant… tout ça. Le fait que la nudité ne me dérange pas ne veut pas forcément dire que je me plais à l'être tout le temps.
Elle enfila promptement son pantalon qu'elle avait oublié au pied du lit de son frère et continua pour changer de sujet :
— Pourrais-tu me réexpliquer les causes de la deuxième guerre avec les gobelins, je veux être bien certaine d'avoir tout compris.
— Bien sûr, viens par ici que l'on revoit cela ensemble.
Après le déjeuner, tous les cinquièmes années furent à nouveau rassemblés dans la grande salle pour passer leur ultime épreuve, celle d'Histoire de la Magie, que beaucoup d'entre eux redoutaient en raison des cours soporifiques et ennuyants du professeur fantôme Binns. Eiden se sentait d'ailleurs somnolent et avait le plus grand mal à ne pas simplement poser la tête sur sa table et s'endormir. Mais il se fit violence et commença à parcourir les questions. Il lui semblait qu'il était principalement question de la législation sur les baguettes magiques, mais il n'en était pas certain, tant la fatigue s'était brutalement abattue sur lui. Il tenta de répondre comme il pouvait, mais passa de nombreuses questions avant de s'attaquer au sujet des sorciers du Liechtenstein qui avaient refusé d'adhérer à la Confédération internationale des sorciers à sa création. Il commença à rédiger ce qu'il savait, mais la torpeur le prit plus violemment, l'obligeant à fermer les yeux et plonger son visage dans ses mains.
— Réfléchis ! s'ordonna-t-il à lui-même sans que ça n'ait une réelle efficacité.
Il ne se sentit pas partir et s'endormit.
Il marchait à nouveau dans le couloir sombre et frais qui menait au Département des mystères. Parfois, il se mettait à courir, décidé à atteindre enfin son but… La porte noire s'ouvrait, comme d'habitude, et il se retrouvait dans la salle circulaire avec toutes mes autres portes…
Il la traversait en arpentant le sol de pierre et franchissait la deuxième porte… toujours les taches de lumières sur les murs et cet étrange cliquetis mécanique, mais pas le temps d'explorer les lieux, il fallait se dépêcher…
Il parcourait au pas de course les quelques mètres qui le séparaient de la troisième porte. Elle s'ouvrait comme les autres…
Une fois de plus, il se retrouvait dans la salle vaste comme une cathédrale, remplie d'étagères et de globes de verre… Son cœur battait très vite, à présent… Cette fois, il allait y arriver… Lorsqu'il atteignait le numéro quatre-vingt-dix-sept, il tournait à gauche et se hâtait de parcourir l'allée, entre les deux rangées d'étagères…
Mais tout au bout, une forme se dessinait sur le sol, une forme noire qui remuait comme un animal blessé… Eiden sentait son estomac se serrer sous l'effet de la peur… et de l'excitation…
Une voix s'éleva alors de sa propre bouche, une voix aiguë, glacée, dépourvue de toute chaleur humaine…
— Prends-la pour moi… Rapporte-la… Je ne peux pas y toucher… mais toi tu peux…
Sur le sol, la forme noire bougeait légèrement. Eiden voyait une main aux longs doigts blafards serrés sur une baguette magique se lever au bout de son propre bras… Puis il entendit la voix glacée prononcer le mot :
— Endoloris !
L'homme étendu par terre laissait échapper un cri de douleur. Il essayait de se relever, mais retombait en se tortillant sur le sol. Eiden éclatait de rire. Il brandissait sa baguette pour interrompre le maléfice et la silhouette à nouveau immobile poussait un gémissement.
— Lord Voldemort... assister
Très lentement, les bras tremblants, l'homme étendu par terre souleva ses épaules de quelques centimètres et redressa la tête. Son visage émacié était maculé de sang, tordu par la douleur, mais restait crispé dans une expression de défi.
— Tu devras me tuer, murmurait Sirius.
— Sans aucun doute, c'est ce que je finirai par faire, disait la voix glacée. Mais tu commenceras par aller me la chercher, Black … Tu crois donc que c'était vraiment de la douleur, ce que tu as éprouvé jusqu'à maintenant ? Réfléchis… Nous avons des heures devant nous et personne ne peut t'entendre…
Quelqu'un se mit alors à crier lorsque Voldemort abaissait à nouveau sa baguette. Quelqu'un qui hurlait et tombait d'une table brûlante sur la pierre froide. Eiden se réveilla en heurtant le sol, hurlant toujours, sa cicatrice en feu tandis que des clameurs s'élevait autour de lui dans la Grande Salle'' [1]
Il sentit des mains contre lui, essayant de le retenir pendant qu'il s'agitait sur le sol froid de la Grande Salle. Les larmes ruisselaient le long de ses joues et il gémissait sourdement, tentant de repousser les mains qui le tenaient.
— Monsieur Rogue, calmez-vous je vous prie, nous allons vous emmener à l'infirmerie !
La voix était chevrotante et n'atteint pas du tout l'adolescent qui entendit à peine dans les brumes de son esprit intervenir une autre voix.
— Professeur, laissez-moi l'aider !
— Mademoiselle, ceci est un examen et…
— Je me moque bien de votre examen, professeur, quand mon frère est dans cet état, grinça la jeune femme.
Des mains apaisantes se posèrent sur lui et le calmèrent doucement, le retenant pour qu'il ne se fasse pas plus de mal. Il se sentit coller contre un torse chaud et la voix d'Elie murmura à son oreille.
— Ça va aller ce n'est qu'un cauchemar, cela va aller Eiden.
Elle parlait en anglais, pour qu'on ne l'accuse de rien. Ombrage aurait bien été capable de dire que c'était une tentative de tricherie.
— Il faudrait sans doute amener ce jeune homme à l'infirmerie, intervint une nouvelle fois le professeur Tofty.
Mais Eiden s'agita de nouveau.
— Non ! Pas l'infirmerie… pas besoin. Je vais bien, je vais bien, bredouilla Eiden.
— En ce cas, laissez-moi prendre votre copie et vous conduire au-dehors, au calme. Ou peut-être pouvez-vous terminer tout de même votre examen, faire un effort pour répondre aux dernières questions ?
L'adolescent secoua la tête sous le regard soucieux de sa sœur et se releva.
— L'examen est bientôt achevé, venez avec moi nous allons vous trouvez un peu d'eau. Mademoiselle, veuillez retourner à votre place, fit l'examinateur à Elie qui s'exécuta en lâchant à contrecœur la main de son frère.
— On se retrouve dans un moment, murmura-t-elle avant que le vieil homme ne le guide au-dehors.
Elie ne semblait pas avoir vu son rêve, ou du moins pas clairement, car il sentait son incompréhension et son inquiétude dans son esprit. Lui était fébrile et son cœur battait la chamade dans sa cage thoracique, comme s'il allait soudain s'échapper.
— Je remettrai votre copie au professeur Marchebank pour vous ne vous en faites pas, assura l'examinateur, mais il vaudrait peut-être mieux que vous alliez vous allonger un moment, les examens sont stressants pour tout le monde, vous n'êtes pas le premier à en subir la pression.
Le ton était paternel et conciliant, mais Eiden n'y prit pas garde. Hochant fermement la tête il approuva l'homme et disparut dans le couloir.
Dès qu'il fut hors de vue du vieillard, Eiden monta dans les étages et gagna le plus vite possible les cachots et les appartements de son père. Il frappa, mais rien ne vint, reprenant sa course folle il le chercha dans sa salle de classe et dans la salle des professeurs, mais il n'était nulle part. Il se rabattit donc sur sa seconde idée et rejoignit rapidement l'infirmerie.
— Je voudrai voir le professeur Mcgonagall, haleta-t-il, fatigué par son cauchemar et sa course dans le château.
— Est-ce que tout va bien Eiden ? s'inquiéta Poppy.
La femme avait fini par les appeler par leur prénom, après leur long séjour à l'infirmerie et la fréquence de leurs visites.
— Oui, oui, assura le garçon, je suis juste essoufflé.
Elle opina et lui tendit un verre d'eau.
— Malheureusement le professeur Mcgonagall n'est pas là, son état ne s'améliorait pas alors votre père l'a conduit à Sainte Mangouste. Quatre éclairs de stupéfixion en pleine poitrine, à son âge, il ne faut pas s'en étonner…
— Mais, mais, commença à paniquer Eiden, quand Père revient-il ?
— Pas avant ce soir je le crains. Il devait voir le guérisseur en chef Hippocrate Smethwyck à propos des potions qu'il fournit à l'établissement.
L'adolescent sentait ses tripes se tordre. Ni son père ni Minerva, qu'allait-il faire ? Si Sirius était réellement retenue prisonnier par Voldemort, alors il n'y avait pas de temps à perdre. Mais si ce n'était qu'une vision factice ? Comment faire ? Que faire ?
— Vous êtes sûr que je ne peux pas vous aider Eiden ? interrogea la femme.
— Non, dit le jeune homme en tentant de se calmer. Je vais attendre qu'il revienne, ne vous en faites pas. Je vais aller m'allonger, je crois que les examens me pèsent plus que je ne le pensais…
Elle eut un regard indulgent et le laissa partir après qu'il ait refusé un filtre d'apaisement. Il avait perdu beaucoup de temps à crapahuter ainsi dans le château, les autres étaient sortis de la Grande Salle et il ignorait où ils se trouvaient. Il tomba cependant sur Blaise qui l'attendait dans les escaliers.
— Est-ce que ça va ? demanda-t-il en voyant son teint plus que blanc. On a décidé que l'un de nous resterait là pour te retrouver vu que tu n'étais pas au dortoir. Les autres nous attendent à l'endroit habituel, Elie dit que tu as des choses à nous dire.
Le fils de Severus était encore trop nerveux et confus pour protester et suivit donc son petit ami dans la vieille salle abandonnée qu'ils utilisaient pour se retrouver en toute discrétion. Neville, Ron, Hermione, Elie, Drago, Théo et Pansy étaient là, assis sur les habituelles couvertures, le contemplant d'un air inquiet.
— Voldemort détient Sirius, dit-il sans préambule.
— Sirius Black ? Ton parrain ? interrogea Pansy. Mais comment le sais-tu ?
— Oui, mon parrain, je l'ai vu pendant l'examen, c'est pour cela que j'étais…
Il ne termina pas sa phrase, mais tout le monde l'avait compris.
— Il est retenu au Département des mystères, dans une salle remplie d'étagères et de petites sphères de verre, au bout de la rangée numéro quatre-vingt-dix-sept. Il… il est en train de le torturer.
Sa voix se brisa sur la fin.
— Comment peux-tu être sûr que c'est bien la réalité que tu as vu et non une vision construite de toute pièce par Voldemort ? demanda Hermione. Je veux dire, il te connaît Eiden il t'avait déjà attiré dans la Chambre des Secrets en kidnappant Ginny. Il pourrait… il pourrait te faire croire que Sirius est là haut pour t'amener au Ministère.
— Je sais Hermione. Je ne peux pas savoir si tout ceci est la réalité. Mais même ainsi je ne peux pas le laisser, si c'est vrai, s'il… Voldemort a dit qu'il finirait par le tuer, je ne peux pas perdre Sirius, jusque-là il était la seule famille qu'il me restait, c'est mon parrain, je ne peux pas le laisser mourir là-bas…
Personne ne le contesta, bien sûr qu'il ne le pouvait pas.
— Cela semble fou, le Ministère doit être plein à craquer à cette heure-ci, comment le Lord aurait pu emmener Black en son sein sans se faire remarquer ? fit remarquer Théo, la mine inhabituellement grave.
— C'est le Département des mystères, c'est un endroit étrange et vraiment vaste à ce que l'on dit, c'est possible. Le Seigneur des Ténèbres a de très grands pouvoirs, rétorqua Drago qui en savait un peu sur l'endroit du fait des accointances de son père avec ce lieu et ceux qui y travaillaient.
— La question n'est de toute façon pas de savoir si c'est réel ou pas, je ne risquerai pas la vie de Sirius. J'ai cherché père pour l'informer, mais il est parti emmener Mcgonagall à Sainte Mangouste, elle est en mauvais état.
— Mais alors nous n'avons aucun moyen de prévenir l'Ordre à temps ! s'écria Ron qui commençait lui aussi à perdre son calme.
— Nous en avons un et qui nous permettra de vérifier également que Sirius à bien disparut… intervint calmement Elie.
Tous pivotèrent le regard vers elle.
— Il n'y a qu'une seule porte sûre vers le monde ici et tu l'as déjà empruntée, continua la jeune femme.
— La cheminée d'Ombrage, souffla Eiden en réponse.
— Quoi ?! Non ! s'exclama Hermione. Tu as déjà eu de la chance la dernière fois, ne tente pas le diable à nouveau Eid, elle va tout découvrir et te renvoyer, peut-être même pire !
— Hermione je n'ai pas le choix.
Il eut un silence gênant puis Eiden reprit doucement :
— Je ne vous demande rien, vous n'avez pas à vous impliquer là-dedans.
Drago leva les yeux au ciel.
— Comme si on allait te laisser seul ! grommela-t-il. Alors, comment procédons-nous ?
Eiden ne répondit pas, il n'en avait aucune idée, mais ce n'était pas le cas d'Elie.
— Les jumeaux m'ont laissé quelques petites choses, ainsi qu'à Ginny, je peux voir avec elle pour organiser une diversion.
— Et nous on montera la garde, termina Pansy, Hermione dans le bureau avec toi, Blaise et Drago dans le couloir, Neville et Ron à l'étage, Théo avec Elie et Ginny et moi je filerai Ombrage pour être sûr.
— Ça semble bon… fit prudemment Hermione, dans l'hypothèse bien sûr où toute cette histoire n'est pas complètement folle et téméraire.
— Elle l'est évidemment, mais nous n'avons pas réellement le choix de toute façon, Eiden est bien capable de foncer au Ministère seul sans cela, riposta Elienor.
Ce dernier approuva fermement et se leva.
— Nous n'avons plus de temps à perdre. Je vais aller récupérer la cape et la carte du maraudeur, Elie trouve Ginny, on se retrouve tous devant le tableau de Gwendoline la Fantasque dans vingt minutes.
Juste avant qu'Elie ne passe la porte, Hermione la retint par le poignet.
— Tu penses réellement que c'est une bonne idée ? demanda-t-elle.
— Je pense que c'est la seule que nous ayons. Nous sommes seuls au moins jusqu'à ce soir et si Sirius est effectivement prisonnier, il sera mort bien avant.
— Tu crois réellement que cette vision est véridique ?
— Je n'en ai pas la moindre idée, avoua Elie. Mais nous ne pourrons pas retenir Eiden ici sans preuve qu'il va bien et je ne l'abandonnerai pas.
— Moi non plus, assura l'autre.
Ils se retrouvèrent comme prévu au point de rendez-vous, Ginny ayant amené Luna avec elle.
— Elle était avec moi, expliqua-t-elle. Elle veut aider.
La blonde loufoque hocha la tête et serra dans sa main le petit sac de toile que les filles lui avaient remis. Eiden laissa ses yeux vagabonder sur les trois sacs et croisa les yeux changeants de sa sœur :
— Combien de temps j'ai ?
— Je peux t'assurer une douzaine de minutes à partir du lancement, guère plus, l'hideux crapaud est de plus en plus méfiante.
— Ça suffira, affirma Eiden en sortant la cape d'invisibilité de sa poche.
— N'oublie pas de vérifier les sortilèges et la porte, elle en a sûrement posé depuis le problème des niffleurs.
Il hocha la tête et Hermione et lui disparurent sous la cape. Pansy tapota l'écran de sa montre et déclara :
— Dans cinq minutes on lance le compte à rebours. Rendez-vous tous dans la salle du troisième une fois tout ceci terminé.
Tout le monde se mit en place et bientôt un intense craquement retentit et une épaisse fumée grise enveloppa tout le couloir, réduisant à néant le champ de vision et étouffant les sons.
— Vas-y, entendit Eiden dans sa tête et il entra avec Hermione grâce au couteau offert par Sirius.
Il ne perdit pas de temps et plongea sa tête dans la cheminée.
— 12 Square Grimmaurd !
Il sentit la désagréable sensation familière de sa tête tournant dans l'âtre puis il s'immobilisa, le regard plongé dans la lugubre cuisine de Grimmaurd. Il n'y avait personne alors Eiden appela aussi fort qu'il put :
— Sirius ? Sirius tu es là ? Sirius ?
Sa voix retentit dans l'espace vide, créant un écho désagréable, mais personne ne lui répondit. Il n'y avait personne. Puis un bruit à peine perceptible se fit entendre et Kreattur, l'elfe de maison de la famille Black apparut dans son champ de vision.
— Qui est là ? croassa-t-il.
Puis il vit la tête d'Eiden dans le feu.
— Mais c'est le jeune Monsieur Rogue-Grimm.
Le petit être semblait partagé, il ne semblait pas l'aimer beaucoup, mais vouait un grand respect aux anciennes familles de sangs-purs et Eiden descendait de trois des plus grandes.
— Je cherche Sirius, Kreattur. Est-il ici ?
L'elfe se balança légèrement d'avant en arrière.
— Le maître est sorti, Monsieur Eiden Rogue Grimm.
— Comment ?! Où ça ?! Où est sorti Sirius Kreattur ?
L'elfe se balança plus rudement, mais ne dit rien.
— Kreattur, menaça le jeune homme. Où est-il ? Où est Lupin ? Ou n'importe qui d'autre de l'Ordre ?
— Il n'y a que Kreattur ici, Monsieur, fit doucement l'elfe.
— Où est Sirius ?
— Le maître est sorti. Il n'est pas ici.
— Mais où est-il ! Est-il… Kreattur est-il au Département des mystères ? s'emporta Eiden, frustrer de ne pouvoir secouer le petit être comme un prunier.
— Le maître ne dit pas à Kreattur où il va, dit très bas l'elfe de maison.
Eiden voulais riposter et lui faire cracher la vérité, mais une douleur intense le prit au crâne, comme si l'on tentait d'arracher la peau fine de sa tête et il fut tiré en arrière. S'étouffant à moitié avec la cendre et la soudaine douleur, il fut traîné hors du feu et du square.
— Monsieur Rogue, quelle surprise ! ironisa Ombrage qui tremblait de fureur.
Le garçon ne dit rien et elle le projeta contre le mur de pierre froide que sa tête et son dos heurtèrent violemment.
— Vous ne pensiez tout de même pas qu'après les deux Niffleurs j'allais laisser mon bureau sans surveillance. J'ai jeté des sortilèges Anticatimini tout autour de la porte pour me prévenir de la moindre infraction. Je n'allais laisser personne et surtout pas vous pénétrer par effraction dans mon bureau. Prenez sa baguette ! ordonna-t-elle.
Un des idiots de sixième année de serpentard qui avait intégré la Brigade Inquisitorial fouilla brutalement dans sa poche et en retira sa baguette magique avant de le pousser un peu plus contre le mur.
— La sienne aussi.
Il eut un bruit de lutte et Millicente s'empara de la baguette d'Hermione.
— Alors Monsieur Rogue, on a très envie de se faire renvoyer n'est-ce pas ? fit la Directrice perfidement. Ayant raté votre coup la dernière fois vous retentez et en emportant à nouveau vos petits camarades avec vous. Mais cette fois, vous ne pourrez rien pour eux…
À cet instant entrèrent Neville, Pansy, Ron, Neville et Drago, tous encadrés par des membres de la Brigade Inquisitorial qui remirent leur baguette sur le bureau d'Ombrage.
— Vous essayez de contacter Dumbledore n'est-ce pas ? grinça-t-elle.
— Non.
Elle le saisit par le col et le projeta à nouveau contre le mur.
— Menteur !
— Non.
— Je sais que vous êtes de mèche avec lui, il vous a toujours défendu. Je sais que vous savez où il est et ce qu'il prépare, hurla la femme.
— Je ne vois pas de quoi vous parlez, fit difficilement Eiden, sa tête le lançant douloureusement.
— Menteur !
Elle le gifla violemment et les yeux de Blaise luire de haine avant qu'il ne frappe son agresseur pour venir en aide à son compagnon. Mais deux autres colosses de la Brigade le tirent en arrière et l'empêchèrent d'avancer.
— Dites-moi où est Dumbledore ? tonna-t-elle.
— Je l'ignore.
Elle le gifla une nouvelle fois et à ce moment entrèrent deux autres membres de la brigade tenant Luna.
— Madame la Directrice, nous avons trouvé la responsable de la diversion.
La femme fit une grimace de dégoût et leur ordonna de la mettre avec les autres, le temps qu'elle s'occupe de leur cas. Du coin de l'œil, il sembla à Eiden que l'air s'agitait étrangement dans un coin et que la porte était restée ouverte un instant de trop pour être normale. Mais peut-être était-ce son crâne malmené qui lui jouait des tours… Il sentit cependant une vague de chaleur réconfortante dans sa poitrine et sa douleur diminua très légèrement.
— Je suis vraiment très déçu de votre attitude, Miss Parkinson, déclara le vieux crapaud, et plus encore de la vôtre Monsieur Malfoy, lorsque votre père sera au courant de cela il sera sans nul doute très déçu et en colère. Un tel proche du Ministre…
Pansy et Drago levèrent le menton d'un air hautain, ne faisant visiblement pas grand cas de l'opinion de leur père ou de celle de la Grande Inquisitrice. Celle-ci se détourna d'eux pour reprendre son interrogatoire, mais comprenant qu'Eiden n'allait pas coopérer, elle posa ses yeux sur Blaise et ses lèvres s'étirèrent en un sourire mauvais.
— Vous ne semblez pas très réceptif, Monsieur Rogue, mais peut-être le serez-vous plus face à de meilleurs arguments.
Elle pointa sa baguette sur le bistré et lui envoya un sort en plein ventre qui le fit se plier, le souffle coupé. Eiden bondit immédiatement sur ses pieds, mais il fut retenu comme les autres par les stupides membres de la Brigade Inquisitoriale.
— Ne le touchez pas ! grogna-t-il.
— Oh, mais moi je ne le veux pas, fit cruellement Ombrage, c'est vous qui m'y obligez Monsieur Rogue… Elle se tourna à nouveau vers Blaise qui respirait toujours difficilement et cria : Endol…
— Non !
Le cri simultané d'Eiden et Hermione la coupa tandis que les autres étaient simplement figés d'horreur.
— Quelque chose à dire très cher ? minauda la Grande Inquisitrice.
— C'est illégal ! s'écria Hermione, c'est de la torture et…
— Mais la fin justifie les moyens, Mademoiselle Granger et quelqu'un dans ma position peut se permettre d'engager de tels moyens en cas de trahison envers la patrie et tentative de coup d'État.
— Trahison envers la patrie et tentative de coup d'État ? s'étouffa Eiden. Vous perdez complètement la tête !
Elle lui offrit seulement un horrible sourire et se tourna à nouveau vers Blaise, mais Hermione la coupa en s'écriant.
— Nous avons essayé de contacter le professeur Dumbledore, s'exclama-t-elle.
Tous ses amis se tournèrent vers elle, la contemplant comme si elle était soudainement devenue folle.
— Vous savez donc où est Dumbledore !
— Non, continua Hermione. Nous avons tout essayé, le Chaudron Baveur, les Trois Balais, la Tête du Sanglier…
— Imbécile, il est en cavale, il ne va pas s'installer dans un pub, tout le Ministère est à sa recherche ! s'exclama Ombrage.
— Mais nous avions quelque chose d'important à lui dire… gémit la jeune née moldu, accroissant encore l'incompréhension de ses camarades qui gardèrent tout de même un visage de marbre.
— Que vouliez-vous lui dire ? interrogea la Directrice qui semblait sur le point de se faire dessus tant elle jubilait.
— Nous… voulions lui dire que c'est… p-prêt… l'arme, balbutia Hermione d'une voix étouffée.
— Une arme !
Ombrage était surexcitée, elle secoua durement la brune.
— Dites-moi où est-elle ! De quelle arme s'agit-il ?
Eiden voulut profiter de sa baisse de vigilance pour sauter sur sa baguette et l'attaquer, mais la voix de sa sœur dans sa tête le stoppa juste à temps.
— Ne fais pas cela ! Ça n'arrangera rien. En plus Hermione a un plan.
— Elle te l'a dit ?
— Non, mais elle en a un. Elle essaye d'éloigner Ombrage et de gagner du temps.
— Je savais bien que quelqu'un était entré tout à l'heure.
— Luna a proposé de se laisser prendre pour qu'on puisse suivre derrière, on est désillusionné, tant qu'on ne bouge pas personne ne peut nous voir.
Il hocha la tête et elle bougea légèrement pour lui montrer sa position, apparemment, Ginny était tout prêt elle aussi. Entre temps, Hermione avait convaincu le crapaud de les suivre elle et Eiden dans la forêt pour qu'ils lui montrent l'arme, préférant laisser les autres sous la bonne garde des membres de la Brigade inquisitoriale.
— Rogue et Granger allons-y ! fit-elle en pointant sa baguette devant elle.
Les deux adolescents et le vieux crapaud disparurent et au moment où elle ferma la porte, huit sortilèges frappèrent les membres de la Brigade Inquisitorial qui s'écroulèrent, suivit de près par leurs compères qui n'avaient pas du tout compris ce qu'il leur arrivait. Les derniers corps tombèrent et Ginny et Elie apparurent dans un coin de la pièce. Elles avaient profité de la sortie d'Ombrage pour dérober les baguettes et les rendre à leurs possesseurs.
— Merci pour la baguette, sourit Drago en l'embrassant légèrement.
— C'était un plaisir, répondit-elle en caressant sa nuque avant de se tourner vers Blaise. Est-ce que tu vas bien ?
— Oui, répondit le jeune homme en grimaçant un peu alors qu'elle le forçait à s'asseoir pour soulever sa chemise.
Elle palpa doucement la peau sombre qui prenait déjà une teinte malsaine.
— Elle ne t'a pas loupé cette enflure ! siffla Elie en sortant de son sac une petite boîte de nacre emplie d'une pâte orange qu'elle appliqua doucement sur les hématomes qui ornaient le ventre de son ami.
— Ça aurait sûrement été bien pire si Ginny n'avait pas détourné une partie du sortilège, fit remarquer Blaise. Merci pour cela au fait, dit-il à la petite rousse.
— Je suis désolée de ne pas avoir fait plus, ça aurait paru suspect si je l'avais simplement bloqué, répondit Ginny en heurtant, presque sans faire exprès, la tête de Crabbe en se rapprochant.
— Je sais ne t'en fais pas, merci d'avoir fait le maximum.
— Il n'y a pas de quoi, fit la jeune femme en lui faisant un clin d'œil.
Les adolescents rassemblèrent les corps de la Brigade Inquisitorial et les tirèrent dans le couloir après s'être assuré que la voie était libre.
— On ne peut pas les laisser comme cela, intervint Ron.
— Non tu as raison, répondit Théo en farfouillant dans le sac d'Elie.
— On pourrait peut-être leur mettre de la poudre de Granulot dans le nez pour qu'ils croient à un rêve, intervint pensivement Luna.
Théo lui offrit un gentil sourire.
— Nous n'en avons pas malheureusement, mais en revanche il y a ceci.
Il sortit une fiole d'un intense violet et en glissa une goutte dans la bouche de chacun des élèves sans connaissance.
—C'est un filtre d'oubli, ils ne risqueront pas de moucharder quoi que ce soit, expliqua-t-il en terminant son ouvrage.
— Vous les serpentard vous êtes un peu expéditif, nota Ron que cela ne semblait pourtant pas plus gêner que cela.
— On est en guerre, faire preuve de pitié c'est risquer de mourir, lui rétorqua le garçon aux cheveux corbeau.
— Qu'est-ce que l'on fait maintenant ? demanda Ginny alors que Théo achevait sa tâche.
— On les retrouve, Hermione les a emmenés dans la forêt, répondit Elie.
— J'espère qu'elle sait ce qu'elle fait, grommela Drago qui n'était pas un grand fan de la Forêt Interdite.
— Elle espère aussi apparemment, rétorqua, tout à fait rassurante, sa petite-amie.
L'autre se contenta de grimacer et de se saisir de son sac.
— Puisqu'il faut y aller, soupira-t-il en se mettant en marche.
— Comment va-t-on faire avec Ombrage ? s'enquit Ginny alors qu'ils prenaient tous la direction du parc.
— J'espère qu'Hermione a une idée de ce qu'elle fait, par ce que l'on ne s'en sortira pas comme cela cette fois, soupira Ron.
Les autres hochèrent sombrement la tête, mais aucun d'eux ne regrettait leurs actions. Cette folle avait voulu jeter un impardonnable à Blaise et l'avait frappé, ainsi qu'Eiden. Et ce n'était pas nouveau.
— Hors de question qu'elle en réchappe cette fois, fit Drago d'une voix polaire.
Ils avaient atteint les frondaisons de la Forêt Interdite quand Elie donna son sac à Théo et fit un signe à Blaise.
— La piste est encore fraîche, mais ce sera plus clair sous une forme animale, déclara la jeune femme.
Blaise approuva et prit sa forme d'animagus, celle d'une longue et gracieuse panthère noire d'encre.
— J'ignorai que tu étais animagus Blaise ! s'exclama Ron. C'est vraiment cool.
— Les enfants de sang mâtinés ont des facilités à le devenir. Ils peuvent souvent l'être très tôt, répondit Neville.
La très grande louve d'Elie le rejoignit aussitôt et ils les menèrent droit dans la forêt, reniflant de temps en temps pour vérifier la piste. Ils croisèrent de nombreux animaux qui disparaissaient avant même que les adolescents ne puissent les voir. Tout ceci ne participait pas à rassurer Drago qui n'appréciait toujours pas de passer du temps en ce lieu, Elie semblait en être tout à fait consciente puisqu'elle ralentit un peu et lui permit de se coller à ses flancs. Elle fourra gentiment son nez dans sa main et gronda doucement pour le rassurer.
— Ouais je sais, je suis ridicule, on ne risque rien, soupira le blond en retour, mais ici, ça ressemble bien trop à mes cauchemars pour que j'y sois à l'aise. Lucius aimait trop me perdre dans les bois du Manoir pour que je me sente bien ici.
L'animal immaculé gronda sourdement d'un air menaçant et poussa un peu plus sa tête contre lui. La longue panthère noire fit de même et retroussa les babines, dévoilant deux paires de crocs aiguës.
— Eh ben, vous ne faîte pas franchement petits nounours ainsi, déclara doucement Ginny.
— Je crois que c'est le but, répondit sérieusement Théodore en réajustant sur son épaule mince la besace de cuir remplit de potions d'Elie.
— Ouais bah ça fonctionne, rétorqua Ron en continuant d'avancer.
Le rouquin regarda autour de lui et déclara :
— Au moins, on ne prend pas la route du nid des acromentules.
Drago lui adressa un regard noir.
— Quoi ?! fit le fils Weasley. Je te signale que je m'y suis déjà frotté et j'ai bien failli y rester, je ne tiens pas à recommencer.
— On peut peut-être se concentrer sur les acromentules plus tard, vu que pour le moment elles ne semblent pas être un risque immédiat, suggéra doucement Neville qui commençait sérieusement à s'inquiéter pour ses amis. Ils commençaient à être profondément enfoncés dans les bois et la lumière baissait de plus en plus.
— Il va bientôt faire nuit, ils sont encore loin ? questionna Pansy.
La louve secoua sa grosse tête et pressa un peu le pas. Au bout de quelques minutes, ils entendirent des éclats de voix et pressèrent encore le pas pour tomber sur une scène surréaliste. Ombrage était tenue par deux centaures, à plusieurs dizaines de centimètres du sol, ses pieds délestés de leurs horribles souliers vernis. Hermione et Eiden se tenaient de l'autre côté de la clairière.
— Est-ce que c'est un géant ? s'exclama Pansy en voyant la haute forme qui leur tournait le dos, fuyant les flèches des hybrides homme-chevaux.
— Graup, souffla Ron.
Les hurlements d'Ombrage perçaient leurs tympans et chacun fut très satisfait de la voir disparaître dans la forêt, emportée par le groupe de centaures. En quelques secondes la clairière se vida entièrement, laissant les onze adolescents seuls au milieu de l'endroit brusquement silencieux. Elie et Blaise abandonnèrent alors leur forme animale, leur flair n'étant plus nécessaire.
[1] extrait d'Harry Potter et l'Ordre du Phénix, J.K Rowling, Gallimard, 2003, Londres, page 816-817. Rêve avec Voldemort et Sirius, j'ai simplement changé le nom d'Harry en Eiden.
