N.D.A :

Bonsoir,

Ce chapitre n'a pas été corrigé et je cherche un nouveau beta, si vous en connaissez un prêt à reprendre cette histoire ...

Désolée pour le retard, j'ai seulement un accès internet. Concernant la suite, elle sera postée dans deux ou trois semaines, suivant comment je m'en sors avec les montagnes de choses que je dois faire. Je suis confuse, je vais faire au mieux.

Plusieurs d'entre vous m'ont signalés des soucis avec l'envoi de reviews, si c'est votre cas et que je n'y ai pas répondu, par mail ou avant le chapitre suivant, ce n'est pas normal et cela signifie que je ne l'ai pas eu.

Merci aux lecteurs, furtifs ou non

Elishae


Merci à tous ceux qui ont commentés c'est vraiment super d'avoir des reviews, surtout lorsque j'ai des difficultés à écrire. Donc merci beaucoup à ceux qui prennent le temps de laisser un petit mot, même très court.

mamy 83 : C'est comme toujours un plaisir.

hathor2 : merci pour le petit mot.

elo-didie : Je suis bien d'accord ! Merci d'avoir laisser un mot.

Adenoide : Eiden n'est pas le maître de Kreattur, il n'est donc pas obligé de lui répondre, ni de lui dire la vérité. Et au sujet d'Eiden et Blaise, je n'ai peut-être pas été clair mais Severus était sortit pour tout la nuit, ils pouvaient donc batifoler en paix :)

Stormtrooper2 : Pour Elie et Drago en effet cela va se faire dans quelques chapitres, en revanche non Severus n'est pas jaloux de Thoman, c'est un simple commentaire. Pour le reste, réponse plus bas.


Chapitre 17 : C'est mon parrain !

— Est-ce que ça va ? interrogea Ginny alors qu'Hermione et Eiden les rejoignaient. Ils n'avaient tous deux, semble-t-il, rien de plus que quelques égratignures.

Ils hochèrent la tête tous les deux et Eiden s'assura que son petit ami n'avait pas trop souffert du sort d'Ombrage.

— Que c'est-il passé ? interrogea Drago qui contemplait l'endroit où avait disparu la Grande Inquisitrice les sourcils froncés.

— Hermione a eu l'idée de la mener jusqu'à Graup, le frère géant d'Hagrid, espérant que l'on puisse tirer partit de sa surprise et les centaures sont arrivés. Ils n'étaient pas franchement contents que l'on vienne sur leurs terres et qu'on amène le vieux crapaud, mais on a finalement eu de la chance, expliqua le fils de Rogue.

— La mégère c'est mise à insulter les centaures, les traitants de sales hybrides et faisant montre de sa formidable autorité d'employée du Ministère et de sous-secrétaire d'État auprès du Ministre, grimaça la jeune née-moldu. Le troupeau n'a que moyennement apprécié, mais ils se sont véritablement mis en colère lorsqu'elle à user de la magie pour ligoté et étranglé l'un deux.

— Et ils nous en ont débarrassés ... fit Pansy.

— Je crains que ce ne soit pas aussi simple que cela malheureusement, fit Elie alors qu'un rictus envahissait son visage, mais nous n'avons pas le temps pour le moment de nous en soucier.

— Ils n'ont pas apprécié que vous l'emmeniez ici, déclara Luna, en contemplant elle aussi l'endroit où ils avaient tous disparu.

Blaise approuva.

— Ils ne vont pas être tendres avec elle, cela fait des années qu'elle fait campagne contre eux, pour les marquer comme du bétail et les chasser de leurs terres, honnêtement, je la plaindrai presque, les centaures ne sont pas connus pour leur bienveillance envers les humains. J'espère juste que Dumbledore va réussir à la tirer de là, pour notre bien à tous, malgré que ce soit tout ce qu'elle mérite.

— Mais ne nous occupons pas de cela pour le moment, trancha Hermione. Eiden, as-tu vu Sirius ?

— Non, la voix du garçon était sans âme, froide.

Caruos, souffla Elie, qu'as-tu appris ?

— Il n'était pas là, ni lui, ni Remus, ni personne. Il n'était pas là, il était sorti.

Sa sœur effleura sa main pour obtenir le souvenir original et il la laissa faire. Hermione sembla hésiter un instant puis dit :

— Peut-être est-il ailleurs Eiden, peut-être est-il simplement … sorti prendre l'air ?

— Sirius n'a pas quitté cette maison depuis un an, alors pourquoi serait-il sorti justement aujourd'hui pour prendre l'air ?

— Je l'ignore, souffla la brune.

— Il peut-être n'importe où, risqua Ron même s'il ne semblait pas réellement y croire lui-même.

Le fils Rogue eut un rire sans joie.

— Oui il fait sans doute du shopping, ou un ciné, ou un tennis …

Seuls Hermione, Elie et Blaise comprirent cette phrase, mais les autres n'osèrent pas demander au ton tranchant qu'avait utilisé l'adolescent.

— Je ne l'abandonnerai pas, continua-t-il, sa voix calme tout emplie d'autorité et de volonté pure.

— Alors nous venons avec toi, déclara doucement Blaise qui s'empara de sa main pour confirmer ses dires.

Eiden soupira à ses paroles, il ne pouvait de toute façon pas les en empêcher, qu'importe combien il voulait les garder en sécurité.

— La question est de savoir comment nous allons y aller, intervint Ron.

— En volant bien sûr ! dit le plus sérieusement du monde Luna qui ne regardait personne en particulier.

Il eut un bref silence de surprise puis Ginny demanda doucement :

— Quelle est ton idée, Luna ?

La jeune fille blonde montra pour toute réponse l'autre extrémité de la forêt d'où sortir deux sombrals, attirés par le sang de Graup, blessé par les flèches des centaures, qui goûtait des vêtements d'Eiden et Hermione.

— Mais oui … chuchota Théodore dont les yeux s'agrandirent de compréhension.

— Brillant … ajouta Neville et Eiden hocha la tête.

— Quelqu'un pourrait m'expliquer ce qui se passe ? fit Ron qui regardait la zone sans rien voir.

— Oui nous n'avons pas tous été touch2 par la grâce, renchérit Hermione, un peu sèchement. La jeune femme était quelque un peu frustrée de ne pas comprendre. Cela lui arrivait si rarement.

— Le sang de vos vêtements à attiré les sombrals, expliqua Elie.

— Oh … firent Pansy et Hermione en même temps, tandis que Ginny fronçait les sourcils.

— Qu'est-ce que les sombrals ? demanda la rouquine.

— Les montures qui tirent les calèches de l'école, expliqua Neville.

— Il n'y a rien qui tire les calèches de l'école, rétorqua la fille Weasley.

— Si, eux, mais vous ne pouvez les voir que si vous avez vu la mort, répondit le garçon en souriant tristement.

— Ah … fit simplement l'autre. Et qui d'entre vous les voit ?

Luna, Théo, Neville et Eiden levèrent la main évidemment, mais également Elie et Blaise.

— Je croyais que tu ne les voyais pas, tu ne l'a pas dit en début d'année pendant le cours d'Hagrid, dit Drago à Blaise en fronçant les sourcils.

— Je ne l'ai voyais pas alors, mais depuis les dernières vacances si, depuis l'enterrement du cousin de ma mère.

— Tu ne m'as pas parlé de lui, comment est-il mort ?

— Mangemorts, répondit doucement le bistré.

Drago hocha la tête, il savait que Blaise n'en avait pas parlé pour ne pas les mettre mal à l'aise, cela pouvait être l'œuvre de leurs pères et les deux garçons n'étaient pas vraiment fiers de leurs activités …

— Il n'y en a pas assez cependant, coupa Neville pour s'éloigner de ce sujet dangereux.

— Il y en a six, c'est assez, rétorqua doucement Luna. Nous pouvons chevaucher à deux, ils sont assez fort pour supporter notre poids, même en couple. Nous ne sommes même pas encore adultes.

Elle prit la main de Ginny et l'aida à monter sur le cheval-dragon. C'était une expérience étrange pour la petite rousse qui ne voyait pas sa monture. Elle se sentait comme suspendue dans les airs, elle sentait l'animal sous ses doigts, mais il lui restait invisible. Luna se glissa derrière elle et encouragea les autres à faire de même. Théo mena Pansy, Neville, Ron, Blaise aida Hermione et Elie invita Drago à s'asseoir devant elle. Eiden prit le dernier, un très grand mâle et se jucha dessus, se sentant un peu idiot, ne sachant pas quoi faire.

— Comment faire pour qu'ils nous mènent Londres ? interrogea Eiden.

— Simplement leurs demander, déclara la fille Lovegood comme si c'était une chose tout à fait normale.

Elie sourit à la jeune femme et ajouta pour son frère.

— Les sombrals sont des créatures intelligentes, dit ta destination et ils te mèneront, ils peuvent te comprendre parfaitement.

Un peu septique, le jeune homme s'exécuta et le cheval ailé battit des ailes avant de prendre son envol, suivi des autres, provoquant un concert des cris de surprises de tous ceux qui ne les voyaient pas.

— Merlin, c'est la chose la plus étrange que je n'ai jamais faite ! s'exclama le plus jeune des garçons Weasley.

— Plus qu'un nid d'acromentules, que la légendaire Chambre des secrets, qu'un cerbère où que des pièces d'échecs sanguinaires ? le taquina Neville en haussant la voix pour se faire entendre.

La monture fit une embardée à ce moment, empêchant Ron de répondre et le faisant devenir un peu verdâtre, le cœur au bord des lèvres.

— Ce n'est pas du tout comme un balai, grogna-t-il en se cramponnant à la crinière invisible du cheval.

Leur périple dura un moment et la nuit tomba complètement alors qu'ils traversaient le pays pour gagner Londres. Ils chevauchèrent par-dessus les campagnes et les villes, croisant parfois le feu des voitures et le dessin tentaculaire des lampadaires.

— Est-ce que ça va ? demanda Elie qui tenait Drago entre ses bras.

Ils avaient jeté un sort sur eux pour ne pas être gênés par le bruit de la course et le vent froid qui les giflait.

— C'est vraiment … une expérience bizarre, mais c'est une chose à faire une fois dans sa vie, je suppose …

L'étreinte de la jeune femme se resserra et elle laissa sa tête tomber doucement sur l'épaule de son compagnon. Il se colla contre elle pour qu'ils partagent leur chaleur et referma ses mains sur les siennes.

— Tu t'inquiètes pour tout à l'heure ? s'enquit-il.

Elle secoua doucement la tête.

— Non.

— Pourquoi, les choses peuvent très mal se terminer ?

— Je n'y pense pas. On ne sait pas ce qu'il se produira, rien ne sert de supposer. Je ne me projette pas, je ne regarde pas dans le future. Dans des cas comme celui-ci, c'est le meilleur moyen de paniquer et de faire des erreurs.

Drago comprenait, mais cela lui semblait si froid, si mécanique. Pour la première fois, l'éducation rude et guerrière de sa petite-amie le frappa et il grimaça. C'était tout à fait ce à quoi son père avait voulu arriver et c'est ce à quoi il était sans nul doute parvenu, de façon différente. Lui non plus ne craignait pas se qui allait se passer, il attendait juste que les choses se passent, quelque qu'elles soient. Il craignait la forêt et les serpents par ce que Lucius les avait utilisés pour le terroriser lorsqu'il était enfant, mais si jamais il se trouvait forcer à s'y confronter, il ferait face, il n'était pas un lâche, il fuyait simplement tout ce qu'il pouvait éviter, par instinct de survie, tant que l'on pouvait se préserver … Il avait déjà trop donné avec son géniteur.

Finalement ils atteignirent Londres et son immense flaque de lumières et les six montures entamèrent leur descente. Ils atterrirent dans la petite rue abritant une vieille cabine de téléphone.

— C'est ici ? demanda Eiden qui n'était jamais venu.

Théodore hocha la tête.

— La cabine est l'entrée des visiteurs, il faut faire le code et s'annoncer et elle te descend sous terre, au Ministère. C'est un lieu immense et les sorciers de l'époque n'ont pas trouvé de lieu suffisamment sur pour lui alors ils l'ont construit sous terre, comme Gringotts, afin d'avoir tout l'espace qu'ils désiraient. Contrairement à Sainte-Mangouste, pour qui cela n'aurait pas été très sain, cela ne posait pas de problème.

— Ok, peux-tu nous faire entrer ?

Le garçon hocha la tête.

— Je vais y aller en premier avec la moitié d'entre nous et l'autre ira ensuite avec Drago. La cabine est trop petite pour nous tous.

Il commença à avancer lorsqu'Elie l'arrêta :

— Attends !

Elle le rejoignit, prit sa main rapidement et murmura plusieurs sorts en le pointant de sa baguette. Il avait désormais des cheveux blonds dorés, des yeux lagon et une peau délicatement hâlée ainsi qu'un petit nez retroussé, très différent du sien habituel. Théodore était méconnaissable.

— Qu'as-tu fait ? interrogea l'homme en tirant sur ses cheveux mi-long.

— Ton père est un mangemort, lui ou les autres vont te reconnaître s'ils sont ici et je ne suis pas sur qu'ils soient enchantés de te savoir les affrontant aux côtés d'Harry Potter, répondit la jeune fille.

Elle passa ensuite à Théo, Pansy, Drago et Blaise, changeant leurs traits et leurs attributs jusqu'à les rendre méconnaissables. Elle s'appliqua également à métamorphoser Eiden et elle pour ne pas causer de tort à la couverture de leur père.

— Pourquoi m'avoir changé ? interrogea Blaise qui abordait maintenant des cheveux bouclés d'un beau caramel.

— Ton père travaille au Ministère et Fudge est déjà sur son dos, pas la peine d'en rajouter si l'on se fait prendre, par l'un ou l'autre des camps.

— Et ourquoi m'avoir rendu mon ancienne apparence ? demanda Eiden qui avait eu la surprise de retrouver ses cheveux courts et indisciplinés, sa peau hâlée, et ses yeux seulement verts, sans pointe d'or.

— Voldemort cherche Harry Potter, dit seulement Elie.

Elle ne le formula pas, mais en son cœur, elle comptait sur le fait que Voldemort le souhaitait pour lui-même pour protéger un peu son frère. Il aurait ainsi un peu moins à craindre des mangemorts qu'eux.

— Dans ce cas, pourquoi laisser les autres sans changement ? s'enquit Pansy.

— Nous avons été dans toutes les combines d'Harry, cela ne changera rien, expliqua Hermione. Il est inutile de dépenser du pouvoir pour nous. Je ne sais même pas comment tu as fait pour en faire autant sans t'écrouler.

— J'ai puisé dans la magie de chacun, expliqua Elie. De cette façon, même si je suis blessé gravement ou tué les charmes resteront en place.

Tous grimacèrent de l'entendre parler de sa mort avec tant de légèreté, mais ils étaient à bonne école avec Eiden.

— Donc à moins que nous soyons nous-mêmes blessés grièvement, les sorts resteront ? éclaira Théodore.

— Oui.

— Et bien je pense que si cela devait arriver notre tête sera la dernière de nos soucis, continua le garçon.

Il marcha vers la cabine et y entra avec Eiden, Hermione, Blaise, Neville et Ginny qui se tassèrent les uns contre les autres pour pourvoir tous passer. Il fit le code et l'appareil descendit dans les profondeurs en grinçant. Il remonta ensuite, permettant aux autres d'entrer à leur tour.

— Bon, par où va-t-on ? demanda Eiden alors que tout le monde était arrivé dans l'immense hall.

— Par là-bas, répondit Drago, il faut traverser le hall.

Il ne semblait y avoir pas un chat et un sortilège Homonium revelo permit de s'en assurer. Même le guichet d'accueil était vide.

— C'est vraiment étrange, dit Pansy, il devrait au moins y avoir un gardien.

Tous s'en doutaient, mais il n'eut pas de commentaire. Le groupe d'adolescents passa ensuite devant la détestable fontaine et Hermione renifla avec mépris et dit :

— La ''fraternité magique'' ! Mes fesses oui !

La phrase tira à tous un sourire, la sage Hermione sortait rarement de ces gongs et ils s'engouffrèrent tous dans l'ascenseur.

— C'est au neuvième étage, fit Drago à voix basse.

En effet, ils descendirent et arrivèrent devant une grande et lisse porte noire, en tout point semblable à celle des rêves d'Harry. Il la toucha un instant, comme pour retrouver les sensations passées.

— C'est ici … souffla-t-il.

Drago leva les yeux au ciel, bien sûr que c'était ici il les avait menés, il n'était pas un idiot, il était venu bien assez de fois avec Lucius.

— Bien entendu que c'est ici !

Eiden l'ignora et inspira un grand coup avant d'ouvrir la porte et de pénétrer dans une grande pièce percée de onze autres.

— Où allons-nous ? demanda Hermione.

— Je ne sais pas trop, d'habitude, je me vois simplement marcher droit devant, avoua le fils Rogue.

— Oh … et bien je suppose que l'on peut les ouvrir chacune leur tour jusqu'à ce que tu tombes sur quelque chose de connu.

— Cela semble une bonne idée, approuva le garçon.

Il ouvrit celle qui leur faisait face et dévoila un immense espace sombre, au courant d'air qu'il reçut, le jeune homme sentit qu'elle était immense et il la referma sans hésiter, certain que ce n'était pas celle qu'il cherchait. Mais à peine avait-il poussé le battant que la salle se mit à tourner, jetant la confusion.

— Merlin, rien ne se passait ainsi dans mon rêve, grinça-t-il. Comment trouver la bonne porte si elles ne cessent de changer, cela va nous prendre des siècles, pourvu que l'on ait un peu de chance.

Mais Hermione intervint et lui demanda de recommencer. Comme il le soupçonnait, ce n'était toujours pas la bonne, mais la jeune née moldu y apposa une croix enflammée d'un Incendio et tous virent avec joie que la marque restait en place, éliminant de fait les accès déjà ouverts.

— T'ai-je déjà dit combien je te trouvais brillante ? dit doucement le brun en ouvrant une autre porte.

— Oui, mais c'est toujours agréable à entendre, sourit son amie.

L'endroit qu'il venait de révéler était meublé d'un immense aquarium peuplé de choses rosâtres et gélatineuses qui ressemblaient furieusement à …

— Des cerveaux ! grimaça Ginny.

— Il semblerait, répondit Théo en s'approchant.

— Cet endroit est vraiment bizarre, bizarre et glauque, ajouta Ron qui contemplait les ''poissons'' d'un air vaguement horrifié.

Il ne pouvait cependant s'empêcher de s'approcher des trucs flottants et Luna dû le retenir par le bras, le surprenant par la force de sa poigne.

— Encore un peu tôt pour une baignade, déclara-t-elle d'un air rêveur.

Ron s'exécuta et tous sortirent de la pièce. Une autre porte due fut ouverte et Eiden marcha à l'intérieur, comme mû par une impulsion étrange. Il n'en avait pourtant jamais rien vu dans ses rêves.

C'était une vaste salle bien plus grande que celle aux portes rectangulaire et faiblement éclairé. On distinguait au centre une vaste fosse en pierre creusée de gradins. Au centre se dressait une vielle arcane un peu mal en point, où une voile ondulait mystérieusement. Des sons de murmures et de chuchotis semblaient en émergeaient et Eiden sauta sur un des bancs de pierre pour mieux les entendre.

— Ne t'en approche pas Den, je ne le sens pas, murmura Blaise en lui crochetant le bras pour le ramener à lui.

Théo échangea un regard avec Elie et demanda à voix haute :

— Ancienne magie ?

La jeune femme hocha la tête et le garçon poursuivit :

— Blaise à raison Eiden, on ferait mieux de s'en aller, cette chose ne m'inspire pas confiance et la magie qui s'en dégage est inquiétante.

— Ok, fit l'enfant Rogue, les suivants à contrecœur.

Mais Luna s'en approcha également, vite rattrapé par Neville.

— Il y a des personnes qui appellent, fit-elle.

— C'est une simple arcade, Luna, dit gentiment Ginny, personne n'est dedans, personne n'appelle. Il n'y a pas de voix.

— Il y a des voix, contra Théo qui semblait tout faire pour ne pas regarder le centre de la pièce. Mais ce n'est pas une bonne chose. Partons !

— Qu'est-ce que … commença Hermione qui fixait la chose comme pour en faire apparaître quelque chose d'invisible.

— Rien auquel nous devrions porter attention pour le moment, souffla Elie qui avait refermé étroitement les bras de Drago autour d'elle, comme pour s'empêcher de courir vers le rocher elle aussi.

— Partons ! répéta Théo. Il n'y a rien pour nous ici.

La pièce suivante était étrange, mais pas celle que cherchait Eiden. Il y avait des pendules de toute sorte, des lueurs étranges qui coulaient du mur et une grande cloche de cristal tout au fond de la pièce. Certain du chemin, il accéléra le pas et traversa rapidement l'endroit, sans prêter aucune attention au colibri qui répétait indéfiniment le cycle de son existence sous la cloche. Ce ne fut cependant pas le cas de Pansy et Ginny qui s'immobilisèrent pour le regarder, fascinées.

— Nous n'avons pas vraiment le temps, fit sèchement Eiden.

— Oui, mais … commença Ginny, mais elle plia et suivit le mouvement.

L'endroit où ils entrèrent ensuite était aussi grand qu'une cathédrale et emplit d'immenses rayonnages ou s'alignaient des milliers de petites sphères poussiéreuses. Des chandeliers éclairaient ponctuellement le chemin, baignant tout d'une lumière fragile. Il n'y avait aucun bruit et leurs pas résonnaient immensément dans cette espace gigantesque.

— La salle des prophéties, chuchota Théodore, surpris qu'elle ne soit pas un mythe.

Il avait entendu parler de cet endroit, mais comme les Langues de plomb ne pouvaient pas en parler, personne ne savait exactement ce qu'il en était. Certains savaient seulement que ce lieu existait.

— C'est à l'allée quatre-vingt-dix-sept, murmura Eiden, conscient que le moindre bruit était un comme une explosion dans cette pièce.

Les rangés étaient toutes chiffrées et marquer en signes argentés, ainsi ils leurs fut assez simple de se diriger dans la bonne direction après avoir tous tiré prudemment leur baguette. Tendant l'oreille, Eiden ne capta cependant pas le moindre bruit autre que ceux qu'ils avaient pu produire et cela gonfla encore son inquiétude. Il avait vraiment une excellente audition depuis son héritage et s'il n'entendait rien alors cela signifiait que Sirius n'était pas là, ou alors qu'il n'avait pas de respiration. Deux sombres hypothèses.

— C'est ici, chuchota Hermione.

Comme il l'avait craint, l'allée était complètement déserte. Cherchant à la lueur de sa baguette le moindre signe que Sirius avait été là, une marque, une empreinte, du sang … mais il ne trouva rien.

— Eiden, je ne crois pas qu'il soit là, continua sur le même temps bas la jeune femme née moldu.

Le garçon garda la tête baissée, il savait qu'il y avait une chance que tout ceci fut faux, mais il ne voulait pas y croire, pas croire qu'il avait mené ses amis ici pour rien, les avoirs fait courir tant de risque pour ne finalement pas trouver Sirius.

— Relève-toi Den, fit Elie en posant sa main sur son épaule, nous savions tous que cela pouvait arriver. Allons-nous-en, rien ne sert de rester ici …

Le garçon se releva difficilement et s'apprêtait à parler lorsque Ron l'interpella.

— Eid?

— Quoi, fit l'autre d'une voix las.

— Il y a ton nom sur cette chose.

— Mon nom ?

Il le rejoignit et vit qu'en effet une petite étiquette vieillie portait une écriture longue et fine et une date, seize ans auparavant.

S.P.T à A.P.W.B.D

Seigneur des Ténèbres

et ( ?) Harry Potter

— Qu'est-ce que c'est ? demanda Ginny.

— Une prophétie, répondit Théodore sans la toucher la petite sphère poussiéreuse. Concernant Harry et le Lord.

— Il n'y a ton nom que là-dessus, continua Ron qui observait toujours les alentours avec attention.

— C'est déjà bien assez, marmonna le garçon.

— Oh je ne crois pas qu'il soit prudent d'y toucher, fit rapidement Hermione en le voyant tendre la main vers l'objet.

— Il peut, contra Théo. Cela ne lui fera rien.

— Alors prenons cette chose et quittons les lieux, répondit Eiden en ôtant la sphère de l'étagère.

— Fort bien Monsieur Potter, à présent donne-moi ceci et vous serez gentil, fit une voix traînante et glaciale.

Tous se retournèrent et Drago se figea à l'entente de son père, avant de se rappeler qu'il ne pouvait pas le reconnaître. Des silhouettes vêtues de cape noire et cagoulées sortirent de l'ombre et douze baguettes furent pointées sur le groupe d'adolescent.

— Sois un gentil garçon Potter, répéta Lucius Malfoy et donne-moi ceci.

Le cœur d'Eiden serra, il était plus nombreux et bien plus fort qu'eux, la situation n'était pas brillante. Il s'était fait prendre comme un vulgaire rat et tous ses amis avec.

— Où est Sirius ? demanda-t-il tout de même.

— Il n'a jamais été ici, Potter, comme tu le devines déjà, ricana Malfoy sous sa cagoule. Le Seigneur des Ténèbres sait parfaitement manœuvrer avec toi.

Harry ne répondit pas, se contentant de lever un peu plus sa baguette, menaçant le père de Drago.

— Donne-moi la prophétie Potter.

Les autres adolescents s'approchèrent un peu plus, baguettes prête, ne voulant pas que Lucius blesse Eiden.

— Oh comme c'est adorable, les petits bébés pensent qu'ils peuvent quelque chose contre nous, caqueta Bellatrix Lestranges, les cheveux emmêlés et le regard fou. Azkaban semblait l'avoir durement atteint et précipité plus encore sa maladie de l'esprit. Ses yeux brillaient d'une lueur malsaine et hystérique.

— Tu ne connais pas Potter comme je le connais Bella, rit Malfoy, il a un très net penchant pour le mélodrame, ce qui n'a pas échappé au Seigneur des Ténèbres … Maintenant, donne-moi cette prophétie Potter !

Un sifflement retentit derrière le garçon et une volée de sort atteint les étagères, les précipitant sur les mangemorts alors que les plus jeunes s'égrainèrent le plus rapidement possible vers la sortie. Il vit distraitement les autres courir autour de lui et gagner la sortie de la salle. Un sort manqua de le toucher, mais une main le tira violemment, entraînant son corps qui évita de peu le trait lumineux.

— Reste avec moi d'accord ? fit Blaise, essoufflé par la course.

Eiden hocha la tête et le couple passa en coup de vent une porte qui claqua durement derrière eux.

Collaporta ! cria Hermione et le panneau se scella de lui-même avec un horrible bruit de succion.

Neville la soutenait alors qu'elle haletait durement, le sport n'avait jamais été le fort du petit rat de bibliothèque.

— Où sont les autres ? interrogea Eiden qui tentait lui aussi de reprendre sa respiration.

— Ginny, Drago, Ron, Pansy et Luna ont pris à droite. Je les ai vu sortir de la salle aussi, répondit la née moldu.

— Et Elie et Théo ?

Elle grimaça.

— Ils ont ralenti un peu pour faire tomber d'autres étagères et je l'ai est perdu de vu, souffla la brune.

Un pincement de douleur prit le ventre d'Eiden, mais Blaise serra un peu plus sa main qu'il n'avait pas lâchée.

— Je suis sûr qu'ils vont bien, tu le sentirais si Elie était mal et elle est Théo sont deux petits génies.

Eiden acquiesça et Neville lui passa une petite fiole tirée de son sac.

— Mets cela sur ton bras.

Le garçon baissa le regard, il n'avait même pas remarqué la vilaine coupure qu'il avait reçue dans la chute des prophéties. La blessure disparut en quelques secondes au contact de la potion, ne laissant qu'une marque rouge peu douloureuse.

— Qui d'autres à des potions ? demanda-t-il.

— Luna, Pansy, Elie et Théo.

Hermione soupira bruyamment, au moins chacun des groupes avait de quoi se soigner au besoin.

— Ils ne doivent pas être loin, fit la voix de Lucius derrière le panneau. Ils n'ont pas passé les portes.

Les quatre élèves grimacèrent en entendant cela, mais une autre voix se fit entendre.

— Ici, ici ! brailla une voix d'homme.

Un grand boom retentit, ainsi que le bruit cristallin de centaines de sphères qui s'écrasent. Il y eut une cavalcade, des jurons et des cris de douleurs et le bruit de deux pas légers tout près de la porte. Neville et Eiden collèrent leur oreille au panneau et un long et étrange sifflement leur parvint.

— Ouvre Hermione ! fit précipitamment le fils de Severus à voix basse pour ne pas alerter les mangemorts, c'est Elie !

La jeune femme retira son sort et deux silhouettes déboulèrent dans la pièce et refermèrent à nouveau la porte avant de se laisser aller contre elle, la respiration difficile, mais apparemment sans dommages visibles.

— Qu'était-ce cela ? interrogea Blaise. Nous avons entendu …

— Nous avons fait sauter une partie de la salle, répondit Théo.

— Les allés trente-et-une à soixante-sept exactement, ricana Elie en repoussant les mèches folles échappées de sa tresse.

— Quoi ?! firent les autres. Comment ?

— Les cristaux de sel de l'Himalaya et la poudre d'Amanite ne font pas très bon ménage, expliqua Théo, le résultat et plutôt …

— Explosif, termina Elie.

— Vous avez mélangé des potions de soin pour faire exploser le Département des mystères ? s'exclama, stupéfaite, Hermione.

— Il semblerait, fit nonchalamment Théo.

Les deux plastiqueurs abordaient le même sourire réjoui et sauvage et se relevèrent pour épouser un peu de la poudre de cristal qui les recouvrait, les faisant scintiller à la faible lumière des torchères.

— On a eu au moins deux, Judson et un des Lestrange je crois, déclara la blonde en aidant Neville à se mettre debout.

— Et j'ai eu mon père, il va avoir beaucoup plus de mal à marcher à présent avec son bout de jambe en moins, susurra sadiquement l'héritier Nott avec un plaisir non dissimulé. Comme c'est dommage. Mais levez-vous ! On ne peut pas rester là, ils s'approchent !

Ils gagnèrent le plus silencieusement possible l'autre côté de la salle du temps et se dissimulèrent sous des tables en entendant les mangemorts approcher.

— Ils doivent être ici, je les ai vu entrer, fit une voix.

— Ils se cachent quelques parts, fouiller cette salle ! ordonna une autre.

Les mangemorts s'approchaient petit à petit de l'endroit où les adolescents étaient cachés et Blaise, qui avait pu les apercevoir, leva quatre doigts en direction de Neville, Théo et Elie, caché sous une table face à la leur.

— Regarde sous les tables ! ajouta la même voix.

Mais personne n'eut la chance de regarder quoique se soit, les plus jeunes avaient brandi leurs baguettes et atteint les mangemorts avant de courir le plus vite possible vers la sortie. D'autres sortilèges fusèrent, dans les deux camps et Eiden, Blaise et Hermione perdirent les autres de vue.

— Attention derrière ! cria Blaise.

Un trait rouge toucha la née moldu qui s'effondra. Mais le métis ne laissa pas le temps au mangemort de terminer son œuvre, il le stupéfixia et se saisit du bras d'Hermione pour l'aider à se remettre sur ses jambes, mais la jeune femme semblait avoir perdu connaissance.

— Hermione, fit le basané en la secouant, Eiden couvrant leurs arrières.

Son pouls battait encore, il en était certain. Il hissa la jeune fille sur son dos, remerciant le ciel pour son sang mâtiné et tous trois quittèrent le plus discrètement possible la salle. Ils atterrirent dans une sorte de bureau où se trouvaient également Drago et Pansy. La jeune fille écarquilla les yeux lorsqu'elle vit l'état de son amie brune.

— Qu'est-ce qui s'est passé ? fit-elle en fouillant fiévreusement dans le petit sac de soin.

— Ils nous sont tombés dessus dans la salle du temps, expliqua Blaise en déposant la jeune femme inerte le plus délicatement possible sur le sol. Pansy lui fit immédiatement boire deux fioles, massant sa gorge pour qu'elle puisse les avaler.

— Tu penses que cela va aller pour elle ? fit nerveusement Eiden.

La serpentard hocha la tête et murmura :

- Enervate !

Hermione cligna des yeux une seconde plus tard et bégaya un truc incompréhensible avant de décider de se relever brutalement. Pansy la retint et l'aida plus lentement à s'asseoir et s'appuyer sur Blaise.

— Hermione est-ce que ça va ? interrogea-t-elle.

— Oui … je … crois.

Elle se releva difficilement, toujours avec l'aide du bistré et Drago intervint.

— On a réussi à gagner la salle des portes, mais les marques ont disparu. On s'est replié ici lorsque les mangemorts nous ont retrouvés, expliqua-t-il. On a perdu la trace des autres il y a un moment …

La porte s'ouvrit à cet instant, découvrant un Neville au nez cassé, un Théo semble-t-il en bon état qui soutenait un Ron complètement à la dérive qui riait tout seul et divaguait et Elie et Luna qui aidait une Ginny pâle et frissonnante à marcher. Les filles assirent la rouquine sur une vieille chaise de bois et Elie remonta doucement le pantalon de Ginny et ôta sa chaussure.

— Je crois que tu as la cheville cassée Gin, dit-elle doucement en palpant délicatement la peau blanche.

La cadette Weasley hocha la tête, refusant de desserrer les dents pour ne pas se mettre à hurler de douleur.

— C'est hors de mes compétences, continua Elienor, mais je peux te mettre une attelle et te donner un antidouleur, cela devrait considérablement te soulager, à défaut de régler le problème.

Elle s'exécuta et en effet la plus jeune semblait aller beaucoup mieux. Elle pouvait même se tenir, bien qu'un peu vacillante, sur son pied. Pansy s'était occupée du nez de Neville qui ne saignait plus, mais abordait toujours une vilaine couleur violacée.

— Vous avez vu la tête de ce gars-là bas, il est comme un bébé ! ricana Ron en faisant de grands gestes maladroits.

— Bébé ?! interrogea Blaise.

— Un des mangemorts est tombé sous la cloche du temps, sa tête a rajeuni, mais pas son corps, expliqua Pansy.

Le basané fit une horrible grimace en imaginant le tableau puis secoua la tête pour s'en débarrasser.

— Hey ! Den ! Comment ça va ? Tu as l'air tout bizarre ! s'exclama Ron en roulant des yeux, le teint très pâle.

— Quel est le problème avec lui ? s'inquiéta le susnommé.

— Je ne sais pas trop, avoua Luna, on c'est fait poursuivre dans la salle des planètes et ils ont lancé cela sur Ron, il est comme cela depuis.

Un peu de sang goûtait de la bouche du rouquin qui ricanait à genoux sur le sol, complètement à l'ouest.

— On les a trouvés dans la salle des portes, expliqua Théo, on fuyait Lucius et Lestrange numéro deux. Macnair a brisé le nez de Neville en faisant exploser l'armoire des retourneurs de temps.

— Eh bien, plus de fugitif sauvé du baiser maintenant, grommela Eiden et seules Elie et Hermione purent comprendre, Ron n'étant pas vraiment en état et les autres ne connaissant pas l'histoire.

— Il faut retourner dans la salle des portes et trouver la sortie, fit Pansy.

Chacun se releva, Eiden et Neville soutenant Ron tandis que Blaise Pansy, et Elie et Luna faisaient de même avec Hermione et Ginny.

Quelqu'un ouvrit une porte et la salle des cerveaux apparus devant eux.

— Oh ! fit Ron. Des cerveaux !

Il échappa à l'étreinte de ses deux guides et se précipita dans la salle. Au même instant les mangemorts revinrent et un combat s'engagea dans la salle des portes. Les sortilèges ricochaient contre les murs noirs et frappaient aléatoirement tous ceux qui ne parvenaient à les éviter. Dans la cohue, Eiden perdit une nouvelle fois de vue les autres et échappa à Lucius en se précipitant dans la salle de l'arène. Il entendit un bruit de chute et un gémissement de douleur derrière lui qui lui ressemblait horriblement à la voix de sa sœur, mais il ne put se retourner, car Lucius le menaçait à présent de sa baguette.

— Alors Potter, on pensait peut-être nous échapper ? Vous, des adolescents face aux soldats du plus grand sorcier de tout les temps ?

Eiden garda le silence, mais son masque de haine parlait pour lui.

— Donne-moi cette prophétie où ce cher Londubat va en payer le prix …

Derrière le mangemort se tenait Bellatrix Lestrange qui tenait Neville et lui ronronnait comme cela avait été un plaisir de rencontrer ses parents. Le jeune homme semblait au comble de la colère, mais ne parvenait pas à échapper à l'étreinte.

— Donne-la-moi, Potter et peut-être que nous nous montrerons miséricordieux avec tes petits amis …

Le garçon effleura la sphère dans sa poche, mais ne la lui donna pas. Il n'était pas assez stupide pour croire que Lucius épargnerait ses camarades.

Un sort fonça vers eux et Malfoy, qui tenait en joue le brun, ne fut pas assez rapide pour l'éviter. Une longue et profonde estafilade s'ouvrit sur sa pommette, venant mourir sur sa joue et le sang goûta sur le sol. Eiden reconnut l'auteur du sort comme la silhouette métamorphosée de Drago avant qu'un autre des hommes en noir ne lui tombe dessus et ne le fasse tomber genoux à terre.

— Espèce de sal petit … commença le mangemort, mais soudain son bras qui tenait la baguette prit feu et il hurla à la mort alors que les flammes violettes léchaient sa peau.

— Ici ! hurla Avery en désignant la petite forme qui avait attaqué Dolohov.

Trois mangemorts se lancèrent à sa poursuite, tandis que les autres tenaient Drago, Neville, Théo et Hermione. Il n'y avait aucune trace des autres adolescents et Eiden priait pour que rien ne leur soit arrivé.

Un des mangemorts s'effondra, mais Nott parvint à la toucher d'un trait argenté et leur ennemi dégringola dans les escaliers de pierre jusqu'aux pieds de son agresseur. Du bout de sa jambe blessé le mangemort retourna le corps et Eiden reconnut avec horreur les cheveux métamorphosés en roux écureuil de sa sœur. Elle avait les yeux clos et du sang sur le visage.

— Alors petite chose, on pensait nous tenir tête ? susurra-t-il.

Il frappa un grand coup dans son ventre et un horrible craquement retentit. Drago s'agita pour se débarrasser de l'homme qui le retenait, mais un Doloris bien lancé eut raison de sa volonté.

— Arrêtez ! hurla Eiden en le voyant se tordre sur le sol.

— Il suffit que tu nous donnes ce que nous voulons, Potter, déclara Lucius d'une voix de velours.

Pas un son ne sortait de la bouche du torturé, mais tous savaient à quel point il souffrait. De grosses larmes coulaient des yeux d'Hermione et Théo et Neville se débattaient comme de beaux diables.

— C'est un joli petit cobaye que tu nous amènes là Potter, ricana Lestrange qui malmenait toujours Drago. Mais je suis certain qu'il finira par crier. Alors, sur combien de temps paries-tu ?

— On peut peut-être ajouter Londubat ? Je suis certain qu'il ne tiendra pas aussi longtemps que ces parents ? fit joyeusement Bellatrix en lançant le sort à Neville.

— Ne la lui donne pas ! hurla le garçon avant de se tordre également, gémissant et retenant ses cris comme il le pouvait. Il ne voulait en aucun cas faire plaisir à la folle qui avait rendu fou ses parents.

Eiden s'apprêtait à donner la prophétie quand un cri retentit. Le mangemort qui tenait Théo se plia en deux, lui permettant de stupéfixier Lestrange. Quelqu'un attaqua Bellatrix et Nott hurla de douleur lorsqu'Hermione lui envoya par-dessous le bras de celui qui la retenait un trait dans sa jambe blessée. Le fils Rogue vit son compagnon et Pansy sortir de l'ombre et engager une nouvelle bataille. Le visage de Lucius se tordit de rage à cette vision et il levait sa baguette pour frapper Eiden quand la haute silhouette de Sirius apparut de nulle part et le mit à terre. Profitant de sa chance, le petit brun lança un sort qui atteint de plein fouet Avery qui courrait vers eux. Le mangemort bascula, raide comme une planche et chuta dans un bruit sourd.

— Bien joué Harry, siffla Sirius. Maintenant prends tes amis et sortez d'ici …

Le garçon acquiesça et se dirigea le plus vite possible, évitant les sorts qui pleuvaient, jusqu'à sa sœur. Il la secoua doucement et un gémissement se fit entendre, mais elle ne bougea pas. Du sang semblait goûter de son ventre, formant une flaque sur le sol de pierre. Ses yeux étaient à demi clos, mais dans la pénombre, le jeune homme ne pouvait voir si elle était consciente ou pas.

— Elie, réveille-toi s'il te plaît, fit-il en la secouant plus durement, l'appelant dans son esprit aussi bien que dans la réalité.

—Den arrête, grimaça-t-elle.

Son frère soufflait de soulagement en la voyant parler quand il entendit des pas se précipiter vers eux. Il n'eut même pas le temps de lever sa baguette et de la mettre en joue que déjà la personne était sur eux.

— Pousse-toi Den, intervint doucement une voix et Théodore s'accroupit près d'elle pour palper délicatement sa blessure. Elie tu as perdu connaissance ?

— Non, mal côtes … tête … dos.

Le garçon hocha la tête et lança un sort pour ne pas laisser empirer son état et la prit dans ses bras.

— On ne peut pas rester ici, Eiden, tu nous couvres et on court.

Le fils de Severus s'exécuta et ils grimpèrent aussi vite que possible les gradins pour se dissimuler dans un coin sombre, le temps pour Théo de soigner un peu Elie. Il lui donna des potions et banda comme il put sa blessure au ventre avant de l'aider à se relever. La jeune fille tangua un instant et toussa avant de cracher du sang sur le sol. Théodore grimaça en voyant cela et lui donna une fiole de régénération sanguine. La respiration d'Elie était sifflante et elle semblait avoir très mal.

— Ses côtes ont dû perforer ses organes, les potions limitent la casse pour le moment, mais cela ne va pas durer. Il faut quitter cet endroit tout de suite ! dit Théo en aidant Elie à marcher.

— Emmène là dans la salle des portes je me charge de rassembler les autres, répondit l'autre jeune homme.

Drago avait déjà été tiré des gradins, mais Neville y était toujours, sous la protection de Tonks et de Kingsley. Eiden passa son bras autour de ses épaules et l'aida à se redresser sur ses jambes flageolantes.

— Est-ce que ça va Nev ?

Le garçon opina difficilement et tachèrent d'éviter le feu croiser des sortilèges. Voyant Dolohov et Remus se battre non loin, Neville leva la baguette qu'il tenait en main et grommela :

Pétrificus Totalus !

Le mangemort le reçut en pleine poitrine et bascula en arrière avant d'atterrir brutalement sur le dos.

— Harry, emmène Neville et les autres et allez-vous-en ! haleta Remus en reprenant son souffle.

Tonks tomba à ce moment, frapper par un sortilège de Bellatrix qui eut un cri de triomphe avant de se jeter à nouveau dans la bataille.

— Allez-vous-en ! répéta le loup-garou en se précipitant sur Lucius.

Les deux garçons reprirent leur route, mais un sort qui les manqua de peu atteint les escaliers et les détruisit, les précipitant tous les deux à terre. Neville se raccrocha instinctivement à Eiden qui chancela durement, la prophétie glissa de sa poche et se brisa au sol, laissant s'échapper une silhouette nacrée qui parla un moment avant de se volatiliser.

— Oh Eiden je suis désolé, je ne voulais pas … se lamenta Neville.

— Ne t'en fait pas, c'était un accident. Sortons d'ici et …

De grands cris les interrompirent et ce fut la panique dans les rangs des mangemorts qui couraient en tout sens. Eiden fronça les sourcils d'incompréhension, mais Neville, toujours à moitié affalé sur lui s'exclama :

— Dumbledore !

Eiden tourna brusquement la tête, à temps pour voir le Directeur descendre deux par deux les escaliers, lançant des sortilèges à tout va sur les mangemorts en fuite. La plupart furent maîtrisés en quelques minutes lorsque les échos de deux voix fortes résonnèrent dans l'arène. Neville glissa de plusieurs centimètres contre Eiden, mais celui-ci ne lui accorda pas le moindre regard. Un jet de lumière venait de frapper durement la poitrine de Sirius Black, en provenance de la baguette de Bellatrix. Les yeux de l'homme s'agrandirent sous le choc, un rire mourant sur ses lèvres et il bascula en arrière à travers le voile déchiré de l'antique arcane. Le corps de Sirius ne réapparut pas de l'autre côté, se contentant de disparaître sans d'autre trace que le voile s'agitant légèrement.

Eiden se laissa glisser à terre, le cœur au bord de l'explosion et la tête en feu. Sirius avait disparu, il était parti, il ne reviendrait plus. Le corps de l'adolescent semblait peser une tonne et il ne sentait même pas les larmes couler de ses yeux, dévalant son visage pour s'écraser dans la poussière. Il était mort lui aussi à l'intérieur, il ne sentait, ne ressentait plus rien. Des mains tremblantes virent s'accrocher à ses épaules, mais il ne réagit pas, contemplant de ses yeux fous l'arcane qui lui avait pris son parrain. Des voix semblaient l'interpeller, mais il n'en avait cure. Se relevant difficilement, il serra sa baguette et quitta la pièce avant que quiconque ne puisse l'en empêcher, envoyant à terre Remus Lupin qui avait tenté de le retenir.

Suivant le rire hystérique et les paroles obscènes de Bellatrix, le jeune homme traversa sans hésiter la salle des douze portes, sans même voir les traces de sang vraisemblablement laisser par ses amis. Il lui sembla voir le corps inanimé de Drago sur le sol, une forme rousse feu recroqueviller qui pouvait être soit Ginny, soit Ron et Théodore qui tenait son bras blessé contre lui. Il entendit des cris et des appels, des sortilèges vraisemblablement envoyer par la mangemort qui sifflait au-dessus de sa tête, mais c'est comme si son esprit s'était brusquement vidé. Il ne pensait plus qu'à la tuer celle qui avait tué Sirius et il la suivit jusque dans le hall du Ministère. Il n'y avait semble-t-il personne dans l'Atrium, ou du moins il n'entendait personne. Soudain un trait de lumière le frôla et le jeune homme se réfugia derrière la fontaine de la Fraternité magique.

— Si tu sortais bébé Potter, minauda Bellatrix.

D'autres sorts sifflèrent, mais aucun ne l'atteint.

— Allez, sort petit Harry.

La fausse voix de petite fille de la femme attisa encore la colère d'Eiden qui s'écarta un instant pour lui lancer quelques traits.

— Oui viens jouer avec moi ! ricanait l'autre.

Vif comme un serpent, Eiden roula hors des statues et la frappa d'un doloris. La mangemort chuta et se tortilla, mais n'hurla ni ne gémit. Après à peine une dizaine de secondes elle se releva, haletant, mais sans avoir trop souffert.

— Tu es plus doué que je le pensai, avoua-t-elle d'une voix normale cette fois. Mais tu es bien trop pur pour lancer un tel sort.

Elle riait, dans sa bouche ''pur'' semblait comme une insulte.

— Il faut vouloir la souffrance de l'autre. Mais toi tu ne l'a veux pas assez fort, peut-être que tu n'aimais pas vraiment Sirius …

Le garçon grogna et lança un arsenal de sortilèges varié qu'elle évita tous.

— Tu ne peux pas rivaliser avec la plus loyale servante du Seigneur des Ténèbres, Potter. Personne n'a été aussi bon élève que moi. Il m'a tout appris des forces du Mal, des choses que tu ne peux même pas rêver de connaître !

— Comme si je voulais être comme vous ! cracha le fils de Severus.

Un rire de petite fille rompit le silence du hall.

— Non, c'est vrai, tu préfères être du côté des faibles, des morts …

Deux traits argentés filèrent vers lui, mais il les arrêta d'un protego.

— Maintenant, donne-moi cette prophétie et je te laisserai peut-être tranquille. Tu pourras toi-même annoncer la mort de tes amis à leurs parents …

Le cœur d'Eiden cogna fortement dans sa poitrine. Non, personne d'autre n'était mort, il le refusait.

— N'as tu pas vu, les corps sur ton chemin, le sang sur les murs et la petite rouquine disloquée sur le sol ? Nott a fait de l'excellent travail avec elle, elle a probablement beaucoup souffert avant de mourir …

Il rit de nouveau et un froid horrible prit tout le corps du garçon. Non Elie ! Pas elle ! Pas Elie par pitié.

— Et c'est toi, c'est toi qui les as tués. Tu les as amenés ici, c'est de ta faute !

Non, Drago allait aller mieux, Elie parlait et était consciente lorsqu'il l'avait quittée et les autres …

— Donne-moi cette prophétie et personne d'autre ne mourra.

Le garçon ne bougea pas.

— Potter, Donne-moi la prophétie et le reste de tes amis pourront partir. Tous ne seront pas morts par ta faute.

L'image d'Elie dégringolant les escaliers s'imposa à lui et il gémit alors que la voix de Théo retentissait dans sa tête « Les potions limitent la casse pour le moment, mais cela ne va pas durer. Il faut quitter cet endroit tout de suite ». Avait-il tué sa sœur comme il l'avait fait pour sa mère, James, Cedric et Sirius ?

Ne l'écoute pas Eiden, elle te ment, aucun de nous n'est mort, fit la voix de sa sœur dans sa tête.

— Elie, chuchota-t-il. Puis il se redressa et cria : la prophétie a été détruite, vous ne l'aurez jamais.

Une douleur aiguë prit sa tête et l'endroit de son ancienne cicatrice le brûla comme si on y avait apposé un tison. Il serrait les dents pour ne pas hurler alors que Bellatrix glapissait :

— Non ! Tu mens !

— Non je ne mens pas et Voldemort le sait. J'imagine qu'il ne va pas très bien prendre votre immense échec.

La douleur le transperçait, mais il parvenait tout de même à faire face.

— Menteur ! vociféra la femme, à moitié en colère, à moitié terrorisée. Elle devait s'imaginer sans peine ce que lui réservait son maître. Donne-moi là ! Accio prophétie !

Rien ne vient et Eiden s'efforça d'éclater de rire pour la déstabiliser encore, malgré la douleur chaque seconde plus forte.

— Tu as échoué, fit-il comme un coup de grâce.

— Non ! Maître ce n'est pas de ma faute ! Je le jure, j'ai tout essayé ! hurlait la voix emplie de panique de Lestrange.

— Il ne vous entend pas d'ici, grimaça le jeune garçon.

— Crois-tu Potter ? dit alors une voix aiguë et glacée.

Devant lui se tenait une longue, très haute forme vêtue d'une cape noire. Une main squelettique sortit du tissu, tenant une baguette pâle comme un os. Lord Voldemort. Les pupilles rouges de son visage de serpent fixé sur lui, il continua à mi-voix :

— Ainsi tu as détruit ma prophétie. Je vois la vérité dans ta misérable tête. Des mois d'efforts et une fois de plus mes mangemorts ont fait montre de leur stupidité

— Maître, s'il vous plaît, je combattais Black, je n'étais pas là, je ne savais pas … sanglota Bellatrix en se jetant aux pieds du Lord.

— Tais-toi ! coupa froidement Voldemort, je m'occuperai de toi le moment venu. Je n'ai que faire de tes excuses. Il se tourna vers Eiden. Mais je vais me débarrasser moi-même de toi Potter …

Il leva sa baguette et un cri retentit de l'esprit du garçon.

- Eiden, attention !

— AVADA KEDAVRA ! siffla le Seigneur des ténèbres, mais le jeune homme l'évita en se précipitant derrière la fontaine.

— Encore à fuir Potter, je croyais que tu avais enfin gagné un peu de courage en un an. Fais honneur à ton père une dernière fois !

Il lança un autre sortilège qui ne le trouva pas non plus.

Tiens bon Den, il arrive !

L'adolescent n'avait aucune idée de qui était ce ''il'', mais il avait bien l'intention de suivre le conseil, tournant autour de la fontaine en évitant et parant comme il le pouvait les sortilèges.

— Tu sembles t'être amélioré mon garçon, ronronna Voldemort, mais cela ne m'empêchera pas de te tuer aujourd'hui.

Il s'apprêtait à lancer un ultime sort quand un autre fila vers lui, venant d'une direction totalement inattendue. Le Seigneur des ténèbres fit volte-face s'écria :

— Dumbledore !

Le vieil homme agita sa baguette et la fontaine s'anima, l'elfe de maison et le gobelin disparurent dans les cheminées alignées contre les murs, tandis que la sorcière se ruait sur Bellatrix qui cria. Le sorcier tira Eiden à l'écart et le centaure chargea Voldemort qui l'évita en transplanant de l'autre côté du bassin.

— C'était idiot de venir ici Tom, les aurors arrivent, fit tranquillement le vieillard.

— Je ne serais plus là quand ils arriveront et toi tu seras mort, rétorqua d'une voix mauvaise le Lord avant d'envoyer un autre sortilège.

Les deux hommes entamèrent un duel époustouflant et violent, mais qui ne permit pas de les départager, tous deux rivalisant d'adresse et de pouvoir. Eiden ne pouvait pas se défaire de la poigne du sorcier d'or, mais il pouvait voir de loin les deux sorciers. Au bout de très longues minutes, il sembla que le Directeur avait vaincu, enfermant son ennemi dans un cocon de verre fondu avant que celui-ci ne disparaisse, mais soudain la tête d'Eiden explosa et il sentit Voldemort entrer en lui et le contrôler.

— Si la mort n'est rien Dumbledore, alors tue ce garçon, tue-moi …

Le feu consumé l'adolescent, ne lui faisant plus que souhaiter la mort pour en être enfin délivré. Mais Dumbledore n'en fit rien. Au plus profond de sa douleur, Eiden sentit un minuscule éclat blanc et s'y accrocha désespérément. L'éclat était chaud et réconfortant et lui rappelait tout ce qu'il y avait de bon dans sa vie, Elie, Blaise, son père, Rose, ses amis, ses proches et tous ce qui avait de bon en lui et en ce monde. Très lentement la douleur reflua et soudain elle disparut, le laissant seul et frissonnant sur le marbre du hall, la respiration haletante.

— Eiden est-tu blessé ?

— Non, professeur je .. Voldemort … et

une foule nombreuse avait envahi l'atrium, éclairait de temps en temps par les flammes vertes des cheminettes. L'elfe et le gobelin d'or tirèrent vers eux un Cornelius Fudge abasourdit qui ouvrit de grands yeux en voyant Eiden allongé par terre.

— Potter ?! Mais qu'est-ce que … mais que fait Potter ici il n'est pas …

L'homme semblait légèrement dépassé par la situation, vêtu d'un pyjama et bégayant.

— Monsieur le Ministre, intervint un auror, j'ai vu Vous-savez-qui, il était là et a emmené cette femme avec lui.

— Le ministre le sait Williamson, fit sur un ton un peu ennuyé un bel homme à la peau sombre qu'Eiden reconnu comme le père de son compagnon. Nous l'avons tous vu.

— Oui et bien que l'on nous ait assuré qu'il n'était pas réapparut, ajouta d'une voix tranchante une femme aux traits durs et à la coupe courte gris fer.

— Et bien Amélia je … commença le Ministre mais il fut interrompu par le Directeur qui aida Eiden à se relever.

— Amélia, Marcus, vous trouverez dans la Chambre de la Mort plusieurs des Mangemorts évadés, immobilisés par un sortilège, ainsi que d'autres porteurs de la marque des ténèbres qui avait été apparemment injustement innocentés lors de la Chute.

— Nous allons faire ce qu'il faut, assura la femme.

— Vous devriez peut-être faire examiner ce garçon, il ne semble pas être au mieux de sa forme, fit avec sollicitude le père de Blaise en regardant Eiden.

— C'est ce que je m'apprêtais à faire, assura Dumbledore. Marcus, attendez mon hibou, je voudrai solliciter une entrevu avec vous dans les plus brefs délais.

— Je me tiens à votre disposition, assura respectueusement le grand basané.

— Mais, mais … vous ici Dumbledore … vous … je …

— Cornelius, tonna le vieil homme, tout ceci est ridicule et je suis prêt à affronter une nouvelle fois vos hommes si ceci s'avère nécessaire. Vous avez eu il y a quelques minutes la preuve que je vous disais la vérité, Voldemort est revenu, il serait temps de devenir enfin raisonnable.

— Mais je ..

Il chercha des yeux un soutien qu'il ne trouva pas, se contentant de se heurter au regard froid de Marcus Zabini et Amélia Bones.

— Monsieur le Ministre, cela fait des mois que l'on vous dit que cette histoire est scandaleuse, grinça la responsable du Département de la justice. Alors laissez Albus en paix !

— Mais la fontaine ? gémit l'homme en parcourant les débris du regard. Que s'est-il passé ?

— Nous parlerons de tout cela lorsque j'aurai renvoyé mon étudiant en sécurité.

Le vieil homme se pencha pour attraper la tête coupée du sorcier doré et l'illumina d'un sort d'une lumière bleue.

— Attendez ! s'exclama Fudge. Vous n'avez pas d'autorisation pour ce portoloin ! Vous ne pouvez en faire qu'a votre tête ! Et si c'est bien Potter alors vous ne pouvez le renvoyer ce garçon est …

Il se tu sous le regard glacial du Directeur qui déclara froidement :

— Vous allez donner l'ordre de mettre fin aux fonctions de Dolores Ombrage à Poudlard et cesser d'envoyer vos aurors à la recherche de mon professeur de soins aux créatures magiques afin qu'il puisse reprendre son travail. Je vais vous accordez une demi-heure de mon temps ensuite je devrais retourner à mon école. Si vous besoin de mon aide, envoyez un hibou, les lettres adressées au Directeur me parviendront.

Fudge hoqueta et ouvrit et ferma la bouche sans parvenir à emmètre le moindre son.

— Albus, lorsque les choses se seront un peu calmées, je voudrais vous voir, certaines choses qui ont eu lieu à l'école me sont parvenues et il est intolérable qu'elles restent impunies, déclara Amélia Bones en menaçant très clairement Fudge du regard.

— J'en serais ravi, assura le vieil homme en inclinant poliment la tête puis se tourna vers Eiden :

— Tu vas prendre ce portoloin et je vais te retrouver dans une demi-heure, souffla-t-il.

Le garçon posa sa main mécaniquement sur l'objet, trop perdu pour faire quoi que ce soit d'autre. Il vit Madame Bones et Monsieur Zabini incliner la tête pour le saluer et il disparut dans le tourbillon désagréable.

0o0o0

Eiden atterrit directement dans le bureau de Dumbledore et mit de longues minutes avant de réaliser ce qui s'était passé. Le bureau de Dumbledore semblait avoir été réparé depuis la nuit de sa fuite et l'on n'entendait aucun bruit si ce n'est le bourdonnement des instruments et les ronflements des portraits endormis.

Le jeune home se laissa tomber sur l'une des chaises, Sirius était mort par sa faute et peut-être d'autres également. Il était si mal qu'il avait sûrement imaginé la voix d'Elie dans sa tête, elle n'était sûrement pas en état de lui parler après les blessures des mangemorts. Et Drago qui avait été longuement torturé, à cause de lui encore … Tout était de sa faute. Il aurait voulu crier et pleurer, mais il était comme prisonnier de son propre corps, incapable de faire le moindre mouvement, comme si tout le poids du monde s'était abattu sur lui. S'il ne s'était pas précipité au Ministère, alors Sirius serait toujours en vie. Dans la lumière de l'aurore, il vit que ces cheveux avaient repris leur taille habituelle et qu'ils flottaient à présent sur ses épaules, libre de toutes entraves. Dans le reflet d'un des instruments de métal, il remarqua que ses yeux et son visage étaient aussi revenus à la normale après son arrivée.

Des flammes émeraude envahirent brusquement la cheminée et Dumbledore apparut dans l'âtre, sous les applaudissements des portraits d'anciens directeurs, apparemment ravis de le revoir parmi eux.

— Merci, fit le vieil homme à mi-voix.

Il fit le tour de son bureau sans regarder son élève et joignit les longs doigts avant d'inviter le plus jeune à s'asseoir. Il ne parla pas cependant, se contentant de fixer par l'une des fenêtres l'aube qui se levait.

— Comment vont mes amis ? Ma sœur ? demanda Eiden d'une voix très basse et fragile. Il se sentait toujours à deux doigts de fondre en larme.

— Tout le monde devrait sans sortir sans trop de problèmes, répondit le vieillard.

Le garçon voulut pousser un soupir de soulagement, mais celui-ci restait douloureusement bloqué dans sa gorge.

— Alors aucun d'eux n'est … mort ? Bellatrix Lestrange a dit … fit le jeune homme sur le même ton.

— Non Eiden, elle voulait simplement te faire perdre tes moyens. La cheville de Mademoiselle Weasley à été réparée, ainsi que le bras de Monsieur Nott. Mademoiselle Lovegood et Monsieur Zabini n'ont que des égratignures que Poppy à soigner et Monsieur Londubat et Mademoiselle Granger devrait se remettre sans problèmes. Ils ont simplement été un peu secoués. Les cas de Messieurs Weasley et Malfoy, ainsi que de votre sœur sont plus graves, mais rien que notre infirmière ne puisse corriger.

La douleur investit à nouveau le cœur d'Eiden par vague brûlante alors qu'il culpabilisait d'avoir mis ses amis dans cet état.

— Est-ce que les apparences de Drago et Elie ont été préservées ? Ils ont été durement atteints …

— Oui, le rassura Dumbledore, il semble que votre sœur soit une des meilleurs élèves de métamorphose que le professeur Mcgonagall et même que cette école ait connue, tout comme toi en défense contre les forces du mal. Un si grand nombre de transformations humaines, si parfaites, à cet âge, c'est remarquable.

Malgré la situation, Eiden ne put s'empêcher de ressentir une bouffée de fierté à l'encontre de sa sœur, le Directeur semblait vraiment impressionné.

— Je crois qu'elle m'a parlé pendant le combat contre Voldemort. Je ne sais pas si j'ai halluciné ou non, mais je l'ai entendu dans ma tête.

— C'est le cas en effet, elle m'a prévenue d'où tu étais et de ce qui se passait.

— Elle m'a dit que vous arriviez, que je devais tenir encore un peu …

Sa voix se brisa sur la fin, il n'arrivait pas à croire qu'il avait mené ses amis là-bas, qu'il les avait blessés.

— Elie devra sans doute rester un peu à l'infirmerie, mais elle va se remettre complètement, comme les autres, rassura Dumbledore qui semblait avoir lu dans ses pensées.

— Et l'Ordre ?

Le Directeur soupira et s'appuya contre le dossier de son grand fauteuil.

— Eh bien Nymphadora Tonks devra peut-être faire un court séjour à Sainte-Mangouste, mais elle ira bien elle aussi. Les autres n'avaient que des blessures légères.

« Sauf Sirius » pensa Eiden amèrement puis soudain le déroulement des choses lui revint.

— J'ai bousculé durement Remus lorsque … pour suivre Bellatrix, murmura Eiden, coupable. Je ne voulais pas lui faire de mal, mais j'étais si furieux et perdu …

L'homme hocha la tête d'un air indulgent.

— Je le sais, et Remus le sait aussi. Il ne t'en veut pas. Tout ce qu'il a récolté ce n'est que quelques bleus que ton père a rapidement effacés.

Chaque parole du vieil homme semblait précipiter plus profondément Eiden dans la douleur et la culpabilité. Il n'imaginait pas ce que sont père avait du endurer, coincer à Poudlard alors que les autres étaient envoyés auprès d'eux. Il avait fait blesser gravement sa fille et son filleul et avait entraîné tout le monde à Londres sur un coup de tête, pénétrer le bureau d'Ombrage et mis à mal une vingtaine d'étudiants. Son père allait le détester. Mais une nouvelle fois le Directeur comprit ce qui le tracassait et y mit fin :

— Ton père ne t'en veut pas du tout Eiden, il est au contraire très inquiet pour toi. Tu pourras le voir dès que notre entretien sera terminé et constater cela par toi-même.

— Il va être en colère et déçu, souffla le garçon en baissant la tête.

— Non il ne l'est pas. Tu t'es battu avec beaucoup de courage et de maîtrise pour une si jeune personne, aucun de nous n'est déçu, nous avons simplement eu peur pour vous.

— J'ai tué Sirius, chuchota Eiden, assez fort tout de même pour que son ancêtre Phineas Nigellus n'entende et étouffe tant bien que mal une exclamation. Il est mort à cause de moi.

Le petit homme peint disparut, certainement pour aller vérifier tout ceci dans son tableau du Square Grimmaurd et Dumbledore intervint d'une voix douce.

— Ce n'est pas ta faute si Sirius est mort.

Les mains d'Eiden se mirent à trembler alors qu'il retenait toute la peine, la douleur et la culpabilité en lui.

— Ne dites pas cela, c'est de ma faute, dit le plus jeune.

— C'est normal que tu le penses, que tu te sentes ainsi, rétorqua le vieux directeur, mais ce n'est pas …

— Arrêtez ! coupa Eiden.

Ses mains tremblaient violemment à présent et des vagues de magie semblaient en sortir, vertes et dorés.

— Vous ne savez pas, vous ne pouvez pas comprendre …

— Si au contraire … je sais exactement ce que tu traverses Eiden, répondit doucement le plus vieux.

— Non ! Vous ne savez pas ! Je l'ai tué, je les ai blessés ! Mon père a failli perdre sa fille à cause de moi ! J'ai précipité en enfer mes amis, ma jumelle, mon compagnon, les personnes qui ont le plus d'importance pour moi ! Le compagnon de ma sœur a été torturé par ma faute, devant elle ! Elle ne me pardonnera jamais cela ! cria Eiden dont les larmes commençaient à couler.

— Elle ne t'en veut pas Eiden, elle ne pense pas qu'il y ait quoique se soit à pardonner.

Eiden planta son regard furieux et empli de douleur dans les yeux bleus perçants de son Directeur.

— Vous ne savez pas ! cracha-t-il. Vous ne savez rien des métisses, vous ne savez rien de l'importance du sang et des compagnons, nous mourrions plutôt que de les savoir mal, Elie ne peut que m'en vouloir d'avoir fait du mal à Drago, c'est dans sa nature. Je m'en veux, je me sens horrible à propos d'elle et des autres, de Sirius.

— Même si je n'ai pas de sang mâtiné, je comprends ce que cela peut impliquer et … commença Dumbledore, mais Eiden le coupa et se leva brusquement.

— Non ! Vous ne comprenez pas ! Si vous aviez compris jamais vous ne nous auriez séparés, jamais vous ne nous auriez infligé une aussi grande peine ! Se que vous avez fait est un crime pour notre peuple, vous nous avez privé d'une partie de nous même ! Jamais je ne pourrais vous pardonner cela ! Jamais !

Eiden pleurait vraiment à présent et son corps entier tremblait, ses mains serraient le bureau, enfonçant ses griffes dans le bois dur. Le vieil homme encaissa ses paroles et une grande tristesse envahit ses traits.

— Vous avez détruit ma famille, gronda le jeune homme d'une voix étonnamment basse pour quelqu'un qui hurlait à peine une seconde auparavant.

— Je suis désolé, je voulais vous protéger, dit Dumbledore.

— Nous protéger ?! Eiden éclata d'un rire sans joie qui secouait son torse douloureusement. J'ai été traité comme un esclave toute ma vie par ma ''famille'', j'ai subi les coups, les humiliations, les brimades toute mon enfance. J'ai été affamé, enfermé dans un placard, battu. Vous saviez qu'il enfermait mes affaires dès que je rentrais pour l'été ? Qu'il enfermait Hedwige dans sa cage et moi dans ma chambre avec des verrous ? Qu'il me faisait payer mon existence chaque jour que Merlin faisait ? Qu'avant d'aller à l'école je n'avais aucune idée de mon prénom puisque personne ne m'avait jamais appelé autrement que le monstre, l'anormal ou garçon ?

Le vieil homme voulut ouvrir la bouche, mais l'adolescent ne le laissa pas faire.

— Vous savez que même si Elie n'a pas connu cela, elle était presque incapable de se faire de véritables amis, qu'elle a ressentit un vide toute sa vie en elle, qu'elle passait ses journées dans sa chambre par ce que personne ne l'a comprenait et qu'elle était si douée et si visible comme métis que c'était difficile et dangereux pour elle de côtoyer quiconque en dehors des clans ? Elle a été enlevée et torturée par des mangemorts alors que vous deviez la protéger, elle a failli mourir sous mes yeux dans cette chambre ! Elle a été éduquée comme un soldat par ce que son monde n'était pas sûr et que la plupart des gens qui l'entouraient lui auraient fait du mal s'il découvrait ce qu'elle était ! Elle a vu son amie mourir sous les coups des braconniers lorsqu'elle était enfant parce que les sorciers se fichent totalement de ce qui peut arriver aux métis et même qu'ils participent aux brimades.

— Les gens ont des préjugés, mais tous ne sont pas sombres, déclara Dumbledore.

Il reçut en réponse un regard noir et furieux.

— Ah oui ? C'est étrange, car il me semble que même le camp de la lumière, même le grand mage blanc Albus Dumbledore n'a pu s'empêcher d'en faire montre lorsque mon père est venu le trouver. Vous vous revendiquez bon, mais vous vous êtes servi de lui, vous lui avez caché l'existence de sa famille et lui avait laissé croire que sa femme l'avait quitté et trompé. Vous lui avez laissé croire que j'étais l'enfant de James toutes ses années, le torturant pendant tout ce temps.

— J'ai fait des erreurs Eiden, de graves erreurs, je le sais bien.

La magie du garçon explosa à ses mots et un souffle d'air balaya le bureau, faisant se briser les fenêtres et les délicats instruments. C'était comme si un cyclone avait officié entre les murs de pierre.

— Non vous ne savez pas, cracha le jeune homme. Rien de tout cela n'a impacté votre vie, notre foyer a été brisé, nos enfances ont été gâchées, la vie de mes parents a été brisée. Pas la vôtre ! Vous n'avez aucune idée de ce que cela peut faire !

Eiden souffla, il se sentait comme s'il avait couru un marathon, la dépense magique avait été importante, surtout après la nuit qu'il avait passé et il était épuisé, épuisée et mal. Son cœur semblait s'être brisé et il ne pouvait cesser de trembler. Aucun des portraits n'avait osé dire le moindre mot, même lorsque le bureau avait été ravagé. La colère d'Eiden avait été titanesque et maintenant il s'effondrait.

— Je l'ai tué, murmura-t-il d'une voix d'outre-tombe.

— Ce n'est pas de ta faute Eiden, tout ceci est l'œuvre de Voldemort. Je sais que tu te sens détruit et si mal que c'est comme si tu mourrais à l'intérieur.

Le plus jeune ne répondit pas.

— Mais c'est ce qui prouve que tu es humain.

— Je ne suis pas humain, souffla l'adolescent et quelque part en lui une voix lui dit que sa sœur serait fière de l'entendre.

— Non c'est vrai, tu n'es pas un homme à part entière, mais tu es un être humain, comme les loups-garous et les vélanes. Un sang commun coule dans nos veines, nous sommes cousins, à l'intérieur, nous sommes les mêmes. Avec les mêmes douleurs, les mêmes peines, les mêmes joies …

— Je ne veux pas de cela, fit Eiden à voix très basse. Je veux simplement … ne plus rien ressentir.

— Je sais, mais tu ne peux pas. Mais Eiden ce n'est pas qu'une mauvaise chose, c'est ta force ce que tu ressens.

— Ma force ? dit sarcastiquement le garçon. C'est ma force de précipiter mes proches à la mort et de culpabiliser chaque jour de ma vie.

L'homme se pencha un peu vers l'adolescent détruit.

— C'est l'amour que tu as en toi qui te fait ressentir cette douleur, mais elle prouve que tu es un être humain, c'est une chose que Voldemort ne possède pas. Et c'est ce qui l'a poussé hors de toi tout à l'heure. Il ne peut rester trop longtemps en toi, car ton âme est si pure, ton amour si grand qu'il ne peut le supporter.

— Je ne suis pas pur, j'ai tué Quirrell, j'ai tué Sirius, ma mère et James sont morts à cause de moi.

— Le professeur Quirrell est mort, car il hébergeait Voldemort et le décès de Lily et James est également de son fait, pas du tien. Quant à Sirius … le vieil homme inspira et continua : c'est ma faute s'il est mort.

Eiden releva brusquement la tête et la secoua brutalement.

— Non, j'ai été au Ministère, je …

Il plongea sa tête dans ses mains, incapable de continuer, et Dumbledore parla d'une voix tranquille :

— Si Sirius est mort, c'est ma faute. Du moins, presque entièrement ma faute. Sirius était un homme intelligent et courageux et sa décision de partir pour le Ministère précipité son destin, mais si j'avais été franc avec toi, sans doute que rien de tout ceci ne se serait passé. Je savais que Voldemort tournerait tes visions à ses avantages un jour où l'autre.

— Vous m'aviez prévenu, lorsque nous revenu des vacances de Noël, je le savais, chuchota Eiden qui n'avait toujours pas levé la tête.

— C'est vrai, mais ce n'était qu'une partie de la vérité. Je savais aussi qu'il essaierait de t'attirer au Ministère et tu n'y serais sans doute pas allé si je t'avais tout dit là-dessus.

— Je savais qu'il y avait une chance que cela soit faux, mais j'y suis allé. Je ne pouvais pas risquer de le perdre … et c'est ce qui est pourtant arrivé.

— Je le sais mon garçon, mais si je t'avais appris la raison de l'intérêt de Voldemort pour le Département des mystères, rien de tout ceci ne se serait passé.

Eiden renonça à se battre et le laissa parler.

— Lorsque j'ai vu ta cicatrice pour la première fois, il y a quinze ans, j'ai compris qu'elle pouvait être la marque d'un lien avec Voldemort et cela c'est confirmé plus clairement suite aux événements de la Troisième tâche.

— Je sais déjà cela, soupira Eiden.

— C'est vrai, mais je dois commencer par le début. Sachant cela, j'ai craint que Voldemort n'utilise cette connexion contre toi, surtout depuis l'attaque de Monsieur Weasley que tu avais vécu si clairement. J'ai donc demandé à ce que ton père t'enseigne l'occlumancie et bien qu'il soit remarquable dans cette pratique, ce n'est pas la seule raison, j'avais également peur que ma proximité avec toi ne précipite Voldemort. J'ai donc pris mes distances pour te protéger et j'ai fait là aussi une erreur, la première, mais pas la plus grave.

Le vieil homme soupira et Eiden vit pour la première fois la lassitude envahir les traits du Directeur.

— Severus m'avait dit que tu voyais le Ministère en rêve, pourtant même en sachant cela je ne t'ai pas prémuni contre le danger qu'il représentait, car voix-tu, Voldemort voulait que tu y ailles et que prenne cette prophétie, afin qu'il s'en empare et l'entende dans son intégralité. Car seuls les sujets de la prophétie peuvent la retirer de son étagère et c'était trop dangereux pour Voldemort de se rendre lui-même dans un endroit pleins d'aurors.

— Je n'ai pas réussi à maîtriser l'occlumancie, Père a essayé de me l'apprendre, mais je n'y suis pas arrivé, si je l'avais fait … Sirius ne serait pas mort.

— L'occlumancie est un art extrêmement difficile, il n'y a rien d'étonnant à ce que tu ais des difficultés et Severus m'a assuré que tu faisais de ton mieux. Il est très fier de tes progrès.

Ces dernières paroles ne rassurèrent pas Eiden qui dit :

— Elie et mes amis y arrivent.

Dumbledore s'autorisa un sourire.

— Eh bien nous sommes tous d'accord pour dire que ta sœur est aussi douée que tu ne l'es, mais dans des domaines différents. Elle a de plus commencé son apprentissage dès l'enfance, comme les autres, tu ne peux pas te comparer à eux.

— Je savais qu'il y avait une chance que ce ne soit qu'un leur, j'ai essayé de trouver Sirius à Grimmaurd, mais Kreattur m'a dit qu'il était sortit.

— Je sais que tu as vérifié, fit Dumbledore avec un deuxième sourire, en forçant l'entrée du bureau de Dolores Ombrage. Et il se trouve que Kreattur t'a menti. Tu n'es pas son maître, il pouvait donc le faire, il voulait que tu ailles au Ministère.

— Mais … pourquoi ?

— Kreattur est un elfe de la famille Black, il a donc profité d'un ordre de Sirius d'aller dehors pour se rendre auprès d'un autre membre de la famille, quelqu'un pour qui il avait du respect et qui n'avait pas trahi son sang.

Eiden blanchit d'un coup et demanda :

— Il n'a pas été voir la mère de Drago ?

Son ventre se tordait de penser que ce fut le cas, le père de Drago était déjà un salaud sans cœur, il ne pouvait croire que la mère adorée de son ami avait trahi son cousin et la cause de son ami Severus.

— Non, le rassura le vieil homme. Narcissa Malfoy est remonté dans l'estime de Sirius lorsqu'il a appris les renseignements qu'elle donnait à l'Ordre et le soutien qu'elle offrait à Drago pour se tourner vers la lumière. Kreattur savait que Sirius avait repris contact avec sa cousine, elle n'était donc pas une bonne maîtresse pour lui, du moins pas une aussi bonne que Bellatrix Lestrange.

— Alors elle lui a dit de me mentir … Comment savez-vous cela ? demanda-t-il, grandement soulagé que Madame Malfoy n'ait rien à voir là-dedans.

— Je l'ai interrogé hier. Lorsque ton père à trouver le mot laissé par tes amis et ta sœur à son bureau, il a immédiatement contacté l'Ordre et vérifié que Sirius était bien en vie et en sécurité au Square. Alastor Maugrey, Nymphadora Tonks, Kingsley Shacklebolt et Remus Lupin étaient au quartier général à ce moment et son immédiatement partit votre recherche. Severus à demander à Sirius de rester à la maison pour m'attendre et m'expliquer ce qui c'était passé, mais Sirius à insisté pour aller avec les autres. Il a donc confié cette tâche à Kreattur qui s'étouffait de rire en me racontant où Sirius était allé. J'y suis donc parti après avoir l'obligé ton père à rester à Poudlard pour ne pas mettre en péril sa couverture. Il était mortellement inquiet pour vous.

À nouveau la culpabilité enserra le cœur d'Eiden.

— Kreattur n'était pas le gardien du secret, il ne pouvait pas révéler quoique ce soit sur l'Ordre, nos plans, le lieu de notre réunion où vos véritables identités, mais il pouvait révéler à Bellatrix qu'une des personnes qui comptaient le plus pour Harry Potter était Sirius. Voldemort sachant par votre lien que tu n'étais pas mort, il a monté ce subterfuge pour que tu sortes de ta cachette et accourt au Ministère. Il pouvait ainsi faire d'une pierre deux coups, même s'il a finalement échoué sur les deux tableaux.

— J'ai échoué aussi, renifla le garçon.

— Je sais que tu ne veux pas entendre cela Eiden, mais tu n'as pas échoué. Personne ; à part Sirius qui était un combattant tout à fait au courant de ce qu'il risquait ; n'est mort et tu as obligé Voldemort à se révéler au Ministère, mais tu lui as également fait perdre onze de ces mangemorts, même si c'est pour peu de temps. À présent Fudge est obligé de croire au retour de Voldemort, Marcus Zabini et Amélia Bones n'ont plus les mains liées, tout cela de façon publique et non contestable. Vous avez de plus protégé non seulement votre identité ta sœur et toi, mais aussi celle de vos amis serpentards qui auraient eu de gros problèmes sans cela. Je dois t'avouer que je ne suis pas peu fier de toi, Eiden et que nombreux sont ceux qui pensent la même chose.

Des coups retentirent à la porte et le Directeur invita immédiatement la personne à entrer. Severus Rogue fit alors son apparition et un maelström de sentiments contradictoires prit l'adolescent. Il était d'un côté soulagé de voir son père, il avait envie de se blottir contre lui et de ne plus jamais le quitter, mais il était aussi très mal et peiné à l'idée de l'avoir déçu. Déchiré entre le désir de sauter dans ses bras et celui de se cacher sous la table, Eiden ne bougea pas, laissant l'homme décider pour lui.

— Oh Eiden, soupira l'homme dont le soulagement de le voir entier explosait son habituel masque impassible.

Il s'approcha rapidement de lui et le garçon lui tomba dans les bras, se remettant à pleurer silencieusement.

— Je suis tellement soulagé mon ange, murmura le potionniste en le serrant étroitement contre lui.

Il voulut voir le visage de son fils et posa ses longues mains sur ses joues en tentant de s'écarter, mais Eiden, le visage enfoui contre son torse semblait déterminé à ne pas le laisser faire, craignant sans doute sa déception et sa colère, ce que l'adulte comprit très bien.

— Je ne suis pas en colère, mon cœur, n'y déçu, par Salazar, c'est même le contraire ! Je veux juste te voir.

Le ton inquiet et pressant du professeur fit relever très lentement la tête d'Eiden et Severus plongea ses yeux sombres dans l'océan émeraude empli d'eau d'Eiden. Il lui semblait soudain qu'il n'était plus qu'un tout petit enfant et il caressa les joues de son fils, le cœur brisé par sa peine.

— Je suis désolé pour Sirius, Den, mais rien de tout ceci n'est de ta faute. Je n'aurai pas dû prendre autant de temps à Sainte-Mangouste, si j'avais été là …

— Rien de tout ceci n'est de ton fait, murmura le jeune homme alors que la culpabilité le saisissait à nouveau de plein fouet.

— Ce n'est pas le tien non plus. Le seul responsable des morts dans une guerre et celui qui la provoque, et tu ne l'as pas provoqué.

— Je me suis précipité là-bas, fit douloureusement l'adolescent.

Severus secoua la tête et embrassa les cheveux sombres de son fils.

— Non tu ne t'ai pas précipité, tu as fait la seule chose que tu pouvais. Tu as cherché de l'aide, tu as essayé de savoir où était Sirius et tu savais que c'était peut-être un piège, les autres m'ont raconté. Tu as fait tout ce qu'il fallait Eiden, je le sais, même si j'aurais préféré que vous ne vous embarquiez pas dans ce périple pour Londres. Il ajouta à son oreille, assez bas pour que le Directeur n'entende pas : tu nous as même débarrassés d'Ombrage.

— Tu as vu Elie, Blaise et les autres ? demanda le plus jeune.

— Oui, tout le monde va bien et fait un somme à présent. Rose est venue aussi, elle est restée à l'infirmerie.

Eiden prit un moment pour se calmer dans les bras de son père, mais finalement il parvint à retrouver une respiration normale et un semblant d'apaisement. Il ne bougea cependant pas du côté de Severus, presser contre son flanc, même si ce n'était guère une position pour un garçon de son âge.

Le directeur posa ses longues mains bien à plat sur la table et reprit la parole doucement en le voyant plus tranquille.

— Je vais maintenant te révéler ce que j'aurai dû te dire il y a cinq ans, comme je le voulais au départ. En te laissant devant la porte de Pétunia et Vernon Dursley, je savais que tu n'aurais pas une vie facile, mais je ne voulais pas renoncer à cette protection magique, même si elle était minime en raison de l'adoption de ta mère. J'avoue que je ne pensai pas qu'ils seraient si terribles et je ne mesure qu'aujourd'hui à quel point ils ont pu te faire du mal. (Severus se tendit à ces mots, mais il ne dit rien). Lorsque tu es arrivé ici, en relative santé compte tenu de la situation, tu as combattu dans l'année Voldemort pour la première fois et tu as survécu et l'as empêché de retrouver son pouvoir, chose que tu as réitérée en seconde année. En quatrième tu l'as vu revenir, mais je ne pouvais toujours pas me résoudre à te livrer l'entière vérité, je voulais te préserver encore un peu, mais j'ai fait une erreur. Je me soucier d'avantage de ton bonheur et de ta tranquillité que de t'apprendre la vérité, d'avantage de ta vie que de celle qui pourraient être perdu si je ne te disais rien et c'est la une de mes plus grandes fautes. J'ai voulu t'épargner des douleurs supplémentaires, mais j'ai de ce fait conduit aujourd'hui à une plus grande encore et tu as perdu ton parrain. Je voulais simplement te garder un peu plus longtemps loin de tout cela. Qu'importe si d'autres souffraient tant que ce n'était pas toi.

Il avait l'air sincèrement dans la douleur et Eiden ne put fermer les yeux sur l'amour que lui portait cet homme, même après ce qu'il lui avait hurlé dessus tout à l'heure. Quelque part dans son cœur, Albus Dumbledore regagna un peu de sa confiance et de son respect.

— Voldemort a essayé de te tuer quand tu été bébé à cause d'une prophétie, faite avant ta naissance, dont il ne connaissait pas les détails, mais qui te désignait, toi ou un autre enfant du même âge, comme son ennemi. Il t'a choisi toi et en a payé le prix, Lily et James sont morts pour toi et il a disparu pendant treize ans. C'était cela l'arme qu'il cherchait cette année.

— La prophétie a été détruite, elle s'est brisée au Ministère pendant la bataille.

— La chose qui s'est cassée n'était qu'une copie. C'est moi qui détiens la véritable prophétie, car c'est à moi qu'elle fut révélée il y a seize ans.

D'un coup de baguette il fit venir sa pensine et l'encouragea à écouter le souvenir de cet entretien. La silhouette bien plus jeune du professeur Trelawney s'éleva, et elle débita ses quelques paroles d'une voix inhabituellement rauque et dure qu'Harry n'avait entendue qu'une seule fois, en troisième année.

Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche, il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié. Il sera né lorsque mourra le septième mois et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal, mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore et l'un devra mourir de la main de l'autre, car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit. Celui qui détient le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche sera née lorsque mourra le septième mois …

Eiden s'écarta de la pensine et hocha pensivement la tête, un grand nombre de choses s'éclairaient. Le silence régnait dans le bureau, les deux adultes attendant vraisemblablement sa réaction. Cependant il les surprit tous en restant parfaitement calme.

— Eiden ? s'enquit prudemment son père.

Le jeune homme leva la tête vers lui puis croisa le regard de Dumbledore avant de soupirer et de déclarer.

— Je ne crois pas que ce soit réellement une surprise. Elie et moi en avant beaucoup parler et elle m'a confié un jour qu'elle sentait au fond d'elle que je devais être celui qui lui ferait face. J'étais d'accord avec cela dans mes ressentis donc cette … prophétie confirme seulement nos intuitions, quoique cette histoire de pouvoir que Voldemort ignore m'intrigue un peu …

Les deux adultes semblaient soufflés par sa réaction.

— Comment peut-on être sûr que c'est bien moi l'objet de cette chose ? interrogea le fils de Severus.

— Et bien la date de naissance, les parents qui avaient échappés à trois reprises et de justesse à Voldemort permettaient de désigner deux garçons, mais c'est Voldemort qui a choisi en te marquant toi, répondit Dumbledore.

— Qui était l'autre garçon ? s'enquit Eiden.

— Neville Londubat, souffla son père.

— Pourquoi ne pas attendre est voir qui de nous deux aurait représenté le plus grand danger ? Pourquoi tenter d'en éliminer un alors que nous étions encore bébé ?

— Par ce qu'il y avait un espion à la taverne ce soir-là, un espion qui fut repéré avant d'entendre la prophétie complète et qui rapporta à Voldemort uniquement la première partie, pas celle sur le pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore et le fait de le marquer comme son égal.

Severus s'agita douloureusement à ces mots et Eiden tourna vers lui son regard d'or et d'émeraudes.

— C'était toi n'est-ce pas ? L'espion ?

Le potionniste hocha très lentement la tête, se préparant à recevoir toute l'ire de son fils. Mais pour la seconde fois, il n'en fut rien.

— C'est pour cela alors que tu t'en veux tant pour la mort de maman ? Par que tu l'as mis sur notre route ?

Le professeur ne put répondre, les yeux limpides de son fils le figeant plus sûrement que stupéfix.

— Ton père est immédiatement venu me trouver quand Voldemort a décidé que ce serait toi, cru bon de préciser le Directeur.

Mais il n'y avait pas la moindre colère en Eiden, il se pencha juste vers son père et déclara à voix basse, intime :

— La mort de maman et James n'est pas de ton fait, Voldemort aurait mis un autre espion si ce n'était pas toi et au moins le professeur Dumbledore a pu être au courant de ces actions en rapport.

— Mais … j'ai … c'est de ma faute si Voldemort t'a choisi, s'il est venu ce soir-là et à tuer James et Lily. C'est à cause de moi que vous avez été séparé Elie et toi.

Il s'était toujours senti égoïste depuis qu'il avait retrouvé ses enfants de profiter ainsi d'eux en leur cachant la vérité.

— Tu m'as dit il y a quelques minutes que celui qui était responsable était celui qui déclenche la guerre. Tu ne l'as pas fait, ce n'est pas de ta faute.

— Comment peux-tu me pardonner ? souffla Severus.

— Il n'y a rien à pardonner et Elie pensera exactement la même chose. Tout ceci nous dépasse de loin, comme me l'a gentiment fait remarquer ma sœur. Ce n'est pas notre dessein.

Le potionniste semblait avoir reçu un coup de massue sur la tête, mais quand il put enfin bouger, il serra son fils contre lui. La rédemption que lui offrait Eiden guérissait un peu son cœur malmené.

— Alors quel est ce pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore ? demanda le plus jeune pour changer de sujet.

— Je pense que c'est l'amour, avoua Dumbledore, celui qui t'a protégé de la mort il y a quinze ans, celui qui t'a protégé ce soir et qui continuera à le faire. En définitive, il semble que tu n'ais pas eu besoin de maîtriser l'occlumancie pour garder ton esprit et ton corps de Voldemort, l'amour que tu as en toi le fait, il ne peut prendre possession de toi.

«Mais si je l'avais fait, Sirius ne serait pas mort » pensa-t-il. Toute la fatigue et la douleur de cette affreuse nuit s'abattirent d'un coup sur lui et il posa sa tête sur l'épaule de son père, les yeux clos.

— Je voudrais Elie, chuchota-t-il.

Son père hocha la tête et se redressa doucement, prenant dans ses bras le corps de son fils qui glissait doucement vers l'inconscience. Le jeune homme capta le son des deux voix du professeur et de son directeur, mais il était bien trop loin dans son propre esprit pour comprendre ce qu'ils disaient, il se sentit transporter de longues minutes puis reconnut l'odeur caractéristique de l'infirmerie. Il eut de nouvelles paroles et un baiser sur le front d'une femme qu'il identifia comme Rose et son père le porta jusqu'au couchage de sa sœur. L'adolescent ouvrit alors difficilement les yeux et reconnut la forme blonde et pâle de Drago à côté d'elle. Tous deux étaient endormis, mais la main qui ne serrait pas Drago joignait celle de Blaise, dont le lit avait été poussé contre celui du couple. Eiden sourit dans sa demi-conscience à ce tableau et Severus l'aida à se pelotonner contre son compagnon, la tête sur son bras et l'une de ses mains sur celles jointes de sa sœur et du basané. Il ne fallut qu'une poignée de seconde pour qu'il s'endorme.