N.D.A :

Bonsoir,

Ce chapitre est posté ce soir car je ne serais pas disponible demain, je préfère donc vous le livrer en avance qu'en retard, d'autant qu'il y a déjà assez de temps d'attente entre chaque post ...

Comme d'habitude, merci aux lecteurs invisibles ou non.

Bonne lecture

Elishae


mamy 83 : Une très fidèle ! Merci beaucoup.

Stormtrooper2 : La mort de Sirius est triste, c'est vrai, mais c'est la guerre et des gens meurt (je sais c'est pas top comme excuse). J'ai gardé le Dumbledore du canon, donc qui donne les infos que lorsque bon lui semble. Il est peu être même pire dans cette version, il faudra attendre un peu avant qu'il révèle à Eiden l'existence des horcruxes. Merci pour le commentaire, c'est toujours très apprécié.

P.S : Je sais, les reviews bloquent, mais je ne comprend pas pourquoi.


Chapitre 18 : Marques et prophétie

Lorsqu'Eiden s'éveilla le lendemain, il était encore tôt le matin et il se sentait comme s'il avait dormi pendant un siècle. L'infirmière et son père avaient fait en sorte que tous dorment au moins jusqu'au lendemain, les laissant presque vingt-quatre heures en sommeil afin que tout le monde reprenne des forces.

— Comment vas-tu Eiden ? demanda la femme, pleine de sollicitude.

— Assez bien il me semble, merci Madame.

Elle l'ausculta rapidement et dit :

— Tout semble être en ordre. Puis-je te charger de réveiller Blaise ?

Il accepta et elle le laissa sur un dernier petit sourire. Profitant de l'intimité que lui offraient les rideaux entrouverts, Eiden caressa doucement les cheveux de son compagnon pour le tirer du sommeil. Blaise ouvrit les yeux après quelques dizaines de secondes de ce traitement et Eiden captura ses lèvres d'un baiser tendre. Le basané, encore un peu endormit, soupira d'aise et passa un bras paresseux autour de la taille du jeune homme pour le rapprocher.

— Comment te sens-tu ? murmura Eiden.

— Bien, fit-il en passant une main derrière sa tête pour l'embrasser encore. Et toi ?

Le fils de Severus ne répondit pas, mais ses yeux parlèrent pour lui.

— Oh Den, soupira Blaise en le ramenant contre lui.

— Je suis désolé de vous avoir entraîné dans cet enfer.

Les mains du bistré glissèrent sur les joues du brun et il immobilisa sa tête avant de plonger ses yeux dans les siens.

— Eiden, dans mon souvenir on ne t'a pas vraiment laissé le choix de venir avec toi ou non et on était tous tout à fait au courant que c'était possiblement un piège. On s'en est tous sorti, et Elie va être aux petits soins pour Drago pendant des jours, ce qui va l'enchanter. Ce n'est pas de ta faute.

Le plus pâle baissa les yeux, tentant d'échapper à ceux de son petit-ami qui resserra sa prise sur son visage.

— Den, la mort de Sirius n'est pas de ta faute. Personne ne l'a forcé à venir, ça aurait pu être n'importe qui, Tonks, Fol Œil ou Remus et ça n'auraient pas été plus de ton fait.

Eiden ne répondit pas et Blaise souffla :

— Allez viens par-là.

Il l'embrassa doucement et entoura sa taille et ses épaules de ses bras, l'enfermant dans un cocon de douceur et d'amour. Eiden mit finalement fin au baiser et fourra son visage dans le cou de son petit-ami se repaissant de son odeur enivrante. Les mains brunes se baladaient sur son dos, caressant les muscles fins, mais puissants sous la peau opaline.

— Tu t'es battus avec Tu-sais-qui, murmura finalement le bistré.

— Il semblerait, répondit l'autre en mordillant gentiment la peau fine.

— Et tu encore en vie, et entier.

— Ce n'est pas la première fois en réalité, c'est la quatrième, bien que l'on ne puisse en compter que deux si l'on considère celles qui m'ont opposé à son véritable corps.

Blaise soupira.

— Comment peux-tu être si détaché à propos de cela ?

— Peut-être par ce que cela devient désespérément habituel ? Il n'y a eu qu'une année où je n'ai pas eu affaire à lui.

C'est à cet instant que le métis mesura tout ce que cela signifiait de sortir avec Eiden James Rogue anciennement Harry James Potter et il resserra son étreinte sur son lui un moment avant que l'autre ne se dégage doucement.

— Je voudrais voir Elie.

Ils se levèrent et tirèrent les rideaux de leur lit. On les avait séparés d'Elie et Drago pendant leur sommeil pour que chacun dorme bien et Eiden désirait vraiment voir sa sœur à présent pour s'assurer qu'elle allait bien. Le bruit étouffé d'une conversation leur parvenait du lit voisin et ils les interpellèrent avant d'entrer. La voix de Pomfresh sembla poser une question puis ils entendirent Elie accepter. L'infirmière sortit et referma un instant le tissu derrière elle.

— J'aimerai que vous gardiez votre calme d'accord ? La plupart de vos amis dorment encore et je ne veux pas les réveiller en sursaut.

Les deux garçons froncèrent les sourcils à ses mots et la femme les laissa passer la barrière d'étoffe. Le lit de Drago et Elie avait lui aussi été agrandi pour les contenir tout deux et eux aussi étaient encore en pyjama, du moins le blond l'était, puisque l'on ne voyait presque rien du corps de la sœur d'Eiden, qui leur tournait le dos. Sentant que quelque chose n'allait pas, le fils Rogue voulut se précipiter sur elle, mais la jeune femme le stoppa de la voix puis murmura précipitamment avant de se retourner.

— Ne panique pas ok.

Elle leur fit doucement face, les laissant découvrir les lignes et symboles qui avaient envahi sa tempe et sa pommette gauche, ainsi que le bord de sa mâchoire et sa joue droite. Les arabesques se poursuivaient sur un côté de son cou et la naissance de ses épaules puis disparaissaient sous les draps qu'elle tenait contre elle. Les délicats dessins semblaient tracés dans à l'encre dorée, de l'exacte teinte des marques d'appartenances aux clans.

— Par Morgane ! s'exclama Blaise et Eiden émit un juron beaucoup moins poli.

Elie les regarda d'un air un peu penaud.

— C'est apparu dans mon sommeil, expliqua-t-elle.

Les deux nouveaux venus s'approchèrent et elle repoussa le drap pour qu'ils mesurent l'étendue des marques. Elles semblaient couvrirent l'ensemble de son corps, du moins c'est ce qu'ils soupçonnaient puisqu'Elie portait un pantacourt de nuit et un soutien-gorge.

— Est-ce que c'est douloureux ou quoique se soit ? interrogea Eiden en effleurant les entrelacs de son épaule.

— Non, mais c'est une sensation étrange, comme si ma magie pulsait dedans et se baladait, répondit la jeune femme. Madame Pomfresh dit que ce n'est pas dangereux à priori, mais elle ne pouvait pas les voir tant que je ne lui avais pas montré consciemment, alors je pense que c'est …

— De la magie métisse, continua pour elle Blaise en les inspectant à son tour. Je ne suis pas un expert, mais il y a les runes pour le clan et le peuple ici, et celle du pouvoir là et d'autres que je ne connais pas.

— Oui, Drago essayé de me décrire celles que je ne peux pas voir, mais elles sont mêlés au dessin et il est difficile pour lui de les différentier de ce qui semble être des fioritures, souffla la jeune femme en inspectant à son tour.

— Comment vas-tu Drago ? interrogea Eiden.

— Bien, ce n'est pas mon premier doloris, fit-il sur un ton détaché, comme s'il parlait de la pluie et du beau temps.

Elie serra doucement sa main qu'elle tenait dans la sienne et se tourna à nouveau vers Blaise qui suivait les lignes du doigt. Drago grimaça d'ailleurs en voyant son manège.

— Si je n'en savais pas plus sur tes préférences et tes sentiments pour Eiden, Blaise, je t'enverrais un vicieux maléfice bien placé, grommela-t-il.

— Tu sais qu'on a dormi collés ensemble en sous-vêtement il y a quelques semaines ? rétorqua innocemment le basané sans prendre la peine de lui accorder un regard.

Le blond gronda et les trois autres rirent.

— C'est incroyable ce que tu peux être drôle lorsque tu le veux Zabini, grogna Drago en entourant la taille de sa compagne d'un bras possessif pour la ramener contre lui.

— Hey ! Je lisais ! protesta le métis.

— Lis ailleurs que sur ma petite-amie sale traître, bougonna l'héritier Malfoy.

— On n'en sera pas plus si tu ne nous laisses pas voir, fit sagement l'autre.

Se rangeant à cet avis pertinent, Drago consentit à lâcher Elie qui s'allongea sur le lit pour faciliter l'entreprise de Blaise. Eiden le rejoint et ensemble ils purent déchiffrer une partie des runes. Ils y étaient encore, se concentrant à présent sur son dos lorsque Théo et Neville demandèrent s'ils pouvaient se joindre à eux. Elie les autorisa à entrer et les deux garçons lâchèrent un « Wow » de surprise.

— C'est étrange, déclara pensivement Neville, le pas encore mal assuré de son réveil récent, mais cela ressemble aux marques rituelles de cérémonie, comme celle qu'a eue Leria en devenant Delta.

Les yeux d'Elie brillèrent un instant de cet éclat argenté caractéristique et elle sembla comprendre un peu mieux la situation :

— Tu as raison Neville. Mais ce que je ne comprends pas c'est pourquoi cela m'arrive à moi ? Je n'ai pas été au clan depuis plus d'un an et je ne suis sûrement pas à un poste de commandement.

Cette phrase fit s'immobiliser Blaise qui chuchota :

— El, je crois … je crois que c'est des marques d'Alpha.

Les yeux de la jeune femme s'agrandirent de surpris alors qu'elle se tordait le cou pour en voir plus.

— Non, c'est impossible.

— Ça y ressemble beaucoup Enor.

Elle secouait la tête mécaniquement, comme si cela suffisait à effacer les paroles de son ami. Puis Elienor se rassit brutalement, remontant les draps contre son torse pour couper la vue aux autres.

— Elie, tu … commença doucement Blaise.

— Euh, vous devriez venir voir cela, le coupa prudemment Drago en fixant le dos de sa petite amie.

La voix du blond était inhabituellement nerveuse et chacun se tu et ne bougea plus, laissant Eiden faire le tour du lit pour voir ce dont parlait le fils Malfoy. Il ne savait pas vraiment à quoi s'attendre, mais il était presque certain que ce qui se déroulait sous ses yeux n'était définitivement pas normal. Car sur le dos étroit et pâle de sa sœur, était dessiné un immense cerf dont la ramure suivait la ligne de ses omoplates. Ses sabots effleuraient le haut de ses fesses, laissant l'animal s'épanouir sur presque la totalité de son dos. Seul l'espace supérieur, juste en dessous du cou et des épaules était laissé à un oiseau aux ailes déployées, apparemment une corneille de ce que pouvait voir Eiden.

— Parle Eiden ! ordonna sèchement sa sœur en sentant sa respiration changée et la stupéfaction envahir leur lien.

— Il y a … un cerf dans ton dos … un très très grand cerf.

Les mains douces de Blaise virent découvrir le reste du bout de motif près de son cœur, laissant voir un petit rouge-gorge. Enlevant totalement le drap de son torse, le bistré découvrit un loup sur tout le ventre, la truffe logée au milieu, en dessous des seins. Les entrelacs et les runes étaient toujours là, courants sur toute la surface du corps.

— Il y a une libellule sur le dessus de ton pied droit et un écureuil sur la cheville et le mollet de l'autre jambe, ajouta Théo qui était resté en arrière.

— Est-ce que quelque tu vois un serpent Eiden ? interrogea Blaise en fixant Elie qui ne faisait plus le moindre mouvement.

Cherchant le regard de sa soeur, le jeune homme demandait l'autorisation de relever la jambe de son pyjama, mais elle gardait les yeux fixes, comme s'il elle n'était plus présente. Très doucement il remonta donc le tissu, révélant la pointe d'une queue de reptile.

— Je crois qu'il y en a un ici, fit-il à mi-voix. Et il y a un oiseau dans le haut de son dos, une corneille ou …

— C'est un merle, fit la voix, atone, d'Elie.

— Les Passeurs … murmura Blaise en réponse.

La panique prit la jeune fille à ces mots et elle se mit à hyper ventiler, immédiatement Blaise se recula pour laisser Drago et Eiden la calmer et l'encourager à respirer. Après quelques minutes elle y parvint et son compagnon l'amena doucement à s'appuyer contre lui, son dos contre son torse et il remonta sur elle la couverture pour dissimuler les marques.

— Ok, fit Drago à mi-voix, maintenant si quelqu'un pouvait expliquer ce que tout ce cirque signifie ?

— J'aimerai bien le savoir aussi, renchérit une voix grave.

Tous se retournèrent sur Severus qui était arrivé avec Rose et Pomfresh. Il les contemplait avec une certaine colère dans les yeux.

— Alors qui va m'expliquer pourquoi ma fille est dans cet état ? Poppy dit que les marques ne sont pas douloureuses.

— Elles ne le sont pas, confirma Blaise, c'est seulement …

Rose s'approcha de quelques pas et sourit gentiment à Elienor qui semblait encore en état de choc.

— Je peux regarder ma chérie ?

Elie fixa son regard dans le sien et hocha très lentement la tête, laissant Rose jeter un œil à ces marques.

— Est-ce que c'est … ce que Blaise et Neville pensent ? interrogea Eiden.

— Est qu'est ce que Messieurs Londubat et Zabini pensent ? demanda le potionniste d'une voix glacial, toujours en colère qu'ils aient mit mal à l'aise sa fille.

— Les dessins sur la peau d'Elie ressemblent beaucoup à celles des représentants de l'autorité des clans métis, j'y ai pensé en me souvenant de la cérémonie de Leria, lorsqu'elle est devenue Delta …

— Ce n'est pas des marques de Delta, dit doucement Rose en prenant précautionneusement le bras de la blonde entre ses doigts.

— Non je sais … murmura Blaise.

— Ok, Messieurs Zabini, Malfoy, Londubat et Nott, pourriez-vous nous laisser s'il-vous-plait ? demanda Rogue sur un ton qui sonnait beaucoup plus comme un ordre.

Les quatre jeunes garçons quittèrent les lieux rapidement et Pomfresh les suivit pour réveiller et ausculter les autres. Jetant un sortilège d'intimité totale sur les rideaux, Severus s'approcha du lit de sa fille et s'assit dessus.

— Ok, qu'est-ce qu'il se passe ? questionna-t-il.

— Elie a les marques traditionnelles que les nôtres ont lors des cérémonies claniques, celles que l'on trace sur le corps de ceux qui passent à un poste de commandement.

— Et pourquoi sont-elles apparues aujourd'hui ? Qu'est-ce que cela implique ?

— Les symboles que j'ai appartiennent à un clan disparu il y a près d'un siècle, un clan très puissant et fondé en 1552 qui a complètement disparu en 1855, expliqua Elie qui était sorti de son silence. À cette époque les persécutions contre les métis étaient vraiment violentes et ce clan, les Passeurs de Brumes étaient très engagés dans la protection de notre peuple et cela c'est mal terminé : les chefs ont été tués, ainsi que bon nombre de familles et les autres ont trouvés refuge sur d'autres terres. Le clan a été dissout et nombre de ces possessions perdues.

— Tu en as déjà parlé, intervint Eiden, pendant les vacances, c'est de là que vient le rouge-gorge de Melzi.

Elle opina.

— Mais pourquoi ces marques sont apparues sur toi ? continua son frère.

— C'est un phénomène très rare, commença Rose, très peu de clans ont été complètement éradiqués, mais lorsque cela arrive, ou lorsqu'il n'y a pas d'héritiers officiels à un poste de commandement, il arrive que la magie du clan choisisse elle-même le nouveau détenteur du titre. Parfois des années après.

— Où plus d'une centaine dans ce cas, souffla Eiden.

— Donc vous voulez dire que … qu'Elie a été choisie par la magie de ce clan disparut depuis cent cinquante ans pour être …

— L'alpha et si j'en crois les runes, le chef de clan également, termina pour lui la femme rousse.

— C'est une plaisanterie ?! s'exclama Severus.

— J'ai bien peur que non. Elie est maintenant à la tête d'un clan.

— Mais j'ai seulement quinze ans ! opposa la plus jeune. Ce clan n'existe plus, même les marques au poignet ont disparu ! C'est de la folie, comment veux-tu que je dirige une telle organisation.

— Calme-toi, temporisa Rose, nous allons prendre les choses les unes après les autres. Ça va aller mon ange, tout va bien se passer, nous ne te laissons pas tomber, moi, ton père, ton frère, tes amis. Tout va bien se passer.

Elle prit l'adolescente dans une étreinte rassurante et Elie laissa échapper quelques larmes qui se tarirent bientôt, alors que son père succédait à Rose.

— Euh … je suppose que tout ceci est normal, mais … intervint prudemment la voix d'Eiden qui offrit son poignet à leur vue.

Sur la peau, près de la main, au-dessus du cercle des Cavaliers, s'étendait à présent un autre cercle, présentant également des sous-bois, mais six animaux dispersés autour d'une grande louve hurlant à la lune. Le cerf était en second plan, entre les arbres, le serpent au sol, le merle et l'écureuil sur les branches, la libellule et le rouge-gorge en vol, tout prêt de la louve.

— Il ne faut pas une cérémonie normalement, du moins un sort, quelque chose pour marquer le coup ? s'enquit le garçon qui voyait sur sa sœur le même cercle que le sien.

— Habituellement si, mais rien de tout ceci est habituel, soupira Rose.

— Cela veut dire que nous ne sommes plus sous l'autorité d'Orsu ? interrogea Elie. Que nous ne faisons plus partit des Cavaliers ?

— Je l'ignore, répondit honnêtement la française. C'est … sans précédent.

— Mais tu as dit Rose que … plaida le garçon.

— Les cas comme celui-ci ont presque toujours eu lieu dans des clans encore vivants, je n'ai pas connaissance d'une autre situation comme celle-ci. Je vais me renseigner et tâcher d'en apprendre le plus possible pour comprendre ce qu'il se passe et nous allons tous vous aider à traverser cela.

Elle sourit de façon rassurante aux deux plus jeunes.

— Je sais que cela vous fait peur, mais vous devez comprendre que cela peut-être une bonne chose, Elie tu as été choisie par la magie, c'est un véritable honneur …

Elle fut coupée par la voix de Blaise qui les appelait de derrière les rideaux. Soupirant, Severus leva le sortilège d'intimité et invita le basané à revenir :

— Je ne voulais pas vous déranger, mais je dois vous montrer quelque chose, expliqua le jeune garçon.

Sur le bras de Blaise, comme pour les jumeaux, la marque des Passeurs avait pris place, mais ce n'était pas la seule, juste sous la clavicule, au-dessus du cœur était dessiné à l'encre dorée une rune dans Eiden comprit immédiatement la signification, Delta.

— Alors j'espère que vous avez une explication par ce que moi je n'en ai vraiment pas, fit-il nerveusement en replaçant son haut.

— C'est pourtant assez clair, murmura Elie. Si je suis Alpha, alors j'ai besoin d'un second et d'un troisième. Et tu es ce troisième.

Les yeux de Blaise s'agrandir comme des soucoupes et il balbutia :

— Mais je … je ne peux pas être Delta, j'ai seulement seize ans, je n'ai pas eu de formation aux combats métis … je n'ai même pas été élevé au Clan …

— Le fait que tu ne sois pas formé et que tu n'ais pas été élevé au Clan n'a aucune importance pour moi. Et si je peux être à la tête à quinze ans, alors tu peux être Delta à seize, tu es majeur au moins.

— Mais il n'y a même pas eu de cérémonie et je ne crois pas que je sois la personne que …

— Je t'ai choisi Blaise, même si c'est inconscient et je ne doute pas une seule seconde que mon choix soit le bon.

— Mais …

— S'il te plait, ne doute pas de moi, fit doucement Elie. J'ai confiance en toi. Hier tu n'as pas hésité une seule seconde à suivre Eiden au Ministère alors que l'on savait tous que cela était dangereux et même très certainement un piège. Tu t'es battu pour nos amis, pour ton compagnon, je pense que tu es tout à fait qualifié.

Le basané ne que put répondre, complètement abasourdit :

— C'est mon compagnon et mes amis, je devais …

— Protéger et soutenir les siens est tout ce que l'on attend d'un commandant de notre peuple, Blaise et c'est ce que tu as fait. Alors acceptes-tu ?

Le garçon fit une grimace et se laissa tomber sur une chaise avant de faire un minuscule sourire :

— De toute façon si elle est déjà là, c'est que j'ai accepté n'est-ce pas, même si c'est inconsciemment ?

Rose opina et sourit également avant de passer une main tendre dans les cheveux du jeune homme.

— Vous ne ferez jamais rien comme tout le monde ? questionna d'un ton las Severus.

— Probablement pas, répondit Elie en haussant les épaules.

Les deux adultes se levèrent et les laissèrent un peu en paix.

— Tes parents vont passer tout à l'heure Blaise, Albus les a appelé et les a prévenus de votre petite escapade …

Le ton sonnait de Severus comme avec un soupçon de menace et de désapprobation, mais en réalité tous savaient bien qu'il était assez fier d'eux pour avoir tenu tête aux mangemorts, sous une immense couche d'inquiétude.

— Oh … fit seulement Blaise. Et bien …

Il imaginait comment cela allait se passer, lui parlant à son père d'eux pénétrant illégalement et nuitamment au Département des mystères, volant une prophétie et combattant une douzaine des plus dangereux mangemorts. Et il faudrait également expliquer à lui et sa mère qu'il était devenu en une nuit le delta d'un clan disparut depuis un siècle et demi, sous l'autorité d'une adolescente géniale, mais même pas majeure.

— Je parlerai à tes parents de la … situation, déclara Rose, pleine de sollicitude.

Il lui sourit reconnaissant, mais ce sourire glissa lorsqu'elle ajouta :

— Mais tu devras leur expliquer toi-même pour votre petite ''escapade'' comme dit Severus …

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— Respire Severus !

— Respire ?! Tu te fiches de moi ?

Rose soupira et se laissa tomber sur le canapé familier des appartements de Severus.

— Sev …

— Non ! Non Rose ! J'ai vraiment fait de mon mieux avec toute cette histoire, mais aujourd'hui je ne peux pas !

— Sev …

— Non ! Mes enfants ont pénétré illégalement dans le bureau de l'envoyée du Ministère, ils se sont battus avec leurs camarades, ont traversés la Forêt interdite, gagnés le Ministère et affrontés les plus retors des mangemorts. Eiden a fait à nouveau face au Seigneur des Ténèbres et maintenant j'apprends que mon fils est le seul à pouvoir vaincre le Lord et que sa sœur a été choisie par la magie pour refonder un clan détruit cent-cinquante ans plus tôt !

Severus n'avait plus rien du professeur froid et toujours en contrôle à présent. Il avait fait de son mieux pour ne pas se laisser submerger par les événements, mais là … s'en était trop.

— Vient t'asseoir Sev, fit tranquillement la française.

— Je ne vais certainement pas m'asseoir avec toi ! gronda l'homme

Rose haussa un sourcil parfaitement taillé et l'homme soupira en passant une main lasse sur son front avant de se laisser tomber à ses côtés.

— Désolé, je suis un peu débordé par la situation.

— Je peux comprendre que l'affrontement des mangemorts au Ministère t'ai inquiété, mais je ne vois pas vraiment en quoi les choses sont différentes après la prophétie et les marques d'Elie …

— Tu plaisantes ? s'étouffa le potioniste en se relevant brusquement. Tu ne vois pas ce que cela change ?

La rousse posa une main apaisante sur le bras de l'homme furieux et le força doucement à se rasseoir.

— Sev, prophétie ou pas, Eiden sentait déjà que c'était à lui de faire face à Voldemort. Les élucubrations de cette femme à moitié-folle ne changent rien, il aurait affronté de toute façon Voldemort par ce que celui-ci ne l'aurait jamais laissé vivre après avoir échoué tant de fois et Eiden se serait battu contre lui à cause de Lily, James, Cédric et des autres. Connaître cette chose en intégralité ne change pas le future, pas à présent crois-moi. Tout ceci a été mis en place il y a très longtemps, nous n'avons pas de prise là-dessus.

Severus avait laissé tomber sa tête dans ses mains en gémissant sourdement.

— Quant à Elie … as-tu cru un seul instant qu'elle ne suivrait pas son frère jusqu'au bout. Elle a déjà prévu de se battre pour lui et je les soupçonne très fortement de rallier d'autres jeunes à leur cause.

— Quoi ?

Le professeur releva brusquement la tête, mais Rose était parfaitement calme.

— Aksel Van Ernz a longuement discuté avec Orsu à propos de ce qui se passe ici et je sais de source sure qu'il passera la Manche à la fin de ces études, dans quelques jours. Je suis également presque certaine qu'Eryn Lieben fera de même.

— Lieben ?

— Tu as déjà en entendu parler, une des familles des dix-neuf, des loups-garous, ils collaborent énormément avec les potionnistes européens au sujet de la potion tue-loup.

— Je croyais que les gens comme eux étaient contre son utilisation ? fit Rogue avec surprise.

— Ils ne pensent pas que ce soit une solution à long terme c'est vrai et ils n'en ont pour la plupart pas l'utilité, vu qu'ils sont en parfaite harmonie avec leur loup, mais ils soutiennent la recherche pour tous ceux qui n'ont pas cette chance et pour apaiser les porteurs du gène qui ont des difficultés.

— Oh je vois …

— Quoiqu'il en soit, tu ne peux pas fermer les yeux plus longtemps, Sev. Ils ont monté l'AD, ils s'entraînent dès qu'ils le peuvent et ont monté tout un plan pour évacuer les renégats. Tes enfants vont se battre et je ne comprends même pas que tu ais pu en douter, c'est les tiens, ils te ressemblent, ils ne restent pas inactifs. Tu devrais être fier d'eux !

— Je suis fier d'eux, souffla l'homme. Je ne pourrais l'être plus et je suis certain que Lily l'est aussi là où elle est. Mais tout devient terriblement réel à présent. Tant que cela restait des plans et des conjectures, à l'abri de la maison ou du château, cela m'allait très bien. Mais à présent, avec ce qui s'est passé la nuit dernière, je ne peux vraiment pas continuer d'espérer qu'ils seraient épargnés par tout ceci. Ce sont des enfants Rose !

— Ils le sont tous.

— Je le sais et je ne veux pas plus que les autres soient pris là-dedans. C'est peut-être des incapables à peine fichus de faire tenir un chaudron debout, mais ce n'est pas pour cela que je veux qu'ils meurent. Aucun d'eux ne devrait à vivre cela.

Rose secoua sa tête aux cheveux de feu.

— C'est un trait sorcier que j'avoue ne pas comprendre, déclara-t-elle. Vous savez qu'ils courent un danger, mais pourtant vous les enveloppez dans du coton et vous les tenez à l'écart le plus longtemps possible. C'est adorable, mais cela rend la chute vraiment dure et dangereuse pour eux. Nous sacrifions peut-être une part de l'innocence des nôtres, mais ils résisteront bien mieux aux tourments qui s'annoncent. Vous avez cette étonnante capacité à vous aveugler et vous ne pouvez pas reprocher aux enfants de ne pas vouloir en faire de même. Si Dumbledore et l'Ordre avaient été plus actifs à leurs sujets, plus à l'écoute de leurs besoins, ils n'auraient pas fait tout ce qu'ils ont fait, l'AD et le reste. Cela aurait dû venir de vous, ils auraient pris moins de risques.

— Je le sais bien, opposa Severus. J'ai tenté de faire valoir cette opinion auprès de Dumbledore et les autres, mais ils ne veulent rien entendre. ''Ce sont des enfants'' m'a-on-dit, ''Laissons-les profiter encore un peu''.

— Pour les précipiter plus rapidement à la mort ensuite renifla Rose en riant froidement. Tu savais que les jumeaux Weasley ont espionné presque toutes les réunions de l'Ordre cet été ? Qu'ils transmettent toutes leurs informations à nos jumeaux, encore maintenant ? Que ceux d'ici sont en relation avec les anciens amis d'Elie qui lui font un rapport très précis sur tout ce qui se passe sur le continent. Ils en savent probablement plus que certains membres de l'Ordre et ils ne vous attendront pas quand viendra le moment.

Severus ne put s'empêcher de sourire.

— Je suis au courant, qui participe à les informer d'après toi ? déclara-t-il. Je ne leur cache rien.

— C'est pourquoi je pense que ce nouveau statut d'Elie même s'il arrive tôt dans sa vie et qu'il s'accompagne immanquablement de nouvelles obligations est une bonne chose pour eux. Ils vont probablement se réunir sous l'égide de ce nouveau clan et cette association leur offrira de nouvelles protections et possibilités.

— Qu'en diront les autres alphas et chef de clans à ton avis ? demanda le potionniste qui commençait à comprendre la position de son amie.

— Personne ne s'opposera, cela c'est certain. Elle a été choisie par la magie. De plus la fondation d'un clan ici, où il n'y en a pas, est vraiment une très bonne chose pour notre peuple. Les métis d'ici ne seront plus obligés de se placer sous des autorités étrangères et je suis certaine qu'Elie fera un excellent travail avec le temps.

— Une partie très égoïste et possessive de moi est ravie de cela, Elie restera ici ainsi, grimaça le professeur de potion.

— Elle ne comptait pas partir, elle a totalement converti Hermione Granger à notre cause. Elles ont bien l'intention de faire bouger les choses dans votre ministère.

Severus renifla et étouffa un ricanement :

— Granger se passionne pour les causes perdues et les discriminations en tout genre. Elle a monté une association l'année dernière pour libérer les elfes de maison.

Le rire musical de Rose tinta contre la pierre.

— Elle a fait cela ? Bonne petite …

Severus secoua la tête, souriant de l'amusement de sa comparse et fit venir à eux une bouteille de Whisky pur-feu et deux verres de cristal.

— Espérons seulement que tous survivent à cette guerre, soupira-t-il.

Lorsqu'ils revirent à l'infirmerie, tout le monde hormis Ron Weasley était réveillé. Il avait apparemment été attaqué par les cerveaux de la salle du savoir et Pomfresh avait préféré le laisser dans un sommeil magique pour qu'il ne souffre pas. Les autres n'avaient pas de problème majeur, le nez, la cheville et le bras de Neville, Ginny et Théo avaient été ressoudés en quelques secondes et l'infirmière avait soigné les effets du Doloris prolongé sur Drago et ceux du fait de Nott sur Elie. Luna lisait un magazine, ignorant totalement les autres réunis autour du lit d'Hermione et de Drago.

Rose prit un moment avec Elie et Blaise pour leur expliquer les tenants et les aboutissants de leurs nouveaux statuts et la jeune femme avait réagi comme l'avait prévu la française et son père : elle avait immédiatement commencé à s'organiser pour utiliser sa nouvelle position et la magie du clan pour leurs activités en rapport avec la guerre. Eiden n'avait pas de marque de commandement, mais cela ne l'étonnait pas. Le futur lui réservait déjà assez de choses comme cela sans devoir en rajouter. De plus il n'avait ni l'envie, ni le caractère pour une telle chose et été immensément soulagé de ne pas avoir à se préoccupé de cette façon d'autres personnes que lui-même. Il avait l'âme d'un leader, c'est vrai, mais c'était avant tout un inspirant, une tête d'affiche, pas un général comme ils l'avaient déjà défini avec sa sœur. Blaise s'était senti un peu mal par rapport à cela, mais son compagnon l'avait immédiatement rassuré. Il était tout à fait satisfait de la situation.

— Mais si Elie m'a choisis, déclara le basané, alors il est logique de penser que je ne suis pas le seul dans ce cas. Elle a sûrement au moins désigné un bêta, non ?

La jeune femme, qui avait passé une sorte de tunique légère afin de pouvoir continuer de surveiller la progression des marques, le contempla d'un air pensif.

— Je suis d'accord avec Blaise, approuva la française. Tu n'aurais pas une petite idée ma chérie ?

Elle secoua la tête.

— Cela pourrait être beaucoup de personne … dit-elle. Je ne sais vraiment pas.

— Tu le sais El, intervint Eiden qui était lové dans un fauteuil près d'eux, discutant avec Drago et Théo. Tu as choisi Blaise par ce que tu as confiance en lui, par ce qu'il a prouvé qu'il serait bon à ce poste. Tu sais qui tu veux d'autre à tes côtés pour cette tâche.

— Anton, souffla alors Elie, souriant de ce qui était si évidant, mais qu'elle n'avait pas vu.

— On va demander à ton père de le faire chercher alors, dit Rose.

Le bel égyptien arriva peu de temps après, il avait remarqué les nouveaux signes sur sa peau, mais n'en avait pas compris la raison et s'apprêtait à écrire à sa tante lorsque Severus l'avait mandé.

— Tout s'éclaire, dit-il en voyant Elie.

Il suivit d'un doigt léger le signe de l'alpha sous la clavicule de la jeune femme. Elle attrapa sa main et chuchota :

— Tu n'es pas obligé d'accepter.

— Elle est là, rétorqua l'autre. J'ai déjà accepté.

— Je ne veux pas t'obliger à quitter la Main de Lazuli.

— Tu ne m'y obliges pas, opposa Anton en lui offrant un sourire plein de crocs. C'est mon choix. À vrai dire, je suis très honoré.

— Tu ne devrais pas, tu vas servir une enfant.

— Tu n'es pas une enfant et je reste tout de même très honoré. Tu ne peux pas régenter mes sentiments !

Elie eut un rire léger.

— Mais je peux régenter le reste !

L'égyptien se contenta de sourire et de l'amener plus près de lui, d'une pression sur la nuque.

— Allez viens là, murmura-t-il.

Les canines nouvellement allongées de la blonde effleurèrent le dessous de sa clavicule et entaillèrent suffisamment la peau pour qu'elle saigne. Le garçon fit de même ensuite et un halo doré les nimba un instant avant de disparaître en eux.

— Plus moyen de reculer maintenant, déclara Anton.

— Je n'en avais pas l'intention, opposa Elie.

— Je sais.

— Même si toute cette histoire est complément folle.

Ils s'étaient isolés, mais revirent auprès des autres suite à cela. Enfin Anton puisqu'Elie repartit immédiatement avec Blaise.

— Met ça sur ta coupure Anton, fit Eiden en lui passant un baume nacré. Rose l'a laissé pour toi. Elle et Severus viennent de partir, Dumbledore a fait venir nos parents dans son bureau, ils viendront ensuite.

—Merci, répondit le garçon en l'étalant sur la petite blessure, une entaille de quelques centimètres.

— C'est toujours comme cela ? interrogea Eiden.

— Et bien si les circonstances étaient plus habituelles, il y aurait eu une cérémonie et des célébrations, mais dans le fond cela ne change rien, expliqua l'égyptien dont la plaie avait déjà cicatrisé. Seul l'échange de sang est nécessaire, pour lier les magies et les individus, le reste n'est que dû plus.

— Vous aurez vous aussi votre fête dès qu'ils le pourront, j'en suis certain, sourit Neville, assis près du lit de Drago.

— Est-ce que Blaise va mordre Elie aussi ? Je veux dire, il n'est pas vraiment équipé pour cela … questionna le fils Rogue.

— Non, ceux qui le peuvent préfèrent faire ainsi, d'instinct, mais l'on peut très bien le faire avec une lame, répondit Anton.

— Et qu'est-ce qui va changer concrètement ? Pour vous et pour nous ? Je ne sais pas grand-chose sur les clans, regretta Drago que Poppy avait forcé à se rallonger.

— Pour le moment pas grand-chose pour vous, mais au dehors, après Poudlard, si vous prenez la marque des Passeurs il y aura évidement quelque petits changements. Très mineur, comme tout membre d'un clan.

— Personne ne prendra cette marque sans y avoir mûrement réfléchi, tout ceci n'est pas un jeu et la plupart d'entre vous ne savent pas de quoi il retourne réellement.

C'était Elie qui avait parlé, elle venait de revenir avec Blaise et ne semblait guère de bonne humeur.

— Elie … commença Drago.

— Non ! coupa-t-elle. Vous n'êtes pas métis, vous ne savez pas à quoi cela vous engage, ce n'est pas votre culture.

— Envisages-tu de me garder toute notre relation loin de ton monde, fit l'héritier Malfoy qui semblait blessé par ses dires.

— Ce n'est pas ce que j'ai dit, soupira la jeune femme. Je dis simplement que rien ne nous oblige à faire cela aujourd'hui.

Elle se laissa tomber sur le lit qu'elle partageait avec Drago et se glissa contre lui.

— Quelles seraient les avantages ? questionna Hermione, toujours pragmatique.

Ce fut Anton qui répondit :

— Et bien cela vous procurait une protection supplémentaire, des enchantements liés à la magie métisse, mais c'est surtout pour les combattants que les gains seraient intéressants.

— Les combattants ?

C'était Pansy qui demandait, du pied du lit de la née moldu.

— Un clan est généralement composé d'un groupe de combattants, qui protègent les autres, ceux qui ne le sont pas, même si habituellement tout le monde apprend à se défendre. Les non-combattants sont chapeautés par l'Omega, avec l'aide l'Omicron et l'Epsilon, des sortes d'intendants, de gestionnaires, alors que les soldats sont sous l'autorité de l'Alpha, de son Bêta et de son Delta. Le fonctionnement des soldats est un peu particulier, ils développent une cohésion ensemble, partage un certain pouvoir, c'est comme une sorte de meute, avec une hiérarchie stricte.

— Donc les soldats obéissent à l'Alpha, Elie dans notre cas, ensuite au Bêta et à l'Oméga c'est cela ? s'enquit Ginny. Comment cela fonctionne ?

— Lorsque tu deviens soldat, continua Anton, tu reconnais et te soumet à l'autorité de l'alpha et de son deuxième et troisième, eux-mêmes soumis à la première. Le lien est plus fort chez les métis puisqu'ils résonnent avec notre nature, nos gênes, mais un alpha puissant gagne un certain pouvoir. Il est difficile de résister à ses ordres.

— Tu veux dire que si Elie à un pouvoir sur vous maintenant. Si elle t'ordonne quelque chose, tu es obligé de le faire ? s'horrifia quelque peu Hermione, cela lui semblait terriblement barbare et violent.

Blaise rit.

— Cela ne fonctionne pas comme cela, on l'a choisi comme figure d'autorité, donc on lui fait confiance, à elle et ses choix. En se soumettant à elle, on accepte qu'elle ait une certaine autorité sur nous, mais si nous nous opposons franchement à ce qu'elle dit, avec de la volonté nous pouvons le faire.

— Ce qu'il ne dit pas c'est que c'est extrêmement difficile et douloureux, intervint Elie, l'œil encore un peu sombre. Il est presque impossible de contrer un ordre de son alpha si celui-ci est puissant.

Hermione semblait mal à l'aise face à cette idée et la blonde continua :

— Tu vois, cela te dégoûte. L'idée que je puisse avoir un tel pouvoir sur eux te répugne. Voilà pourquoi je ne veux pas que …

— Non cela ne me dégoûte pas, coupa la née moldu, c'est juste, étrange pour moi. Mais je sais que tu ne leur imposerais jamais quelque chose de mauvais pour eux.

— Cette autorité est présente pour une bonne raison, continua Anton, la cohésion et l'efficacité du groupe de combattants, il faut un chef, c'est normal.

Hermione opina et demanda curieusement :

— Vous … ressentez déjà des … je ne sais pas … des effets ?

Blaise fronça les sourcils.

— En faite j'ai senti son pouvoir avant ce matin. Au moins deux fois, pour autant que je m'en souvienne.

— Que dis-tu ? fit Elie, surprise.

— Ce n'est pas vraiment une surprise, déclara Anton, j'ai senti aussi quelque chose depuis plusieurs semaines, tout ceci ne t'est sûrement pas tombé dessus d'un coup. D'autant qu'Aksel m'a parlé de ce qui s'est passé avec sa sœur pendant les vacances, comme elle se sentait en confiance avec toi. Il a dit aussi qu'il t'avait trouvé changé.partit

— Et moi, continua le bistré, il y a eu la fois au petit déjeuner, Eiden était en forêt et tu m'as dit de manger quelque chose, j'ai obéi sans même y penser. Et l'autre fois dans le train, j'ai voulu te rembourser, tu as refusé et c'est comme si ma main ne m'obéissait plus, j'ai été figé.

— Je suis désolée, fit d'une voix penaude la jeune fille.

— Ce n'est pas de ta faute, c'est normal que tu ne saches pas encore te contrôler, cela viendra, la rassura Anton.

— Nous voulons en être El, dit Pansy en fixant son amie. Nous sommes déjà soudés, c'est juste une opportunité de rendre cela physique si je puis dire.

— Ouai, notre Ordre du Phénix à nous quoi ! éclata de rire Ginny.

— Et c'est plus classe que l'Armée de Dumbledore, renchérit Théo avec un clin d'œil pour Eiden.

Tous les adolescents riaient encore lorsque les professeurs Dumbledore, Mcgonagall et Rogue virent à l'infirmerie, accompagnés de Madame Weasley, Madame Londubat, le couple Zabini, Rose et Narcissa. Les parents d'Hermione étant moldus et ceux de Pansy et Théo mangemorts, ils n'avaient pas été mis au courant de la situation. Xenophilius Lovegood, en Norvège pour chasser le Ronflak cornu, n'était pas présent non plus. Molly écrasa immédiatement les enfants dans son étreinte et se mit à discuter vivement avec Madame Pomfresh de l'état de Ron. Augusta prit Neville à part pour lui faire montre de toute sa fierté et les parents des serpentards se portèrent à la rencontre de leurs enfants.

— Drago ! s'exclama l'épouse Malfoy en voyant le teint encore un peu pâle et maladif de son fils.

— Mère je vais bien.

— J'étais morte d'inquiétude en recevant le message de Severus ! fit la femme en inspectant l'adolescent sous toutes les coutures.

Elle le serra contre lui et expira longuement. Même si la situation n'était pas la meilleure possible, Drago profita au maximum de cet instant avec sa mère avant qu'elle ne se recule.

— Est-ce que ton père t'a touché ? siffla-t-elle.

— Non, mais moi oui ! ne pu s'empêcher de ricaner le jeune homme.

— Ils l'ont arrêtés Drago, il est à Azkaban maintenant.

— Mais il n'y restera pas, soupira le blond.

— Probablement pas, accorda Narcissa, mais tout est bon à prendre et avec la disgrâce de Lucius, le Lord s'intéressera peut-être moins à toi.

La femme se saisit doucement du menton du garçon et dit très sérieusement.

— Tu sais que je ne le laisserai pas te faire quoique ce soit Drago, je suis immensément fière de ce que tu as fait au Ministère même si j'ai failli mourir de peur mais je veux qu'au moindre problème tu disparaisses. Severus s'occupera de toi.

— On en est pas encore à là, Mère, fit doucement l'adolescent, et je ne veux pas vous abandonner.

— Et moi je veux que tu sois sain et sauf. Ne t'en fais pas pour moi, je m'occupe de moi-même, assura-t-elle.

0o0o0

— El ?

La jeune fille leva les yeux vers son petit ami. Pomfresh les avaient séparés arguant qu'ils n'étaient plus nécessaires pour eux d'être en contact pendant la nuit, compagnons ou pas, et qu'il y a avait des règles à respecter. Mais Drago s'était glissé dans son lit dès que l'infirmière les avait quittés pour se coucher, profitant encore un peu de la présence d'Elie. Les marques de sa peau commençaient enfin à s'estomper et il était certain que dans quelques heures il n'y paraîtrait plus.

— Hum ?

— Je veux faire partie du clan.

La jeune décolla son nez du cou du garçon et se releva légèrement, de façon à ce que son visage surplombe celui de l'autre. Elle ne répondit pas, se contentant de le regarder de ses yeux insondables.

— Je sais que tu penses que je ne sais pas à quoi je m'engage, mais j'en ai parlé avec Anton tout à l'heure et …

Elie arqua un sourcil de surprise.

— Tu en as parlé avec Anton ? sourit la jeune femme malgré elle. Je veux dire, de façon civilisée ?

Ce fut au tour du blond de hausser un sourcil.

— Je peux parler avec n'importe qui civilement, j'ai reçu une certaine éducation je te rappelle !

Un sourire goguenard étira les lèvres d'Elie.

— Je n'en doute pas.

Drago leva les yeux au ciel, mais redevint brusquement sérieux.

— Je veux faire partie de cela avec toi.

— Dray …

— Non je te veux, toi tout entière, gènes métis, héritage bizarre et explosions de magie compris. Je sais que nous sommes jeunes et que l'on n'est ensemble que depuis quelques mois, mais je sais que je te veux avec moi pour le reste de ma vie. Je t'aime depuis le premier jour, tu es ma famille, la personne sur qui je peux compter entre toutes, je ne veux pas être éloigné de cela, je veux le partager avec toi.

Il la tira doucement contre lui et enroula ses bras autour d'elle en chuchotant à son oreille :

— Ne me met pas à l'écart s'il te plait.

— D'accord.

Elle embrassa son poignet, chuchota quelques paroles et une douce chaleur irradia de l'endroit, se propageant jusqu'à son cœur et sur toutes la zone sternale et les pectoraux. Il leva son bras pour admirer les entrelacs de l'encre magique. Maintenant qu'il l'avait sur lui, plus rien ne lui rappelait la marque des ténèbres, contrairement à ce qu'il l'avait pensé au départ. Elle n'avait rien d'avilissant ou de dégradant, au contraire, c'était un lien de plus avec Elie et les autres, une fierté.

— C'est la seule marque que je n'aurai jamais, murmura-t-il.

Sa compagne lui embrassa doucement la joue à ses mots, sachant de quoi il parlait.

— C'est normal que je me sente … chaud.

— Oui, la marque est un symbole de fraternité, de lien, de confiance les uns envers les autres, de protection, des choses positives. Elle est là pour te rappeler que tu n'es pas seul.

— Je le sens aussi ici, fit le garçon en désignant la zone entre ses épaules, perpendiculaire au sternum.

— C'est normal, cela va s'estomper, contrairement au poignet qui sera là quand tu en auras besoin. Cette zone de la poitrine est importante pour les métis, nous croyons que la magie s'y concentre.

Ils restèrent ainsi un long moment, l'un contre l'autre puis Drago fit sur un ton malicieux :

— Est-ce que tu vas me donner des ordres maintenant ?

Elle enfonça son coude dans ses côtes pour le punir et il rit.

— Ce n'est pas drôle, gronda Elie.

Mais le jeune homme n'en avait cure, il la tira à lui et entoura sa taille mince de son bras, prenant garde à ne pas lui tirer les cheveux au passage. Il plongea son nez dans ses cheveux respirant leur douce odeur. La jeune femme oublia son mécontentement et se lova contre lui, à moitié allongée sur son torse, sa main caressant faussement distraitement ses côtes, là où le doloris l'avait atteint. Le geste aurait pu paraître innocent si Drago n'avait pas senti la tension de sa petite amie et ses doigts légèrement crispés. Il n'en dit rien cependant, se contentant de poser sa propre main sur la sienne. Sa chaleur s'infiltra sous sa peau et bientôt elle se détendit et soupira légèrement contre sa clavicule. Drago n'avait pas paru plus ébranlé que cela par le doloris, est pour cause, ce n'était pas la première fois qu'il sentait sa morsure brûlante. Il avait souffert bien sûr, voulu que ça s'arrête, mais il avait tenu, sans hurler ni trop s'agiter, comme son père l'avait voulu. Il ne le lâchait que s'il se montrait fort et bien que cette ordure ne le saurait jamais, il était heureux d'avoir gardé pour lui ses cris, pour ne pas avoir donné cette satisfaction à son malade d'oncle. Le ministère les avaient tous fait enfermés à Azkaban à présent et bien que le blond savait qu'ils n'y resteraient pas, il était tout de même soulagé de les savoir en ces lieux maudits, empêcher pour un moment de faire du mal aux autres. Son père n'avait rien pu faire cette fois pour l'éviter, tout ses pots-de-vin et ses manigances ne pouvaient faire oublier qu'il avait été retrouvé au beau milieu du Département des mystères, en compagnie de mangemorts avérés et qui c'étaient battu contre une bande d'adolescents qui leur avait tenu tête. Il avait été emmené comme les autres et cette seule pensée emplissait l'adolescent d'une joie et d'une satisfaction intense. Peut-être que les vacances seraient meilleures que prévu. Une sensation de poids sur sa poitrine lui apprit que sa petite amie s'était endormie sur lui. Il la considéra un moment, l'œil tendre, mais ne put se résoudre à la réveiller en se dégageant pour regagner son lit.

— Oh au diable les ordres de Pomfresh, marmonna-t-il avant de se laisser lui aussi gagner par le sommeil.

L'infirmière ne fut guère heureuse en le retrouvant là le lendemain, mais elle se contenta d'un petit sermon, sans doute était-elle aussi désarmée que lui face à une Elie encore à moitié endormie et violemment adorable dans son pyjama, ses petits poings frottant ses yeux.

— Vous pouvez partir dès que vous aurez mangés, vous êtes excellente santé, fit-elle avant de se reculer.

Elle leur déposa un plateau chargé d'un appétissant petit-déjeuner et ajouta sur un ton malicieux :

— Comme cela vous pourrez vous introduire dans le lit de votre compagne en toute paix Monsieur Malfoy, hors de ma vue et de mon infirmerie.

— Peut-pas, bougonna le jeune homme. Foutus escaliers.

Elle eut un sourire mi-désapprobateur, mi-indulgent et fit le tour de ses patients. Seul Ron resterait encore un peu, il était réveillé, mais les plaies de ses bras n'étaient pas encore guéries. Il ne resta seul cependant que la nuit, ces amis s'installant avec lui toute la journée. La Gazette avait fait part des événements du Ministère, ou du moins une partie. L'article expliquait que onze mangemorts avaient été arrêtés alors qu'ils s'étaient infiltrés au Département des mystères, mais il ne disait rien des adolescents qu'ils les avaient affrontés ni du retour d'Harry Potter. Très peu de gens l'avaient reconnu ce soir-là et il avait tous été tenu au secret par un sortilège sur la demande de Dumbledore qui voulait assurer à Eiden le plus de temps loin de ceci possible. Harry Potter n'était toujours présumé mort pour la communauté sorcière, ce qui arrangeait parfaitement les Rogues. Le directeur avait également fait en sorte que l'on ne parle d'aucuns des adolescents, pour ne pas attirer l'attention sur eux, surtout que tout Poudlard avait bien remarqué qu'ils avaient tout les onze fait un petit séjour à l'infirmerie. Les marques d'Elie avaient fini par s'effacer et elle avait accepté que ses amis prennent celle du nouveau clan. En vérité, ils ne lui avaient pas vraiment laissé le choix, arguant que de toute manière Eiden, Drago et Blaise l'a portait déjà. Mais c'est Théo qui la fit finalement basculer :

— On est la famille les uns des autres maintenant El, c'est vraiment ce que je ressens et je suis certain que pour les autres c'est la même chose.

Tous acquiescèrent gravement et il continua :

— Et pour ma part, vous êtes vraiment la seule que j'ai, donc je ne renoncerai pas à cela.

Le garçon avait les yeux rivés sur ses genoux, évitant ceux de la blonde.

— D'accord.

Il la releva brusquement aux mots de la jeune femme et elle lui sourit doucement avant de reprendre :

— Lève-toi Théo.

Il le fit un peu maladroitement et bientôt la chaleur bienfaitrice qu'accompagnait la marque l'envahit. Les autres firent de même, Hermione était particulièrement excitée, il y avait si peu de sorciers faisant partie d'un clan et elle avait fait tant de recherche là-dessus depuis l'héritage d'Eiden.

— La magie offensive métisse aura moins de portée sur vous à présent, expliqua Blaise, la marque vous en accorde une infime partie, en protection, rendant plus faibles les sorts qui pourraient vous atteindre.

— C'est … chaud, fit Ron, toujours couché dans son lit, je veux dire il y a une chaleur là et ici …

Blaise acquiesça et lui expliqua ce qu'il en était et des plateaux apparurent devant eux pour le déjeuner, Pomfresh les avait autorisés à manger à l'infirmerie avec Ron, et même si celui-ci en était heureux, il ne put s'empêcher de ricaner que les jumeaux avaient enroulé une nouvelle personne autour de leur petit doigt. Ils savouraient tous le délicieux fondant au chocolat du dessert lorsqu'un merle au plumage immaculé entra par la fenêtre ouverte et se posa sur l'épaule d'Elie, laissant tomber une sorte de bracelet de lierre tressé de chèvrefeuille, orné de trois pièces de platine. Deux étaient rondes et présentait la même image sur le coté pile : un rouge gorge au centre de la triquetra celtique et un côté face différent : une corneille posée sur un grimoire pour l'un et un grimm avec la lune et trois étoiles pour l'autre. La dernière pièce était en forme de triangle et présentait une rune et un loup debout hurlant. Elie esquissa un sourire et chuchota quelque chose qui fit rire doucement Eiden.

— Qu'est-ce c'est ? interrogea Pansy. On dirait un bracelet, mais …

— Mais c'est difficilement portable, termina à sa place le fils Weasley avec une grimace.

— C'est un présent, expliqua Elie, un cadeau traditionnel lorsque l'on veut offrir ses services et sa personne à quelqu'un. C'est comme cela que les anciens demandaient à se placer sous la suzeraineté d'un alpha. Il y a les deux blasons des familles, fit-elle en effleurant les deux pièces rondes, et ce à que l'on promet.

— Le loup hurlant dit : je me battrais pour le clan, le lierre symbolise la fidélité et le chèvrefeuille la loyauté, continua Blaise, c'est une tradition qui se perd un peu, essentiellement perpétuée par les vielles familles.

— Aksel a toujours aimé soigner ses entrées, sourit Neville en contemplant l'objet.

— Comment peut-il être déjà au courant ? s'enquit Théo.

— Le nouveau statut d'Elie n'est sûrement déjà plus un secret, tous les alphas et les chefs de clan du continent ont du sentir la renaissance des Passeurs de Brumes, rétorqua Blaise.

— Et Aksel s'attendait à ce qu'elle le devienne, il avait déjà de forts doutes lorsque l'on s'est rencontrés pendant les vacances, apprit Eiden. Je ne serais pas étonné qu'il surveille El de très près, attendant ce moment.

Drago grimaça à ses mots, mais réussit à contenir. Il n'était pas certain d'aimer qu'un homme surveille étroitement sa compagne. Eiden dissimula un sourire, il n'avait pas encore rencontré le très beau jeune homme.

— Anton le lui a certainement dit et après ce qu'Aksel à dit la dernière fois, au sujet de passer la Manche et de se battre, rien de tout ceci ne m'étonne.

— Alors tu vas accepter ? interrogea Ginny.

— Je ne pense pas pouvoir refuser cela à Aksel, rit Elie. Il est plus buté qu'Eiden dans ses mauvais jours.

Le garçon enfonça son coude dans le flanc de sa sœur, mais elle ne lui adressa qu'un sourire moqueur en retour. Hermione contemplait quant à elle le curieux messager, toujours juché sur l'épaule de la blonde, les yeux brillants.

— J'ai lu que traditionnellement les missives de cet ordre, les officielles, qui avait rapport aux clans et aux anciennes familles, étaient délivré par un merle blanc.

Blaise et Eiden acquiescèrent, chaque famille des dix-neuf, et d'autres d'envergure comparable en possédait un.

— Que dois-tu faire pour lui montrer que tu acceptes ? continua la née moldu.

— Je garde le présent et je lui renvoie son messager, en attendant qu'il se présente lui-même à moi.

— Tout ceci est follement intéressant, vos coutumes sont riches et complexes, autant que celles des sangs-purs ! s'enthousiasma la brune.

Elie se contenta de sourire et renvoya l'oiseau avant de glisser le présent d'Aksel en sécurité. Elle ne doutait pas de le voir très prochainement et qu'ils puissent parler ensemble de la suite, notamment de ce qui adviendrait de Margarethe, allait-il la laisser au Danemark où l'amènerait-il avec lui en Angleterre ?

Severus vint les trouver à la fin du repas et demanda à Elie et Eiden de le suivre.

— Dumbledore voudrait vous voir.

Aucun des deux n'était très emballé, mais ils y allèrent tout de même. Dans le bureau du Directeur, il y avait le vieil homme, Marcus Zabini et Amélia Bones. Les trois sourirent aux jeunes gens et Albus fit rapidement apparaitre deux sièges de plus alors que Severus s'asseyait sur le troisième, qu'il venait de quitter. Eiden salua d'un signe de tête respectueux et d'un murmure les deux officiels du Ministère, tandis que sa sœur, en bonne ancienne élève de Beauxbâtons, ploya légèrement le buste, allumant une lueur de respect dans les yeux de la femme strict.

— J'ai décidé, en accord avec votre père bien entendu, de mettre Monsieur Zabini et Madame Bones au courant. Marcus, Amélia, voici donc Eiden et Elienor Rogue, anciennement Potter, enfants de Lily Evans et Severus Rogue.

Le garçon s'agita un peu sur son siège, mal à l'aise à la révélation de son identité face au père de son compagnon. Bien sûr il avait déjà rencontré Marcus, mais il ne savait pas jusque là qu'il était celui qui lui posait tant de problèmes depuis l'été dernier.

Mais tout comme son fils, cette révélation ne semblait pas provoquer la colère de l'homme. Il se contenta de sourire et de leur dire :

— Enchanté de vous rencontrer à nouveau.

— Je suis désolé pour … commença Eiden, mais l'homme le coupa d'un geste gracieux de la main.

— Vous n'avez pas à l'être, rien de tout ceci n'est de vôtre faute.

— En vérité, nous nous le devrions, renchérit Amélia, le Ministère vous a causé énormément de problèmes par le passé. Et j'ai bien peur que cela continue, au moins tant que Cornelius sera à ce poste …

— Cela peut s'arranger, fit à mi-voix Severus, un air sauvage et sadique sur le visage.

Marcus sourit et croisa élégamment ses jambes, dans un mouvement si semblable à celui de son fils qu'Eiden rougit légèrement en le regardant faire.

— Amélia et Marcus voudraient recueillit ton témoignage Eiden sur ton enfance et ce qui a suivi, ainsi que ce qui c'est passé au Ministère. Et le tien Elienor.

— Je croyais que nous voulions garder le secret ? dit avec surprise le garçon.

— Nous le voulons, accorda le Directeur, tant que cela sera possible. Mais il est important que toutes les preuves soient réunies et dissimulées quelque part, pour lorsque nous en aurons besoin.

— Et après t'avoir soutenu, ne crois-tu pas que Marcus mérite de savoir la vérité, de savoir que nombre de ces hypothèses étaient bonnes ? fit doucement Severus.

Le jeune homme acquiesça et commença à répondre maladroitement aux questions des deux employés du Département de la Justice et raconta, du mieux qu'il put, sa vie chez les Dursley et cette fameuse nuit où il avait rencontré Elie. Il termina par le récit de l'avant-veille et de l'affrontement au Département des Mystères, complété par sa sœur lorsqu'il y avait besoin.

— Vous êtes tous les deux métis ? nota Amélia Bones qui n'avait cessé de les scruter de son regard perçant.

Aucun des adolescents ne prit la peine de nier.

— Vous êtes pourtant répertoriés sorciers sur les registres.

Rien n'accusait dans sa voix, mais Elie ne se retint pas de lui lancer un petit sourire moqueur.

— Mes enfants ne le sont pas non plus, opposa doucement Marcus qui n'avait rien raté de l'expression de la jeune femme et qui connaissait les positions des métis continentaux sur les listes de recensement anglaises. Je ne pense pas qu'un parent inscrirait volontairement ses enfants comme métis, pas dans ce pays et avec cette conjoncture.

— Je m'en doute, rétorqua sa consœur, et je comprends bien pourquoi, je voulais simplement vérifier. Il semblerait que l'on se trompe drastiquement à votre sujet, Monsieur Rogue, personne n'imaginait Harry Potter ainsi.

— Peu de gens se sont donné la peine de connaitre le véritable Harry Potter, répondit le garçon. Vous étiez bien trop occupés à me glorifier et me trainer plus bas que terre successivement pour cela.

La juge ne s'offusqua pas de ses paroles.

— C'est malheureusement vrai, soupira Marcus puis il demanda à Eiden : que comptez-vous faire à présent, au sujet de votre identité ?

— La dissimulée tant que je pourrais. Vous n'ignorez pas la position … hum … particulière de mon père.

— Cela a pu venir à mes oreilles en effet, répondit l'homme à la peau sombre en souriant en coin.

— C'est donc capital que l'on ne me rattache pas à Harry Potter. Et je dois avouer que cela m'arrange à titre personnel …

— Je peux l'imaginer, accorda Monsieur Zabini, souriant toujours.

— Vos dépositions seront conservées à Gringotts, par les gobelins, lui apprit Amélia Bones, comme c'est la procédure dans ce genre de cas. Elles seront donc mises hors de portée le temps que vous soyez prêt à revendiquer votre ancienne identité.

— À Gringotts ?

— Oui. Les gobelins assurent le secret de ce genre de choses, expliqua la femme stricte. Étant neutre votre déposition est en sécurité chez eux, quoiqu'il se passe dans le monde des sorciers …

— Vous ne semblez pas très optimiste, fit Elie.

— Je suis seulement prudente, Mademoiselle Rogue, c'est ce qui m'a amené où je suis aujourd'hui.

— Et elle a raison, intervint Severus. Il est primordial que rien de ce qui s'est dit dans ce bureau n'en sorte, les conséquences seraient trop dangereuses pour vous.

— Et pour toi aussi, rappela son fils.

— Mais c'est vous qui m'importez.

Le garçon ne répondit pas, mais ses yeux suffirent à le faire.

Les deux officiels du Ministère se préparèrent à partir et Marcus Zabini laissa sa patronne emprunter la cheminée la première. Il se tourna d'abord vers Severus qu'il salua chaleureusement puis prit dans ses mains celles des jumeaux et glissa à l'oreille d'Eiden.

— Nous t'attendons au Manoir cet été, Olivia a hâte de rencontrer le compagnon de son frère officiellement et nous serions tous très honorés de vous accueillir. Ainsi que votre sœur, même si je pense qu'elle préférera le Manoir Malfoy.

Il sourit à la jeune femme et à son frère aux joues rougies, avant de quitter le bureau lui aussi, par le même chemin.

0o0o0

La fin de l'année scolaire arriva rapidement et les serpentards se retrouvèrent ensemble dans un compartiment, sans les griffondors pour ne pas attirer l'attention sur eux. Aujourd'hui était le jour où Kathleen, Allen, Andrea et Elijah fuyaient leurs familles. Ils ne pouvaient pas être vu avec eux pour ne pas risquer de les compromettre, mais un rendez-vous avez été donné et chacun espéraient que tout ce passerait bien.

— El, soupira Drago.

La jeune femme, assise dans les bras de son compagnon, ne répondit même pas et le jeune homme répéta son appel.

— Quoi ? fit-elle, nerveuse.

— Tu perds le contrôle, répondit le garçon.

— Quoi ?

Soupirant à nouveau, Drago repoussa les cheveux dorés et pinça doucement la peau du dessus de son épaule. Elienor loucha sur le pan de peau désigné et grimaça en constatant qu'il était couvert d'écailles.

— Désolée … souffla-t-elle.

Mais quelques minutes plus tard, alors que le fils Malfoy tentait de la tranquilliser un peu, il s'immobilisa en sentant une texture étrange sous ses doigts. Deux toutes petites plumes lui tombèrent sur les cuisses et il s'en saisit doucement pour les mettre sous le nez de sa petite amie.

— Tu veux bien te calmer, s'il te plait. Tout va bien se passer.

Elle ne prit même pas la peine de lui répondre. Drago abandonna, elle était de toute façon bien trop stressée. Le blond lui se sentait étonnamment calme, bien sûr il espérait que tout ce passe bien et que leurs camarades soient bientôt en sécurité, mais il ne pouvait s'empêcher de penser que pour la première fois depuis longtemps, il n'avait aucune crainte à rentrer au Manoir. Lucius étant loin et maitrisé, il allait peut-être enfin pouvoir passer de bonnes vacances. Elles commenceraient de toute façon bien puisque tous les serpentards avaient été invités à passer quelques jours au Manoir Prince, avant que les jumeaux et Severus ne partent en France. Théo viendrait ensuite vivre un moment chez les Malfoy, son père étant lui aussi détenu à Azkaban.

— Aksel et Eryn viennent toujours demain ? demanda-t-il pour détourner l'attention de la jeune fille.

— Oui, il a décidé d'emmener Margarethe finalement. Eryn a un frère de son âge et l'emmène également.

— Ils ne voulaient pas les laisser en sécurité sur le continent ?

— Personne n'est en sécurité, même sur le continent et ils préfèrent les avoir près d'eux. La seule famille qui reste à Margarethe est sa tante, et malgré toute sa bonne volonté elle n'est pas vraiment douée avec les enfants et souvent en déplacement. La petite est mieux avec son frère, au moins pour le moment. Lorsque les choses se compliqueront, Aksel reconsidérera la question.

— Et Eryn ?

— C'est un peu la même chose, leur mère est décédée dans leur enfance et leur père est mort en combattant les mangemorts en Allemagne. Samuel est mieux avec elle.

— J'imagine. Où vont-ils vivres en attendant que vous entriez en héritage ? s'enquit son petit ami.

— Ils avaient prévu de louer des chambres discrètement pendant un mois, mais Andromeda, en l'apprenant, à insister pour qu'ils viennent à la maison sous fidélitas avec les autres. Nous ne les verrons donc plus jusqu'au mois prochain.

— C'est pour un bien, ils seront en sécurités là-bas.

— Oui, et nous ferons en sorte qu'ils le soient dans la future maison.

— Vous vous êtes décidé finalement ? interrogea le blond en s'étirant un peu avant de plonger sa main dans le sac de bonbons de Théo.

— Ils seront tous placés sous enchantements, mais nous avons décidé avec Eiden que celle de la péninsule de Gower serait le meilleur choix. À confirmer quand nous pourrons la visiter cependant.

— Quand pensez-vous en faire le tour ?

— Dès le premier, à notre retour de France. Nous ne voulons pas mettre Andromeda dans l'embarras plus longtemps et tout le monde sera mieux installé. Ils pourront sortir dans le parc sans risquer leur vie et mettre un peu le nez dehors après un mois enfermé dans une maison moldu.

— Ouai, grimaça Drago qui ignorait comme les autres allaient faire pour rester enfermé si nombreux pendant tout ce temps, je pense que ça leur fera plaisir.

— Je pense aussi, sourit la jeune femme en se coulant à nouveau contre lui.

Le voyage se passa plutôt bien si l'on exceptait la nervosité d'Elie et la tristesse d'Eiden qui ne se remettait pas de la mort de son parrain. Il semblait qu'à Poudlard, avec tout ce qui s'était passé ensuite, il avait pu tenir cette idée éloignée de lui, mais à présent … Il se sentait terriblement coupable et aucun de ces amis ne parvenait à le réconforter. Il passa le voyage dans les bras de Blaise qui l'entourait comme s'il allait soudain lui être arraché, silencieux, et ailleurs. Quelques minutes avant d'arriver, comme ils l'avaient prévu, Kathleen, Allen, Andrea et Elijah les rejoignirent dans leur compartiment, tous désillusionné pour ne pas attirer l'attention.

— Tout c'est bien passé ? interrogea Pansy, vous n'avez pas été vu ?

— Je ne pense pas soupira, Andrea alors qu'ils revenaient tous à la normale et que Théo scellait la porte pour plus de sureté.

— Vous avez récupéré vos affaires ? interrogea Drago.

— Ouai, celles de Poudlard sont celles qu'on a pu prendre pendant les dernières vacances, expliqua Kathleen.

— Andromeda se chargera de vous fournir ce qui manque, rassura Eiden, l'air blafard, mais qui leur souriait tout de même. Mais récapitulons. Nous attendons l'arrivée du train et le signal d'Ourell, pour être sûrs qu'Arya a bien pris le portoloin et qu'elle est en sécurité. Ensuite vous partirez.

Ourell était une petite korrigane qu'Elie et lui avaient engagée lorsqu'ils étaient en vacances en France, n'ayant pas accès à ceux de la famille Grimm tant qu'ils n'avaient pas seize ans.

— Rappelez-vous que vous ne devez sous aucun prétexte sortir de la maison, intervint Elie. Le fidelitas vous protègent tant que vous êtes à l'intérieur. Père, la famille Tonks et nous même sommes au courant pour vous, mais seule Andromeda a accès à la maison. Vous ne devez donc ouvrir qu'à elle seule et personne d'autre. Vous ne pouvez pas non plus faire de magie avec votre baguette, vous vous feriez repérer. À moins que vous ne maitrisiez les sorts sans baguettes abstenez-vous et demander à Ourell pour tout ce dont vous auriez besoin. Vous pouvez avoir confiance en elle, les korrigans sont un peu différents dans leur nature des elfes de maisons, mais ils sont profondément fidèles envers le foyer qui les emploie et elle a juré de s'occuper de vous.

— Vous les trouverez sans doute bien plus divertissants que les elfes, sourit Théo avec un clin d'œil.

Les autres sourirent aussi, le jeune homme tentait de crever un peu la pression. Eiden fouilla dans son sac et en sortit pour chacun une pièce de platine aux couleurs du clan des Passeurs de Brume. Il les tendit à tout le monde.

— Prenez-en tous une et posez votre index gauche sur la face. Ceci est un objet soumis a un sortilège protéiforme lancé par Hermione, pensez à un message en le touchant et il s'affichera sur les autres pièces.

— Comme les gallions de l'AD ? interrogea curieusement Andrea qui inspectait le sien avec soin.

— Une version améliorée je dirais, répondit Eiden. Il a cette forme pour ne pas risquer de le confondre avec un autre, mais tous ceux qui n'en possèdent pas un eux-mêmes ne le verront que comme un gallion. Andromeda en possède un aussi, ainsi que notre père, donc si vous avez le moindre souci, n'hésitez pas à les contacter. Ce système-là est sûr.

— Trois de nos amis vous rejoindront demain, expliqua la blonde, ils vous expliqueront plus précisément la situation et les choix qui s'offrent à vous.

Les quatre fuyards hochèrent la tête et le train ralentit pour finalement arriver en gare.

— Nous viendrons vous chercher le deux août, rappela le fils de Severus. Il ne vous faudra tenir qu'un mois sans sortir. Je sais que cela va être difficile, mais nous n'avons pas d'autres choix.

— C'est peu payer pour ce que vous nous offrez, murmura Allen.

Le train s'immobilisa finalement et à peine quelques secondes plus tard un doux carillon retentit.

— C'est le signal d'Ourell, tout est bon du côté d'Arya, déclara Elie en leur tendant un portoloin fourni par le potionniste.

Les quatre le prirent et quand Elie finit le décompte, ils disparurent.

— Une bonne chose de faite, fit doucement Blaise.

— Oui, espérons que tout continue de se dérouler selon nos plans, soupira Pansy en se saisissant de son sac.

Ils sortirent tous avec leurs bagages sur le quai et firent un signe discret aux gryffondors, de loin, pour leur faire comprendre que le plan avait réussi sans accros et ils rejoignirent Severus et Narcissa qui les firent tous transplaner à l'Impasse du Tisseur.

— Ça a bien changé ici, remarqua Drago quand ils y furent tous. Tu t'es décidé à rénover ce trou à rats qu'une fois que tu ni vivais plus, c'est plutôt étrange.

Narcissa le reprit pour son impolitesse, mais Severus balaya les propos d'un signe de la main, il n'en avait cure.

— Officiellement je suis toujours sensé y vivre je te rappelle. Personne en dehors de vous ne connait l'existence du Manoir, pour le Seigneur des Ténèbres comme pour Dumbledore, je vis ici avec les jumeaux. Je ne pouvais donc décemment pas laisser cet endroit dans son état pitoyable, pas avec mes enfants vivant ici.

Narcissa les quitta bientôt pour ses affaires Lucius hors course elle avait énormément de choses à gérer et Severus et ses élèves gagnèrent le Manoir par cheminette. Ils profitèrent tous d'un bon repas préparer par la maternelle elfe de maison des Rogues, Olly et ils se partagèrent les quatre chambres du couloir des enfants.

Le lendemain, alors que les six adolescents avaient investi le grand salon, Severus travaillait sur ses recherches dans son bureau, au calme. Les manuscrits traduits par les jumeaux du celtique lui avaient ouvert de nouvelles possibilités concernant l'amélioration de plusieurs potions, notamment celle post-doloris et la potion tue-loup. Quelques coups sur la porte le firent quitter son ouvrage et il ouvrit à Paddy.

— Les invitées de la Maitresse et du jeune Maître sont ici, avec Madame Rose.

— Merci Paddy, je vais les accueillir. Peux-tu préparer quelques rafraichissements sur la terrasse s'il te plait ?

L'elfe s'inclina et disparut. Remettant de l'ordre dans ses papiers, le professeur se leva et passa dans le hall, attenant à son bureau. Il salua d'abord Rose, qu'il n'avait pas vue depuis quelques jours puis souhaita la bienvenue aux quatre plus jeune qui l'accompagnait. Il avait déjà rencontré Aksel et Margarethe à Combe-les-lys, mais les deux autres lui étaient inconnus. La jeune adulte qui se tenait près du danois n'était pas très grande, moins que Rose et Aksel en tout cas, elle avait ce hâle de peau que les gens qui vivent toujours dehors ont et des yeux d'ambre foncé. Ses cheveux étaient d'un beau brun, coupés courts à l'arrière, mais laissant des mèches à l'avant pour balayer son visage volontaire. Elle avait passé un bras autour d'un petit garçon de six ans qui lui ressemblait en tout point, plus pour le retenir semblait-il que pour le rassurer. L'enfant adressa d'ailleurs un sourire aveuglant au potionniste et déclara joyeusement :

— Vous sentez les baies noires !

Cela fit sourire l'adulte qui répondit :

— J'ai en effet travaillé avec tout à l'heure, il doit m'en rester encore un peu, en voulez-vous petit-homme ?

Il hocha la tête vigoureusement et sourit de plus belle. Les loups-garous raffolaient de ses baies qui semblaient également avoir un pouvoir stabilisateur sur leur nature, associer avec d'autres ingrédients, comme l'avait découvert des années auparavant Severus.

— Présente-toi, ordonna doucement la jeune fille en le poussant dans le dos.

— Samuel Lieben, Monsieur, fit poliment le garçon en tendant une main au plus vieux.

— Enchanté, je suis Severus Rogue.

— Mon grand-père parle de vous parfois, il dit que vous êtes le plus sérieux potionniste qu'il connait.

— Et bien je suis flatté, répondit l'homme, même si je n'ai pas l'honneur de connaitre votre aïeul.

Puis il se tourna vers la jeune femme qui lui tendit la main.

— Eryn Lieben, notre famille suit de très près vos travaux sur la potion Tue-loup.

— C'est ce que j'ai appris, rétorqua l'homme en coulant un regard vers Rose. Mais entrez donc, mes enfants sont dans le salon.

Les cinq nouveaux venus suivirent l'homme à travers le Manoir et pénétrèrent dans le salon. Les six adolescents étaient installés sur les sofas, autour de la table basse recouverte de parchemins et de croquis. Les voyants arriver, Eiden fit disparaitre d'un air nonchalant les parchemins, comme si ce n'était rien d'important, ce dont son père doutait sérieusement. Ils échangèrent d'ailleurs un regard que son fils s'efforçait de laisser innocent. Severus n'était pas dupe, mais il abandonna la partie, ce n'était guère le moment.

— Blaise ! Si longtemps ça faisait ! déclara Eryn qui, au vu de l'éclat de ses yeux, détournant sciemment l'attention.

— Eryn ! Je suis vraiment heureux de te voir ici !

Le basané serra la jeune femme contre lui ainsi que son petit frère :

— Comment vas-tu Sam ? Tu as l'air si grand maintenant !

— Plus que toi ? s'enquit le garçon avec un fort accent Allemand.

— Bien entendu, sourit Blaise en le soulevant haut au-dessus de lui, avant de le chatouiller sur le ventre.

— Noooonn Blaaaaise … rigoler le petit. Stop ! Stop ! Elie, au secouuuuuur !

La jeune femme le prit des mains du bistré et le ramena contre elle, l'entourant de ses bras.

— Non tu m'étouffes ! plaida l'enfant qui riait toujours.

— Comment ? fit Elie en resserrant encore son étreinte. Je te sauve !

— Noooooon.

Les rires de l'enfant retentissaient dans la grande pièce, faisant sourire les autres. Elie finit par lâcher le garçon qui s'accrocha aux jambes d'une Pansy stupéfaite.

— Belle Dame vous voulez bien m'aider ? s'enquit Samuel.

— Euh oui, accorda la serpentard en clignant des yeux.

— Chouette !

Il drapa le bras fin de Pansy autour de ses épaules et ne bougea plus.

— Désolée, fit sa sœur en riant doucement, il n'a jamais été très timide.

— C'est un euphémisme, sourit Pansy en passant une main dans les cheveux bruns du petit garçon.

Qu'est ce que Sammy fait ? interrogea Margarethe.

L'imbécile, répondit doucement Rose.

Il le fait souvent, opina gravement la petite, puis elle se tourna vers Elie. Je peux avoir un câlin moi aussi ?

Bien sûr !

L'enfant sauta dans ses bras puis son regard tomba sur Drago.

Celui-ci sent ton odeur et tu as la sienne sur toi. Est-il ton compagnon ?

Oui, il s'appelle Drago.

Margarethe tendit une main vers le jeune homme, tout proche, et caressa sa joue en l'inspectant sérieusement.

Il est beau, il sent bon et il a l'air gentil.

Gentil ? rigola Eiden qui n'avait rien perdu du manège.

Il est bon.

Bon ? interrogea le brun.

Elle dit simplement que son instinct lui dit qu'il est ok, qu'elle ne risque rien.

L'enfant avait retiré sa main de Drago et s'était à nouveau blotti contre Elie. Le blond la regarda d'un air un peu perdu, les enfants métisses étaient si étranges.

— Elle t'aime bien, déclara Blaise en anglais, un peu amusé. Elle trouve que tu es beau et que tu sens bon.

— Oh … ne put que répondre l'autre. Alors je suppose que c'est bien …

— Je suis Eryn, la sœur de ce petit monstre, déclara la jeune loup-garou. Lui c'est Samuel.

— Et je suis Aksel et voici ma sœur Margarethe, veuillez lui pardonner elle ne cesse de coller Elie depuis que ses pouvoirs d'alpha se sont révélés. Elle se sent en sécurité avec elle, ça la rassure et l'attire comme un papillon une flamme.

— C'est tout à fait compréhensible, déclara à mi-voix Théo qui contemplait l'enfant d'un air quasi scientifique.

Les anglais se présentèrent chacun leur tour et tous s'installèrent sur la terrasse pour profiter un peu du début de l'été anglais. L'endroit était construit sur pilotis, dominant l'étang et apportant une fraicheur bienfaitrice. Des fleurs grimpantes tombaient du plafond pour parachever ce tableau idyllique. Une heure passa et les adultes se retirèrent pour les laisser deviser en paix, ils avaient leurs propres affaires à mener.

— Argion est revenu les serres vides, fit tranquillement Aksel, les yeux rivés sur les deux enfants qui jouaient avec les serpents d'Elie et Eiden un peu plus loin, près de l'eau.

— Tu en doutais ? fit sarcastiquement Elie.

— Toutes ses années d'amitiés m'ont appris que tu pouvais te montrer détestablement obtus El, et cela ne m'aurait pas étonné outre mesure que tu refuses cet héritage d'un bloc.

— Elle a essayé au début, lui apprit Eiden, mais elle s'est assez vite rendue. Je dois avouer que j'en suis encore surpris qu'elle l'ait acceptée si vite, elle a même accordé la marque à nos camarades.

— Oh ! Quelle surprise ! ricana Aksel.

— Merci de ton soutien cher frère, gronda la blonde.

— Voyons El, n'en veux pas à Eiden, il souligne simplement que tu as une grande propension à te construire un manoir sur les rives du déni.

— C'est joliment dit, souligna Pansy, et tellement vrai par ailleurs …

— Tous des traitres ! cracha la blonde.

— Au moins tu n'es pas un chef despotique, sourit Eryn assise près de Théo. Tu leur laisses leur libre arbitre.

— C'est une chose qui peut encore changer.

Les autres ne firent qu'éclater de rire et Elie enterra son nez contre le torse de son compagnon qui referma immédiatement ses bras autour d'elle.

— Pourquoi suis-je ami avec ces gens déjà ?

— Parce que tu as bon cœur ? proposa Drago, amusé lui aussi.

— Ça reste à voir.

Drago embrassa ses cheveux avec un sourire. Contrairement à ce que tous avaient cru, il n'avait pas fait montre d'une jalousie excessive envers le jeune danois. Il était beau, cela ne pouvait se discuter, même magnifique, plus encore qu'Anton et Lysandre à son avis, mais il n'en éprouvait aucune jalousie. Il avait enfin compris que les métis au moins n'allaient pas tenter de briser son couple, c'était contre leurs croyances. Le jeune homme bascula sa main contre la joue de sa compagne et ils échangèrent un baiser tendre et amoureux.

— Bien que je vous accorde que vous êtes très mignon tous les deux, nous avons quelques petites choses à régler, les interrompit le danois, l'œil gentiment moqueur.

— Silence Aksel, où je vais reconsidérer ma décision en rapport à ta petite personne, répliqua Elie en se séparant de son petit ami.

— Et quelle est cette décision ? s'enquit le jeune homme.

— De te nommer Omega.

Le jeune homme en face n'eut même pas la grâce de paraitre surpris, même s'il l'était en réalité.

— Ce serait un honneur, déclara-t-il, le visage parfaitement maitrisé, et je suis touché que tu m'en penses digne.

— Je le pense, répondit Elie, Anton t'a surement déjà parlé de son statut et de celui de Blaise, ici présent.

— Il l'a fait, acquiesça le jeune homme. Un très bon choix.

— Tu ne me connais pas, intervint le basané calmement, sans animosité, simplement constatant.

— Non en effet, pas personnellement en tout cas. Mais j'ai entendu parler de toi, par Eryn, Lysandre et Ravena notamment, mais ailleurs aussi. Je connais ta mère de vue et j'ai un bon instinct. Mais surtout je fais confiance à Elie.

— C'est une bonne chose dans ta nouvelle position de lui faire confiance, sourit Eryn. Elle sortit ensuite de sa poche le même bracelet que celui envoyé par Aksel, seul le blason changeait.

— Je me battrai pour le clan, souligna Elie en prenant entre ses doigts la médaille.

— Il me semble que ma présence éclaire plutôt ce propos. Je ne pouvais rester inactive là-bas.

— Les chefs de clans ont pourtant décidé de traquer chaque mangemorts qui poserait le pied sur le continent. Tu aurais pu te battre là-bas.

— Ils l'ont fait, mais mordre deux trois imbéciles de temps en temps qui aurait la stupidité de s'approcher des terres des clans ne me suffit pas.

— Qu'en pense ton oncle ?

— Mon oncle pense que je suis une soldate et que j'offre mes crocs à qui je le veux, sourit sauvagement la jeune femme.

— Tu quitterais ton clan, celui où tu es née, celui de ta famille ?

— Le temps de la guerre au moins oui, mais tu le sais parfaitement.

— En effet.

— Et puis il ne faut pas oublier qu'un clan tel que le tien nous donne l'occasion de faire nos preuves, bien plus qu'un vieux clan établi depuis des siècles.

— En somme tout ceci n'est que du profit, plaisanta Elie.

— Tout à fait ! s'exclama joyeusement Aksel. Mais passons aux choses sérieuses, déclara-t-il en tendant sa main gauche vers Elie. Moi, Aksel Jens Mads Van Ernz Lens, fils de Jens Van Ernz et Dorete Lens me place sous l'autorité d'Elienor Sarah Rogue-Grimm, fille de Severus Tobias Rogue et Lily Violette Grimm Clairbois et jure respect et assistance à mes frères, à mon clan et obéissance à la loi.

— Moi Elienor Sarah Rogue-Grimm, fille de Severus Tobias Rogue et Lily Violette Grimm Clairbois, chef et Alpha du clan des Passeurs de brume, accepte Aksel Jens Mads Van Ernz Lens, fils de Jens Van Ernz et Dorete Lens et lui promet l'assistance du clan pour lui et les siens.

Une lueur or nimba leurs mains liées et la nouvelle marque naquit sur le poignet du jeune homme, mais la blonde ne le lâcha pas pour autant.

— Aksel acceptes-tu la responsabilité que je place sur tes épaules ?

— Je l'accepte.

Il eut une seconde lumière puis la rune de l'Omega sur la poitrine d'Aksel puis les deux jeunes gens se lâchèrent.

— Pourquoi ça ne s'est pas passé comme cela pour nous ? interrogea Pansy.

— Par ce que tout ceci n'est que du décorum, ce n'est pas utile. Mais Aksel est si friand des grands usages … se moqua gentiment Elie.

— J'aime les traditions, il n'y a pas de mal à cela, riposta l'autre.

— Non en effet, mais c'est agréable parfois de faire juste simplement les choses, répondit Eryn en effectuant à son tour le rituel, beaucoup plus simplement.

— Vous êtes sûr pour Sam et Greta ? interrogea la blonde.

Une nouvelle fois les deux métis lui assurèrent que oui et Elie apposa la marque aux deux enfants.

— Est-ce qu'on n'a plus le droit de te faire des câlins maintenant ? questionna naïvement le petit brun.

— Pourquoi n'aurais-tu plus le droit ? s'enquit Elie.

— Bah parce que tu es notre alpha maintenant et tout alors … fit tout tristement l'enfant, Saffi drapé autour du cou comme une étrange écharpe.

— Viens là, Sammy.

L'enfant s'exécuta et Elie l'attrapa adroitement.

— J'ignore comment cela se passait au clan de l'Øresund, mais ici tu peux faire des câlins à qui tu veux tant que nous ne sommes pas en célébrations officielles.

— Vrai ?! s'enquit l'enfant, soudain plus joyeux.

— Bien sûr, d'ailleurs tu pourras en faire un énorme à mon bêta, Anton, lorsque tu le verras, je suis certaine qu'il appréciera.

Le petit était de nouveau tout sourire, et pour lui prouver que rien de ceci n'était des mensonges, Aksel l'attrapa vivement et chahuta un moment, feignant de le lancer dans l'étang.

— Je sens que les choses vont être très différentes ici, déclara Eryn en regardant son frère hilare. Mais c'est une bonne chose.

Ils restèrent encore un peu, mais finirent par rejoindre la maison sous fidelitas d'Andromeda eux aussi, chargés par Eiden de leur expliquer toute la situation notamment leur véritable sang et comment les choses allaient se dérouler ensuite.

Le soir fut plutôt calme et chacun alla se coucher assez tôt. Eiden retrouva avec délice son grand lit à baldaquin et attendit patiemment Blaise qui terminait de se doucher. Il essayait de ne pas sombrer dans les pensées moroses, mais il ne put s'en empêcher et son compagnon le remarqua dès qu'il revint dans la chambre.

— Que ce passe-t-il ?

— Rien je … des mauvaises pensées.

— À propos ? insista le basané en s'étendant à ses côtés.

— De Sirius, de Voldemort, de la guerre.

Les bras forts de Blaise l'entourèrent et le collèrent à son torse chaud, rassurant.

— Je m'inquiète pour Elie, murmura le fils de Severus.

— Pourquoi cela ?

— À cause de ce qui lui tombe dessus, à cause de la guerre, du clan et du reste.

Blaise caressa le dos de son petit ami, tentant de le rassurer un peu. Mais Eiden restait tendu dans ses bras et il savait qu'il était encore plongé dans ses noires pensées.

— Elle est très nerveuse à propos des renégats. Elle était si paniquée pour eux dans le train, ça inondait notre lien.

— Elle avait simplement peur que les choses se passent mal, on parle de la vie de cinq personnes, c'est normal qu'elle le soit.

— Ce n'est pas à elle de gérer cela toute seule.

— Non tu as raison, mais c'est ce qu'elle ne peut s'empêcher de penser, à cause de son nouveau statut.

— Elle pense qu'elle ne sera pas à la hauteur.

Blaise ne sut quoi répondre. Il continua gentiment ses caresses sur le corps fin de l'autre jeune homme.

— Je n'ai rien fait pour l'aider, murmura-t-il.

— Tu as tes propres soucis Den.

— Ce n'est pas une raison pour la laisser seule face à cela.

— C'est difficile pour vous deux.

— Je sais, c'est tout la le problème, souffla Eiden, c'est difficile pour chacun d'entre nous et nous nous soucions trop de la bonne santé de l'autre pour en faire par à l'autre. Ce qui ne nous empêche pas de le sentir chacun par le lien, bref une situation triste et un peu ridicule je dois bien l'avouer.

— Parle-lui, fit Blaise. Vous ne pouvez pas rester ainsi, cela vous fait du mal à tous les deux.

— Je le ferais, assura l'autre.

Le basané fit glisser ses lèvres sur sa tempe jusqu'à mordiller son oreille, profitant d'un temps à deux. Cela faisait si longtemps. Les longues mains d'Eiden se saisirent de son visage et placèrent leurs bouches l'un en face de l'autre avant de la prendre tendrement.

— Je t'aime Blaise, chuchota-t-il tout contre son visage.

— Moi aussi Eiden, tellement.

Leurs langues se rencontrèrent et engagèrent un lent ballet, dégustant l'autre comme s'il était le plus merveilleux des nectars. Blaise écrasait délicieusement son compagnon qui appréciait le poids réconfortant de son amant sur lui.

— Tu me veux bien me faire l'amour s'il te plait ? murmura-t-il.

Il semblait tellement fragile et mal en ce moment que le basané sentit son cœur se serrer douloureusement.

— Bien sûr mon cœur, si c'est ce que tu veux, fit-il doucement.

— Ce que je veux, c'est te sentir en moi, que tu me prennes complètement et que je ne pense plus qu'à toi.

Blaise écarta une mèche sombre échappée du catogan et embrassa son front. Eiden caressa doucement la peau au-dessus de son cœur, puis ses pectoraux, ses cotes, ses abdominaux, ses flancs puis ses reins, l'enflammant lentement. Ils s'effeuillèrent en prenant tout leur temps, après tout, ils avaient toute la nuit.

— Tu es tellement beau, souffla le bistré contre la peau douce de son petit ami enfin de le mettre totalement nu.

— Tu l'es, répondit-il sur le même ton.

Blaise mordit doucement le cou pâle, lui tirant un soupire de plaisir. Ses doigts descendirent lentement le long du corps mince et s'enroulèrent autour de son membre déjà dur, pour le caresser. Eiden arqua les reins délicieusement, aggravant le toucher et offrant son corps à la vue gourmande de son petit ami.

— Blaise s'il te plait … encore.

Continuant sa caresse, le bistré commença à le préparer précautionneusement, ne voulant surtout pas causer de douleurs à Eiden. Il avait un peu dépassé sa peur de lui faire mal durant leurs ébats, mais il ne voulait surtout pas qu'il se sente en mal ce soir, pas en plus de tout le reste. Cette nuit devait simplement être du désir, de la passion et de l'amour. Effleurant sa prostate qu'il trouvait maintenant facilement, il fit arquer à nouveau l'autre jeune homme qui laissa échapper un long sifflement.

§ Encore ! §

Comme à chaque fois l'usage du fourchelang électrisa le métis qui ajouta un doigt tout en s'appliquant à frapper à chaque fois ce point merveilleux qui faisait décoller son compagnon.

§ Plus … §

Quatre doigts étaient à présent à l'intérieur du corps d'Eiden et Blaise était à présent assuré de ne pas lui faire de mal quand il entrerait en lui. Il les ôta donc, coupant court au petit gémissement de déception de l'autre garçon en prenant ces lèvres amoureusement.

— Vas y maintenant caru, soupira le brun, je t'en prie.

Le basané ne se fit pas prier plus longtemps et se glissa dans le fourreau de chaire d'un seul mouvement ample lent.

— Oh Salazar je t'aime Eiden, fit le jeune homme, complètement fiché en lui. Je t'aime, je t'aime, je t'aime …

Le fils Rogue gémit une réponse incompréhensible et cria lorsque l'autre se mut et frappa à nouveau sa prostate. Il referma sa main sur la nuque de Blaise et flatta ses fesses rondes de l'autre, accompagnant son mouvement, l'encourageant.

— Viens plus près amour, je veux te sentir complètement, murmura Eiden après un nouvel assaut.

Son amant s'allongea alors sur lui, le dominant complètement de son corps ferme et musclé, il ne pouvait plus aller aussi vite dans cette position, alors il mit plus d'ampleur dans ses coups de reins qui se furent plus lent, mais plus profond, arrachant des cris de plaisir à Eiden à chaque fois qu'il entrait en lui. Ils continuèrent ainsi plusieurs minutes puis virent ensemble, l'orgasme les laissant pantelants et frémissant dans les bras l'un de l'autre. Récupérant ses esprits, Blaise voulut se retirer de l'intimité de son compagnon et se décaler, mais celui-ci le retint en rougissant.

— Reste s'il te plait.

Pour toute réponse le basané l'embrassa doucement et Eiden l'entoura de ses bras avant de s'endormir.

Le soleil les réveilla très tôt le lendemain et ils en profitèrent pour se câliner un moment avant de décider de lever pour manger un morceau, puisqu'ils étaient levés. Ils se glissèrent hors des appartements d'Eiden silencieusement et traversèrent le grand salon pour gagner les cuisines.

— Drago ? fit Blaise, surpris en voyant le jeune homme.

Le blond était plutôt matinal, mais là il était vraiment tôt, le soleil n'était même pas encore levé.

— Un problème ? interrogea Eiden en voyant son teint pâle et son air fatigué.

— Mauvaies nuit, murmura seulement l'autre.

— Enor va bien ? continua le brun.

— C'est elle qui a passé une mauvaise nuit, grimaça le garçon en prenant le plateau qu'avait préparé Olly.

— Où est-elle ?

— Au petit salon, avec Severus.

Ils passèrent tous dans l'autre pièce ou Elie était blotti contre son père, qui lui caressait les cheveux doucement. Rose mélangeait quelques petites choses dans une tisanière de porcelaine, elle voulut le tendre à la jeune femme, mais celle-ci ne se sépara pas de son père.

— Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

— Cauchemars, fit simplement Rose à voix basse.

— Elie s'il te plait, boit ça.

La jeune fille s'accrocha simplement un peu plus au potionniste et ne leva pas la tête.

— Tu as été les chercher ? demanda Eiden à au fils Malfoy en désignant les deux adultes du menton.

— Pas eu besoin, répondit l'autre.

— Il y a des sortilèges sur les chambres des enfants, qui préviennent la suite parentale en cas de problème.

— Oh … d'accord, fit Eiden avant de s'approcher de sa sœur. Caressant sa tête doucement, il lui murmura des choses à l'oreille, suffisante apparemment pour qu'elle prenne la décoction et se calme un peu. Il s'assit ensuite à ses côtés, mal à l'aise à l'idée de ne pas l'avoir aidé à traverser cela. S'ils avaient parlé avant …

§ De quoi as-tu rêvé ? §

§ De là-bas §

Son frère savait parfaitement ce que signifiait ce ''là-bas''. ''Là-bas'' était avec ce mangemort, l'été dernier, avant la révélation de leur identité.

§ Pourquoi maintenant ? §

§ Parce qu'il était là. § siffla Elie, cachant toujours son visage dans la poitrine nue de son père, dissimulée par ses cheveux.

§, Mais pourquoi n'as-tu rien dit ? § demanda son frère en plongeant ses doigts dans la soie blonde.

§ Et si c'était le père de Théo, ou pire Lucius ? §

Eiden avait envie de vomir, si jamais c'était Darius, ce serait terrible, pour Elie comme pour Théo, mais si c'était Lucius … Lucius qui ressemblait tellement à Drago, cela serait véritablement insoutenable.

§ Ne dit rien, à personne à part Blaise §

§, Mais Père … § commença Eiden.

§ N'as pas besoin de savoir que c'est ceux qu'il côtoie le plus qui on fait cela, rétorqua Elie, il est plus facile pour lui de croire que ce n'est qu'un petit mangemort étranger à la recherche d'un peu de prestige. §

§ Si c'est Lucius … § commença le garçon.

§ Je ne veux pas en parler ! § coupa sa sœur et l'autre n'insista pas. Il la laissa se reprendre, expliquant succinctement la situation aux autres, avouant simplement que l'épisode du Ministère lui avait remis en tête sa captivité sans en dire plus. Rose fit venir à Severus une chemise pour qu'il ne prenne pas froid et ils mangèrent le petit déjeuner précoce dans le calme, jusqu'à ce qu'Eiden s'immobilise, la cuillère à quelques centimètres de sa bouche. Il leva un œil vers son père et l'interrogea :

— Tu dis que ces sortilèges, ils retentissent dans la suite parentale ?

— Hum, fit Severus en buvant son thé tout en promenant sa main sur le dos de sa fille toujours installée contre lui.

— La question que je me pose, c'est comment Rose a pu les entendre, puisque, a priori, elle ne dormait pas dans la suite parentale.

— J'ai pu la prévenir, répondit tranquillement l'homme sans réagir aucunement.

— Tu aurais pu en effet, reprit l'adolescent sans se démonter.

Les joues de la femme aux cheveux de feu s'ornèrent de rouge et elle baissa pudiquement les yeux, gênée. Ce qui fit sourire Eiden, Blaise tourna poliment le regard tandis que Drago souriait d'un air un peu moqueur. Même Elie avait légèrement décalé la tête du torse de son père pour jeter un œil à sa tutrice. Severus quant à lui n'avait pas du tout l'air touché par la situation, continuant de tenir sa fille près de lui. Il se saisit nonchalamment d'un petit pain brioché fourré au chocolat et le rompit en deux avant d'en fourrer un morceau dans la main de sa fille.

— Vous vous êtes enfin décidé alors ? s'enquit négligemment le fils Rogue.

— Il semblerait.

La rougeur de la française s'accrut encore même si le potionniste lui ne se départit pas de sa neutralité.

— C'est un problème ? interrogea Rose, un peu inquiète.

— Pas le moins du monde, assura le garçon, en vérité ce n'est pas vraiment une surprise nous attendions juste l'officialisation.

Aucun des adultes ne répondit et c'est Elie qui le fit, d'une toute petite voix.

— Moi je trouve ça bien.

— Je trouve ça bien aussi, approuva son frère.

Suite à cette conversation, Rose et Severus se permirent plus de liberté dans leur relation, même si rien ne changeait fondamentalement. Ils n'étaient pas un couple très démonstratif. Cependant ils échangeaient souvent des sourires et des petites caresses discrètes, mais rien de plus. Ce qui ne manqua d'interroger Pansy, le lendemain de la révélation.

— Ils ne sont pas vraiment comme vous, dit-elle.

— Comment comme-nous ? interrogea Blaise qui lisait l'un des nombreux livres de la bibliothèque Prince.

— Comme ça, fit la jeune femme en montrant d'un signe de tête en direction de Drago et Elie, installés l'un contre l'autre dans un fauteuil qui lisait le même livre, la main du blond caressant distraitement la cuisse de l'adolescente.

— Moi je dirais qu'ils sont plutôt comme cela justement, tranquilles et sans ostentation, rétorqua Théo qui recopiait de vieux sortilèges en latin sur un morceau de parchemin.

— Eid et toi vous êtes tout le temps ensemble, vous vous touchez tout le temps, vous embrassez dès qu'on a le dos tourné.

— On est plus jeune, expliqua le basané, pas encore liés mais surtout Eid est mon compagnon, ceux de Severus et Rose sont morts, ce n'est pas la même chose. Ça ne sera jamais un amour passionné.

— C'est assez triste, déclara la brune.

— Perdre ceux qu'on aime est triste, pas retrouver quelqu'un pour panser nos blessures, fit sagement le bistré.

Son compagnon revint sur ses entrefaites, un peu gêné et nerveux, et se planta devant sa sœur :

— On peut parler El ?

La blonde releva les yeux vers lui, surprise par sa mine.

— Oui bien sûr.

Elle se leva, prit sa main et l'entraina dehors pour qu'ils parlent tranquillement. Ils en profitèrent pour plonger leurs pieds dans l'étang, profitant de sa fraicheur bienfaisante.

— Je suis désolé.

La voix d'Eiden était hésitante

— Désolé de quoi Den, tu n'as rien fait de mal.

— Je sentais que tu n'étais pas bien et je n'ai rien fait.

Elie soupira et appuya son épaule contre la sienne.

— Tu avais tes propres problèmes, c'est … une période un peu morose pour nous deux.

— Je n'aime pas être loin de toi, murmura le jeune homme.

— Je suis là, on passe moins de temps ensemble, mais je suis là, souffla Elie en caressant son bras.

— Non c'est faux. Tu n'es pas là et moi non plus. Tu joues à la fille assurée, mais tu es morte de peur et moi j'ai même renoncé à faire semblant. On n'est pas là ni toi ni moi.

— C'est tout à fait normal que Sirius te manque.

— Il me manque, horriblement, mais toi aussi. J'ai le sentiment que l'on n'a rien partagé depuis cette nuit-là.

Il laissa courir ses doigts sur la joue pâle, amenant les yeux de la jeune femme dans les siens.

— Est-ce que tu m'en veux ?

— Pourquoi ?

— Pour tout, pour le Ministère, pour la torture de Drago, pour le clan … Si jamais tout ceci te tombe dessus c'est de ma faute …

Elie posa sa tête sur son épaule et soupira avant de déclarer :

— On en a déjà parlé Den, rien n'est de ta faute, ni le clan, ni le Ministère, ni Drago.

— C'est ton compagnon, c'est naturel que tu m'en veuilles, il a été grièvement blessé à cause de moi.

— Je ne t'en veux pas, et lui non plus. J'en veux aux mangemorts et à leur maitre.

Il ne sembla pas réagir, elle le poussa légèrement.

— Cette idée ne m'a pas effleuré un seul instant. Et je peux te promettre qu'il en de même pour Drago.

— Il devrait pourtant, et tu devrais aussi.

— Sottises ! rit-elle, se qui détendit un peu l'atmosphère.

Ils passèrent un petit moment silencieux puis Eiden dit doucement :

— Tu as peur, je le sens. Tu as peur de ne pas être à la hauteur de cette tâche.

— En effet, cela semble une évidence pour tout le monde, mais pas pour moi. Elle grimaça en coinçant une mèche derrière son oreille. Ce n'est pas comme cela que j'imaginai ma vie de jeune adulte …

— Qu'imaginais-tu ?

— Je voulais parcourir le monde, découvrir des choses, pratiquer et apprendre la magie. Je voulais être libre …

— Et tu ne l'es plus maintenant …

— Non …

— On n'a pas vraiment de chance à ce niveau, la prophétie et cet héritage, sourit tristement Eiden.

— Une fois tout cela finit on s'installe à la campagne et on vit nos petites vies tranquillement.

— Tu abandonnerais le clan ?

Elle soupira.

— Non, j'ai pris des engagements, des gens me font confiance, je ferais ce que je peux pour eux, même si ce n'est pas ce que j'avais prévu.

— Tu sais, fit Eiden en passant son bras autour de la taille mince d'Elie, je n'ai aucun doute quant à ta légitimité et ta capacité à gérer ces nouvelles responsabilités. Je crois en toi et je ne suis pas le seul.

— Je crois en toi aussi, souffla-t-elle.

— Je suis tellement heureux que tu sois à mes côtés, avoua-t-il en posant sa tête contre la sienne.

Un baiser sur la tempe lui répondit. Et soudain il éclata de rire.

— On a doublé Dumbledore, fit Eiden d'un air très satisfait.

— On dirait bien, sourit Elie. Et ça continuera.