N.D.A :

Bonsoir,

Voici le 19ème chapitre, en espérant qu'il vous plaira, il est plus calme et plus court que les autres, un chapitre de transition en somme. Le prochain sera publier le 9 septembre.

Une prochaine fiction sera aussi posté à l'automne, se serra un drarry, dans un style totalement différent, mais je vous en reparlerai prochainement.

Merci aux visiteurs furtifs ou non.

Bonne lecture

Elishae


mamy 83 : Heureuse de lire qu'il vous plait, merci pour le commentaire.

Stormtrooper2 : Très long chapitre en effet, mais nécessaire pour poser les bases de la suite. Il y aura plus d'informations concernant Rose et Severus dans ce chapitre. Merci pour le commentaire.

Adenoide : En effet Eiden et Elie s'organisent petit à petit et la relation entre Rose et Severus se concrétise, enfin ! Pour Lucius et Darius, effectivement c'est l'un des deux. Je ne le dévoilerai pas tout de suite cependant, il faudra patienter encore un peu, même si en réalité, on peut déjà le deviner grâce aux indices laissés dans les chapitres précédents.

Cyril : Le voici ! Désolée mais je ne peux pas répondre avant sans que la personne soit connecté, à moins de me donner une adresse mail.


Chapitre 19 : Muredda

La première chose qu'Eiden perçut fut l'odeur, cette fragrance odorante et iodée qui emplit délicieusement ces poumons. Ensuite se fut la lumière, forte, et la chaleur, bien plus importante qu'en Angleterre. Il vacilla, mais les mains de Rose le protégèrent d'une chute imminente. Il détestait vraiment les transports magiques. Le magnifique sourire que lui fit Morwen l'accueillit lorsqu'il releva la tête et il en oublia cette arrivée chaotique.

— Bienvenu à Muredda, fit la femme en le serrant contre elle.

— Merci de m'accueillir, souffla le garçon.

— Tu es chez toi ici Eiden, nouvelle marque ou pas.

Il savait que Morwen soutenait à fond Elie dans son nouveau rôle et qu'elle ne prenait pas du tout ombrage de leur changement de clan instinctif, mais il ne s'attendait pas à ce qu'elle renouvelle ces vœux d'accueil dès son arrivée. La femme s'écarta et il vit Elie dans les bras d'un jeune homme à la peau hâlée qui ressemblait beaucoup à Ravena et qui lui souriait fraternellement. Le garçon se tourna ensuite vers Eiden et lui offrit une accolade chaleureuse :

— Bonjour, je suis Ange Venturi, le frère de Ravena et le fils d'Orsu et Morwen.

— Enchanté je suis Eiden.

— Je sais qui tu es, répondit le jeune homme avec un clin d'œil, ma mère ne fait que parler de toi et Vena et mon père on put également en glisser quelques mots, ainsi que Rose bien entendu.

Il avait les mêmes yeux et les mêmes cheveux noirs que sa sœur, un peu ébouriffée par le vent, mais sa peau était hâlé et ses traits plus marqués, à l'image de son père. Il était cependant plus fin et bien qu'à peine plus grand que son géniteur. Il semblait également plus ouvert, il salua chaleureusement Severus et échangea un regard amusé avec Elie en constatant l'odeur de Rose sur lui. Il ne fit cependant pas de commentaire, se contentant d'un sourire entendu pour la rousse lorsqu'il l'embrassa pour la saluer.

— Le village est plus loin, suis moi, encouragea Ange.

Ils avaient atterri en haut d'une falaise, au-dessus de la mer. Un petit sentier de terre menait plus bas, en direction du village et de la plage.

— On ne peut pas transplaner sur l'île, à part à cet endroit, pour la sécurité de notre peuple, expliqua Morwen.

Eiden acquiesça, c'était logique.

— L'endroit est un peu différent de ce qui tu as pu connaitre, continua la femme d'Orsu, semblant inquiète qu'il se sente bien. Mais je pense que tu vas t'y plaire. Elie t'a surement parlé de l'ile ?

— Oui un peu, mais elle voulait aussi me laisser découvrir. Il posa sa main sur le bras de Morwen. Je suis sûr que je vais être parfaitement bien ici.

Elle passa une main dans ses cheveux et lui adressa un sourire éblouissant.

— Tu es un bon garçon !

Sur les bords du sentier poussaient tout un tas de plantes odorantes et de fleurs qui fleurait bon le maquis. Eiden s'emplit les poumons de cette odeur vivifiante et tiqua en en reconnaissant une en particulier, familière. Morwen ne manqua pas sa réaction et cueillit une longue tige chargée de petites fleurs jaunes avant de la tendre au garçon qui la reconnut en la reniflant.

— Qu'est-ce ? Ça sent Elie.

— De l'immortelle, on en glissait des sachets sous son oreiller lorsqu'elle était petite, cela l'apaisait. Elle a gardé cette habitude.

— Ça me rassure, intervint la jeune fille qui parlait avec Ange, ça me rappelle de bons souvenirs.

— Je peux l'imaginer, souffla Eiden en observant le paysage.

Après quelques minutes ils atteignirent les premières maisons, toutes construites en pierre et en tuiles ocre et rouges. De nombreuses plantes les ornaient, grimpantes, pendantes, en jardinières ou en buissons. Les demeures ne comptaient qu'un seul étage, voir moins et de petits balcons s'ouvraient sur l'extérieur, joyeusement fleurit. Mais ce qui choqua le plus Eiden était les cactus, parfois immenses qui ponctuaient le chemin.

— Où sommes-nous ? demanda le garçon.

— En France, la côte que tu vois là-bas c'est le nord de la Corse et le Cap par ici, expliqua Morwen.

— Il y a des moldus sur l'île ?

— Sur l'île principale, la Corse oui, mais sur celle-ci non. La magie de ceux du clan la dissimule à leurs yeux et également en partie aux sorciers non astu. Il y a de nombreuses créatures magiques ici, des sombrals comme à Poudlard et tu pourrais même croiser des dragons … termina la femme avec un sourire.

— Des dragons ?! s'exclama le jeune homme, sa dernière rencontre avec l'un d'eux bien ancrée dans sa mémoire.

— Oui, deux races : des Dragons des sables et d'autres que nous nommons les Nicheurs, mais ne t'en fait pas, l'un comme l'autre fuis les êtres humains et ne représente pas de véritable danger pour nous. Ils sont bien plus petits que les autres spécimens et bien moins colériques.

— Je croyais que les réserves étaient toujours installées loin de lieux de vies ?

— Ce sont des races endémiques, ils étaient là avant nous et en tant que lieu magique, éloigné du monde moldu, nous nous devons, comme Poudlard d'être un refuge pour les créatures magiques de toutes sortes. C'est important pour nous de leur offrir un environnement sûr et leur présence renforce nos barrières magiques.

— Je ne savais pas que cela le pouvait … songea le fils de Severus.

— La magie coule dans les veines de chacun des êtres de notre monde, une telle concentration ne peut que nourrir nos sortilèges.

Morwen les mena à travers le village, jusqu'à une maison que rien ne différentiait des autres et elle les invita à entrer. Une jeune fille d'environ dix ans faisait des pâtisseries tout en babillant avec une korrigane aux cheveux sombres tandis que Ravena les écoutait distraitement, assise sur la fenêtre, un livre à la main. Elles relevèrent toutes la tête à leur entrée.

— Hey des anglais ! rit Vena en venant saluer les nouveaux venus.

— À moitié seulement, sourit Elie en réponse.

La petite fut plus timide et il fallut l'encouragement de sa sœur pour qu'elle se décide à approcher et à embrasser timidement Eiden. Ainsi il fit la connaissance de Carla, la plus jeune fille de Morwen, qui entrait à Beauxbâtons à la fin de l'été. Comme Ange, elle était métisse d'elfe et de métamorphe, les changeurs de peaux étaient rares, seul Ravena avait hérité du gène d'Orsu. Elle semblait être une enfant joyeuse, ses grands yeux clairs brillaient toujours lorsqu'elle parlait et son rire résonnait souvent, elle était intimidée par Severus, qui ne le serait pas, mais très contente de rencontrer Eiden, dont on lui avait souvent parlé. Les anglais restèrent encore un moment puis Rose les invita à gagner sa maison à elle, ici au Clan, pour déposer leurs affaires et s'installer. La demeure se trouvait un peu plus loin, tout près de la plage. La grande terrasse ombragée donnait d'ailleurs sur la mer, calme en cette journée et l'on apercevait au loin les côtes moldus de l'île principale. Rose leur avait indiqué qu'Orsu voulait leur souhaiter officiellement la bienvenue, mais qu'il était pour le moment retenu en réunion du clan, les quatre nouveaux venus en profitèrent donc pour se détendre sur la terrasse, dans le petit salon de jardin de bois tressé. Eiden et Elie avaient investi avec délice la balancelle ornée de gaze et garnie de moelleux coussins. Ils profitèrent pendant un long moment de la simple proximité de l'autre, la jeune femme à demi appuyée contre le torse de son frère, le bras de celui-ci entourant la taille mince de l'adolescente. Ils entendaient sans comprendre le ronronnement de la conversation de Rose et Severus, assis en face. Le sommeil commençait sérieusement à prendre Eiden lors que son père l'interpella :

— Pardon, murmura-t-il, encore dans les limbes.

— Je disais que j'avais reçut il y à peu de temps des nouvelles intéressantes de Narcissa, répéta l'homme.

— Ah oui, fit le garçon d'une voix pâteuse.

— Oui, confirma Severus avec un sourire un peu moqueur, bien que teinté de tendresse. Elle m'a dit avoir reçu au Manoir Jack Harper, qui a, si mes souvenirs sont bons, quitter l'école il ya quatre ans et qui n'a jamais vraiment côtoyé Drago.

Eiden haussa les épaules, ne voyant pas où l'autre voulait en venir.

— Il n'est pas venu seul, Félicia Malkin était avec lui, une élève de Serdaigle qui ne portait guère les Malfoy dans son cœur, étrange qu'elle se soit présentée à leur Manoir tu ne trouves pas ?

— Je ne comprends guère comment fonctionne l'aristocratie anglaise … déclara seulement son fils en bâillant.

Severus lui adressa un regard sévère, ainsi qu'à sa fille qui laissa couler.

— Je sais de source sûre que les Mangemorts ont approché ses deux jeunes gens et qu'ils ont tenté de gagner du temps, ne voulant pas rejoindre les rangs. Alors que feraient de telles personnes chez Lucius Malfoy, qui vient d'être démasqué en tant que serviteur des Ténèbres.

— Lucius Malfoy est en prison.

— Précisément Eiden, qu'est-ce qui a bien pu conduire ces deux personnes qui ne veulent manifestement pas rejoindre les rangs du Lord, à vouloir rencontrer l'héritier Malfoy, fils d'un de ses serviteurs ?

Eiden haussa les épaules à nouveau et Elie ne peut s'empêcher de sourire, son frère faisait vraiment des progrès pour ce qui était de nier et de retenir les informations. Même si tous deux savaient parfaitement que Severus se doutait de ce qu'ils préparaient, et pour cause :

— Je croyais que nous nous étions entendus sur le fait de se contenter, pour le moment, d'aider les cas les plus urgents, ceux qui devaient quitter Poudlard cette année sans ressources, pas ceux qui ont les moyens de fuir.

— Nous n'avons jamais dit cela, intervint le brun, tu la fais, lui rappela-t-il.

— Eiden, cette guerre va être terrible et ce que vous faites est affreusement dangereux, vous êtes toujours à Poudlard, on peut vous atteindre facilement.

Ses deux enfants lui lancèrent un regard un peu ennuyé et le garçon déclara :

— Ah c'est clair que c'est beaucoup plus dangereux que d'être espion pour la lumière, fit-il nonchalamment, mais que veux-tu.

— Eiden … commença Rose.

— Je suis adulte, je sais ce que je fais.

— Tu insinues que nous non ? s'enquit doucement Elie.

À moitié allongée sur le torse de son frère et parfaitement silencieuse, il en avait presque oublié sa présence, ou du moins sa conscience. Son regard scrutait celui de son père et le potionniste y décela une pointe de déception qui lui fit mal.

— Non, je ne l'insinue pas. Vous savez ce que vous faites, mais vous êtes encore jeune, vous n'avez pas de recul sur les choses. Vous n'êtes même pas majeur.

— C'est l'affaire de quelques poignées de jour maintenant, souffla à mi-voix la jeune femme.

— Qu'est-ce qui a changé ? interrogea l'adulte, nous n'étions pas si loin la dernière fois que nous en avons parlé ensemble.

— Tout a changé, fit amèrement Eiden en promenant sa main sur le ventre de sa sœur. La prophétie, le clan …

— Leurs révélations ne changent pas le fait qu'elles ont toujours été présentes en vous, expliqua calmement Rose.

— Certes, répondit le garçon, mais leurs révélations ont précipité les choses. Voldemort c'est révélé maintenant, tout sera différent, la guerre est sur nous, et si on attend après Dumbledore …

— J'ai parlé avec lui, il va venir te voir lorsque tu reviendras, éclaircir certaines choses ...

— Et bien, quelle surprise ! fit-il ironiquement. Et il a mis seulement quinze ans pour se décider !

Un sourire amusé étira les lèvres d'Elie, sa tête roula vers celle de son frère et ils échangèrent un regard.

— Il semble enfin décidé à t'apprendre ce que tu as besoin de savoir.

— Ce que j'ai besoin de savoir. Il se décide, mais il ne se décide que pour moi.

— Il a toujours eu une certaine tendresse pour toi, il veut te protéger, depuis le début, c'est la cause de nombre de ses erreurs. Il se fiche des autres tant que toi, tu es en sécurité.

— Mais moi je ne veux pas de ça ! La sécurité, ce n'est pas que pour moi !

Les yeux de Severus brillaient, il semblait très fier de lui.

— C'est Elie qui a raison, reprit l'adolescent. On ne voulait pas de cela, ni l'un ni l'autre, mais ça nous est tombé dessus et on va assumer.

— On ne se battra pas seul, d'autres ont envie de changer les choses. Et ce qui le veut devrait pouvoir le faire sans avoir à s'écraser devant Dumbledore, rajouta Elie.

— Donc c'est bien ce que vous faites, vous rassemblez des combattants ? soupira le professeur de potion alors que Rose prenait sa main, pas vraiment surprise.

— Pas seulement, avoua le jeune homme. Nous ne forçons personne.

— On suit l'organisation du clan. La protection est accordée à ceux qui la demandent, autant qu'on le peut, en échange la personne s'engage à agir pour la communauté et ceux qui veulent se battre le peuvent, mais chacun contribue selon ces désirs et compétences.

— Tu les fais entrer dans le clan ? interrogea Rose.

— Je l'ignore, pour le moment il n'y a que nos amis, ceux qui veulent agir expliqua Elie. Mais probablement oui, cela apportera une protection de plus. Tant que durera la guerre cela restera ainsi, si tout ceci se termine un jour, on avisera pour faire évoluer les Passeurs comme un véritable clan.

— C'est déjà un clan El, c'est pour cela qu'ils avaient été créés à l'origine, pour défendre les nôtres.

— Vous êtes tous très jeunes … fit remarquer Severus.

— Les plus vieux suivent aveuglément Dumbledore et nous empêchent de faire quoi que ce soit, on doit bien se débrouiller.

À nouveau Severus soupira mais ne le contredit pas. Il se contenta de demander :

— Qui des anciens élèves vous ont contactés ?

— On ne sait pas le détail, ils passent par Drago, Théo et Pansy, expliqua Eiden. Dray est le seul à les connaitre tous pour le moment. Il veut être sûr de leur sincérité avant de nous les présenter.

— Vous allez les loger à la maison de Gower ?

— Ceux qui le souhaitent oui. Eryn, Aksel et Allen ont proposé d'organiser des séances d'entrainement. Allen est vraiment doué en magie offensive.

— Son père à dû le former, et j'ai une assez bonne idée de la façon dont il récompensait l'échec, grimaça Severus.

— Les jumeaux Weasley vont se joindre à eux pour s'entrainer quand ils le pourront, et Anton va certainement se joindre à eux, et enseigner la magie médicale. Et on va surement reprendre l'AD.

Les deux adultes hochèrent la tête, c'était une bonne idée de les entrainer.

— Tu vas en parler à Dumbledore ?

— Oui, avoua Eiden. De toute façon il le saura assez tôt. J'ai beau avoir des différends avec lui, j'avoue qu'il sait toujours ce qui se passe dans le château et je ne pense pas qu'il s'opposera à nous.

— Non en effet, cela m'étonnerait. Mais il est inutile de trop s'étendre sur vos … autres activités.

— Je n'en avais pas l'intention.

— Vous vous êtes remarquablement bien débrouillé jusque là, mais n'hésitez pas si vous avez besoin d'aide, les pria la rousse.

— En vérité, commença Elie. Nous voudrions savoir si vous pouviez contribuez aux entrainements de temps en temps. Pour toi papa on sait que c'est compliqué, mais si tu pouvais nous réaliser des fiches pour les potions qui se révéleraient utiles et d'autres simplistes, pour les plus jeunes, on ne veut pas qu'ils soient privés d'éducation magique.

— Nous le ferrons, assurèrent les deux autres.

— J'enverrai mes cours de l'année à Elijah pour qu'il puisse apprendre à distance, rajouta Severus. Je corrigerai ses devoirs et son frère s'occupera de la pratique, il est suffisamment doué. Il ne pourra plus retourner à Poudlard maintenant qu'il a fuit.

— Il le sait et il accepte, c'est le prix de sa liberté, expliqua le jeune brun. Les autres s'occuperont de son éducation le temps que l'on trouve une solution. Mais c'est génial que tu acceptes de l'aider.

— J'aurais aimé qu'on le fasse pour moi Eiden, j'aiderai autant que je peux.

— Et moi également, ajouta Rose. Je passerai quand je pourrai pour leur faire travailler leurs sortilèges.

— Merci, soufflèrent les deux adolescents.

Ce soir-là, Eiden rencontra les membres importants du Clan des Cavaliers d'Ombre et Orsu parla avec eux de la nouvelle position d'Elie et de ce que cela entrainait. Il maintient qu'ils étaient tous les deux bienvenus en tout temps, et que leur nouvelle allégeance ne changeait rien. Tout le monde fut agréable et accueillant envers le garçon, pour ce qu'il était et non à cause de sa parentèle avec Elie.

Le lendemain, en milieu de matinée, alors qu'il végétait sur la terrasse devant son devoir estival d'histoire de la magie, Eiden entendit frapper à la porte. Rose était au Ministère, son père était rentré en catastrophe en Angleterre dans la nuit suite à un appel de Voldemort et Elie s'entretenait avec Orsu, son Bêta et son Omega au sujet de ses nouvelles responsabilités. Lorsque le garçon ouvrit la porte, il eut la surprise de découvrir Ravena, Charlotte et Lysandre sur le perron.

— Euh … Elie n'est pas là, fit-il.

— On sait, répliqua la brune en levant les yeux au ciel, on vient pour toi.

— Mais pourquoi ?

— Pour te tenir compagnie, expliqua Charlotte. Sauf si tu ne veux pas ?

— Si, si bien sûr entrez.

Il s'effaça et ils s'exécutèrent. Une fois à l'intérieur, le garçon se dandina un peu, gêné.

— Si on s'installait sur la terrasse, suggéra Charlotte, prévenante.

— Ouai …

Il prit quand même le temps de prendre des rafraichissements dans le placard bardé de sortilèges réfrigérants et les mena à la terrasse.

— Comment vas-tu Eiden ? interrogea Charlotte.

— Assez bien je dirai, c'est un bel endroit, répondit l'autre.

La blonde le contempla quelqueS secondes puis reprit :

— Et pour Elie et le clan, comment prends-tu tout cela ?

Eiden s'installa plus confortablement dans son fauteuil et déclara :

— Cela ne change pas vraiment les choses en vérité pour moi. Ça rajoute seulement … hum … un côté un peu plus officiel à tout ce que l'on organise. C'est surtout pour elle que c'est différent. Elle est très nerveuse à propos de tout cela, mais je pense cependant que tout va bien se passer, je veux dire, nous sommes suffisamment bien entourés pour que ce soit le cas.

— En parlant d'entourage, es-tu sorti de cette maison ? interrogea Ravena.

Il secoua la tête, il n'avait pas bougé depuis leur arrivée, la veille.

— Viens donc avec nous, que l'on te fasse visiter, proposa la jeune femme.

— Mais Elie …

— Ne va pas en finir tout de suite et il ne sert à rien de se terrer ici en l'attendant. Il fait un temps magnifique.

Sans plus lui laisser le choix, les trois amis entrainèrent l'anglais au-dehors. Le soleil les frappait durement, mais fort heureusement une petite brise rafraichissait le tout, rendant la ballade supportable. Tous ceux qu'ils croisèrent étaient d'ailleurs vêtus d'étoffes légères et colorées soulevées par le vent. Empruntant une petite rue pour rejoindre la place du village, Eiden croisa deux enfants loup-garou qui jouaient à l'ombre d'une maison. Ils lui offrirent un sourire plein de dents et retournèrent à leurs activités sans plus leur accorder un regard. Sur la place étaient tendus des petits chapiteaux, abritant des étals de diverses sortes, proposant tout ce dont les habitants pourraient avoir besoin.

— Les vendeurs se réunissent ici deux fois par semaine, expliqua Ravena, la plupart ont des boutiques dans le village, mais c'est une tradition que l'on a gardé des temps plus anciens. C'est aussi l'occasion de se voir et de discuter des dernières nouvelles.

Et en effet, nombreux étaient les badauds regrouper ça et là, en pleine discussion ou marchandages. Ravena se dirigea vers l'un deux, acheta quelques provisions et mena Eiden plus loin, en direction de la mer.

— Les plus jeunes aiment se réunirent sur la plage, à l'ombre des arbres, on y est tranquille et il fait frais, déclara la brune. Tu pourras ainsi rencontrer d'autres membres du clan de nos âges.

L'endroit était paradisiaque, un sable blanc et fin recouvrait tout, des eucalyptus embaumaient l'air et apportait une ombre bienvenue et la mer, calme ce matin, berçait les oreilles d'Eiden qui ne l'avait jamais vu, hormis cette fois, à ces onze ans, où l'Oncle Vernon les avaient emmené sur cette île perdue, avant son entrée à Poudlard.

Il y avait une trentaine de jeunes, de tous les âges, des plus petits surveillés par leurs ainés aux jeunes adultes récemment sortis de l'école. La plupart étaient installés sur le sable, ou pataugeaient sur la plage, mais d'autres avaient pris place un peu plus loin, dans de plus ou moins vastes trous d'eau formée dans la roche par la mer. Les amis d'Elie le menèrent d'ailleurs à l'un d'eux, peu profonds et délicieusement réchauffés par le soleil. Un couple y était déjà installé, profitant de l'ombre bienfaitrice. Ils leur offrirent un sourire en les voyants approché et se décalèrent pour les laisser s'asseoir aussi. Les arrivants ôtèrent leurs vêtements et se plongèrent avec délice dans l'eau.

— Voici Hélène et Mathis, ils sont aussi à Beauxbâtons, de notre année, présenta Lysandre.

— Enchantée, déclara un peu timidement Eiden qui ne savait comment agir face à ceux de sa race.

— De même, déclara le garçon, un grand adolescent à la peau de miel et aux cheveux bruns.

— Eiden est … commença Lysandre.

— Sans vouloir t'offenser, sourit la compagne du brun, c'est inscrit sur son visage qui il est. C'est un plaisir Eiden, ta sœur parle beaucoup de toi dans ces lettres.

Le garçon ne répondit pas, se contentant d'un sourire incertain, le visage de la jeune femme était atrocement brulé sur un côté, marquant profondément sa joue et sa pommette. La cicatrice, vraisemblablement causée par un sort, semblait ancienne et paraissait saine, à défaut d'avoir disparu. Hélène sembla remarquer le regard de l'anglais, mais fit comme si de rien n'était, sans doute habituée.

— Votre père est ce potionniste, Severus Rogue ? interrogea Mathis.

Eiden acquiesça, soulagé que le jeune homme coupe ce moment gênant.

— Oui en effet.

— Ces travaux sur la potion tue loup sont remarquables, continua le garçon, nombre d'entre nous lui en sont redevable.

Mathis semblait un peu gêné et Eiden en devina rapidement la raison :

— Tu as été mordu ?

— Oui, lorsque j'avais huit ans. Je me suis débrouillé quelques années puis j'ai rencontré Hélène à Beauxbâtons et elle m'a fait connaitre le Clan. Je vis ici maintenant.

— Je croyais que le gouvernement français aidait les mordus et qu'il les mettait en contact avec les métis pour qu'ils les aident, fit, surpris, Eiden.

— C'est ce qui se passe lorsque le Ministère est au courant, mais pour mes parents ma morsure était une honte inimaginable et ils ont tout fait pour que personne ne sache rien, y compris les autorités. J'ai totalement cessé d'exister pour eux après cet incident, le seul contact que j'avais avec eux était lorsqu'ils m'enfermaient dans la cave à la pleine lune. Ces yeux se firent brièvement tristes puis il se sourit à nouveau. Mais je vis ici maintenant. J'ai des tuteurs géniaux et j'apprends à me contrôler. Je prends la potion et je passe la pleine lune avec tout le monde, j'ai une compagne, une famille qui m'aime et un clan, tout est différent.

Il offrit un sourire à Hélène qui serra sa main sous l'eau cristalline. Eiden sentait sur elle l'odeur mêlée des elfes et des métamorphes, ce qui expliquait sans doute sa couleur de cheveux inhabituelle, bleu foncé. Il avait déjà vu des métis avec de telles teintes, hérité de leur forme animale pour la plupart, bien que certains ne les colorent artificiellement.

— Il y a beaucoup d'enfants sous tutelle ici ? s'enquit le fils Rogue.

— Quelque un, pour la plupart rejeté par leur famille en raison de leur sang, répondit Ravena. Mais nous trouvons toujours une famille pour les accueillir et les aider avec leur nature. Nous sommes peu, chaque nouvel arrivant et un cadeau.

Eiden hocha la tête, il savait l'importance des enfants pour les clans. Les adolescents passèrent un moment dans l'eau, discutant de tout et de rien puis ils s'installèrent non loin pour prendre le déjeuner acheté par Ravena. La journée se passa tranquillement et lorsqu'Eiden rentra finalement, il trouva son père installé dans la balancelle. L'adulte tourna le regard vers lui en le voyant arrivé, s'arrachant à ces pensées. Il garda cependant le silence, laissant son fils s'asseoir tout contre lui. Eiden n'aimait guère voir son père retourner auprès de Voldemort et restait tendu tout le long de sa ''visite'', tout comme Elie et Rose.

— Tu rentres tôt, souligna-t-il, ne sachant comment commencer cette discussion, laissant sa tête tomber sur l'épaule de son père.

— Ce n'était qu'une banale réunion. Les choses ne se sont pas vraiment passées comme il l'aurait souhaité au Ministère, il veut définir une nouvelle marche à suivre.

— Comment cela ?

— Tant que le Ministère se contentait d'ignorer gentiment son retour, il pouvait se préparer tranquillement à la guerre qui approche, mais comme tu l'as obligé à se révéler … expliqua Severus. Bref il n'est pas très content que son plan ait capoté.

— Son plan n'a pas capoté, fit douloureusement Eiden.

Le potionniste soupira à ses mots et passa un bras autour de son fils, le serrant contre lui.

— Si Den il la fait, tu n'es pas mort et le Ministère ne peut plus ignorer son retour. Ses meilleurs mangemorts ont été emprisonnés et il n'a pas pu entendre la prophétie.

— Mais Sirius … commença le garçon.

— Sirius est mort oui, c'est horrible, mais c'est la guerre Eiden et des gens vont trouver la mort, malheureusement. Mais aucune de ces morts ne sera de ta faute. Sirius a choisi de se battre contre le Seigneur des Ténèbres bien avant ta naissance, ce n'est pas ta faute.

— Je voudrai que personne n'ait à se battre, souffla le jeune homme.

— Je le voudrai aussi, renchérit le professeur, mais je crains que nous n'ayons pas le choix.

Le jeune homme soupira et baissa la tête :

— Je n'aime pas te voir aller près de lui. À chaque fois que tu pars, j'ai l'horrible impression que tu ne vas jamais revenir.

La main de Severus qui serpentait dans les cheveux de son fils s'immobilisa avant de reprendre ces caresses.

— Je suis le seul dans le cercle proche du Lord, Den, je ne peux pas abandonner. Et je ne le veux pas, je fais des choses dont je ne suis pas fier, je dois payer maintenant.

Eiden braqua sur lui un regard noir.

— Tout le monde fait des erreurs et tu as suffisamment payé les tiennes ! s'exclama-t-il. Il n'y a pas besoin de courir dans la gueule du serpent sans cesse pour cela.

Les yeux de Severus se firent tristes.

— Si je n'avais pas été si stupide, ta mère serait encore ici et nous aurions été une famille.

— Nous sommes une famille et ne prend pas le blâme pour cela, c'est le fruit d'un tas de choses et en grande partie des erreurs de Dumbledore. Il a eu plusieurs opportunités de mettre fin à tout cela et il ne l'a pas fait.

— Je … commença le potionniste, mais le regard de son fils le coupa.

— Rose n'a pas dormi de la nuit je l'ai entendu se tourner et se retourner pour finalement se lever. Elle était vraiment très inquiète pour toi. Nous le sommes tous. J'ai peur que Voldemort finisse par découvrir le pot aux roses et qu'il ne te tue, très lentement.

En entendant cela, Severus aurait voulu le rassurer et lui dire que tout irait bien, mais ce serait un mensonge. Il n'en savait rien.

— Je ne veux pas te perdre maintenant que je t'ai retrouvé, ni Elie, ni Rose, fit Eiden.

Cela toucha le professeur de l'entendre, mais il ne reverrait pas sa décision, il voulait faire tout ce qu'il pourrait pour faire tomber le Seigneur des Ténèbres. Le silence s'installa entre eux puis le plus vieux changea de sujet, désireux d'en finir avec les ombres.

— Es-tu sorti aujourd'hui ? J'ai le sentiment que tu es plus bronzé ?

— Ravena est venu me chercher pour que je ne reste pas seul. Elle m'a emmené à la plage et j'ai rencontré d'autres adolescents. Nous avons pique-niqué là-bas et passé l'après-midi à se baigner.

— Une bonne journée en perspective, opina Severus. Ta sœur n'est pas encore rentrée ?

— Non, elle a passé la journée avec Orsu et ses lieutenants. Je ne l'ai pas vue. Mais de ce que je sens, elle a l'air d'aller bien, seulement un peu inquiète.

L'homme continuait ses caresses apaisantes dans les cheveux du plus jeune qui se prélassait dans son étreinte, parfaitement satisfait de la situation.

— C'est plutôt sympa ici tu ne trouves pas ?

— Oui, c'est vrai, répondit Severus, c'est plutôt sympa.

— Je n'aurais pas dû m'en faire toute une histoire, continua Eiden.

— C'était naturel de le faire, je m'en suis fait une aussi. Tu ne veux juste pas perdre ta famille, même au profit d'autres.

— Je vous ai, je vous garde, fit le garçon en souriant.

Severus sourit aussi. Un carillon se fit entendre et l'adulte s'arracha à l'assise confortable pour voir qui venait les visiter. La porte s'ouvrit sur Ange Venturi, toujours aussi souriant, qui expliqua la raison de sa venue :

— N'attendez pas Elienor, ils en ont encore probablement pour un moment. Julien Merveaux est aussi revenu du Ministère avec un message de Rose, elle sera en retard, un imprévu la retient.

Le potionniste le remercia et le jeune homme disparut. Lorsque Severus se retourna, Eiden le contemplait d'un air un peu moqueur, les bras croisés.

— Pourquoi ce sourire ? s'enquit le plus vieux.

— Je trouve juste cela étonnant que tu supportes si bien Ange alors que tu détestes les adolescents comme lui à Poudlard, tout le temps enjoués, serviables et volontaires.

Le professeur grimaça :

— Je ne déteste pas les gens solaires, seuls les niais m'exaspèrent et nombreux sont ainsi au Collège. Ange n'a rien de naïf, ni aucuns des enfants ici. On ne les élève pas dans du coton et je trouve cela bien plus sain.

— Cet endroit met à mal ton image de glaçante chauve-souris des cachots, tu vas devoir sérieusement travailler pour retrouver ta réputation à notre retour, rit Eiden.

— Silence impertinent !

Le plus jeune se contenta de sourire. Les efforts qu'avait engagés le potionniste à la découverte de ses enfants s'étaient encore approfondis avec l'avancée de sa relation avec Rose et finalisés en ce lieu. La peau et les cheveux de l'homme respiraient la santé, il paraissait dix ans de moins. Une fine musculature s'était développée et sa garde-robe avait subi un changement discret, mais significatif. Les étoffes raffinées sombres avaient remplacé les robes noires cinq fois trop grandes. Il faisait toujours ces entrées théâtrales en grande envolée de robe, mais avec des manteaux longs et des capes bien taillées. Et bien qu'il continue de terroriser ses élèves, on ne pouvait manquer que son caractère c'était apaisé, il n'était plus l'aigre et graisseux professeur de potion, mais la sadique, mais plus sereine terreur des cachots.

— Tu fais le diner, déclara Severus pour se venger et le garçon tourna les talons sur un dernier sourire moqueur.

Rose rentra finalement trois heures plus tard. Elle posa son sac dans l'entrée et rejoint la terrasse où elle entendait la respiration calme de Severus. L'homme s'était endormi sur la balancelle, la tête appuyée contre le bois. La française passa une main tendre dans ses cheveux sombres, les écartant du visage pâle du potionniste. Celui-ci s'agita un peu, mais resta endormi, même lorsque la femme déposa un doux baiser sur ses lèvres avant de s'écarter. Elle tomba ensuite sur Eiden qui travaillait sur la table, non loin.

— Que fais-tu si tard Eiden ? demanda-t-elle doucement.

— Devoirs d'été.

Rose pencha un peu la tête et sourit tendrement.

— Ta sœur ne va probablement pas rentré tout de suite, Den.

— Je sais, répondit l'adolescent.

La femme n'insista pas, elle savait qu'Eiden allait de toute façon l'attendre. Le garçon agita la main et quelques plats volèrent en direction de la rousse. Les deux hommes lui avaient gardé de quoi diner, ensorcelant la nourriture pour qu'elle ne s'altère pas.

— Merci, fit Rose en se servant en salade et poisson qu'Eiden avait cuisiné. Je ne pensais pas rentrer si tard.

— Des ennuis ? interrogea le garçon en levant les yeux de son parchemin.

— Une de mes équipes a découvert deux enfants aux gènes éveillés près de Nantes, les parents n'ont pas vraiment apprécié cette infamie et les ont malmenés suite à cette découverte. Ce sont des voisins qui suspectaient des abus qui ont prévenus le Département de la Jeunesse, qui nous a lui-même contactés. Nous avons envoyé des hommes pour en savoir plus et ils ont constaté la maltraitance et même pris sur le fait les parents. Nous avons donc pu retirer immédiatement les enfants et les placer dans le clan des Glaneurs de sable.

— Pourquoi pas ici ? s'enquit le garçon.

— Parce que les nôtres considèrent qu'accueillir des nouveaux membres est un privilège et lorsque des métisses sont découvertes sur les terres d'un clan, ils sont généralement adoptés par ce clan-là. La Bretagne fait des terres des Glaneurs, alors ce sont eux qui vont s'occuper de ces enfants. S'ils avaient été découverts en Corse, où au sud de la France, nous nous en serions chargés. Tu comprends ?

Le garçon acquiesça puis demande :

— Il y a combien de clans en France.

— Les clans ignorent les frontières administratives, mais on peut en compter quatre. Les Glaneurs à l'ouest, les Parisii au Nord, nous au sud-est et le Clan des dunes au sud-ouest. Trois clans ont leurs territoires à cheval sur les frontières, celui de la mère de Blaise, le Souffle de Vesta s'occupe de la Savoie française et du nord de l'Italie, un autre des Flandres et de la France septentrional et un clan de métamorphe allemands s'étend jusqu'à l'Alsace.

— Quel était le territoire des Passeurs ?

— Ce que l'on appelait il y a longtemps la Lotharingie, l'est de la France, ainsi qu'une partie de la Belgique wallonne et de la Suisse. Depuis ils ont été redistribués.

— Je vois. Que va-t-il arrivés aux deux enfants, vont-ils avoir des tuteurs comme Mathis ?

— Tu as rencontré Mathis ? interrogea la femme.

— Ravena nous a présentés.

— Oui, une famille a déjà proposé de s'en occuper. Ils sont métamorphe eux aussi et je connais la mère, c'est quelqu'un de très doux et gentil, je suis certaine qu'ils seront bien.

— Cela ne peut pas être pire de toute façon, murmura Eiden qui comprenait bien ce qu'avaient pu endurer les deux enfants.

— Cela arrive, malheureusement, même ici où les sorciers sont plus ouverts. Mais pour eux au moins les choses vont changer.

Ils restèrent un moment dans le silence, profitant de l'air frais du soir. Rose terminait tranquillement son repas lorsque Severus s'agita un peu et se réveilla. Ouvrant un rapidement un œil alerte, il soupira doucement en constatant l'endroit où il était. Des années d'espionnage l'avaient rendu méfiant et il ne s'endormait que rarement ainsi, sans même s'en rendre compte. Il se sentait cependant en sécurité au Clan, ce qui l'avait poussé à agir plus sereinement.

— Tu es rentré, fit-il à Rose en se redressant.

— Toi aussi, répondit la femme.

Le potionniste fit une petite grimace, les paroles d'Eiden sur l'agitation et l'inquiétude de sa compagne lui revenant en tête.

— Il n'était pas utile de s'en faire, déclara-t-il en s'installant à ces côtés, en face de son fils.

La rousse ne répondit même pas, se contentant de couper les fruits de son dessert. Severus lui embrassa tout de même la tempe et elle s'empara de la main qu'il avait posée sur sa cuisse.

— Elie n'est pas encore revenue ? s'enquit l'homme.

Eiden secoua la tête en continuant sa rédaction.

— Elle ne reviendra probablement pas tout de suite, déclara Rose en offrant quelques fruits à son compagnon.

— Si même ici on l'encourage à veiller la nuit, grommela le professeur, tirant un sourire aux deux autres. Puis il avisa son fils et demanda : Que fais-tu ?

— Sortilèges.

— À cette heure ?

Le garçon haussa les épaules.

— Il n'est pas si tard. Et il faut bien le faire. Il termina sa phrase et releva la tête : as-tu vu Drago ? Il a envoyé une lettre à Elie mais elle a peur qu'il éclaircisse le tableau pour ne pas l'inquiéter.

— Je l'ai vu oui, répondit Severus, rapidement avant de partir. Pour le moment il n'est pas inquiété, le Lord d'autres préoccupations que le fils de Lucius, mais je vais garder un œil sur lui tout de même et veiller à ce qu'il ne lui arrive rien. Mais je rassurerai ta sœur, il ne lui a pas menti.

— Elle en sera soulagée, cela l'a beaucoup inquiété.

— Narcissa m'a dit qu'elle l'envoyait chez Blaise avec Théo, officiellement pour que les garçons profitent du soutien de leur ami face à cette tragédie. Les deux étaient au Manoir depuis la fin des cours.

— Oui, Drago nous l'avait dit dans sa lettre. Au moins ils sont ensemble.

Le professeur opina puis bâilla.

— Va te coucher Sev, tu es épuisé, fit gentiment Rose.

Il voulut objecter, mais elle continua :

— Je vais prendre une douche et te rejoindre, la journée a été longue.

L'homme capitula, embrassa son fils sur la tempe et gagna la chambre parentale.

— Essaye de te reposer, au moins un peu, fit Rose en embrassant aussi Eiden avant de rentrer elle aussi.

Lorsqu'elle se coucha à son tour, Severus était allongé, les yeux rivés sur le plafond et les mains sous la tête.

— Qu'est-ce qui t'inquiète ainsi ? demanda-t-elle en se glissant contre lui.

— Drago. Le Seigneur des ténèbres prépare quelque chose pour lui, j'en suis certain. Je ne sais pas de quoi il s'agit, mais je vois bien comment il le regarde. Mais tant que je ne sais rien, il est inutile d'inquiéter les jumeaux, même si je n'aime guère leur cacher des choses.

— Tant que tu n'en sais pas plus, il est plus sage de garder le silence, approuva la française.

Elle passa une main légère sur son torse et il se pencha pour l'embrasser, glissant ses longs doigts dans sa nuque.

— Je n'aime guère lorsque tu pars auprès de lui, chuchota-t-elle.

— Tu t'inquiètes trop, Rose, répondit-il calmement, en souriant cependant un peu. C'était la seule personne qui s'était autant inquiété pour lui, en dehors de Lily, sa mère et de ses enfants, et il ne pouvait s'empêcher d'en concevoir un certain plaisir.

— Tu sais pertinemment que non, soupira-t-elle en nichant sa tête contre sa poitrine. Tu risques tellement à faire cela.

— Tu sais pourquoi je le fais, je n'arrêterai pas tant que je n'y serais pas obligé.

— Je redoute qu'il t'arrive quelque chose.

— Je sais que c'est difficile pour toi, répondit le potionniste en caressant ses cheveux. D'autant que tu es ici et nous en Angleterre, mais je fais ce que je dois.

Rose serra un peu la main qu'elle avait passée autour de lui et continua, très bas :

— Je ne pense pas pouvoir continuer ainsi.

Le cœur de Severus se serra et un poids tomba dans son estomac.

— Tu veux … que ça s'arrête ?

— Cette situation n'est pas tenable, fit la rousse les yeux toujours rivés loin de lui.

Le professeur n'imaginait pas que cela ferait aussi mal. Il aimait Rose. Bien sûr Lily était son grand amour, mais il aimait la française tendrement et son rejet lui brisait le cœur. Malgré lui il trembla un peu, sous le coup des noirs souvenirs affluant. N'était-il pas digne d'être aimé ? Devait-il éternellement vivre sans compagne ? Pourquoi chacune de ses relations, amoureuses ou amicales devait se briser ? Allait-il finir par perdre également ces enfants ? Sa gorge se serra et il se fit violence pour repousser sa peine, il n'allait pas s'effondrer maintenant. Il savait qu'il ne méritait pas Rose, c'était une femme solaire, comme Lily, elle n'avait rien à faire avec une âme sombre comme la sienne, un meurtrier, un homme qui ne semait que le mal autour de lui. Doucement il la repoussa et amorça un geste pour se lever, désireux de ne plus s'imposer à elle. D'abord surprise elle ne fit rien, puis commença d'une voix peinée, l'air désolé :

— Severus je …

Il la coupa d'un geste, effleurant la peau douce de sa joue, peut-être pour la dernière fois.

— Ne t'en fais pas Rose je comprends, je sais bien que cette relation ne t'apporte pas autant qu'à moi.

— De quoi parles-tu ? souffla-t-elle, la peur suintant de ses mots.

— Je comprends que tu veuilles tout arrêter entre nous.

— Tout arrêter … murmura la femme, l'air vraiment accablé.

— Oui, c'est mieux ainsi.

La rousse eut un mouvement de recul et ses yeux s'emplirent de larmes malgré elle.

— C'est ce que tu veux ? demanda-t-elle très bas.

— C'est sans doute mieux ainsi, tu as raison, répondit le potionniste, le cœur douloureux.

Quelques larmes s'échappèrent des yeux chocolat de la française et l'homme se rapprocha, déstabilisé de la voir pleurer.

— Est-ce que … est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ? interrogea-t-elle d'une voix très basse et brisée.

— Non, bien sûr que non Rose, fit-il en tendant un peu sa main vers elle, bien qu'il ne la toucha pas. Tu n'as rien fait. C'est moi qui … tu es parfaite, c'est moi qui ne l'est pas.

— Pourquoi veux-tu que l'on se sépare dans ce cas ?

— Je ne le veux pas … mais …

— Pourquoi le faire alors ?

Le beau visage de Rose était marqué par les larmes et quelques-unes coulaient également des yeux du potionniste.

— Je ne comprends pas, c'est toi qui voulais que l'on arrête …

— Cette situation ! Vous en Angleterre et moi si loin, pas notre couple, pleura Rose. Elle était si fatiguée, elle n'avait que peu dormi la nuit dernière, s'inquiétant pour son amant et la journée avait été éreintante. Elle voulait tenir, ne pas se donner en spectacle, mais elle n'y parvenait pas.

— Je croyais que tu voulais me quitter, souffla l'homme.

— Je meurs de peur à chaque fois que tu retournes là-bas, rétorqua la femme. Je compte les jours jusqu'à ce que l'on se retrouve, je ne veux pas te quitter, c'est au-dessus de mes forces.

Elle avait complètement lâché la bride à son chagrin à présent et les larmes roulaient vivement sur ses joues. Severus se précipita vers elle, l'entourant de ses bras.

— Je suis désolé Rose, je ne voulais pas, j'ai mal interprété, je suis vraiment désolé, je ne veux pas partir. C'est tellement douloureux quand tu n'es pas là, moi aussi je compte les jours, je veux que tu restes avec moi.

Il sera plus fort la femme contre lui, plongeant sa tête dans ses cheveux bronze tandis qu'elle sanglotait dans son cou.

— Calme-toi Rose, je suis là, je ne pars pas et je ne te lâche pas. S'il te plait, pardonne-moi je suis désolé.

Pour toute réponse la rousse entoura son cou de ses bras et se serra plus encore contre lui, ses pleurs se calmant tout doucement. Dans la poitrine de Severus, son cœur ralentissait aussi progressivement et sa respiration se calma. Un tremblement parcourut les épaules de Rose et le potionniste comprit avec surprise qu'elle riait nerveusement.

— Vivianne que nous sommes …

Elle ne finit pas sa phrase, essuyant ses yeux.

— Je vais m'arranger avec mon travail, je ne veux pas rester encore loin de toi et des enfants cette année. C'est au-dessus de mes capacités.

Severus, qui caressait ses cheveux, répondit :

— Tu aimes ton travail Rose, je ne veux pas t'obliger à le quitter.

— Je t'aime toi Severus, rétorqua doucement Rose, et j'aime les enfants. Je peux quitter mon travail quelque temps, Rania peut tout à fait me remplacer.

L'homme ne put s'empêcher d'embrasser ses lèvres à ces mots. Personne en dehors des jumeaux, de Lily et de sa mère, ne lui avait jamais dit qu'il l'aimait.

— Je t'aime aussi Rose, souffla le potionniste.

— Alors s'il te plait, arrête d'essayer de nous séparer, fit-elle avec un sourire fatigué.

— Je ne le veux pas, c'est simplement …

La femme s'écarta un peu de lui, les yeux interrogateurs.

— C'est simplement que ça me semble si incroyable que tu veuilles de moi. Je ne suis pas quelqu'un de bien et toi tu es si merveilleuse, je ne te mérite pas.

Les mains de la rousse gagnèrent tendrement ses joues.

— Ce que tu dis est ridicule, bien sûr que tu me mérites et que tu es quelqu'un de bien, tu as simplement une piètre opinion de toi-même. Mais ce n'est pas ton avis biaisé qui est la réalité. Tu es merveilleux, Sev, je le pense, ainsi que tes enfants et nombres d'autres personnes.

Elle l'embrassa et le professeur accueillit sa langue dans sa bouche avec plaisir.

— Je veux tellement que tu restes avec nous, murmura l'homme en la serrant plus étroitement, stoppant un instant le baiser avant de le reprendre.

— Je le veux aussi, répondit-elle sur le même ton.

— Faisons-le alors.

Elle s'écarta un peu et fit d'un air moqueur :

— Oh ! Je n'imaginais pas que nous y conviendrions si rapidement.

L'homme grimaça et prit à nouveau ces lèvres pour la faire taire. Ce n'était pas sa faute s'il avait une nette tendance à la flagellation, si tout ce qui lui arrivait cette année lui semblait trop beau pour être vrai après toutes ses années de deuil et de douleur. Il promena ses mains sur les hanches de la femme, pris d'une intense soif d'elle, comme s'il voulait s'assurer qu'elle était bien là, avec lui. Rose le poussa doucement sur le lit et plongea tendrement sa main dans les cheveux sombres, laissant son corps reposer sur celui de l'homme, son autre main voyageant sur son torse.

— Tu es beau tu sais, malgré ce que tu penses. Et pas seulement pour moi, fit-elle à mi-voix. Amera n'a cessé de me parler de mon si bel ami, me demandant souvent s'il était chasse gardée.

— Et que lui as-tu répondu ? s'enquit Severus, sa main glissant sur les courbes féminines.

— Qu'il l'était et que je voudrai faire en sorte que tout le monde le sache.

— Pourquoi ne l'as-tu pas encore fait dans ce cas ?

Les yeux de Rose se firent incertains et elle stoppa un instant ses caresses.

— Nous n'en avions pas encore discuté, tout est arrivé si naturellement entre nous. Je ne savais pas comment tu considérais notre relation et comment tu voyais la suite.

Severus porta une main à sa joue pour qu'elle le regarde dans les yeux.

— Je ne vois la suite qu'avec toi. Tu es la seule qui m'ait donné envie de partager mon existence depuis Lily. Je considère notre relation très sérieusement, sois-en sûr.

Il l'embrassa à nouveau.

— Je t'aime, souffla-t-il tendrement.

— Je t'aime aussi, sourit-elle. Mais tu es conscient que nous serons compagnons si je fais cela, à nos yeux et à ceux des autres ?

— Je te considère déjà ainsi. Et si cela empêche les autres de te tourner autour, je veux le faire sans attendre.

Rose rit de sa possession et l'embrassa langoureusement, laissant sa magie marquer l'homme comme le sien et elle comme sa compagne. Le potionniste ressentit une certaine chaleur, différente de celle qu'il avait reçue avec son épouse décédée.

— C'est … différent de la première fois, souffla-t-il.

Les yeux de la rousse se voilèrent un peu.

— Tu sais pourquoi, fit-elle doucement.

Severus acquiesça, mais l'habituelle vague de chagrin ne vient pas. Il serait toujours amoureux de Lily, comme Rose le serait toujours de Roman, mais il aimait sa nouvelle compagne aussi, d'une manière différente, quoiqu'aussi profonde. Déposant quelques baisers dans son cou, Severus mis fin à cet épisode triste, faisant glousser Rose qui se tortilla sur lui frictionnant leurs deux corps l'un contre l'autre.

— Sev ! protesta-t-elle.

Il continua cependant à révérer sa peau une bonne partie de la nuit.

0o0o0

La nuit était fort avancée, mais Eiden travaillait encore sur la terrasse, l'oreille bercée par la mer toute proche. Il finissait son devoir de métamorphose lorsqu'une Sterne Hansel se posa près de lui.

— Tu es enfin sorti, fit le garçon en posant sa plume.

L'oiseau sautilla jusqu'au bord de la table et se métamorphosa en Elie, vêtu d'une tunique légère, comme nombre de femmes clan, ses longs cheveux détachés. Elle avait l'air fatiguée, mais raisonnablement sereine.

— Il y a une demi-heure, mais je voulais voler un peu.

Eiden hocha la tête, il ne voulait pas questionner tout de suite, il était bien trop tard et après tout ce temps passé avec Orsu et ses lieutenants, elle voulait surement se changer les idées. Il mentionna seulement le retour de leur père et ce qu'il avait rapporté comme nouvelles de Drago.

— Au moins lui et Théo sont en sécurité pour le moment, déclara la jeune femme.

— Oui et au moindre souci, on les rapatrie avec les autres chez Andromeda.

Elie opina, jouant avec l'une des plumes de son frère.

— Ravena est venu me chercher ce matin, avec Lys et Charlotte, ils m'ont emmené au marché puis à la plage. J'ai rencontré Mathis et Hélène, raconta Eiden pour changer de sujet et la tirer de son inquiétude.

— Oh ! C'est cool, j'aurai dû prévoir quelque chose comme cela, je ne pensais pas que l'on en aurait pour si longtemps avec Orsu.

— Tu n'as pas à t'occuper de moi ainsi, je suis un grand garçon, sourit son frère. En tout cas c'était une bonne idée, j'aurais végété toute la journée sans cela. Mathis et Hélène sont très sympa.

— J'étais un peu jalouse des cheveux d'Hélène quand j'étais petite, avoua Elienor.

— Ils sont vraiment magnifiques, accorda Eiden.

— Je suis un peu déçue que ce soit Ravena qui ait dû te faire découvrir les environs, fit un peu tristement la jeune fille.

— Il me reste énormément de choses à voir et c'est important que tu voies Orsu pour le clan.

— Oui, souffla Elie, triste cependant.

— Nous allons rester un long moment ici, Enor, nous aurons bien le temps de le passer ensemble.

Elle gigota un peu sur sa chaise puis demanda :

— Que fais-tu ?

— Métamorphose. Je voudrai me débarrasser de tout ça le plus vite possible. On le fait ensemble ?

— Ouai allez.

Elle fit venir le sien d'un coup de baguette et ils s'y attelèrent ensemble. Le matin venu, ils n'avaient toujours pas bougé, Severus et Rose les trouvèrent encore attablés, terminant leurs devoirs de potions.

— Quand es-tu rentrée El ? interrogea son père en masquant un bâillement. La nuit avait été courte, heureusement pour de bonnes raisons.

— Il y a quelques heures, répondit l'adolescente.

— Ne pouviez-vous pas aller vous coucher dans ce cas ? s'enquit le potionniste.

Pour toutes réponses les enfants haussèrent les épaules.

— Vous êtes sur quoi ?

— Ton devoir, merci pour cela d'ailleurs, ronchonna Eiden.

Severus eut un sourire.

— L'utilisation de la chivèche pour vous c'est relativement simple, Eiden.

— Quatre rouleaux de parchemin Ater, c'est simple pour personne, j'ai le poignet en feu ! protesta le jeune homme.

Mais voyant que cela ne semblait pas toucher son géniteur, Eiden s'en plaignit à Rose qui revenait avec un petit déjeuner pour quatre.

— Rose ! Sauve-nous de ce tyran !

La femme ébouriffa gentiment les cheveux du plus jeune et accueillit ses plaintes avec un sourire indulgent, comme on le ferait avec un enfant grognon, ce qu'il était sans aucun doute à ce moment. Severus savait parfaitement que ces enfants avaient senti sur lui la magie de Rose, mais aucun n'avait fait de commentaires, ce dont il leur était reconnaissant. Il savait parfaitement que les jumeaux étaient totalement pour leur couple, mais leur approbation discrète lui fit chaud au cœur. Elie lui sourit par-dessus sa tasse et Eiden ne cessa d'ériger Rose comme son ''rempart contre la tyrannie de son père''.

— Comment c'est passé ton entretien avec Orsu ? interrogea finalement Severus lorsqu'Eiden cessa un peu ses bêtises.

— Assez bien je dois dire, je suis plus rassurée maintenant que nous en avons parlé. Leria m'a fait part de son vécu, elle est devenue omega très jeune, cela m'a aidé d'en discuter avec elle.

— J'imagine, fit le professeur.

— De toute façon, personne ne t'abandonne, fit Rose, tu peux demander de l'aide à chaque fois que tu en ressens le besoin. Et tu n'es pas seule, tu peux aussi compter sur nous, sur Anton, Blaise et Aksel, sur ton compagnon.

Elie sourit malgré elle.

— Drago ne sait rien des métisses.

— Il te soutient tout de même, tu n'as pas besoin que d'informations.

— Il le fait c'est certain, déclara la jeune fille à mi-voix, tendrement.

La journée fut tranquille, les jumeaux terminèrent leurs devoirs de vacances le matin est somnolèrent dans la balancelle l'après-midi, rattrapant un peu de leurs nuits blanches. Le soir venu, ils retrouvèrent les autres sur la plage. Un feu était allumé et de nombreuses petites choses cuisaient, dans les flammes, dans des pots de terre ou dans la cendre. Une multitude de mets froids avaient aussi été apportés et étalés sur un grand linge, isolé du sable fin. Il y avait beaucoup de monde, mais à aucun moment Eiden ne se sentit mal ou comme un étranger. Tous les jeunes métis avaient pris leur véritable forme, comme c'était l'habitude au clan et l'anglais passa un long moment à tous les admirer, constatant qu'il existait autant de formes que de personnes. Certains étaient avaient des crocs, des serres, des écailles, des entrelacs délicats sur la peau rappelant plume et pelage, d'autres, parmi les plus vieux, étaient tatoués. La plupart étaient très peu vêtus, de tuniques, de robe légère ou simplement de short et de pantalons de tissus fins pour les hommes. Rose avait d'ailleurs offert à Eiden de tels vêtements et le jeune homme les préférait à tout ce qu'il avait pu porter, bien que les vêtements ne soient pas sa passion. Les étoffes étaient très agréables, fines, légères et pourtant solides. Souvent colorés et figurant des tas de symboles et de motifs exotiques. Il put discuter avec nombre des jeunes, nouant de nouvelles amitiés. Il rencontra notamment un atsu, David, une elfe Nora et un métamorphe lynx, Malo avec qui il passa une excellente soirée. Chacun se servait en nourriture comme il le désirait et ceux qui en étaient capables se mirent bientôt à jouer de leurs instruments, entrainant les autres dans des danses festives et joyeuses. La nuit était totalement tombée lorsque peu à peu la musique se fit plus lente, plus marquée et que les abords du feu se vidèrent pour laisser une large bande de sable nue.

— Les combats vont commencer, souffla Nora à Eiden qui ne comprenait pas ce qui se passait.

— Les combats ? fit, supris, le garçon.

Nora rit, agitant la soie brune de ses cheveux.

— Oui les combats, tu t'affrontes souvent avec ta sœur j'en suis sûr.

— Oui, pour jouer.

— Et bien nous aussi, sourit la jeune fille. Cela nous forment et nous amusent.

— Mais tous ne sont pas métamorphe, fit remarquer Eiden.

— Et alors, rit la jeune femme, chacune faite avec ces capacités. Le but n'est pas tant de gagner que de jouer et progresser.

Un jeune garçon s'avança dans l'espace vide, seulement vêtu d'un pantalon bouffant rouge, assorti à sa chevelure. Presque immédiatement, ce qui semblait être à Eiden une fillette lui fit face, un grand sourire aux lèvres.

— Cela ne semble pas très égal, souffla le fils de Severus, qui contemplait la mince et petite fille qui ne devait pas atteindre sa poitrine.

— On verra cela, déclara seulement Nora.

— Mais il pourrait la blesser.

— Pas sérieusement non, ce n'est pas le but. De toute façon, nous désignons toujours des arbitres parmi les plus expérimentés pour veiller sur les autres. N'as-tu pas confiance en ta sœur ?

— Si, répondit l'autre.

En effet, Elie se positionna à bonne distance, sur le côté, près des arbres, avec Ravena, tandis que Lysandre, Hélène et deux garçons qu'il ne connaissait pas faisaient de même autour de l'espace de duel. Ange Venturi, l'un des plus âgés, était au centre et donna le signal du départ. Le jeune homme se mit immédiatement à courir en direction de son adversaire, tandis que celle-ci restait immobile. Mais juste avant qu'il ne la percute, la fillette fit apparaitre un large bouclier qui le propulsa à plusieurs mètres de là. Pas refroidi pour autant, le jeune homme se métamorphosa en un ours brun et reprit son assaut.

— On commence toujours par les uns contre un, révéla Nora. Puis ensuite les autres, la stratégie va en s'affinant et chacun peut voir les techniques de ceux qui sont passés avant et élaborer les siennes. Les premiers affrontements sont souvent les plus brutaux.

Et en effet, la fillette ripostait par la magie avec la même violence que l'ours pouvait déployer.

— Pierre n'est pas connu pour sa subtilité, continua l'elfe, il est plus à l'aise dans ce type de combat. Mais si Lisa n'est pas aussi forte et brutale, elle a d'autres qualités et ses sortilèges sont vraiment puissants.

Eiden put voir au fil du combat que si la petite faisait essentiellement appel à de la magie sorcière, elle le faisait sans baguette la plupart du temps, réservant l'outil aux seuls sorts de précision. L'affrontement se solda d'ailleurs par sa victoire, étant parvenu à immobiliser le garçon-ours. D'autres suivirent, sous forme animale ou non, faisant appel à toutes sortes de magie. Puis l'anglais finit par voir apparaitre sur le lieu des batailles une silhouette bouclée connue.

— Je croyais que Charlotte n'était pas une combattante, dit Eiden.

— Ce n'est pas ce qu'elle préfère, en effet, mais elle se défend bien tout de même.

— Elle a quelques capacités sympas.

Mathis s'était glissé près d'eux et souriait en contemplant le combat, essentiellement magique pour le moment.

— On ne t'a pas vu jusque-là, ricana Nora, pas dupe de l'absence du jeune homme, Hélène non plus.

— On était occupés, répondit seulement l'adolescent.

— Tu m'en diras tant, se moqua l'elfe.

— On en reparlera lorsque tu trouveras ta compagne ou ton compagnon Nora.

— Oui bah j'ai le temps, grommela la jeune femme. Autant je vous trouve mignon vous tous les petits couples, autant je voudrai encore en profiter un peu.

Ils recentrèrent tous l'attention sur le combat et soudain le visage de Mathis s'orna d'un sourire un peu vicieux.

— Ça commence ! fit-il.

— Qu'est-ce qui … commença Eiden, coupé par un grondement qui se répercuta jusque sous ses pieds. Avant qu'il ait pus en trouver l'origine, une trombe d'eau surgit tel un geyser du sable et frappa l'adversaire de Charlotte. Mathis sautillait sur place :

— Ouai, scanda-t-il.

— Est-ce que c'est … commença le brun.

— De la magie élémentaire ? interrogea Nora. Oui.

— Un de nos amis avec Elie en fait, mais je ne l'avais jamais vu à l'œuvre, déclara le fils de Severus.

— Neville, devina Nora. J'avoue que c'est assez impressionnant. Peu en font, et encore moins chez nous, c'est un pouvoir de sorcier. Plutôt efficace d'ailleurs.

Et en effet Charlotte avait défait son adversaire, emprisonné par un mur d'eau. Hélène et l'un des garçons-juges les remplacèrent et Mathis encouragea sa compagne bruyamment et bien qu'elle fut vaincue, cela ne semblait pas atteindre sa gaité. Suivirent Ravena et Lysandre qui écrasèrent chacun leurs adversaires puis Ange et Elie. Eiden se redressa à leur apparition et ne put s'empêcher de se sentir légèrement inquiet pour sa sœur.

Ange Venturi ne perdit pas de temps et se changea immédiatement en un énorme animal couvert de poil brun, mi-ours, mi-loup.

— Les Venturi se changent généralement en andartos, expliqua Nora.

— Ravena se change en loup, contra Eiden.

— Ravena a du sang Grimm, il semblerait que ce soit celui-ci pour elle qui se soit manifesté. Clara descend elle aussi des Grimm et des Venturi, pourtant elle à la forme des Pezennec.

Eiden hocha la tête, regardant sa sœur se changer en louve. Elle était plus petite qu'Ange et il ne put s'empêcher de s'en inquiéter.

— J'adore les combats de métamorphe ! s'enthousiasma Mathis près d'eux.

Nora lui jeta un regard indulgent, comme celui qu'elle aurait donné à un enfant.

— Tu vois, fit-elle au brun, on s'y fait. Personne n'est gravement blessé dans ces combats, ce ne sont que des jeux d'enfants.

— Tu veux dire que les adultes se blessent ?

— Parfois, lorsqu'ils s'affrontent pour régler des comptes. Mais généralement on ne cherche pas à tuer son adversaire. Nous ne sommes pas nombreux, chaque vie compte.

La froideur des paroles de l'elfe glaça Eiden qui avait décidément bien du mal avec ce versant des mœurs métisses.

— Hey ! rassura Mathis. Personne n'est mort depuis des lustres. Pense à cela comme au quidditch. C'est sportif, rude, parfois violent, mais on ne fait que s'amuser et progresser.

Le fils de Severus ne put répondre, Ange s'était jeté sur Elie qui l'avait évité d'un mouvement souple, se retournant vivement pour mordre sa queue. Qu'elle loupa de quelques centimètres. Mais son cousin répliqua immédiatement et referma sa gueule, sur du vide. Les deux métamorphes étaient rapides et même si Eiden savait qu'ils n'étaient pas au summum de leurs capacités, le combat était tout de même impressionnant. Il se doutait que sa sœur conserverait sa forme de loup tant que durerait l'affrontement, cela n'aurait pas été très juste si elle en avait fait autrement, face à Ange qui lui ne le pouvait pas. La première blessure fut pour Elie, une simple coupure sur le museau, mais elle répliqua bien vite et la créature mi-ours, mi-loup se mit à boitiller légèrement. Le duel se fit plus rapide encore, plus violent aussi, mais malgré son angoisse, le fils de Severus ne pouvait s'empêcher d'admirer la technique des combattants. Ils ne faisaient pas d'erreurs, fondaient vite sur l'autre et se retiraient encore plus lestement, visant généralement les pattes, le ventre et le cou, les zones stratégiques. Pendant de longues minutes, aucun d'eux ne se démarqua particulièrement, puis Ange, se projetant trop puissamment sur son adversaire, commit une erreur et permit à la louve de bondir et de le saisir au cou. Il s'immobilisa immédiatement et grogna sa reddition. Le but n'était pas de se blesser, il avait perdu, elle l'avait coincé. Elle le relâcha d'ailleurs doucement et ils se retransformèrent tous les deux, Ange serrant chaleureusement la plus jeune dans ses bras. Il lui dit quelques mots qu'Eiden ne put entendre à cette distance et ils se séparèrent laissant la place à quatre adversaires pour les combats en équipes.

— Ange doit être très fière d'Elie, supposa Nora, elle ne le battait pas souvent avant et jamais de façon aussi magistrale. Elle a beaucoup progressé. Elle fera un excellent alpha c'est certain, ainsi que Ange, lorsque le moment sera venu pour lui.

Les deux venaient d'ailleurs vers eux et Nora et Mathis s'éclipsèrent après les avoir félicités pour les laisser parler à Eiden en paix :

— Comment se passe cette première expérience ? interrogea Ange qui n'avait plus tracé de sa blessure au pied.

— Assez surpris de prime abord, avoua Eiden, et inquiet également.

Sa sœur rit et serra sa main.

— Il ne faut pas, ce n'est qu'un jeu. Aucun de nous ne veut blesser l'autre sérieusement.

— Je sais, mais c'est tout de même impressionnant la première fois.

— Peut-être pourras-tu essayer la prochaine fois ? fit le jeune homme.

— Je ne sais pas, je ne pense pas avoir le niveau, répondit Eiden.

— Il y a tous les niveaux et même si tu perds, cela te fait progresser, la victoire n'est pas vraiment une fin, même si elle est agréable, déclara Ange en coulant un regard amusé à Elie.

— C'est arrivé si peu de fois que j'ai le droit de m'en réjouir lorsque cela arrive plaida la blonde en riant.

— J'ai le sentiment que cela va arriver encore, et bien plus souvent. Tu as vraiment fait des progrès incroyables.

— J'ai une excellente motivation, fit tranquillement l'adolescente.

Ange acquiesça seulement, pas dupe malgré le ton léger prit par son amie.

— Je vous laisse, le devoir m'appel, déclara-t-il en disparaissant sur un clin d'œil.

Le frère et la sœur restèrent un moment silencieux, regardant seulement les quatre adversaires, puis Eiden dit :

— En réalité, c'est moins choquant que ce à quoi je m'attendais. Bien sûr je n'étais pas vraiment à l'aise au début, mais en réalité, cela sonne vraiment comme un jeu. Quelque chose de naturel.

Elie déposa sa tête sur son épaule, mais ne répondit pas.

— Je suis très fier de toi, tu le sais, continua le jeune homme en laissant tomber lui aussi sa tête sur la sienne.

La jeune femme sourit.

— Ange est un adversaire difficile, sans doute le meilleur ici, c'est agréable de penser que je peux maintenant me mesurer à lui. C'est aussi rassurant, en quelque sorte.

— À cause de ton nouveau statut ou à cause de ce qui s'est passé, l'été dernier.

Elie ne frémit même pas à cette évocation.

— Les deux je suppose.

Ils rentrèrent finalement très tard et choisirent de dormir sur la terrasse, entre les coussins de la balancelle, la nuit était claire, le fond de l'air parfumé et frais. Ils se lovèrent sous une fine couverture et s'endormirent presque immédiatement, retrouvant Saffi et Asia entremêlés sur un coussin. Ils n'émergèrent que dans la matinée et végétèrent jusqu'à la midi, jusqu'à ce que Rose revienne du travail.

— Je croyais que tu avais pris des vacances, bailla Eiden, en s'installant à table.

Rose sourit en déposant un bol de légume frais garni de brousse devant lui.

— Les plans ont un peu changé.

— Changés ? interrogea le jeune homme.

— Attendons ta sœur et je vous expliquerai.

Elie sortit de la douche quelques minutes plus tard et la rousse déclara :

— J'ai décidé de prendre un congé longue durée, je forme donc Rania pour qu'elle prenne ma place quelque temps.

— Tu pars ? s'inquiéta immédiatement Eiden.

— Oui, Ada, avec vous, fit doucement la femme, touchée de voir le jeune homme si triste à l'idée de ne plus la voir.

— Comment cela avec nous ? s'enquit le garçon.

— Je ne veux plus rester loin de vous. J'ai donc posé un congé à durée indéterminée au Ministère et la rentrée j'irai en Angleterre avec vous.

— Mais ton travail, intervint Elie. Tu l'adores et c'est si important !

— C'est vous qui êtes important, El. Toi, ton frère et votre père. Je n'arrive plus à rester loin de vous si longtemps, c'est trop difficile. Mon travail n'est pas la priorité. Je ne sais pas encore ce que je vais faire, mais je sais que je ne peux plus continuer ainsi.

Les deux adolescents acquiescèrent, comprenant son point de vue. Elle leur manquait aussi horriblement lorsqu'ils repartaient à l'école.

— Qu'est-ce que … vous en pensez ? interrogea nerveusement la femme.

— Je pense que c'est une merveilleuse idée, répondit Elie.

— Je le pense aussi, notre famille doit être ensemble, continua Eiden.

Rose sourit et dit :

— Nous ne savons pas encore comment nous allons nous organiser, puisque vous êtes tous les trois à Poudlard toute l'année. Mais nous allons le faire.

— Nous allons le faire Mammā, fit Eiden avec ferveur en hochant la tête, sa sœur l'imitant.

Rose s'immobilisa à ces mots et ses yeux se remplirent de larmes. Severus, inquiet, posa une main sur ses reins.

— Qu'as-tu dit ? souffla la rousse.

Eiden rougit légèrement, mais ne quitta pas la femme des yeux.

— Tu es notre mère, Lily nous a donné la vie, elle nous a aussi aimés et protéger, tout comme toi tu l'as fait, comme tu le fais encore. Tu as élevé Elie et tu l'as fait aussi avec moi depuis notre rencontre, tu es aussi notre mère. Nous pouvons en avoir plus d'une, Maman en serait heureuse.

Rose, incapable de parler, se serra contre Eiden, refermant ses bras minces autour de son corps musclé. Le jeune homme interpréta mal son silence et bégaya :

— Si tu ne veux pas ce n'est pas grave …

— Je le veux Eiden, je le veux, chuchota Rose, c'est simplement … je ne m'y attendais pas.

Elle l'étreignit un moment et accueillit ensuite Elie, qui reformula les vœux de son frère à voix basse.

— Ce sera tellement mieux maintenant, fit-elle. Je n'en peux plus de te quitter, c'est tellement dur de te laisser seule à chaque fois.

— C'est terminé El maintenant.

Ils décidèrent de passer le reste de la journée en famille, ayant besoin de cela plus encore qu'un autre jour. Ils se rendirent donc sur la falaise pour transplaner et Rose et Elie les firent apparaître sur la côte, non loin, dans la petite ville de Saint-Florent. Vêtu à la moldu ils arpentèrent les rues ensoleillées et savourèrent une glace sur la petite place, assise sur la fontaine comme une famille de touristes en vacances.

— Saint-Florent abrite une petite communauté de sorciers, expliqua Rose, ils ont d'ailleurs signalé leur présence par ses grenouilles, montrant aux autres que des individus magiques vivaient là, comme c'est la coutume en France depuis les chasses aux sorcières.

La fontaine circulaire était en effet ornée de plusieurs batraciens, qui se mouvaient sous les yeux aveuglés des moldus.

— Ils sont nombreux ? interrogea Eiden.

— Non, une douzaine. Ce sont surtout des chercheurs qui travaillent sur les espèces des Agriates.

— Ils savent pour le clan et Muredda ? s'enquit à son tour Severus.

— La plupart non, mais quelques uns le savent, du moins ils se doutent. Mais de toute façon ils ne peuvent y accéder sans invitation. Ils ne cherchent de pas trop, ils ne sont pas là pour cela. Seul Luigi Angeloni est parfaitement au courant, il vit ici depuis toujours, c'est notre passeur en quelque sorte.

— Le passeur ? demanda le jeune garçon.

— Celui qui se charge de nous contacter lorsque quelqu'un qui ne le peut veut entrer. Il le fait depuis des années, il n'a pas de problème avec les mâtinés et le fait avec plaisir. Il se sent parfois seul, avec son bateau et ses spécimens, rester en contact avec nous lui fait du bien.

Ils trainèrent dans la petite ville un moment, jouant aux touristes, flânant dans les boutiques de souvenirs. Alors que Rose et Elie débattaient au sujet un magnifique collier de corail probablement destiné à Pansy, Eiden questionna son père :

— Tu n'es pas en colère ? À propos de ce que nous pensons de Rose ?

Severus serra doucement l'épaule de son fils nerveux.

— Pas du tout, Den. Elle s'occupe de vous comme elle le ferait pour ses propres enfants, c'est naturel.

— Tu ne nous en veux pas de … d'oublier ou de remplacer maman ?

Le potionniste soupira et planta son regard dans celui du plus jeune.

— Il n'y a aucune raison de vous en vouloir, vous n'oubliez, ni ne remplacez votre mère. Penses-tu que je l'ai fait en devenant le compagnon de Rose ?

— Non, souffla le garçon.

— La vie continue Eiden, j'aimerai toujours Lily, mais je dois vivre, même sans elle, bien que je ne l'ai pas cru pendant de longues années. Rose nous rend heureux et il est juste de lui offrir la place qui lui revient, elle a beaucoup fait pour nous et notre famille.

L'adolescent acquiesça et Severus eut un sourire tendre en ébouriffant ses cheveux.

— Je suis en vérité soulagée que vous la considériez ainsi, vu ce que je veux construire avec elle.

— Vais-je avoir une autre sœur ? Ou un autre frère ? s'enquit son fils avec un petit sourire en coin.

— Ce n'est pas à l'ordre du jour Den, mais c'est une chose que j'envisagerai peut-être plus tard, si Rose est d'accord.

— C'est une bonne chose, la vie continue comme tu le dis.

— Même si une telle chose arrive mon ange, ce n'est pas pour autant que vous cesserez d'être mes enfants, Elie et toi, ni ceux de Rose, déclara l'homme avec gravité, voulant tout de suite éclaircirent les choses.

— Tu les auras dès la naissance ceux-là, et sans passif encombrant, fit un peu tristement Eiden, bien qu'il n'ait pas vraiment voulu aborder ce sujet, les mots coulants seuls de sa bouche, comme mue par leur propre volonté.

Les bras de Severus l'entourèrent.

— Cela ne change rien mon cœur, je t'aime plus que tout, et se serait exactement le cas si je t'avais vu grandir. Nous n'avons pas eu de chance, mais j'éprouve les mêmes sentiments pour toi et El que si je vous avais eu toujours avec moi, je le promets.

L'adolescent se blottit un peu plus contre lui, profitant de l'étreinte.

— Peu importe si j'ai d'autres enfants ou non Eiden, je vous aimerai toujours aussi fort.