N.D.A :

Bonsoir,

Merci à ceux qui passent, lisent, commentent et bonne lecture.

Bonne lecture

Elishae


mamy 83 : Merci pour le commentaire, il y aura d'autres passages avec Severus et Rose, et pas plus tard que dans ce chapitre.

Stormtrooper2 : Leur relation est officielle effectivement et nous verrons peut-être des enfants. En effet ils est normal pour lles jumeaux de considérer Rose comme leur mère, au vu de ce qu'elle fait pour eux. Il faudra attendre pour en savoir plus sur la situation de Drago. A la prochaine et merci pour le commentaire.


Chapitre 20 : Refuge

— Eiden?

L'adolescent se retourna.

— J'ai frappé, mais tu n'as pas entendu, dit Rose, sur le pas de la porte.

— Oh, non, j'étais perdu dans mes pensées, avoua le garçon en bataillant avec l'un des boutons de sa veste.

L'adulte s'approcha et l'aida à nouer correctement les manches de sa chemise vert forêt.

— Qu'est-ce qui te mine ? demanda doucement la rousse en repliant convenablement son col.

— Blaise me manque, répondit le garçon en rougissant légèrement.

— C'est tout à fait compréhensible, opina la femme, Severus me manque toujours beaucoup lorsqu'il s'éloigne.

— Même son sale caractère ? interrogea avec un sourire moqueur le plus jeune.

— Surtout cela, sourit Rose.

Elle l'aida à passer sa veste et Eiden regretta immédiatement les vêtements légers du clan, même les robes de sorciers n'étaient pas aussi désagréable à porter selon lui et il imaginait sans peine son père pester tout autant contre son vêtement.

— Tu n'aides pas Atta ?

Rose eut un sourire amusé.

— J'ai voulu, mais il pestait tellement ...

L'adolescent ricana, mais la femme ne lui en tient pas rigueur, souriant seulement plus. Mais la bonne humeur d'Eiden retomba bien vite et Rose aperçut de son inquiétude :

— Qui a-t-il Ada ?

— Il y aura beaucoup de monde à cette réception ? s'enquit-il, nerveux.

— Oui Den, fit la femme doucement, consciente de son malaise, c'est une soirée organisée par le Ministère, un grand nombre de ses dignitaires et de son personnel sera là, ainsi qu'une partie de la bonne société sorcière de France.

Le jeune garçon gémit, mais ne répondit pas.

— Ce n'est qu'un mauvais moment à passer Den, peut-être même que tu t'y amuseras. Mais il faut que vous vous fassiez voir dans de telles réceptions, nouer des contacts, rencontrer des gens, c'est le lot des héritiers.

— Je ne suis pas sûr que cela vaille le coût, marmonna le brun.

Rose lui offrit un regard tendre avant de le pousser légèrement vers la sortie. Sur la terrasse, Elie attendait déjà assise sur la balancelle, vêtue d'une robe bleu coupe empire, ceinte sous la poitrine par une ceinture sertie de pierreries. Se balançant légèrement, elle contemplait d'un air amusé son père ronchonner tout en triturant ses boutons de manchettes, oeuvre d'un grand artiste français.

— Toujours dans d'aussi bonnes dispositions à ce que je vois, souligna Rose en échangeant un regard rieur avec sa fille adoptive.

— Stupide soirée ! grommela le potionniste. Avais toujours réussi à y échapper ...

Personne ne répondit, le laissant ronchonner, il finit tout de même par prendre la main de sa fille pour transplaner à Paris. La petite famille apparut sur une vaste place pavée, entourée de hauts bâtiments à l'architecture classique. Un grand portail de fer forgé, doré à la feuille était ouvert devant eux, libérant le passage à une large allée menant à un palais magnifique, entouré d'un parc aménager dans la plus pure tradition française.

— Bienvenu sur la place des Lumières, le palais que vous voyez ici abrite le Ministère français de la magie, il date du Moyen-Age, mais a été reconstruit en grande partie au 16ème siècle.

— C'est magnifique ! chuchota Eiden, impressionné.

Rose sourit :

— C'est un bel endroit pour travailler en effet, il est dissimulé par de nombreux sorts interdisant l'accès aux moldus.

Ils avancèrent et Rose se présenta à l'un des employé vêtu de bleu qui surveillait les entrées.

— Mademoiselle Chambort et ses trois invités, fit l'homme en la reconnaissant. Il se pencha sur son registre et le cocha de sa plume d'or. Vous pouvez y aller bien sûr.

— Merci Henry.

— Bonne soirée, Mesdemoiselles et Messieurs.

— Vous de même Henry, répondit poliment Rose avant d'entraîner les autres dans l'allée.

De belles lanternes ouvragées disposées dans les arbres, les massifs et le long du chemin chassaient la nuit qui tombait doucement, illuminant stratégiquement le parc. Bon nombre de personnes discutaient dans l'allée, profitant des dernières lumières du jour. Un certain nombre saluèrent la rousse, mais elle ne s'arrêta pas, se contentant de leur indiquer doucement qui ils étaient et leurs éventuelles fonctions. Ils gagnèrent finalement l'immense double porte, accueillis par de nouveaux employés en uniforme.

— Rose, quel plaisir de vous voir ici ! J'ignorai si vous alliez venir, avec les derniers événements.

La femme qui les avaient abordées était vêtue d'un costume pour femme anthracite, d'une richesse évidente et souligné de quelque touche bleu glacier, de la même couleur que ces yeux. Elle abordait également un carré gris parfaitement coupé.

— Madame la Ministre, c'est un plaisir de vous voir. Je vous présente mon compagnon, Severus Rogue et ses enfants Eiden et Eliénor, fit poliment la rousse en les désignant d'un geste gracieux de la main.

L'autre femme le contempla une seconde de son regard implacable, fit naître d'un petit mouvement de baguette un charme de silence puis serra la main du potionniste, puis celles des enfants.

—Monsieur Rogue, oui, le maître des potions de Poudlard, déclara-t-elle. Et ses héritiers, oui, à plusieurs manières. Je suis particulièrement ravie de vous accueillir, Monsieur Rogue-Grimm et de vous revoir Mademoiselle, en pleine forme de plus.

Les trois anglais la contemplèrent avec circonspection, mais Rose les rassura immédiatement.

— Madame la Ministre fait partie de ceux qui nous ont aidés à dissimuler votre identité, tout en assurant vos héritages et votre protection. Elle est parfaitement au courant de votre sang.

— Et dire que c'est censé être un secret, grommela Severus, pas suffisamment bas cependant pour que cela échappe à l'oreille de la Ministre qui sourit avant de répondre :

— Je comprends votre point de vue, Monsieur, mais certaines révélations sont inévitables et il fallait informer nos services pour monter l'alibi de vos enfants. Je vous promets cependant que vos secrets sont parfaitement en sécurité avec nous. Seuls moi-même, Madame Maxime de Beauxbâtons et Mademoiselle Albin, la Directrice du Département de l'Éducation et de la Culture sommes au courant. Ainsi que Hemlotts, bien évidemment.

— Je ne me méfie pas des gobelins, ronchonna le potionniste en défiant la femme du regard.

La Ministre ne répondit pas, ses yeux pétillants d'amusement, puis elle se tourna vers Rose et son sourire s'élargit :

— Un bien beau compagnon que vous vous êtes trouvé là, Rose, je suis certaine que cela ne produira que des choses intéressantes.

— Je le pense également, en convint la rousse en poussant légèrement du coude l'homme pour son inconvenance. Celui-ci se contenta simplement de lever les yeux au ciel.

La Ministre se détourna finalement pour accueillir d'autres personnes et Rose les mena plus loin, près des buffets grandioses dressés pour l'occasion.

— Quoi ? interrogea Severus alors qu'elle le contemplait d'un air mi réprobateur, mi-amusé.

— C'est la Ministre, déclara seulement la rousse.

— Et alors, elle est comme tous les autres. Au moins elle est bien consciente que je ne lui accorde pas plus de crédit qu'aux autres.

— Tu la pratiquement menacé ! reprocha la femme.

— Je n'ai rien dit, tu n'as pas de preuves, rétorqua tranquillement Severus.

Rose soupira, mais abandonna la partie, consciente que cela ne servirait à rien. Elle s'approcha de la table et se saisit de plusieurs petits mets, expliquant à Eiden qui ne s'y connaissait guère en gastronomie française de quoi ils étaient composés.

— Rose t'a souvent traînée ici ? demanda Severus à Elie.

— Parfois, pas aussi souvent que tu sembles le penser. Mais cela ne me dérangeait pas plus que cela, je connaissais certains des enfants d'employés et de diplomates et le ballet des jeux politiques est souvent intéressant à regarder.

— Hum, se contenta de faire son père, pas sûr d'être du même avis.

— Mais si regarde, cette femme là-bas et l'épouse du sous-directeur du Département des transports magiques, elle discute avec Manon, la femme de la Ministre, elle espère ainsi la flatter et obtenir son appui pour la nomination de son mari au poste de Directeur.

— N'y en a-t-il pas déjà un ? questionna le professeur.

— Si, Monsieur de la Robière, juste à côté, celui qui sourit et acquiesce.

— Elle fait son cinéma devant lui ?

— Apparemment, fit la jeune femme en haussant les épaules. Mais elle perd son temps, Manon se fiche totalement de la politique des sorciers, elle est seulement là pour la Ministre.

— Métisse ? devina le potionniste.

— Oui, métamorphe, Alpha des Parisii, Rose t'a déjà parlé de leur chef de clan, Lucie, elle a passé beaucoup de temps avec elle pour la dernière loi. Ah tiens justement elle est ici, la petite châtain à la robe orange.

- Hum ...

L'homme ne l'écoutait déjà plus qu'à moitié, regardant de loin Rose converser avec un très bel homme. Les voyant proche, il ne put s'empêcher de les rejoindre et de passer un bras faussement nonchalant autour de la taille de la femme.

— Oh Severus te voici, dit Rose pas vraiment dupe. Voici Thoman, je t'en ai déjà parlé.

— Thoman, enchanté, déclara l'homme avec un sourire éblouissant.

— Severus Rogue, fit l'homme de son ton le plus glacial.

— On m'a beaucoup parlé de vous, continua l'autre homme, je suis vraiment très heureux que Rose vous ait trouvé.

— Moi de même.

Voyant bien qu'il n'était pas franchement le bienvenu, Thoman finit par se retirer poliment, non sans adresser avant de disparaitre une œillade amusée à l'acariâtre professeur de potion.

— Vas-tu faire fuir toutes les personnes qui auront le malheur de m'adresser la parole ce soir ? s'enquit la femme rousse en caressant la longue main blanche qui tenait sa hanche.

— Que ceux qui le méritent.

Elle serra sa main.

— Thoman ne le mérite pas.

L'homme se contenta de grogner, il ne pouvait empêcher la jalousie de la piquer. Thoman était un bel homme, bien plus que lui et son histoire avec Rose était si jeune encore. Il était terriblement incertain quant à sa capacité à garder Rose près de lui.

— Tu sais que je ne vais nulle part, fit-elle à son oreille. On a déjà eu cette conversation Severus, je pensais avoir été assez clair cette nuit-là, je ne veux pas être avec quelqu'un d'autre.

Il hocha la tête, oui il se rappelait parfaitement des larmes et de la peine de Rose lorsqu'elle avait cru qu'il voulait la quitter, mais il était incertain et ses quelques semaines n'allaient pas changer des sentiments enracinés depuis quinze ans.

De l'autre côté de la salle, Elie avait entraînée son frère dans une discussion avec Manon, la compagne de la Ministre est Alpha du clan Parisii. Elle semblait plus jeune que la politicienne, mais Eiden se méfiait avec les métamorphes. Elle semblait au garçon joyeuse et énergique comme une enfant, loin de l'apparence plutôt sévère de sa femme qui parlait avec retenue et autorité. Pourtant il ne manqua pas les fréquents coups d'œil qu'elles s'adressaient, s'assurant que l'autre était toujours proche et en bonne posture.

— Il va te falloir rencontrer la Chef du clan du Feu d'Aibelle pour le partage des frontières, disait Manon à Elie.

— Nous nous sommes déjà entretenus par courrier, j'attends de le faire de vive voix, mais nous nous sommes déjà entendus.

— C'est une bonne chose qu'il y ait de nouveau un clan en Grande-Bretagne, cela fait des siècles que le dernier c'est éteint et les irlandais non plus autant d'influence qu'autrefois, leur territoire n'est qu'un reliquat de ce qu'il a été.

Eiden n'entendit pas la suite, soudain attiré par une jeune femme aux cheveux très clairs qui le regardait. Voyant qu'elle était démasquée, elle s'approcha et le serra doucement contre elle.

— Arry, c'est si cruel de la part de Bill de m'avoir laissé croire si longtemps à ta mort.

L'adolescent, bien que surpris par le contact de la vélane, lui rendit son étreinte. Elle usait d'un anglais fortement teint d'accent et il lui répondit en français pour plus de fluidité et de confort.

— Fleur, cela me fait plaisir de te voir, désolé pour tout cela, la situation ... était, est toujours compliquée.

— Je sais, opina la française, Manon m'en a parlée, j'ai entendu parler du renouveau des Passeurs et de leur installation au Royaume-Uni. Je voulais prendre contact avec eux pour les rejoindre puisque je vis dorénavant là-bas et que je compte bien y rester. Elle m'a expliqué la situation et j'ai vite deviné qui tu étais vraiment. Le comportement de Bill et ce qu'il laissait échapper m'a mis la puce à l'oreille. Je suis tellement contente que tu sois vivant et en bonne santé.

Il sourit simplement.

— Vivianne c'est incroyable de penser que tu es le frère d'Anna, je veux dire Elie. Je la connais depuis longtemps maintenant, c'est une fille bien. Maintenant que je sais cela d'ailleurs, je trouve que vous vous ressemblez beaucoup. Et tu es devenu très mignon aussi, glissa-t-elle avec un grand sourire.

— Je ... commença le brun, mais elle l'arrêta d'un geste gracieux de la main.

— Tu as un compagnon oui, je sais, moi également, du moins je l'espère ...

— J'en suis certain, déclara Eiden, il nous a parlé à demi-mot de toi durant les vacances de Noël, il semblait très mordu.

Le coin des lèvres de Fleur s'étira joyeusement :

— C'est un homme bien, et très beau également.

Elle éclata de son rire cristallin, secouant sa magnifique chevelure. Eiden n'était plus aussi sensible à ces charmes, du fait de son héritage, mais aussi de la découverte de son compagnon, mais il ne pouvait lui dénier sa grande beauté.

— Comment se passe ton stage à Gringotts ? interrogea le garçon.

— Bien, bien, je vais bientôt signer un véritable contrat, pour un poste sur site. Maintenant que j'ai perfectionné mon anglais, termina-t-elle avec un sourire coquin.

— Il est très bon, lui assura Eiden.

— Tu es si gentil !

Ils rejoignirent Elie et Manon et convinrent d'un rendez-vous lorsque les deux jeunes femmes seraient de retour en Angleterre. Elie lui parla aussi à demi-mot de ce qu'ils organisaient avec les autres élèves et anciens étudiants, certains des bonnes intentions de la vélane. Elle savait après tout parfaitement que Bill faisait partie de l'Ordre du Phénix, mais rechignait elle-même à le rejoindre, n'ayant que peu confiance en Dumbledore. Le vieil homme avait maintenant une très mauvaise réputation parmi la population métisse, séparer des jumeaux, laisser cette horrible femme parmi les jeunes et toutes ses manipulations. Rien de tout ceci ne lui accordait du crédit aux yeux des mâtinés.

0o0o0

Eiden était dans la cuisine, terminant une lettre à Blaise tout en observant Rose qui cuisinait de délicieux biscuits tout près.

— Tu as l'air troublé Eiden, remarqua la rousse en mélangeant les épices à la pâte.

— Non, pas vraiment, je pensais juste à cette année.

La femme releva la tête et le contempla :

— Beaucoup de choses ont changé ses douze derniers mois.

— Oui avant je n'avais personne pour moi et maintenant j'ai un père, une sœur et une mère.

Elle sourit doucement à ses mots.

— Tu n'es plus tout seul, c'est bonne chose Eiden.

— C'est une peu comme si je ne le méritais pas, souffla le jeune homme je veux dire tout cela arrive d'un coup.

— Tout le monde mérite une famille chéri, opposa la française. C'est l'inverse qui n'est pas normal. Et toi plus que les autres en mérite une.

— C'est seulement étrange, avant je n'avais personne que je pouvais décevoir, mais maintenant ….

Rose s'approcha et essuya les mains avant d'en poser une sur son épaule et de la serrer doucement.

— Tu ne nous déçois pas Den, et je ne pense pas que tu puisses le faire un jour, le rassura-t-elle.

Il eut un pauvre sourire.

— Tu n'en as jamais eu l'habitude, mais les parents sont fiers de leurs enfants, surtout s'ils sont aussi incroyables que toi.

Il posa sa tête contre son torse et elle caressa ses cheveux.

— Ton père est fier de toi Eid et je le suis aussi. Et je suis certaine que Lily où elle est l'est également.

— Tu penses ? demanda-t-il d'une voix incertaine.

— Bien sûr mon cœur, sourit-elle.

Ils restèrent un moment ainsi puis elle le fit redresser d'une caresse.

— Je dois aller au village, tu viens avec moi ? demanda-t-elle.

Il hocha la tête et la suivit au-dehors. Un soleil de plomb régnait sur la rue, brulant presque la peau pâle d'Eiden. Seuls les cactus qui bordaient le chemin ne semblaient pas en souffrir, même les fleurs et buissons ployaient quelque peu sous les assauts de l'astre brillant. Indubitablement le choc thermique serait important lorsqu'Eiden et les autres rentreraient en Angleterre.

Rose le mena à travers les rues, jusqu'à une petite maison de pierres bâtie à l'ombre des chênes-lièges. Elle frappa à la porte est entra sur l'invitation de son occupante. À l'intérieur, ce trouvait deux femmes, une assez jeune encore, comme Rose et une autre, vielle et fripée, mais aux yeux brillants et alertes.

— Maria, Amera, salua la rousse tandis que l'adolescent lui hochait poliment la tête en guise de bonjour. Voici Eiden, le frère d'Elienor.

— Il est aussi beau que son père, ronronna Amera en l'inspectant, peut-être même plus, il est si jeune encore …

Rose leva les yeux au ciel face à l'attitude de son amie et resserra son étreinte sur les épaules du jeune homme. Amera était une très belle femme. Elle avait la peau mate, les cheveux d'un violet profond, les yeux améthyste et un fort aura de vélane. Elle n'avait pas trouvé de compagnon encore et préférait batifoler au gré de ses désirs.

— Et si puissant aussi, quel dommage qu'il ait un compagnon ! continua la femme avec un petit rire.

— Amera ce n'est encore qu'un enfant ! opposa Rose.

Ce fut au tour de son amie de soupirer.

— Tu es si désespérément prude Rose, fit-elle. Je ne toucherai pas à ton fils, je lui préfère son père, termina-t-elle malicieusement, pour l'autre femme.

Celle-ci lui renvoya un regard noir tandis que Maria les contemplait d'un air tranquille, un sourire un peu amusé aux lèvres.

— Vous vous chicaner encore les filles, comme lorsque vous étiez enfants, n'avez-vous pas passé l'âge d'agir comme des adolescentes ?

Amera laissa échapper un rire clair.

— C'est si facile de la mettre en colère !

La vielle femme secoua la tête et Amera déclara, se dirigeant vers la porte :

— Je vous laisse, j'ai moult choses à faire. Mes amitiés à ta fille Rose … et à son père.

Elle disparut et Rose soupira discrètement.

— Elle te taquine seulement, elle ne toucherait jamais à un enfant ou au compagnon d'une autre, dit doucement Maria.

— Je le sais, mais elle est toujours si … j'ai le sentiment que jamais elle ne sera assez vieille pour être enfin mature.

— Probablement pas, opina la vieillarde. Mais si tu me disais plutôt pourquoi êtes-vous venus ici ?

— Tu as sans doute entendu parler de mon départ, commença la rousse.

— Cela a pu atteindre mes oreilles en effet.

— J'aurais besoin de plusieurs de tes réalisations.

— Pour un usage personnel ou pour le travail ?

— Je l'ignore encore, je n'ai pas encore trouvé d'emploi, je ne me suis, à vrai dire, pas encore décidée.

La vieille femme hocha la tête puis se retourna pour farfouiller dans ses placards.

— J'ai plusieurs choses d'avances qui pourraient te convenir, mais je suppose que tu as également des demandes précises ?

— En effet, oui, fit l'autre adulte en lui tendant un morceau de parchemin couvert de son écriture élégante.

Maria la parcourut du regard, son long doigt osseux suivant les lignes d'encres. Elle semblait compter dans sa tête, ou du moins répertorier en celtique quelque chose qu'Eiden ne pouvait entendre.

— Je possède en effet dans mon stock un certain nombre de réalisations que tu désires, mais pour les autres, il va falloir œuvrer. Je ne suis pas sûre pourtant d'obtenir tout ce qu'il faut à temps, peux-tu m'avoir certains des composants ?

Rose opina :

— Oui, dis-moi seulement ce dont tu as besoin et je ferai au mieux.

— Je vois, déclara doucement la vieillarde en posant le parchemin sur la table de bois sombre et usé. As-tu contacté Mélina ? Elle pourrait avoir en sa possession plusieurs des réalisations de cette liste.

— Elle est au Brésil pour plusieurs semaines encore, j'ai vu avec sa sœur, elle a fait ce qu'elle a pu, mais elle n'a pas osé tout prendre, de peur qu'elle en ait besoin. Et je ne peux attendre que Mélina rentre, nous repartons dans dix jours au Royaume-Uni.

— Je vais faire au maximum, repasse avant de partir. Je t'enverrai ce qui me manque au plus vite, déclara la vieille femme.

— Je te remercie Maria, bonne journée.

— Bonne journée à vous deux.

Eiden souffla un au revoir puis sortit avec Rose de la petite maison.

— Que venais-tu lui demander ? interrogea-t-il, n'ayant pas tout compris.

— Maria est très douée en enchantements et métamorphose, elle fournit les gens qui pratiquent ces deux disciplines, ainsi que l'enchantement d'objets en ustensiles, préparations, outils et autres choses indispensables. Elle connait très bien son métier elle l'exerce depuis très longtemps.

— J'imagine, souffla le jeune homme qui se souvenait parfaitement du grand âge de la vieille femme.

Rose sourit avant de se mettre en route.

— Que penses-tu faire à la rentrée ?

Son sourire glissa un peu, mais elle répondit :

— Et bien je ne sais pas encore, vous serez tous à Poudlard alors, bien que Severus va s'arranger pour que je puisse vous rendre visite, je ne pourrais pas le faire tout le temps alors il faut que je me trouve une occupation. Hem m'a proposé de me recommander auprès de Gringotts comme briseuse de sort, mais je ne veux pas faire de missions à l'étranger et être à nouveau loin de vous, ou tout cela n'aurait servi à rien. Ton père pense que je peux déposer une candidature au Département des Mystères, mais j'avoue trouver l'idée de travailler pour ses gens peu reluisante, lorsque l'on connait leur ouverture et la façon dont ils gèrent le pays. Je ne sais pas, je pourrais travailler dans une boutique, si jamais je trouvais quelqu'un prêt à m'embaucher.

— Ce ne doit pas être si difficile, tu es vraiment très douée et ton curriculum vitea plus que satisfaisant, fit Eiden alors qu'ils traversaient la grande place de Murreda, bondée en ce jour de marché.

— Les temps sont incertains Den, les gens ne font plus confiance aux autres et je suis une étrangère, métisse qui plus est. Lâchée un poste comme le mien est louche pour la plupart des personnes.

— Oh je vois, dit le garçon, ne sachant quoi dire de plus. Il voulait que Rose vienne en Angleterre, mais il savait qu'il était cruel de la laisser seule à Manoir, pendant qu'eux trois étaient réunis au Collège.

Les deux mâtinés atteignirent bientôt la maison de Rose et entrèrent pour trouver Severus attelé à la réalisation d'une potion, sur le feu de la cuisine. Il mélangeait la préparation tout en lisant les instructions sur l'un de ses vieux grimoires.

— Tu dis toujours qu'il ne faut pas faire de potion dans un lieu qui n'est pas adapté, fit remarquer son fils.

L'homme releva à peine la tête et répondit :

— C'est un lieu acceptable.

— C'est la cuisine ! protesta l'adolescent en riant.

L'autre haussa les épaules.

— La cave est bondée, elle serait un endroit pire.

Eiden renonça à discuter plus en avant de ce sujet avec son père, lorsqu'il était concentré sur ses mixtures, on ne pouvait rien en tirer. Il s'installa sur une chaise et le regarda faire, perdu dans ses pensées. Rose passa près de lui pour continuer de préparer le diner et l'homme lui attrapa le poignet pour l'embrasser lentement.

— Tu es troublé, nota-t-il.

Elle se dégagea doucement de son étreinte.

— Je pense seulement au travail que je dois trouver, répondit-elle.

— Tu as le temps, Rose, déclara Severus, le nez à nouveau dans son livre.

La rousse secoua la tête.

— Je ne peux pas rester sans rien faire à vous attendre durant des semaines, ce serait terrible, pire que de rester seule ici.

L'homme releva la tête et passa une main amoureuse dans sa nuque.

— Je suis certain que tout va bien se passer.

Elle appuya plus fortement sa tête contre son membre, approfondissant sa caresse et la chaude pression sur son crâne.

— Tu es optimiste maintenant ? sourit-elle.

— J'ai des raisons de l'être maintenant, corrigea l'homme.

Elle se coula contre son côté, de façon à ne pas le gêner dans son ouvrage et respira son odeur virile, qui la rassurait plus que n'importe quoi d'autre. Il sourit en la voyant faire et continua sa potion. Il se sentait tellement bien, tellement heureux depuis quelque temps, il ne se rappelait pas avoir déjà été si heureux, pas depuis la mort de Lily en tout cas. Tout était presque parfait maintenant, seule la menace du Seigneur des Ténèbres planait encore sur leurs têtes, assombrissant le ciel bleu si parfait de son existence. Mais il refusait d'y penser pour le moment, il lui restait une grosse semaine au Clan, loin de tout, loin de Dumbledore et du Lord, avant de devoir regagner l'Angleterre. Et même ce retour ne paraissait pas si terrible, bien qu'il se sentait bien sur les terres d'Orsu, car maintenant il rapportait Rose avec eux et il n'était plus obligé de la quitter, de la laisser seule sur le continent. Il serra doucement la femme un peu plus contre lui avant de récupérer son bras pour terminer sa potion.

— Où est Elie ?

La française n'avait même pas levé sa tête, toujours enfouie contre le corps mince de son compagnon.

— À l'étage, elle écrit des lettres, répondit le potionniste.

— Des nouvelles de Drago ?

— Il est toujours en vacances avec Narcissa et Théo, elle attend que je rentre pour revenir, expliqua l'homme.

Il ne le dit pas, mais c'était clairement compréhensible que la blonde craignait pour son fils et qu'elle ne l'exposerait pas tant que son parrain n'était pas rentré pour le protéger. Le Seigneur des Ténèbres n'avait pas encore fait libérer les mangemorts pris lors de l'assaut du Département des Mystères, les laissant vraisemblablement encore pourrir un moment là-bas comme punition pour leur échec et la perte de la prophétie.

0o0o0

Les au revoir furent joyeux et intenses, après tout ils se reverraient sans doute dans quelques mois. Morwen les fit promettre d'écrire, tous, même l'acariâtre chauve-souris des cachots et les enlaça fermement avant de les laisser partir. Orsu glissa encore quelques encouragements à l'oreille d'Elie, fit pareil pour son frère et les laissa aux bras de ses enfants avant qu'ils ne prennent tous le portauloin fourni par la Ministre française de la Magie. Ils avaient passé pratiquement un mois au Clan, un mois délicieux, presque coupé du monde, mais il leur fallait rentrer à présent. Ils atterrirent dans le petit salon de l'Impasse du Tisseur, Severus se refusant à donner à la Ministre française l'adresse du Manoir. Eiden faillit tomber à la renverse à l'atterrissage, à nouveau, mais son père le retint juste à temps, un petit sourire aux lèvres. Et même si l'adolescent savait qu'il se moquait un peu, Severus s'était tout de même placé à son côté en prévision, connaissant son intolérance pour la plupart des transports magiques. Grand bien lui en fut.

— Nous allons devoir rester trois nuits ici, déclara Severus, le Seigneur des Ténèbres a besoin de mes services et je ne doute pas qu'après une si longue absence il envoie des mangemorts ici pour vérifier que je suis bien à l'Impasse.

— Penses-tu qu'il se doute de quelque chose ? interrogea Eiden.

Le professeur secoua la tête.

— Non, il n'aime seulement pas que ses sbires ne lui soient pas totalement dévoués et il ne goûte guère à mon petit séjour en France, pour mon propre plaisir. Il préférerait que je sois tout entièrement tourné vers lui.

— Je vois, fit le jeune homme en grimaçant, et possessif avec cela.

Severus ne releva pas l'humour et fit disparaitre d'un coup de baguette les valises de chacun dans leurs chambres respectives.

Et en effet, le lendemain, comme Severus l'avait prévu, un mangemort, en la personne de Davis Rosier se présenta à leur porte. Ce fut Elie qui le trouva devant la cheminée, toute vêtue de noir. Gardant un visage de marbre elle se hâta de chercher son père pour le prévenir. Celui-ci descendit bien vite et adressa un salut de la tête au nouvel arrivant.

— Severus, tes vacances ont-elles été agréables ?

L'homme avait une voix polaire et un regard de glace, il ne respirait guère la bonhomie ou la gentillesse. Ou une quelconque humanité d'ailleurs.

— Elles l'ont été, répondit seulement le potionniste.

— Le Maître s'attend à ce que tu le trouves au plus vite, maintenant que tu as pu prendre quelques congés, grimaça l'homme, apparemment il ne goûtait guère au privilège qu'avait eu le potionniste.

— J'irai le voir, comme il le sait j'ai réalisé ce qu'il m'a demandé.

— C'est préférable.

Severus haussa à peine un sourcil, si cet imbécile croyait pouvoir le menacer, il rêvait en couleurs.

— Il est encore très en colère pour l'incident du Département des Mystères, comme tu le sais, il serait donc préférable de ne pas le faire trop attendre.

— Ce n'est pas ce que je comptais faire, le Maître sait mon dévouement pour lui et sa cause, il sait que je lui suis fidèle.

L'autre voulu ajouter quelque chose, visiblement jaloux de la confiance que portait Voldemort en Severus, mais à ce moment entrèrent Rose et Eiden, tous deux partis faire quelque course en ville, le dispensant de toute réponse.

— J'ignorai que tu étais en si bonne compagnie, sussura Rosier, son regard balayant la silhouette mince de Rose.

La femme le salua poliment, se présentant succinctement.

— Chambort, fit le mangemort, quelle surprise ! Je suis heureux que vous ayez considéré notre offre finalement. Elle ne semblait guère vous intéresser jusqu'ici.

Elle ne répondit pas, Severus le fit :

— Il semblerait que mes arguments aient été plus convaincants que les tiens Davis.

— Il semblerait en effet, dit l'autre en inclinant la tête. Mais peu importe, seul le résultat compte.

Il continua de contempler la femme un instant puis se tourna à nouveau vers Severus.

— Je suis certain que le Maître se montrera très intéressé par ta nouvelle situation, déclara l'homme.

Le potionniste garda le silence et Darius coula un regard acéré sur ses enfants.

— Lucius m'a parlé de ta progéniture, mais je n'avais pas encore eu la chance de les rencontrer.

Eiden s'avança, presque à contrecœur, et inclina brièvement la tête avant de se présenter, il ne se retira pas ensuite, restant tout près de sa sœur alors qu'elle faisait de même.

— Tes enfants ont tellement de potentiel Severus, de si belles recrues pour notre cause…

Rosier ne cachait pas son intérêt, ni sa convoitise, Severus voulait plus que tout l'étrangler et le faire disparaitre une bonne fois pour toutes de la surface de la terre.

— Enfin, des affaires m'attendent et je ne puis rester plus longtemps ici, continua Rosier. Mademoiselle Chambord, au plaisir de vous revoir. Severus, à bientôt, j'imagine.

Le potionniste le laissa partir sans un mot et le mangemort disparut dans une gerbe de flammes vertes.

— Charmant personnage, murmura Rose alors qu'Elie se rendait à l'étage, suivi de son frère.

— Et ce n'est pas le pire, crois-moi, attends de rencontrer Rodolphus, répondit son compagnon en faisant venir à lui un verre de whisky pur feu.

Il se laissa tomber sur le canapé et Rose s'installa plus posément à ses côtés. Elle déroba une gorgée d'alcool dans son verre et souffla :

— Je n'aime pas le voir près des enfants.

— Ni lui ni les autres soupira Severus, et je ferai ce que je peux.

— Tu ne pourras pas toujours les tenir à l'écart, rétorqua la française.

— Si je n'ai pas le choix, en dernier recours, je déserterai ses rangs.

Rose le regarda, surprise :

— Tu abandonnerais ton statut d'espion ?

— S'il s'approche trop des enfants, ou de toi, oui, je le ferai.

Rose resta un moment silencieuse puis elle embrassa sa joue.

— Tu es vraiment quelqu'un d'extraordinaire Sev, c'est si triste que tu ne t'en rendes pas compte.

Il embrassa ces lèvres pour ne pas répondre et ils profitèrent de ce moment, de plus en plus enflammé, jusqu'à ce qu'Eiden, en descendant, ne les fasse se séparer.

— Désolé, désolé je ne fais que passer, s'excusa-t-il en traversant le salon.

Rose sourit tandis que Severus posait sa tête contre son épaule en grommelant.

— Tu sais ce qu'on dit à propos des enfants, rigola la femme.

— Qu'ils sont la fin de la vie sexuelle de leurs parents, marmonna le professeur.

— Vous n'avez cas avoir une vie sexuelle ailleurs que dans le canapé du salon ! cria l'adolescent de la cuisine.

— Maudit gamin ! gronda son père, mais il suivit tout de même son conseil et mena sa compagne à sa chambre.

Comme prévu par Severus, ils restèrent encore deux jours à l'Impasse et furent invités au Terrier pour fêter l'anniversaire des jumeaux. Le potionniste avait accepté de le faire là-bas pour les enfants, et aussi, car il ne voulait pas révéler à un aussi grand nombre de gens l'existence du Manoir. Rose et les enfants y avaient été depuis le matin, pour aider, tandis que lui faisait une visite obligatoire auprès du Seigneur des Ténèbres. L'homme apparut au bout du jardin des Weasley, un peu à l'écart de l'agitation qui y régnait. Il croisa l'ainé des rouquins, Bill qui lui indiqua d'un geste de mai l'endroit où Rose se tenait, enchantant de jolies lanternes pour éclairer la table du repas. Il arriva silencieusement à sa hauteur et la serra contre lui. Si la femme sursauta d'abord, surprise, elle se pressa ensuite contre le torse aimé.

— Tu es revenu, souffla-t-elle.

— À l'instant.

Elle fourra sa tête dans son cou et resta ainsi un moment, la main de Severus câlinant sa nuque pâle.

— Comment c'est passé ta journée ? s'enquit-t-il.

— Agréable, Molly est adorable et ses enfants aussi.

— Je ne pense pas que l'on puisse qualifier la paire Weasley d'adorable, opposa le professeur de potion. Une terreur, une catastrophe, un ouragan, mais pas adorable.

— Je l'ai aimé bien, ils sont divertissants.

— Ça, ils le sont, sans aucun doute, soupira l'homme, ça se voit que tu n'as jamais d'eut leur enseigner quoi que ce soit.

Rose sourit, mais ne dit rien. Elle savait que malgré tout ce qu'il pouvait dire, Severus aimait enseigner, malgré tout.

— Ils font du bien à Elie. Elle est si triste depuis quelque temps.

— Je sais, j'ai remarqué aussi. Elle s'en fait pour Drago.

La française opina, elle savait que la jeune fille s'inquiétait beaucoup pour son compagnon, mais ils ne pouvaient rien faire pour le moment.

— Papa, tu es rentré, fit d'ailleurs la voix de celle-ci.

Severus se décolla un peu de la rousse pour voir sa fille. Elle portait une longue pile d'assiettes dans les mains, toutes dépareillées. Il attendit qu'elle la pose sur la table et vint la serrer contre lui.

— Ça a été ?

— Oui ne t'en fait pas El, c'était simplement une visite de courtoisie.

— Je ne suis pas certaine que l'on puisse employer ce terme, souffla la fille en se séparant de lui.

— Non tu as raison, mais en tout cas il n'est rien arrivé.

— Je l'espère.

— Tu as l'air fatiguée El, fit soucieusement son père.

— Ça va papa, ne t'en fait, répondit-elle doucement en plaçant les assiettes sur la table.

Rose échangea un regard éloquent avec son compagnon, mais avant que celui-ci ne puisse insister, elle avait rajouté :

— Je suis simplement nerveuse à cause de demain. Je veux que tous se passent au mieux.

Elle disparut ensuite promptement, avant qu'un des adultes ne puisse la retenir. Laissant la place à Molly qui vint ensuite pour accueillir Severus.

— Merci de faire cela pour eux, dit le potionniste.

— Oh c'est un plaisir, rétorqua la femme en tapotant son bras. C'est si bon de les avoirs tous ici. Mais comment c'est passé votre séjour en France ?

— Bien merci, répondit l'homme, ce fut reposant.

— C'est une bonne chose, vous en faite trop, le rouspéta l'épouse Weasley sous le regard rieur et un peu moqueur de Rose.

Le professeur ne répondit pas, le nez un peu relevé.

— Je vais prévenir Eiden que vous êtes rentré, il s'inquiétait pour vous.

La mère de famille regagna la maison sur ses derniers mots et Severus la suivit avec Rose, désirant rassurer son fils. Il le trouva à l'intérieur de la petite maison biscornue, sortant des couverts d'un vieux buffet en compagnie de ses amis Ron et Hermione.

— Hey papa tu es rentré ! s'exclama-t-il en bondissant hors de portée des couteaux qui avaient soudain jailli du tiroir, œuvre de Fred Weasley.

— Il semblerait, fit placidement le plus vieux.

L'adolescent lui adressa une grimace.

— Et tu es revenu à temps pour le diner.

— Je ne prévoyais pas de le louper, opposa l'homme.

Il avait assez manqué de la vie de ses enfants pour ne plus être absent à aucun de leurs anniversaires ou fêtes dorénavant. Sous aucun prétexte, même le Seigneur des Ténèbres ne pourrait l'en empêcher.

— As-tu passé une bonne journée ? s'enquit l'adulte.

— Oui, Ron et Hermione m'avaient manqué. Le jeune homme continua avec un sourire rusé. Hermione a eu presque tous ses BUSES. Il n'y a que pour la Défense contre les Forces du Mal qu'elle a eu un effort exceptionnel. Je crois qu'elle est soulagée d'avoir fait mieux qu'Elie.

Le garçon rit et la jeune née-moldue rougit.

— C'est normal qu'Enor ait eu moins en Histoire de la Magie, elle a tout à récupérer.

— Ne cherche pas d'excuse, tu es simplement satisfaite, ricana le fils Rogue.

La rougeur de l'adolescente progressa encore et elle lança à son traitre d'ami :

— C'est sûr que ce n'est pas tes piètres souvenirs des cours du professeur Binns qui aurait pu l'aider, fit-elle, perfide.

Le rire du garçon explosa, clair et joyeux, remplissant la petite pièce chaleureuse.

Les résultats des BUSES étaient arrivés la veille et si les jumeaux avaient complètement oublié leurs existences, le Collège non et il l'avait fait envoyé à l'Impasse. Eiden c'était plutôt bien débrouillé, même s'il avait complètement foiré les épreuves de Divination et d'Histoire de la Magie (les circonstances n'étaient pas vraiment de son côté) il c'était en revanche plutôt bien débrouillée sur le reste et avait même obtenue quatre Optimal, en Potions, Métamorphose, Sortilège et en Défense contre les Forces du Mal. Elie en avait obtenu plus, dans toutes les matières excepté en Histoire de la Magie et Astronomie. Mais elle était meilleure élève que son frère qui lui, n'appréciait pas plus que cela travailler sur ses cours. Il travaillait bien sûr, mais ne passait pas non plus ses soirs et week-end sur ses devoirs. Ron n'avait pas eu d'Optimal, mais sans n'était sorti tout de même honorablement. Pansy avait également eu quatre Optimal, Blaise cinq, Théo et Drago sept. Severus était très fier d'eux tous et avait même glissé à Ron discrètement durant la soirée qu'il avait fait du bon travail dans sa matière, inutile de dire que le rouquin en était rester coint un moment, bien que Molly enflait de fierté. Les Rogue, Ron et Hermione furent d'ailleurs chaleureusement félicités par Tonks et Remus, venu pour l'occasion. Molly avait confectionné un repas succulent et tout le monde se régala, comme à l'accoutumée. Mais avant d'apporter le dessert, alors que les estomacs de tous étaient déjà bien remplis, Severus quitta la table.

— Où vas-tu ? interrogea Eiden, inquiet qu'il ait été appelé par le biais de la Marque.

L'homme lui fit un sourire rassurant.

— J'ai un cadeau pour vous qui ne peut être emballé.

Le garçon fronça les sourcils.

— Nous avons déjà eu tes cadeaux.

— Et bien c'en est un autre, répliqua son père en s'éloignant.

Les autres se chargèrent de distraire les jumeaux le temps que le potionniste revienne et soudain Elie s'immobilisa et murmura, surprise :

— Drago ! Blaise !

Eiden se retourna immédiatement, manquant de se briser la nuque. On leur avait dit que leurs compagnons ne pourraient être là, à cause des protections mises en place et que c'était trop dangereux pour tout le monde et pourtant, ils étaient là. Sans plus attendre, les jumeaux se jetèrent dans les bras de leurs petits amis. Eiden fourra sa tête dans le cou de Blaise et les bras de Drago se refermèrent sur Elie, la blottissant contre lui.

— Tu m'as tellement manqué, chuchota le fils de Severus contre l'oreille brune.

— Toi aussi mon cœur, tu m'as horriblement manqué, répondit Blaise en le serrant un peu plus.

— Ces dernières semaines sans toi, commença Eiden sans finir, sachant que l'autre comprendrait sa pensée.

— On se quittera le moins possible maintenant je te le promets.

Eiden hocha la tête et resta un moment sans plus bouger, profitant seulement du corps chaud pressé contre lui. Il était vaguement conscient du soulagement et de la joie de sa sœur de retrouver Drago, mais il n'entendit pas ce que le blond lui murmurait tout en cajolant son dos et sa nuque. Elie avait complètement enterré son visage contre la poitrine musclée de son compagnon et ne semblait pas non plus décidée à bouger dans l'immédiat. Eiden entendait que les autres avaient repris leurs conversations, sans doute pour ne pas les déranger, mais il n'arrivait pas à se sentir gêné du fait qu'il était actuellement en train de tenter de fusionner avec le corps de Blaise en public, et lui-même ne semblait pas non plus s'en préoccuper. Il jouait avec les cheveux de son petit ami, étroitement collé à lui, l'entourant de son odeur virile, satisfaisant parfaitement les instincts et le cœur du fils Rogue de le savoir au plus près de lui. Un moment passa puis il parvint enfin à s'écarter un peu, juste assez pour voir le visage de son amant et de lui coller un baiser époustouflant sur les lèvres.

— Bon anniversaire Den, murmura le basané contre ses lèvres.

Eiden sourit et le remercia avant de l'embrasser à nouveau.

— Allez viens caru, fit Blaise doucement après qu'ils se soient séparés.

Gardant sa main dans la sienne, le basané le mena à la grande table, saluant tout le monde poliment pour les adultes et plus chaleureusement pour les plus jeunes. Drago et Elie ne tardèrent pas à les imiter, mais le blond resta un moment figé devant la table, debout et mal à l'aise.

— Je … commença-t-il en balayant l'assemblé du regard.

Il rencontra le regard chaleureux de Molly et prit son courage à deux mains.

— Je suis désolé pour tout ce que j'ai pu dire ou faire contre vous.

— Il n'y a pas de problème mon garçon, le rassura gentiment Arthur en l'invitant à s'asseoir.

Le blond sembla hésiter encore, mais Remus lui dit :

— Tu n'étais qu'un enfant Drago, si quelqu'un est à incriminer c'est ton père et son éducation déplorable.

— Et puis nous non plus on ne c'étaient pas rendu compte que tu étais fréquentable finalement, rit l'un des jumeaux Weasley.

Le jeune homme eut un faible sourire et s'assit près d'Elie dont il n'avait jamais lâché la main.

— Un morceau de gâteau mon chéri ? interrogea l'épouse Weasley en lui tendant une vielle assiette à dessert ébréchée.

— Euh … oui Madame.

— Oh appelle-moi Molly comme tout le monde mon garçon.

Une légère rougeur envahit les joues et le nez de Drago et il plongea le regard dans son assiette, un peu gêné.

Le repas pourtant se déroula au mieux, Blaise et Drago connaissant suffisamment bien les autres adolescents pour ne pas se sentir trop gêné, et les adultes leurs posant quelques questions sur la façon dont c'était passé leurs vacances et leurs résultats de BUSES. Lorsque tout le monde repartit, il était très tard et beaucoup tombaient de fatigue. La famille Rogue plus les deux compagnons des enfants prirent la cheminette pour l'Impasse du Tisseur avant de la reprendre pour gagner le Manoir. Paddy, un des elfes de maison les accueillit et bientôt chacun couple gagna sa chambre.

Drago s'installa rapidement sous les couvertures douces du lit de sa compagne, les draps ne portaient plus son odeur, les elfes les avaient lavés bien sûr et elle n'y avait pas dormi depuis Noël, mais il y était bien tout de même. C'était son lit, sa chambre, tout ici portait sa marque, l'adolescente ayant investi l'endroit aux dernières vacances. Il écouta Elie prendre une douche rapide, le bruit de l'eau dégringolant puis il la prit contre lui quand elle revint.

— Tu as bronzé, sourit-il en embrassant une épaule un peu plus foncée.

— Il fait chaud au Clan, répondit-elle simplement.

Il continua à faire bouger ses lèvres contre sa peau, il ne se sentait plus du tout fatigué. Il voulait profiter au maximum de sa compagne après ce mois de séparation. Ses doigts glissèrent le long de ses hanches, la pressant contre lui et elle répondit en lui caressant le dos, passant ses petites mains sur sa chute de reins, lui arrachant un soupir.

— Tu as maigri, souligna-t-elle.

Il ne répondit pas, elle savait que ce mois avait été compliqué, avec la pression du Seigneur des Ténèbres. L'emprisonnement de son père aurait dû être une bonne chose, mais tout se transformait en cauchemar. Mais il ne voulait pas penser à cela maintenant, alors il l'embrassa, passionnément, attrapant son visage fin entre ses longues mains. Elle lui avait tant manqué. Il glissa une main sur sa taille et la serra, un peu fort. Elie s'écarta alors brusquement et la ferveur de leurs retrouvailles se brisa.

— Qu'est-ce que … fit le blond, surpris.

L'adolescente ferma douloureusement les yeux puis souffla :

— Rien, j'ai juste eu … peur.

— Peur ? Est-ce que je te fais peur ? demanda anxieusement son compagnon.

— Non, c'est juste cette façon de me tenir. Cela m'a rappelé des choses.

Drago fronça les sourcils, elle n'avait plus eu de telles réactions depuis des mois. Pourquoi maintenant, lui avait-il fait du mal ?

— Ce n'est pas de ta faute, dit-elle immédiatement pour le rassurer, devinant ses pensées. C'est juste moi qui …

— Ce n'est pas toi, coupa Drago en prenant doucement sa main, lui laissant l'opportunité d'éviter le contact. Ce n'est pas de ta faute si ce monstre t'a fait du mal.

Elle ne répondit pas.

— Pourquoi maintenant El ? Qu'est-ce que j'ai fait, qu'est-ce qui s'est passé pour que tu … pour tu réagisses à nouveau comme cela.

La jeune fille lui adressa un regard triste, mais retourna lentement contre lui.

— Se sera toujours comme cela Drago, parfois cela ira et d'autres fois non.

— Je sais cela, mais aujourd'hui est différent, dit doucement l'adolescent en nouant lâchement ses bras autour d'elle, ce n'est pas un souvenir, tu as peur, je le vois bien.

Les yeux d'Elie se voilèrent un instant et l'autre voyait bien qu'elle répugnait à lui répondre, mais il l'encouragea d'une douce pression de la main.

— Il était là-bas, au Ministère en juin, lâcha-t-elle finalement.

— Comment ? fit le blond un peu stupidement.

— L'homme qui m'a agressé était au Ministère, c'était l'un des mangemorts, déclara-t-elle très bas.

— Tu sais qui il est ?

— Non, je sais seulement que c'est l'un d'eux.

— Alors cela pourrait être le père de Théo ou … le mien.

Cette pensée donnait la nausée à Drago. Si jamais il découvrait que son père avait fait cela, il le tuerait de ses propres mains. Il le ferait bruler vif jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de lui et de sa folie. Il n'arrivait pas à croire qu'il ait pu faire une telle chose, Lucius était devenu fanatique, c'est vrai, mais jamais Drago ne l'aurait imaginé avoir recours à de telles méthodes. Le sexe n'avait d'ailleurs que très peu d'importance pour lui, ne jugeant même pas utile de prendre des maitresses. Mais le viol n'était pas une histoire de sexe, mais de pouvoir, et le pouvoir, Lucius en raffolait. Un frisson parcourut son dos et il eut soudain honte de son corps, ce corps qui ressemblait tant à celui de son géniteur. Elie passa une main un peu tremblante sur son torse dénudé et il eut la brusque envie de se retirer, il ne voulait pas qu'elle le touche si jamais, si jamais Lucius avait fait ça. Il ne voulait pas qu'elle se force. Mais à nouveau la jeune femme sembla lire dans ses pensées :

— Même si c'est Lucius, dit-elle doucement, la voix un peu hachée, ce n'est pas toi. Il n'est pas toi, je le sais, tu le sais. Tu ne m'as jamais fait de mal.

— Et si c'est Darius ?

— Théo n'est pas lui. Aucun de vous ne l'est.

Drago acquiesça et enfouit sa tête contre celle de la jeune fille. Lentement elle ramena la main du garçon contre sa hanche et il la caressa très doucement.

— Je sais que ce n'est pas toi, répéta-t-elle, comme un mantra, pour les convaincre tous les deux.

— Je ne pourrais jamais te faire de mal.

— Je le sais, j'ai confiance en toi.

Sa voix ne tremblait plus et elle se détendait progressivement contre le corps de l'autre jusqu'à finir par s'assoupir, bien calé dans ses bras. Le soleil de l'été les réveilla le lendemain, léchant les couvertures douces de leur lit.

— Dray il faut y aller, chuchota la jeune femme à l'oreille de son compagnon.

Le susnommé ouvrit un œil embrumé par le sommeil et contempla d'un air critique sa petite-amie de bien bonne humeur.

— C'est une excellente journée ! continua l'adolescente.

— Une excellente journée serait celle où l'on tiendrait le lit tout du long, bougonna le garçon en resserrant son étreinte sur elle.

Elle rit et se dégagea.

— Je vais à la douche.

Il répondit par un grognement, enfouissant son nez dans son oreiller.

— Tu viens ?

Étonnamment cette question sembla réveiller complètement le fils Malfoy qui envoya valdinguer les couvertures pour sortir du lit d'un bond. En trois pas il avait rejoint sa compagne et la tirait dans la salle de bains attenante. La douche dura un peu plus de temps que nécessaire, mais bientôt les deux jeunes gens rejoignirent les autres en bas, les cheveux encore un peu humides. Rose et Severus étaient déjà levés, partageant un thé en attendant les plus jeunes. La main de la femme reposait sur la cuisse de l'homme et celui-ci la caressait tendrement, plongé dans la discussion. Ils levèrent tous les deux la tête à leur apparition, mais n'ôtèrent pas leurs mains.

— Bien dormi ? interrogea Rose en faisant venir à eux deux tasses de porcelaine alors qu'ils prenaient place.

— Très bien, assura Drago en prenant le thé.

Le regard de la femme s'attarda sur eux, comme s'il elle avait deviné ce qui c'était passé avant qu'ils ne s'endorment, mais elle n'ajouta rien. Elle se contenta d'interroger le blond sur ces vacances jusqu'à ce que Blaise entre, poussant doucement un Eiden endormit devant lui.

— Bonjour, dit le basané en souriant.

— 'Jour, grommela Eiden avant de se laisser tomber près de sa sœur et de laisser tomber sa tête sur son épaule.

§ Nuit agitée ?§ se moqua gentiment la jeune fille.

§ On ne s'était pas vu depuis longtemps §, rappela Eiden.

§ Pas besoin de lui sauter dessus pour autant §

§ Eh ! C'est lui qui l'a fait § protesta le garçon.

§ Comme si tu l'avais empêché §

Eiden fit basculer sa tête dans son coup, mais garda le silence, gémissant simplement. Son père lui lança un regard par-dessus sa tasse, mais ne dit rien, ne voulant certainement pas en savoir plus sur les activités nocturnes de son fils. Les deux adultes les firent ensuite transplanné près du Manoir de la péninsule de Gower, pour que les jumeaux puissent prendre possession de leurs héritages. Rose, Severus, Drago et Blaise restèrent en arrière, laissant les jumeaux s'avancer seuls le long de l'allée pavée. Le portail les avait laissé entrer sans opposer de résistance et la porte d'entrée fit de même. Ils se retrouvèrent dans un hall spacieux, orné de deux grands escaliers et d'une porte battante, donnant sur un grand salon meublé à la française.

— C'est plus grand que le Manoir Prince, fit Eiden alors qu'ils visitaient l'endroit.

— Oui, mais c'est une bonne chose, fit sa sœur.

Ils passèrent rapidement à l'étage puis sortir, pour rassurer les autres qui les attendaient dehors. Entre temps trois gobelins de Gringotts avaient fait leur apparition. Rose était occupée à parler avec eux, en gobelin pendant que les trois hommes discutaient plus loin.

— Vous voilà, fit la femme en les voyant.

— Pas de problèmes ? interrogea Severus.

— Non, pas le moindre, répondit son fils, l'endroit est adapté, je suppose, c'est vraiment très grand.

La suite fut un peu précipitée, si bien qu'Eiden n'en gardait que peu de souvenirs. Les gobelins mandatés par la Banque ajoutèrent des sortilèges de protections à ceux déjà posés sur le Manoir de Gower et après un rapide passage dans les autres demeures, les adolescents et jeunes adultes réfugiés dans la petite maison d'Andromeda s'installèrent dans leur nouveau chez eux. Il était tard lorsque les Rogue et leurs compagnons respectifs revinrent au Manoir Prince, et Severus et Rose ne tardèrent pas à prendre congé, et les plus jeunes à se retirer dans le salon partagé de leur appartement.

— C'était plus simple que ce que j'ai pu croire, fit Drago, abordant le sujet le premier.

— C'est aussi ce que je pense, opina Eiden. Tout s'est remarquablement bien passé.

— Aksel, Eryn et les autres semblent bien s'entendent, remarqua Elie.

— Il vaut mieux, déclara le blond, ils ont tout de même passé un mois ensemble dans cette maison, et cela va continuer.

— Ils pourront sortir dans le domaine cette fois, qui est vraiment respectable et Père leur a fourni des doses de Polynectar, ainsi que des cheveux de moldus. Même s'ils doivent l'éviter ils peuvent sortir à présent, expliqua Elie en faisant venir à eux d'un coup de baguette le thé préparé par les elfes.

— Rose et Severus leur ont donné des cours ? interrogea Blaise qui caressait le genou d'Eiden d'un geste circulaire.

— Oui, répondit son amant. Apparemment, McGonagall, Flitwick, Lupin, Chourave, Babbling et Vector ont fourni des notes de cours, des exercices et des fiches, sur la demande de Père.

— Il les a prévenus de ce que vous faites ? s'enquit Blaise, surpris.

— Non, il a juste parlé d'élèves qui voulaient ''réviser'' pendant leur été et les autres s'en sont contentés et n'ont pas cherché à en savoir plus.

— Tu penses qu'ils se doutent de quelque chose ?

— Tu as déjà vu Sev aider ainsi des élèves qui ne sont pas de sa maison, ricanna Drago. Je suppose qu'ils ont devinés, mais il est mieux pour tout le monde qu'ils ne fassent comme de rien n'était.

— McGonagall et Lupin sont au courant, intervint Eiden, ils sont dans l'Ordre et Père leur à parler de ce qui se tramait, c'est bon pour nous de les avoirs de notre côté et qu'ils fournissent les autres.

— Et Dumbledore ? demanda Blaise.

— Il est au courant, mais Père lui a bien fait comprendre de ne pas s'en mêler, vu le peu d'effort qu'il a fait les concernant.

— Je vois, dit le basané à mi-voix, continuant ses caresses.

— Je pense que Bathsheda est au courant aussi, fit songeusement Elie.

— Bathsheda ? interrogea Drago, les sourcils fronçés.

— Bathsheda Babbling, la professeure de Runes anciennes, continua la blonde. C'est une ancienne de Beauxbâtons, Rose l'a connait, elles en ont discuté lorsque Rose a annoncé sa relation avec Severus et son départ de France.

— Oh je vois … Tu l'as connais ?

— En dehors de Poudlard non, elle venait de prendre son poste à Poudlard lorsque Rose m'a recueilli, elles ne se sont plus vu ensuite. Elles ont renoué récemment, lorsque Severus lui a dit que Rose venait sur l'île. Elles étaient dans la même promo. À l'époque les enseignants de Runes du Royaume-Uni n'étaient pas très réputés, Dumbledore l'a embauché à la fin de son apprentissage, peu de temps après sa sortie de l'Académie.

— Il a eu raison, elle est plutôt douée, approuva Blaise.

— On ne peut malheureusement pas en dire autant de tout le monde, grommela Drago, ce qui fit rire les autres.

— Sait-on qui va remplacer Ombrage cette année ? demanda Blaise.

L'ancienne Inquisitrice ayant été écartée de son poste et Dumbledore réintégré, il fallait retrouver un nouveau prétendant au poste de professeur de Défense Contre les Forces du Mal pour le Collège.

— Non, Père ne nous a rien dit, Dumbledore n'a semble-t-il toujours pas trouvé, expliqua Eiden en s'enfonçant un peu plus dans son fauteuil.

— Il faudrait peut-être qu'il se bouge, signala le fils Malfoy, il ne reste plus qu'un mois et il est impensable qu'il n'en ait pas un à la rentrée.

— Il va finir par trouver, déclara Eiden, il l'a toujours fait.

— En espérant qu'il soit meilleur cette fois-ci, dit Blaise.

0o0o0

Rose et Severus étaient tous les deux confortablement installés dans la spacieuse baignoire du potionniste, la fragrance des savons coûteux. L'homme avait enlacé la femme, qui, étendue contre son torse, reposait entre ses jambes. Liant leurs doigts sur son ventre, Rose caressait la cuisse du brun de ses doigts minces. Chacun profitait du calme de la soirée, après la journée un peu agitée qu'ils avaient passée. Puis soudain Severus murmura quelque chose et une lettre apparut dans sa main, qu'il tendit à son amante. Voyant la femme lever des yeux interrogatifs vers lui, il l'encouragea du regard.

— Qu'est-ce que c'est ?

— Un cadeau, répondit l'homme.

Elle eut un sourire tendre.

— C'est l'anniversaire des enfants, rappela-t-elle en chatouillant légèrement la peau de marbre sous sa paume.

— Et alors ?

— Et alors ce sont eux qui doivent recevoir des cadeaux, Sev.

— Tu crois qu'ils n'ont pas été assez gâtés ? interrogea le professeur en serrant un peu plus sa taille.

Elle sourit simplement.

— Et j'ai le droit de te faire un cadeau quand l'envie m'en prend, continua l'homme, d'ailleurs ce cadeau et autant pour toi que pour moi.

Rose leva un sourcil interrogateur, mais finit par se saisir de la lettre, soufflant un sortilège pour sécher ses mains. Elle fit sauter le sceau de cire sans trop y faire attention et parcourut le parchemin avec attention. Arrivé au bout elle releva les yeux vers son compagnon, complètement saisit :

— Qu'est-ce que …

— C'est une proposition de travail.

— Je le vois bien, mais comment …

— J'ai pu parler au Directeur de ta situation et j'ai pu … hum … te recommander pour un poste à Poudlard. Il semblerait que Bathsheda en ait eu vent et ait insisté auprès de Dumbledore pour qu'il t'embauche, arguant que tu pourrais apporter beaucoup à cette institution. Elle semble vouloir te demander de la seconder dans ses recherches également et pense que ton arrivée en Angleterre tombe à point nommé. Nos deux interventions ne sont apparemment pas tombées dans l'oreille d'un sourd.

— Je ne peux pas croire qu'il me propose un poste de professeur, il ne connait rien de mes capacités.

Severus soupira.

— Rose, c'est Dumbledore, il a tous les moyens de se renseigner et ta réputation n'est plus à faire. Il sait parfaitement que tu en es capable, tout comme moi.

— Tu le penses ?

— Si je peux enseigner à ces crétins abyssaux, tu peux le faire, tu es bien plus patiente et compréhensive que moi. Et tu as beaucoup de choses à leur apprendre, bien plus que ce que ces cornichons peuvent retenir …

La rousse rit et poussa légèrement l'homme du coude.

— C'est une belle opportunité pour l'école d'ouvrir une nouvelle option maléfice et enchantements d'objets, ce n'est pas une discipline très rependue ici et tes capacités seront profitables pour tous les petits imbéciles qui auront la sagesse de suivre tes cours.

Severus passa sa main le long du flanc de Rose et elle attrapa sa main pour la serrer dans la sienne.

— Et puis tu pourrais vivre avec moi au Château, avec moi et les enfants, tu n'aurais pas à passer tout ce temps de scolarité seule loin de nous.

— J'avoue que l'idée est tentante, dit la femme. Mais me supporteras-tu tout le temps auprès de toi.

— Rien ne pourrait me faire plus plaisir, assura Severus en embrassant ses cheveux. Je m'inquiète tellement de te savoir seule durant toute cette année, j'en aurais abandonné mon poste s'il n'y avait pas eu les jumeaux.

— Tu aurais fait cela ? s'enquit, surprise, sa compagne.

— Bien sûr que je l'aurai fait Rose, répondit le potionniste en serrant ses cuisses autour d'elle. Je ferai n'importe quoi pour toi, chuchota-t-il à son oreille.

— Et moi aussi, répondit-elle sur le même ton avant de se laisser entrainer dans un baiser époustouflant.

— Alors, vas-tu accepter ? s'enquit Severus en glissant ses lèvres le long de sa joue, effleurant sa peau de son nez.

— Je pense en effet, répondit Rose avant de fermer les yeux sous les baisers tendres de son amant.

— Peut-être que c'est toi qui ne vas pas me supporter.

— Je sais ce que tu es Severus, et j'ai très envie de partager les appartements de la Chauve-souris des cachots, sourit-elle.

— Je ne vais plus vivre dans les cachots cette année tu sais, rétorqua l'homme en souriant lui aussi.

— Je doute que cela suffise à effacer ce surnom, riposta la rousse.

— Tu côtoies trop Eiden, grommela le professeur.

Elle l'embrassa pour se faire pardonner, ce qui marcha plutôt bien, à en juger par les mains de l'homme qui se firent bien plus entreprenantes.

Le lendemain, Rose annonça l'heureuse nouvelle aux quatre adolescents qui en furent très heureux, surtout les jumeaux qui s'étaient inquiétés de la savoir seule et sans rien pour s'occuper l'esprit durant toute l'année. Les deux autres avaient hâte d'en savoir plus sur les maléfices et l'enchantement d'objets et ils gageaient qu'ils ne seraient pas les seuls. Lorsqu'Hermione apprendrait cela … L'annonce de Severus passa cependant moins bien.

— Tu as fait quoi ! s'exclama Eiden.

— J'ai accepté le poste de professeur de Défense contre les Forces du Mal, répéta calmement l'homme.

— Pourquoi as-tu fait cela ! Es-tu fou !

— Cela ne change pas grand-chose Eiden, je vais simplement vivre un peu plus haut dans les étages, c'est tout.

Le jeune homme lui lança un regard acéré.

— C'est loin d'être tout et tu le sais parfaitement !

— Qu'elle est le problème Eid ? interrogea doucement Rose qui ne comprenait pas la colère de brun.

— Le problème, cracha l'adolescent, c'est que ce poste est maudit ! Personne n'a pu le tenir plus d'un an. Certains n'ont même pas fini l'année, mais cela, Père ne t'en a rien dit je suppose !

La femme adressa un regard oblique à son amant qui conservait son regard complètement calme.

— Je ne vais rester qu'un an, car ce n'est que pour un an, Eid, l'année prochaine je reprendrai mon poste de professeur de Potions.

— Si tu es toujours en vie pour cela ! opposa le plus jeune.

— Eid … commença-t-il.

— Non, un mort, un fou, deux renvoyés, un enfermé dans une malle et un embrassé par les détraqueur, qu'est-ce qu'il te faut comme preuve en plus ? Veux-tu devenir le premier assassiné ?

— Eiden rien de fâcheux ne va se passer, ce n'est que pour un an de toute façon, rien ne va m'arriver, tenta d'apaiser son père.

— Non ! Tu ne peux pas dire cela ! Tu n'en sais rien ! Être espion n'était pas suffisant, il fallait que tu tentes aussi ceci ! Tu n'es qu'un égoïste, tu te fiches de moi, d'Elie, de Rose, et même de Drago.

— C'est faux et tu le sais Eiden, je ne me fiche pas de vous, vous êtes ce qui m'est le plus précieux. Ce n'est qu'un poste, ce n'est que pour quelques mois …

— Non, ne dit pas cela, tu n'en sais rien, tu ne peux pas savoir. Cela ne te suffisait pas que je perde Maman, James, Sirius, Cedric, il fallait que tu t'ajoutes à la liste.

Eiden pleurait à présent et Severus voulut s'avancer pour le prendre dans ses bras, mais l'adolescent se recula, glaçant le cœur de son père avant de hurler :

— Non ! Ne me touche pas ! Tu n'es qu'un égoïste, tu ne penses qu'à toi, tu te fiches de ce que je peux ressentir. Le garçon essuya rageusement les larmes qui coulaient de ses beaux yeux émeraude. Tu n'as qu'à prendre ce poste, comme cela tu pourras mourir en héro et satisfaire tes élans de martyrs ! Je ne sais pas pourquoi j'attendais mieux de toi, tu m'as toujours fait du mal, tu ne sais faire que cela.

Severus pâlit, blessé et Eiden quitta ne trombe la pièce, laissant tout de même le temps à tout le monde de voir combien il était meurtrit, en colère et anéantit. Blaise le suivit immédiatement, prenant seulement le temps de lancer un regard désolé à son professeur avant de disparaitre à la suite de son compagnon. Elie était blottie dans le canapé, secoué par les cris et la tempête d'émotion qui agitait son frère, le bras de Drago passé autour d'elle. Le jeune homme ne bougeait d'ailleurs pas plus, saisit par la violence de l'échange. Seule Rose se reprit immédiatement et posa une main douce sur l'épaule de Severus pour l'attirer à elle. L'homme se laissa faire comme un automate et se laissa étreindre. Les deux adolescents restants quittèrent alors discrètement la pièce, laissant aux plus vieux un peu d'intimité.

— Il ne le pensait pas Sev, il a peur, il s'inquiète pour toi et la mort de Sirius est encore fraiche, souffla-t-elle à son oreille. Severus, amour ne l'écoute pas il est simplement en colère et perdu …

L'homme ne réagit pas cependant et elle serra plus fort ses bras autour de lui.

— C'est un adolescent Sev, il a besoin de faire souffrir les autres autant qu'il souffre lui. C'est simplement pour te faire sentir aussi mal que lui …

— Il a raison, murmura le potionniste d'une voix douloureuse, je ne suis pas un bon père, je ne sais faire que le mal.

— Bien sûr que non il n'a pas raison et il le sait, il voulait simplement te blesser.

Le professeur secoua la tête farouchement.

— Si, il a raison. Je suis quelqu'un d'horrible.

— Ce n'est pas vrai et tu le sais.

— Je l'ai traité comme un moins que rien pendant quatre ans …

— Tu ne savais pas la vérité et tu étais aveuglé par la colère, tout comme lui aujourd'hui, rétorqua la femme.

Une litanie de murmure s'échappèrent de la bouche de l'homme aux cheveux de nuit, une litanie comprenant ''mangemort'' ''insignifiant'' ''monstre'' ''mauvais'' ''indigne'' et d'autres horreurs encore que Rose se chargea d'interrompre. Elle le mena vers l'un des canapés, le fit asseoir et prit son visage en coupe pour l'embrasser doucement, lui communiquant tout son amour et lui faisant sentir physiquement sa présence, son soutien. Elle s'assit ensuite tout près l'entourant d'un bras.

— Mais s'il ressent cela … opposa son époux.

Elle secoua la tête.

— Il ne le ressent pas, il est mal, perdu et il a peur. Il n'a jamais connu de famille aimante et il est effrayé, alors il te blesse pour que tu renonces à ton projet. Parce que sur le moment c'est la seule idée qu'il a eue pour te retenir.

Severus soupira, plongeant ses mains tremblantes dans les cheveux couleur de bronze de sa compagne.

— Je suis un père pitoyable. Comme l'était le mien.

Rose effleura ses tempes.

— Tu es un père formidable, Eiden le sait, il veut juste causer de la douleur à quelqu'un d'autre pour essayer d'en ressentir moins. Tu n'a absolument rien de ton père Sev, crois-moi, rassura-t-elle.

L'homme semblait totalement effondré, à l'instant où son aîné avait quitté la pièce il s'était recroquevillé, la mine basse. Offrant un tableau étrange pour quiconque le connaissait. Rose li caressait les cheveux, lui murmurant des paroles réconfortantes. Un léger bruit lui fit relever la tête, ce qui alerta du même coup Severus. Leur garçon se tenait à l'entrée de la pièce, la mine basse et évitant leurs regards :

— Je … je voulais m'excuser auprès de Papa, fit-il maladroitement.

L'adolescent resta planté un instant, ne sachant quoi faire, puis son père fit à voix basse :

— Approche Den.

Il s'exécuta et sa Rose les quitta, non sans avoir embrassé tendrement son compagnon sur les lèvres et brièvement effleurer l'épaule de son fils. Elle traversa la maison pour trouver Elie sur la terrasse, installée dans l'un des canapés, avec Drago et Blaise qui discutaient à côté. L'adolescente se leva en voyant sa mère adoptive et demanda :

— Est-ce qu'Atta va bien ?

— Eid et lui discutent.

— Den n'aurait pas dû dire cela, c'est injuste et faux, soupira la jeune fille. Il le sait, il veut juste … il s'inquiète pour Atta. Cette histoire de malédiction lui fait peur.

— Je le sais bien El, soupira la femme.

L'adolescente s'approcha et prit la femme dans ses bras. Se coulant contre elle, elle inspira son odeur réconfortante, blottie contre sa poitrine.

— Je suis sûr qu'ils vont régler cela, Mammā. Eiden est inquiet au sujet de cette malédiction, mais il aime papa et ne pense pas un mot de ce qu'il a dit.

— Je sais El.

Rose ne put s'empêcher de sourire, Elie était toujours si gentille, si prévenante avec tout le monde, et surtout avec sa famille. Elle profita un moment de l'étreinte de la jeune fille puis se recula un peu, caressant son visage si semblable à celui de son frère.

— J'en suis sûr aussi.

Les deux filles s'installèrent et se laissèrent entrainer dans la discussion des deux garçons, qui s'échinaient à leur changer les idées. La bonne humeur de Blaise et l'esprit corrosif de Drago ne tardèrent pas à les détourner de la dispute et une ambiance plus joyeuse s'installa, finalement un peu brisée par le retour d'Eiden et Severus. Le plus vieux s'installa immédiatement, souriant à son filleul qui continuait de houspiller après tous et tout le monde tandis que le plus jeune restait sur le seuil de la cuisine, contemplant Rose d'un air honteux. Comprenant qu'il voulait lui parler, la femme sortit sans rien dire et le suivit jusqu'au salon. Là elle s'assit sur un des fauteuils, calme, attendant que le jeune homme ne se décide à parler.

— Je suis désolé Mammā, déclara-t-il. J'ai été cruel et injuste et je n'aurai pas dû reporter ma frustration et mon anxiété sur Attā, j'ai honte de mon comportement et je m'en repends. J'ai peur à cause de son nouveau poste, mais je n'aurais pas dû lui dire tout ceci, d'autant que c'est complètement faux.

— Ce n'est pas à moi que tu devrais dire cela, Eiden, mais à ton père, répondit doucement la française.

— Je l'ai déjà fait. Mais je voulais aussi m'excuser auprès de toi. Mon comportement a été inqualifiable, cela ne se reproduira plus.

Il semblait sincèrement mal et ses yeux brillaient encore de larmes. Eiden n'était pas un mauvais garçon, mais il avait hérité du caractère parfois volcanique des Prince, comme Severus et il s'emportait parfois ainsi, devenant cruel et cinglant.

— Bien Eid, déclara la femme en se relevant.

Elle prit ensuite le chemin de la sortie, mais une main timide la retient juste à temps.

— Est-ce que tu me détestes maintenant pour avoir fait du mal à Attā ? demanda-t-il d'une petite voix.

Elie s'empara de sa main suite à ses mots et lui sourit tendrement :

— Je ne peux pas te détester Eiden, quoique tu fasses, tu restes mon fils.

L'adolescent baissa la tête.

— J'ai vraiment été horrible, souffla-t-il, j'ai fait souffrir Attā, ton compagnon. Tu dois me détester.

La main de Rose glissa jusqu'à son épaule.

— Je ne te déteste pas. Tu as fait du mal à ton père, c'est vrai, mais tu traverses une période difficile et nous disons tous parfois des choses que l'on ne pense pas sous le coup de l'émotion et je sais que tu ne pensais pas ce que tu disais, Eiden.

— Non, souffla le garçon, je ne le pensais pas, mais … je suis si en colère en ce moment. Et j'ai tellement peur qu'il lui arrive quelque chose. On vient seulement de tous se retrouver.

Rose l'attira contre elle.

— Je sais mon ange, c'est un moment difficile, mais nous allons t'apporter toute l'aide qu'il te faudra et bientôt tout ceci ne sera qu'un mauvais souvenir. Ton père va rendre service à Dumbledore pour cette année et ensuite il reprendra son poste dans les cachots, tout va bien se passer Eiden, on va faire cela ensemble.

Et dans l'étreinte de Rose, le jeune homme était prêt à le croire.