N.D.A :
Bonsoir,
Merci aux lecteurs, furtifs ou non.
Bonne lecture
Elishae
mamy 83 : Merci, à bientôt.
Adenoide : C'est en effet une étape le retour de tous à Poudlard, mais aussi une très bonne chose pour eux de rester ensemble. Et oui plusieurs situations problématiques se poursuivent, avec Rose et Drago notamment, mais il faudra attendre la suite pour savoir. Merci du message.
Chapitre 21 : Rentrée
— Pourquoi revenons ici déjà ? interrogea Eiden en tirant sa valise derrière lui.
Severus le contempla d'un air un peu désespéré. Il arrivait encore à Eiden d'oublier qu'il était un sorcier. Dix ans d'éducation moldu ne s'oubliant, semble-t-il pas si facilement. Soupirant, l'adulte sortit sa baguette et l'agita pour faire disparaitre le lourd objet, s'attirant un regard reconnaissant de son fils.
— Je te l'ai déjà dit, Dumbledore m'a demandé de nous rendre visite avec l'un de ses anciens amis, et comme il est hors de question que ce vieux fou ne découvre l'existence du Manoir et le fait que nous y habitons, nous le recevons ici.
— Un ancien ami ?
— Je n'en sais pas plus que toi.
— Vieux manipulateur, bougonna Eiden avant de monter pesamment les marches de l'escalier de bois ancien.
Et Severus ne pouvait être que d'accord.
Le directeur vint trois bonnes heures plus tard, alors que le potioniste n'avait toujours pas déserté le salon, contrairement à ses enfants qui s'exerçaient au quidditch dans le jardin et Rose qui sifflotait dans la cuisine, nourrissant les serpents des enfants. Le vieillard portait une longue robe améthyste, les manches brodées d'étoiles au fil d'or. Sa tête était nue, mais il avait chaussé des bottines en peau de dragon, d'un beau jaune vif et Severus dut se retenir de grimacer devant cet accoutrement et se contenta de le regarder dans les yeux.
— Monsieur, fit-il en courbant poliment la tête.
— Severus, répondit l'autre en époussetant la suie sur sa robe, je suis navré de vous déranger alors que vous profitez encore de vos vacances, mais Horace à demander à vous voir, pour la suite vous comprenez, s'il reprend son poste.
L'homme aux cheveux corbeaux hocha sèchement de la tête, fort peu décidé à se laisser embobiner par le vieil homme. Il n'eut cependant pas le temps de répondre que déjà le feu de la cheminée ronflait de nouveau et qu'un homme ventripotent apparaissait dans l'âtre, emplissant presque tout l'espace.
—Severus, mon enfant, s'exclama le nouveau venu, il serait bon de penser à agrandir cette cheminée.
— C'est une taille standard, grinça l'autre en réponse.
— Peut-être, mais passé un certain âge, l'on apprécie son petit confort, déclara l'homme gras en laissant tomber une quantité non négligeable de suie sur le parquet usé de l'Impasse du Tisseur.
— J'y penserai, rétorqua le professeur qui n'en pensait pas un mot.
— C'est une maison charmante, Severus, mais j'imaginai qu'avec le succès que tu rencontres à présent tu investisses dans une demeure qui te conviendrait mieux.
— C'est celles de mes parents, fit simplement l'autre.
— Oh je vois, c'est sentimental alors.
La mâchoire du potionniste se contracta, mais il ne répliqua pas. Sentimental ! Et puis quoi encore !
— Asseyez-vous Messieurs, dit-il tout de même, invitant les nouveaux venus à prendre place dans le salon.
Dumbledore s'assit dans un des fauteuils, posant ses coudes sur les accoudoirs avant de joindre ses longs doigts tandis qu'Horace Slughorn investissait l'un des canapés, le remplissant en grande part de son dernière imposant. L'homme n'avait pas vraiment changé depuis que Severus l'avait eu comme professeur, hormis sa moustache qui s'était éclaircie et sa taille qui avait doublé.
— Je dois dire que Dumbledore m'a un peu trainé de force ici, déclara Horace sans attendre, je ne suis guère enclin à reprendre mon ancien poste, quoi qu'il en dise.
Personne n'eut le temps de répondre puisque Rose fit soudain son apparition, portant un plateau de thé, de pâtisseries et de friandises qu'elle déposa sur la petite table. Elle salua gracieusement les deux nouveaux venus et Severus la présenta :
— Rose Chambort, ma compagne.
— Chambort, comme Adélaïde Chambort, la Maitre en Métamorphose ?
— C'est ma grand-mère en effet, opina la française, elle nous a quittés il y a quelques années malheureusement.
— Une femme formidable, comme beaucoup de votre lignée, comme vous également, vous travaillez encore pour le Ministère français ? interrogea l'homme ventripotent en piochant dans les plats.
— Non Monsieur Slughorn, j'ai démissionné il y a peu, déclara poliment la femme aux cheveux de feu.
— Rose se joindra à nous dans quelques jours pour cette nouvelle année scolaire, intervint Dumbledore.
— Oh ! s'enthousiasma Horace. Et quelle matière aller vous enseigner ? Je ne savais pas que d'autres postes étaient libres à Poudlard cette année.
— Il n'y en a pas, répondit le Directeur, Mademoiselle Chambort ouvrira un nouvel enseignement : Maléfices et enchantements d'objets.
— Oh ! Comme à Beauxbâtons alors, les français sont tellement doués dans cette magie délicate, je crains que ce savoir ne soit guère répandu en ces terres.
— C'est l'occasion de changer cela, dit Rose avec un sourire charmant.
Severus servit le thé à tous et Dumbledore s'enquit de l'absence des jumeaux.
— Vos enfants ne sont pas ici Severus ?
— Si, ils volent dans le jardin, déclara placidement l'homme.
— Dans le jardin ?! Dans mon souvenir il n'était pas assez grand pour ce genre d'activité. Mais je me fais bien vieux ...
Le potioniste ignora la dernière phrase.
— Il l'est, mais ces têtes brulées semblent penser qu'il est justement, pour cette raison, un excellent endroit pour s'entrainer aux manœuvres les plus folles à exécuter à plusieurs mètres du sol, sur un engin peu fiable.
— Les balais sont devenus très fiables avec le temps mon Cher, fit Dumbledore avec un sourire et vos enfants sont parfaitement à même de voltiger à leur guise.
— Vous avez des enfants Severus ? interrogea Horace qui en avait laissé tomber sa pâtisserie de surprise.
— En effet, bougonna l'homme qui détestait le ton que prenaient les gens lorsqu'il l'apprenait, comme si c'était un miracle qu'il ait pu trouver une femme pour lui faire des enfants. Il savait qu'il n'était pas un modèle de gentillesse et de beauté, mais tout de même.
— Ont-ils hérité de vos incroyables prédispositions en potions ? demanda l'homme grassouillet.
— Ils se débrouillent, déclara seulement Severus tandis que lui et Rose échangeaient un sourire.
— Je vais les chercher, déclara la femme avant de quitter la pièce.
Severus la suivit un moment des yeux puis Horace intervint encore.
— C'est une bien belle femme que vous vous êtes trouvée là Severus, assez dans le genre de cette pauvre Lily d'ailleurs, son mariage avec James Potter a dû vous briser le cœur mon enfant.
Le susnommé baissa la tête, les yeux pleins de rage face à l'indélicatesse de son ancien professeur. Fort heureusement, l'arrivée de ses enfants lui changea les idées et accapara l'attention de Slughorn.
— Les voici donc ! fit bruyamment Horace avant que les enfants ne se présentent. Des prénoms celtes, leur mère est …
— Décédée, c'est elle qui les a choisis.
— Évidement, c'est d'elle aussi qu'ils doivent tenir leur héritage, si je ne me trompe pas, fit joyeusement l'homme ventripotent.
Les jumeaux rougirent un peu de la brusquerie des propos, d'ordinaire on ne parlait pas aussi ouvertement du sang mâtiné des autres, surtout des inconnus, mais Horace Slughorn semblait être un cas à part et les étudiaient à présent comme deux spécimens étranges, mais hautement intéressants.
— Vous n'avez pas fait votre scolarité à Poudlard, n'est-ce pas ? J'ose espérer que j'en aurai eu vent avant.
— Non en effet, répondit Eiden, c'est seulement le cas depuis l'an dernier.
— Mmm, je vois. Je suis quelque peu retiré de la vie publique depuis tout ce temps, j'ai dû me faire discret …
Horace darda un œil sur Severus, mais ne dit rien de désobligent.
— On ne peut sans cesse dire non aux mangemorts, j'ai dû me cacher ses derniers temps, ces gens-là sont plutôt insistants.
— Tu serais en sécurité à Poudlard, fit remarquer Albus Dumbledore qui n'avait pas parlé depuis un moment.
Slughorn fut secoué d'un rire jaune.
— En sécurité ? Je sais ce qui est arrivé à Mademoiselle Ombrage Albus.
— Je doute que tu ais l'idée d'insulter un troupeau de centaures sur leur propre territoire, Horace, surtout après avoir tant fait compagne contre eux.
— L'idiote, elle n'a jamais été très sensée, rebondit l'autre. Même plus jeune et à présent cela semble pire.
— C'est peu dire, souffla Severus en buvant sa tasse.
— Et puis être engagé à Poudlard en ce moment, c'est tout comme s'engager dans l'Ordre du Phénix.
— Beaucoup de professeurs ne font pas partie de l'Ordre, Horace, déclara le Directeur à mi-voix.
— Bien sûr Albus, mais ce n'est pas la période à se faire remarquer.
L'homme gras vida d'un coup sa tasse et essuya ses doigts pleins de sucre glace sur le devant de son pourpoint faisant grincer des dents Rose et Elie, élevé avec de meilleures manières. L'homme ne tarda d'ailleurs pas à les souillé à nouveau, replongeant ses doigts boudinés dans le plat de métal sculpté.
— C'est bien dommage Horace, dit Dumbledore, à Poudlard tu peux jouir de certains privilèges, la cuisine des elfes est toujours excellente et l'école est empli de surprise et de joyaux, comme tu le sais.
Slughorn leva brièvement les yeux vers les deux enfants de Severus puis revient à Dumbledore.
— Certes, mais cela vaut-il ma vie ?
— Personne n'attentera à ton existence dans mon école, apaisa le vieux directeur en sirotant son thé.
Un grognement fut la seule réponse d'Horace, mais il ne pouvait cependant résister aux arguments de son ami.
— Bien, tu as gagné vieux fou, mais je veux une promotion et un agrandissement de mes quartiers, Albus.
— Ce sera fait, sourit Dumbledore. Fort bien, puisque nous sommes parvenus à un arrangement, je ne vais pas vous imposer ma vue plus longtemps. Rose, Severus, à dans quelques jours, Eiden, Elienor, profiter bien de votre fin de vacance.
Horace Slughorn ne resta guère plus que le Directeur et disparut bientôt par la cheminée. Le plat était vide, cela devait l'avoir décidé.
— Pourquoi j'ai le sentiment d'avoir été utilisé comme appât ? s'enquit Eiden qui contemplait encore la cheminée.
— Toi, ta sœur et Rose, dans une moindre mesure. Slughorn était mon professeur de potion lorsque j'étais à Poudlard, il n'est pas mauvais, mais s'intéresse bien plus aux noms et à l'ascendance de ses élèves qu'à leurs capacités en potions. Il est attiré par le pouvoir comme une flamme un papillon et aime s'entourer de personne qui le possède, se permettant à l'occasion de tirer quelques ficelles.
— C'est donc cela sa réflexion peu polie sur notre sang, comprit le brun.
— En effet, c'est un collectionneur, et vous êtes des pièces qu'il veut posséder.
Elie eut un frisson à ses mots, mais Severus continua :
— Pas dans ce sens, il veut simplement que l'on sache que c'est grâce à lui que des gens ont monté, et rester proches de ceux qui sont au pouvoir. Il met ses petits protégés en contact avec les gens qu'il juge utiles pour eux, se mettant ainsi dans leur bonne grâce et récupérant les lauriers et quelques bénéfices, qu'il s'agisse de sucreries, de compliments, ou de pass VIP divers.
— Enseigne-t-il au moins ? demanda Rose, face à ce portrait fort peu flatteur de son futur collègue.
— Oui, il est un professeur convenable et un bon potionniste, c'est son impartialité qui pose quelques problèmes.
— C'est Sainte-Mangouste qui se manque de l'Infirmerie, murmura Eiden, cependant entendu par tous.
— Impertinent !
— Ose dire que ce n'est pas vrai !
— Je contrebalance, c'est tout, tout le monde déteste les serpentards et rechigne à les récompenser.
Personne ne s'opposa à ces mots, en vérité, même si les serpentards n'étaient généralement pas vraiment dénigrés, mais on les croyait moins que les autres et ont leur accordait moins de confiance, surtout chez les élèves. Les professeurs, eux, tentaient de ne pas faire de différences, et même si la plupart y parvenaient, ce n'était pas le cas de tous.
— Pour en revenir à Slughorn, tâcher tout de même de ne pas vous le mettre à dos, je n'ai pas une très haute opinion de lui, mais il n'est pas utile de le rejeter, d'autant qu'il peut peut-être vous être utile à l'avenir.
— Je vois, tout n'est qu'opportunisme, fit Eiden.
— Non, mais c'est un ami de Dumbledore et quel que soit l'état de ses manières, il est tout de même un potionniste convenable.
— Si c'est toi qui le dis, cela veut sans doute dire qu'il est meilleur que la moyenne, sourit Rose.
— Peut-être, accorda l'autre.
Le soleil était bien descendu dans le ciel, Rose travaillait dans le salon, avec Elie lisant comme compagnie, tandis que Severus brassait des potions dans le labo.
— Que veux-tu Eiden ? interrogea l'homme en jetant dans le chaudron trois pincées de cendre de salamandre.
— Rien de précis, fit le garçon en se hissant sur la table jonchée d'ingrédient.
— Que fais-tu ?
— Une potion pour soigner les pertes de mémoires, j'essaye de trouver un meilleur traitement, répondit le plus vieux en touillant dans le sens des aiguilles d'une montre avec une fine et longue cuillère d'argent.
— Pour les parents de Neville ?
— Entre autres, mais aussi pour d'autre, tels que ce fantastique ex-professeur Gilderoy Lockart, même si je ne sais pas si c'est la meilleure idée que je puisse avoir, grimaça le potionniste. Le monde est fort aise de s'être débarrassé de ce crétin usurpateur. Mais que veux-tu, j'ai bon cœur.
Eiden sourit.
— C'est bien de faire cela pour eux.
— J'en ai les capacités Eiden, pourquoi ne le ferais-je pas ?
— Beaucoup de gens ne le font pas.
— Il faut croire que je suis une meilleure personne que ce que l'on suppose de moi, déclara doucement l'homme.
— C'est certain.
Le plus jeune observa les petits remous qui secouaient le chaudron d'étain et la mixture qui passait du bleu pervenche au bleu plus soutenu.
— Ça se présente comment ? demanda-t-il.
— Je ne sais pas encore, il faudra faire des tests.
— On pourra guérir les parents de Neville un jour tu penses ?
Son père cessa un instant de couper ses ingrédients pour relever la tête vers lui. Il sourit un peu tristement et passa une main dans les cheveux de son fils.
— Probablement pas Eiden. On pourra peut-être améliorer leur situation, mais ils ne seront jamais comme avant et je ne pense pas que l'on puisse leur rendre la raison. Certaines choses ne peuvent être réparées, Den.
— Je pense que j'ai plus de chance que lui.
— Qui, Neville ?
— Oui. Maman est morte, je ne suis pas obligé de la voir dépérir comme cela, de la voir sans qu'elle ne me reconnaisse. Il n'a plus que sa grand-mère lui et je n'imagine pas comment il se sent lorsqu'il visite ses parents.
— Je ne veux pas imaginer non plus. Je pense que c'est mieux aussi, je doute que quiconque veuille vivre comme cela. Ni Lily, ni Franck, ni Alice.
— Alice était la marraine d'Elie non ?
— Oui en effet, c'était une bonne amie à ta mère, avec Kathy Davis et Isabeth Martins.
— Où sont-elles maintenant Kathy est la mère de Tracey Davis, une élève de ton année répartit à Serdaigle.
— Ouai je vois, elle était à … il ne termina pas sa phrase.
— À l'AD, termina pour lui Severus.
— Ouai, souffla Eiden, pas vraiment super à l'aise de remettre ce sujet sur le tapis avec son père. Il ne regrettait pas de l'avoir fait, mais plutôt de s'être fait pincer et d'avoir causé la fuite de Dumbledore.
Mais Severus n'insista pas, comprenant son malaise. Il reprit son ouvrage, écrasant des baies du plat de son couteau d'argent avant d'en verser le jus dans le chaudron qui crachotait doucement.
— Elles ont continué à se voir après Poudlard, Kathy s'est mariée rapidement elle aussi, elle a perdu son premier enfant alors qu'il n'était pas encore né et lorsqu'elle est retombée enceinte, peu après, elle a appris que son mari s'était enrôlé dans les mangemorts.
Eiden garda les yeux baissés et Severus continua :
— Contrairement à moi cependant, celui-ci savait parfaitement ce qu'il faisait et il adhérait totalement aux opinions du Seigneur des Ténèbres.
— Qu'est-ce qui lui est arrivé, demanda Eiden, à lui et à Kathy.
— Kathy c'est enfui après cette découverte, alors qu'elle était enceinte de Tracey, elle est retournée chez son père et la petite porte son nom à elle. Elle ne sait jamais remariée d'après ce que je sais. Je ne l'ai jamais revue. Quant à son ex-mari … il est mort.
— Comment …
— Je l'ai tué, lui et tous ceux qui ont participé au meurtre d'Adam.
Cela jeta un froid, mais Eiden ne s'y attarda pas.
— Oh, Adam, ton ami de Poudlard.
— Oui.
— Et Isabeth Martins ? interrogea son fils, désireux de changer de sujet.
— Morte aussi, assassiné avec son frère et son cousin dans leur demeure familiale par les Mangemorts.
— Oh, elle aussi, souffla le jeune homme.
— Beaucoup de gens sont morts Eiden, c'était la guerre, ce sera surement également le cas lorsque le Seigneur des Ténèbres passera à la vitesse supérieure.
— Je sais.
— Lorsque tout sera fini, je pourrais prendre contact avec Kathy, elle aura surement plein de choses à te raconter sur ta mère et son séjour à Poudlard.
— Lorsque tout sera fini … souffla Eiden.
— Tout finira un jour, Den.
Ils restèrent un moment en silence puis un craquement se fit entendre et Addy apparut dans le labo. L'elfe de maison s'inclina profondément puis dit :
— Maitre Severus, Madame Malfoy est dans le hall, elle demande à vous voir. Elle est dans tous ces états, elle dit que c'est par rapport à son fils.
L'homme aux cheveux de jais interrompit immédiatement sa potion.
— Retourne la voir Addy et mène là à mon bureau. Eiden, tu vas rejoindre ta sœur et tu lui proposes une partie de quidditch, une promenade, une visite, ce que tu veux, mais tu l'éloignes, d'accord ?
Le jeune homme hocha la tête, les yeux emplis de crainte. Le potionniste le saisit doucement par les épaules et plongea ses yeux dans les siens.
— Tu peux faire cela Eiden ?
— Oui, souffla l'adolescent.
— Je ne veux rien cacher à ta soeur, dit doucement le potionniste, mais peut-être que l'on peut arranger les choses avant de lui parler.
Le garçon opina et sortit, la main de Severus le poussant légèrement. L'homme se hâta ensuite à travers la demeure et pénétra rapidement dans son bureau. La femme l'y attendait effectivement, en robe sombre, l'air effondré.
— Narcissa, quel est le problème ? demanda le potionniste.
L'aristocrate ne put s'en empêcher de se jeter dans ses bras, sanglotante.
— Drago, réussit-elle à proférer.
L'autre la tint un moment, le temps qu'elle se calme un peu puis il la fit s'asseoir, demandant un breuvage calmant à Olly.
— Explique-moi Narcissa, invita doucement le professeur.
— C'est le Seigneur des Ténèbres, il est furieux depuis l'échec de Lucius et des autres au Département des Mystères et il veut utiliser Drago pour se venger.
Severus sentit sa poitrine se contracter, c'était en effet ce qu'il redoutait depuis le début de l'été.
— Raconte-moi.
— Il lui a confié une mission, mais il ne peut pas le faire Sev et le Seigneur des Ténèbres va le tuer s'y il n'y parvient pas.
La femme se remit à sangloter.
— Qu'a demandé le Lord, Cissa ?
— Il veut que Drago tue Dumbledore, murmura la femme de Lucius, à nouveau étranglée par les pleurs.
Stupéfait, Severus ne put que se laisser tomber sur sa chaise.
— Il veut …
— Il dit qu'il se fiche de comment il va y parvenir, mais il veut qu'il tue Dumbledore et fasse entrée des Mangemorts à Poudlard.
— Salazar …
— On ne peut pas le laisser faire, Sev.
— Bien sûr que non, rassura l'homme aux cheveux de jais en tapotant sa main pour la réconforter, je vais parler de tout cela à Dumbledore et nous allons trouver une solution, je te le promets, Cissa.
— Mais Dumbledore, s'il refuse de nous aider …
— Il le fera Narcissa, je l'y obligerai s'il le faut.
Il prit la femme dans ses bras pour la calmer et elle sembla s'apaiser à son contact. Un geste que jamais Severus n'aurait initié avant de connaitre ses enfants et Rose, mais qui lui venait plus naturellement à présent. En tout cas cela sembla faire du bien à la femme qui put se ressaisir.
— Je suis désolée Severus, fit la femme en se redressant, profitant de replacer sa jupe pour baisser la tête.
— Il n'y a pas de problème Cissa, ne t'en fait pas, déclara l'homme en lui tendant son mouchoir.
— Merci, répondit l'aristocrate en épongeant ses beaux yeux gris. Pour le mouchoir, et le reste …
— Tu es mon amie Narcissa et Drago est mon filleul, il est hors de question que je le laisse, d'autant qu'il deviendra vraisemblablement mon beau-fils.
La blonde eut un rire mouillé.
— Vraisemblablement ?! Drago ne laissera rien se mettre en travers de ce futur, je peux te l'assurer.
— Je n'en doute pas. Est-il au courant ?
— Le Seigneur des Ténèbres l'a déjà convoqué, il sait oui.
— Il l'a dit à ma fille.
Narcissa grimaça.
— Il l'a appris aujourd'hui, je ne pense pas. Il ne me l'a même pas dit à moi, je l'ai appris par d'autres sources.
L'homme haussa un sourcil sombre.
— D'autres sources ?! Vraiment ?
— Si tu dois abandonner ton statut d'espion, déclara l'aristocrate, il faut bien que quelqu'un informe l'Ordre et il vaut mieux pour nous deux que l'on ne connaisse pas nos informateurs respectifs.
— Effectivement.
— Tu ne sembles pas surpris d'apprendre que j'informe l'Ordre, Severus.
— Je ne le suis pas, cela a pu arriver à mes oreilles, c'est pourquoi je suis d'autant plus sûr que Dumbledore t'aidera avec Drago. Il ne peut risquer de perdre deux espions pour un mauvais choix.
— Encore faut-il qu'il trouve une solution, fit sombrement la femme aux cheveux pâle comme la lune.
— Il la trouvera. Peux-tu faire venir ton fils un moment ?
— Je pense que oui, si ce n'est pas long. Mais pourquoi veux-tu le voir ?
— Pour parler de tout cela avec lui, et avec Elie aussi, tu n'imagines pas ce qu'elle peut faire si elle l'apprend de la mauvaise manière, surtout avec le soutien de son frère.
— Avoir des enfants puissants n'est pas toujours une bonne chose, n'est-ce pas ? fit tristement la femme.
— En effet.
La discussion avec Drago et sa compagne fut plus difficile que ce qu'il croyait, le blond se braquait, visiblement affecté par la nouvelle et sans réel espoir de sans sortir, tandis qu'Elie, ressentant la peur et la douleur de son petit-ami n'était pas des plus calme. Mais Severus leur promit de nombreuses fois qu'il allait trouver une solution et il disparut ensuite par la cheminée, parler à Dumbledore pour trouver un plan.
— Je dois y aller El, fit le blond sans lâcher la jeune fille, dans le bureau de son père.
Elle referma ses doigts sur sa chemise, l'empêchant de s'écarter.
— El …
— Je ne veux pas que tu retournes là-bas, avec cette chose qui vit chez toi.
— Je serais vite de retour mon ange, la rentrée est dans cinq jours.
Elle ne bougea cependant pas, obligeant le jeune homme à la repousser doucement.
— Je t'aime El, on se revoit bientôt.
— Reste en bonne santé je t'en prie, souffla-t-elle.
— Tu ressens ce que j'ai vécu durant toute cette année maintenant, sourit-il faiblement.
— Ce n'était rien de tel, bougonna l'autre.
— L'épisode de l'infirmerie était sérieux El, nous avions tous cru que vous alliez mourir, opposa Drago.
— Et je le crois aussi pour toi maintenant, murmura la fille.
— Tout ira bien, déclara le garçon avec un aplomb qu'il ne possédait pourtant pas dans le fond du cœur.
— Au moindre problème, tu partiras pour Gower.
— Je ne veux pas me cacher Elie, pas tant que je peux l'éviter.
Elle ne répondit pas, caressant sa joue.
— Et puis comment je survivrai aussi loin de toi, fit-il plaisamment.
— Idiot, ne plaisante pas.
— Je ne plaisante pas amour, dit le blond en attrapant sa main, tu ne me tiendras pas loin de toi, Seigneur des Ténèbres ou pas.
— Je ne le veux pas.
— Je sais, mais j'ai confiance en Severus même si ce n'est pas le cas pour Dumbledore. Il va trouver.
Il l'embrassa une dernière fois, tendrement, puis il disparut dans la cheminée. Prise de colère, Elie balança un bibelot dans l'âtre qui explosa en une gerbe de flammes noires tout à fait artificielles.
— Jolies flammes, mais si tu pouvais éviter de mettre le feu à ma maison Elienor Sarah, cela m'arrangerait.
La jeune fille se retrouva brusquement pour découvrir son père, qui venait d'entrer dans le bureau. Baissant la tête, elle tendit une main vers l'âtre et reconstitua le bibelot. Les morceaux quittèrent les flammes et se recollèrent entre eux, le laissant aussi intact qu'il l'était auparavant, d'un geste, elle l'envoya vers sa place initiale, mais le potionniste l'attrapa au vol. Il l'inspecta et le reposa :
— Joli sortilège de réparation, surtout sans baguette.
Elie haussa les épaules.
— Et ce joli feu, ça vient de quoi ?
— Ma magie réagit à mon humeur, déclara seulement l'adolescente.
— Je vois, fort heureusement tu t'es cantonné à ma cheminée.
La jeune fille ne répondit pas, visiblement toujours en colère.
— J'ai vu Dumbledore, il va prendre ses dispositions, il a déjà un plan.
Elie renifla dédaigneusement :
— Un plan dans le genre mettre Drago dans sa famille moldue qui le déteste pour qu'il se fasse abusé et maltraité pendant dix ans ?
— Non, un vrai plan, je l'ai élaboré avec lui.
Il se saisit du menton de sa fille qui ne le regardait toujours pas.
— El, je ne laisserai personne faire du mal à l'un de vous, je tiens à avoir une ribambelle de petits enfants blonds avec sale caractère. Il grimaça et ajouta : si jamais tu répètes cela, je nierais jusqu'à la mort.
L'adolescente sourit faiblement.
— Je veille sur Drago, tout va s'arranger mon ange.
— Je l'espère.
— Je te le promets.
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— Je suis vraiment très heureuse de vous accueillir ici mes enfants.
Severus leva les yeux au ciel.
— Tu es si grandiloquente Helena !
— Et toi si rabat-joie Severus, le gourmanda la belle vélane à la peau sombre. C'est si terrible d'assister à cela.
C'était l'avant-veille de la rentrée et Severus et Rose étaient attendus à Poudlard, pour la réunion des professeurs. Ils ne voulaient pas laisser les enfants seuls jusqu'à leur reprise, alors ils avaient demandé à Helena et son mari de les accueillir, le temps qu'ils prennent le train. Bien entendu la vélane en était extatique, voulant faire venir son futur gendre dans sa demeure depuis si longtemps. Elle aurait enfin la possibilité de faire plus ample connaissance avec lui, et avec sa sœur. La métisse avait même pris des congés pour l'occasion.
— Rose, je suis si contente de te revoir ! fit-elle ensuite en se tournant vers la rousse.
— Moi de même Helena.
— J'ai entendu que ta dernière loi était passée.
— C'est grâce à ton concours ma chère.
— Oh si peu ! Mais enfin c'est bon d'être utile à quelque chose, ce n'est pas ici que l'on va faire avancer la cause métisse.
— Qui sait ce qu'il se passera dans le futur, Helena.
— C'est vrai, nous avons un nouveau clan ici maintenant.
Ses yeux miels se tournèrent vers Elie qui rougit légèrement.
— À ce propos ma chère, j'aimerai te parler un moment.
— Oh je … oui … ok.
Helena sourit puis se tourna à nouveau vers Rose.
— Je suis fort aise de te savoir à Poudlard, j'ai toute confiance en ton enseignement et je ne fais pas confiance à Dumbledore.
— Sans vouloir te presser Helena, nous allons devoir y aller, nous sommes attendus.
— Bien Severus bien, ne t'en fait pas je prendrais bien soin de tes enfants.
L'homme renifla, embrassa brièvement sur le front les deux adolescents, Rose fit de même et ils transplanèrent.
— Bien ! Si vous voulez bien me suivre, Blaise vous attend.
En effet, dans le hall trépignait le jeune homme qui rejoint en trois pas son compagnon pour lui rouler une pelle de tous les diables. Eiden se laissa faire avec enthousiasme, mais rougit durement lorsqu'il eut fini et qu'il fut exposé au regard moqueur de sa sœur et au sourire de sa belle-mère.
— Et bien que voilà de joyeuses retrouvailles ! déclara-t-elle.
— Mammā ! protesta Blaise.
— Oh Ada voyons, j'ai vu bien pire !
Ce fut au tour de Blaise de rougir, autant que lui permettait sa peau foncée et Helena sourit.
— Oh mon petit, on voit que tu n'as pas été élevé au Clan, si cela avait été le cas, tu ne serais pas si prude !
Le susnommé parut choqué et Elie ne put retenir un petit rire.
— Que les anglais sont puritains. Qu'en penses-tu ma chère Elie ?
La jeune fille sourit seulement.
— Blaise, si tu montrais tes quartiers à Eiden, pendant que nous passons un moment au petit boudoir, Elienor et moi ?
Le basané ne se fit pas prier et se saisit de la main de son compagnon avant de l'entrainer à l'étage.
— C'est … charmant, souffla Eiden en pénétrant les quartiers de son compagnon.
— Je te ferai visiter plus tard, promit Blaise avant de prendre ses lèvres.
Eiden ne put que sourire en réponse et se couler ses mains sur sa nuque. À tâtons et plutôt maladroitement, il faut bien le dire, le couple gagna la chambre puis le lit du basané, avant que ce dernier ne pousse son petit ami sur les couvertures, avant de le surplomber.
— Tu m'as tellement manqué … chuchota-t-il contre son cou.
— On s'est quitté il y a deux semaines, Blaise, répondit Eiden dont la respiration commençait à s'accélérer.
— Je sais, mais j'ai envie de toi à en crever.
— Oh … d'accord.
Le bistré eut un petit rire et commença à mordiller son cou, léchant ensuite les marques avec délectations, frottant ses hanches contre celles de son compagnon, faisant se toucher leurs virilités déjà bien réveillées.
— Oh Merlin, j'y pense depuis deux semaines, fit Blaise.
— Ah oui ! Et tu pensais à quoi exactement ? interrogea Eiden d'une voix taquine. Il promena ses doigts le long du torse brun. À ça ?
Il taquina l'un de ses mamelons, passant peine ses ongles dessus.
— À ça ?
Il saisit franchement le bouton de plaisir et le fit rouler entre ses doigts, faisant se tortiller son amant.
— Où alors …
Ses doigts quittèrent son torse pour descendre plus bas, s'arrêtant juste avant l'objet de toutes les attentions. Le souffle de Blaise se coupa. Eiden approcha ses doigts du pénis dressé de l'autre et l'effleura très légèrement, presque sans le toucher. Blaise gronda et attrapa vivement le poignet du brun qui se contenta de sourire.
— Qu'y a-t-il Blaise ? N'est-ce pas conforme à tes rêves ?
Il serra ses doigts autour de la verge dure et déjà suintante de plaisir. Doucement il imprima un mouvement langoureux qui fit gémir de plaisir l'autre. D'une pression de sa main pâle sur le torse musclé de Blaise, il le fit s'allonger à ses côtés et grimpa sue ses cuisses.
— Alors mon cœur, de quoi as-tu envie ?
Le jeune homme ne répondit même pas, se contentant de gémir à n'en plus finir, la main de son petit-ami s'activant toujours.
— Caru, susurra Eiden, que veux-tu ?
— Toi …
— Oui, mais encore amour …
— Je te veux en moi, s'essouffla Blaise.
Les doigts d'Eiden caressèrent la peau plissée de l'intimité du basané et celui-ci trouva l'énergie de secouer la tête.
— Non ! Pas de préparation … tout de suite !
— Ça va faire mal mon cœur, fit tendrement Eiden en embrassant ses lèvres entrouvertes.
— Pas grave … peut pas attendre …
Eiden souffla tout de même un sort pour le préparer magiquement pour ne pas le blesser.
— Qu'est-ce que c'était ? interrogea le basané, surpris.
— Un sort de préparation, répondit le jeune homme en rougissant quelque peu.
Il était incroyable qu'une telle phrase puisse encore le faire rougir au vu de ce qu'ils étaient en train de faire.
— Un sort de préparation ? Et où as-tu appris cela ?
— Au clan, Arthus me l'a appris.
Malgré son plaisir les yeux de Blaise se voilèrent un peu et il demanda, incertain :
— Et dans quelles euh … circonstances il te l'a apprise.
L'autre fut déstabilisé par le changement d'ambiance.
— Bah dans les circonstances … tu vois … voilà quoi.
Les yeux du basané brillèrent de peine et il détourna le regard. Son cœur se serra, mais son intimité elle ne semblait pas faiblir, parfaitement satisfaite de sentir le corps nu d'Eiden contre lui. Son pénis n'avait pas de cœur, semble-t-il, lui. Son compagnon sentit son désarroi et emprisonna sa tête entre ses mains pour pouvoir lui faire face.
— Blaise ?
— Est-ce que tu … étais dans son lit lorsqu'il te l'a appris ? s'enquit Blaise d'une voix qu'il voulait calme.
— Quoi ?!
— Est-ce qu'un mois c'est trop long ?
Eiden sembla enfin comprendre et sourit amoureusement avant d'embrasser ses joues, son nez, ses lèvres.
— Dix ans ne seraient pas trop longs, assura-t-il. Arthus me l'a appris lors d'une soirée sur la plage, si tu veux tout savoir, l'on c'était retrouvé à parler de nos … hum … préférences et il se trouve qu'Arthus partage les nôtres et qu'il a … plutôt pas mal d'expérience pour quelqu'un de notre âge. Tu sais au Clan, ils ne sont pas autant gênés que nous sur le sujet de la sexualité et ils en parlent plutôt facilement, échange les expériences, tout ça … Bref donc il m'en a parlé, il ne me l'a pas montré.
Blaise respira un peu plus facilement, les doigts d'Eiden caressant ses cheveux et ses tempes, l'aidant dans cette entreprise.
— Je t'aime Blaise, je ne peux imaginer être intime avec quiconque d'autre.
Le basané sourit de cette phrase et se souleva sur son coude pour l'embrasser.
— Je t'aime aussi amour.
Même si parfois il le faisait mourir de peur. Il devait pourtant savoir depuis le temps qu'Eiden ne le trahirait jamais, ne lui ferai jamais de mal volontairement, c'était après tout Saint Potter et même sa découverte de ses gènes communs avec Severus, la chauve-souris des cachots, n'avaient pas changé cela.
— Bon, on peut reprendre alors ? demanda Eiden en souriant.
— Oui.
— Oh super, parce que j'ai vraiment très envie de te faire l'amour.
Il s'immisça en douceur dans le conduit étroit de son amant, heurtant du premier coup sa prostate, faisant arquer le dos musclé de Blaise.
— Hum … tu m'apprendras ce sort, fit-il.
— Bien sûr, je suis certain que tu le maitriseras, avec un peu de pratique …
— Beaucoup de pratique …
— Den …
— Hum ?
Ils venaient de se laisser tomber sur le lit, essoufflé et en sueur.
— Ça ne te dirait pas de …
— Déjà ? s'exclama Eiden. On n'en a pas fait assez d'après toi ?
— Hey ! s'opposa Blaise. Je suis un adolescent en pleine possession de ses moyens et de ses hormones.
— Je pourrais m'interroger sur mes performances, si cela ne te satisfait pas.
— Oh, mais cela me satisfait, mais on ne sait pas vraiment vu depuis la fin des cours, alors on a vraiment des choses à rattraper. Des choses qui ne peuvent pas l'être en une seule fois, ronronna le basané.
Il laissa glisser sa main le long du corps du brun et sourit :
— Mais Eiden, dis-moi, tu m'as l'air bien décidé aussi à remettre ça …
— Oh tu sais moi, tant que c'est avec toi, je suis décidé tout le temps.
Les lèvres pulpeuses de Blaise s'écrasèrent sur les siennes et soudain une pensée traversa son compagnon.
— Tu crois que ta mère savait pour … enfin qu'elle avait deviné qu'on allait …
— Eiden ! protesta Blaise en se laissant retomber sur le matelas.
— Non, mais …
— Tu crois franchement que j'ai envie d'entendre parler de ma mère dans un moment pareil ! Surtout de savoir si oui ou non elle a deviné que j'avais très envie de m'envoyer en l'air avec toi !
— Euh ouai c'est sûr, dit Eiden en se redressant. Mais alors on … on le fait ou pas ?
Le métis ouvrit de grands yeux.
— Tu crois franchement que je suis en état après une intervention comme ça ?
— Ah ... désolé.
Eiden avait l'air vraiment navré, avec sa petite tête penaude et Blaise se sentit touché. Il sourit et embrassa son nez.
— Tu me pardonnes ? souffla le brun.
— Bien sûr, je ne peux pas être en rogne contre toi.
— Même quand je gâche une belle érection comme celle-là ?
— Même.
— Oh … cool.
Le brun était vraiment trop mignon, Blaise se colla sur lui, tombant entre les jambes minces du fils de Severus.
— D'autant qu'elle ne semble pas si gâchée que cela, cette érection, sourit le bistré.
— Non, en effet.
Le retour des deux garçons auprès de la maitresse de maison fut un peu gênant, mais moins que l'on pourrait le croire. Ni elle, ni Elie ne firent le moindre commentaire, en réalité elles discouraient en celtique avec Olivia, la sœur ainée de Blaise qui adressa un sourire à Eiden lorsqu'il apparut, se levant pour le saluer à la française. Elle l'interrogea un peu sur son séjour au Clan et la façon dont il l'avait vécu. Olivia rentrait très souvent au clan de leur mère, ayant choisi de se rapprocher de son peuple maternel après sa sortie de Poudlard. Elle n'avait pas encore trouvé de compagnon, mais ne s'en alarmait pas, elle était encore très jeune. Eiden ne doutait pas qu'elle finisse par le faire, elle était vraiment très jolie, objectivement (bien qu'elle soit la sœur de Blaise et qu'elle lui ressemble beaucoup) et d'une nature plaisante, intelligente, bien élevé, agréable …
La rencontre qui causa le plus de nervosité au fils de Severus fut celle avec son père, Marcus Zabini. Contrairement à sa femme, Marcus n'avait pas le moindre sang métis en lui et ne l'acceptait donc pas naturellement, compagnon ou pas. L'homme avait également eu nombre de problèmes avec sa soi-disant mort et l'enquête qui avait suivi et Eiden ne savait pas s'il allait lui reprocher à présent qu'il savait pour sa réelle identité. Mais toutes ses craintes se révélèrent non fondées. Marcus était enchanté de le rencontrer la soirée de Nouvel An des Malfoy n'ayant pas vraiment était propice à cela et lui avait longuement fait la conversation sur ce qui l'intéressait et ses projets. La seule difficulté fut d'éviter les questions sur leurs ''activités'' e ce qui concernait la lutte contre Voldemort, mais à part cela tout se passa bien.
Helena les emmena à la gare deux jours plus tard à onze heures. Elle les embrassa tous les trois sur la joue puis disparut, retournant au plus vite à son travail où on l'attendait. Les jumeaux et Blaise se dépêchèrent de trouver un compartiment vide et si installèrent, peu de temps après Pansy apparut, demandant les dernières nouvelles, puis ce fut au tour de Théo et Drago, arrivés ensemble, juste avant le départ du train. Le blond eut seulement le temps d'échanger un rapide baiser avec Elie qui l'observa discrètement et laissa sa magie le toucher pour s'assurer qu'il n'avait pas de dommages quelconques avant de partir dans le wagon des préfets.
— Il va revenir dans quelques heures, déclara Blaise pour la rassurer.
— Je sais.
Pansy et Blaise étaient les seuls à ne pas être au courant pour la mission de Drago confié par le Seigneur des Ténèbres, les jumeaux l'étaient et Théo également, qui vivait pour le moment chez les Malfoy lui aussi, à cause de l'emprisonnement de son père. Probablement que le blond leur en parlerait lorsqu'il serait prêt. Mais chacun sentait qu'une tension inhabituelle avait pris Elie.
— Vous vous en êtes sorti comment avec l'essai de McGonagall ? interrogea Théo pour changer de sujet.
Pansy et Drago revinrent peu avant-midi, mais ils eurent à peine le temps de se retrouver que déjà un deuxième année de Poufsouffle frappait timidement à la porte de leur compartiment.
— Le professeur Slughorn voudrait inviter Mademoiselle Rogue et Messieurs Rogue et Zabini dans son compartiment.
— Comment ? fit, surpris, le fils de Severus.
Le jeune jaune et noir leur tendit trois invitations pour un déjeuner, signé de la main même du professeur, avant de littéralement fuir le compartiment.
— Qu'est-ce qu'il veut ? demanda Pansy. Et qu'est-ce qu'il fait dans le train d'abord ?
— Nous inviter à déjeuner apparemment, déclara Blaise qui venait de lire le parchemin.
— Il commence surement déjà sa prospection, supposa Eiden. Père nous a dit qu'il avait monté une sorte de club durant sa première période d'enseignement.
— Ouai, dit Drago, mon père en faisait partie, il s'entoure de gens de bonne famille, ou qu'il trouve intéressants, pour leurs capacités ou autres.
— Il ne t'a pas invité pourtant, fit remarquer Théo.
— Au vu des problèmes qu'il a eus avec les mangemorts ces derniers temps, il ne veut surtout pas s'acoquiner avec leurs enfants, fit sagement le basané.
— Surement, mais cela ne me manque pas, cela ne m'intéresse plus d'être au premier plan, surtout lorsque ce n'est que pour le nom de mon bâtard de père.
Pansy lui adressa un regard surpris, Drago ne portait pas son géniteur dans son cœur, mais il ne l'avait jamais ainsi insulté auparavant. Mais bien sûr c'était avant de savoir qu'il était possiblement l'agresseur de sa petite-amie.
— Allez-y, déclara Théo, il serait de mauvais ton de refuser.
Eiden se leva de mauvaise grâce, peu pressé de s'enfermer dans un compartiment et de tenir la jambe à Slughorn, entrainant Blaise. Sa sœur cependant ne bougea pas et resta près de Drago.
— Vas-y, la poussa celui-ci.
— Je n'ai pas très envie …
— Ce n'est l'affaire que d'un moment, dit Drago, au moins tu mangeras autre chose que des confiseries pour déjeuner.
— Rose nous a préparés à déjeuner, répliqua la jeune fille.
Le blond eut un sourire tendre.
— Même, je sais que tu en aurais acheté. Allez-y, vous pourrez en apprendre plus sur lui ainsi, cela pourrait être utile.
La jeune fille soupira, mais suivit tout de même son frère et son compagnon à travers le train, jusqu'à trouver le compartiment en question.
— Ah les voici, je vous attendais jeunes-gens ! s'exclama le professeur en les voyant. Asseyez-vous, asseyez-vous.
Eiden prit rapidement place à côté de Ginny, dont il n'expliquait pas la présence et Elie s'assit entre lui et Blaise.
— Je ne savais pas que tu étais aussi ici, fit le brun à la jolie rousse.
— Je ne le savais pas non plus, il m'a vu lancer un chauve-furie à Zacharias Smith et m'a convier à déjeuner, je pensais qu'il allait me punir …
— Un remarquable sortilège, Mademoiselle Weasley, cela faisait longtemps que je n'en avais plus vu d'aussi puissant. Vous êtes une sorcière fort intéressante !
L'adolescente rougit délicatement, mais ne baissa pas le regard.
— Mais je vois que vous connaissez le cher fils de Severus.
— En effet, un adversaire amical en quelque sorte, sourit la rouquine.
— Oh, vous jouez au quidditch aussi ? s'enquit le professeur de potion qui souriait.
— Et pas qu'un peu, souffla Blaise qui fut cependant entendu par le vieil homme.
— Aussi doué en sport qu'en maléfice alors, bien bien. Jouez-vous vous-même Monsieur Zabini ?
— En effet Monsieur, au poste de gardien.
— Maintenant que vous me le dites, Minerva m'en a en effet touché de mot, une excellente équipe que celle de ma maison, d'après ses dires. Et j'ai pleine confiance en votre professeur, elle était une très bonne joueuse, avant que ce regrettable accident n'arrive. Mais je crois savoir que vous en êtes le nouveau capitaine, Monsieur Rogue ?
Eiden avait en effet reçu l'insigne de capitaine pendant les vacances. Severus avait demandé à Minerva de choisir pour lui, ne voulant pas être accusé de favoritisme. La femme avait jugé que son fils remplirait parfaitement ce rôle.
La discussion s'orienta sur le quidditch et Eiden en profita pour détailler chacun des présents, il reconnaissait l'un de ses anciens camarades gryffondors, Cormac McLaggen, de septième année, et d'autres encore comme Neville, visiblement mal à l'aise et à qui sa sœur souriait doucement. Finalement le déjeuner dura presque jusqu'à la fin du voyage en train et les trois serpentards ne rejoignirent leurs amis dans le compartiment que pour un moment très court. Il semblait que Drago avait cédé et avait lui-même acheté des confiseries à sa petite-amie, malgré sa remarque. Il fut récompensé par un baiser et un sourire et elle s'assit sur ses genoux pour grignoter tranquillement un petit sachet de patacitrouille.
Le soir tomba rapidement derrière les fenêtres du train et il fut bientôt l'heure de le quitter pour rejoindre le château. Comme à chaque fois, Eiden avait presque oublié combien l'endroit lui avait manqué, combien il lui semblait rassurant, chaleureux ainsi dressé dans le noir, toutes ses fenêtres illuminées dans la nuit. Même à présent qu'il avait un lieu qu'il pouvait qualifier de sa maison, et même plusieurs, Poudlard continuait d'exercer sur lui ce pouvoir apaisant, protecteur. Serrant la main de Blaise, le garçon passa les portes avec le sourire, pensant qu'il y passerait cette fois encore l'année en famille, chose qu'il n'aurait jamais pu imaginer avant sa cinquième année. Son sourire s'agrandit en apercevant Rose à la table des professeurs, la main de Severus nonchalamment posée près de la sienne, comme si cela n'était pas fait exprès. Un murmure secoua la foule des élèves à la vue de la rousse, murmure qui s'intensifia encore lorsqu'ils s'aperçurent qu'il n'y avait non pas un, mais deux professeurs de plus cette année, sans qu'à priori, l'un des anciens ne manque à l'appel.
— Qui est cet homme ? interrogea Hermione avant qu'ils ne se séparent pour s'asseoir à leurs tables respectives.
Eiden avait parlé à ces amis de l'arrivée de Rose à Poudlard, incapable de contenir sa joie de la savoir avec eux pour cette année.
— Horace Slughorn, répondit le fils de Severus.
— C'est lui qui remplace ton père ?
Il avait aussi fait part de son inquiétude pour son père et son nouveau poste auprès de Ron et Hermione. Ces derniers avaient tentés de le rassurer, Ron arguant même qu'une simple malédiction ne pouvait pas toucher la grande et terrible chauve-souris des cachots, le cauchemar de tout élève de cet institut. À défaut d'avoir rassuré le fils Rogue, au moins cela l'avait fait rire.
— En effet, il dit qu'il est un professeur acceptable.
— Cela veut probablement dire qu'il est bon, sourit la née-moldue.
— C'est ce que j'en ai déduit aussi, répliqua l'autre avec bonne humeur. Il est particulier cependant, d'une autre manière.
— Neville nous en a brièvement parlé, déclara la jeune femme en hochant la tête. Nous le saurons de toute façon assez vite, si la tradition perdure et que nous avons cette année encore potions demain en première heure avec vous.
Le jeune homme opina et ils se séparèrent pour le repas. Après la traditionnelle répartition, ponctuée de l'habituel chant du choixpeau puis finalement Dumbledore prit la parole.
— Mes chers élèves, nouveaux arrivants et habitués de nos murs, bienvenu et bon retour en ces murs, j'ai l'immense plaisir d'annoncer que le professeur Slughorn à accepter de sortir de sa retraite pour reprendre son ancien poste de Maitre des potions. Le professeur Rogue assurera quant à lui le rôle de professeur de Défense contre les Forces du mal.
Les lèvres d'Eiden se pincèrent à ses mots et Blaise passa un bras réconfortant autour de ses épaules, avant d'embrasser sa tempe gentiment. La crise du fils de Severus était plus ou moins passée, plus par nécessité qu'autre chose, mais il continuait à s'en faire à propos de cette malédiction et du nouveau poste de son père. Et ce serait probablement le cas jusqu'à la fin de l'année.
Slughorn se leva en heurtant légèrement la table de son ventre et fit une demi-courbette, un grand sourire aux lèvres et un verre déjà serré dans sa main grassouillette. Il avait revêtu un gilet aubergine dont les boutons d'or menaçaient de sauter à tout moment tant le tissu était tendu. Dumbledore inclina la tête dans sa direction, ses yeux pétillants de malice, comme à l'accoutumée, tandis qu'élèves et professeurs applaudissaient le nouvel enseignant. Severus, lui, ne prit même pas la peine de saluer les élèves qui de toute façon le connaissait déjà presque tout. Il opina seulement, d'un mouvement de tête si léger qu'on aurait pu croire qu'il n'avait rien fait. Il nota cependant que les applaudissements en son honneur lui semblaient bien fournis, lui qui pourtant n'était guère apprécié parmi les étudiants. Mais il était vrai qu'il s'était en quelque sorte adouci l'année précédente bien que cela l'horrifiait de le constater et l'apparition de ces enfants lui donnait une image bien plus humaine, surtout qu'ils étaient, eux, particulièrement appréciés.
— Nous avons également le plaisir et l'honneur d'accueillir cette année entre nos murs Mademoiselle Chambord qui enseignera les Charmes et l'enchantement d'objet en option découverte, accessible à partir de la troisième année.
Rose se leva gracieusement et ploya le buste doucement, le sourire aux lèvres. Elle détonnait parmi les autres professeurs avec ces cheveux bronze, sa beauté indéniable et son maintien aristocratique. Elle avait de plus une nouvelle fois boudé les robes sorcières et revêtu un ensemble vert forêt brodé de bronze sombre, parfaitement en accord avec son physique, mais qui tranchait avec les tenues anglaises sorcières traditionnelles de ces nouveaux collègues.
— Je compte sur vous pour lui faire bonne accueil et de faire montre de toute la politesse anglaise.
Elle accorda un sourire poli au Directeur et se rassit sous les applaudissements.
— Mais trêves de mondanité ! fit le vieil homme en élevant les mains. Je vous souhaite à chacun un très bon appétit !
Les plats fleurirent sur les tables et chacun s'empressa de se servir, soudain affamé devant les merveilles culinaires qui apparaissaient.
— Rose a afficher ces convictions dès le début, nota Pansy en servant tout le monde en purée de pois.
— Vert serpentard, cheveux libres et pas d'habit sorcier, c'est assez clair en effet, répondit Théo en plongeant sa fourchette dans son assiette.
— Il est clair que je ne me rappelle pas avoir déjà vu McGonagall sans son chignon, je doute qu'elle ne trouve cela convenable.
— C'est le choc des cultures, déclara Drago. Puis il grimaça. Et de l'âge sans doute.
— Rose n'a pas fait cela volontairement, du moins pas vraiment, elle est simplement comme ça en dehors d'ici, expliqua Elie.
— Pour le vert en revanche, elle l'a fait pour faire plaisir à Père, sourit Eiden.
— Parce que cela lui va atrocement bien ou parce que c'est les couleurs de sa maison et de celles de ses enfants ? s'enquit Pansy.
— Les deux probablement, fit plaisamment le fils Rogue.
— Dumbledore leur a-t-il accordé l'appartement double ? demanda Drago en coupant de petits morceaux de viande.
— Oui, leurs salles sont proches, leurs bureaux sont reliés à leurs appartements communs, expliqua Elie qui servait Théo en jus de citrouille. Apparemment c'est mieux que ceux des cachots.
— Il avait plutôt intérêt à leur accorder, Père est plutôt remonté contre lui ces derniers temps, déclara placidement Eiden.
Son regard dériva vers la table des professeurs où Rose parlait avec animation avec la professeur de Runes, une ancienne de Beauxbâtons elle aussi. La main de Severus disparaissait sous la table, dans un angle trop peu naturel pour être innocent et Eiden était certain qu'elle reposait possessivement sur la cuisse de sa compagne. Il connaissait bien son père, il lui ressemblait beaucoup.
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Severus déposa sa veste sur le sofa de son nouveau salon et se pencha pour récupérer la missive laissée à son attention sur la table. Il grimaça à cette lecture et la jeta sur la surface polie de la table basse.
— Un problème ?
Rose venait de sortir de la salle de bains, les cheveux humides et vêtus d'un kimono de soie qui épousait ses courbes agréables.
— Rien d'important, simplement Dumbledore.
Elle hocha la tête, mais voyant qu'il ne semblait pas vouloir poursuivre elle laissa tomber et s'approcha pour effleurer sa robe.
— Qui a-t-il ? interrogea l'homme en voyant son regard.
— Je n'ai jamais trouvé les robes très seyantes, mais sur toi, je pense que je peux m'y faire, à condition qu'elles ne ressemblent pas à ces affreuses choses que tu portais avant.
Il sourit, il était vrai que ces longues robes ne le flattaient guère, mais elles n'en avaient pas le but …
— Je ne t'imagine pas en vêtement sorcier, dit-il en passant sa main sur son épaule partiellement dénudée.
Elle grimaça.
— On n'a pas idée de porter de telles choses, elles s'entortillent autour des jambes, couvrent comme des chapiteaux de cirque et sont si austères.
Il esquissa un sourire et commença à déboutonner la sienne, se préparant à se doucher lui aussi.
— Comment as-tu trouvé ce premier soir ?
— Agréable, on mange bien et j'aime voir le visage des nouveaux en découvrant le château, déclara-t-elle.
— Moi ce que j'aime c'est d'y voir le tien.
— J'aime aussi. C'est agréable aussi de voir l'environnement qui est le vôtre, de voir les enfants dans leur quotidien.
Severus hocha la tête, se débarrassant à présent de sa chemise.
— Pourquoi te dénudes-tu dans le salon ? interrogea Rose en souriant.
— Peut-être que j'espère que tu m'aides, ou que tu m'accompagnes, rétorqua l'homme.
— Je me suis déjà douché, répliqua-t-elle, l'air légèrement moqueuse. Si tu n'avais pas tant trainé et tenu la jambe à ce pauvre Horace, peut-être aurais-tu pu te laver avec moi.
— Je n'ai pas trainé, grommela Severus. Et c'est lui qui m'a tenu la jambe, stupide vieil homme gras.
Rose eut un sourire indulgent et embrassa doucement ces lèvres.
— Mais je peux t'attendre.
— Ce serait gentil à toi, fit l'homme presque nu.
— Il faut que ça en vaille la peine cependant, fit-elle d'un air rusé avant de gagner leur chambre.
— Oh pour ça, murmura le professeur, ne t'en fais pas.
Et il se hâta de prendre sa douche pour pouvoir la rejoindre.
