N.D.A :
Bonsoir,
Merci à ceux qui passent et laissent une trace ou pas.
Bonne lecture
Elishae
Chapitre 22 : Retour à Poudlard
Les serpentards étaient tous installés dans la chambre des garçons de sixièmes années. Crabbe et Goyle n'avaient pas obtenus leur cinquième année, les faisant dormir encore dans le dortoir du dessous, Blaise, Drago, Théo et Eiden avaient donc la pièce pour eux seuls et en profitaient largement pour y passer de longs moments avec Pansy et Elienor. La jeune brune avait pris possession du lit réservé à Eiden et Elie passait le plus clair de son temps dans celui de Drago, Severus fermant les yeux sur l'installation des adolescentes dans la chambre. Celle-ci ressemblait beaucoup à l'ancienne, semblant seulement plus grande par rapport à l'ancienne, du fait des deux lits en moins. Le groupe d'amis y avait d'ailleurs installé trois sofas apportés par Dobby ; complètement dévoué à Eiden ; et s'était créé un coin agréable autour de la cheminée, seule source de chaleur dans les chambres fraiches du dessous du lac. Pansy y était d'ailleurs installé lorsqu'Eiden entra, feuilletant un magazine tout en bavardant avec Elie qui avait monté un chaudron dans un coin et s'activait dessus.
— Oh Den tu es là ? fit joyeusement la brune.
— Il semblerait, que faites-vous ?
— Je procrastine et Elie fait ses expériences, déclara la jeune fille, léchouillant son doigt avant de tourner vivement la page.
— Je vois.
Il tourna rapidement le regard vers sa sœur qui semblait perdu dans les profondeurs et renifla une odeur d'ingrédients qui ne lui disait rien. Il n'insista pas cependant au vu de ce qu'il percevait de l'humeur de sa sœur et de son attitude concentrée.
— Tu sais qu'elle ne t'écoute pas ? fit Eiden à Pansy.
— Oui je sais mon cher, mais ce n'est pas grave, j'ai seulement besoin d'une excuse pour entendre ma propre voix, déclara l'aristocrate en tournant gracieusement une autre page.
Eiden, ne sachant pas s'il devait sourire ou soupirer, choisit de changer de sujet et s'affala sur l'un des sofas avant de demander.
— Où est Drago ?
— Chez Dumbledore.
La voix de la jeune femme était légère, presque badine, mais le brun ne si laissa pas prendre. Drago avait expliqué sa situation à ces amis le premier soir, dès la rentrée et chacun s'en faisait beaucoup pour lui. Pansy tâchait simplement de ne pas se laisser submerger, bien qu'elle soit morte de peur sous ses airs légers.
Safi, le serpent d'Eiden sortit sa tête, attiré par l'odeur de certains des ingrédients de la blonde. Il glissa hors de la chemise de son maitre, se laissa tomber promptement sur le velours de l'assise et s'apprêtait à filer en direction du chaudron lorsque le jeune homme l'attrapa vivement par le bout de la queue. Le serpent siffla de colère mais Eiden le ramena à lui.
— § Si tu ne veux pas te griller les écailles, tu restes éloigné de ce feu §, déclara le fils de Severus.
— § J'ai faim § grinça l'animal.
— § Tu as toujours faim § s'amusa le brun.
Sans plus lever les yeux de son magazine, Pansy agita vaguement sa baguette et fit venir à elle un petit sachet plastique coloré, qu'elle ouvrit avant d'en laisser tomber un peu du contenu sur le tissu du sofa.
— § Merci §, siffla Saffi avant de gober tout rond un des morceaux de viande séchée apportés par la jeune femme.
— De rien, je suppose, déclara Pansy en devinant les sifflements.
— Pourquoi tout le monde gâte cet animal ? soupira Eiden en laissant glisser un doigt le long du corps écailleux de son familier.
— Parce que ça nous fait plaisir, dit simplement la jeune femme, et parce que c'est amusant de t'embêter.
Elle posa les yeux sur le reptile qui devait bien faire plus d'un mètre cinquante à présent.
— Et pour empêcher que ce soit nous son diner évidemment, continua-t-elle avec un sourire amusé.
— Saffi ne vous mordrait jamais, opposa Eiden.
Pansy leva les yeux au ciel, elle le savait bien, elle voulait simplement le taquiner.
— Tu n'as pas dit comment c'était passé tes vacances, fit remarquer l'adolescent.
La jeune aristocrate baissa tranquillement les yeux sur son magazine et déclara d'une voix légère :
— Je l'ai fait, j'ai dit que cela avait été long, long mais sans grandes péripéties.
— Je doute qu'il y ait si peu à dire.
— Tout le monde ne peut avoir une existence aussi rocambolesque que la tienne, Eiden Severus Rogue, dit-elle sans lever les yeux.
Il grimaça.
— Tu as envoyé ton père bouler par lettre toute l'année dernière, je ne peux croire qu'il t'ait laissé tranquille là-dessus lorsque tu es rentrée.
— Je suis une femme, je n'ai que peu d'intérêt à ces yeux, répondit-elle simplement.
— Pansy tu es une amie, je m'inquiète pour toi, je ne suis pas le seul.
Elle releva la tête mais sourit simplement.
— Mon père ne m'a rien fait Eiden, quelque verbes, un peu de coups, mais rien de plus.
— Il t'a frappé ? s'horrifia le garçon.
— Rien de bien terrible, rien que quelques potions et pommades ne puissent arranger, rassura Pansy.
— Tu ne peux pas parler aussi légèrement des coups de ton père !
— Tu parles bien légèrement de ton passé qui est bien pire que le mien. Ce n'est rien Den, il ne m'a pas réellement blessé, ni ne m'a forcé à la marque, rien de tout ceci n'est très grave.
Cela faisait mal à son ami de l'entendre parler ainsi, mais malheureusement il savait qu'elle avait raison. Cette dernière année à serpentard lui avait appris beaucoup de chose sur ses élèves, beaucoup de choses qu'il n'aurait jamais pensé avant, il avait toujours cru que ces petits aristocrates avaient une vie parfaite. Il s'était bien trompé. Son regard glissa sur sa sœur qui avait le temps de leur discussion vidé le contenu de son chaudron dans une vingtaine de fioles de cristal et qui s'attelait déjà à une autre potion.
— Elle en est à combien ? demanda-t-il d'un air fataliste à son amie.
— Sa quatrième, si mon compte est bon, déclara la jeune femme. Et il l'est.
Eiden n'en doutait pas, sous ses faux airs badins, Pansy était toujours d'une attention sans égal, nul doute qu'elle surveillait étroitement Elie. La blonde était prise de frénésie depuis la rentrée, passant énormément de son temps libre à faire des litres et des litres de potions, en prévision pour le futur incertain. Elle les faisait passer par Rose au Manoir de Gower et faisait des stocks un peu partout, en prévision. Ses amis savaient que son attitude quasi obsessionnelle lui permettait de surmonter le stress de la situation de son compagnon et ne cherchait pas à l'en dissuader, même s'ils s'inquiétaient tout de même pour elle. Comme Drago elle était de plus en plus pâle et cernée, agitée aussi, de jour comme dans son sommeil, mais personne ne pouvait rien faire de plus, Severus et Dumbledore faisaient déjà leur maximum, il fallait leurs faire confiance.
Blaise revint à ce moment en compagnie de Théo qui se glissa immédiatement aux côtés d'Elie alors que le métis s'installait aux côtés de son amant. Il n'avait pas les capacités de seconder la blonde. Eiden se coula entre les bras du basané.
— Tu as fini le devoir de sortilège ?
— Oui, il ne me reste plus que le parchemin de Rose, il me prend plus de temps, déclara Blaise en resserrant ses bras autour du fils de Severus.
— Elie pourra surement t'aider.
— Lorsqu'elle lèvera le nez de ses potions peut-être.
Bien qu'il ait déclaré cela légèrement, Eiden savait bien que Blaise s'inquiétait pour la sœur de son compagnon. Comme il le faisait tout pour elle et Drago.
— As-tu bien dormi ? Je t'ai senti t'agiter cette nuit mais tu étais déjà levé ce matin lorsque je me suis réveillé.
Ce qui avait surpris le basané, Eiden n'était pas vraiment ce que l'on pouvait appeler un lève-tôt.
— J'ai été voir mon père.
Blaise attrapa son menton et l'obligea doucement à le regarder.
— Tu as fait des cauchemars n'est-ce pas ?
Le brun soupira et poussa sa tête contre la main de son petit-ami.
— Rien d'anormal à cela caru, c'est la situation qui le veut. On est en guerre.
— Je n'aime pas savoir que tu vois ses horreurs chaque nuit, murmura le bistré en fourrant son visage dans le cou de l'autre.
— On n'y peut rien, souffla le brun.
— Je voudrai tout prendre, t'aider et qu'il te laisse en paix.
Eiden passa sa main dans les cheveux courts de l'arrière de sa tête et embrassa sa tempe.
— Tu m'aides déjà Blaise.
— Je voudrai faire plus.
— Je sais, mais c'est déjà beaucoup pour moi.
Ils échangèrent un baiser tendre qui fut brisé par le retour de Drago. Le jeune homme entra calmement dans le dortoir et laissa tomber son sac sur son lit avant d'embrasser sa petite amie et de s'installer sur le sofa, près d'elle, la laissant tout de même finir son ouvrage.
— Comment c'est passé cette entrevue ? demanda Pansy, la plus proche de lui.
— Pareille que les autres, Dumbledore est persuadé de nous sortir de ce merdier, déclara le blond.
— Tu penses qu'il n'en est pas capable ? s'enquit la jeune femme.
Drago haussa les épaules.
— Je ne crois rien.
Il ne voulait pas espérer pour rien, en son for intérieur, il était intimement convaincu de ne pas pouvoir se sortir de cette situation. Mais il n'en disait rien tout haut, pour ses amis et pour Elie qui était déjà bien assez angoissée comme cela. Il changea d'ailleurs rapidement de sujet et finit par s'installer avec Théo et Elie pour les aider à faire des stocks et s'occuper l'esprit.
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— J'espère que vous avez tous bien relu le cours sur les minéraux et leurs propriétés, car cela vous sera d'une très grande utilité.
Plusieurs semaines avaient passé depuis la rentrée et Rose s'était à présent bien intégrée à la vie de Poudlard. Elle avait imposé son style plus moderne et participatif que ces collègues et ses cours remportaient un succès certain, bien qu'ils se montrent souvent d'un niveau élevé.
D'un coup gracieux de baguette elle dispersa les piles de cartons qui chargeaient son bureau, afin que chacun en ait un. Un autre coup de baguette et de petits parchemins roulés apparurent devant chaque élève.
— Chacun d'entre vous trouvera inscrit ici l'objet qu'il doit transmuter, à vous de choisir le bon minéral à utiliser pour le faire. Tâcher de faire sans le cours dans un premier temps et de ne le sortir que si vous êtes en difficulté. Je suis à votre disposition si vous avez des questions. Votre parchemin se mettra à jour dès que vous aurez réussi votre métamorphose, termina-t-elle d'une voix douce.
Tous se mirent immédiatement au travail, bien que Rose soit toujours calme et souriante, elle n'avait aucun mal à se faire respecter et maintenir sa classe dans une ambiance studieuse et sérieuse. La professeure se fit un devoir de passer entre les tables et de prendre le temps de regarder et conseiller tous les adolescents qui en avaient besoin. Elle accordait de temps en temps un sourire à ceux qui étaient les plus appliqués.
— Tu rêvasses, souligna Elie en poussant légèrement son frère du coude.
Le garçon tourna la tête vers elle et cessa de contempler Rose qui parlait maintenant avec Neville de son choix de minéraux. La voir tout près, tous les jours, remplissait Eiden d'une chaleur bienfaitrice. C'était la première fois qu'il pouvait profiter d'une famille, de sa famille, en entier, proche de lui en tout temps et il ne s'était jamais rendu compte à quel point cela lui avait manqué. Maintenant qu'il l'avait, il savait qu'il ne pourrait plus jamais se passer de cela, quoi qu'il se passe.
— Désolé, s'excusa-t-il.
— Je suis vraiment très heureuse qu'elle soit ici aussi, sourit Elie qui avait bien compris ses pensées.
Ils avaient trouvé un équilibre à quatre désormais et Eiden la mère qu'il n'avait jamais eue. Rose était aux petits soins pour eux et le jeune homme s'y complaisait assurément.
— Je vous ai vu hier avec Drago, signala le garçon en prenant faussement nonchalamment une améthyste dans son carton.
Elie rougit un peu mais ne réagit pas plus.
— Vous aviez l'air très occupés, fit sournoisement le jeune homme.
— Je croyais que ma vie sexuelle t'horrifiait.
— Elle ne m'horrifie pas, je préfère simplement ne pas en être témoin.
— Rien ne t'oblige à nous espionner, sourit moqueusement l'adolescente en transmutant sa pierre.
— Je ne vous espionnais pas, opposa son frère qui rougit violemment à son tour. J'étais juste sorti prendre l'air, j'avais oublié que tu aimais trainer près du saule à l'automne. Et je ne m'attendais certainement pas à tomber sur Drago-je-suis-un-parfait-aristocrate-Malfoy vautré dans l'herbe en plein milieu de la nuit.
— Il n'était pas vautré dans l'herbe.
Le fils de Severus eut un sourire rusé.
— Non tu as raison, il était vautré sur toi !
Elle balaya ses mots d'un revers de la main.
— Je ne crois pas que tu ais grand-chose à me dire là-dessus Eid.
Le garçon l'ignora et poussa doucement son épaule de la sienne.
— Je suis content que vous ayez pu passer au-dessus des tensions Drago. Je sais que la situation est … compliquée.
C'était vrai qu'avec les doutes sur l'identité de l'agresseur de la blonde et la mission de Drago confié par Voldemort, les choses avaient été difficiles à gérer pour le jeune couple qui peinait à retrouver ses marques, chacun ayant trop peur de se blesser et de blesser l'autre. Mais ils semblaient avoir trouvé un équilibre depuis quelque temps et Eiden en était soulagé. En témoignait la scène amoureuse dont il qu'il avait surpris la veille.
— Aurais-tu réglé toi-même tes problèmes avec ma relation avec Drago ? la taquina-t-elle à son tour.
— Peut-être, accorda le garçon.
Il effectua lui aussi sa transmutation et se saisit du parchemin où était apparue la nouvelle consigne.
— Même si ce n'est pas une raison pour précipiter les choses, grimaça-t-il cependant en la menaçant légèrement de sa baguette.
Elie ricana :
— Comment oses-tu parler de cela alors que tu as perdu ta vertu avec Blaise depuis bien longtemps ?
— C'est différent pour toi, bougonna l'adolescent.
— Bien sûr rit la blonde en ébouriffant ses cheveux avant de se détourner. Mais je crains que tu n'aies pas ton mot à dire concernant cette décision mon cher frère !
L'autre marmonna dans sa barbe mais ne rétorqua rien, préférant abandonner le sujet. Ils travaillèrent ensuite en silence jusqu'à la fin du cours.
— Vous êtes encore ici ? remarqua Rose en rangeant les différents produits utilisés pendant son étude.
— On se disait que l'on pourrait manger ensemble ce midi, répondit Eiden.
La femme lui fit un sourire et acquiesça. Elle rédigea quelques lignes sur un parchemin avant de le tapoter pour le métamorphoser en un petit avion qui fila dans le couloir.
— Comment c'est passer votre examen de sortilège ? interrogea la rousse en les menant à son bureau, et par là à ses appartements.
— Plutôt bien, déclara Elie, nous nous étions entrainés et cela n'était pas particulièrement difficile. As-tu eu des nouvelles de Gower ?
— Oui, Aksel et Allen sont passés hier pour récupérer les cours pour les plus jeunes, nous avons pu discuter un moment. Tout le monde va bien, Arya et Sammy ont fini par refiler leur grippe à tout le monde mais avec les bons soins d'Ourell, la korrigane que vous avez engagé et de Toppy, l'elfe de maison tout est rentré dans l'ordre. Elijah a fait de beaux progrès en Métamorphose et en potions, il se maintient au niveau de l'école ce qui est déjà une très bonne chose. Bien sûr Allen ne le lâche pas, mais au moins il aura le niveau de la graduation sans soucis.
Eiden sourit, il imaginait parfaitement le jeune homme de serpentard toujours derrière son frère à le pousser à étudier. Il le faisait déjà lorsqu'ils étaient encore à Poudlard. Allen adorait son petit frère mais il ne plaisantait pas avec les études et n'était pas non plus la personne la plus légère qu'il soit. Il lui faisait presque penser à Percy parfois, dans un genre totalement différent.
— J'ai vu Fleur aussi et elle m'a demandé de vous passer le bonjour. Elle travaille toujours à mi-temps pour Gringotts et passe son temps libre au Pays de Galle pour passer du temps avec les autres et aider à l'enseignement des plus jeunes. Samuel, Arya et Margarethe l'adorent, continua Rose en les invitant à s'asseoir.
— C'est une chic fille, approuva Eiden.
— Elle a entrainé son compagnon avec elle, il passe du temps là-bas lui aussi, il aide les plus grands à s'entrainer.
— C'est un excellent briseur de sort, je suis sûr que cela leur est très profitable.
— C'est certain, un homme très agréable également aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur, je suis heureuse pour Fleur.
Elie rit doucement et son frère intervint :
— Il est un peu jeune pour toi non ? se moqua-t-il gentiment.
— Est-ce une manière pour toi de me dire que je suis une vieille femme qui regarde un peu trop les jeunes hommes ? interrogea sa mère adoptive.
— Loin de moi cette idée Rose, tu fais à peine plus âgé que nous.
Devant ce mensonge éhonté, la professeure choisit de ne pas répondre mais percuta tout de même une petite tape derrière la tête du plus jeune.
— Insolent !
Le garçon sourit seulement.
— Est-ce que tu as pu faire parvenir aux jumeaux ce qu'ils m'avaient demandé ? s'enquit sa sœur.
— Oui, je leur ai tout apporté avant-hier soir, ils te remercient.
Puis les sourcils bronzes se fronçèrent et elle se leva :
— Cela me fait penser qu'ils m'ont également laissé un paquet pour toi. Cela m'était complètement sorti de la tête.
— Pas grave, déclara la jeune fille.
La femme se dirigea vers l'un des placards et en sortit un petit paquet simple entouré de papier kraft. La jeune fille le prit sans un mot et le plaça dans son sac sans plus parler. Eiden tenta bien de l'interroger du regard mais elle secoua la tête, signifiant qu'ils en parleraient plus tard. Cela avait l'air important.
— Et comment se passe la préparation au premier match de la saison ? Il me semble que celui-ci se rapproche ? demanda Rose.
— Den est un tortionnaire, mais on devrait sans sortir.
L'adolescent envoya un coup de poing sur l'épaule de sa sœur et celle-ci répliqua par un léger maléfice cuisant :
— Hey ! Brute ! Rien ne t'autorise à me frapper.
— Je ne suis pas un tortionnaire !
— Mais tu viens de prouver le contraire mon cher frère, répliqua la blonde en frottant son bras d'un air grognon.
Le poste de Capitaine avait été confié à Eiden à la fin de l'été par Minerva, Severus ayant refusé de choisir, étant trop à partit et avait demandé conseil à sa collègue qui avait sélectionner son ancien joueur pour l'insigne, conscient de ses qualités, sportives et de gestion de groupe. Et bien que ce ne fut une grande surprise pour personne, tout le monde en était satisfait, Eiden se débrouillait plutôt bien, avec bien moins de cris qu'Andrea. Ce qui était tout de même une accalmie agréable, même si la jeune femme leur manquait tous même un peu. Elle était vraiment une très bonne capitaine. Mais Eiden promettait de faire au moins aussi bien, si ce n'est mieux.
— La nouvelle batteuse se fait à l'équipe ? s'enquit la rousse.
— Oui, Addison est cool, elle vise bien, même si elle est parfois un peu enthousiaste elle fait beaucoup de progrès pour contrôler ses tires.
La nouvelle joueuse était une sang-mêlé de troisième année, de taille moyenne, assez large d'épaule qui avait fait partie d'une équipe de natation moldu dans son enfance. Elle frappait les cognards avec une force colossale mais ne maitrisait pas toujours la portée de ses coups, quoiqu'elle parvienne à viser de manière remarquable. C'était plutôt la mesure qui lui faisait défaut mais Eiden et les autres étaient certains de son potentiel. Et Peter, l'autre batteur, la tempérait assez bien. Ils avaient de toute façon pris l'habitude de la faire exécuter de nombreux tours de terrain avant chaque entrainement, histoire de canaliser son énergie débordante et son trop-plein d'enthousiasme.
— Minerva va sans doute se mordre bientôt les doigts de t'avoir choisi, elle n'aura sans doute pas encore la coupe sur son bureau cette année, sourit Rose.
— Elle a dit à Père qu'elle préférait avoir des adversaires à leur hauteur, répondit Elie en jouant avec les fils de sa manche. Et que de toute façon, puisqu'Eiden a été dans sa maison plus longtemps que dans celle de papa et que c'est elle qui l'a fait admettre dans l'équipe, ce sera tout de même sa victoire dans tous les cas.
La Française rit de cette pensée.
— Cela ne m'étonne pas d'elle !
Ils passèrent un petit moment tranquille ainsi, attendant que le père de famille daigne se montrer. Rose corrigeait des copies, barrant de sa plume élégante ce qui ne convenait pas, Elie rêvassait et Eiden s'était une fois de plus affalé sur son fauteuil et il reçut d'ailleurs un regard sombre de Severus à ce sujet dès que l'homme pénétra la pièce.
— Den tes pieds ! gronda le professeur pour la centième fois.
Le jeune garçon sourit malicieusement et les retira de la table basse, sans pour autant se redresser.
Le potionniste soupira et embrassa doucement Rose avant de s'installer également dans l'un des fauteuils confortables de ses appartements. Croisant élégamment ses chevilles il appela à mi-voix un elfe de maison qui se chargea de dresser la table et de leur servir le déjeuner.
— Désolé de vous avoir fait attendre, j'avais quelques petites choses à terminer avant le repas, s'excusa-t-il.
— Comme terroriser des secondes années, se moqua gentiment Eiden.
Severus se contenta de lever un sourcil.
— Si cette bande de veracrasses décérébrés avait tenu compte de mes instructions, personne n'aurait été terrorisé. Est-ce ma faute si la majorité des enfants qui peuplent ce château sont des idiots ?
L'adolescent ne lui servit que pour toute réponse un sourire étincelant.
— Tu ferais mieux de travailler tes essais sur les inféri plutôt que de remettre en cause mon encadrement, grommela l'homme.
— Je ne me permettrai pas de remettre quoi que ce soit en cause, Papa, je pose seulement une question.
— Impertinent, déclara seulement son père, mais il souriait dans sa barbe.
Depuis qu'ils étaient revenus à Poudlard, plus d'un mois auparavant, ils se réunissaient régulièrement entre eux quatre, parfois avec Blaise et Drago, parfois avec plus des amis de leurs enfants, le couple d'adultes voulait profiter au maximum de leur petite famille, d'autant que chacun sentait que les choses allaient bientôt se précipiter. La guerre faisait rage au-dehors, pas un jour ne passait sans une mauvaise nouvelle, attaque, disparition ou information inquiétante et le double jeu de Severus, ainsi que la mission de Drago pesait sur le moral de tous. À l'intérieur des murs de l'appartement, ensemble, il était plus facile de faire comme si tout allait bien, le temps de quelques heures.
Après le déjeuner, Elie s'attela à quelque devoir tandis qu'Eiden parlait à mi-voix avec Rose, dans le même canapé que la femme, la tête appuyée sur son épaule. C'était une chose toute neuve pour lui que de se découvrir une mère, et il en profitait outrageusement, collant presque la française comme un petit enfant, au plus grand bonheur de celle-ci. Ce qui ne manquait pas de faire sourire Severus qui observait le jeune homme prendre la femme régulièrement par les sentiments, à grand coup de regard de chiot et de sourire penaud. Il lui semblait cependant qu'Eiden avait bien le droit de retomber ainsi un peu en enfance et de profiter à présent de ce qu'il n'avait jamais pu avoir, même si parfois il en abusait un peu. Comme à l'instant où il se plaignait à présent de la quantité de devoirs que leur avait infligés le professeur McGonagall et la difficulté de son essai sur les inféri à rendre pour le surlendemain. Les doigts de Rose peignaient les longs cheveux de l'adolescent hors de son visage tandis qu'elle accueillait tendrement les jérémiades du jeune adulte, indulgente. Les yeux de la femme brillaient tandis qu'elle écoutait le plus jeune, complètement avachi sur elle et la chemise de travers.
— Je dois y aller, les interrompit doucement le potionniste. Je reprends les cours dans dix minutes.
Rose sourit et le tira doucement à lui pour l'embrasser.
— Oh pitié pas au-dessus de moi ! protesta Eiden.
— Rien ne t'oblige à accaparer ma compagne fils indigne, si tu n'es pas content, tu sais ce qu'il te reste à faire.
L'adolescent bougonna.
— Jaloux.
L'homme renifla et embrassa à nouveau la Française.
— De toute façon elle préfère les hommes jeunes ! défia Eiden en riant.
Rose sourit, amusée alors que Severus haussait un sourcil.
— Ah oui ? Je n'aurai pas cru pourtant.
Sur un dernier baiser, il les laissa.
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Drago, enfoncé jusqu'à la taille dans l'eau chaude, contemplait sa petite-amie qui jouait dans le bassin. Ils avaient investi la salle de bains des préfets, tous les deux, comme ils le faisaient parfois. Il en avait bien besoin, il avait passé une nouvelle entrevue avec Dumbledore pour tenter de se sortir du merdier dans laquelle son salopard de père l'avait fourré. La semaine passée, ils avaient réussi à simuler un empoisonnement raté. Un plan rocambolesque impliquant un Slughorn naïf et un Ron Weasley consentant, bref, Dumbledore l'avait semble-t-il échappé bel et Voldemort, s'il n'avait pas été très heureux d'apprendre que Drago avait échoué, était au moins convaincu qu'il avait tenté. Cela leur avait fit gagner un peu de temps.
Le jeune homme laissa glisser son regard sur le dos marbré de cicatrice de sa compagne, elles c'étaient pour la plupart bien effacés, grâce aux bons soins de son père et de Sekhmet, mais on les voyait encore, étrange dessin en relief. Et même si ce qui les avait provoquées était terrible, Drago ne pouvait s'empêcher de les aimer, elle montrait qu'Elie avait survécu, bravé les épreuves, vaincu ses ennemis. Elles faisaient partie d'elle. Signe que la jeune fille n'avait plus aucun complexe avec son corps en présence de Drago, elle nageait complètement nue, sans se soucier d'avoir quoi que ce soit à cacher. Et le jeune homme aimait ça, il mesurait pleinement le chemin qu'ils avaient fait ensemble, depuis cet épisode de l'année passée dans ces mêmes bains. Un mouvement d'eau le coupa dans ses pensées et soudain ses genoux furent tout emplis d'une Elie tendre et mouillée. Il passa immédiatement ses bras autour de sa taille pour la retenir et embrassa le bout de son nez.
— J'aime être ici, déclara-t-elle.
— Je sais, répondit-il avec un sourire.
— J'aime être ici avec toi.
— Je l'aime également.
— Je t'aime toi.
— Je t'aime aussi.
Il frotta son nez contre le sien et elle rit. Il lui semblait qu'elle ne l'avait plus fait depuis des semaines. Ce son emplit son cœur de joie. Sa main glissa contre sa hanche et il la rapprocha encore, voulant profiter au maximum de cet instant. Sentir sa poitrine vibrante contre la sienne. Il écarta une longue mèche mouillée de son visage d'ange et en profita pour faire courir ses doigts sur sa peau.
— Tu n'imagines pas à quel point je t'aime, murmura-t-il contre sa tempe.
— Mais je l'imagine déjà beaucoup, glissa-t-elle.
— C'est plus encore pourtant, regarde comme je fais le Poufsouffle devant toi, fit-il en effleurant peau.
— Ce n'est pas désagréable, sourit en retour la jeune femme, même si j'aime aussi ton petit caractère.
— À t'entendre, on ne dirait pas que je suis un homme si parfait, contra-t-il en continuant ses attentions.
— Oh tu l'es, bien assez pour moi en tout cas.
Elle laissa glisser nonchalamment ses mains le long de son torse, la pulpe de ces doigts effleurant son bas ventre, s'arrêtant juste à temps. En réponse les siens virent effleurer ses fesses, remontant doucement, la chatouillant un peu malgré l'eau. Les caresses se firent progressivement plus précises et bientôt cela ne suffit plus à Drago qui souleva sa petite amie dans ses bras et l'allongea sur un tapis de serviettes invoquées à la va-vite. La déposant délicatement il ne tarda pas à la surplomber pour continuer de caresser son corps dénudé. Il savait à présent quels points titiller pour offrir du plaisir à l'adolescente, ils avaient beaucoup expérimenté, sans jamais passer à l'acte. Mais cela ne gênait pas le blond, ils s'amusaient assez ensemble pour que la pénétration ne soit pas nécessaire, du moins le temps qu'Elie soit en capacité de passer cette étape. Si les jeux sensuels et les préliminaires ne lui posaient plus de problème, son viol était encore trop présent dans son esprit pour envisager de passer à l'acte, pour Elie comme pour Drago qui redoutait aussi ce moment, craignant de lui faire mal ou de faire remonter de mauvais souvenirs.
— Oh oui continue, soupira la jeune femme alors qu'il embrassait sa clavicule, effleurant de ses longs doigts les seins rebondis de sa partenaire.
Il sourit contre sa peau, comme s'il allait la planter là. Il n'était pas fou. Qui refuserait une opportunité pareille ? Il s'efforça donc de lui faire perdre la tête, tout en gardant lui-même la sienne face aux attouchements de la blonde. Des doigts fins atterrirent cependant tout près de son pénis et sa respiration se coupa un instant. Profitant de cette accalmie, Elie enroula doucement sa main autour de la colonne de chair déjà bien raidie et pompa doucement.
— El … Merlin.
Il se sentit durcir plus encore et ne put retenir les gémissements qui quittaient sa gorge. Pour se donner une contenance, il l'embrassa passionnément et fourra sa langue dans sa bouche, explorant de son mieux la cavité moite et chaude. Elle le repoussa pourtant, un petit sourire aux lèvres et l'enjoignit à s'étendre. Beau seigneur il se laissa faire et ne le regretta pas lorsqu'Elie prit ensuite l'initiative d'enfoncer son pénis dans sa bouche, le caressant de sa langue et de sa main avec application.
— Oh Salazar …. gémit-il, le corps tout en tension pour résister à cet assaut délicieux.
Il lui fallait tous ses efforts pour ne pas simplement jouir dans la jolie bouche de sa compagne, mais au contraire profiter de ce moment au maximum. D'un geste tendre dans ses cheveux le garçon l'encouragea à continuer, sans la forcer. Elle n'en avait de toute façon pas besoin, l'adolescente adorait voir son petit ami prendre du plaisir et perdre pied ainsi. Mais contrairement aux fois précédentes, elle n'acheva pas son œuvre et se redressa bientôt, effleurant doucement son gland comme pour s'excuser.
— Que … fit Drago, confus, peinant à revenir des brumes préorgasmiques.
— Je veux essayer quelque chose de différent cette fois, répondit Elienor en lui souriant, attendri par son air perdu.
— Oh, ok.
Il se redressa un peu, la vision encore floue et demanda :
— Que veux-tu ?
Elle rosit, mais apparemment plus par anticipation que par gêne.
— Je voudrais que l'on aille au bout cette fois.
Cette simple phrase dégrisa totalement l'héritier Malfoy qui se redressa brusquement sur ses coudes.
— Quoi ?! Non El, on n'a pas besoin de … on peut continuer comme cela. Ça ne me dérange pas et je ne veux pas plus.
Son cœur cognait fort dans sa poitrine et il ne pouvait croire que sa compagne proposait cela, il n'était pas sûr d'être prêt à faire face aux conséquences si cela ne se passait pas bien. Le jeune homme se mettait une très grande pression à ce propos.
— Mais si je le veux moi ? rétorqua-t-elle doucement.
Drago tendit une main un peu tremblante vers son visage, parcourant sa joue.
— On a le temps mon ange, rien ne t'oblige à … c'est déjà très agréable comme cela, assura-t-il.
— Ça l'est en effet, mais je veux plus, je suis prête.
Il sonda un moment ses yeux mais n'y trouva aucune panique, aucun signe qu'elle redoutait ce qui allait se produire ou qu'elle s'y forçait.
— Je ne veux pas que ça te mettent mal Amour, continua-t-il doucement, tentant d'ignorer l'excitation qu'il ressentait à la proposition de sa petite amie et à la vue de son corps dénudé, si proche.
— Ça ne me mettra pas mal caru, je veux le faire, toi aussi. On s'aime et je sais que tu prendras soin de moi. Il ne va rien se passer d'horrible, nous allons simplement faire ce que l'on a fait jusque-là.
Drago était déchiré entre l'envie d'enfin aller au bout avec elle et la peur de lui faire du mal, physiquement ou psychologiquement. Il craignait que les choses ne se passent pas bien, mais aussi que leur relation recule si ça n'était pas le cas. Il ne pensait pas pouvoir supporter une autre mauvaise passe dans sa vie, Merlin savait qu'on l'en lui imposait déjà bien trop depuis quelques semaines.
Perdu dans ses pensées, il sursauta en sentant les lèvres d'Elie sur les siennes.
— Il n'y a que nous deux ici, si je ne suis pas bien, ou si tu ne l'es pas, nous n'aurons qu'à simplement le dire et ressayer plus tard. Nous pouvons essayer, mais rien ne nous oblige à réussir.
Elle sourit tendrement et l'embrassa encore :
— Il est impossible que quoi que ce soit de fâcheux n'arrive tant que nous restons dans cet état d'esprit tous les deux.
Il hocha lentement la tête, elle avait raison, et il voulait tellement la faire sienne, remplacer les horribles souvenirs par d'autres. Tout en prenant son temps, il parcourut son corps de ses mains, sa peau contre la sienne. Dans la fièvre du moment, il ne se rendit pas vraiment compte de ce qu'il faisait, seulement conscient de sa présence contre lui et du feu dévorant qui grandissait en lui. Il la prépara de ses doigts, très doucement, pour l'habituer, massant son clitoris avec application. Elie ne tarda pas à se tortiller de délice contre le tissu doux des serviettes et elle finit par le supplier de faire plus.
— Redresse-toi, murmura-t-il en réponse.
Elle le fit avec un peu de maladresse, coupée dans son plaisir, libérée de ses caresses. Le garçon prit sa place et s'allongea, la ramenant sur lui.
— Tu guides, on fait à ton rythme.
Il voulait lui laisser le champ totalement libre, la laisser en pleine possession de la situation, compétemment maitre de l'acte. Il n'imposait rien, contrairement à son agresseur, elle pouvait tout arrêter à n'importe qu'elle moment. Et même si Elie était décidée à lui faire l'amour, elle n'en était pas moins grandement rassurée par cet arrangement.
— Je t'aime, dit-elle tendrement, tu es vraiment le compagnon le plus formidable que je puisse avoir.
— Et toi également.
Elle sourit et s'empala très doucement sur sa verge, le visage à peine marqué par l'effort. Elle avait un peu mal, mais rien de comparable avec ce qu'elle avait déjà vécu, la brulure atroce et la violence que l'autre avait manifestée. Elle put le prendre en elle sans mal, les faisant haleter tout deux.
— Ça va ? demanda Drago, essoufflé, tendu par le plaisir.
— Tout va bien, assura-t-elle avant de bouger légèrement, comme pour tester la chose.
— Oh Enor tu es si … haleta le jeune homme au doux mouvement de la jeune fille qui le surplombait.
Elle se baissa et mordilla sa mâchoire avant de l'embrasser, ondulant d'abord précautionneusement puis plus hâtivement sur lui.
— Je dois dire que tu es vraiment pas mal Drago, souffla-t-elle contre sa peau, ses seins frottant délicieusement contre la poitrine ferme du blond.
— Génial, gronda-t-il en prenant ses lèvres. Alors tu crois que tu pourras me faire la grâce de recommencer ?
— Ça dépendra de ce que tu m'offres ensuite …
Il se redressa vivement, la faisant basculer sur les genoux, toujours assise sur lui.
— Je vais voir ce que je peux faire, sourit-il en caressant se fesses de ses longues mains blanches, l'aidant à se soulever en rythme.
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« — Je n'en doute pas Yaxley
La voix glaciale de Voldemort retentissait sans mal dans la grande pièce vidée de tout son mobilier. Un certain nombre de mangemorts étaient là, moins qu'ils auraient dû, avec tous ceux qui avaient été pris au Département des mystères durant l'été, mais plus qu'Eiden ne l'aurait cru. Certains étaient d'ailleurs très jeunes, de ce qu'il pouvait en voir malgré les masques qu'ils portaient tous. Après une inspection attentive, le garçon soupira de soulagement : son père n'était pas présent. Il n'aimait pas le savoir présent aux réunions et aimait encore moins le voir y assister. Ce n'était arrivé qu'une fois que Voldemort ne le torture, mais le souvenir restait cuisant dans l'esprit de l'adolescent et il ne voulait pour rien au monde le revoir à nouveau.
— Ceci prend cependant bien trop de temps à mon goût, continua le Seigneur des Ténèbres avec un rictus mauvais.
— Les plus hautes sphères du Ministère mettent plus de temps que prévu à tomber Monseigneur, répondit le dénommé Yaxley.
— Je me fiche de tes excuses, je veux seulement que mes ordres soient exécutés !
Voldemort leva sa baguette et lança un doloris sur l'autre homme qui tomba au sol dans un bruit sourd, mais sans un cri. Cela ne manqua pas d'ailleurs d'ennuyer son Maître qui arrêta son maléfice et se détourna.
— Narcissa !
Eiden frémit en voyant s'approcher la femme. Elle ne portait pas de masque, contrairement à la majorité et ses longs cheveux blonds brillaient à la lueur des chandelles.
— Je n'ai pas eu de nouvelle de ton fils depuis sa tentative ratée d'empoisonnement. Comment notre cher Drago s'en sort-il avec la mission que je lui ai confié ?
— Il avance Maître, déclara la femme, la tête respectueusement baissée, mais il n'est guère facile d'agir dans le secret.
— C'est regrettable, ma chère hôte, que votre fils mette si longtemps à me contenter. Il ne faudrait pas que les choses trainent trop en longueur. Après tout, une année scolaire passe fort vite …
Narcissa trembla imperceptiblement et Voldemort continua :
— N'oublie pas Narcissa, personne ne peut se tenir à l'abri de ma colère, ni toi ici, ni ton fils à Poudlard et ni ton mari, même à Azkaban. Bientôt les nôtres reviendront ici et j'espère que d'ici là Drago pourra faire montre de toute l'étendue de sa fidélité envers moi.
— Il le fera, assura l'aristocrate.
— Je l'espère Narcissa, je l'espère. Après ce pauvre Sirius, la maison Black ne peut pas encore se permettre de perdre un membre.
Le ton était caressant mais la menace parfaitement palpable. Le Lord passa une main lente dans les cheveux de la femme puis se retira, l'ignorant totalement.
— Qu'en est-il de notre autre affaire ?
L'un des mangemorts s'avança, le visage couvert et déclara :
— La Directrice Bones n'est pas des plus coopératives Maître.
— Je m'en doute, susurra Voldemort en prenant place sur le trône installé pour lui au centre de la pièce. C'est regrettable de sa part, une femme si intelligente, avec un si grand pouvoir et une si vieille lignée …
Il caressa d'un doigt la tête de son serpent, qui s'était faufilé vers lui et avait grimpé sur ses genoux, comme un chat particulièrement terrifiant. Sa langue sortait par intermittence, pour humer l'air et ses yeux brillaient dans la pénombre, renvoyant les lueurs des flammes.
— Nous allons malheureusement devoir nous en débarrasser. Si elle continue à se fourvoyer et de plaider en faveur des sang-de-bourbes et des moldus alors nous devrons agir. Nous ne pouvons nous permettre de garder en vie des … dissidents à notre cause.
— Bien sûr Maître, opina l'homme avant de reculer d'un pas.
— Je la veux morte avant la fin de la lune. Est-ce clair ? Nous n'avons que trop perdu de temps.
La baguette du Lord émit quelques étincelles et Nagini siffla.
— Macnair approche, fit doucereusement Voldemort. Je suis très peu satisfait de tes derniers travaux, mangemort.
La longue baguette blanche s'éleva et le bourreau du Ministère s'effondra en hurlant, se tortillant sur les dallages de la grande salle.
La tête d'Eiden sembla explosée, comme si le sort lui avait été destiné et il se réveilla en sursaut.
— Ça va aller caru, je suis là, fit la voix apaisante de Blaise près de son oreille.
Le brun se rendit compte à ce moment qu'il était de retour dans le dortoir et qu'il tremblait violemment. Il sentit la caresse de son amant contre ses cheveux et tenta de reprendre son calme. Son cœur battait si vite dans sa poitrine qu'il pouvait s'en arracher à tout moment et le sang battait vivement à sa tête, lui causant une douleur monstrueuse.
— Calme-toi Den, souffla à nouveau le basané en le balançant légèrement.
Il devait être très tard, l'obscurité était intense. Eiden se souvenait s'être couché au côté de Blaise peu après minuit, Elie et Drago n'étaient alors toujours pas rentrés. C'était le vendredi, il n'avait pas cours le lendemain, fort heureusement, car il s'en voulait d'avoir une nouvelle fois tiré Blaise du sommeil.
— Je vais bien, croassa-t-il finalement, la gorge sèche.
Un verre d'eau apparut devant son nez et il entendit le doux cliquetis d'une fiole de verre derrière son épaule. Et effectivement, quelques secondes plus tard son compagnon l'aidait à boire une solution calmante. Quelqu'un murmura un sort et le feu de la cheminée se raviva, emplissant la salle d'une douce lumière qui réconforta plus efficacement Eiden que quoi que ce soit d'autre. C'était si loin de la noirceur du Manoir Malfoy et de son abominable hôte. Son mal de tête s'apaisa et il se calma progressivement. Le voyant frissonner en sentant le froid contre sa peau humide, Blaise lui passa une couverture sur les épaules, le tenant contre lui alors qu'il reprenait peu à peu ses esprits. Pansy et Théo étaient installés sur le lit du jeune homme, encore habillé de pieds de cape, discutant avec Elie et Drago, qui, les cheveux encore humides, semblaient revenir tout juste de la salle de bains des préfets.
— Quelle heure est-il ? interrogea Eiden.
— Une heure et demie du matin, répondit Blaise, tu ne dormais pas depuis longtemps lorsque tu as eu ce cauchemar.
— Ce n'était pas un cauchemar, murmura le brun.
Les yeux miels inquiets de son petit ami se posèrent sur lui et il continua :
— Je l'ai vu, chez Drago, avec les mangemorts.
— Que s'est-il passé ?
— Il n'est pas heureux que le Ministère tarde à tomber, il a torturé Yaxley et Macnair, répondit l'autre, la voix encore enrouée d'avoir crié.
Blaise serra son étreinte autour de ses épaules.
— Il veut tuer Amelia Bones.
— Comment ?
— Il veut qu'elle meure, elle a refusé de coopérer.
— Cela n'a rien d'étonnant, grimaça l'autre jeune homme qui connaissait bien la patronne de son père.
— Il faut que je prévienne papa, souffla Eiden, ils peuvent encore la mettre en sécurité. Elle ne doit pas mourir, pas si l'on peut l'empêcher.
Blaise s'empara d'une pièce d'or qui trônait sur le chevet du garçon et le tapota avec sa baguette.
— Sev va venir, tu ne vas nulle part dans cet état, tu trembles encore comme une feuille et tu es translucide.
Le brun ne protesta même pas, conscient qu'il ne tiendrait de toute façon probablement pas sur ses jambes. Ils avaient largement adopté l'idée qu'Hermione avait eue pour l'AD et communiquaient beaucoup à l'aide des fausses pièces d'or enchantées, ce qui facilitait grandement la transmission des nouvelles et restait plus sûr que les lettres, notamment entre ceux qui se cachaient à Gower et les autres. Et même si l'on ne pouvait faire passer que de courts messages, c'était bien suffisant.
Le murmure de la conversation de ses amis berça Eiden qui acheva de se calmer et se mit à somnoler contre son compagnon, épuisé par sa vision. Ils n'avaient pas cherché à l'interroger, sachant dans quel état le laissait ses visions et Eiden les bénissaient pour cela. Il ne se sentait pas du tout apte à subir un interrogatoire. Glissant peu à peu dans les brumes du pré-sommeil il entendit plus tard la voix de son père qui demandait à Blaise de lui expliquer ce qu'il savait :
— Il sait qui est envoyé par le Seigneur des Ténèbres ? demanda l'adulte.
— Non, il avait un masque, répondit Blaise qui tenait toujours son petit-ami. Mais Yaxley est impliqué.
— Je vais tout de suite prévenir Dumbledore et faire mettre Amelia en sécurité, déclara Severus en jetant un œil à son fils qui semblait à présent profondément endormi, sans aucun doute aidé par la potion calmante qu'il avait prise.
Le basané hocha la tête.
— Blaise, tu sais ce que cela veut dire si Amelia disparait ?
Le jeune garçon observa un instant son professeur en silence puis hocha la tête.
— Soit les mangemorts réussiront à mettre l'un des leurs à sa place, soit mon père la remplacera. Dans les deux cas, il sera en grand danger.
L'homme le contempla d'un air grave mais posa une main bienveillante sur son épaule.
— Ne t'inquiète pas pour lui, ton père est un homme fort, il fera ce qu'il faut et restera en vie. Et nous ferons tout de même.
— La véritable guerre commence bientôt n'est-ce pas ?
— Elle n'a jamais vraiment cessé Blaise, mais les choses vont bientôt basculer oui, il est probable que les jours du Ministère soient comptés.
L'adolescent grimaça.
— Mais qu'il tombe ou pas, nous allons nous battre pour que le règne de la terreur se brise, nous sommes préparés, ils ne nous prendront pas au dépourvu. Prenons simplement tout le temps supplémentaire que l'on nous offre.
— Plus le Ministère tient, plus nous avons de temps pour organiser la défense, devina le jeune garçon.
— En effet, répondit l'homme. Garde mon fils au lit et envoie-moi-le dès qu'il va mieux d'accord ?
Blaise acquiesça et rallongea Eiden doucement.
— Je déteste que tu subisses tout cela, murmura-t-il à son petit ami endormi, mais tu viens de sauver la vie de la tante de Susan.
