N.D.A :

Bonsoir,

Je suis infiniment navrée pour ce retard et pour ce chapitre un peu plus court que d'habitude, les choses sont très compliqués pour moi en ce moment et je risque d'avoir du retard à nouveau. En réalité le prochain chapitre ne sera pas posté avant Janvier, je sais d'avance que je ne pourrais pas écrire avant les fêtes de fin d'année. Je m'en excuse profondément, je sais que ce n'est jamais agréable pour un lecteur mais ne vous inquiétez pas, je terminerai cette fiction. Nous ne sommes de toutes façon plus très loin de la fin.

Pour ceux qui lisent mon autre histoire Ma petite étoile, pas de soucis de ce côté, elle est écrite et terminée depuis longtemps donc je la publierai normalement.

Bonne lecture

Elishae


mamy 83 : En effet ça sent la fin, merci pour votre fidélité.


Chapitre 23 : Retour à Poudlard

Une nouvelle preuve que les choses se précipitaient apparut dans le journal un froid matin de Novembre.

— Qui a-t-il ? interrogea Eiden qui avait toujours en horreur ce torchon qu'était toujours la Gazette du Sorcier.

— Vois par toi-même, soupira Pansy en abattant le journal avant de le pousser dans sa direction.

Sur la première page s'étalait une photo de la prison d'Azkaban, surmonté d'une tête de mort nébuleuse crachant un serpent. Une nuée de détraqueur l'entouraient et leur seule vision fit frémir Harry sous le regard interrogateur de Pansy.

— Je n'aime pas les détraqueurs, il me semble que tu le sais, déclara-t-il d'une voix un peu froide.

L'aristocrate pinça les lèvres et Eiden s'en voulut immédiatement. Il n'était pas juste de rappeler à Pansy son ancien comportement, lorsqu'elle s'était moquée de lui avec Drago en troisième année lorsqu'il s'était évanoui dans le train à cause de ses créatures. Les choses avaient changé et ils ne s'affrontaient plus à présent. Ils étaient amis. Eiden secoua la tête, chassant ses souvenirs et lu à voix haute l'en-tête.

— Nouvelle invasion massive de la prison d'Azkaban. Le jeune homme grimaça. Alors la prison est tombée ?

— Il semblerait, répondit son amie en tournant son jus de citrouille dans son verre d'un air de dépit. Les détraqueurs sont avec lui maintenant.

— C'est mauvais, le père de Drago et celui de Théo sont libres à présent, regretta le fils de Severus.

Pansy haussa les épaules.

— Avec Voldemort après Théo et Dray, cela ne peut pas être pire, leurs pères sont bien le moins qu'ils ont à gérer pour le moment, regretta-t-elle.

Lorsque les deux garçons les rejoignirent un peu plus tard, ils semblaient déjà au courant.

— Range cette chose Pans, soupira Théo, je ne veux pas avoir les détraqueur sous les yeux pour mon petit déjeuner.

La noble le fit disparaitre d'un coup de baguette.

— Super journée, d'abord je me réveille seul et ensuite ça, je sens que je vais aller me recoucher, dès que j'aurai mis la main sur Elie, grommela Drago en tendant un bras pour se saisir des petits pains.

— Ma sœur est avec Blaise à la bibliothèque pour travailler leur devoir pour McGonagall, précisa Eiden entre deux gorgées de thé.

— Ouai, il me semble qu'on en a parlé hier, fit le blond en se massant la tempe.

— Comment vous savez pour l'évasion ? interrogea Pansy.

— Browell et Saden en parlaient dans la salle commune en revenant du déjeuner. Browell tenait la Gazette et c'est fait un plaisir de nous l'a montré, lui répondit Théo qui était comme toujours parfaitement tiré à quatre épingles. Toujours si parfait Théo.

Pansy leva un sourcil septique, pas vraiment certaine d'accorder beaucoup de crédit à cette allégation.

— Ok peut-être pas un plaisir, dit Théo, ses yeux roulants dans ses orbites, mais il nous l'a montré, c'est tout ce dont il faut se rappeler.

— Mouais, renifla la jeune femme en vidant son verre.

C'était samedi et beaucoup d'élèves n'étaient pas encore levés, mais aucun doute que cette nouvelle allait faire le tour de l'école. Ceux qui étaient là n'étaient pas restés sans réaction et l'on chuchotait dans tous les coins, comme si une telle nouvelle ne pouvait être énoncée à haute voix. La table des professeurs était la plus agitée. McGonagall et Flitwick parlaient ensemble à grand renfort de gestes. Le professeur Chourave lisait le journal avec tant d'attention qu'elle ne semblait pas se rendre compte qu'elle avait renversé sa tasse, dont le liquide qui s'égouttait à présent sur le professeur Burbage qui le contemplait d'un air un peu vide, comme si elle ne le voyait pas. Severus et Rose avaient la tête penchée l'une vers l'autre et conversaient à voix basse, sans prêter attention aux autres.

— Severus n'était pas au courant ? interrogea Pansy.

— Je l'ignore, en tout cas il ne nous en avait pas parlé, expliqua Eiden. Il n'a pas été à une réunion depuis plusieurs jours, Voldemort préfère qu'il surveille la bonne avancée de la mission de Drago.

— La bonne avancée, grommela l'intéressé en écrasant contentieusement son pancake avec sa fourchette, jusqu'à n'en faire que des miettes.

Pansy lui lança un regard concerné, mais n'insista pas, Drago était d'humeur massacrante lorsque l'on évoquait le sujet, il y avait de quoi.

— Dumbledore t'a parlé de quelque chose durant vos rendez-vous ? demanda Théo qui parcourait le journal sans vraiment le voir.

— Non, rien à propos de cela, nous avons seulement vu un nouveau souvenir de la vie de Voldemort, grimaça le fils de Severus.

— Tu ne sais toujours pas ce qu'il attend de toi ? s'enquit Pansy.

— Non, sauf de me rapprocher de Slughorn, déclara le jeune homme en secouant la tête de dépit.

— Chose que tu pourras faire ce soir, dit Drago d'un ton funèbre.

— Si tu ne veux pas aller à la soirée de Slug pourquoi y aller ? questionna Pansy en tournant élégamment sa cuillère dans sa tasse.

— Je ne laisserai pas Eli y aller avec quelqu'un d'autre ! gronda Drago, les yeux aussi froids que la glace.

Pansy éclata d'un rire clair.

— Difficile de faire avec ta jalousie et ta possessivité maladive, n'est-ce pas ? déclara-t-elle légèrement.

Le jeune noble ne lui répondit que d'un regard noir avant de retourner à son massacre de pancake.

— Tu dis seulement cela parce que toi tu n'es pas obligé d'y aller, déclara ostensiblement Drago.

Pansy l'ignora et contempla longuement son ongle parfaitement manucuré, grattant une peau morte de son doigt.

— En réalité j'y vais.

— Ah oui ? se redressa le blond, surpris. Et qui a l'immense honneur de te conduire chez ce vieux morse ?

— Blaise, fit-elle seulement.

Drago tourna un regard interrogateur vers Eiden.

— J'y vais avec Luna, déclara celui-ci, ça lui tant plaisir.

Le jeune aristocrate renifla et demanda à Théo :

— Tu ne vas pas rester tout seul, protesta-t-il.

— Je ne le serais pas, Ginny m'a invitée, rétorqua le jeune homme.

— Oh elle l'a fait ?

— Oui, elle est super, je vais passer une bonne soirée.

— Hum, fit seulement Drago qui n'en était pas aussi sûr. Les fêtes de Slughorn n'étaient pas toujours passionnantes, même s'il était plutôt bien vu d'y être invité.

— Hermione a finalement prit son courage à deux mains ? questionna Pansy en jetant un œil à la table des lions.

— Il semblerait, soupira Eiden. Il était plus que temps.

— En effet, MacLaggen l'aura fait changer d'avis, déclara la jeune femme.

— En même temps ce mec est si détestable, j'ignore comment elle a fait pour le supporter durant la dernière soirée.

— Elle voulait se venger de Ron, les femmes sont capables de beaucoup de choses pour rendre jaloux ceux qui les intéressent, fit sagement leur amie brune.

— C'est certain, approuva Théo qui regardait aussi la jeune née moldu.

0o0o0

Drago contemplait la foule, un verre de pétillant à la main. Ce crétin de Slughorn ne poussait même pas le sens de la réception jusqu'à servir de l'alcool, qui pourtant aurait fait beaucoup de bien au jeune homme.

— Tout va bien Drago ?

Il se retourna, impeccable dans son costume gris perle, pour trouver derrière lui Neville, plutôt en beauté dans son habit noir d'inspiration moldu.

— Oui, oui, j'étais juste perdu dans mes pensées.

L'autre jeune homme hocha lentement la tête, son regard semblant le transpercer. Il cessa cependant son inspection et soupirant, il s'approcha de lui pour déclarer :

— Tu ne devrais pas laisser tes noires pensées t'agiter ce soir Drago, c'est l'heure des réjouissances.

Il se pencha vers lui et fit plus bas :

— Ce n'est de toute façon pas aujourd'hui que ta situation s'améliorera.

— Ma situation ? bredouilla le blond.

L'autre le regarda intensément.

— Elie t'a parlé de quelque chose ? interrogea l'aristocrate.

— Non, elle n'en a rien fait, mais je connais Enor depuis suffisamment longtemps pour lire en elle, même ce qu'elle désire me cacher.

— Que sais-tu ? interrogea le fils Malfoy.

— Rien de précis, le rassura immédiatement l'ami de sa compagne, je sais simplement que Voldemort t'a confié quelque chose à faire et quoi que ce soit c'est manifestement très dangereux pour toi.

Drago haussa un sourcil et Neville continua :

— Tu à l'air franchement épuisé, déclara-t-il en faisant un geste vague vers ses cernes violacés que les potions ne parvenaient plus à masquer et sa silhouette amaigrie. Tu regardes toujours derrière toi comme une bête traquée et Elie est morte d'inquiétude.

Le blond ne répondit pas.

— Je ne te demande pas de me dire de quoi il s'agit, soupira Neville, mais sache que tu peux compter sur moi si besoin est.

L'autre le considéra un instant avant de souffler et de murmure.

— Merci Neville.

Le jeune homme brun hocha gravement la tête en déposant une main compatissante sur son épaule. Drago ferma un instant les yeux, suffisamment peu de temps pour apercevoir le sourire de l'autre garçon.

— C'est plutôt surprenant de nous voir dans cette situation, considérant nos hum … relations passées.

Drago ne put s'empêcher de se sentir gêné au rappel de son attitude passée. Il avait été particulièrement cruel avec le fils Londubat.

— Oh aller Drago c'est du passé, fit-il en serrant son épaule gentiment, tout le monde sait maintenant que tu n'es plus le petit crétin arrogant que tu étais autrefois. Et c'est aussi ma responsabilité, j'ai accepté bien trop de choses et je n'aurai pas dû me laisser faire ainsi. Mais on a tous beaucoup changé, il me semble.

— Oui, souffla le blond.

— Regarde, qui imaginerais que Drago Malfoy porte un jour un costume moldu ! rit le jeune homme brun.

— Ce n'est pas un costume moldu, opposa Drago, il vient de chez Fils d'or, en France et il est de fabrication sorcière.

Les yeux de Neville scintillèrent d'hilarité.

— Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour sa petite amie, n'est-ce pas ? ricana le gryffondor ouvertement.

L'héritier Malfoy fit un geste de la main agacé, mais il ne répondit pas, Neville n'ayant pas tout à fait tort. Elienor ne s'habillait jamais en robe sorcière, à l'exception de robes de l'école. Alors par respect pour elle et sa nature il le faisait aussi de moins en moins, d'autant qu'il commençait lui aussi à trouver que les coupes simples et élégantes du costume flattaient mieux sa silhouette longiligne. Et si cela rendait son cher père fou de rage, c'était encore mieux, pensa le garçon. Neville lui aussi portait les deux tenues, fruit de son enfance passer à fréquenter les métisses.

— Monsieur Malfoy ! Monsieur Londubat !

Leur professeur de potions se glissa maladroitement entre deux groupes en pleine discussion et leur offrit un sourire mou.

— La soirée vous plait-elle ?

— Bien sûr professeur, elle est délicieuse, assura Drago la figure polie.

— Oh parfait, mais je ne vous ai pas encore vu danser mon cher, pourtant avec une telle cavalière ce ne doit pas être une corvée, fit plaisamment l'autre homme.

— Non en effet, répondit le jeune homme avec un sourire factice, mais je me dois de la partager, ne pensez-vous pas ?

— Si si bien sûr, rit l'homme. Une si jolie fille et brillante en plus de cela, votre famille doit être contente.

Puis l'homme sembla se rendre compte de ce qu'il avait dit et de qui étaient les parents de Drago et il se tourna vers Neville.

— Et vous jeune monsieur Londubat, avec qui êtes-vous venu, je ne peux me souvenir de votre entrée.

— Je suis venu avec Hannahh Abbot, Monsieur.

— Oh Abbot, comme Giffart Abbot et Ornella Abbot, feu la propriétaire du Liseron, l'établissement du Chemin de Traverse ?

Neville acquiesça gravement.

— Oui en effet, c'est sa fille.

— Une tragédie, soupira le professeur, sa soupe paysanne était vraiment la meilleure que l'on pouvait trouver de ce côté de la Manche.

Drago parvint à discipliner son visage, mais la mâchoire de Neville se serra et le blond pensa qu'il valait mieux intervenir.

— Si cela ne vous ennuie pas Monsieur, nous allons maintenant rejoindre nos cavalières, déclara-t-il poliment.

— Bien sûr Messieurs, il est si doux d'avoir votre âge et d'être amoureux, déclara joyeusement le vieil homme.

Drago lui offrit un sourire de circonstance et prit fermement Neville par le bras avant de l'entrainer plus loin.

— Ce vieux morse débile, gronda Neville, apparemment fort heurté par l'insensibilité de leur professeur.

— Laisse-le, c'est un imbécile opportuniste. Il s'étouffera un jour sous les faux compliments et les ananas confits.

Un pâle sourire naquit sur les lèvres de Neville qui se mua en un véritable lorsque le blond le mena à leurs cavalières, qui discouraient gaiement avec Susan et Ginny. Le bras de l'héritier Londubat s'enroula autour de la taille de la jeune femme aux tresses blondes et la ramena doucement contre lui.

— Un problème Neville ? demanda Hannah, s'inquiétant quelque peu de voir son compagnon si crispé.

— Non rien, ne t'en fait pas, répondit-il en serrant doucement sa main contre la taille de la jeune femme.

Elle sourit et noua leurs doigts avant de revenir à sa conversation.

— Et si on dansait Drago ? demanda Elie d'un air si adorable que le jeune homme ne put dire non.

— D'accord.

Elie portait une robe coupée aux genoux offerts par Narcissa à l'occasion de son anniversaire, pendant les vacances. Elle était d'un tissu violet qui brillait de petites paillettes argentées. La noble l'avait déniché dans un magasin de haute couture en Italie, alors qu'elle emmenait Drago et Théo en vacances. Pansy avait tressé et torsadé ses cheveux en une sorte de couronne qu'elle avait agrémentée d'un joli bijou de tête en argent. Elle était éblouissante, même si Drago savait parfaitement qu'elle avait caché ses cernes sous des sorts de camouflage. Il la trouvait belle sans et vêtu d'un sac de toute façon.

— Tu ne trouves pas qu'Hannah va merveilleusement bien avec Neville ? chuchota Elie à son oreille.

— J'ignorai que tu étais si friande de ragots.

La jeune femme secoua la tête.

— Pas les ragots, je suis simplement contente que Neville ait trouvé quelqu'un qui lui plaise, fit-elle.

— Ce n'est que la première fois qu'il l'invite, ils ne vont pas se marier ! rit Drago en laissant glisser sa main sur ses hanches.

Elie roula des yeux.

— Je ne parle pas de mariage, je suis simplement contente que quelqu'un soit capable de voir à quel point c'est un garçon génial et qu'il se sente suffisamment à l'aise pour fréquenter quelqu'un. La durée de leur relation n'a pas la moindre importance pour le moment.

Elle se blottit contre lui et il resserra ses bras autour de sa taille toujours mince. Elie avait de nouveau perdu du poids avec tout le stress de la situation et il s'en voulait pour cela. Même si Elie lui répétait qu'il n'y était pour rien.

— C'est étrange, lorsque nous sommes ici, à danser, c'est comme s'il ne se passait absolument rien au-dehors. Slughorn n'a pas mentionné une seule fois la chute d'Azkaban. C'est comme si la guerre n'existait pas.

— Ce n'est pas compatible avec l'idée que ce vieux morse se fait de l'amusement, répondit Drago.

Ils valsèrent un moment puis Blaise se présenta, un sourire enjôleur aux lèvres.

— Une danse ? proposa-t-il à Elie.

Elle sourit et changea de partenaire avec le consentement de son compagnon. Drago embrassa légèrement ses lèvres et déclara :

— Je vais rejoindre Eiden et Ron là-bas.

Elie acquiesça et se coula dans l'étreinte de Blaise qui lui prit la main pour la guider. Drago aimait danser, mais il n'était pas le meilleur partenaire en ce moment, avec tous ces soucis qui le tourmentaient. Il quitta donc la piste de danse pour retrouver son beau-frère, Ron, Théo, Neville, Susan et Hannah qui parlaient ensemble dans un coin.

— Aksel pense que oui, en effet, disait Eiden d'une voix basse, mais il est difficile de savoir si …

Il ne put entendre la suite de la phrase, car une jeune serdaigle de quatrième année se présenta devant lui.

— Malfoy, salua-t-elle sobrement.

— Uí Néill, fit-il en inclinant la tête.

— Il se dit que tu as pris un chemin curieux depuis quelque temps, déclara la jeune fille en lissant l'avant de sa robe vert forêt, assortit à ses yeux.

Il garda un visage de marbre, peu disposé à se dévoiler à cette fille qu'il avait souvent côtoyée dans son enfance, mais dont il ignorait tout des actuelles accointances.

— Je n'ai pas la moindre idée de ce dont tu parles Aífé, déclara placidement le jeune homme blond.

L'autre ne répondit pas, portant simplement sa main à son oreille, d'où pendaient d'élégantes boucles d'oreilles aux motifs celtiques. Elle remit nonchalamment l'une de ses boucles rousses en place, laissant à Drago voir l'étrange bracelet, fait de lierre naturel, qu'elle portait au poignet. Le blond eut cependant le temps de reconnaitre l'ouvrage métis.

— Tu … commença l'aristocrate en inspirant plus vite.

— Je vois que tu as enfin compris Drago. Il semblerait que la compagnie de ta petite amie te soit bénéfique en fin de compte.

Elle abordait un petit sourire rusé qui aurait fait grincer des dents au jeune homme si la situation était moins sérieuse.

— Tu es une sang-pur, quels sont tes rapports avec les clans métis ? s'enquit le garçon, soupçonneux.

— Les mêmes que Londubat, dit-elle tranquillement, mon père est en très bon rapport avec Tara, la chef de clan du Feu d'Aibelle, comme la toujours été ma famille.

Le blond la considéra un instant, ses yeux argent la toisant froidement.

— Qu'attends-tu de moi exactement ?

— Mon père a été approché par Celui-dont-on-ne-dois-pas-prononcer-le-nom, les Uí Néill sont une puissante famille, mais nous n'avons pas le pouvoir de résister seuls à l'obscurité, dit la rousse. Tara nous a parlé du nouveau clan et de ce qu'il construisait.

— Ce qu'il construit ? répéta Drago.

— Une alternative, les Uí Néill ne veulent pas s'associer à Dumbledore, envers qui ils n'ont aucune confiance. En revanche ils ont confiance en leurs alliés métis qui les soutenus depuis des centaines d'années.

— Et donc …

— Et donc je voudrais parler à ta compagne. Tara à confiance en elle et mon père à toute confiance en Tara.

— Tu n'as pas besoin de moi pour cela Aífé, va la voir, Elie n'a jamais mangé personne, opposa le blond.

L'autre sourit, mais d'un air un peu moqueur. Elle lissa les plis de sa robe et le contempla d'un air légèrement condescendant.

— Tu ne sais pas de quoi tu parles, n'est-ce pas Drago ? L'introduction par les gamma est très importante.

— Les gamma ?!

Le sourire d'Aífé s'agrandit encore.

— Les gamma sont les compagnons des alphas, ils ont une place prépondérante dans la société métisse, même s'ils ne détiennent en théorie aucune réelle autorité sur le clan. Passer par eux pour se faire introduire est une manière d'assurer l'alpha de son sérieux. Tu as encore beaucoup de choses à apprendre sur le peuple de ta compagne Drago.

Le blond grimaça, il n'avait pas besoin qu'elle lui rappelle, il le savait pertinemment. Était-ce sa faute à lui si Voldemort ne semblait pas vouloir lui en laisser le temps ?

— Je sais aussi que c'est toi qui as aidé Allen.

Le blond la fixa de ses yeux clairs, gardant un moment le silence, la jaugeant puis il répondit en soupirant :

— Il n'y a pas que moi. Mais je suppose que tu ne vas pas me répondre quand je te demanderais comment tu sais cela.

Les yeux d'Aífé étincelèrent :

— Astoria m'en a parlé.

— Astoria …

— Greengrass, ma meilleure amie.

— Je sais qui est Astoria, Aífé, merci, rouspéta l'héritier des Malfoy. J'ignorai seulement que Daphnée lui avait fait part de nos secrets, tout le monde sait qu'Astoria ne sait pas tenir sa langue.

La rousse eut un rictus :

— On ne parle pas de ragots là, Drago, mais de choses bien réelles et importantes.

— Justement, fit le jeune homme, raison de plus.

— Hestia et Flora voudraient te parler, révéla la jeune irlandaise, coupant cours à cette fausse querelle.

— Pourquoi les jumelles Carrow voudraient une telle chose, je ne crois pas leur avoir déjà adressé la parole, répliqua le blond. Et aux dernières nouvelles, elles n'étaient pas si réfractaires aux idées de leur père.

— Aux dernières nouvelles, tu ne l'étais pas non plus, rappela justement Aífé avant que Drago en la coupe d'un signe de la main.

— Parle donc !

— Elles veulent être mises à l'abri. Elles disent qu'elles révéleront tout ce qu'elles savent, mais qu'elles ne veulent plus rester chez elles.

Le visage de Drago se tordit.

— Elles ne sont pas connues pour leurs pensées ouvertes et progressistes, nous ne pouvons pas les mettre à l'abri comme nous l'avons fait pour Allen, il y aurait … quelques frictions que nous ne pouvons pas nous permettre de générer, tu le comprends, je suppose, fort bien, rétorqua le garçon.

— Les choses changent et elles sont prêtes à faire les efforts qu'il faut, fit gravement Aífé, tu sais que leur mère est morte cet été.

— Oui, de maladie je crois, lui répondit le blond, mais je ne vois pas ce que cela a voir avec l'affaire qui nous intéresse.

— Leur père l'a tuée.

Le silence tomba lourdement après cette phrase. L'épouse Carrow avait la réputation de ne jamais s'opposer à son mari, mais si elle l'avait finalement fait, le garçon pouvait tout à fait croire sans mal que son époux l'avait découragé de continuer, définitivement.

— Pourquoi ? demanda-t-il tout de même.

— Il voulait mariées les jumelles, à Travers et Nott.

— Elles ont quatorze ans, elles sont trop jeunes et Théo aussi.

— Les lois sangs-purs l'autorisent, et ce n'est pas à Théo, répondit la jeune femme.

Drago avait envie de vomir, comment un père pouvait vouloir faire ça à sa fille, les deux hommes étaient presque trois fois plus âgés qu'elles et ils n'étaient pas connus pour être tendres, Travers avait un penchant très marqué pour la torture et Nott … et bien les préférences du père de Théo étaient bien connues elles aussi. Envisagé qu'un père puisse livrer ses filles à de tels hommes lui donnait envie de lui jeter un sort, Drago ne pouvait imaginer une seule seconde d'envisager de faire cela à l'un de ses futurs enfants. Comment le père Carrow pouvait-il être autant dénué de considérations paternelles.

— Apparemment Darius a surmonté son dégout pour les épouses, ironisa-t-il cependant pour cacher sa colère.

— Vas-tu m'aider ? interrogea Aífé.

— Oui.

0o0o0

Les jumelles Carrow disparurent mystérieusement sur le quai de la gare les ramenant à Londres, trois jours avant Noël. Leur père en conçut une colère noire, mais il ne retrouva pas leur trace, malgré tous les efforts qu'il déploya. Personne n'avait aucune idée d'où elles pouvaient avoir disparu. La Gazette en fit les choux gras pendant quelques jours puis abandonna, il y avait tant de disparitions.

Severus et sa famille étaient restés à Poudlard cette année, Drago ne se risquait pas à rentrer et Elie voulait rester avec lui, pour profiter des vacances pour travailler sur la situation problématique du blond. Et puisque Rose voulait aussi assister à un Noël à Poudlard, ils étaient tous restés. Pansy et Théo en avaient fait de même et les parents de Blaise lui ayant conseillé, à contrecœur, de rester aussi. Après la disparition volontaire d'Amélia Bones, un mangemort avait été placé à son poste, Corban Yaxley et Marcus Zabini craignaient pour la santé de sa famille. L'homme ne faisait pas encore directement pression sur lui, mais il ne voulait pas prendre de risque. Et même s'il n'était pas parvenu à convaincre sa fille et sa femme de se mettre à l'abri sur le continent, ou même de démissionner du Ministère, il pouvait au moins laisser Blaise en sécurité à Poudlard. Il regrettait de ne pas le voir pendant si longtemps, mais il le préférait loin, mais en bonne santé que près de lui est en danger. Severus pourrait veiller sur son fils aussi bien qu'il le ferait lui-même.

La potionniste était actuellement en train de corriger un monstrueux tas de copies dans son bureau lorsque de doux coups furent frappés sur la porte. Il redressa la tête, surpris, il était très tard et il ne voyait pas qui pourrait vouloir le voir à cette heure, alors même que la très grande majorité des élèves avaient quitté le château la veille. Il invita cependant son visiteur à entrer et la porte s'ouvrit sur son fils.

— Eiden ?!

— Salut, souffla le jeune homme. Désolé de te déranger à cette heure …

L'homme soupira.

— Tu ne me déranges pas Den, approche.

Il attira à eux un fauteuil confortable pour son fils et l'adolescent si assis, semblant un peu ailleurs.

— Il y a un problème ? Quelque chose ne va pas ?

— Non non ça va ne t'en fais pas, c'est juste que …

Le garçon suspendit sa phrase et Severus se retint de lui crier de continuer. Secouer Eiden alors qu'il était ainsi n'allait probablement rien apporter de bon.

— Tu n'étais pas avec le professeur Dumbledore ce soir ? interrogea-t-il.

— Si … justement …

Le jeune homme tordait ses mains ensemble, les yeux baissés vers ses genoux.

— Qu'est-ce qu'il s'est passé Eid ? demanda gentiment l'homme en posant une main sur son genou, lui faisant brièvement relevé la tête.

— Tu sais que Dumbledore me fait voir des souvenirs de Voldemort.

L'homme aux cheveux de jais hocha la tête, l'encourageant à continuer d'une douce pression sur son genou.

— J'en ai vu un aujourd'hui qui m'a … interpellé.

Au vu du visage de son fils et de son état, Severus était certain que le souvenir avait fait plus que l'interpeler.

— De quoi s'agissait-il ?

Les mains d'Eiden se resserrèrent un peu plus et il chuchota :

— Il a fait des horcruxes.

Le potionniste eut un moment de pause et il répéta :

— Des horcruxes.

Le jeune homme hocha la tête et la releva.

— Tu sais ce que c'est ces choses ?

L'homme opina, les yeux fixés sur son bureau sans qu'il ne le voie réellement.

— Oui je sais.

Eiden gigota un instant sur son siège puis dit :

— Je n'y crois toujours pas. Ou plutôt si j'y crois, je veux dire, c'est tout à fait je genre de Voldemort de tout faire pour rester éternel, mais déchirer son âme ? Qui fait une chose pareille ?

— Lui apparemment, souffla Severus en ramenant son regard sur son fils qui semblait toujours agité.

— Et maintenant on doit tous les trouver et tous les détruire pour espérer pouvoir le vaincre un jour.

— Tous ? tiqua soudainement Severus. Combien le Seigneur des ténèbres a-t-il fait d'horcruxes ?

— Dumbledore pense qu'il en a fait sept.

Le professeur se laissa retomber contre le dossier de sa chaise. Par salazar sept ! Il avait commis cette horreur sept fois ? Comment pouvait-il être encore en vie ? Quoique ça expliquait son apparence et son instabilité. Un petit reniflement d'Eiden le ramena à la réalité et il ne put s'empêcher de se pencher pour serrer son fils contre lui un instant. La nouvelle était terrible, il comprenait mieux pourquoi son garçon était si agité.

— Dumbledore en a trouvé et détruit un.

Quelque part quelque chose s'alluma dans l'esprit de Severus.

— La bague des Gaunt.

Eiden aquieça.

— Je savais que c'était de la magie noire, la pire que l'on puisse trouver, mais jamais je n'aurais imaginé … fit-il en se remémorant ce mois d'aout où Albus l'avait appelé pour le soigner. Il n'avait pu endiguer le mal ce jour-là, seulement le contenir dans la main brulée et détruite et il savait que les jours de son mentor étaient comptés à présent, même s'il n'en avait fait part à personne. Il pensait d'ailleurs que c'était pour cela que le Directeur avait insisté pour ces cours particuliers, pour passer un peu de temps avec Eiden et pour lui dévoiler ces terribles découvertes. Eiden ne savait pas que les jours du vieil homme étaient comptés, Albus avait fait promettre à Severus de garder ce secret et de ne rien en dire à personne, même Rose et Minerva.

— Albus en a deviné d'autres ?

— Il pense que ce sont tous des objets précieux, relié à Poudlard, répondit le jeune homme, il dit que Voldemort n'aurait jamais choisi un objet quelconque pour être le réceptacle de sa si précieuse âme.

Severus ne pouvait qu'être d'accord avec une telle réflexion, considérant la mégalomanie du Seigneur des Ténèbres.

— Il a dit aussi que j'en avais déjà détruit un, continua Eiden.

Severus releva brusquement les yeux, comment son fils avait-il pu faire une telle chose, en étant encore un enfant de plus, alors même que le plus grand mage de ce pays y avait laissé sa main et sa vie. Puis il comprit.

— Le journal de Jedusor, le venin de basilic est l'une des substances les plus destructrices que l'on connaisse.

— Je l'ai poignardé avec un croc alors je suppose que ça la détruit, déclara l'adolescent en haussant les épaules, comme si se battre et vaincre un basilic millénaire et détruire l'esprit vengeur vieux de cinquante ans du plus grand mage noir connu n'était rien.

— Ça la fait en effet, et grâce à Merlin bien plus sûrement que ce qu'Albus a fait avec le sien, répondit Severus en passant une main sur son front, tentant d'ôter les images de son fils brandissant une épée devant un serpent de vingt mètres de long de son esprit. Salazar cet enfant allait le tuer.

— Il pense qu'il a aussi utilisé la coupe d'Helga Poufsoufle et le médaillon de serpentard, il m'a montré des souvenirs en ce sens et je suis certain aussi que Voldemort en a fait des horcruxes. Il y a de grandes chances que le serpent en soi un aussi.

— C'est presque certain, cet animal à une attitude beaucoup trop inhabituel pour que ce ne soit pas le cas, approuva le potionniste.

— Le dernier devrait être un objet ayant appartenu à Rowena Serdaigle, même si nous ne savons pas encore de quoi il s'agit. Dumbledore ignore également où se trouve les autres, même si continue à chercher, lorsqu'il disparait de l'école.

L'adolescent préféra taire qu'il était parvenu à arracher la promesse au directeur de l'emmener à sa prochaine chasse aux horcruxes, lorsqu'il aurait localisé le prochain. C'était mieux que son père ne découvre rien de tout cela pour le moment.

— Il veut aussi que je récupère un souvenir de Slughorn, il lui en a donné un falsifier lorsqu'il lui a demandé et Dumbledore voudrait le vrai.

— Sais-tu comment tu vas t'y prendre ? interrogea le potionniste.

— Non pas encore, soupira son fils, mais il m'adore et je lui lèche outrageusement les bottes, il finira bien par se laisser convaincre ? Non ?

L'homme soupira, mais ne répondit pas. Il n'en avait pas la moindre idée. Secouant la tête pour se ressaisir il fit venir un elfe et lui demanda un thé, un chocolat et quelques petits gâteaux.

— Cessons de parler de cela alors qu'il fait encore si noir dehors, déclara-t-il. Nous aurons tout le loisir de nous repêcher là-dessus demain.

Le jeune homme opina et il se saisit d'un des cookies que l'elfe zélé avait rapporté. Ils parlèrent de sujets plus légers ensuite, de la saison de quidditch et des décorations de Noël et finalement le plus jeune finit par s'endormir sur son assise, tirant un regard attendri à son père. Il le contempla un moment, ses traits détendus par le sommeil, gracieux mélange de ceux de Lily et des siens.

— Severus ?!

Il se retourna au doux appel pour faire face à Rose qui avait silencieusement poussé la porte.

— Il est très tard, je venais voir si tu ne t'étais pas endormi.

Puis les yeux de la rousse se posèrent sur le jeune homme alangui et son regard se fit plus tendre.

— Eiden est venu après son rendez-vous avec Albus, il avait besoin de parler. Il vient de s'endormir.

— Ne le laissons pas ici, fit l'autre, il est si mal installé.

Severus, bien d'accord se leva donc et prit dans ses bras le jeune homme sans qu'il ne se réveille, signe qu'il se sentait parfaitement en sécurité auprès de son père pour se laisser aller au sommeil profond.

— Elie m'a envoyé un message par gallion pour savoir où il était, elle s'inquiétait, continua Rose.

— Tu pourras la rassurer, répondit Severus alors qu'il traversait leurs appartements pour déposer Eiden dans la petite chambre réservée à lui et sa sœur dans leurs quartiers professoraux. Il avait insisté pour l'avoir et Albus n'avait pas émis d'opposition. Il s'assura que son fils était bien installé et remonta doucement la couverture sur lui alors que la rousse réapparaissait.

— J'ai prévenu Elie. Mais viens t'allonger aussi, tu sembles si fatigué.

— Ce n'est rien Rose, assura-t-il, mais elle ne se laissa pas duper et l'entraina dans leur chambre.

— Vient t'allonger Sev, tu tenteras de résoudre tous les mystères de ce monde demain.