N.D.A :

Bonsoir,

Je vais commencer par m'excuser pour ma longue absence et rappeler que je n'abandonne pas cette fiction, même si cela prend plus de temps que prévu.

J'ai eu de gros problèmes de santé ces derniers mois, ce qui ne m'a empêcher d'écrire depuis décembre. J'ai repris depuis et je pense que je vais pouvoir tenir le rythme de tous les trois semaines.

Je m'excuse de ne pas répondre à tout ceux qui ont laisser des commentaires, j'avoue ne plus savoir où j'en suis et à qui j'ai répondu ou non. Donc je vais faire collectif (pour une fois exceptionnellement) : Je remercie du fond du cœur ceux qui commentent, non je n'ai pas abandonné cette fiction et oui nous entrons dans le cœur de la tempête.

Un très grand merci aux lecteurs invisibles ou non.

Bonne lecture

Elishae


Chapitre 24 : Noël à Poudlard

Le repas du réveillon de Noël fut un délice, comme c'était toujours le cas à Poudlard et chacun se régala. La Grande salle s'était parée de fausse neige et de faux givre plus vrai que nature qui brillait à la lueur des chandelles suspendues. Dumbledore était habillé d'une robe blanche cousue d'étoiles argentées et faisait violemment penser à une vision ancienne du Père Noël. Le professeur McGonagall portait une robe écossaise qui avait fait sourire les élèves en la voyant et même Flitwick avait fait un effort et c'était revêtu d'une robe de sorcier bleu glacier. Peu d'étudiants étaient restés au Château : le groupe d'amis de serpentard, deux griffondors de première années, un poufsoufle et un serdaigle. Les amis des serpentards étaient tous rentrés chez eux, les Weasley fêtant cette année Noël en Roumanie auprès de Charlie, Hermione partait en France faire du ski avec ces parents et Neville passait les fêtes en famille au Manoir Londubat.

— Mes bien chers élèves, mes bien chers professeurs, je vous souhaite un très joyeux Noël et un excellent appétit, déclara Dumbledore avec plaisir avant d'attaquer les entrées d'un air gourmand.

Severus ne put s'empêcher de grogner et dévisagea l'un des petits griffondors qui s'étaient saisis du plat qu'il voulait prendre. Le tout jeune élève lâcha presque brutalement le récipient et le potionniste s'en empara non sans satisfaction sous le regard réprobateur de Rose qui reprit le plat dès qu'il eut fini pour le tendre au jeune garçon, non sans avoir jeté un oeil critique à son compagnon.

— Veux-tu bien cesser ? Au moins ce soir ! le gronda sa belle compagne en soupirant avec fatalité.

Pour toute réponse l'homme lui offrit un fin sourire avant d'attaquer avec enthousiasme le contenu de son assiette. Il se sentait de bonne humeur ce soir. L'avant-veille, ils avaient à nouveau simulé une tentative de meurtre contre Dumbledore ce qui avait un peu calmé le Seigneur des Ténèbres, laissant Drago d'humeur plus légère pour Noël et rendant un peu de bonne humeur à tout le groupe. Il avait d'ailleurs eu des nouvelles de Narcissa pas plus tard qu'au matin et elle allait bien, même si le retour de son mari ne la ravissait guère. L'homme était cependant bien trop affaibli par son séjour à Azkaban pour lui causer vraiment du tort. Cela, ainsi que le peu de considération dont jouissait Lucius dans le cercle des mangemorts après son échec de l'an passé, assurait à sa femme un peu de paix. C'était au moins une bonne chose à prendre. Severus était également agréablement surpris de constater le bon niveau de magie défensive et offensive que développaient les réfugiés de Gower, ainsi que le bon niveau scolaire des plus jeunes. Ce n'était pas des vacances pour eux, mais au moins les plus vieux seraient le plus prêts possible le moment venu.

— Vous semblez de bien bonne humeur Severus, je ne me rappelle pas vous avoir déjà vu si joyeux à une fête de l'école, déclara Minerva qui mangeait près de lui.

Le terme joyeux n'était peut-être pas approprié, mais Severus Rogue avait sa propre manière d'être ''joyeux'' qui ne ressemblait en rien à celle des autres.

— Je n'avais pas vraiment de raison de l'être avant n'est-ce pas ? répondit-il.

La femme eut un sourire et promena son regard sur l'assemblé.

— Rien de tel que les fêtes en famille, fit-elle remarquer.

— Il semblerait.

La sorcière eut un sourire lointain, comme s'il elle se remémorait quelque chose et Severus se rappela soudain que son époux, bien plus âgé qu'elle, était mort des années plus tôt, sans qu'ils aient pu avoir des enfants. Il ne se rappelait pas de l'avoir vu avec quelqu'un d'autre. Pudiquement l'homme détourna le regard et contempla un moment son assiette avant de planter sa fourchette dans son morceau de dinde.

— Comment vont vos jeunes révisionnaires ? demanda un moment plus tard la sorcière écossaise.

— Mes jeunes révisionnaires ? s'enquerra le professeur de Défense contre les forces du mal, surpris.

McGonagall lui offrit un sourire rusé, plus qu'étonnant sur sa face stricte.

— Ces élèves pour qui vous nous avez demandé des cours, des exercices et des fiches de révisions.

Severus cligna des yeux une fois, se rattrapant bien vite. Il était inutile de mentir à Minerva, elle était une femme brillante, et tenace … Le professeur aux cheveux sombres choisit donc la sincérité.

— Ils vont bien, leur cursus se poursuit, malgré leurs petites difficultés, déclara-t-il d'un air détaché.

— Leurs petites difficultés ? Je ne pense pas que l'on puisse les qualifier ainsi, répondit la directrice adjointe.

— Non vous avez raison, mais elles sont bien moindres par rapport à ce qu'elles pourraient être, fit l'homme.

— En effet, approuva la vieille femme.

Le regard de la sorcière dériva jusqu'à Rose qui riait avec Blaise et Pansy. La française avait revêtu une robe vert-bronze à la coupe simple, boudant une fois de plus les robes sorcières. D'ailleurs depuis qu'elle était arrivée à Poudlard, personne ne l'avait jamais vue ainsi vêtue. Elle était toujours élégante, mais toujours à la mode moldu ou métisse.

— Est-ce que Vous-savez-qui montre un quelconque intérêt pour Rose ? demanda l'écossaise, préoccupée.

— Non, pas pour le moment.

— C'est heureux, opina la femme.

— Je ne crois pas que cela durera malheureusement, rétorqua Severus, pour le moment le Seigneur des Ténèbres est fort occupé avec son retour raté, l'incident du Ministère, la mission de Drago et la libération de ses mangemorts. Mais il finira par poser les yeux sur Rose, c'est certain …

— Vous avez peur de ce qu'il pourrait faire ? le questionna la vielle professeure de métamorphose.

— Bien entendu, comment pourrais-je ne pas avoir peur de ce que ce monstre peut faire à ma compagne ? Le Lord a toujours été intéressé par le pouvoir et la puissance, des talents que Rose possède tous deux. Ce n'est qu'une question de temps avant qu'il n'exige qu'elle le serve, elle aussi.

Le potionniste fit tourner son vin dans son verre un instant, le fixant sombrement, avant de reprendre :

— Elle est ma compagne après tout, un être sombre plongé jusqu'au nez dans la magie noire, un fidèle mangemort …

Son interlocutrice le coupa en posant une main complaisante sur son bras drapé de luxueux tissu noir.

— Vous n'êtes pas un mangemort Severus.

— Je l'ai été.

— C'est faux ! fit la femme avec sévérité. Vous vous êtes précipité au-devant d'eux à la disparition de votre jeune épouse et de votre meilleur ami en espérant qu'ils mettraient fin à votre vie. Vous ne vous êtes pas engagé pour la cause !

— Quoi qu'il en soit, la situation est la même, j'en suis encore là, précipitant ma compagne aux pieds du Seigneur des Ténèbres.

— Le décès de Lily n'était pas de votre faute et Rose ne va pas mourir, rétorqua Minerva McGonagall.

— Non en effet, répondit l'homme. Je ne laisserai pas une telle chose arriver à nouveau.

La soirée se passa tranquillement et chacun finit par repartir dans ces appartements, l'estomac plein et l'esprit empli de chaleur. La nuit passa tranquillement, entre les flocons de neige et la brise douce qui parcourait le parc.

Le soleil du lendemain trouva six adolescents assoupis ensemble dans le salon de Severus et Rose. Après le repas dans la grande salle, le couple et les enfants c'étaient réunis dans les appartements des plus vieux et avaient continué de célébrer le réveillon de Noël en privé à grand renfort de chocolat chaud et de sucreries, plus particulièrement pour Théo et Elie qui s'installèrent dans le même fauteuil, tout prêt du saladier. Il était très tard quand ils se séparèrent finalement et les plus jeunes décidèrent de tous dormirent ensemble dans la pièce. Lorsque le couple d'adultes se leva il trouva Pansy dormant le dos collé à celui d'Eiden, les mains et les genoux contre Théo de l'autre côté. Blaise quant à lui dormait dans l'éteinte d'Eiden, mais avait passé un bras autour de la taille mince d'Elie. Seul Drago était déjà levé, lové dans un fauteuil, les yeux fixés sur le feu de cheminée. Il n'entendit même pas Rose et Severus pénétrer dans la pièce.

— Drago ?

Le jeune homme releva enfin la tête à l'entente de la voix quelque peu teintée d'inquiétude de la française. Il lui fit un sourire las et souffla un bonjour à eux d'eux en resserrant un peu ses jambes contre lui.

— Que fais-tu déjà debout ? questionna la femme.

— Je n'avais plus sommeil et je ne voulais pas les réveiller en m'agitant près d'eux, répondit le blond.

Severus pinça les lèvres, mais ne dit rien, contrairement à Rose qui déclara doucement.

— Vient par là Drago, je vais demander aux elfes de t'apporter quelque chose de chaud et nous allons attendre que les autres se lèvent.

Le garçon obéit sagement, il ne pouvait résister à la voix douce et maternelle de la mère de sa compagne. Il s'assit près d'elle dans la partie salle à manger et l'adulte agita sa baguette pour qu'une couverture vienne le couvrir, compensant la perte de chaleur de la cheminée pendant que Severus faisait un bref passage à la salle de bains.

— J'ai rencontré ta mère en début d'année, fit la femme en lui tendant une tasse.

— Elle me l'a dit dans une de ces lettres, répondit le jeune homme en la remerciant à voix basse pour le chocolat.

Rose s'appuya sur le dossier de sa chaise et prit entre ses mains fines sa tasse de thé, réchauffant ces doigts.

— C'est une très belle femme, à l'extérieur et à l'intérieur, et intelligente de plus. Helena m'avait parlé d'elle en excellents termes, mais c'était en dessous de la réalité. C'est une sorcière qui respecte les anciennes coutumes et une femme ouverte, un combo qui est devenu si rare de nos jours …

Le garçon eut un sourire lumineux, le cœur gonflé de fierté. Rose sourit aussi et passa une main tendre dans les cheveux pâles de l'adolescent, le faisant se pencher un peu pour y gagner plus de contact.

— Ta mère t'aime de façon inconditionnelle Drago et t'es entièrement dévouée, continua la rousse.

Et c'était quelque chose que Rose respectait plus que tout, il le savait, les métisses ne considéraient rien de plus important que la famille. Un avis qu'il partageait totalement.

— Elle est très fière de toi Drago, cela se voit comme un feu en pleine nuit.

— Elle l'est, approuva le plus jeune, même si j'ignore s'il y a vraiment de quoi.

— Bien sûr qu'il y a de quoi Ada, soupira la française avant de l'attirer contre elle, refermant ses bras minces autour de lui. Tu ne te rends pas compte à quel point il y a de quoi. Severus est si fier de toi également et moi aussi.

Le garçon ne répondit pas, profitant seulement de l'étreinte chaleureuse. Lorsque Severus revint, il ne dit rien et se contenta de s'asseoir près d'eux sans rien dire. Chaque jour il était plus heureux d'avoir trouvé Rose, pour lui et pour ses enfants, au sens strict et élargit. Les elfes firent apparaitre un solide petit-déjeuner qu'ils maintenir sous sort de conservation en attendant que les autres adolescents ne se réveillent. Severus ne voulait en aucun cas les forcer à émerger, la période était suffisamment compliquée, qu'ils restent endormis et sans soucis le plus longtemps possible. Et il les trouvait positivement adorables tous emmêlés ainsi, même si on lui demandait il nierait jusqu'à la mort …

— Allen a demandé des nouvelles de toi, continua la française.

— Vraiment ?! s'étonna le jeune homme blond. Allen et moi … nous n'étions pas exactement des amis.

— Non c'est vrai, mais les choses changent et je suppose que vous avez beaucoup de choses en commun.

— Maintenant que mon père a franchi un nouveau niveau dans la folie ou à présent que le Lord a décidé que mon existence devait prendre fin ?

— Drago …

L'adolescent soupira.

— Désolé, fit-il, je ne voulais pas …

— Ça ne fait rien ne t'en fait pas, le rassura la rousse.

— Qu'as-tu dit à Allen ?

— Que tu étais très courageux, que tu continuais d'avancer et de faire ce qu'il fallait, toujours, répondit-elle.

Il ne répondit pas, il ne savait pas quoi dire. Il ne se croyait pas courageux, il avançait seulement, car il n'avait pas le choix. Si les choses avaient été différentes, s'il n'y avait pas eu Elie et les autres, il n'était pas certain qu'il aurait continué d'avancer, qu'il aurait essayé encore et encore. Mais là, il n'avait pas vraiment le choix, il ne voulait pas qu'il arrive quoique ce soit à sa mère, à sa compagne. Il n'avait pas le choix, ce n'était pas du courage.

Rose sembla comprendre ses pensées puisqu'elle passa un bras maternel autour de ces épaules et le serra doucement, attrapant de son autre main celle de Severus qui les contemplait sans mot dire. Ils restèrent un moment comme cela, contemplant le soleil qui se levait dans le parc, au-dessus des montagnes.

La première à se réveiller fut Pansy, elle ouvrit simplement les yeux, calmement et analysa la situation avant de se relever et d'ajuster son chemisier de nuit sur sa poitrine. Doucement elle retira la main de Théo posé sur elle et le couvrit convenablement de la couverture qui avait glissé lors de son réveil. S'extirpant doucement d'entre lui et Eiden, elle se releva, avisant enfin la présence des trois autres à table plus loin. Elle les rejoignit en silence, acceptant la tasse que lui tendait Rose en échange d'un bonjour.

— As-tu bien dormi Pansy ?

— Oui Rose, opina-t-elle.

La jeune fille balaya du regard la couche improvisée qui lui avait servi de lit, à elle et ses amis et elle continua :

— C'est agréable de ne pas dormir seule, d'être tous ensemble.

— On dort déjà tous ensemble Pans, fit Drago, à côté d'elle. Et tu dors presque tout le temps avec Théo.

— Tu sais ce que je veux dire. Tous ensemble comme ça, comme des enfants par terre, comme s'il ne se passait rien.

— Il ne se passe rien dans cet appartement, intervint Severus.

Les deux plus jeunes levèrent le regard vers lui.

— Au moins ici, il ne se passe rien. Je promets que je ne laisserai rien arriver ici, continua le potionniste.

La jeune femme hocha la tête.

Théo se leva ensuite, presque immédiatement suivi d'Eiden qui s'assit de l'autre côté de Rose avec un sourire d'enfant.

— C'est Noël ! fit-il plaisamment, éloignant la noirceur qui avait saisi les autres.

— Oui c'est Noël, sourit Rose.

— On va ouvrir les cadeaux ! Manger un super petit déjeuner, trainer ici toute la journée, à ne faire que s'amuser et manger !

Eiden semblait transporté par cette idée, faisant naitre le sourire des autres. Il n'avait connu que peu de bon Noël, seulement depuis qu'il était à Poudlard, mais ces deux dernières années, en compagnie de sa famille, ils étaient vraiment parfaits et il profitait sans compter, retombant en enfance. Il dut cependant se restreindre et laisser Blaise et Elie, lovés l'un contre l'autre pour compenser la perte de chaleur, s'éveiller leur guise. Cela prit encore une demi-heure, mais dès qu'il les vit remuer, il leur sauta dessus, s'empêtrant dans les couvertures.

— C'est Noël ! scanda-t-il.

Blaise grommela quelque chose d'incompréhensible et Elie sourit seulement, mais Eiden continuait déjà :

— On va ouvrir les cadeaux ! fit-il joyeusement.

Il les laissa à peine le temps de se relever et de prendre un chocolat que déjà il se précipitait comme un gamin sous le sapin, dispatchés en plusieurs piles distinctes les cadeaux de tous. Il y en avait plus encore que l'année passée et cela n'aidait guère Eiden à se calmer. Finalement, quelques cris de joies, froissements de papier et agitations plus tard, tous les cadeaux avaient été déballés. La journée se passa tranquillement, entre jeux, rire et repos. Ils sortirent l'après-midi dans le parc, jouer dans la neige fraiche sous le soleil brillant de cette belle journée d'hiver. Même Severus fut entrainé au-dehors, et même si son bonhomme de neige ressemblait plus à un gardien revêche et inquiétant, il avait participé. Eiden, Blaise, Elie, Drago, Théo, Pansy et Rose c'étaient lancés dans une bataille de boule de neige épique qui se termina par la victoire des filles lorsque Rose et Elie se changèrent en oiseaux pour larguer sur leurs adversaires de grosses boules de neige froides. Cela se termina en bataille rangée où Blaise et Eiden se liguèrent sous leurs formes à poils pour coincer la louve d'Elie. Seulement la jeune femme était bien trop rapide et au moment où elle aurait pu se faire enfin attraper, elle changea encore et se jeta dans les bras de son père. Blaise se stoppa immédiatement, n'étant pas assez fou pour attaquer le professeur, mais Eiden hésita un instant avant de poser son derrière dans la neige, geignant avant d'aller fourrer son giron dans celui de Rose.

— Il protège toujours sa petite princesse, ce n'est pas du jeu, ce n'est pas juste, se lamenta le jeune homme après s'être retransformé.

— Dis le garçon qui part toujours se lamenter dans les jupes de sa mère, se moqua Severus, caressant toujours les poils doux de sa fille.

— Pfff.

Mais Severus se détourna de son fils en souriant moqueusement avant de laisser sa fille récupérer sa forme normale et reprendre ces petites bagarres avec son frère.

0o0o0

Noël était passé depuis trois jours et la rentrée approchait. Elie, Pansy et Blaise travaillaient leur devoir de runes à la bibliothèque, Théo y lisait, mais Drago était introuvable. Eiden se lança donc dans une recherche minutieuse. Après plus d'une heure de déambulations infructueuses, Eiden se décida à remonter au dortoir pour y chercher la carte des maraudeurs. C'est là qu'il eut la surprise de trouver Drago, dans le coin laboratoire qu'ils avaient aménagé lui, Théo et Elie. Il emplissait un chaudron d'étain d'un liquide ambré qui, d'après l'odeur, était probablement du vinaigre de cidre. La table était couverte d'herbes et de plantes fraiches toutes prêtes à être utilisées. Le jeune homme aux cheveux sombre en poussa une partie et se jucha sur la table, balançant ses jambes dans le vide. L'autre garçon releva la tête en le voyant s'installer et tourna doucement sa mixture.

— Peux-tu me passer le romarin ? demanda le blond en voyant qu'Eiden n'avait pas l'intention d'aller ailleurs.

Le fils de Severus se saisit de la plante et s'apprêtait à lui passer lorsqu'il s'immobilisa finalement.

— Ok, un ingrédient pour une réponse, fit-il.

— Un ingrédient pour une réponse ? répéta Drago qui ne comprenait pas ce dont voulait parler son ami.

L'adolescent à la chevelure ébène pencha un peu la tête sur le côté avant de répondre tranquillement :

— Je te passe tout ce que tu veux, mais en échange, tu réponds à mes questions. Un ingrédient pour une réponse.

Le blond soupira, mais acquiesça tout de même.

— C'est d'accord.

Eiden lui tendit donc le romarin et demanda :

— Qu'est-ce que Dumbledore veut faire maintenant, pour ta situation ?

— Il réfléchit, il y a cette histoire d'opale maléfique, mais je ne veux pas embarquer un innocent dans cette histoire, déclara le jeune homme pâle en immergeant consciencieusement la plante dans le chaudron.

—Il n'arriva rien à cette personne Dray, rétorqua l'autre.

— Je sais, mais je ne veux impliquer personne d'autre, il n'est pas juste de faire payer quelqu'un pour mes problèmes.

Le brun n'était pas surpris d'entendre ces paroles. Elle ne ressemblait guère au Malfoy d'avant, mais Eiden savait à présent que cette attitude-là était du vrai Drago, bien que tout ceci eut été soigneusement dissimulé durant de longues années.

— Le camphre s'il te plait, demanda le blond.

Eiden le lui donna et l'observa un instant avant de demander.

— Tu n'as pas dormi avec Elie hier soir.

Drago, qui tournait doucement le contenu du chaudron pour bien tout immergé ne releva pas les yeux :

— Ce n'est pas une question ça.

— Pourquoi ?

— Je suis monté très tard, et ensuite je ne suis pas parvenu à dormir, expliqua son ami. Je ne voulais pas la réveiller alors je me suis couché sur le canapé jusqu'à ce que je m'endorme finalement.

Eiden ne répondit pas et se contenta de l'observer durant une longue minute.

— Parle Eiden, que veux-tu me dires ? soupira le jeune homme en posant sa longue cuillère de bois.

— Est-ce que tu veux rompre avec Elie ?

Le blond releva brusquement la tête et sa main heurta durement le chaudron qui teinta sous le coup.

— Quoi ?!

— Vas-tu quitter ma sœur ? répéta le brun.

— Non ! Non ! Jamais ! Pourquoi dis-tu cela ? s'exclama l'autre.

— Tu ne dors plus avec elle, tu l'évites, tu évites tout le monde d'ailleurs. Si tu veux arrêter votre histoire, ai au moins la décence de lui en parler, plutôt que de le faire comme cela ! s'emporta Eiden.

Il c'était promis avant de venir de ne pas s'énerver, de ne pas accuser, ni crier. Cela ne menait à rien, mais le déni que montrait Drago … ça sa le rendant vraiment fou et il ne voulait pas qu'Elie souffre encore.

— Je … ne l'évite pas … soupira l'héritier Malfoy.

— Tu …

— Écoute Eiden, je pourrais te dire des choses, des choses qui prouveraient que ta sœur et moi on ne va pas se séparer, des choses que l'on a faites plusieurs fois et que, crois-moi, tu ne veux vraiment pas savoir, mais je pense que ce n'est pas une bonne idée d'en parler.

Eiden grimaça, mais continua tout de même.

— Je ne parle pas de cela Dray et tu le sais.

— Je fais comme je peux Den, j'essaye d'avancer sans provoquer trop de dégâts. Mais crois-moi je ne veux pas, mais alors pas du tout me séparer d'Elie. Si j'étais moins égoïste, je le ferais, pour la protéger, pour la tenir loin de tout cela, mais je n'en suis pas capable.

— Elle ne veut pas que tu le fasses, elle veut rester auprès de toi.

— Je sais, même si je préférais qu'elle ne soit pas de cet avis. Mais Eiden, je sais que les choses vont mal, mais comment peux-tu croire un seul instant que je blesserais ainsi la personne qui compte le plus a les yeux ? J'aime Elie, et je n'aimerai rien de plus que de simplement m'allonger près d'elle est m'endormir dans ces bras, mais … et bien les choses ne se passent pas toujours comme on le souhaiterait …

— Non, non c'est certain, souffla le fils de Severus.

Drago redescendit son regard sur son chaudron, attrapant la cannelle, les clous de girofle et la noix de muscade.

— Est-ce qu'Elie croit que … fit-il finalement.

— Ce n'est pas moi qui dois poser les questions normalement ? interrogea le jeune homme aux cheveux sombres en souriant, assis sur la table, balançant ces jambes. Ce n'était pas le deal, un ingrédient pour une question ?

— J'ai pris moi-même ces ingrédients donc on peut considérer que j'ai le droit à une question, non ?

— Sans doute, opina Eiden. Je ne pense pas qu'Elie croit que tu veuilles la quitter, c'est seulement moi qui m'inquiétais. Tu sais, le truc du grand frère possessif et surprotecteur …

— Je connais oui, répondit Drago qui laissa échapper un sourire malgré lui au souvenir des tentatives d'intimidation d'Eiden.

— Bref, cessons de parler de cela, de cela et de tes insinuations de toute à l'heure, termina-t-il sombrement.

Drag sourit d'un air malicieux et son ami lui lança presque la sauge au visage.

— Alors, fit le blond, une autre question ?

— Tu as eu des nouvelles de ton père ?

— Non pas depuis le Ministère, Mère m'écrit, mais lui est bien trop occupé à faire profil bas en attendant que les choses se calment. Il ne m'a même pas écrit pour me dire de réussir la mission du Lord, grimaça l'adolescent blond. Peut-être qu'il m'a enfin renié ou même qu'il a oublié mon existence …

Eiden ne répondit rien, ne sachant quoi dire.

— Est-ce que quelqu'un à un père normal de toute façon ? Le père de Théo est un malade, celui de Pansy un abrutit, doublé d'un assoiffé de sang, le mien est un taré qui ne veut que le pouvoir, toi et Elie … eh bien votre père est génial, mais on ne peut pas dire que vos relations aient été de tout repos, du moins au début.

— Blaise a un père normal et une relation normale.

— Ouai, le seul de nous six.

Eiden haussa les épaules, ce n'est pas lui qui allait prendre la défense des adultes.

— Allez Den, passe-moi plutôt le camphre et la rue.

— La … rue …

— La plante vert-bleu là-bas, celle qui sent le musc, éclaira Drago.

— Celle qui pue tu veux dire !

— Elle est un peu fétide c'est vrai, accorda le blond en la plongeant avec le reste.

— Que veux-tu faire avec cette horreur !

— Vinaigre des quatre voleurs, ça peut servir à pas mal de choses, antiseptiques, assainissant, il soigne la migraine, les crampes, les bronchites, les sinus encombrés, il éloigne les contagions, apaise les démangeaisons, les aphtes et aide à cicatriser.

— Je sais, Sev est mon père je te rappelle, il m'a appris cette potion dès les premiers temps.

Drago sourit.

— C'est vrai que tu as un niveau honorable en potion maintenant, qui l'eut cru, le petit Potty bon en potion.

— Et Severus Rogue père de Potty, quelqu'un l'aurait cru ?

Un instant plus tard, la lavande et l'absinthe étaient dans le chaudron et le jeune homme brun demandait :

— Tu crois qu'on va s'en sortir ? Que tout cela va finir un jour ?

— Je ne sais pas, je l'espère, je l'espère vraiment. En tout cas, on fait ce que l'on peut pour que cela arrive.

Eiden lui passa finalement la sauge, le thym et la menthe.

— Tu penses parfois à la mort ? La tienne, celle d'Elie, de ta mère, des autres ?

Drago grimaça et prit bien le temps de couvrir le chaudron d'un linge propre et de lancer un sortilège qui imiterait pour la mixture la lumière du soleil pendant dix jours avant de répondre à son ami.

— Évidement que j'y pense, même si j'évite de le faire pour celle d'Elie parce que là c'est vraiment trop effrayant et terrible.

Le jeune homme eut un frisson et resserra sa main sur son poignet, là où la marque du clan le chauffait agréablement, la marque qu'Elie lui avait faite.

— Et ta mère ?

— J'aime ma mère, je fais tout cela pour elle, mais Elie … que ressentirais-tu si Blaise mourait ? interrogea le blond.

Un pincement au cœur prit le brun à cette seule idée et son corps s'emplit de froid, l'idée même lui était intolérable.

— Je ne pourrais pas le supporter et tu le sais très bien, fit Eiden sombrement. C'est mon compagnon.

Drago déplaça le chaudron plein contre le mur et s'attela à une autre potion. Il sembla réfléchir un instant à ce qu'il voulait dire puis il déclara doucement, mettant le feu sous le chaudron d'étain.

— Tu sais Eid, je ne suis pas métisse, mais cela ne veut pas dire pour autant que j'aime moins Elie que tu n'aimes Blaise, que je ne souffre pas autant que toi lorsqu'elle est mal, blessée ou loin de moi.

— Je sais Drago, déclara l'autre garçon en l'observant calmement, toujours juché sur la table. Je ne l'ai jamais pensé.

— C'est difficile parfois, continua l'aristocrate, parce que nous sommes si différents tous les deux et que votre peuple se méfie beaucoup des miens, ne les acceptants parfois même pas. Mais j'aime Elie, autant, voir plus, que si j'avais eu le même sang qu'elle. Les hommes aussi peuvent aimer inconditionnellement.

— Je le sais bien Dray, je ne l'ai jamais mis en doute. Regarde comme mon père aimait ma mère, comme il aime Rose, comme il nous aime nous. Je n'ai jamais cru que les sorciers et les moldus ne pouvaient pas ressentir autant de sentiment que nous. C'est même plus difficile pour vous, car il n'y a pas l'instinct, les codes et tout cela. Je pense sincèrement que c'est plus difficile pour toi que pour moi.

— Je ne sais pas, après tout on est tous pareils lorsque l'on tombe amoureux, fit le blond avec un pauvre sourire.

— Sans doute, accorda l'autre.

Ce soir-là Drago se glissa dans son lit assez tôt par rapport à son habitude et rejoignit sa petite amie qui lisait sous la couverture. Elle le contempla d'un air neutre, le regardant prendre place et se coller contre son flanc. Elle ne fit aucun commentaire et reprit sa lecture en silence.

— Qu'est-ce que tu lis ? interrogea le blond.

— Des contes russes.

Drago poussa légèrement l'ouvrage d'un de ses longs doigts pour pouvoir lire le titre et fronça presque imperceptiblement les sourcils.

— En russe.

— C'est plus riche dans la langue mère, déclara la jeune femme en tournant une page distraitement.

— Depuis quand tu lis le russe ? interrogea le blond en se callant un peu plus confortablement contre les coussins.

— J'ai des bases.

— Il faut plus que des bases pour lire cela.

Elie haussa les épaules, mais Drago la poussa doucement à poser le grimoire sur le couvre-lit et à le regarder. Le jeune homme savait parfaitement que le brusque intérêt d'Elie pour le russe était comme sa frénésie de potions et son acharnement pour les sortilèges : un moyen comme un autre d'avoir l'esprit sans cesse occupé et de tenir son angoisse sous contrôle. A minima tout du moins …

— Je suis désolé.

— Pourquoi es-tu désolé Drago ? demanda-t-elle doucement.

— Pour tout cela. Si tu n'étais pas avec moi, tu souffrirais sans doute moins.

La jeune fille eut un léger sourire avant de se blottir un peu plus contre lui.

— Je suis la sœur d'Harry Potter, la fille de Severus Rogue. Alors je ne crois pas non, aucune chance.

— Sans cette histoire de mission, tu serais moins angoissée, tu ne serais pas obligé de t'occuper l'esprit ainsi.

— Ce n'est pas un mal d'accroitre ses connaissances.

— Pas comme cela Elie et tu le sais très bien, répliqua son petit-ami, c'est compulsif à ce stade, ce n'est pas sain.

Elie ne répondit pas, mais fourra son nez dans son cou.

— Tu sais ce qui pourrait me changer les idées et qui serait plus sain ? ronronna-t-elle en frottant son visage contre sa peau.

— Je me fais une petite idée oui, sourit l'autre.

Il passa une main douce sous son visage pour le remonter à sa hauteur avant de l'embrasser amoureusement. Puis il la tira doucement en arrière pour plonger ses yeux dans les siens, pétillants d'argent.

— Je t'aime, tu le sais n'est-ce pas ?

Elie fut saisie par son ton, grave malgré lui.

— Bien sûr que je le sais, Dray, fit-elle en l'observant.

— Eiden a cru …

Il s'interrompit, mais elle l'encouragea à continuer.

— Qu'est-ce que mon frère a cru, caru ?

— Il pensait que je voulais te quitter, que je te fuyais pour ne pas avoir à te le dire.

La jeune fille ne marqua aucune réaction, mais demanda tout de même :

— Et le veux-tu ?

— Non, bien sûr que non. Pour rien au monde.

— Alors qu'elle est le problème Drago ? questionna Elie.

— J'avais peur que tu puisses le croire aussi. Je voulais te dire que je ne l'ai pas pensé une seule seconde.

Elle sourit et l'embrassa sur la joue.

— Je le sais Dray, mais c'est toujours agréable de se l'entendre confirmer.

Il rit et referma ces bras autour d'elle.

— En effet.

L'adolescente sourit :

— Je t'aime Dray et je ne veux absolument pas que l'on se sépare.

Drago lui rendit son sourire, mais en son cœur, il se sentait mieux, comme si quelque part, malgré sa connaissance des sentiments de sa compagne, il était tout de même rassuré d'entendre cela à nouveau.

— Alors, fit la blonde en passant une main langoureuse sur le torse nu du garçon, veux-tu bien me distraire, ou dois-je reprendre mon livre ?

L'autre mordilla ses lèvres et l'une de ses mains glissa du haut de son dos jusqu'à ces fesses fermes.

— On va laisser le livre de côté.

— Excellente décision, mais il va falloir assumer maintenant.

Mais alors que Drago faisait lentement glisser son haut de pyjama le long des épaules de la fille de Severus, le jeune homme se redressa soudainement et fondit sur sa table de chevet pour attraper sa baguette.

— Dragoooo, geignit sa petite amie.

L'autre chuchota une incantation et revint contre elle.

— Il n'y avait pas de sort de silence, et bien que ton frère ait besoin d'être rassuré sur mes attentions envers toi, je ne suis pas certain que ce soit la meilleure solution que de … hum … te divertir sans sortilège.

— Peut-être, accorda la blonde. J'ai besoin de toi, je ne voudrai pas qu'il te tombe dessus.

Le fils Malfoy grimaça.

— Tu laisserais ton frère me faire du mal ? se plaignit-il faussement.

— Bien sûr que non, nous avons autre chose à faire.

Il lui pinça le bras en représailles.

— Eh ! Sauvage !

— Mais tu aimes ça, susurra-t-il en emprisonnant sa joue dans sa main pour pouvoir piller convenablement sa bouche de sa langue.

— Obsédé !

Drago se contenta de sourire et ôta complètement son chemisier de flanelle, mettant sa poitrine à nue. Caressant les seins ivoire et rebondis de sa compagne, il la laissa baisser le simple pantalon de soie qu'il portait. Il ne fallut pas beaucoup plus de temps pour que le bas d'Elie rejoigne le sien et qu'ils se retrouvent tous les deux totalement nus.

— Alors, ronronna l'adolescente, que faisons-nous ?

— J'ai ma petite idée, sourit Drago avant de l'embrasser à nouveau.

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Un tintement retentit derrière le mur du salon où Allen travaillait. Ce n'était pas parce qu'il avait quitté Poudlard et renoncé à suivre un quelconque enseignement à l'extérieur qu'il voulait laisser son cerveau dépérir. D'autant qu'il allait en avoir besoin très bientôt, question de vie ou de mort. Mais quand le bruit annonciateur d'un passage de cheminette retentit, il releva immédiatement la tête, ainsi que son frère et Arya, la petite sœur d'Andrea, l'ancienne batteuse et capitaine de l'équipe de serpentard. Les deux enfants s'apprêtaient à courir dans la pièce à côté, celle qu'ils nommaient tous la salle des voyages et qui abritait la seule cheminée qui communiquait avec l'extérieur, mais le jeune homme les arrêta.

— Quelles sont les règles à propos des arrivées dans la salle ? fit-il en posant une main sur l'épaule de son frère, le forçant doucement à se rasseoir.

— Ne pas s'y précipiter, respecter le protocole et laisser un grand y aller, récita la petite Arya, balançant sa longue natte noire dans son dos. Mais Elijah est plus grand que moi, donc ça va, non ?

Les deux enfants échangèrent un regard, mais Allen intervint :

— Elijah est peut-être plus grand que toi, Arya, mais il n'est pas assez grand encore.

— Et toi tu l'es ? s'enquit la petite-fille.

— Oui je le suis, et vous finirez par l'être aussi.

''Le plus tard possible cependant je l'espère'' pensa-t-il tout de même.

— Vous restez là et vous finissez votre exercice, je reviens dans un instant.

Les deux plus jeunes n'étaient pas ravis, mais les règles du Manoir étaient très claires et ils ne les enfreignaient pas. Même à leurs âges, ils avaient compris ce qu'ils risquaient et ils savaient que les règles, même si elles n'étaient pas amusantes, étaient là pour les protéger et les garder en sécurité et bonne santé. Et puis tout le monde, même les grands s'y pliaient alors …

Allen ferma doucement la porte derrière lui, la scellant et passa dans le petit salon qui servait généralement de salle de gué pour les entrés. Aksel, de gué, en condamnait les autres accès lorsqu'il y entra.

— Tu sais qui c'est ? interrogea l'ancien serpentard.

— Non, au moins l'un des signaux est inconnu.

Un protocole très strict avait été mis en place pour sécuriser l'endroit, et notamment pour contrôler les entrées et les sorties, par cheminette ou par transplanage. Les habitants et les habitués du Manoir étaient automatiquement reconnus par la magie du lieu et signalés différemment des inconnus. Mais tous étaient automatiquement confinés dans la salle de transport, en attendant que la personne chargée de faire le gué ne les libère, une fois s'être assuré qu'ils ne présentaient aucun danger.

Sur un signe du danois, Allen leva sa baguette et se tint prêt tandis que l'autre ouvrait la lourde porte de la salle des transports. A l'intérieur, le chaos régnait. Un homme grand et blessé au bras leur tournait le dos, affairé au sol. Andrea soutenait avec un brun à l'arcade ouverte une jolie fille qui peinait à marcher. Félicia, une de leurs nouvelles recrues, s'affairait dans un sac de tissu et en sortait des paquets de gaze qu'elle appliquait sur le ventre poisseux de sang d'Eryn, la loup-garou.

— Qu'est-ce qui s'est passé, s'exclama Allen, choqué par l'état de ses compagnons. Cela devait être une mission simple !

Un inconnu aux cheveux en catogan tenait une Eryn inconsciente et perdant beaucoup de sang à travers les compresses. Il semblait calme et Allen se concentra sur lui pour ne pas céder à la panique.

— Il n'y a pas de mission sans risque, Al, fit sombrement remarquer Aksel qui c'était précipité pour aider Félicia.

Le blond appela ensuite leur elfe de maison et leur korrigane pour qu'ils fassent transplanner les blessés. Seuls eux pouvaient le faire sur le domaine.

— Allen, Arya et Elijah sont toujours dans le bureau, ramène-les là-haut avec les autres, Kathleen s'en chargera. Et ramène Fleur, elle est avec Kat.

Aksel avait parlé calmement, mais une autorité implacable s'échappait de lui, mettant le jeune homme en marche tel un automate. Un mois auparavant lui, Andrea et Kathleen avaient demandé à Elie d'entrer dans le clan, embarquant Arya et Elijah avec eux. Il avait longuement hésité à s'engager dans la lutte, mais il l'avait finalement fait, pour aider à offrir la même chance à d'autres que celle qui leur avait été offerte, à lui et Elijah. Ils avaient pris la cheminette pour le bureau de Severus et Elie leur avait offert la marque. Il ne l'avait pas regretté un seul instant, mais cela ne l'empêchait pas d'avoir peur.

Se composant un masque neutre, il revint dans le bureau où travaillait son frère et son amie.

— Allez c'est bon pour aujourd'hui, vous pouvez monter avec les autres pour le goûter.

Arya lui offrit un sourire étincelant et lâcha immédiatement sa plume, mais Elijah fut plus circonspect, cela ne ressemblait guère à son si strict frère.

— Qui est arrivé ? Est-ce que les autres sont revenus ?

— Oui, mais nous allons avoir une réunion.

Son frère lui lança un regard critique.

— Tout le monde va bien.

— Ne t'en fais pas Elijah, le rassura-t-il, mais ne voulant pas mentir.

Puis il le poussa dehors. A l'étage il invita Fleur à descendre et confia les enfants à Kathleen. Il échangea un rapide regard avec la jeune fille qui comprit immédiatement la situation, mais n'en laissa rien paraitre lui demandant seulement :

— Tu me tiendras au courant de l'avancée de la réunion.

Il hocha la tête et disparut avec Fleur.

— Tu as vu Bill ? interrogea la vélane.

— Je … c'était un peu confus alors …

Ils gagnèrent rapidement la pièce qui faisait office d'infirmerie. Sur le lit le plus proche était allongée la jolie inconnue à la jambe amochée, le suivant accueillait Eryn, affreusement pâle et les yeux toujours clos. Un homme, qu'il reconnut comme étant Bill, s'activait sur un corps ambré et ensanglanté. Fleur le rejoint immédiatement pour l'aider et Allen se tourna vers Aksel, qui pansait le ventre de la loup-garou.

— Comment va-t-elle ? s'enquit-il, inquiet pour celle qui était devenue une amie.

— Mieux que l'on pourrait l'espérer, grâce à Charlie.

L'homme au catogan secoua la tête.

— Je ne suis pas guérisseur, j'ai fait du mieux que j'ai pus avec les maigres connaissances que j'ai acquises à la réserve.

— Tu lui as sauvé la vie Charlie, ne te sous-estimes pas, fit le danois.

Le rouquin ne répondit pas, mais peignit doucement les cheveux encroutés de sang de la jeune femme en arrière.

— Vous êtes tous si jeunes, dit-il.

— Tu n'as que quelques années de plus Charlie, fit remarquer Aksel.

— Moi j'ai connu la paix, au moins un peu, et je ne suis pas à peine majeur comme vous, répondit Charlie.

Aksel ne répondit pas. Il termina son bandage et glissa entre les lèvres de son amie deux autres potions.

— Eryn va s'en tirer, elle est solide, elle sera bientôt sur pied.

— Pour recommencer, souffla Allen.

Aksel l'entendit et posa une main apaisante sur son épaule.

— Rien ne t'oblige à le faire Allen.

— Si Voldemort.

Une exclamation retentit, les faisant tourner la tête. Le blessé à la peau mate s'enfonçait, son cœur le lâchant après une trop grande perte de sang. Son visage était affreusement blessé, ainsi que le reste de son corps.

— Où est … commença l'ancien serpentard.

Et soudain la lumière se fit dans son esprit. La peau basanée, le pantalon de toile brune, les ongles noirs et aiguisés …

— Anton !

Il voulut rejoindre le garçon, mais Aksel le retint.

— Tu ne ferais que gêner, laisses les faire.

Le brun se laissa tomber au bout du lit d'Eryn, la tête dans les mains. Rapidement, un poids vint le rejoindre et levant les yeux vers Aksel qui fixait Fleur s'affairant autour du corps d'Anton, il entendit :

— Comment je vais le dire à Elie.