N.D.A :

Bonjour,

Merci à aux lecteurs, à ceux qui passent.

Bonne lecture,

Elishae


Lils : Merci de l'intérêt que vous portez à cette histoire, cela me fait très plaisir. Je prends soin de moi et je continue d'écrire, en voici la preuve !


Chapitre 25 : Réalité

Il n'était pas loin de dix-huit heures lorsque la cheminée de Severus s'embrasa et qu'une silhouette râblée apparut dans l'âtre.

— Charlie ?

Rose, assise dans un des fauteuils, s'était levée à son arrivée. Puis elle remarqua le sang sur sa chemise.

— Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Tu n'es pas en Roumanie ?

— J'ai un congé, fit le jeune homme. Et il s'est passé … Le sauvetage d'Isabeth et Eliott ne s'est pas passé comme prévu. Les mangemorts nous sont tombés dessus et il y a eu un combat, ainsi que des blessés. La plupart iront bien, mais Anton … Anton est grièvement blessé, Fleur le soigne toujours. Alors si toi et Severus pouviez …

— Nous venons tout de suite, Severus est …

— Ici, fit la voix de l'homme, sortant de la salle d'eau.

Il semblait avoir enfilé des vêtements à la va-vite. Le bas de son pantalon gris sombre était imbibé d'eau et ses longs cheveux goutaient sur son polo bleu nuit.

— Severus, fit le jeune rouquin, désolé de vous déranger, mais …

— J'ai entendu Monsieur Weasley, laissé moi juste le temps de prendre quelques potions. De quoi souffre Monsieur Menès ?

— Il a plusieurs entailles dont quelque un sont très graves, mais Fleur peine à les refermer, elles ont été faites par Greyback. Il a aussi une vilaine fracture et une commotion cérébrale. Eryn a aussi été grièvement blessée, mais elle est stable et Aksel n'est pas inquiet. Il a pu refermer la plaie de son ventre et aucun organe n'a été touché.

Severus passa rapidement dans sa réserve pendant que Rose gagnait le Manoir de Gower. Mais avant que le professeur ne puisse la rejoindre, la porte de ses appartements s'ouvrit à la volée, laissant entrer Blaise et Elie.

— On était à la bibliothèque quand … commença le jeune homme, puis il s'interrompit en voyant Charlie, mais surtout en voyant et sentant le sang sur lui.

— Anton va mal, souffla Elie qui fixait elle aussi la chemise du dragonnier.

— Oui, leur mission c'est mal passé, mais Fleur et maintenant Rose le soignent. Les autres vont aller bien.

— Qui d'autre est blessé, tu sens le loup-garou ? Est-ce Eryn ? interrogea Blaise.

Le rouquin hocha la tête.

— On doit y aller, fit Elie.

Les deux adolescents portaient toujours leurs uniformes et tenaient leurs sacs de cours à l'épaule. Ils étaient vraisemblablement venus directement de la bibliothèque, sans passer par leurs dortoirs ou ailleurs.

— Vous … commença Severus.

— Non papa, Anton est blessé, notre bêta, il est blessé et on doit être à ces côtés, le coupa la jeune fille.

— De plus la proximité des autres et la magie du clan l'aideront à se stabiliser, ajouta Blaise avant que Severus ne puisse refuser.

L'adulte ne put qu'accéder à leur demande, et après avoir rédigé un message à l'attention des autres, ils disparurent tous dans la cheminée. De l'autre côté, dans la salle de Gower les attendait Aksel. Severus et Charlie partirent immédiatement, mais Blaise et Elie restèrent en arrière le temps qu'Aksel leur parle de la situation, ce qu'il fit immédiatement.

— Alors il … ne va peut-être pas sans sortir, murmura Elie.

— Il faut garder espoir El, nous n'en savons rien pour le moment.

— Mais il a été blessé pendant que moi j'étais en sécurité à Poudlard.

Aksel attrapa sa main et l'interrompit. Lui aussi portait encore ces vêtements couverts de sang. Il n'avait pas participé à la bataille, ils ne partaient jamais tous du Manoir, pour les plus jeunes d'abord, pour maintenir des tours de garde à la salle de transport, mais aussi, car tant que l'un d'eux restait à l'intérieur du Manoir, la magie du lieu continuait de rester impénétrable. Mais il avait aidé ensuite et soigné les blessés, se couvrant de sang.

— Non Elie, tu ne vas pas aller sur ce terrain-là, Anton a été blessé pendant une mission, ce n'est pas ta faute, ni celle de personne du clan, mais uniquement celle des mangemorts. Il a choisi d'y aller de lui-même, personne ne la forcé.

— Je l'ai forcé, il n'a pas choisi de prendre la marque, elle est apparue toute seule avec la mienne, alors non, il n'a pas choisi, contra la blonde.

Elle semblait vraiment petite à ce moment, petite et terriblement jeune, comme elle l'était en réalité. Ces cernes et sa peau translucide ressortaient et elle lui sembla plus maladive qu'il ne l'avait jamais vu. Il était arrivé tant de choses depuis un an et demi, il ne savait pas comment elle pouvait encore tenir. Son bras musclé entoura les épaules minces et le danois la serra doucement contre lui :

— Il l'a choisi, si elle est apparue c'est qu'il la choisit, tu le sais parfaitement Enor.

— Mais c'est mon bêta et je n'étais pas avec lui et maintenant il …

— Stop !

Aksel la saisit par les épaules, elle commençait à paniquer.

— El respire ! Rose va s'occuper de lui, avec Fleur et Severus, ce n'est pas de ta faute et tu ne peux rien faire pour l'aider si tu ne te calmes pas.

La jeune fille hocha la tête et elle se força à respirer calmement pendant que Blaise passait un bras autour de sa taille.

— Vous avez ressenti quelque chose par la marque ? interrogea le blond.

— Oui, on est allé au bureau de Sev immédiatement et là on est tombé sur Charlie qui venait chercher Rose et Severus.

— C'est incroyable que vous l'ayez senti suffisamment clairement pour comprendre de quoi il retournait, cela fait si peu de temps que vous avez la marque. Vous êtes deux jeunes métisses très douées, sourit le danois.

Blaise lui rendit son sourire, il ne connaissait pas vraiment Aksel avant, seulement de vu, mais il l'appréciait beaucoup maintenant et il ne faisait aucun doute qu'il était un excellent oméga pour le clan. Puis il redirigea son regard ver Elie et la serra doucement.

— Tu es prête ?

— Oui, allons-y, acquiesça l'adolescente, mais serrant tout de même la main de Blaise dans la sienne.

Tous avaient cessé de s'agiter autour d'Anton qui semblait enfin stabiliser, mais l'étrange bulle entourant son nez et sa bouche appris aux nouveaux venus qu'il ne respirait pas seul. Eryn dormait toujours, mais elle avait repris des couleurs, Elie s'arrêta rapidement à son chevet puis passa à celui de son bêta, effleurant son bras elle continua jusqu'à sa main qu'elle serra, celle de Blaise toujours dans l'autre.

— On est parvenu à arrêter l'hémorragie et à refermer les plaies, expliqua Fleur qui s'essuyait le front d'un geste las, sa commotion est sous contrôle et sa fracture réduite. Il a perdu beaucoup de sang, il ne reste plus qu'à attendre maintenant. S'il passe la nuit, les choses devraient être plus simples …

— Anton est un battant chérie, il va s'en sortir, la rassura Rose, qui avait aidé elle aussi. Ton père lui a donné tout un tas de ses meilleures potions, ça va aller.

— Tu n'en sais rien, souffla Elie et la femme ne sut que répondre. C'est mon bêta est je n'étais même pas là.

— Tu es là pendant qu'il se bat pour vivre El, c'est le plus important, déclara le beau danois en se rapprochant. Tu es là.

— Vous vous battez tous pendant que je reste à Poudlard. Quel genre d'alpha suis-je d'après toi ? opposa la blonde.

— Tu es une excellente alpha Elie, tu le sais très bien, intervint Blaise, la situation est compliquée.

Son amie lui décocha un regard noir.

— Ose me dire que tu ne te sens pas coupable d'avoir été tranquillement assis à la bibliothèque pendant qu'ils se battaient tous. Ose me dire que tes instincts et ton cœur ne se révoltent pas à cette pensée ? Ose me dire que tu ne te sens pas misérable ?

Blaise ne répondit pas, mais tint encore sa main. Bien sûr qu'il se sentait mal, ce n'était pas dans l'ordre des choses, il aurait dû être là, avec les autres pour se battre, pour seconder Anton, c'était pour cela qu'Elie l'avait choisi. Mais il était trop jeune et il devait rester à Poudlard. Même si cela le tuait de ne pas être avec les autres. Il devait continuer d'apprendre, de s'entrainer, pour mieux servir ensuite son clan.

— Aucun Alpha ne participe à toutes les batailles El, intervint Fleur, coupant le bistré dans ses lugubres considérations, tu n'es pas en tort et Blaise non plus, vous êtes si jeunes …

Elie ne répondit pas et caressa la joue nettoyée de tout sang de son bêta.

— Il faudrait prévenir ses parents, dit-elle.

— Ils sont dans un clan retiré en Amazonie, ils ne sont pas joignables, expliqua Aksel. Et Sekhmet est à la réunion des clans d'Afrique, on ne peut pas la prévenir non plus.

— Il faudrait au moins prévenir Assar, dit Elie.

— Je vais le faire, déclara son père, je pourrais ainsi également parler de ta situation à ton frère, Drago et vos amis.

La jeune femme hocha la tête. Severus disparut promptement, il avait tout intérêt à revenir avant que son fils ne découvre la disparition de son compagnon et de sa sœur. Eiden n'était pas connu pour son caractère calme et il faisait preuve d'une très grande inquiétude et possessivité sur sa sœur et son compagnon depuis la révélation de sa naissance.

— Comment vont Isabeth et Eliott ? interrogea Blaise.

C'était après tout la raison de cette mission. Drago et ses contacts continuaient de chercher ceux qui voulaient échapper à leurs familles et aux mangemorts. Ils avaient aidé la plupart à quitter le pays, mais certains ne le voulaient, ou ne pouvaient pas et le clan des Passeurs se chargeaient de les récupérés et de les mener en sécurité, au Manoir ou ailleurs. Isabeth et Eliott avaient voulu aller au Manoir, pour agir dans ce conflit. Mais un ancien ami les avait dénoncés et leur extraction s'était révélée plus compliqué que prévu.

— Secoués, mais ils vont bien, répondit le danois. Isabeth a été blessé à la jambe, mais demain il n'y paraitra plus rien. Vous voulez les voir ?

Le blond les mena donc auprès des deux jeunes adultes. Ils se tenaient avec les autres dans un des salons, la jolie sorcière avait le pied étendu sur un pouf, mais ne semblait pas souffrir. Eliott n'avait rien. À leur entrée, Isabeth tenta de se relever, mais Blaise l'arrêta tout de suite :

— Reste assise Isabeth, tu vas te faire du mal, dit-il d'une voix douce, une main sur l'épaule de la jeune fille pour ne pas qu'elle se redresse.

— Nous sommes désolés pour ce qui s'est passé, fit la jeune femme, si vous n'étiez pas venu nous chercher, personne n'aurait été blessé.

Elie l'interrompit de la main :

— Rien n'est de votre faute, le problème c'est Voldemort. Personne ne peut imposer aux autres ce qu'il désir et surtout pas avec toute cette violence. C'était très courageux de quitter votre foyer.

Eliott, le châtain élancé déclara :

— Je ne sais pas si c'était courageux, mais en tout cas nous ne pouvions rester là-bas. Je ne sais pas comment vous remercier pour cela et j'espère vraiment de tout cœur qu'Anton va se rétablir.

— En attendant, nous voulons aider, nous n'avons tous eu la chance de pouvoir échapper aux mangemorts. Nous voulons en être.

— Attendons un moment avant cela, vous êtes en sécurité ici. Reposez-vous, soignez-vous et réfléchissez-y au calme, leur répondit Elie. Rien ne vous oblige à décider maintenant.

Aucun du clan ne voulait forcer les autres à suivre leur voie, ils pouvaient après tout rester en sécurité au Manoir sans chercher à se battre, et s'ils voulaient vraiment aider, il y a vais d'autres choses qu'ils pouvaient faire sans pour autant avoir à quitter l'asile de Gower. La logistique, les soins, les enfants …

— C'est tout réfléchi, assura Eliott.

Elie sourit, mais ne répondit pas, Jack, la connaissance de Drago qui l'avait visité a son Manoir l'été précédent avait eu la même réaction, avant de rejoindre le clan, avec Félicia. Mais bien que le châtain semblait sûr de lui, elle voulait lui laisser une chance de rester loin de tout cela.

Blaise et Elie ne tardèrent pas à remonter à l'infirmerie où ils retrouvèrent Fleur et Aksel. Ils en profitèrent pour les interroger sur la vie de Gower. Ils étaient à présent une quinzaine, en plus de Fleur, Tonks, Andromeda et les frères Weasley, Bill, Fred et George, ainsi que Charlie qui venait lorsqu'il était en Angleterre. La logistique et l'intendance d'un tel groupe demandaient un certain talent, ainsi que la coordination des cours, repas, loisirs et missions, mais le danois semblait s'en sortir à merveille, comme tout bon oméga le ferait.

— Aksel est super, sourit Fleur. C'est un excellent Omega, il est un parfait intendant pour le clan et cette maison.

— Je n'en n'ai jamais douté, fit doucement Elie. Et tous les retours que j'ai eus ont été excellents. Le si confiant Aksel rougit très légèrement touché par les compliments, mais Elie continua tout de même :

— D'autant que l'on m'a rapporté que les récents placements qu'il a faits avec l'argent du clan se sont avérés très judicieux et qu'ils nous permettent de ne pas avoir à nous inquiéter pour nos finances, même si cette guerre dure.

— C'est mon devoir, répliqua le danois.

Quand Elie lui avait confié la tâche d'omega, il avait été surpris bien qu'il n'en avait rien montré. Il était proche de la jeune fille et il se savait doué, mais pas suffisamment pour occuper un tel poste, si tôt. Mais il avait immédiatement accepté, si les autres devaient assumer des responsabilités aussi jeune, alors il pouvait bien s'y résoudre également et tenter de faire du mieux qu'il pouvait. Il voulait rendre ces parents, où qu'ils soient à présent, fiers de lui et être un bon officier pour Elie, qu'il respectait plus que tout.

— Et tu le fais parfaitement, continua la fille de Severus, je savais que je pouvais te faire confiance.

Il lui offrit un beau sourire, peut-être qu'il s'en sortait bien après tout.

Ils parlèrent un long moment de la vie du Manoir et du clan, au chevet d'Anton, ils ne s'étaient pas vus depuis un moment. De temps en temps, une fois dans le mois en général, les deux officiers venaient quelques heures dans le bureau de Severus pour passer du temps avec Blaise et Elie. Ils avaient besoin de contact entre eux et c'était l'occasion de tenir les deux plus jeunes informés de vive voix.

— Au niveau du stock de potions où en êtes-vous ? demanda l'alpha.

— Entre ce que vous nous fournissez, ceux de ton père, ceux d'Allen et ceux que Félicia fait à présent, nous en avons plus qu'assez. Mais nous faisons des stocks et nous achetons aussi à l'occasion, sur le continent pour que cela passe inaperçu.

— Nul doute que nous en aurons bientôt besoin, approuva Blaise.

— Oui, mais ce n'est pas une raison pour vous tuer à la tâche, nos réserves sont plus qu'honorable, rétorqua Aksel.

— Elles peuvent descendre très vite, tu le sais. Et puis j'ai besoin de m'occuper.

— Le niveau des enfants est très correct, aussi bon que dans n'importe quel clan, voir plus vu qu'Allen est un professeur plutôt strict, sourit le blond. Et les cours de Rose, Bill, Severus et Tonks sont également fort profitables. Les niveaux sont corrects, même si seuls Anton, Eryn, Félicia et moi pouvons réellement tenir tête à des mangemorts. Et même nous ne pouvons sortir sans danger. Kathleen n'est pas une combattante, Jack répugne à utiliser la violence et Andrea et Allen sont encore jeunes et inexpérimentés.

— Personne ne devait avoir à se battre, rappela Elie.

— Oui, mais c'est le cas maintenant, et il faut que chacun ici, qu'il ait envie ou non de sortir en mission, soit capable de se défendre.

Blaise approuva, après tout, si ça n'était pas déjà le cas, ils seraient très bientôt des cibles de choix des mangemorts.

— Les défenses du Manoir sont tout à fait opérationnelles, les gobelins sont passés la semaine dernière, apparemment le fait que nous vivions ici depuis quelques mois, avec les enfants et tous alimentent la magie ancienne et renforce les barrières. Plus longtemps nous resterons, et plus nous serons nombreux, plus la magie sera puissante, expliqua Aksel.

— Elles ne sont pas trop affaiblies par le fait que ni Eiden, ni moi ne vivrons ici ? interrogea son amie.

— Elles atteindront leurs apogées lorsque cela arrivera évidemment, mais en attendant nous sommes tout de même en sécurité.

Une heure passa encore, seuls Blaise et Elie étaient restés et finalement Severus revint avec le jeune frère d'Anton qui prit immédiatement les mains d'Elie dans les siennes. Il avait eu le temps de se changer lui et portait un de ses bas de toile et un t-shirt à la mode métisse, plutôt léger malgré la froideur de cette fin de mois de Décembre.

— Severus m'a expliqué la situation, merci d'être resté avec lui, dit-il en la serrant tout contre lui.

— C'est normal, répondit Elie.

— Merci Blaise d'être venu aussi, ajouta le serdaigle avant de faire de lui faire l'accolade a lui aussi.

— Pas de problème.

Assar s'approcha de son frère et caressa doucement sa tête. Le sang avait été nettoyé et si ça n'était le sortilège de respiration, on aurait pu croire qu'il dormait. Les marques de son visage avaient pu été effacées par les potions de Severus et les bons soins des deux femmes et il n'en restait plus trace.

— Assar je …

— Avec tout le respect que je dois à mon alpha El, tais-toi, ne termine pas cette phrase. Tu n'as pas à te sentir coupable, je n'étais pas plus présent que toi et je fais aussi partie du clan. Nous aurons tout le temps de faire également couler notre sang, ne t'en fais pas.

Assar sourit malgré lui et glissa un doigt le long de la joue de son frère avant de poser une main sur sa clavicule, sur la marque.

— Et puis crois-moi, Anton sera très heureux de savoir que c'est lui qui a été grièvement blessé et pas l'un des autres, il juge que c'est son rôle de bêta. Ton frère n'est pas le seul à souffrir du complexe du héros …

Il se retourna ensuite à nouveau vers eux et continua :

— D'ailleurs il est ici, avec Drago, Pansy et Théo. Ton père les a ramenés. On est vendredi soir, personne ne trouvera étrange que vous ne soyez pas là au repas, vous mangez souvent dans les appartements de Severus le week-end. Quant à moi … eh bien je vagabonde très souvent alors …

Ils restèrent un moment silencieux puis Assar demanda :

— Vous avez prévenu mes parents ou ma tante ?

— Ils sont tous les trois injoignables, l'informa Blaise.

— C'est mieux, cela ne sert à rien de les inquiéter tant que l'on n'en sait pas plus et Anton détesterait ça.

Assar et Blaise finirent par tomber de fatigue et à s'endormir sur des lits proches tandis qu'Elie restait près de lui, lui tenant toujours la main. Il devait être près de deux heures du matin quand Drago monta pour la trouver ainsi, pensive. Elle avait fini par se changer et portait un long pantalon bleu et une chemise grise, qu'elle avait dû emprunter, car il ne les reconnaissait pas. La marque à son poignet pulsait très légèrement, comme au rythme de ces battements de cœur et elle semblait à Drago légèrement plus foncée.

— Tu ne dors pas.

— Je n'ai pas sommeil et je m'inquiète, répondit la jeune femme.

— J'imagine oui, fit tendrement le garçon en caressant ses cheveux, avant de s'asseoir à côté d'elle.

— Et toi tu ne dors pas ?

— Moi aussi je m'inquiète, pour toi.

— Il n'y a pas de quoi, ce n'est pas moi qui risque de mourir.

— Je sais parfaitement ce à quoi tu penses, déclara Drago.

Elle laissa tomber sa tête sur son épaule, mais ne répondit pas.

— En dehors de tout cela, fit le garçon en montrant d'un geste vague de la main le corps inanimé du métisse, je pense que je serais parfaitement heureux de vivre ici, lorsque notre tour viendra. Le Manoir est agréable et cette ambiance, on dirait une vaste famille.

— C'est un peu le cas.

— Je n'ai pas connu cela, mais je suis certain que cela me plaira. J'ai presque hâte. Non en vérité j'ai hâte, cela me rend fou d'être enfermé à Poudlard avec tout ce qui se passe dehors, cette foutue mission et tous ces gens qu'on pourrait arracher aux mangemorts.

— C'est très risqué, lui rappela sa petite amie. Regarde l'état d'Anton.

— Tout est très risqué, déclara le garçon, Voldemort est de retour.

— Ni ta mère, ni Severus ne te laisseront quitter Poudlard avant d'avoir un diplôme, à moins que l'école ne tombe avant.

— C'est un risque tu penses ?

— Je n'en sais rien, avoua la blonde, j'aimerai que non. Tant que Dumbledore tient en tout cas je pense que le collège tiendra. Sans lui …

— À quoi bon chercher à obtenir un diplôme alors que les mangemorts sont près à la guerre ? questionna l'adolescent.

— Tu sais que le diplôme n'est pas important, la formation l'est et puis ils veulent nous tenir le plus longtemps possible éloignés de la guerre.

— Je ne veux pas que l'on me tienne éloigné, soupira Drago.

— Moi non plus, mais nous n'avons guère le choix pour le moment.

Finalement ce fut peu avant l'aube qu'Anton se réveilla. Drago était reparti et Blaise et Assar dormaient toujours. Le jeune alité s'agita un moment avant d'ouvrir les yeux il toussa un peu et loucha sur le sort de respiration qui recouvrait une partie de son visage. Puis il aperçut Elie et tourna vers elle un regard empli de question.

— Tu as été blessé lors de l'extraction d'Isabeth et Eliott du Manoir Rosier. Greyback t'es tombé dessus et tu as bien failli y passer.

Le garçon fronça un peu les sourcils et son amie continua.

— Seul Eryn a aussi été sérieusement touché, mais elle s'est réveillée tout à l'heure et elle ira bien, avec un peu de repos. Tout le monde est rentré et Isabeth et Eliott vont bien.

Anton ferma doucement les yeux, rassurés.

— Tu ne peux pas encore respirer seul alors tu es maintenu sous sortilège de respiration, mais vu que tu es déjà réveillé et en meilleure forme, on devrait pouvoir te le retirer très vite. Et tu iras bien.

Anton ne tarda pas à s'endormir, rapidement suivi d'Elie. Et lorsqu'elle se réveilla le lendemain matin, ankylosé d'avoir dormi assise dans son fauteuil, mais les bras et la tête sur le lit, se fut avec le sourire de son bêta. Quelqu'un lui avait semble-t-il débarrassé du sortilège de respiration pendant le sommeil de la jeune fille.

— Drago sait que tu as passé la nuit avec moi, fit l'égyptien lentement, d'une voix encore un peu faible.

— Il le sait et je n'ai pas passé la nuit avec toi, mais à ton chevet, ce n'est pas du tout la même chose.

Elienor passa sa baguette au-dessus du corps de son ami et vérifia ses poumons. Il semblait aller bien, en tout cas pour quelque qui avait été autant blessé à peine quelques heures auparavant. Mais il était aussi fatigué.

— Est qu'a dit le monument de jalousie qu'est ton compagnon ? sourit le jeune homme à la peau doré.

— Rien du tout, il a enfin compris que tu n'étais pas un prétendant. Et il sait que cela ne sera jamais comme cela entre nous.

— Il n'a mis qu'un an, se moqua gentiment le garçon.

Elie secoua la tête, mais ne le reprit pas.

— Je comprends mieux à présent pourquoi les couples mixtes sont compliqués, on ne se comprend guère, fit le jeune homme.

— Non, mais avec suffisamment d'efforts on parvient à le faire et à réussir à faire fonctionner notre relation.

— Je n'en doute pas.

Le garçon se redressa un peu et son regard tomba sur Blaise et Assar.

— Vous avez été cherché mon frère ? Vous avez prévenu mes parents.

— Non, ni tes parents ni ta tante, ils sont injoignables, répondit son alpha.

— Bien, bien, c'est mieux, je ne veux pas les inquiéter pour rien.

— Ce n'était pas rien Anton, et tu le sais.

Le regard de l'égyptien dériva à nouveau vers les deux plus jeunes assoupis.

— Blaise est venu aussi, ce n'était pas la peine.

— Silence, Anton, rouspéta Elie en levant les yeux au ciel.

Mais en son for intérieur, elle souriait comme une folle de le voir conscient et communiquant. Elle avait eu si peur pour lui. Et voilà qu'il plaisantait comme si rien ne s'était passé.

— Aldwin est mort et il y a de grandes chances qu'il en soit à présent de même pour Rendorf, Eryn ne l'a pas loupé et je ne pense pas qu'il puisse survivre à de telles blessures. Et le poison d'Eryn est particulièrement toxique alors … il n'est sans doute plus de ce monde.

Une partie d'Elie était satisfaite de la mort de deux mangemorts, mais d'un autre côté, elle regrettait que quiconque ait à mourir à cause de Voldemort, même si c'était ceux du camp ennemi.

— Qui a tué Aldwin ? interrogea-t-elle.

— Félicia. Elle avait l'air assez secouée d'ailleurs, il faudra aller lui parler.

— Je m'en occuperai, rassura-t-elle. Ou Sev, il est très bon pour cela et il a été son professeur et chef de maison. Le plus important c'est qu'il n'y ait pas de mort de notre côté, et le moins de blessés possibles.

— Il y aura d'autres blessés El et aussi des morts, dit doucement Anton.

— Je sais, mais j'essaye de ne pas y penser.

— Nous devons être plus forts, et plus nombreux si nous voulons protéger correctement les nôtres et continuer ce que nous faisons. Aksel t'a parlé des messages qu'il a eus ?

— Je voulais le faire à notre prochaine rencontre, fit la voix du danois qui retentit près de la porte, mais notre cher bêta a tenu à se faire remarquer.

Anton grimaça et le blond s'approcha :

— Comment tu te sens ?

— Comme un charme, assura l'égyptien. Tu peux continuer à te moquer de moi.

L'autre éclata d'un rire cristallin et s'assit sur une chaise près d'eux.

— Alors ces messages ? interrogea la plus jeune.

— J'en ai reçu de mes connaissances et Anton aussi. Des nôtres qui veulent se battre ici, puisqu'on ne le fera pas sur le continent.

— Quelque un du Feu d'Aibell veulent aussi s'engager auprès de toi, expliqua le basané, Voldemort s'approche de leurs terres et ils veulent agir.

— Ce sont des métisses, ils sont formés et pour la plupart combattants.

Elie soupira, mais elle ne pouvait pas vraiment refuser.

— Organisons un rendez-vous alors.

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Janvier, février, puis Mars s'écoulèrent, de nouveaux membres rejoignirent le clan, des jeunes arrachés aux mangemorts, d'autres neutres ou du côté de la lumière qui voulaient s'engager et des métisses. L'une d'elles, venant du clan Irlandais le Feu d'Aibell, avait de solides connaissances en médicomage et soins métis et pu donc seconder efficacement Anton, parfaitement remis de ses blessures. Aksel gérait d'une main de maitre le manoir et sa vie quotidienne, s'assurant des vivres et de tout ce qui était nécessaire à leur existence sur le domaine. À Poudlard, les choses continuaient aussi à avancer. Elie avait rencontré avec Blaise, Anton et Aksel ceux qui voulaient rejoindre le clan. Ils avaient tous redoublé d'ardeur au sein de l'AD, reformée depuis le début d'année et Drago faisait toujours semblant de travailler à sa mission et Eiden en avait reçu une nouvelle de Dumbledore :

— Comment voulez-vous que je fasse cela ? Je ne peux pas forcer Slughorn à me donner ce foutu souvenir ! dit le jeune homme un soir, alors qu'ils étaient tous installés dans le dortoir.

— Soumets-le à l'imperium, empoisonne-le ou bien jette-lui un sort de confusion, suggéra Théo qui grignotait des chocolats sur le lit d'Elie et Drago, appuyé contre la jeune fille.

Le fils du potionniste fit la moue.

— Dumbledore dit qu'il faut le convaincre de livrer le souvenir de lui-même.

— Depuis quand se soucis-ton de ce que désire Dumbledore ? ronchonna Pansy qui rayait sauvagement certaines phrases de son devoir de métamorphose.

— Tu peux le convaincre avec un impérium, non ? fit distraitement Théo.

Dumbledore avait montré à Eiden un souvenir partiel qui mettait en scène le professeur Slughorn et d'anciens élèves, parmi lesquels certains mangemorts et une version bien plus jeune de Voldemort. On n'y voyait Voldemort lui demander quelque chose à propos des horcruxes puis Slughorn s'énerver avant que le souvenir ne se coupe. Il était falsifié selon le directeur et le professeur de potion détenait la véritable version dans sa tête. Version qu'Eiden devait le convaincre de le lui donner.

Voyant le peu de compassion dont il jouissait, Eiden soupira et se laissa tomber sur son lit et accessoirement sur Blaise qui le rattrapa avec un sourire.

— Tu vas y arriver, vendredi le vieux morse organise une nouvelle fête, joue-lui le couplet du parfait jeune homme charmant et il se laissera sans doute convaincre. Il t'adore.

— Non ce sont mes pouvoirs et mon sang qu'il adore, rétorqua le brun.

— Peu importe, utilise cela, répliqua son compagnon.

Le brun laissa sa main trainer doucement sur la peau nue du bras de Blaise qui frémit lorsque les ongles courts passèrent dans le creux de son coude, mais son petit-ami ne bougea pas. Il continua donc l'embrassa doucement au creux de ce même coude et remonta doucement jusqu'à son épaule qu'il mordit tendrement. À nouveau Blaise frémit, mais ne bougea pas d'un cil, l'œil toujours fixé sur son manuel de sortilège. Alors Eiden remonta encore, jusqu'à sa clavicule, son cou, son oreille …

— Tu as intérêt à assumer si tu continues ton petit jeu Den, gronda Blaise en attrapant la mâchoire de son petit allumeur de copain.

Les doigts du basané s'enfoncèrent un peu plus dans sa peau et le fils de Severus ne put s'empêcher de sourire.

— Ah oui, ronronna-t-il. Et qu'attends-tu de moi ?

— Que tu cesses de m'allumer alors que je dois absolument apprendre ce sortilège pour demain d'abord et ensuite que tu assumes ce soir. Donc pas de vagabondage, de recherche pour Dumbledore ou je ne sais quoi. Du sexe, avec moi, c'est tout.

— Du sexe hein ? Et si ce soir j'ai un gros mal de tête.

Blaise grogna et rapprocha encore le visage d'Eiden du sien.

— Après m'avoir aguiché comme cela, tu n'as pas le choix. Il fallait réfléchir avant.

— Tu ne me laisses pas le choix alors.

— Non, pas le moindre, maintenant tu te trouves une occupation, loin de moi et de mon regard, pour que je puisse me reprendre et finir cette leçon tranquillement. Après je m'occuperai de toi.

Eiden se redressa avec un sourire lumineux, les yeux un peu moqueurs et se releva en laissant trainer sa main comme par maladresse le long de son corps, jusqu'à son intimité effectivement bien réveillée.

— Den !

Il disparut ensuite du dortoir. Une fois dehors il prit le temps de réfléchir. Dumbledore fatiguait, cela ne faisait aucun doute et l'odeur de magie noire qui s'échappait de sa main s'étendait de plus en plus malgré les soins que son père lui prodiguait certainement. Il était moins vif, son cœur battait moins vite et son teint grisaillait. Tout ceci lui aurait échappé s'il était resté Harry Potter, mais à présent, avec ces nouveaux sens, cela ne pouvait lui échapper. Il continuait de voir avec lui des souvenirs de Voldemort et d'essayer de deviner ce que pourrait être les horcruxes et où ils étaient cachés. Ils étaient très près de découvrir la cache de l'un d'eux et le directeur avait promis de l'emmener avec lui, et si Severus et Rose avaient fait la grimace, Elie avait compris que c'était important pour lui et n'avait rien dit. L'année avançait, les nuages sombres se pressaient de plus en plus à l'horizon et comme les autres il s'impatientait. Il n'en pouvait plus de cette pression, de devoir attendre sans pouvoir rien faire, cela le tuait. Sans vraiment s'en rendre compte il se mit à courir, ses pieds frappèrent le sol en rythme, sa respiration s'accéléra et son rythme cardiaque augmenta. D'instinct il ouvrit les bras et il changea, ses orteils quittèrent le sol et il s'éleva doucement dans la nuit, battant des bras pour s'élever. Ceux-ci étaient à présent plus courts et couverts de plumes blanches comme la nuit. Il passa au-dessus du lac, tangua un peu dans son virage, mais pus s'observer dans le reflet. Intérieurement il sourit, il ressemblait à Hedwige, nouvellement Elwig, c'était sa première transformation ailée et il ressemblait à Hedwige. Le cœur allégé et heureux, il profita un moment de son vol puis se posa à terre, épuisé par tant d'efforts. Allongé dans l'herbe fraiche il s'endormit un moment puis regagna le château, apaisé et reposé. Silencieusement il se glissa dans son lit, retrouvant son petit ami allongé dans le noir, les yeux clos. Mais à l'instant où il s'allongea, il fut brusquement tiré contre Blaise qui le surplomba sans plus attendre :

— Où étais-tu ? gronda-t-il.

— Tu voulais que je disparaisse de ta vue, sourit l'autre garçon.

— Pas si longtemps.

— Tu n'as pas précisé d'heures.

Un farouche baiser lui coupa la parole et il se laissa emportait par la langue experte et chaude de Blaise.

— Tu sens bizarre, nota le basané.

— Je sens Elwig, rit doucement Eiden.

Son compagnon fronça les sourcils, il connaissait l'odeur de l'amie d'Eiden. Et ce n'était pas celle-ci. Il renifla encore le cou de son amant et soudain il sourit :

— Tu as une forme ailée à présent, c'est ça ?

Eiden sourit et Blaise posa ses mains sur ses joues avant de l'embrasser.

— Félicitation mon ange ! C'est une excellente nouvelle !

Le brun se souleva légèrement pour l'embrasser encore. C'était une bonne nouvelle en effet, mais hors de question de perdre pour autant son objectif de vue.

— Alors Blaise, ne m'avais-tu pas promis quelque chose ?

— Petit allumeur ! ronronna le basané.

— Mais tu aimes ça.

— En effet.