N.D.A :
Bonsoir,
Je m'excuse une nouvelle fois de mon retard considérable, les chapitres étaient bien écrits mais j'ai eu une vie survolté au travail ces dernières semaines. Cependant je le répète je vais finir cette fiction. Quelque soit le temps que ça prend.
Je ne répondrai pas tout de suite aux reviews, faute de temps, mais je prend quelques minutes aujourd'hui pour au moins poster ce nouveau chapitre.
Bonne lecture,
Elishae
Chapitre 26 : Pour un souvenir
La soirée de Slughorn était mortelle, comme à son habitude. Et Eiden trépignait. Le vieux morse était occupé à cirer les chaussures de ce crétin de McLaggen et il ne semblait pas vouloir bouger de là dans l'immédiat. D'ailleurs, le fils de Severus avait le sentiment qu'il l'évitait. C'est vrai que depuis que le jeune serpentard l'avait coincé à la fin de l'un de ses cours pour lui demander de lui livrer le souvenir originel, le professeur de potion l'évitait. Incroyablement habilement lorsque l'on considérait sa masse, plutôt importante.
— Reste tranquille pour l'amour de Vivianne, soupira Blaise.
Le fils de Severus ne répondit pas, mais tira sur son col, mal à l'aise. Il ne savait pas comment agir et cela l'agaçait prodigieusement.
— Tu ne vas de toute façon pas lui sauter dessus devant tout le monde ? déclara le basané, légèrement à bout.
— Non cela t'es uniquement réservé, répondit le brun distraitement, alors qu'il cherchait Slughorn dans la foule.
Blaise rougit immédiatement et serra le poignet de son amant.
— Den !
— Quoi ?
— Comment peux-tu …
Il secoua la tête pour écarter toutes les images qui avaient subitement envahi son esprit et qui n'étaient guère respectables en ce lieu, au milieu de tous ces gens.
— Den …
— Il ne peut pas m'éviter si je l'aborde en public, c'est bien plus difficile de le faire poliment avec d'autres autour et Slughorn ne prendra pas le risque de passer pour un mauvais hôte, répondit Eiden.
— Au milieu d'une foule n'est pas un bon endroit pour livrer des souvenirs intimes et sombres à quelqu'un, il ne le fera jamais ici, répliqua le fils Zabini en lui tirant un peu plus sur son poignet pour le faire se tenir tranquille.
— Je veux juste qu'il m'écoute.
— Je sais Den, mais ce n'est pas le bon moment.
— Ça ne l'est jamais, murmura l'autre. J'ignore comment Drago fait depuis le début d'année. Ce que je fais est important, mais je ne risque pas ma vie et celle de ma mère moi et ce que je fais est juste.
— Il n'a pas vraiment le choix, Eid …
— Je sais.
Il posa son regard sur le jeune homme blond qui discourait un peu plus loin avec Assar et sa compagne. Le jeune métisse portait une chemise brodé d'un style oriental, probablement l'œuvre de son ancien clan, tandis qu'Elie avait revêtu une robe qipao, un chef d'œuvre de soie, parfaitement accordé au haut réalisé dans la même matière de Drago, dont le col mao flattait sa nuque droite. La main du jeune homme était innocemment posée sur le bas du dos de la jeune fille et celle-ci souriait tranquillement au discours de son ami. Anton c'était remis assez rapidement de ses blessures et son frère avait pu passer un peu de temps avec lui, via la cheminée de Severus, ce qui avait fait un grand bien aux deux frères. Le temps avait passé maintenant et la fin de l'année approchait doucement.
D'un geste ferme Blaise attira son petit-ami vers eux pour couper court aux plans maladroits de celui-ci.
— Blaise, ronronna Assar en le voyant, t'a-t-on dit que tu étais absolument fantastique dans ce costume. Véritablement à croquer. Tu devrais te vêtir plus souvent à la mode métisse.
Le bistré rougit pour la seconde fois de la soirée et sourit à l'egyptien.
— Tu n'es pas mal non plus, rétorqua-t-il.
— N'est-ce pas ? fit l'autre avec un sourire brillant en posant sa main sur celle de Blaise. Alors, m'accorderais-tu un moment après cette soirée Blaise ? J'ai grand envie de découvrir un peu plus ton si bel habit.
Le rougissement de Blaise atteint son cou et Eiden dénia enfin réagir.
— Assar, je t'aime comme un frère, mais pose encore un regard comme celui-ci sur mon compagnon et je plante mes crocs dans ta nuque.
— Ah oui, susurra le garçon et tu viendras me mordre ailleurs aussi ?
— Assar !
— Oui Eiden ? fit l'autre, les yeux pétillant de malice.
— Cesse ce petit jeu, veux-tu ?
— Mais c'est follement amusant ! répliqua l'autre. Et puis si tu accordais suffisamment d'attention à ton délicieux compagnon, d'autre n'aurais pas besoin de le faire.
— Quoi ? Je …
— Déstresse Den, je peux le sentir de l'autre côté de la salle. Utilise un peu les charmes dont la nature t'a fait cadeau et finis-en avec cela !
— Quoi ? Tu ne suggères pas que je … séduise ce vieux morse ! s'emporta le jeune brun, les grands yeux ouverts comme des soucoupes.
Elie éclata d'un rire clair que Blaise et Drago parvinrent à dissimuler en sourire. Assar ne le cachait pas non plus et répondit joyeusement.
— Je ne parlais pas de le séduire, mon dieu Eiden quel gachis ! Tu as un si mignon compagnon de plus ! Non joli imbécile je te parlais d'user de tes charmes pour le persuader, les humains sont toujours très sensible aux charmes métisses. Crois-moi je sais de quoi je parle …
Le fils de Severus leva les yeux au ciel, mais il ne put répondre que Pavaan, l'ami d'Assar apparut à leurs côtés.
— Ass je te vois de l'autre bout de la pièce, cesse de regarder ce pauvre garçon de ces yeux –là. Tu crois que c'est le lieu ?
— Oh, mais c'est toujours le lieu Pav, fit l'autre avec un sourire gourmand, ses canines se fichant doucement dans sa lèvre fine.
— Pauvre gosse, soupira l'indien.
— Oh crois-moi Pav, il n'a rien d'un enfant ! Rien du tout.
— Je ne veux rien savoir Ass, j'en sais déjà trop.
Eiden se retourna discrètement et tomba sur un jeune homme assez grand, le teint olivâtre et les yeux et cheveux noirs, plutôt bien fait de sa personne et qui contemplait Assar comme s'il allait le dévorer. Ce qui allait sans doute être le cas, vu comment le jeune égyptien semblait en accord avec ceci. Surpris en flagrant délit, le garçon s'avança vers eux, agrandissant encore le sourire du métisse.
— Assar, fit-il avec un délicieux accent italien.
— Romero, ronronna l'autre.
— Tu ne me présente pas ? s'enquit le jeune homme.
— Si bien sûr. Vous tous, voici Romero, Romero, Drago, Elienor, Eiden, Blaise et Pavaan que tu connais déjà.
— Romero Casterrucci, 7ème année, Serdaigle, déclara l'italien avec un sourire d'une blancheur éclatante.
— Enchanté, firent-il poliment.
— Romero est très doué en arithmancie, entre autre …
Elie et Drago firent donc la conversation, usant de cette nouvelle information, alors que le regard de l'égyptien glissait à nouveau sur le fessier ferme du nouveau venu.
— Tu es incorrigible Assar, fit Eiden.
— Que veux-tu, je suis faible face à la chair. Surtout lorsqu'elle est si exquise. Il a si bon goût …
Pavaan leva les yeux en l'air, mais souriait cependant.
— Quoi, avoue qu'il n'est pas mal ?
— Il l'est, mais je le préférerais avec des seins, répliqua l'autre garçon.
— Tu dois te reprendre mon vieux, tu n'as rien fait depuis cette petite rousse à Noël.
— Tout le monde n'a pas ton appétit.
— C'est la guerre, j'en profite avant que je ne le puisse plus.
L'image d'Anton inconscient et ensanglanté plana devant tous les yeux et personne ne chercha à le contredire.
— Comment fais-tu pour qu'il ne sache rien de ta nature ? interrogea cependant Blaise pour détourner ces sombres images.
— Cela demande un peu de logistique bien entendu, mais c'est tout à fait possible. Ce n'est qu'une plaisante aventure, lui et moi en somme parfaitement conscient, ni l'un ni l'autre ne cherchant à entrer dans l'intimité de l'autre.
— Enfin sauf si l'on exclue le corps, murmura Pavaan.
Assar éclata de rire. La soirée fut finalement plus agréable que prévu, surtout pour le bel égyptien qui repartit au bras de son sulfureux amant méditerranéen, dont les attentions étaient on ne peu plus claires. En le voyant faire Eiden prit la résolution de se lancer et glissa à son compagnon et à ses amis qu'il les rejoindrait plus tard. Il resta dans un coin de la salle, sans se faire remarquer, jusqu'à ce qu'elle se vide entièrement et qu'il ne reste plus que le professeur de potion, déjà bien assommé par la nourriture et la soirée.
— Monsieur.
L'homme se retourna et ne put s'empêcher de sursauter en constatant l'identité de son interlocuteur.
— Monsieur Rogue.
— En réalité Monsieur, c'est Rogue-Grimm.
Eiden ne savait pas d'où lui venait cette soudaine franchise, mais elle lui semblait profondément nécessaire en cet instant.
— Je sais cela Monsieur, Albus m'en a fait part. Une lignée fort respectable, et puissante …
— En effet. Monsieur le Directeur vous as également fait part de l'identité de ma mère ?
— Je n'ai pas l'honneur de la connaitre, Monsieur Rogue.
Il semblait légèrement rassuré et un peu plus à l'aise, constatant que son élève ne voulait apparemment pas lui tirer à nouveau ce terrible souvenir de la tête.
— En réalité si Monsieur.
Le vieil homme fronça les sourcils et chercha au fond de son esprit embrumé à quoi le plus jeune faisait allusion.
— Elle ne portait pas encore ce nom-là évidemment.
— Je ne vois pas …
— Mon père est un homme fidèle, Monsieur, buté même, et jusqu'à Rose il n'a aimé qu'une seule femme. N'avez-vous donc aucun souvenir de grand amour de Severus Rogue, Monsieur ? interrogea le plus jeune.
— Je … Lily Evans c'est marié à James Potter.
— Vous croyez ? En vérité Lily n'a jamais montré le moindre intérêt romantique pour James Potter.
Le vieil homme fronça plus encore les sourcils.
— Lily et James ont eu un enfant … Tout le monde le sait. Ce malheureux fils Potter …
— Tout le monde croit que Lily et James ont eu un enfant. En réalité Lily était déjà enceinte lorsqu'elle à convoler avec James, son meilleur ami, pas son amant. Et il n'a jamais été question d'une quelconque aventure amoureuse entre eux. Il voulait seulement la protéger, elle et son bébé, bien que cela n'ait pas suffit.
— Alors, fit lentement le vieux morse, vous voulez dire que … mais Harry Potter est mort !
— Oui c'est bien pratique de faire disparaitre son ancienne identité en simulant sa mort. Cela à résolut pas mal de problème en réalité.
Slughorn ressemblait plus à un poisson rouge hors de l'eau qu'à un homme à présent et l'idée se faisait lentement un chemin dans son esprit.
— Mais vous avez une sœur …
— Ah oui, c'est exacte. Je dois avouer que pour moi aussi ce fut une énorme surprise. Une énorme, mais très agréable surprise. J'ai appris en une soirée que celui que je croyais être mon père ne l'était pas, que ma vie, mon nom, n'était pas ceux que je croyais et que le professeur qui me détestait était en réalité mon géniteur. Et que j'avais une sœur. Bref, une soirée très riche en rebondissement.
Le vieux morse pâlît brusquement et du s'asseoir avant que ces jambes courtes et épaisses ne le lâchent.
— Lily et Severus …
Il sembla perdu un moment dans ses pensées, mais il finit par demander.
— Alors vous et votre sœur êtes les enfants de Lily.
— Oui.
— Lily était mon élève préférée … un véritable rayon de soleil, une femme brillante et très doué pour les potions et les sortilèges.
— Oui, tout comme ma sœur en réalité, ne voyez-vous pas ces traits dans les nôtres à présent que vous savez la réalité ?
— Si, fit, hésitant, le vieil homme.
Eiden voyait bien qu'il était confus et qu'il tenait à présent une occasion qui ne se représenterait pas.
— Vous savez que je l'entends parfois, ma mère. Lorsque les détraqueurs sont près de moi, je l'entends, elle et James, juste avant leur mort.
— Vous .. l'entendez.
— Oui. Vous savez, ma mère ne devait pas mourir, Voldemort n'en avait que faire d'elle, il pensait lui laisser la vie sauve, c'était moi qu'il voulait, mais ma mère c'est interposé et il la tuée. Elle ne devait pas mourir.
Les yeux ridés du professeur de potion se remplirent de larmes, mais Eiden ne s'arrêta pas, ce n'était pas le moment, il y était presque.
— Voldemort a tué ma mère, Monsieur. Et je vais le tuer. Mais pour cela, il me faut ce souvenir. Donnez-le moi, Monsieur, faite cela pour ma mère.
Et Slughorn céda. D'une main tremblante il se saisit de sa baguette et la dirigea vers sa tempe. Un filin gris pâle s'échappa et se colla à la baguette, avant qu'il ne le laisse tomber dans une fiole, qu'il tendit au garçon.
— Merci, fit sincèrement celui-ci.
Le professeur de potion hocha difficilement la tête puis murmura, juste avant que le brun ne le quitte :
— Je suis heureux que l'enfant de Lily, que les enfants de Lily ne soient pas mort.
Eiden hocha la tête.
— Bonne nuit Monsieur.
Passé la porte il courut le plus vite possible jusqu'au bureau de Dumbledore, donna le mot de passe et frappa comme un forcené à la porte, malgré l'heure tardive. Elle finit par s'ouvrir sur le Directeur, parfaitement réveillé et encore vêtu de sa robe du jour.
— Eiden ?!
— Je l'ai Monsieur, fit le garçon, essoufflé. Je l'ai.
— Qu'as-tu mon garçon ?
— Le souvenir Monsieur ! Le souvenir du professeur Slughorn !
Les yeux de Dumbledore brillèrent et il s'empressa de le laisser entrer. D'un geste de la main il fit venir la pensine sur son bureau. Sans attendre il l'encouragea à verser le souvenir et à se pencher au-dessus. Une nouvelle fois, Eiden se sentit tirer en avant et le bureau de Slughorn se substitua à celui du Directeur.
Il revécut le souvenir une nouvelle fois, mais au lieu de la colère factice du professeur de potion, il assista à une calme explication, sur une forme de magie très noire, terrible, dont personne de sensé ne pourrait faire usage, sauf s'il avait une ambition et un pouvoir démesuré … Eiden se sentit mal, Voldemort n'avait tout de même pas fait cela ? Déchiré son âme pour atteindre la vie éternelle. Peut-on vouloir le faire même à ce prix ? Même un monstre comme lui ne le pouvait pas, c'était absolument horrible.
Ils revirent tous les deux, le Directeur et lui, dans le bureau de Dumbledore et se laissèrent tomber dans les fauteuils.
— Vous pensez qu'il la fait Monsieur ? Faire un horcruxe, demanda le fils de Severus.
— Oui je le pense, Eiden, répondit le vieil homme, le visage soudain très fatigué. Je pense même qu'il n'en a pas fait qu'un.
— Vous croyez … qu'il en a fait sept ? Est-ce même possible Monsieur ? s'enquerra le plus jeune, que cette hypothèse faisait avoir la nausée.
— Oui je le crois. Même si je n'aurai jamais pensé cela possible auparavant. C'est déjà terrible de penser que l'on peut déchirer son âme une fois, mais sept ? J'avoue que jamais, même dans mes pires idées noires, je n'avais imaginé cela.
— Qu'allons-nous faire Monsieur ? Les détruire ?
— C'est la seule solution en effet. Bien que fort heureusement nous ayons tout deux déjà commencé.
Face à l'incompréhension du jeune homme, le vieux sorcier fit venir d'un coup de baguette un vieux bouquin qu'Harry prit immédiatement :
— Le journal de Jedusor.
— Lorsque tu m'as parlé de cette apparition en deuxième année, j'ai immédiatement trouvé cela louche, et j'ai pensé, pendant un instant à cette hypothèse. Que j'ai immédiatement mis de côté, je ne voulais pas y croire, mais maintenant nous avons la preuve qu'elle est plausible. Et la bonne nouvelle, c'est que cet horcruxe là au moins est hors d'état de nuire.
— Vous voulez dire que je le détruis ?
— Oui, le venin de basilic est l'une des substances les plus destructrices de ce monde, même un objet aussi noir ne pouvait y résister. Fort heureusement, il y a aussi un autre moyen à notre porté que de trouver un autre basilic.
Il tendit la main vers l'épée de gryffondor et la bague des Gaunt luie à la lueur des chandelles.
— Vous l'avez détruit avec l'épée.
— En effet, j'en ai payé le prix fort, mais je l'ai fait.
Le regard d'Eiden glissa sur sa main noircie, mais Dumbledore lui sourit.
— Ce n'est rien mon garçon, juste l'erreur d'un vieil homme. Ce qui nous laisse cinq horcruxes encore restant.
— Vous pensez à quelque chose Monsieur ? demanda l'héritier Rogue.
— J'ai quelques idées en effet. Voldemort à toujours eu une haute idée de lui-même, et je pense que seul les objets les plus précieux ont pu recueillir une part de son âme.
— Le journal n'a rien de vraiment précieux, contra l'adolescent.
Le Directeur sourit encore et joint ces mains sur la surface cirée du bureau.
— Il l'est pourtant. Bien sûr il n'a pas grande valeur matériel, mais pour ce qui est du reste … Ce journal est la preuve de son appartenance à la lignée de Serpentard, de son ouverture de la chambre des secrets. Crois-moi, c'est précieux pour lui, ainsi que cette bague, celle de ces ancêtres, pour les même raisons.
— Quels pourrait être les autres Monsieur ?
— La coupe de Pouffsoufle, de cette pauvre Hepzibah Smith me semble une bonne piste, ainsi que le diadème perdu de Serdaigle et le médaillon de Serpentard, acheté par Barjow à la propre mère de Voldemort. Et je soupçonne également son serpent d'en être un, sa relation avec cet animal n'est pas normal. Mais il est tard Eiden et ton compagnon doit s'inquiéter de ne pas te voir revenir. Nous nous reverrons bientôt.
Le jeune homme se leva obligeamment, mais demanda tout de même juste avant de sortir :
— Monsieur, vous pensez que vous allez en trouver un bientôt.
— Je le pense en effet Eiden.
Le garçon hocha la tête et le quitta. Perdu dans ses pensées il ne se rendit même pas compte qu'il avait déjà regagné son dortoir. Blaise dormait déjà, il entendait sa douce respiration, ainsi que tous les occupants de la pièce. Il hésita un moment devant le lit de Drago, mais tira finalement doucement le baldaquin, découvrant le couple enlacé et fort heureusement encore habillé. Se penchant précautionneusement il posa sa main sur l'épaule de sa sœur qui se réveilla immédiatement :
— Den ? fit-elle, ensommeillée. Un problème ?
Elle se releva un peu, suffisamment pour que l'étreinte de Drago, qui la sentait lui échapper, même endormit, se resserre un peu.
— Non je … j'ai simplement besoin de parler.
Elle le contempla une seconde, puis voyant son trouble, elle se dégagea du bras de son compagnon qui grommela dans son sommeil et rabattit la couverture sur lui. Il la mena près de la fenêtre magique et ils s'assirent sur une couette invoquée.
— Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle.
— Voldemort a créé sept horcruxes.
La jeune femme fut saisit d'horreur un instant puis se reprit :
— Sept ! Comment-est-ce possible ?
— Je l'ignore, je ne peux imaginer quelqu'un le faire ne serait-ce qu'une fois. Alors sept …
— Comment le savez-vous ?
— Grâce au souvenir originel de Slughorn.
— Tu as réussi à l'avoir finalement.
— Oui, je lui ai révélé que Lily était notre mère.
Elie ne lui reprocha pas, elle savait qu'il l'avait fait par nécessité.
— Dumbledore va certainement lui demandé un serment, cela ne nous mettra pas en danger, dit-il tout de même.
— Je te fais confiance. Vivienne, comment as-t-il pu faire cela sept fois ? Comment peut-il être encore en vie ?
— Je l'ignore, cela semble complétement fou, irréalisable. Mais cela explique beaucoup de chose.
— Son esprit doit être extrêmement instable.
— Il l'est Elie, cet homme est complétement fou.
— Je le sais, je parle au niveau de sa magie, c'est incroyable qu'il puisse encore la maitriser.
— Pourtant il le fait.
— C'est une chose que l'on peut peut-être exploiter à l'avenir.
— Peut-être.
Il eut un silence que seules les respirations de leurs compagnons endormis troublait.
— Dumbledore pense que j'en ai détruit un, le journal de Jedusor.
— C'est plausible, accorda sa sœur.
— Il a détruit la bague des Gaunt et il pense également que s'en était un.
— Deux de moins alors.
— Oui, deux de moins.
A nouveau le silence, un instant.
— C'est déjà une bonne chose, murmura la jeune femme.
— Oui, c'est vrai.
Il posa sa tête sur son épaule et ils passèrent une partie de la nuit ainsi, plongés dans leurs pensées.
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Dans la solitude des toilettes du deuxième étage, Drago se passait un peu d'eau sur le visage avant de lever ses yeux fatigués en direction du miroir crasseux. Il grimaça en voyant sa peau translucide, son teint terne, ces cernes immenses et violacés et ses cheveux qui pendaient tristement, effleurant ses joues creuses. Il était loin le magnifique et toujours royal Drago Malfoy. Levant une main un peu tremblante vers sa tempe, il y appuya ses doigts froids, tentant de chasser le mal de tête qui s'y était installé.
— Que fais-tu encore ici Drago ?
Mimi Geignarde apparut à ses côtés, flottante et nacrée.
— J'ai juste besoin d'un moment seul, Mimi, déclara le jeune homme en appuyant plus fort sur son crâne.
— Tu es toujours seul Drago.
— Pas toujours non, mais plus que je le voudrais. Mais c'est comme cela.
— Je ne sais pas ce que tu fais, mais je ne crois pas que ce soit bien, continua la jeune fille fantôme.
Elle était étonnamment compréhensive et lucide. Mais elle l'était souvent lorsqu'elle croisait Drago dans cette situation. Drago qui se réfugiait de plus en plus souvent dans ses toilettes. Après tout, elle en avait suffisamment bavé durant sa vie et sa mort pour ne pas se moquer de quelqu'un en mauvaise posture. Et le serpentard avait toujours été cordial avec elle, voir gentil, et ce n'était pas si courant.
— Ça ne l'est pas Mimi, mais je n'ai pas le choix, soupira l'héritier Malfoy en croisant à nouveau son regard dans la surface réfléchissante.
Le fantôme pinça les lèvres, mais ne répondit pas, se contentant de s'éloigner. La tête de Drago chuta un peu, il était si fatigué. Il n'en pouvait plus de tout cela. Il voulait simplement s'allonger tout contre sa petite amie et oublier tous ces problèmes, mais il ne pouvait pas, la réalité le rattrapait tout le temps. Il devait trouver un moyen de s'en sortir, la fin de l'année approchait et avec elle la date de sa confrontation avec Voldemort. Si seulement sa mère avait pu être mise en sécurité, il aurait au moins pu faire quelque chose, mais maintenant … il voulait seulement oublier tout cela. Il peinait à comprendre comment sa vie avait pu basculer à ce point en quelques mois. Tout cela était la faute de Lucius, il avait précipité leur famille dans les griffes du Seigneur des Ténèbres et à présent qu'il était enfermé, c'est lui qui devait payer ses erreurs. Comme il pouvait haïr cet homme.
Il releva le visage vers le miroir et une fugace image de Lucius le prit et il ne put la sortir de sa tête. Il ne pouvait supporter de ressembler autant à ce père qu'il voulait renier. Tous ses traits le lui rappelait et même ceux qu'il avait emprunté à sa mère ne pouvait effacer cette ressemblance, odieusement réussit. Comme il le détestait.
Il suivit d'un de ses longs doigts minces la courbe de sa joue, l'arête de son nez, la ligne de sa mâchoire terminant en enfonçant son ongle dans sa peau pâle. Il ne pouvait rien y faire, quel que soit ses choix et ses actions, ses gènes, son sang, le ramènerait toujours à Lucius. Ce faible adorateur de serpent, cette pourriture qui avait peut-être torturé et violé sa compagne. De colère, incapable de le voir plus longtemps en lui, il assena un coup de poing dans le miroir qui se brisa en mille morceaux, tombant en pluie dans le lavabo, sur le sol et sur sa peau, déchirant la peau au passage, se fichant dans sa chair. Mais étrangement, cette douleur lui faisait du bien, salvatrice, elle le calmait et lui permettait de mieux respirer. Ignorant le sang qui coulait de ses multiples petites plaies, Drago s'appuya fortement au lavabo, presque apaisé. Les yeux rivés sur la pierre poussiéreuse et froide de derrière le miroir brisé il laissait tomber sa colère.
– Qu'as-tu fait ?
Mimi était réapparut derrière lui, revenu dont ne savait où et contemplait, horrifiée, les reste de l'objet et le sang sur les mains du jeune homme.
– Un coup de colère rien de plus. Rien d'important, fit-il encore un peu ailleurs.
– Tu saignes, fit-elle remarquer en flottant près de lui, mi effrayée, mi fascinée par le liquide pourpre.
– Il semblerait.
Elle lui lança un regard torve et disparut à nouveau, peut-être un peu vexé du manque d'attention du garçon.
Le bruit du sang tombant au sol le fit cependant finalement reprendre pied et il serra son mouchoir autour de ses mains, enfonçant un peu certains morceaux de verre et endiguant comme il pouvait l'hémorragie. Il passa la porte d'un coup d'épaule et traversa le couloir, soulagé de ne croiser personne et frappa finalement à la porte de Severus qui lui ouvrit rapidement. Voyant le tissu ensanglanter et sa chemise tachée il le laissa entrer et le pria de s'installer dans un des fauteuils avant de disparaitre dans son labo. Il revint quelque instant plus tard, avec dans les mains plusieurs fioles et une petite pince d'argent pour ôter les débris. Il ne posa aucune question et se contenta de retirer tous les morceaux de verre avant de désinfecter et de refermer toutes les plaies. Il ne resta bientôt plus que quelques cicatrices rosés et le sang sur ses habits, qu'il fit disparaitre d'un sort.
– Comment fais-tu pour ne plus voir ton père chaque jour dans le miroir ? interrogea finalement le jeune aristocrate, qui n'avait pas dit mots non plus durant tout le temps qu'avait duré ses soins.
Severus releva les yeux vers lui, mais prit le temps de reboucher chaque fiole avant de lui répondre.
– Je ne peux pas, pas tous les jours du moins. Parfois j'arrive à ne voir que moi, parfois je ne voie que lui.
Drago grimaça et ouvrit et ferma ses mains sans douleur.
– Suis-je condamné à voir cette ordure dans mes traits pour toujours ?
Le professeur se releva et s'assit non loin de lui.
– S'il y a une solution, déclara-t-il, je ne l'ai pas encore trouvé. Et je crains que personne ne le fasse non plus.
– Je ne veux plus le voir en moi.
– Tu n'es pas lui Drago.
– Comment le sais-tu ? répliqua l'adolescent. Comment sais-tu que tout ce que je fais, toujours, c'est bien moi qui le fait ? Si j'ai son visage, je peux bien avoir son caractère.
– Tu as suffisamment prouvé que tu n'étais pas ton père pour craindre cela Drago, déclara d'une voix calme l'adulte.
– On ne le sait pas, peut-être qu'un jour je vais devenir comme lui. Faire du mal à Elie, comme il le fait à ma mère.
– Je ne le crois pas Drago. Ton père à un mauvais fond, une âme noire, pas toi. Et tu ne toucheras jamais à ta compagne.
– J'ai ses gênes, insista le garçon.
– Et j'ai ceux de mon père et pourtant, jamais je n'ai levé la main sur une femme et jamais je ne pourrais me résoudre à le faire.
– Je n'ai peut-être pas ta force de caractère, fit sombrement Drago. Qui peut savoir de quoi on est capable ? Par colère, par tristesse, par jalousie …
Severus soupira et se rapprocha de son filleul.
– C'est le lot de tous, mais pourtant je crois fermement que tu seras te maitriser le moment venu. Et peut-être justement car Lucius est ton père. Jamais je n'ai pu me résoudre à sombrer dans l'alcool, justement par ce que mon géniteur était un alcoolique. Tu ne veux pas lui ressembler, c'est ton garde-fou.
L'héritier Malfoy montra son assentiment d'un grognement et gratta l'une de ses cicatrices d'un air pensif.
– Et puis Drago, tu as aussi hérité pour la moitié des gênes de ta mère, ce qui une bonne chose tu ne crois pas ?
– Oui, souffla le jeune homme. Il vouait un respect et une admiration sans borne à sa mère, il n'allait pas dire le contraire.
– Et aussi les gènes ne sont pas tout ce qui fait que tu es toi. Il y a aussi l'éducation …
A ces mots le blond le considéra d'un air torve : l'éducation que lui avait donnée Lucius n'était pas franchement la meilleure.
– Il n'y a pas que ton père qui t'es éduqué, il y a aussi ta mère, les gens que tu as côtoyé …
– Et toi, ajouta Drago. Tu es bien plus un père pour moi que Lucius.
Severus en fut touché, mais immédiatement un rictus tordit les lèvres du plus jeune.
– Mais fort heureusement tu n'es que mon père spirituel car sinon Elie serait ma demi-sœur et je ne pourrais pas …
– Ne finit pas cette phrase par pitié Drago. Même si tu me flatte, je ne veux pas entendre ce que tu peux bien faire dans l'intimité avec ma fille, le coupa Severus qui grimaça lui aussi.
– Ta petite princesse, se moqua le plus jeune.
– Silence !
Drago consentit à cesser, mais bientôt son sourire mourut et son parrain continua, très sérieusement :
– Ne laisse pas Lucius garder la mainmise sur toi Drago. Il t'a déjà trop prit, ne le laisse plus faire. Il ne peut pas contrôler ton futur et tous tes choix, il ne le peut plus maintenant.
– Il pourrait encore, il tient ma mère …
– Ta mère est adulte Drago, elle fait ses propres choix et elle n'est pas toute seule. Occupe-toi de toi d'abord, c'est ce qu'elle veut.
Le garçon resta silencieux cependant et le potionniste soupira à nouveau :
– Je ne sais pas comment te faire comprendre Drago que tu vaux déjà bien plus que lui et que jamais tu ne seras comme lui. Tu as fait des choix radicalement différent, tu t'es trouvé une autre famille et lorsque tu auras tes propres enfants, tu ne referas aucune des erreurs qu'il a fait avec toi. Tu as déjà changé le cours de ta vie Drago, tu ne peux plus être comme lui.
– Si tu le dis …
– Je le dis. Crois-moi, j'ai suffisamment vécu dans l'ombre de mon géniteur pour savoir de quoi je parle, et je te connais bien Drago, tu es quelqu'un de bien. Le moment où tu aurais pu mal tourner est déjà passé, tu as trop à perdre à présent, tu n'as rien à craindre des ténèbres, elles ne peuvent plus te prendre à présent.
Il semblait avoir enfin touché le jeune homme qui semblait plus apaisé. Il comprenait bien sûr, il avait été dans cette situation, il y était toujours d'une certaine façon, bien que depuis la mort de son père les choses allaient mieux, surtout depuis qu'Elie, Eiden et Rose étaient entrés dans sa vie.
– Eiden et Elie aussi ont les gènes de mon père, il était un monstre, mais eux ne le sont pas, n'est-ce pas ? C'est bien la preuve de ce que je dis. Il n'y a absolument rien de mon père chez eux, termina-t-il pour achever cette discussion.
– Tu as sans doute raison, avoua l'adolescent.
Severus opina du chef. C'est à cet instant que la cheminée. Rose en sortit et s'épousseta de sa baguette avant de s'avancer vers eux. Elle embrassa son compagnon et déposa un léger baiser sur la joue de Drago qui rougit un peu. Il n'était pas vraiment habituer à de tels gestes. Bien sûr sa mère les lui prodiguait, en privé et en l'absence de son père, mais cela restait rare et personne d'autre ne l'avais fait, à part Elie et exceptionnellement Pansy. Jamais un autre adulte ne l'avait touché avec autant de familiarité que le faisait Rose, et même si c'était agréable, il était bien trop vieux et bien trop aristocrate anglais pour l'avouer.
– Je t'ai ramené les exercices que tu avais confiés aux enfants, déclara Rose en s'asseyant dans l'un des canapés.
– Ils ont déjà tous terminé ! fit, surpris Severus.
– Oui, Allen est intraitable semble-t-il. Pire que toi-même d'après Elijah.
Un petit sourire prit le potionniste.
– Tu ne devrais pas te réjouir, même ceux qui ne sont plus tes élèves te considèrent en tortionnaire.
– Cela me convient très bien, je n'ai jamais eu de soucis d'autorité dans les classes.
– Moi non plus, répliqua la femme, et je ne terrorise pas mes étudiants.
– Tu devrais, c'est très distrayant ! répliqua l'homme.
Rose leva les yeux au ciel, cet homme était irrécupérable.
