N.D.A :
Bonjour,
Nouveau chapitre, mon contrat à été prolongé d'un mois donc je répondrai à tous le monde ensuite. Merci tout plein de votre patience.
Bonne journée et bonne lecture,
Elishae
Chapitre 28 : Chute
Dans la lumière de la lune, Eiden vit Drago approcher, la baguette encore tendue devant lui, à moitié poussé par sa tante folle et un homme de grande taille sentant la sueur et le sang. Ses dents jaunes et pointues venaient marquer sa lèvre et il sentait le loup-garou. Deux autres personnes les accompagnaient, un homme et une femme vêtus de noir.
— Dumbledore, s'exclama Bellatrix. J'avoue être assez surprise de te voir ici, je n'imaginai que Drago puisse réussir. Mais tu n'es finalement pas une si grande déception, mon cher neveu.
Le jeune homme ne répondit pas mais ses yeux luisaient de haine.
— Bellatrix, j'aimerai dire que c'est un plaisir, mais ce serait mentir.
La folle gloussa et le tint en joue de sa baguette.
— Le grand Albus Dumbledore à genoux devant nous.
— Ce n'est pas tout à fait exact, murmura l'autre, je me tiens encore debout.
— Plus pour longtemps, caqueta la femme, puis elle se tourna vers son neveu. Drago, fais-ce que tu as à faire !
Le garçon leva les yeux vers elle mais ne bougea pas.
— Faible, siffla Bellatrix, tout comme ton père ! Mais allons Drago, fais preuve d'un peu de courage pour une fois dans ta misérable vie !
Le blond ne bougea pas plus mais la porte s'ouvrit à la volée à ce moment, empêchant la femme de se jeter sur son neveu.
— Severus, fit l'homme en noir en le voyant apparaitre. Nous avons un souci, ce jeune homme ne semble pas capable de faire ce que ce qu'il doit.
Severus analysa la situation d'un regard et Eiden était certain qu'il savait qu'il était là, bien qu'il n'expliquait pas comment.
— Severus … souffla Dumbledore.
Le potionniste leva sa baguette, le visage de marbre, mais il ne dit rien.
— Ce n'est pas à toi de le faire Rogue ! déclara Bellatrix, furieuse. Le Maitre veut que ce soit Drago !
Elle poussa le jeune homme en avant, mais voyant qu'il n'en faisait rien elle s'énerva et lui jeta un sort. Severus écarta vivement le jeune homme de la trajectoire du sortilège et se tint face à la femme.
— Toi ! Je le savais, je savais que tu n'étais qu'un traitre, le Maître te fait confiance, mais je savais que tu n'étais qu'un menteur !
Folle de rage elle se jeta sur lui en criant :
— Avada Kedavra !
Tout se passa très vite, Eiden lutta si fort pour se précipiter sur son père que le sort de Dumbledore lâcha mais il était trop tard, le trait heurta ça cible qui, sous l'impact, bascula par-dessus la rambarde de pierre et chuta dans la nuit.
— Papa ! cria Eiden, attirant sur lui le regard des mangemorts.
— Oh un autre petit traitre ! caqueta Bellatrix avant de le menacer de sa baguette.
— Nous n'avons pas le temps pour cela, Bella, grogna le mangemort en noir, ça s'agite en bas.
— Ce n'est que partie remise, siffla la femme avec un sourire cruel avant de distraire dans les escaliers avec les autres.
Eiden s'effondra dès qu'ils disparurent, la tête dans les mains, terrassé par la douleur. Son père …
— Den, l'appela doucement Drago.
Il ne réagit pas, son monde venait de s'écrouler.
— Den.
Le compagnon de sa sœur le força à relever la tête et les yeux verts du garçon tombèrent sur un corps effondré sur le sol de pierre. Un corps qui ne ressemblait pas à celui de Dumbledore. Pris d'un espoir fou il se redressa et écarta le pan de tissu qui cachait le visage de son père. Son front saignait mais sa poitrine se soulevait légèrement.
— Que … commença le garçon sans parvenir à continuer.
— Dumbledore c'est jeté devant lui et a pris le sort, murmura Drago lui aussi fort secoué, il est simplement assommé.
Les yeux d'Eiden s'emplirent de larmes mais malgré son chagrin il ne parvenait pas à regretter l'issu de cette situation. Il regarda Drago sortir une fiole et appliquer un liquide sur le front déjà bosselé de l'adulte, qui ne tarda pas à ouvrir les yeux et se relever vivement. Trop vivement pour son crâne. Il grimaça et considéra les deux jeunes hommes inquiets près de lui.
— Vous allez-bien ? interrogea-t-il.
Les deux hochèrent la tête et Severus lança un regard au parapet, comprenant immédiatement ce qui c'était passé.
— Albus … fit-il tout de même.
— Tombé, souffla Drago qui ne semblait pas y croire lui-même.
Il eut un instant de flottement et soudain de fortes détonations se firent entendre en bas de l'escalier.
— Il faut redescendre, fit Severus en se relevant tant bien que mal.
Les deux plus jeunes le suivirent baguettes levées. En bas c'était le chaos, des sortilèges volaient en tous sens. Eiden en évita un et voulu courir pour aider un des garçons de l'AD, en mauvaise posture, mais un poids le fit tomber au sol et une odeur pestilentielle l'entoura.
— Alors louveteau, tu es peut-être immunisé contre la lycanthropie, mais je peux quand même t'ouvrir la gorge.
Il approcha ses crocs du cou d'Eiden mais celui-ci réussit à se saisir de sa baguette, coincée entre eux deux et lui décocha un sortilège qui le projeta loin de lui. Il avait perdu de vue son père et Drago, mais tout ceci n'avait que peu d'importance pour le moment. D'un brillant sort de stupéfixion, il débarrassa le garçon de son adversaire et l'aida à se relever :
— Ça va ? demanda-t-il en voyant du sang sur sa tunique.
— Oui, rien qu'une égratignure.
Eiden hocha la tête.
— Den !
Il se retourna vivement, considérant Pansy qui se frayait un chemin jusqu'à lui.
— Pans ?! Mais le sortilège, ton apparence …
Elle secoua la tête.
— C'est rien, le sort à seulement sauté.
— Est-ce que quelqu'un est gravement blessé ? fit-il en comprenant l'implication d'une telle chose.
Est-ce que quelqu'un est mort ? Est-ce Elie ? Était les questions sous-entendu mais que le jeune homme ne pouvait formuler. Mais la brune le rassura immédiatement.
— Non, non, ne t'en fait pas. La sacoche de Théo à exploser sous l'effet d'un sort quand Elie et moi étions à côté. Le mélange des potions a dû faire tomber le maléfice.
Un trait rouge les frôla et ils ripostèrent promptement. Les deux mangemorts en noirs qui étaient dans la tour se battaient à présent contre le professeur McGonagall et Lupin. Eiden vit Ginny penchée un peu plus loin sur une silhouette aux couleurs de poufsouffle, nombre de personnes s'affrontaient encore, mais Eiden n'y fit pas vraiment attention, repérant trois mangemorts qui tentaient de fuir vers le parc, flanquer de Pansy, il les poursuivit à travers les couloirs sans les atteindre et déboucha à l'extérieur. La nuit était sombre, mais le brasier qu'était à présent la cabane d'Hagrid éclairait la pelouse, laissant voir un groupe de combattants qui s'affrontait. Un cri retentit et un maléfice fusa soudain vers Pansy qui l'évita de justesse. Cela donna cependant le temps à son adversaire de s'approcher et de la mettre en joue à nouveau. Eiden, au prise avec un nouvel assaillant ne put l'aider.
— Toi, espèce de sale traitresse !
Un homme, assez jeune, le visage tordu par la colère, contemplait Pansy comme si elle était la pire des créatures. Il lui lança un nouveau trait mais il fut paré par la jeune fille.
— Cela ne te suffisait pas de piétiner notre nom, il fallait aussi que tu le renie et que tu gagnes le camps des perdants.
— C'est toi qui le dit ça, Richard, cracha la jeune femme.
— Tu n'es qu'une petite salope, cela fait des mois que l'on aurait dû sévir.
Elle ne lui lança en retour qu'un regard dégouté et para à nouveau son sortilège. L'autre semblait dans une colère folle. Un sortilège de sa sœur l'envoya au sol mais il la réattaqua de nouveau. Un trait vert la manqua de peu et l'adolescente ricana :
— Tu veux tuer ta propre sœur, Richard ?
— Tu n'es pas ma sœur, cracha l'autre. Je ne suis lié à personne comme toi.
— Je crains que si malheureusement, siffla la jeune femme. Stupéfix !
Le sort frappa le jeune homme en pleine poitrine et il s'effondra, le dos dans l'herbe. Pansy se rapprocha et écrasant son talon sur le visage de son frère elle cracha :
— Heureusement pour toi, j'ai encore quelques réticences à te tuer. Après tout, tu es mon frère !
Elle abattit à nouveau son pied sur son visage.
— Je n'hésiterai plus la prochaine fois, siffla-t-elle. Adieu Richard, puisses-tu pourrir en enfer !
Elle se détourna, tentant de retrouver Théo dans la cohue. Les sortilèges volaient de toutes parts et les braises qui volaient en tous sens n'aidait pas sa progression. Aveuglé par l'une d'elle, elle faillit ne pas voir Yaxley qui manqua de l'avoir. Mais juste avant qu'il ne lance son sort une masse crème le percuta et il tomba, inanimé. Pansy considéra avec surprise le très gros lynx se tourner vers elle et étirer ses babines en une sorte de sourire avant de se métamorphoser en un Aksel bien humain.
— Etes-vous tous énorme ? put-elle seulement soufflé.
Il lui offrit un sourire plein de canines et retourna se battre sans plus de cérémonie. Pansy secoua la tête, les métamorphes étaient décidément des créatures étranges.
Elle finit par trouver Théo, affrontant son père et visiblement dans une colère folle. Il fit cependant une erreur et se retrouva projeté à terre. Mais avant que Pansy ne puisse l'aider, Elienor c'était déjà interposée, braquant sa baguette sur lui. Le mangemort s'apprêtait à lui lancer un sort à elle aussi lorsque qu'un sourire gourmand et cruel se dessina sur ces lèvres :
— Alors c'était là que tu te cachais petite chose, susurra-t-il en la parcourant du regard. Ta fuite t'a réussi on dirait.
Soudain des cris retentirent et Darius prit la fuite, comme d'autres. Les membres de l'Ordre, de l'AD et du Clan tentèrent bien de les retenir, mais peu d'entre eux furent touchés. La cabane d'Hagrid choisit d'exploser à ce moment-là, détournant l'intention des belligérants. Le calme c'était abattu subitement sur le château, seul les craquements du feu se faisaient encore entendre. Un par un, les combattants lancèrent un aguamenti et finalement, la cabane ne fut plus qu'un tas de ruines fumantes.
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L'infirmerie était bondée, beaucoup avait été blessés, fort heureusement aucun n'était mort, sauf Dumbledore. La nouvelle de sa chute c'était d'ailleurs répandue comme une trainée de poudre et même si Pansy en était touchée, elle était trop lasse pour y prêter une quelconque attention, regardant seulement d'un air distrait Meriel, la médicomage irlandaise du clan, repousser Aksel sur un lit pour appliquer des pommades sur son bras brulé.
— Cesse de te conduire comme un enfant, s'il te plait Aksel, soupira-t-elle, sa main toujours fermement posée sur l'épaule du jeune homme.
— Ça va Meri, je vais bien, ce n'est presque rien !
Elle fronça les sourcils et repoussa l'une de ses mèches rousse derrière son oreille d'un air agacé, comme s'il avait affaire à un petit garçon ennuyant.
— Qui est guérisseur ? répliqua-t-elle. Moi ! Alors tu te tais et tu restes tranquille.
Le jeune homme grogna mais obtempéra, ce qui fit sourire Pansy. Apparemment les gens de soins avaient tous ce pouvoir de faire plier les plus récalcitrants.
— Tends ton bras, ordonna-t-elle.
Le danois s'exécuta, la contemplant d'un air boudeur, visiblement peu satisfait de la tournure qu'avaient pris les événements.
— Est-ce que ça fait mal quand tu fais ça ? interrogea l'irlandaise.
— Non, dit Aksel d'un air buté.
La jeune femme soupira à nouveau et poussa un peu son bras en arrière, arrachant une grimace à son patient.
— Hum, fit-elle, ça fait mal.
Elle se retourna, attrapa un petit pot de verre et étala son contenu sur le bras endommagé de son patient. Puis elle sortit une langue bande et s'attela à l'entourer sur l'épaule et le haut du bras du blond. L'autre n'attendit d'ailleurs pas plus longtemps et se redressa, visiblement tout prêt à repartir :
— Que fais-tu ? interrogea l'irlandaise en le retenant d'une main sur le torse.
— Je suis oméga Meri, j'ai des choses à faire ailleurs.
— Tu es un patient pour le moment, donc tu restes dans ce lit tant que je ne t'ai pas autorisé à en sortir et si tu continues je te promets que ce jour n'arrivera pas avant un moment.
— Mais Elie … commença le garçon.
— Peut s'en sortir sans toi pour le moment, ainsi que le clan. La bataille est finie. Par pitié Aksel, tiens-toi tranquille et laisse une chance à ce bras de guérir.
Le jeune homme obéit de mauvaise grâce et Meriel se tourna vers Pansy, qui avait suivi l'échange d'un air amusée.
— Ces mâles, soupira la guérisseuse en invitant l'adolescente à s'allonger.
Elle passa sa baguette au-dessus d'elle pour un scan mais Pansy n'avait été que très légèrement touchée. Le protocole voulait cependant que tous combattants se fassent examiner, pour éviter les infections. La magie noire et les griffes de Greyback pouvaient faire de sérieux dégâts. L'irlandaise referma seulement les deux petites plaies de son bras et fit boire une potion énergisante avant de la libérer.
— Tous est ok pour toi, fit la jeune femme.
Pansy se redressa avec un petit sourire d'excuse pour Aksel et rejoint ses amis un peu plus loin. Il n'y avait pas eu beaucoup de blessés graves de leur côté, seulement un élève de poufsouffle atteint à la jambe, Hagrid qui avait été brulé par l'incendie de sa cabane, un membre de l'Ordre inconnu de l'aristocrate et Bill Weasley, sauvagement attaqué par Greyback. Blaise et Drago se tenaient d'ailleurs non loin de lui. Le blond semblait s'en vouloir beaucoup, après tout c'était lui qui avait fait entrer les mangemorts, même si c'était contre sa volonté.
— Comment va-t-il ? interrogea la brune.
— Il va s'en sortir d'après Madame Pomfresh, expliqua Blaise qui tenait l'épaule de son ami en signe de soutien. Mais il restera sans doute défiguré.
— Oh, fit Pansy en pensant à son mariage tout proche.
Blaise sembla suivre la ligne de ces pensées car il sourit.
— Fleur a déjà assuré à sa famille qu'elle ne l'abandonnerait pas. Elle se fiche pas mal de ses cicatrices, tant qu'il est vivant.
Tous les Weasley c'étaient rassemblés autour du lit de leur fils et frère et pendant une seconde, Pansy ressentit une pointe de jalousie de ne pas connaitre un tel amour et un tel soutien familial. Son frère avait tout de même tenté de la tuer. Puis son regard tomba sur Blaise, Eiden et Drago et elle se ressaisit. C'était eux sa famille, et ils étaient là pour elle.
— Où sont les autres ? demanda Pansy.
— Hermione, Neville et Luna aident dehors et l'on a pas vu Elie et Théo depuis un petit moment, répondit Blaise.
Pansy grimaça et demanda :
— Ils sont ensemble ?
— C'est ce qu'ils sembleraient, Neville les a vu sortir tous les deux mais personnes ne les a revu depuis.
Le basané avisa du visage tourmenté de son amie et interrogea :
— Qui a-t-il ?
— C'est le père de Théo, dit-elle doucement.
— Quoi le père de Théo ?
— C'est le père de Théo qui a agressée Elie l'été de sa quinzième année.
La bouche de Blaise s'ouvrit un peu sous le choc, la mâchoire d'Eiden se serra et Drago planta brusquement son regard dans celui de son amie.
— Comment le sais-tu ? questionna le blond.
— C'est lui qui l'a fait comprendre. Il allait frapper Théo et Elie c'est interposée. Il la reconnue à ce moment.
Blaise ferma la bouche et serra les dents à ces mots, et même si Drago blanchit en l'entendant, il ne pouvait également s'empêcher de se sentir un tout petit peu soulagé que ce ne fut pas Lucius qui avait fait du mal à Elie.
— Il vaudrait mieux les retrouver, souffla Eiden.
Ils sortirent tous les quatre de l'infirmerie bondée et traversèrent le château pour déboucher sur le parc. Ils faisaient nuit noir, mais beaucoup y étaient encore, éteignant les feux que les sortilèges avaient allumés, réparant ce qui pouvait l'être. Drago semblait avoir une idée précise d'où se diriger puisqu'il n'hésita pas, entrainant les autres à sa suite. Et en effet, sous le saule, près du lac, se tenaient deux silhouettes menues et assises. Les autres les rejoignirent au plus vite mais les deux adolescents contemplaient le lac en silence.
— Qu'est-ce que … commença Pansy.
Les deux autres relevèrent la tête mais ne répondirent pas.
— Que faite vous ? demanda doucement Blaise.
— On voulait simplement … commença Théo dont la pommette était couverte de sang séché.
— Un moment au calme, termina la blonde.
Elle aussi était blessée, dans le cou, mais elle ne semblait pas en faire grand cas. Et d'ailleurs aucun ne l'était grièvement.
Drago s'assit près d'eux sans plus de cérémonie, contre Elie et serra gentiment le genou de son ami brun. Les deux autres firent de même, Blaise et Eiden de l'autre côté de la blonde et Pansy tout près de Théo. Tous gardèrent le silence, les yeux tournés vers le ciel emplit d'étoiles.
— C'est dommage, chuchota Elie. C'était une si belle nuit.
Le ciel commençait doucement à s'éclaircirent lorsqu'ils regagnèrent l'infirmerie. Severus et Rose les y attendaient d'ailleurs, fort inquiets.
— Où étiez-vous ? fit Rose en serrant Elie contre elle.
— Dehors.
La femme lui adressa un regard pénétrant mais ne chercha pas à en savoir plus.
— Viens t'asseoir avec Théo pour que Meriel puisse vous examiner.
La jeune fille se laissa faire docilement sous le regard suspicieux de son père qui n'avait rien ajouté. Il y avait bien trop de monde dans cette pièce. Il tirerai cette histoire au clair plus tard, en privé.
La guérisseuse irlandaise soigna rapidement les légères blessures des deux serpentards et s'assura qu'ils n'avaient pas développé d'infections, ni l'un ni l'autre. Ceci fait elle retourna seconder Madame Pomfresh au chevet des plus graves blessés. McGonagall apparut bientôt, les traits tirés et les yeux rougis.
— Le corps d'Albus a été déplacé dans un endroit plus approprié, fit-elle. Fort heureusement nous n'avons pas d'autres pertes à déplorer.
Elle respira un peu plus fort à ses mots mais se reprit. Eiden était mal pour elle. Le Directeur était comme un père pour cette femme, un mentor qui l'avais soutenue et accompagnée une grande partie de sa vie. Il ne pouvait imaginer ce que devait représenter cette perte pour elle.
— C'est en grande partie grâce à vous et aux vôtres, déclara la femme en les regardant. L'école et l'Ordre vous doivent un immense service.
— Ni l'un ni l'autre ne nous doivent quoique ce soit, nous nous battons, comme les autres, car nous le pouvons et que nous croyons en ce que nous faisons, déclara Eiden.
— Vous êtes des enfants, vous ne devriez même pas être approché de ce conflit, répondit l'écossaise en secouant la tête.
Elle parcourut l'infirmerie du regard pui se tourna Elie.
— Monsieur Van Ernz m'a demandé de vous faire savoir qu'il se chargeait de mettre au courant vos amis gallois de la situation. Il ne va pas tarder à revenir.
Elie opina et Pansy murmura :
— Alors il a finalement réussit à échapper à Meriel …
— Severus, j'aurai besoin de m'entretenir avec vous, ajouta la professeur de métamorphose, l'air lessivée.
— Oui bien sûr Minerva, approuva le potioniste en la suivant.
— De nombreuses choses vont devoir être changés ici. Dumbledore y officiait depuis tellement de temps … déclara Pansy.
— Severus aidera McGonagall j'en suis certain. Ils y parviendront, rétorqua Blaise.
Les autres ne purent rien ajouter car au même moment Anton entrait en compagnie d'une mince femme blonde.
— Mère ?! s'exclama Drago.
La femme lui sourit et lui ouvrit les bras alors qu'il s'y précipitait. Ils restèrent ainsi un instant puis le plus jeune demanda :
— Que fais-tu ici ?
— Après les événements de cette nuit il était trop dangereux pour elle de rester au Manoir, expliqua Anton.
— Ce jeune homme est venu me chercher, même si je voulais rester, déclara l'épouse Malfoy en lançant un regard à son accompagnant.
— Pourquoi voudrais-tu rester là-bas ? s'enquit son fils en grimaçant.
— Qui va nous renseigner sur les plans du Seigneur Noir à présent ? rétorqua Narcissa.
— La couverture de Severus a sauté, répliqua Anton, et les mangemorts ont bien notés de quel côté votre fils se battait. Comme je vous l'ai expliqué, il était trop dangereux pour vous de rester auprès d'eux.
La blonde secoua la tête mais ressera son étreinte sur son fils.
— Je suis soulagée que tu n'ais rien. J'étais si inquiète.
— Tu savais ce qui allait se passer ce soir ? demanda Drago.
— Nous l'avions prévenue, il fallait qu'elle se tienne prête, si cela devait mal tourner et que nous devions l'exfiltrer, expliqua Anton.
— Et heureusement, murmura le blond, puis il se tourna vers le basané. C'est toi qui l'a ramené ici ?
L'autre opina, il portait toujours la tunique de toile qu'il avait revêtue pour le combat, elle était brulée à certains endroits et un peu de sang l'ornait mais le métis semblait avoir été épargné lui aussi. Il avait vraisemblablement quitté immédiatement Poudlard pour le Manoir Malfoy après la fuite des mangemorts.
— Le Clan protège les siens et leurs famille, Drago, déclara gravement l'égyptien.
Il les laissa ensuite à leur retrouvaille pour faire son rapport à Elie, qui adressa un sourire à son amant avant de converser avec son bêta.
— Elle ne t'avait rien dit à mon sujet ? interrogea Narcissa.
— Non, souffla le jeune aristocrate.
— Elle assume parfaitement son rôle d'alpha. J'ai été prévenu dès qu'elle la sue elle-même.
— Tu as pu prendre quelques affaires ? Sortir sans soucis ?
La femme sourit et serra doucement l'épaule de son fils.
— Oui, les plus importantes. Et j'ai fait disparaitre tout ce qui aurait pu poser problème. Et ce jeune homme m'a parfaitement mené en sécurité, fit-elle en désignant Anton d'un délicat mouvement de menton.
Elle remonta ensuitesa main et caressa sa joue.
— Est-ce que tu vas bien ? s'enquit la femme.
— Ce n'était pas Lucius.
— Qu'est-ce qui n'était pas Lucius ? fit Narcissa, les yeux emplis d'incompréhension.
— Ce n'était pas Lucius qui a agressé Elie l'été de ses quinze ans.
Le visage de la femme montra un instant son soulagement mais se referma lorsque son fils continua :
— C'était Darius.
La noble risqua un coup d'œil en direction de la jeune femme et de Théo, qui discouraient avec Anton non loin.
— Ils le savent ? interrogea-t-elle.
— Oui, c'est Darius lui-même qui leur a dit.
La bouche de Narcissa se tordit de dégout et elle murmura une sentence envers cette ordure.
— Comment ont-ils pris la nouvelle ?
Se fut au tour du plus jeune de grimacer.
— On ne sait pas vraiment, ils ont disparu ensemble dès la fin de la bataille et lorsqu'on les a retrouvé, ils regardaient tranquillement les étoiles sur les rives du lac.
— Je ne pense pas qu'Elie en tienne rigueur à Théo, rassura sa mère, Il n'est pas son père, ce n'est pas ça faute.
— Je sais, je ne pense pas qu'elle le fasse. Je m'inquiète plus de la réaction de Théo. Si cela avait été Lucius …
Il ne finit pas sa phrase mais sa mère le serra à nouveau.
— Dieu merci il nous aura au moins épargné cela, murmura la blonde.
— L'as-tu vu avant de partir ?
— Non, dénia-t-elle, je n'ai vu personne, je me tenais dans mon boudoir, seule. C'est ce que nous avions convenu avec Anton, pour les nouvelles et si je devais partir.
— Comment as-tu quitté le Manoir ? interrogea Drago.
— Grace à Ourell, la korrigane, sa magie est étrangère, le temps que le Lord ne l'a repère, j'avais déjà quitté cette maison avec elle et Anton.
— C'était très risqué, souffla le blond.
— Bien plus pour Anton que pour moi, rappela l'aristocrate. Mais je suis ici maintenant, tu n'as plus à tant faire.
Elle embrassa doucement sa tempe et il murmura :
— Si seulement.
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L'enterrement de Dumbledore eut lieu deux jours plus tard. Ce fut une cérémonie magnifique mais au fond de lui, même s'il en était affligé, Eiden ne pouvait regretter sa mort, pas alors que celle-ci aurait signifié celle de son père. Il se sentait comme un monstre, mais c'était pourtant le cas.
A peine la cérémonie terminée, Severus et Rose les avaient ramenés au Manoir Prince, lui, sa sœur, Théo et Pansy. Blaise avait rejoint sa famille pour un moment et Drago et Narcissa en avaient fait de même avec Andromeda, dans la maison moldu de son époux. Théo et Pansy ne pouvaient évidemment pas faire de même et Severus les avaient pris sous son aile. Ceux-ci avaient d'abord proposé d'aller vivre avec les autres au Manoir de Gower, pour ne pas les gênés, mais le potioniste avait refusé. Les deux adolescents avaient donc pris leurs quartiers dans l'une des chambres attenantes au salon des jumeaux, même si les adolescents n'y dormaient pas. Les quatre adolescents avaient construit une sorte de nid dans le salon, avec des duvets, des couvertures et des oreillers, pour tous passer la nuit ensemble, ce qui avait fait sourire Rose lorsqu'elle l'avait vu la première fois. Cela les aidait d'agir ainsi et c'était plus simple pour gérer les cauchemars. Bien que cela ne les arrêtent pas.
Ils passaient leurs journée à flâner dans le parc, se baigner dans l'étang ou simplement s'étendre au soleil. Simplement ne rien faire et laisser redescendre la pression de ces derniers mois. Drago avait échappé à Voldemort et l'un des horcruxes avaient été récupérés. Ils devaient se concentrer sur les bonnes choses.
— Vous ne trouvez pas ça bizarre ? interrogea Pansy.
Les quatre adolescents avaient à nouveau trouvé refuge sur la rive de l'étang, à l'ombre d'un vieil arbre noueux.
— Qu'est-ce qui es bizarre ? questionna Théo qui se tenait couché dans l'herbe, les yeux à demi-fermés.
— Le calme soudain. Cette année a été survoltée, il y a eu beaucoup de tension, de stress, de rebondissement et puis soudain, plus rien. Comme si rien de tout ce que l'on avait vécu ne c'était produit.
— Pourtant ça c'est bien passé, répondit Eiden. Et on s'est battu i peine quelques jours.
— Ça aussi j'ai du mal à le réaliser, ajouta la brune.
— Et pourtant … fit Elie, elle aussi allongée dans l'herbe.
— Et puis je gage que cela ne restera pas calme trop longtemps. Voldemort va passer à la vitesse supérieure maintenant.
— Certainement, approuva Théo. Il n'a pas dû apprécier se faire rouler par Sev et Drago pendant un an.
— Et Dumbledore est mort à présent, ajouta Elie. La seule personne qui le maintenait encore à l'écart.
— Ouai, alors tu vois, je pense que le calme ne durera pas, fit songeusement son frère en réponse à Pansy.
Ce soir-là, Eiden se réveilla en sursaut, en ayant cette fois tout de même réussit à ne pas réveiller ses comparses. Il se leva doucement, cherchant à tâtons dans frêle lumière de la lune un moyen de s'extirper du nid sans marcher sur personne. Il finit par y parvenir et descendit silencieusement le grand escalier de la maison pour gagner la terrasse. Respirant l'air frais du dehors à plein poumon, il s'assit sur le bord et plongea ses pieds dans l'eau, la fraicheur de celle-ci le ramenant efficacement à la réalité.
— Encore debout, fit remarquer une voix dans la pénombre.
Eiden sursauta et se tourna vivement pour apercevoir son père s'approcher.
— Ouai, fit-il seulement.
Le plus vieux le considéra un instant du regard puis s'assit près de lui, sans toucher l'eau pour sa part.
— Cauchemars ? demanda le professeur.
L'autre opina, en silence.
— Je rêve de ce qui s'est passé sur la tour, avant que je ne comprenne que ce n'étais pas toi qui en étais tombé.
Severus ne répondit pas, se contentant de draper un bras autour des épaules de son fils.
— Est-ce que je suis horrible d'être si heureux que ce soit Dumbledore qui soit tombé et pas toi ? interrogea le plus jeune d'une voix mal-assuré.
L'étreinte du potionniste se resserra un peu et il répondit :
— Tu n'es pas horrible.
Cela ne sembla pas calmer l'adolescent mais Severus continua :
— De plus, Dumbledore était malade.
— Je sais.
Le professeur en fut surpris et son visage le montra.
— Il sentait la maladie et la magie noire, expliqua le garçon. Je sais que tu le soignais pour ça.
— Cela n'aurait pas suffit Den, il était en train de mourir. Même s'il n'était pas tombé, il n'aurait pas tenu jusqu'à l'hiver.
— Il était condamné ? interrogea le jeune homme.
— Oui, il a touché l'un des horcruxes, la bague et la magie noire l'a attaquée l'été dernier. J'ai réussi à contenir le maléfice dans sa main pour quelque temps, mais à terme elle l'aurait infectée tout entier et il serait mort empoisonné.
— Pourquoi as-t-il fait cela ?
Cela n'avait pas le moindre sens selon lui, le Directeur savait bien à quel point ses objets étaient dangereux.
— La magie noire, est encore plus des formes aussi ténébreuses que celle-ci peuvent faire perdre la tête à n'importe qui.
— Dumbledore n'étais pas n'importe qui, contra Eiden en faisant doucement clapoter ses pieds dans l'eau.
— Non, c'est vrai, mais il était tout de même un homme, avec ces forces et ses faiblesses. Tu le sais d'ailleurs parfaitement.
— Oui, souffla le brun.
Son regard se perdit sur la surface lisse et sombre de l'étang puis il sourit malgré lui.
— Je devrais plutôt me concentrer sur le fait que tu ne risqueras plus ta vie à graviter autour de Voldemort. Plus de réunions de mangemorts, plus d'espionnage.
— Non, fit Severus qui sourit aussi, bien que très faiblement.
— N'es-tu pas un minimum heureux de cela ? interrogea son fils.
— Si, même si j'aurais préféré tenir mon poste encore un peu.
— Tu l'as fait autant que possible. Et je dois bien avouer que c'est un immense soulagement pour Rose, Elie et moi de savoir tout ceci terminé.
— La guerre n'est pas terminé Eiden, rappela doucement son père.
— Oui je sais, merci de me rappeler que n'importe lequel d'entre nous peut mourir à tout moment, grimaça le garçon.
Il avait raison cependant, même s'il ferait tout pour que cela n'arrive pas.
— Alors, que deviens Poudlard ? demanda-t-il pour changer de sujet.
Les cours avaient été arrêtés plus tôt que prévu et tous les élèves avaient été renvoyés chez eux. Les examens étaient de toute façon tous déjà terminés.
— Minerva va devenir la Directrice, déclara le potionniste.
— Et toi son Directeur adjoint, non ?
Eiden imaginait bien que la professeure de métamorphose l'avait demandé à son père. Il ne cessait de faire des allers-retours entre le Manoir et Poudlard depuis leur départ, secondant l'écossaise comme il pouvait.
— C'est le plan.
Le plus jeune laissa son regard dériver à nouveau sur le parc plongé dans l'ombre.
— L'année dernière avec Elie ont c'est imaginé ici dans dix ans. Avec une ribambelle d'enfants. Que tu houspillerais parce qu'ils te rendraient fou à courir partout.
Severus le poussa un peu de l'épaule pour le punir.
— Rose me raisonnera.
— J'en suis certain, sourit Eiden.
— Ça parait être un bon plan, continua l'adulte.
— C'est le plan, répéta l'autre, avec foi.
