N.D.A :
Bonne lecture,
Elishae
Chapitre 29 : Nouvelle
La brise souffla doucement sur eux et Pansy la respira à plein poumon. Elle ignorait qu'un endroit puisse être ainsi naturellement parfumé. Elle n'avait jamais quitté le Royaume-Uni. Son père n'en voyait pas l'intérêt et sa mère se contentait parfaitement de partager son temps entre Londres et le manoir familial. Ils n'avaient jamais eu ni l'un ni l'autre de grandes ambitions. Ils étaient riches, très riches même, mais ils ne désiraient rien de plus que de faire valoir leur nom au sein de leur patrie et de servir le Seigneur des Ténèbres. Ils dédaignaient tous ce qui n'était pas sorcier et anglais et n'avait donc jamais emmené leurs enfants sur le continent ou ailleurs.
Alors ce qui avait le plus surpris Pansy à l'arrivée sur l'île, outre la chaleur, c'était l'odeur, celle du maquis et de la mer. Pour une fille du nord, le dehors n'avait pas vraiment d'odeur particulière, sauf après la pluie. Mais ici, en pleine chaleur, tout fleurait les résineux, la mer et les fleurs méridionales.
Après un peu plus d'une semaine passée au Manoir, Severus les avait avisés de leur départ. Cela avait apparemment été prévu depuis longtemps et il ne désirait pas changer ses plans, au contraire. Il avait donc embarqué sa petite famille, direction le sud, Murreda et l'île du clan des Cavaliers d'ombre. Théo et Pansy c'étaient sentit très gênés en l'apprenant, c'était déjà étrange de s'imposer au Manoir, mais bien plus encore de le faire sur les terres du clan. Mais Rose leur assura qu'il n'y avait aucun problème, qu'Orsu était très heureux de les accueillir et que de toute façon, à présent qu'ils étaient membres d'un clan, ils étaient les bienvenus chez tous les alliés de celui-ci. Et le chef avait même étendu son invitation à l'ensemble du clan et des proches d'Elie et Eiden, souhaitant organiser pour eux, sur les terres corses, la fête qu'ils auraient dû avoir à la fondation du clan. Pour le moment, seule la famille Rogue, Pansy et Théo étaient présent. Les autres devaient arriver au goutte à goutte, à temps pour la cérémonie.
Eux étaient arrivés depuis trois jours. Ils avaient investi la maison de Rose, les plus jeunes dormant à nouveau tous ensemble dans la chambre des jumeaux. Orsu et Morwen les avaient accueilli à leurs arrivée, se montrant absolument adorable envers eux de l'avis de Pansy. En réalité tout le monde l'avait été et cela bouleversait la jeune femme plus qu'elle ne voulait bien l'admettre. Ses parents n'avaient jamais beaucoup prêté attention à elle. Son frère la méprisait depuis toujours, seule Théo, Drago, Blaise et Severus, dans une moindre mesure, lui avaient montré un peu d'attention et de gentillesse avant l'arrivée des jumeaux. Elle n'était pas habituée à la fraternité naturelle des gens du clan mais elle aimait cela et remerciait Merlin chaque jour d'avoir mis les jumeaux sur sa route.
Un léger bruit se fit entendre et soudain une grande ombre se penchait sur elle. Sursautant, elle mit un instant à reconnaitre Aksel, qui lui souriait de toutes ces dents, qu'il avait fort pointues sous cette forme.
— Salut Pansy, ronronna-t-il en la voyant surprise.
— Salut Aksel, répondit-elle en levant les yeux au ciel. D'où viens-tu ?
— Du Pays de Galle, sourit l'autre moqueusement.
— Imbécile, je sais cela ! Je veux dire présentement !
Il pointa du doigt la ramure de l'arbre contre lequel la jeune fille était appuyée.
— Oh je vois, et quand es-tu arrivé sur l'île ?
— Il y a une petite heure.
Elle hocha la tête et se redressa un peu, légèrement mal à l'aise de se faire ainsi surplombé par le garçon.
— Alors, pourquoi n'es-tu pas avec les autres ? interrogea le danois en s'asseyant avec grâce près d'elle.
— Je ne suis pas trop baignade, répondit-t-elle.
— Hum, fit seulement le garçon.
Eiden jouait dans les vagues avec Arthus et Mathis, le jeune loup-garou, tandis qu'Elie et Théo étaient assis sur le sable, à moitié dans l'eau. La jeune femme traçait dans le sable des runes que son ami tentait de reproduire. Depuis plusieurs mois à présent l'héritier Nott tentait d'apprendre le celtique, langue complexe et mystérieuse. Il y arrivait assez bien, pour quelqu'un qui n'avait pas de prédisposition génétique, mais cela prenait fort longtemps du fait de toutes les connaissances à emmagasiner. Le clan était cependant le lieu rêvé pour progresser. Ravena prenait le soleil près d'eux, ouvrant parfois un œil pour suivre les progrès de Théo.
— Tu pourrais aller t'étendre avec eux, tu n'es pas obligé de te baigner, reprit le blond.
— Je suis bien ici, répliqua Pansy, je suis à l'ombre et au frais.
Le garçon poussa un peu son épaule en représailles de son ton sec mais il souriait. Pansy écarta cependant un peu brusquement sa peau de la sienne. C'était une réaction viscérale, fruit de dix-sept années de méfiance envers les hommes qui ne faisait pas partit de son cercle proche.
— Tu es chaud, fit-elle pour s'excuser, saisissant le côté cavalier de son action.
Après tout, l'omega n'avait rien fait de mal et Pansy savait qu'il ne lui en ferait pas. C'était simplement un réflexe conditionné.
Aksel sourit seulement, était-il même possible d'offusquer ce garçon ? pensa l'adolescente.
— Ouai, désavantage de côtoyer un métamorphe en pleine canicule ! Mais cela peut être intéressant en hiver, déclara-t-il.
— J'imagine.
Aksel la contempla un moment, sans un mot. Pansy finit par se tortiller sous cet examen et l'interrogea sur ce qu'il lui voulait.
— Je me demandais comment tu te sentais après le soir de la bataille.
Elle haussa les épaules.
— Comme tout le monde je suppose.
Il lui lança un regard perçant, comme s'il tentait de voir au fond d'elle.
— Tout le monde n'a pas été attaqué par son frère, répliqua l'omega.
— Ce n'est pas la première fois qu'il lève la main sur moi, fit tranquillement Pansy.
Les lèvres de l'autre se serrèrent un bref instant mais il ne dit rien. L'adolescente savait que cela le dépassait. Pour un métis, la famille était primordiale, il ne comprenait pas qu'un frère puisse malmener sa sœur, sa jeune sœur de plus.
— Mais cette fois il ne m'a pas touché, continua-t-elle pour détendre le danois, bien que cela ne fonctionna pas.
— Il n'aurait jamais dû le faire, ni à ce moment, ni jamais avant.
Le silence s'installa, lourd malgré tout.
— Je dois te remercier, dit la jeune fille pour changer de sujet.
L'autre haussa un sourcil, déformant à peine son beau visage.
— Pour Yaxley, il allait m'avoir, mais tu t'es jeté sur lui avant.
L'autre sourit et bien que la jeune femme soit habitué à la beauté parfaite de Drago, elle fut tout de même une seconde saisit par celle du métamorphe.
— C'était un plaisir.
Elle secoua la tête, Meriel avait raison : ces mâles ! Pansy n'eut cependant pas le temps de répondre qu'un boulet de canon blond atterrissait sur les genoux du garçon.
— Aksel, je ne savais pas que tu étais arrivé !
Le blond ronronna un peu et enroula ses bras autour de la taille de la frêle jeune fille.
— Je viens de le faire El.
Il s'approcha encore et embrassa sa joue, reniflant son odeur au passage.
— Tu sens le soleil et les embruns.
La fille Rogue sourit et remis l'un des mèches d'or pâle de son ami derrière son oreille.
— Je suis contente que tu sois là, déclara-t-elle.
— Moi aussi ma petite féline.
Ils restèrent un instant comme cela puis Elie tira le garçon vers l'eau ou il s'immergea sans se soucier de son pantalon de toile et de sa chemise de lin.
— C'est assez étrange non, dit doucement Pansy à Théo qui venait de la rejoindre. Si je n'en savais pas plus sur Elie et sur ses sentiments pour Drago je me poserai franchement des questions.
Le garçon sourit en regardant leur amie rire aux éclats, alors qu'Aksel la jetait dans l'eau, avant de se débarrasser de sa chemise trempée.
— Les métisses n'ont pas les mêmes façons que nous, pas les même codes. Ils bien plus décomplexés que les sorciers et des contacts qui peuvent nous sembler inapproprié ne le sont pas du tout pour eux.
— Je ne dirais pas inapproprié, mais pas vraiment de nature amicale, grimaça Pansy.
— Ça l'est pourtant, n'as-tu pas vu comment se comporte les couples ici.
La jeune femme cligna des yeux.
— Non, cela fait peu de temps que l'on est ici. Toi tu l'as déjà vu ? questionna-t-elle.
— Oui, mais je suis bien plus observateur que toi.
— De cela nous sommes certains, déclara tranquilement l'adolescente.
— Et puis Aksel et Elie ont des liens particuliers, du fait de leurs fonctions. Ils ont besoin de proximité, ce qui ne peut être satisfait par l'arrangement actuel. N'as-tu pas remarqué comme Blaise est avec elle ?
— Si, déclara Pansy, mais c'est Blaise. Il est gay et le compagnon de son frère, et il agit comme s'il était le sien.
— Quelle différence avec Aksel alors ?
La brune ne répondit pas, se contentant de regarder leurs amis.
— Tu sais, dans une très moindre mesure, nous allons finir comme cela, déclara justement le jeune homme. A cause de la marque et du clan. Cela a d'ailleurs déjà commencé.
Il soupira et tira sa main.
— Allez viens, il y a une fête dans un moment et il faut que tu te prépares.
— Je ne suis pas si longue tu sais, dédaigna la brune.
— Bien sûr que non, mais là tu le sauras, comme tu vas t'habiller à la métisse et que tu ne connais rien des codes, alors ça va prendre du temps.
— Pourquoi ferais-je ça ? interrogea l'aristocrate.
Théo ne daigna même pas lui répondre.
Et en effet lorsqu'Elie entra dans la chambre, en serviette et les cheveux humide de sa douche, elle hésitait encore entre deux tenues. Théo l'avait conseillé bien sûr, pas que sur les vêtements d'ailleurs, lui expliquant le déroulé de la soirée et quelques règles pour ne pas commettre d'impaire, ou se laisser surprendre, mais il avait fini par la quitter pour s'habiller lui-même.
— Ça va Pansy ? interrogea son amie en fouillant dans son armoire.
— Oui, oui, fit l'autre.
— Tu as trouvé ton bonheur ? Je peux demander des choses à Rose si ce n'est pas le cas.
— C'est gentil El, sourit la jeune femme, mais elle l'a déjà fait. Alors entre ces vêtements et les tiens j'ai de quoi faire.
La jeune fille lui adressa un sourire, tout en se vêtissent d'un pantalon céruléen un peu bouffant et d'un t-shirt ajusté. Elle sécha ses cheveux rapidement et s'apprêtait à les rassembler en un chignon rapide quand Pansy l'interrompit d'un geste. Se saisissant d'une brosse, elle les mit en ordre et se mit rapidement à les tresser, les fixant ensuite en couronne élaborée qui laissait la blonde totalement libre.
— C'est gentil, merci.
La brune serra doucement l'épaule de son amie.
— C'est un plaisir, il y a vraiment de quoi s'amuser avec tes cheveux. Quand on en a des pareils c'est un crime de ne rien en faire.
La fille de Severus rit doucement et pointa du doigt l'une des deux tenues qui reposaient sur le lit, une robe longue amarante faite d'une voile léger.
— Tu devrais porter celle-ci, le rouge est ta couleur, déclara-t-elle.
— Merci.
Elie la considéra quelques secondes en silence puis murmura un sort. Un pot de grès et un pinceau apparut dans sa main sous l'œil surpris de Pansy.
— Qu'est-ce que c'est ?
— Les métisses n'ont pas trop de bijoux, mais nous avons d'autre technique pour nous mettre en valeur, déclara la jeune fille. Tu me fais confiance ?
— Oui, bien sûr.
Elie eut un sourire d'enfant et l'invita à s'asseoir sur le lit devant elle. Plongeant le pinceau dans le pot, elle traça sur la peau de Pansy des arabesques élégantes sur son poignet droit et sa main, autour de son épaule gauche, de la clavicule au sternum et autours de ses chevilles, mettant en valeurs le corps mince de la serpentard. Puis elle métamorphosa un miroir pour elle et Pansy ne put qu'admettre qu'elle avait fait du très bon travail.
— Ta peau contre mes cheveux, déclara la jeune fille lorsqu'elle voulut la remercier.
Elle fourra aussi dans sa main une jolie fiole de cristal taillée en forme de poire qui se trouvait être du parfum et une paire de sandales dorées. La blonde elle n'en portait pas, comme souvent, laissant ses pieds nus.
Quand elles sortirent de la chambre, les deux garçons les attendaient déjà dans la pièce commune.
— Tu es très belle Pansy, dit Eiden en la voyant.
— Merci, dit-elle un peu timidement.
Elle n'avait jamais été celle que l'on travail belle. Elégante oui, mais pas belle. Son visage était trop particulier, trop marquée, même si sa nouvelle coupe, plus courte, la flattait mieux, elle ne serait jamais une femme au visage parfait, comme Elie ou Rose.
— Elle va faire tourner les têtes, renchérit Elie que cela semblait profondément réjouir.
— Il y a des chances, opina Théo.
Pansy rougit un peu, si même le si calme Théo si mettait. Il était d'ailleurs lui aussi vêtu à la métisse, avec un pantalon de tissu léger qui flattait sa taille fine et une chemise ample. Eiden était vêtu de même mais dans une couleur différente.
Ils marchèrent jusqu'à la plage, là où l'été précédent les jumeaux avaient aussi passé de nombreuses soirées avec les jeunes du clan. Mais aucun affrontements n'étaient prévus ce soir-là, seulement de la musique, de la nourriture et de la danse.
— Ah vous voilà enfin ! s'exclama Ange Venturi à leur apparition.
— Le soleil n'est pas encore couché Ange, nous ne sommes pas en retard, rétorqua Elie qui l'embrassa tout de même.
— Un chef de clan ne saurait être en retard, répliqua Aksel qui se tenait près du jeune homme corse.
— Je ne le suis pas alors tout va bien, répliqua son amie.
Les yeux du blond se posèrent sur Pansy qui se tortilla un peu. Elle était mal à l'aise, elle, la si imperturbable sorcière, dans ses vêtements étrangers.
— Je vois ce qui vous a pris du temps, déclara posément le danois.
— Cela en valait la peine, non ?
— Indubitablement, fit l'autre avant de se détourner pour reprendre sa conversation avec le fils d'Orsu.
Arthus et Mathis ne tardèrent pas à entrainer Eiden, tandis que Ravena discourait avec Théo de politique. Pansy les écoutaient d'une oreille distraite, laissant ses pensées vagabonder.
— Je vais nous chercher de quoi manger, la prévint Elie. Je reviens.
Elle opina seulement mais ne resta de toute façon pas longtemps seule. Un solide garçon apparut à ses côté, vêtu seulement d'un pantalon de lin.
— Je ne t'avais encore jamais vu ici, déclara-t-il.
— C'est parce que c'est ma première visite, expliqua la brune.
— Oh je vois, tout s'explique alors. Natale Ambrusi, se présenta l'autre en lui tendant sa main gauche.
— Pansy Parkinson, déclara-t-elle en serrant la main tendue.
L'autre effleura son poignet de ses doigts et un sourire naquit sur ses lèvres.
— Passeurs hein ? Comme c'est divertissant.
Il prit sa main et embrassa l'intérieur de son poignet, comme un étrange baise-main. Pansy se dépêcha de la récupérer mais ne put s'empêcher de rougir un peu, ce que le jeune homme remarqua immédiatement. Son sourire s'accrut encore.
C'était un parfait spécimen de ce que produisait le clan. Le garçon avait des cheveux sombres, des yeux outre-mer et une peau ambrée sous laquelle se dessinait une musculature intéressante. Evidemment, comme nombre d'autres, il ne partait qu'un pantalon léger, ce qui n'aida pas Pansy à se reprendre. Avec Blaise, Drago et Théo, elle avait été habituée très tôt à voir de beaux jeunes hommes partiellement dénudé, mais là c'était différent. Le corse n'était pas son ami d'enfance et comme tous les métisses il dégageait un aura, une confiance en lui un peu animal qui la déstabilisait. Cela, est toute cette peau agréable à portée de vue …
— Alors Pansy, tu viens d'Angleterre ?
— Oui, fit-elle, un peu abruptement, perturbé par l'utilisation un peu brutal du ''tu'' et l'attitude un peu cavalière du métis. Elle n'en avait guère l'habitude.
— Et comment trouves-tu notre modeste terre ?
— Très agréable.
Natale s'approcha un peu d'elle, sourire toujours accroché aux lèvres. Il se dégageait de lui quelque chose d'irrésistible.
— J'imagine que nous avons des mœurs différentes des tiennes, tu ne te sens pas trop déstabilisée ici ?
— Non, proféra-t-elle, incapable de bouger alors qu'il levait une main pour caresser sa joue.
— Tu veux un peu d'aide pour … t'acclimater ?
La jeune femme s'ébroua, tentant de retrouver ses esprits, mais avant qu'elle ait pu répondre Elie était revenue et s'interposait :
— Natale tu ferais bien d'aller voir pour un peu de nourriture si tu veux manger.
Le garçon laissa retomber sa main et s'éloigna légèrement, sans jamais cesser de sourire.
— Tu as sans doute raison Elie, c'est ce que je vais faire.
Il décocha un regard charmeur à la brune puis tourna des talons.
— Si Natale t'importune, dit sérieusement Elie à son amie, n'hésite pas à le dire. Les garçons comme lui peuvent se montrer un peu brusque. Ils ne s'embarrassent guère des politesses humaines.
Pansy opina seulement, encore un peu secouée puis se saisit de ce que la blonde lui avait rapporté à manger. De toute façon, elle ne revit pas le garçon de toute la soirée.
Le lendemain cependant, alors qu'ils se réunissaient encore sur la plage, le jeune corse l'invita à danser. Ne voyant pas de raison de refuser, l'adolescente accepta. Elle se rendit bien vite compte que les métis avaient des habitudes bien plus tactiles en matière de danse que ce à quoi elle avait été habituée. Le garçon l'approcha avec un sourire de son corps, glissant un bras autour de ses hanches et l'autre contre son dos, la rapprochant encore. Il fut cependant charmant, la questionnant sur sa vie et l'Angleterre, sans chercher à faire quoi que ce soit de plus. Tout doucement, Pansy se détendit et le laissa la coller contre son torse fort, après tout cela semblait être une chose tout à fait commune en ces terres. Partout autour d'elle l'adolescente voyait des gens agir ainsi. Sa propre main reposait contre le pectoral bronzé, ce qui ne semblait pas déplaire à son cavalier. Mais alors qu'il se penchait vers elle pour lui parler, il fut interrompu par Aksel qui sourit poliment à Pansy.
— Veux-tu m'accorder cette danse ma chère ?
— Je …
Ainsi coupée elle ne savait plus quoi dire. Aksel la considéra gentiment et tendis une main vers elle.
— Vas-tu faire ce plaisir à ton omega Pansy ?
Elle hocha la tête et lâcha doucement Natale qui, lui, réprimait une grimace. Il n'avait pas goûté au rappel du titre de son voisin, et encore moins au vol de sa partenaire, mais il ne fit pas de vague et se retira. Le couple resta un moment silencieux puis Pansy finit par demander :
— Où vis-tu depuis que tu es ici ?
— Une cousine de ma mère c'est marié à un homme de ce clan, on s'entend bien, c'est elle qui m'héberge, quand je ne suis pas avec Ange, répondit tranquillement le blond. Elle est très contente que l'on se voit un peu.
— Tu sembles être très amis avec Ange, fit-elle.
— On était à Beauxbâtons ensemble, on est devenu amis en première année.
— Oh, je vois.
Danser avec Aksel était une expérience très différente de celle de danser avec Natale, quoiqu'aussi agréable. Le garçon ne la serrait pas exagérément contre lui, se contentant de la guider élégamment dans ses mouvements. Pansy se sentait bien, apaisé à ses côtés.
— Comment vont les autres à Gower ?
— Plutôt bien.
— Et ta sœur, pourquoi ne l'as-tu pas emmené avec toi ici ?
— Elle passe quelques jours au Danemark, avec ma tante et mes grands-parents. C'est bien pour elle de passer un peu de temps dans notre famille.
— C'est certain.
La main d'Aksel reposait contre sa taille, la tenant doucement. C'était loin de l'étreinte brulante de Natale, différent, mais agréable cependant.
— Et toi ? interrogea-t-il.
— Quoi moi ? s'enquit la jeune fille.
— Tu as de la famille, je veux dire …
— Autre que mon malade de père et mon taré de frère qui as tenté de me tuer ? ironisa Pansy en riant d'un rire sans joie.
Sa poigne se serra un peu, mais cela fit du bien à Pansy qui répondit.
— Il n'y a personne. Ma mère a encore sa mère, une idiote qui idéalise le sang pur et les idéaux du Seigneur des Ténèbres. Et je n'ai pas de grands-parents du côté de mon père, mais c'est sans doute mieux ainsi vu comment ils l'ont élevé …
Elle se reposa un peu plus contre le garçon puis sourit.
— Drago, Théo et Blaise ont toujours été ma famille, avec les jumeaux maintenant. C'est eux que j'aime et à qui je fais confiance.
— Tu as le clan maintenant, rappela doucement l'omega.
— Oui, c'est vrai, j'ai le clan maintenant.
Et cette réalisation lui fit vraiment chaud au cœur.
0o0o0
Severus et Rose dinait tranquillement sur la terrasse, profitant que les enfants étaient tous sortit sur la plage. L'air était encore chaud et il faisait bon sous la tonnelle envahit par les plantes.
— Comment va Rania ?
— Elle s'en sort. Les premiers temps ont été un peu compliqués mais cela se calme à présent. Le département l'a bien soutenu.
Severus hoca la tête et termina son poisson, avant de lui demander :
— Vas-tu reprendre tes cours l'an prochain ?
Rose secoua la tête, agitant la soie rousse de ses cheveux.
— Pourquoi ? interrogea l'homme aux yeux d'ébène. Ce n'est pas parce que moi je n'enseigne plus que tu dois faire de même !
Les problèmes liés à Voldemort c'étaient intensifiés ses derniers temps, drastiquement. Et le potionniste et la nouvelle Directrice avaient convenu ensemble que le retour du professeur serait dangereux. Poudlard n'était plus aussi sûr à présent que Dumbledore n'était plus et Severus exerçait un attrait trop grand sur Voldemort. Fou de rage de s'être ainsi fait rouler, le Lord mettait tout en œuvre pour retrouver son ancien espion et lui faire payer. Il n'était donc bon pour personne que Severus revienne à Poudlard. Même si c'était ce qui avait été prévu lorsqu'ils étaient encore en Angleterre et même si la décision fendait le cœur de Minerva qui s'en voulait d'agir ainsi et avait également bien besoin de l'homme à ces côtés.
— Tu sais bien que plus que le goût de l'enseignement, c'est parce que tu y étais que j'avais accepté l'offre de Dumbledore. A présent les choses sont différentes, répondit doucement la rousse.
— Tu ne voulais pas te retrouver sans emploi l'année dernière et si tu ne reconduis pas ton contrat cette année au Collège c'est ce qui passera à nouveau. C'est même encore plus difficile maintenant avec la politique anti-métisse que développe le Ministère et l'avancée de Voldemort, rappela le potionniste.
Il se souvenait parfaitement de la nervosité et de la crainte de Rose l'an dernier à la même époque. Et il ne voulait pas qu'elle retraverse cela, pas encore une fois à cause de lui. Elle reprit cependant la parole :
— Je m'en fiche, je veux seulement rester avec toi, le reste n'a pas d'importance. Et puis je peux aider au Clan, il y a suffisamment de quoi faire.
— Oui mais tu aimais enseigner et je pense que Minerva serait contente de t'avoir dans l'équipe, argua Severus en terminant son repas.
Le repas avait été excellent. Poisson frais du marché, légumes de l'île et épices méditerranéennes. Un repas qu'il n'avait pas vraiment l'occasion de goûter en Angleterre. Mais la félicité dans laquelle il l'avait plongé se dissipait doucement à présent, emporté par la crainte et l'inquiétude qui submergeait doucement l'ancien serpentard.
— Peut-être, mais je ne passerai pas une autre année loin de toi.
Et même si cette phrase emplissait le cœur de l'homme de chaleur, il ne pouvait s'empêcher de dénier.
— Je ne dois pas être un frein à tes envies, justifia le potionniste en secouant la tête.
Rose sourit, portant gracieusement son verre à ses lèvres.
— Tu ne l'es pas, mais je ne retournerai pas à Poudlard. D'autant que si je reprenais mes cours je devrais être absente un certain temps.
L'homme haussa un sourcil :
— Le Ministère ou Orsu ont besoin de toi ?
Rose avait pris ces distances avec eux l'année passée, pour se concentrer sur sa famille. Mais avec le retour en force de Voldemort, les choses seraient peut-être différentes cette année.
— Non, assura la femme.
— Alors qu'est-ce qui t'obligerais à t'éloigner ? demanda Severus qui ne comprenait pas. Qu'est-ce qui, à part cela, pouvait bien pousser sa compagne loin de lui et de leurs enfants. Insidieusement, comme une créature sombre et perfide, l'angoisse grandit dans le ventre de l'homme. Rose allait-elle partir loin de lui ? Etait-il toujours suffisant ? Il essaya de se tempérer mais sans réellement y parvenir. Ce que la rousse dut voir car elle ajouta :
— Je ne vais pas m'éloigner Sev, j'aurais seulement besoin d'un peu de calme et de repos.
Le sourcil du potionniste se leva plus haut encore et il saisit sa main, ne parvenant pas complétement à faire disparaitre la tension de son corps et de sa voix :
— Es-tu malade ?
Le sourire de la femme s'agrandit et elle serra doucement sa main.
— Non, je suis enceinte.
Comme elle l'avait prévu, l'annonce fut un choc pour son compagnon. Ils n'avaient après tout pas prévu cela, c'était arrivé par accident. La période n'était pas vraiment propice et bien qu'ils en aient parlé, aucuns d'eux n'imaginaient entreprendre cette nouvelle page de leur vie aussi rapidement. Mais parfois la vie décide pour les hommes.
L'étreinte de l'homme se resserra encore et il tendit une main tendre vers le visage de son amante.
— Une part de moi est totalement terrifiée par cela, maintenant et dans ces conditions, chuchota-t-il. Mais une autre est véritablement euphorique. Depuis combien de temps ?
— J'ai des soupçons depuis quelques jours alors j'ai fait le test ce matin, sourit la femme. Je le suis depuis un peu plus deux mois à présent. Au début je pensais que mon cycle était simplement déréglé par le stress, mais ensuite j'ai commencé à me poser des questions et j'ai fait le test.
Severus se leva sans attendre plus longtemps, fit le tour de la table et la prit dans ses bras avant de la soulever, la serrant étroitement contre lui.
— Est-ce une bonne nouvelle pour toi ? demanda-t-elle au creux de son oreille, ses bras passés autour de son cou.
— Oui, indubitablement. Même si j'aurai préféré qu'elle n'arrive pas en cette période. Mais comme nous ignorons quand cela va prendre fin …
Il était angoissé cependant, malgré ses paroles et Rose le sentit bien. Lui caressant le dos elle essaya de le rassurer, d'éloigner les pensées sombres dont elle était sûr qu'elles l'assaillaient.
— Pourquoi les potions de contraceptions n'ont pas fonctionnées ? finit-il par demander, toujours terre à terre. Les as-tu oubliées ?
Elle dénia, une main dans son dos, l'autre jouant avec ces cheveux sombres.
— Non, mais tu sais comme moi qu'elles ne sont pas efficaces à cent pour cent. Et d'autant moins sur les métis pour lesquels la potion n'est pas faite à la base.
Elle glissa ses mains sur ses tempes et l'obligea à la regarder.
— Mais ça va aller Severus, c'est plus tôt que ce que l'on croyait, mais c'est tout de même une merveilleuse nouvelle. Cela demandera un peu de logistique et de prudence, mais on n'y arrivera.
Elle embrassa ses lèvres et continua :
— Nous ne pouvons pas laisser Voldemort décider pour nous.
L'homme hocha la tête mais la serra plus encore contre lui.
— Non mais il peut si facilement vous faire du mal à toi et au bébé.
La rousse dénia.
— Pas question. Je me tiendrai loin des combats le temps que durera la grossesse et ensuite nous protégerons cet enfant, comme nous le feront avec son frère et sa sœur.
Rose semblait si inébranlable, si confiante que Severus ne put qu'acquiescer.
Plus tard cependant, alors qu'il tenait contre lui une Rose endormie, Severus se laissa aller à penser. Une part de lui était totalement euphorique d'accueillir un nouvel enfant dans son foyer. Un enfant de Rose. Une autre cependant était terrifié. Par la guerre évidemment et se conséquence sur le petit être qui allait être précipité dans ce monde perturbé, mais également par la réaction de ses enfants à cette nouvelle. Car bien que les deux aient plusieurs fois évoqué ce sujet comme une bonne chose, le potionniste ne pouvait s'empêcher de craindre leur réaction à cette naissance prochaine. Après tout, leur vie de famille n'était pas des plus simple, ils ne c'étaient retrouvés que depuis peu de temps finalement et Elie et Eiden auraient peut-être l'impression d'être poussés de côté, remplacés par ce nouvel être qui arrivait dans un contexte plus simple, sans passé encombrant et dès la naissance. Mais pour rien au monde Severus ne voulait remplacer ces aînés par ce nouvel enfant. Ce nouvel ajout à leur famille ne changeait en rien ces sentiments ou ses rapports avec les jumeaux, mais il avait peur qu'ils le croient. Il ne pourrait supporter de ternir sa relation avec Eiden et Elie. Rien ne valait cela, même pas un autre enfant. Mais il été là à présent, et même si rien ne le ferait agir contre le bébé, l'homme aurait voulu avoir d'avantage de temps pour en parler et préparer ses ainés.
Doucement, il passa sa main sur le ventre parfaitement plat de sa compagne et expira lourdement. L'annoncer à ses enfants serait probablement difficile, mais il ne pouvait s'empêcher d'être heureux d'agrandir encore leur famille.
Severus et Rose ne retrouvèrent leurs enfants que le lendemain après-midi. Les jumeaux discutaient tranquillement dans la balancelle, une image qui leur en rappela d'autres, de l'été précédent. Le moment était idéal pour leur parler, ils étaient seuls.
— Où sont les autres ? interrogea Rose en les voyants ainsi.
— Théo est avec Ravena et Pansy elle est partit rejoindre Natale.
La femme leva un sourcil, souriant un peu des derniers mots.
— Si Lord Parkinson savait que sa fille batifole avec un métis, ricana quand à lui Severus.
Eiden grimaça :
— Il ne la considère plus comme sa fille alors …
L'homme aux cheveux sombres chassa ses paroles d'une main.
— C'est bien que vos amis s'intègrent, fit Rose.
— Oh elle s'intègre bien, c'est certain, se moqua gentiment son fils. Même si tout le monde n'apprécie pas cela.
Elie leva les yeux au ciel à ces paroles.
— Aksel ne veut simplement pas que Natale se montre trop engageant. Pansy est humaine, elle n'est pas aussi à l'aise que les métis avec ce sujet et Natale n'est pas le plus patient d'entre nous.
— Mais bien sûr ! ironisa le garçon en riant plus fort. L'empressement de Natale est son seul problème ! Peut-être que s'il l'invitait à manger au clair de lune, alors Aksel serait rassuré et heureux ?
Elie secoua la tête, refusant de s'engager sur ce terrain. Ce n'était pas leur problème, tant que personne ne faisait du mal à leur amie.
— Nous devons vous parler de quelque chose, dit soudain Severus, qui ne savait comment commencer.
Le rire d'Eiden et le sourire d'Elie disparurent devant la mine sérieuse de leurs parents.
— Y-a-t-il un problème ? risqua Elie, tandis qu'Eiden observait intensément leurs visages, tentant d'y trouver un signe de quoi que ce soit.
— Ce n'est pas un problème, assura le potionniste en serrant la main de sa compagne, réitérant ses paroles de la veille.
— Qu'est-ce de si important dans ce cas ? demanda la blonde qui commençait elle aussi à s'inquiéter.
— Vous vous souvenez de cette discussion que l'on a eue l'année passée, à propos de nous étant vos parents et que rien, absolument rien ne pourrait changer ni cela, ni l'amour que nous vous portons à tous les deux ? déclara doucement Rose.
Les deux jeunes gens échangèrent un regard et acquiescèrent.
— Je suis enceinte, avoua la rousse. Et bien que ce bébé n'ai pas été prévu et que la situation ne soit pas des meilleure, nous souhaitons le garder. Il ne remplace aucun de vous, ni pour votre père, ni pour moi.
Elle avait tenté de faire cela le plus délicatement possible, mais elle voyait bien que c'était tout de même une forte nouvelle pour ses ainés.
— Il est simplement une personne de plus dans cette famille, ajouta le potionniste. Il ne change rien au fait que je vous aime plus que tout ce que j'ai au monde et qu'il en est de même pour Rose.
Elie fut la première à se ressaisir et sourit à sa mère en tendant la main pour effleurer son ventre.
— C'est une excellente nouvelle, assura-t-elle à mi-voix.
Eiden lui resta un moment saisit, jeta un regard presque apeuré au ventre de Rose et le releva vers Severus avant de tourner la tête, toujours silencieux.
— Eiden ?
L'adulte posa sa main sur l'épaule du plus jeune.
— Eiden ?
Le garçon ne parla pas mais jeta ses bras autour de son père pour se serrer fort contre lui.
— C'est vraiment une bonne nouvelle, chuchota-t-il. Même si c'est terrifiant.
