N.D.A :

Bonne lecture,

Elishae


Chapitre 30 : Pansy

Les jours avaient passés depuis la nouvelle de Rose et les jumeaux c'étaient fait à ce nouveau bouleversement de leur famille. Le garçon couvait d'ailleurs Rose si fort qu'il la laissait à peine traverser le village seule. Eiden et Rose avaient eu un lien particulier dès le moment où elle était devenue sa mère, le jeune homme régressant souvent en enfance à ses côtés, mais maintenant, il semblait vieillir d'un coup, agissant de manière surprotectrice avec la rousse, comme il le faisait encore avec Elie et Blaise. C'était sans doute un travers qui prendrait beaucoup de temps à s'estomper, s'il le faisait un jour. Merci à l'enfance chez les Dursley et à l'acharnement de Voldemort. Il dut cependant se calmer un peu quand Blaise, Drago et leurs familles les rejoignirent sur l'île, son instinct scindé entre son compagnon et sa mère.

La famille Zabini avait été accueillie par des amis du clan, ainsi que Narcissa, tandis que les deux plus jeunes avaient également rejoint les autres dans la maison de Rose.

— Il va falloir envisager des travaux, déclara Rose le lendemain de l'arrivée des deux garçons. Le sourire aux lèvres alors que tout le monde déjeunait sur la terrasse. L'année prochaine nous manquerons de chambre.

— Si chacun dormait là où il le devrait déjà, grommela Severus en plantant sa cuillère dans son bol de fruits.

— Ils sont majeurs Sev, sourit la rousse, tu ne peux pas les empêcher de dormir avec leurs compagnons.

— Ils ne sont pas majeurs encore pour les sorciers, rétorqua l'autre, de mauvaise foi, alors que les adolescents gardaient prudemment le silence.

Severus était globalement heureux d'avoir sa famille élargie autour de lui, mais parfois, comme ce matin-là, la présence d'autant d'adolescents aux alentours réveillait son mauvais caractère. Il n'y a pas encore si longtemps, il se complaisait dans la solitude et le calme morbide. Le choc était violent. Le fait qu'il doive retourner en Angleterre pour la journée n'aidait pas non plus.

Sa compagne rit silencieusement et passa une main dans les cheveux de son fils, assis près d'elle.

— Je dois aller chez Alina ce matin Eiden, veux-tu venir avec moi ? Ton père doit retourner à Londres pour l'Ordre aujourd'hui.

— Je le veux oui, opina fortement le garçon avant de se tourner vers sa sœur. Iras-tu ?

— Avec Mammā ? Non, je dois voir Orsu pour le clan, avec Blaise et Aksel.

— Anton arrive aujourd'hui ?

Elle acquiesça, finissant son déjeuner, la main de Drago traçant des motifs paresseux dans son dos, emmagasinant sans doute un peu de contact avant la séparation de la journée.

— Nous partons dès que tu as finis chéri, déclara Rose avant de se lever.

Il finit donc son déjeuner, enveloppa amoureusement Blaise dans ses bras pour échanger un baiser et gagna avec sa mère le dehors. Dans l'allée qui menait à la maison, à travers les immortelles, les hellébores et les silènes, ils croisèrent Natale, matinal et un sourire accroché aux lèvres.

— Je viens chercher Pansy, fit-il plaisamment après les avoir salué.

— Va frapper, elle est prête, répondit Rose.

Le jeune homme se hâta en direction de la maison et les deux autres quittèrent l'allée fleurie.

— Pansy et lui sont-ils en relation ? interrogea l'adulte.

Eiden grimaça :

— Je suppose que oui vu la façon dont il l'embrassait avant-hier quand je les ai surpris. Même si je trouve pour ma part que cela va un peu vite.

Rose sourit, Eiden n'était pas protecteur qu'avec son compagnon, sa sœur et elle. Bien qu'en réalité Pansy soit devenue une sorte de sœur elle aussi.

— Vous êtes jeune Eid, c'est l'été et ils n'ont pas encore de compagnon, ils ont le droit de s'amuser.

— Je préférerai que Pansy s'amuse avec quelqu'un d'autre, bouda Eiden.

— Pourquoi ? Tu n'apprécies pas Natale ?

— Il n'est pas vraiment désagréable, mais il est arrogant et un peu brusque. Il a une haute estime de lui-même.

— Il n'est pas le plus patient, certes, mais Pansy est tout à fait capable de le freiner si elle le désire.

— Mouai, fit le plus jeune, pas vraiment disposé à lui donner raison.

Ils arrivèrent cependant rapidement à leur destination, une coquette petite maison couverte de fleurs. Dans le jardin de devant jouait un petit garçon aux boucles courtes et brunes et aux angéliques yeux améthystes qui releva la tête à leur arrivée.

— Vous venez voir Mammā ? interrogea-t-il.

— Oui, Ada, lui sourit Rose.

— Il faut rentrer alors, fit très sérieusement le petit, avant de se lever pour les mener à l'intérieur, adorable de sérieux.

Les deux autres le suivirent et Eiden en profita pour glisser à Rose :

— Si tu fais un comme celui-là, je suis entièrement pour.

La femme sourit mais ne répondit pas, se contentant de saluer la jeune femme qu'ils avaient rejoint.

— Bonjour Alina.

— Bonjour Rose, Eiden.

Elle avait une petite trentaine d'année et ressemblait beaucoup à son fils, lui ayant vraisemblablement légué sa peau halé, ses cheveux brun et ses yeux si particuliers.

— Merci de les avoir mené Andrea, déclara-t-elle. Peux-tu aller jouer dehors encore un peu le temps que je regarde le bébé de Rose ?

Le garçonnet opina et se dirigea sagement vers l'entrée.

— Et reste à l'ombre caru, le soleil frappe déjà beaucoup, recommanda sa mère avant qu'il ne disparaisse.

— Il est toujours aussi sage, nota Rose tandis que la femme de soins préparait se dont elle allait avoir besoin.

— Oui il l'est, répondit la femme en l'invitant à s'allonger sur le divan. Bien que j'ai peur que ce soit la mort de Alénius qui l'ai rendu ainsi. Je l'entends encore l'appeler dans son sommeil parfois.

— Cela ne fait que quelques mois, Alina, c'est normal. C'était son père.

— Et mon époux, mon meilleur ami. Et la guerre me la prit, fit l'autre avant de secouer la tête. Mais ne parlons pas de cela maintenant et regardons plutôt ce petit être.

Elle commença par relever le haut de la rousse et palpa doucement son ventre, appuyant ses mains sur ses hanches. Puis elle incanta doucement au-dessus du corps de Rose, utilisant parfois des potions et un peu de son sang pour recueillir des informations. Au bout de quelques minutes elle cessa et aida Rose à se rasseoir.

— Tout est en ordre Rose. L'embryon à bien grossit depuis la dernière fois et les chances de fausses couches sont grandement écartées. Je n'ai pas détecté d'anomalies ou de soucis particuliers. Veux-tu connaitre le sexe de ton bébé ?

— Non je ne préfère pas, fit-elle doucement.

Eiden sourit :

— Et Atta est d'accord avec ça ? Lui et son besoin de tout contrôler …

Rose sourit à son fils.

— On préfère garder la surprise, n'es-tu pas d'accord ?

— Si je le suis, je suis simplement surpris qu'Atta le soit aussi.

— J'ai pu réunir quelques arguments, fit malicieusement la rousse.

— Je n'en doute pas, rit le plus jeune.

— L'accouchement ne devrait pas poser de problème Rose, tes hanches ne sont pas trop étroites et tu es encore jeune. Tu vas cependant sans doute accoucher un peu prématurément.

— Pourquoi ? interrogea immédiatement Eiden, inquiet.

— C'est tout à fait normal, Ada, sourit la sage-femme. Les bébés métis se développent souvent plus vite que les autres et les grossesses entre humains et métisses ne durent pas toujours neuf mois. Il y a une plus grande instabilité, du fait du mélange des sangs et de la différence de nature entre la mère et son bébé. Et c'est encore plus vrai en cas d'union entre un métis et un humain.

— Alors il y a des risques à cette grossesse ? demanda le jeune homme. Pour toi et le bébé ?

— Aucune grossesse n'est sans risque, temporisa Alina, Rose doit simplement un peu plus se ménager que les humains et nous allons la surveiller. Mais tout ira bien ne t'en fait pas. Elle est déjà à trois mois et le fœtus en parait un peu plus. Tout sera fini avant même que tu ne t'en rendes compte et tu regretteras d'avoir passé tant de temps à t'inquiéter plutôt qu'à en profiter.

Elle rit doucement en replaçant le vêtement de Rose.

— Et moi qui pensais que les jeunes pères étaient les pires ! Il semble en réalité que ce soit les jeunes frères !

Eiden secoua la tête mais n'ajouta rien, sans doute était-ce vrai.

Il ne revit Blaise que le soir, alors que leur groupe d'amis élargis c'était réuni sur un morceau de plage un peu à l'écart. Le vent faisait doucement se balancer les eucalyptus et les immortelles, embaumant l'air. Du bois flotté avait été ajouté au feu, colorant les flammes d'éclats bleus et violets. Il était assis avec Drago, Théo et Ravena, discourant calmement des dernières nouvelles tandis que Natale tenait Pansy dans ces bras un peu plus loin, s'embrassant plus que parlant.

— Hey, fit doucement Ravena, ayant entendu avant les autres Anton et Blaise s'approcher.

Le serpentard se porta immédiatement à la rencontre de son compagnon et ravit ses lèvres en souriant, heureux de le retrouver. Eiden entoura immédiatement son cou sombre de ses bras, apercevant du coin de l'œil Ravena saluer l'égyptien qu'elle n'avait pas encore vu depuis son arrivée le matin même.

— Où sont les autres ? interrogea Drago.

— Ils arrivent, révéla Anton, ils discutent simplement avec le chef du clan de l'Arbre Bleu.

— Comment c'est passé la journée ? interrogea Théo tandis qu'Eiden, de retour sur le sable, attirait Blaise entre ses jambes.

— Intéressant, répondit le bistré, je ne crois pas être capable de retenir tout ce qu'Orsu et les autres ont dit mais c'était intéressant quoi qu'il en soit.

— Tu y arriveras, fit, confiant, l'égyptien. Tu es jeune et ceci est tout nouveau, mais tu finiras par y arriver.

Son sourire glissa un peu lorsqu'il avisa de la présence de Natale non loin, qui trop occupé à ravagé la bouche de Pansy ne les avaient même pas vu arriver.

— Un problème ? interrogea Blaise en le voyant faire.

L'égyptien grimaça légèrement et s'assit avant de déclarer sur un ton égal :

— Il y a d'autres compagnons de soirée que je préfère à Natale.

Devant le regard interrogatif de l'autre garçon il continua :

— Ce que Natale veut, il le prend, sans se soucier des conséquences. Ce n'est pas un comportement que j'encourage.

— Pansy ne semble pas vraiment être en désaccord avec leurs activités, si c'est ce que tu crains, répliqua Théo en leur jetant un coup d'œil.

— Non, mais rien n'empêche d'être vigilant. Lui sait parfaitement ce qu'il fait.

Anton n'ajouta rien de plus, mais il fut clair pour les anglais qu'aucun des métis n'approuvaient le comportement du jeune corse. Ce qui se confirma quand Elie fit à son tour son apparition avec Aksel. En voyant l'invité du jour, le visage de la jeune fille se tordit une demi-seconde, juste un brève instant avant de reprendre son expression lisse habituelle. Aksel quand à lui lança un regard noir à Natale et manqua de lui sauter à la gorge quand le garçon interrompit brièvement son activité pour lui offrir un sourire mi victorieux, mi moqueur. Mais les doigts d'Eli vivement refermés autour de son poignet l'en empêchèrent.

— Bonsoir Natale, fit doucement la blonde, imperturbable.

— Bonsoir Elie, répondit l'autre alors que les deux nouveaux venus prenaient place.

Pansy sembla saisir la tension qui avait pris le groupe car elle se leva lentement et vint se placer près de son amie pour l'interroger sur sa journée. Elle n'eut d'ailleurs plus de contacts plus qu'amicaux avec Natale, bien que celui-ci tenta d'en engager toute la soirée.

— Tu ne peux pas cesser cinq minute, Nat, soupira-t-elle finalement alors qu'ils partaient tous se coucher.

— Quoi ma belle ? ronronna le métis. Il me semblait que cela te plaisait.

— Ça me plait, mais en privé. Cela me gêne que tu te conduises ainsi avec moi lorsqu'on est en public et à plus forte raison avec mes amis.

— On ne fait rien de mal, rétorqua le garçon en caressant son bras.

— Non, c'est vrai, mais je ne suis pas habitué à être si intime en public. Ce n'est pas mon caractère et je n'aime pas trop cela.

L'autre sourit et picora la peau de sa joue de baiser.

— Mais là nous sommes seuls.

Envahit de chaleur à ces gestes, Pansy se laissa convaincre et finit par se laisser passionnément embrassé par le beau corse. Natale commençait d'ailleurs à devenir franchement entreprenant lorsque la voix claire d'Elie retentit.

— Pansy ? Nous y allons.

La jeune femme reprit péniblement ses esprits, repoussa doucement mais fermement son petit ami et déclara :

— Oui je vous suis.

Elle s'écarta du jeune homme et le quitta après un dernier baiser papillon. Elles s'étaient avancées assez loin lorsque finalement Elie demanda :

— Natale ne te force en rien Pansy, n'est-ce pas ?

La jeune brune, surprise, s'arrêta au milieu du chemin.

— Non, pourquoi dis-tu cela ?

Elie s'agita un instant, gêné de s'immiscer ainsi dans la vie de son amie et de paraître cavalière. Si Pansy le voulait alors elle n'avait rien à dire.

— Vous êtes … hum … très démonstratif et ce n'est d'ordinaire pas ton habitude …

L'aristocrate soupira et reprit la route.

— Oui, j'en ai discuté ce soir avec lui. Je sais que chez les métis c'est plus courant mais moi cela me gêne. Il va faire attention.

— Même chez les métis on ne cherche pas à lécher la glotte de sa partenaire en public, marmonna Elie.

Pansy éclata de rire :

— Tu sais que tu ressembles à ton père !

Elie grimaça mais finit par la rejoindre, riant avec elle.

Les jours suivants furent plus paisibles, Natale calma un peu ses ardeurs lorsqu'ils n'étaient pas seuls et Pansy n'hésitait pas à poser des limites fermes lorsqu'elle le voulait. Cela sembla rassurer un peu ses amis qui tolérèrent plus facilement le garçon à leur côté. Sauf Aksel, qui lui ne semblait vraiment pas pouvoir supporter le corse. Il passait d'ailleurs de moins ne moins de temps avec eux, préférant rejoindre des amis de son âge. Et si Pansy comprenait parfaitement qu'il eut envie de voir ses anciens camarades et amis, elle était peinée d'être la raison de l'absence de l'oméga. Elle voyait également bien que cela chagrinait Elie et les autres de voir Aksel les éviter. Désireuse de régler cette situation, elle tâcha de trouver le jeune homme pour lui en parler. Le blond était cependant si difficile à aborder qu'elle finit par demander de l'aide à Ange.

— Je peux t'aider Pansy ?

— Je cherche Aksel.

Le garçon lui lança un regard indéchiffrable et répondit :

— Il est assez occupé.

— Je n'en doute pas, grimaça Pansy, mais je voudrai vraiment le voir.

Il l'observa encore un instant et la jeune femme aurait pu jurer qu'il l'avait reniflé.

— Je ne suis pas sûr qu'il veuille voir du monde, hésita-t-il. Mais si c'est vraiment important … il est à l'est sur le terrain d'entrainement.

— D'accord, merci.

Elle se hâta dans la direction indiquée. Un certain nombre de personne s'entrainaient, malgré la fournaise qui régnait sur l'île en ce milieu d'après-midi. Après un moment de recherche, la brune finit par localiser celui qu'elle cherchait, dans un endroit un peu à l'écart, s'entrainant sans nul doute au corps à corps sur un sac à cette effet, comme le faisait les moldus. Il s'échinait d'ailleurs sur le pauvre outil, frappant le sac avec violence et vélocité. Il avait pour une fois laissé de côté ses chemises, ne revêtant qu'un pantalon d'entrainement. Il s'interrompit cependant rapidement, l'ayant sans doute senti ou entendu arriver.

— Pansy ?! Que fais-tu là ?

— Je … je te cherchais à vrai dire … déclara la jeune fille, intimidé par l'aura de sauvagerie et de colère qui s'échappait du jeune homme.

Il avait complétement laissé sortir sa nature de changeur de peau et Pansy se demanda un instant si c'était réellement une bonne idée de le déranger. Aksel sembla cependant voir qu'il l'intimidait puisqu'il se calma et attrapa une serviette pour éponger la sueur qui couvrait son torse et son visage, le temps de se donner une contenance.

— Je t'écoute, dit-il, aussi plaisant qu'à l'ordinaire.

— Je …

A présent qu'elle y était, l'aristocrate ne savait pas comment aborder la chose.

— Tu sembles contrariée depuis que Natale nous côtoie. Je peux tout à fait comprendre que tu ne l'apprécie pas, mais il n'est pas juste que tu évites les autres à cause de moi. Je vais faire un effort pour moins vous l'imposer, mais tu penses que tu peux passer à nouveau du temps avec les autres ? Je sais que tu manques à Elie, même si elle ne le dit pas …

A l'évocation de son alpha le blond ne put s'empêcher de sourire.

— Je n'évite pas les autres à cause de toi Pansy.

— Peut-être pas, mais tu le fais à cause de Natale, qui est là pour moi.

— J'ai beaucoup de travail et je dois m'entrainer, répliqua l'autre en détournant les yeux.

— Je sais cela, fit Pansy, mais peux-tu trouver un peu de temps pour nous ? Ces nos derniers moments de paix avant longtemps et …

— Et ? s'enquit le danois.

— Et tu me manques aussi. Ce n'est pas parce que j'ai un petit ami maintenant que je ne veux plus voir mes amis. Et nous sommes devenus amis toi et moi, du moins je l'espère …

— C'est le cas, oui.

Il sourit doucement et la brune fondit. Elle voulut poser sa main sur son bras pour sceller en quelque sorte leur entente, mais le garçon s'écarta.

— Je ne suis pas très propre, s'excusa-t-il.

Elle leva les yeux au ciel et lui dit qu'elle n'en avait cure. Quand elle voulut se rapprocher cependant il s'éloigna encore, l'en empêchant.

— Quel est le problème ? s'enquit-elle.

Aksel ne répondit pas d'abord puis il soupira.

— Tu es couverte de l'odeur de Natale.

Elle recula, mal à l'aise.

— Pardon.

Un rictus tordit le visage de l'oméga et il suggéra, tendu :

— Tu devrais peut-être partir, je n'ai pas encore fini …

— Oui, oui bien sûr.

Elle le quitta rapidement et erra un long moment ensuite, s'interrogeant sur l'étrange comportement d'Aksel. Elle sursauta d'ailleurs fortement lorsqu'un bruit se fit entendre près d'elle. Fort heureusement, ce n'était qu'une chauve-souris. Il faisait fort sombre, elle ne c'était pas rendu compte qu'il était si tard. La nuit était déjà tombée.

— Ok, se dit-elle à voix haute, il est peut-être temps de rentrer.

Elle se dirigea vers ce qui semblait être la direction du village. De longues minutes passèrent et finalement elle aperçut au loin les lumières des premières habitations et croisa une jeune fille d'une douzaine d'année qui remontait de la plage.

— Est-ce que tu peux dire à Elienor Grimm-Rogue, la fille de Rose Clairbois que je vais rester un moment sur la plage pour réfléchir s'il te plait ? Je rentrerai dans un moment.

La petite opina et trottina en direction de la maison de Rose.

Elle voulait se ternir loin encore un moment et s'assit au bord de l'eau, écoutant simplement la mer aller et venir. Elle ne resta cependant que quelques instants seules.

— Alors tu étais ici finalement, susurra une voix à son oreille.

— Qu'est-ce que c'est cette habitude à vous les métis d'apparaitre ainsi sans un bruit, sans un signal ?

Natale sourit et se laissa tombé à ses côtés.

— Où étais-tu tout ce temps ?

— Je voulais simplement réfléchir un peu.

— Oh, et as-tu finis ?

— Ça va dépendre de ce que tu proposes ? taquina Pansy.

Le jeune homme ne se le fit pas dire deux fois et se pencha pour ravir ses lèvres. Comme à chaque fois Pansy fut saisit par le toucher brulant de l'autre. Les doigts du garçon voyageait sur ses épaules et son cou, allumant des trainés de feu. Embrasser Natale était infiniment agréable, bien plus que ce qu'elle avait pu échanger avec cet idiot de Travers auparavant et mieux encore que les baisers hésitants de ce beau Serdaigle de l'année passée.

— J'ai tellement envie de te dévorer, murmura Natale en mordillant son cou.

Ses mains se firent en peu plus audacieuse, caressant son ventre, remontant sur ses côtes et finalement ses seins. Il l'allongea sur le sable et profita du mouvement pour écarter un peu le voilage de son t-shirt, effleurant le soutien-gorge en dentelle fine qu'elle portait en dessous. Elle ne fut pas en reste cependant, passant ses mains sur la poitrine musclée du métis qui ne tarda d'ailleurs pas à ôter sa tunique pour lui faciliter le travail. Et Merlin qu'il était délicieux ! Sans même sans rendre compte elle était à moitié nue, les mains de Natale bien plus bas qu'elles ne le devraient.

— Natale ...

Il ne réagit pas, trop occupé à faire glisser ses doigts sur ses cuisses.

— Natale non !

Il releva la tête, un peu étourdit.

— Quoi ?

— Je ne veux pas aller aussi loin, déclara la jeune fille en essayant de se soustraire au corps musclé du métis.

— C'est normal que tu appréhendes, ce n'est pas grave, tenta-t-il de la rassurer.

— Non, je ne veux pas, c'est trop tôt.

Elle poussa fort sur sa poitrine mais le jeune homme ne bougea pas. Il posa sa main sur sa joue, emprisonnant son visage.

— Détend toi Pans, ça va aller.

La chaleur de ses doigts s'intensifia, ses pupilles brillèrent plus encore et Pansy tomba dans une sorte de léthargie bienheureuse, comme si plus rien d'autres n'avait autant d'importance que de sentir le corps de Natale contre elle.

— Voilà Uimpī[1], tu vois on est bien …

Lentement, caressant sa peau il dégrafa son soutien-gorge, libérant deux seins rebondit et pâle comme l'ivoire. Même le soleil de Corse n'avait pu assombrir la peau de la jeune aristocrate.

Dans les brumes de son esprit, Pansy sentit tout de même que quelque chose n'allait pas. Elle tenta de se dépaitrer de l'emprise sur sa tête, mais rien n'y fit. C'est seulement lorsque la large main de Natale gagna sa culotte qu'elle réussit à proférer un petit gémissement.

— Non ...

Elle ferma les yeux mais ce qu'elle craignait n'arriva jamais. Soudain le corps lourd qui la surplombait fut arraché à elle et un bruit sourd retentit. Pansy voulu se redresser mais sa tête tournait et ses membres semblaient coulés dans du plomb.

— Ne bouge pas Pansy ça va aller.

Elle reconnaissait la voix mais été incapable en cet instant de dire à qui elle appartenait. Des doigts fins caressèrent ses cheveux et une cascade de boucle blonde envahirent son champ de vision alors que le morceau d'étoffe qui les retenait venait dissimuler sa poitrine nue.

— Elie ?

— Oui c'est moi Pans, je m'occupe de toi ça va aller.

Elle réussit à se redresser juste à temps pour voir Aksel, l'air fou, écraser son poing sur la jolie face de Natale déjà bien amoché.

— Tu es en sécurité Pans, il ne va plus te faire de mal.

A peine quelques mètres plus loin Natale se relevait et refermait sa mâchoire sur le bras d'Aksel qui siffla avant de répliquer par un coup de pied. L'autre l'évita et sauta sur le blond, traçant quatre grandes estafilades sur le torse hâlé du danois.

— Non ! protesta Pansy. Aksel …

Mais Elie la retint à nouveau et l'entoura de ses bras.

— Ne t'en fais pas, Natale ne fait pas le poids face à Aksel, il ne va pas lui faire de mal.

Et en effet, bien que le corse parvienne parfois à infliger quelques blessures à son adversaire, il fut peu à peu acculé et maitrisé par le blond qui semblait déterminé à le tuer à coup de poing. Fort heureusement Ange réapparut à ce moment et le retint.

— Arrête Aksel tu vas le tuer !

L'oméga grogna sauvagement pour toute réponse, s'agitant autant qu'il le pouvait pour sortir de l'étreinte de son ami.

— Il est maitrisé Aksel c'est bon, asséna le fils de l'alpha. Ne vas pas te compromettre pour lui !

L'autre gronda à nouveau et Ange rajouta :

— Pansy va bien, on est arrivé à temps. Maintenant tu te calme, elle a été assez terrifiée comme cela !

Et en effet c'était le cas, car si l'agression du jeune corse avait été terrible, voir Aksel, d'ordinaire si maitrisé, en pleine crise de folie sauvage était aussi terrifiant. Cet argument sembla cependant faire mouche et le blond se calma d'un coup. Ignorant le corps sérieusement amoché de l'autre adolescent, Aksel se dirigea vivement vers la jeune fille qui ne put s'empêcher d'avoir un mouvement de recul. Le danois avait du sang sur les mains, sur le visage, la cuisse et le torse et son bras était sérieusement blessé mais il ne semblait pas s'en faire.

— Est-ce que ça va ? interrogea-t-il.

Pansy ne répondit pas mais fondit en larmes, terrassé par les événements. Sans réfléchir Aksel lui ouvrit les bras et elle s'y réfugia, s'y sentant en sécurité. Ange ôta sa chemise et la posa doucement sur les épaules de la jeune femme qui tremblait encore de peur. Ange c'était précipité sur le chemin à la recherche d'aide dès qu'il avait pris connaissance de la situation et avait chargé un couple qui passait de prévenir au plus vite son père avant de retourner auprès de ses amis.

— Si nous ne nous étions pas promené par ici … chuchota Elie.

— Inutile de penser à cela El, dit doucement Ange en serrant son épaule.

La jeune fille posa sa main sur celle de son cousin, tentant de tenir éloigné ses propres souvenirs d'agressions ravivées par la situation. Elle fut cependant distraite de ses noires pensées par Orsu, son beta Sampieru et Leria, son delta, prévenu par le couple apostrophé par Ange. Ils prirent rapidement connaissance des faits et Leria s'approcha doucement de la jeune fille toujours en sanglot contre Aksel.

— Rien ne sert de rester ici, ramenez-là à la maison. Le père d'Elie pourra lui donner quelque chose.

Aksel la souleva dans ses bras, n'ayant apparemment pas pour projet de la lâcher tout de suite. Ses yeux étaient encore complétement noirs et il semblait toujours au bord de la folie. Prenant garde à ce que la chemise d'Ange la dissimule toujours, il partit d'un bon pas en direction de la maison de Rose. Ange resta avec les trois gradés pour expliquer les faits. Elie quant à elle courut jusqu'à chez ses parents pour les prévenir et faire le vide. Il était certain que trop de monde autour de Pansy la ferait paniquer. Et grand bien lui en prit car lorsqu'Aksel arriva, il put conduire sa charge directement dans sa chambre, au calme.

Il fallut de longues minutes pour que la jeune fille se tranquillise un peu et cesse de sangloter, mais elle y parvint finalement et Aksel la relâcha doucement. Ses yeux avaient retrouvés leur limpidité et il semblait à nouveau maitre de lui-même. Il écarta doucement l'adolescente de son corps mais celle-ci s'y cramponna, refusant de le laisser la quitter.

— Il faut que j'y aille juste un moment Pansy, chuchota-t-il. Je te promets que je reviens au plus vite.

Mais les doigts pâles restèrent figés derrière sa nuque, doucement il les écarta et sortit de son étreinte, même si cela semblait le déchirer.

— Je suis désolé, mais il faut que je … murmura-t-il.

— Vas-y, aquiesça Elie, je m'occupe d'elle.

Son amie c'était roulée en boule sur le lit, des larmes silencieuses coulants de ces yeux rougis. D'un geste de la main, Elie fit venir à elle une douce éponge et une petite bassine d'eau chaude et parfumée.

— Je vais seulement enlever le sang de ta peau, d'accord ?

Elle n'attendit pas de réponse mais s'approcha précautionneusement. Elle voulait en effet retirer le sang de sa peau, mais surtout l'odeur et les phéromones de Natale, qui les rendaient, elle et surtout Aksel, fous. Débarrasser son amie de tout ce qui restait de lui. Pansy se laissa faire et bientôt il n'eut plus trace de Natale sur elle.

— Va-t-elle bien ? interrogea doucement Rose en entrant. Il avait convenu avec Severus que ce s'était préférable qu'elle y aille plutôt que lui. Avec une femme c'était sans doute plus simple.

— Il ne l'a pas physiquement blessé, répondit sa fille. Et nous sommes arrivé avant qu'il …

Elle ne termina pas sa phrase mais la rousse avait compris.

— Bois cela chérie cela va te faire du bien. Tu as seulement besoin de dormir.

Pansy secoua la tête et Rose caressa ses cheveux.

— Je pense qu'elle veut attendre Aksel avant de le faire. Il lui a promis de revenir rapidement.

— Aksel ? s'enquit Rose.

— Oui, c'est lui qui a éjecté Natale d'elle. Il l'a massacré ensuite et a ramener Pansy ici. C'est normal qu'elle se sente en sécurité près de lui, expliqua Elie.

— Nous allons l'attendre alors.

— Oui, elle a besoin de voir qu'il tiendra sa promesse.

Et en effet, le jeune homme revint quelque temps plus tard, le sang sur son torse rapidement essuyé et un bandage de fortune serrant son bras et sa cuisse. Il soupira lourdement en ne sentant plus que le parfum du savon sur le corps de la jeune fille et se porta près d'elle, attrapant doucement sa main.

— Allez Pansy, prend cette potion, tu as besoin de dormir. Je reste près de toi jusqu'à ce que tu te réveilles.

Il passa une main douce derrière la nuque de l'adolescente pour l'aider à boire et elle s'endormit en quelques secondes.

— Une bonne chose enfin, soupira Elie. C'est mieux qu'elle oublie tout pour un moment.

— Sans doute. Je vais chercher de quoi te soigner Aksel je reviens, déclara Rose.

Le garçon opina, peignant de ses doigts les cheveux bruns de l'aristocrate en arrière.

— Ça va Aksel ? interrogea doucement la blonde.

— Pas vraiment, répondit l'autre. Mais heureusement il n'a pas eu le temps de la violer.

Elie secoua la tête.

— Je ne comprends pas comment il a pu en arriver là. Je n'ai jamais soupçonné qu'il pouvait agir ainsi. Utiliser son charme métamorphe sur elle ainsi et la forcer …

Aksel grogna.

— Aucun de nous n'aurait pu l'imaginer. Nous ne l'aurions pas laissé approcher si nous avions pu deviner.

Il croisa le regard de la blonde et constata qu'elle semblait grandement affectée par les événements.

— Va rejoindre ton compagnon El, je vais veiller sur elle.

La jeune serpentard secoua la tête.

— Non je ne veux pas la laisser, pas ce soir.

Le danois lui offrit un sourire doux.

— D'accord.

Et ils restèrent tout deux auprès de Pansy.

[1] Uimpī : jolie femme