N.D.A :

Bonjour, voici la suite de cette histoire. Merci infiniment à ceux qui sont restés malgré mon retard, mes retards.

Bonne lecture et bonne journée à tous !

Elishae


Guest : Contente que le châtiment t'ai plu !Merci pour tes encouragements, je n'abandonne pas, même si je prends parfois du retard. Merci de prendre le temps de commenter et bonne lecture.


Chapitre 32 : Mariage

Eiden contemplait le plafond blanc fissuré de la chambre de Ron. Il y était monté pour s'habiller et en avait profité pour faire une petite pause. Le Terrier, que le jeune garçon n'avait jamais connu calme, était en ce jour particulièrement bruyant. Entre la famille Weasley, les jumeaux Rogue, les parents Delacour et les différentes personnes qui aidaient aux derniers préparatifs du mariage, l'endroit était plus animé que jamais. Et même si Eiden ne regretterait jamais l'époque de sa vie où il était seul, il avait parfois besoin de calme, un calme qu'il n'arrivait plus à s'accorder maintenant qu'il avait retrouvé sa famille. Il adorait être avec eux et faisait en sorte qu'ils quittent le moins possible son champs de vision mais il devait avouer que là, en cet instant, il avait juste besoin d'un peu de calme. Tout c'était enchainé depuis les événements de juin et de cette nuit terrible où Dumbledore était mort et le jeune homme voulait simplement se poser et respirer un peu, seul.

Machinalement il sortit de sa poche le médaillon qui ne le quittait presque jamais. L'espace d'un instant il et envie de le balancer par la fenêtre. Cette chose qui avait nécessité tant de sacrifice et qui avait précipité la mort d'un des plus grand sorcier du monde était un faux. Une pâle copie de ce qu'il cherchait vraiment. Il s'en était rendu compte rapidement bien sûr, mais cette après-midi, ici, seul dans cette chambre, il pouvait enfin laisser sa rage éclater. Etais-ce pour cela que Dumbledore devait mourir ? Pour une copie de relique et un petit message manuscrit ? Il avait cherché qui pourrait bien être ce fameux R.A.B, mais il n'avait rien trouvé. Ni lui, ni sa sœur, ni ses amis. Personne n'avait le moindre indice, la moindre piste quand à ce mystérieux personnage qui aurait lui aussi découvert le secret de Voldemort. Etait-il mort ? Avait-il trouvé d'autres horcruxes ? Etait-il encore à leur recherche ? Impossible de le savoir et cela le mettait dans une colère folle. Il était dans une impasse. Il aurait pu demander de l'aide à son père mais il ne lui avait pas révéler toute l'histoire. Il lui avait parlé des horcruxes, de leur quête mais il n'avait pas insisté, ne voulant pas trop mêler son père à cela. Il craignait de l'exposer trop, mais aussi qu'il ne l'empêche de mener la mission que Dumbledore lui avait confié à bien. Les horcruxes devaient être détruit, et il devait être celui qui le ferait, pour qu'enfin il puisse affronter Voldemort. Il chassa d'ailleurs immédiatement cette idée de sa tête, il ne voulait pas y penser. En général il évacuait ces réflexions rapidement, ne désirant pas se pencher encore sur l'épreuve immense qui l'attendait. Pour le moment il restait encore des horcruxes, une seule difficulté à la fois.

Un petit coup retentit contre le panneau de porte et Hermione entra avec un sourire contrit sur le visage :

— Elie a retardée autant qu'elle pouvait le moment mais tu vas bientôt devoir descendre, révéla-t-elle.

— Elie ?

— Oui, elle a fait en sorte de te laisser un moment.

Eiden sourit, Elie savait toujours se dont il avait besoin.

Hermione posa son regard sur le médaillon et ses lèvres se pincèrent. Le garçon voyant cela le rangea. Ce n'était pas le jour de s'inquiéter pour les horcruxes.

— Es-tu près ?

Il ne l'était pas bien évidemment. Il ne portait que son pantalon de costume, pas de haut et ses pieds étaient nus. Il se vêtit donc rapidement et Hermione l'aida à nouer son nœud de cravate. Le costume était vert bouteille, la chemise lin et le nœud papillon camelle, assortit à ses chaussures récemment cirées. Il était très élégant et venait d'une boutique haut de gamme de Paris. Hermione portait quant à elle une belle robe rouge qui flattait sa silhouette.

— Tu es parfait, sourit-elle.

— Et toi également.

Il embrassa sa sœur de cœur sur le front et la serra un instant contre lui.

— Je suis vraiment heureux que ce troll nous ait rapproché Mione, avoua-t-il dans ses cheveux domptés mais laissés libres.

Elle sourit.

— Et moi je suis très heureuse qu'il ne nous ait pas tués.

Il la poussa légèrement de l'épaule pour la punir et ils descendirent les marches. Dans la cuisine ils surprirent deux adolescents en train de s'embrasser éperdument et Eiden grimaça :

— Pitié Drago n'agit pas comme si vous alliez vous séparer pour dix ans il ne s'agit que d'une soirée et d'ailleurs tu ne la quitte même pas.

— Hors de question qu'elle touche quelqu'un d'autre que moi, protesta le blond sans daigner s'éloigner de sa petite amie.

— Mais il s'agit de toi, je te rappelle, se moqua le fils de Severus.

— Pas question qu'elle touche un autre corps, même si c'est moi à l'intérieur. Elle ne me touche que moi, sous cette présente forme.

— Comment allez-vous faire dans dix ans alors, lorsque tu auras vieilli ? ricanna le fils du potionniste.

L'autre ne prit même pas la peine de répondre et pour la peine, reprit ses embrassades humides avec sa sœur. Il fut cependant obligé d'y couper court lorsque Severus arriva.

— Merlin Drago épargne moi tes adieux ridicule tu ne vas nulle part.

Son filleul lui lança un regard courroucé, et se retint très fort de ne pas lancer un sort à Eiden qui se moquait ouvertement de lui de l'autre côté de la pièce. Pansy et Théo ne tardèrent pas à les rejoindre et le maître des potions disposa trois fioles sur la table en bois de la cuisine.

— Où as-tu eu les prélèvements ? interrogea le fils Malfoy.

— La paire infernale me les a fournis. Ils viennent du village, répondit l'adulte.

— Du village moldu !

Severus leva les yeux au ciel et lui tendit la fiole pour toute réponse.

— Si ça vient des jumeaux je ne suis pas sûr qu'il faille le boire, déclara le blond.

— As ton aise, mais dans ce cas tu rentres au Manoir. La seule condition pour que tu puisses assister à la fête c'est de te dissimuler. Tu sais très bien que ton père te cherche, ainsi que ceux de Pansy et Théo. Donc tu choisis, c'est potion ou Manoir.

Le jeune noble grimaça, peu pressé de boire le liquide atroce. Mais il ne voulait pour rien au monde laisser sa compagne seule à cette soirée alors il finit par avaler le contenu de la fiole. Elle avait un gout un peu rance, comme des fruits pourries mais il l'avala tout de même et endura la transformation quelle lui imposait. Le visage de Pansy s'orna de quelques taches de rousseurs et ces cheveux prirent l'aspect d'une tignasse un peu négligé couleur châtaigne. La peau de Théo, quant à elle, prit plusieurs tons et son visage s'éclaira de deux grands yeux lagon tandis que Drago prenait lui aussi quelques couleurs mais surtout changeait ses cheveux d'or blanc pour …

— Roux ! Roux ! C'est une plaisanterie !

Severus ne prit même pas la peine de l'écouter, lavant seulement les fioles d'un sort.

— Allez Drago il n'y a pas mort d'homme, on l'est bien nous ! ricana Ron qui était arrivé à temps, avec sa sœur, pour assister aux changements de ces amis.

— Mais vous vous êtes des Weasley ! C'est dans votre nature d'être roux ! Moi je suis un Malfoy et jamais un Malfoy n'a eu l'infamie d'être roux.

— Cesse ton drame Drago, le marché tient toujours. Alors c'est soit cela, soit tu rentres au Manoir.

Les joues du garçon s'ornèrent d'un beau rouge qui jura avec ces cheveux mais ne put rien dire car sa petite amie posa une main sur son bras.

— Ce n'est que pour un soir Drago, rappela-t-elle.

Un éclair blanc flasha dans l'air et le rire des jumeaux se fit entendre alors que l'un deux baissait .un appareil moldu.

— Merlin que tu es beau Drago !

Leur victime voulait leur sauter dessus mais le bras d'Elie le retenait toujours.

— Vous …

— Calme toi Drago ce n'est que pour ce soir, répéta celui qui devait être George en agitant moqueusement son appareil. Et puis tu nous dois bien ça avec toutes les crasses et les moqueries que tu nous as fait endurer pendant quatre ans. Regarde, voilà l'occasion parfaite de nous prouver que tu n'es plus l'horrible petit sang pur pourri gâté à son papa. Tu es au-dessus de ça maintenant non ?

Drago garda prudemment le silence, pas vraiment certain de pouvoir parler sans insulter copieusement les deux frères.

— Allez, puisque tout le monde est prêt ! fit joyeusement Fred, allons accueillir ses jolie cousines vélanes qui arrivent. Et Eiden bouge-toi un peu si tu ne veux pas qu'elles accaparent notre cher Blaise si craquant dans son costume.

Ce fut au tour du fils Rogue de grommeler, plus si certain de trouver les idées des jumeaux si bonnes.

— Viens cousin Barnie, on veut-te présenter à tout le monde.

— Qui est cousin Barnie ? interrogea Drago, l'air dangereux.

— As-ton avis ? susurra Fred.

Finalement Drago réussit à se faire à sa nouvelle couleur de cheveux, non sans moult bouderies et grognements, et il réussissait enfin à s'amuser, dansant tranquillement avec Pansy lorsque qu'un patronus traversa le dais qui recouvrait le chapiteau pour atterrir en plein milieu de la piste. La bouche fantomatique de la créature s'ouvrit et elle déclara, de la voix profonde de Kingsley Shacklebolt :

— Le ministère est tombé. Scrimgeour est mort. Ils arrivent !

Le temps s'arrêta un instant, parfaitement silencieux, puis ce fut la panique, des cris, des pleurs se firent entendre et tout devient confus. Les membres de l'Ordre réagirent immédiatement, tirant leurs baguettes et Eiden s'apprêtait à faire de même lorsque sa sœur et Hermione échangèrent un regard. La demi-seconde d'après, elle lui prenait le bras et ils disparaissaient. Il eut seulement le temps de voir Severus et Rose disparaitrent avec Drago et Pansy puis soudain il était en pleine rue, juste devant un bus qu'ils n'évitèrent que de justesse.

— Mais on est où Hermione et qu'est-ce qui se passe ? cria Ron, surpris, son bras toujours tenu par la jeune femme.

— Tottenham Court Road et les mangemorts se sont invités à la fête, voilà ce qu'ils se passent.

— Mais les invités ? fit Eiden.

— Ils se débrouilleront, répondit la née-moldue en les tirant dans la rue, loin de la voie.

— Mais ma sœur et Blaise, et les autres ? insista le brun.

— Ils sont en sécurité ne t'en fait pas.

Elle les mena dans une petite ruelle sombre et s'assura qu'il n'y avait personne avant de plonger sa main dans le petit sac en perle qui ne l'avait pas quitté de la soirée.

— On doit y retourner, pour aider les autres ! insista encore le fils de Severus.

— Non Eid, on ne doit pas.

—Mais … commença Ron.

— Mais vous ne comprenez pas ce que tout cela signifie ? s'impatienta la jeune fille en sortant des jeans qu'elle leur lança. Ta couverture a sautée Eiden.

— Quoi ?

— Tu vois une autre raison à la venue précipitée des mangemorts au Terrier ? Comme par hasard une fois qu'ils aient pu avoir accès à toutes les informations du Ministère. Ils venaient te chercher Eid, ou plutôt ils venaient chercher Harry.

— Mais que fait-on alors ? Et où sont les autres ?

— On se cache pour le moment, le temps d'en savoir plus. Et je doute que les mangemorts viennent nous chercher ici.

Avant que les garçons ne puissent posés leurs questions, et voyant qu'ils s'étaient tous les deux vêtu à la moldu, elle les traina dans un café.

— Qu'est-ce que tu … commença Eiden mais elle le coupa, lança un sort d'intimité et sortit de son décolleté une toute petite loutre de papier pendant au bout d'une chaine. Elle le posa sur la table et l'animal s'ébroua avant de s'immobiliser sur la surface de la table bon marché.

— Pour l'amour de Merlin Hermione qu'est-ce que ceci ? s'exclama le brun.

— Elie et moi avons beaucoup discutés cet été. Je n'imaginai pas que votre secret puisse tenir encore bien longtemps et nous nous étions préparées à une éventualité comme celle-ci.

— Vous avez préparé des jeans et un pliage ? demanda Ron qui décidément avait bien du mal à comprendre.

Son amie lui lança un regard noir mais fut empêché de répondre par une jeune serveuse un poil vulgaire qui leur demanda abruptement leur commande. Les deux adolescents élevés dans le monde moldu demandèrent un café et Ron suivit le mouvement. Lorsqu'elle se fut éloignée Hermione se tourna à nouveau vers Ron et releva ses doigts posés au-dessus de son sac.

— Oui, joli sac, fit le rouquin, mais ça répond à ma question par ce que ?

Excédée la brune le frappa avec, déclenchant un bruit fort anormal pour un si petit objet.

— Mince les livres, murmura-t-elle, ignorant les jérémiades du fils Weasley.

— Les livres ? questionna Eiden.

— J'ai préparé toutes nos affaires en cas d'une avarie comme celle-là. Et avec Elie et Théo ont a planché sur un moyen de communication sûr.

— D'où la loutre.

— D'où la loutre. Théo a déniché un moyen de la faire s'animer durablement et de la lier à d'autres pour communiquer simplement.

— Vous ne pouviez pas utiliser les pièces, comme on le fait pour le reste.

— On avait peur que notre système tombe entre les mains des mangemorts si l'un de nous était capturé. Il n'existe que quatre pendentif et personne en dehors d'Elie, Théo, Aksel et moi ne savont qu'ils existent et comment les faire fonctionner. Ils sont le moyen le plus sûr de suivre les événements pour le moment. Beaucoup d'entre nous avions nos pièces ce soir et l'on ne peut savoir si les mangemorts ont mis la main dessus.

La serveuse revint avec leurs cafés et ils durent attendre qu'elle ait à nouveau disparue pour continuer.

— D'accord mais que fait-on ici ? Pourquoi ne pas avoir transplanner à Gower ? interrogea Ron en touillant d'un air suspicieux la boue grisâtre de son café.

— Voldemort cherche Eiden et avec la nouvelle puissance acquise par la chute du Ministère, nous ne savons pas si les protections du Manoir tiendront, surtout avec Eiden à l'intérieur. Donc on attend d'en savoir plus et on avise.

— Et Elie ? s'enquit son frère.

— Elle se cache aussi, avec Théo, ajouta-t-elle pour le rassurer. Elle n'est pas seule mais je ne sais pas où elle est. On ne s'est pas communiqué nos destinations de repli si jamais les mangemorts nous tombent dessus.

— Qui nous en diras plus ?

— Aksel, une fois qu'il sera certain qu'il est sans danger pour tout le monde que nous regagnions Gower. Severus a emmené Drago, Pansy et Blaise, ils ne peuvent pas retourner au Manoir Prince pour le moment, on ignore si les protections seront suffisantes. Les mangemorts te cherchent et très certainement Elie aussi car ils savent que c'est la meilleure manière de t'acculer que de la capturer.

— Elle ou Blaise, souligna Ron.

Hermione opina.

— D'où le plan.

— As-tu de quoi manger dans ton petit sac surprise, parce qu'on a raté le gâteau avec tout cela … dit le rouquin.

Hermione rit doucement.

— Je n'ai rien pu faire pour le gâteau, mais j'ai de quoi nourrir ton insatiable estomac ne tant fait pas.

Elle but une gorgée de son café mais grimaça tant il était mauvais.

— Alors selon toi Voldemort sait pour moi, intervint doucement Eiden.

— C'est très probable, répondit doucement la née-moldu.

Il eut un moment de silence puis deux hommes en bleu de travail entrèrent dans le café et ils se turent, attendant qu'ils s'éloignent. Mais Eiden fronça soudain les sourcils et commença :

— Ce n'est pas …

Il ne termina jamais. Les deux ouvriers avaient sorti leurs baguettes et une pluie de sortilège traversa le café miteux. La bataille dura quelques minutes puis un trait rouge envoyé par Hermione fendit l'air et heurta Dolohov qui bascula. Profitant de cet acte, Ron immobilisa Rowle avant qu'il n'ait pu répliquer. Eiden ne perdit pas de temps et se précipita sur eux, tenant en joue Dolohov qui contemplait le plafond de ces yeux ternes.

— Que vas-t-on faire de toi hein ? Te tuer, pendant qu'on en a l'occasion ?

— Tu ne peux pas faire ça Eiden ou ils seront que nous étions ici.

— Tu ignores ce que cette ordure à fait Hermione, il est un bourreau de mon peuple. Il a torturé et tué des enfants, des familles entières comme les parents d'Aksel.

— Je sais Eiden, temporisa la née moldue, mais on ne peut pas le tuer.

— On peut être effacer leur mémoire ? risqua Ron.

Hermione grimaça. Ce sujet était difficile pour elle. Au début de l'été elle avait infligé un sortilège de faux souvenirs à ses propres parents, leur faisant croire qu'ils s'appelaient Wendell et Monica Wilkins et que leur plus grande ambition dans la vie était de partir vivre en Australie. Elle ne voyait pas d'autres moyens de les protéger des mangemorts et d'empêcher ceux-ci de chercher auprès d'eux des informations sur Eiden.

— C'est sans doute le mieux à faire, murmura la jeune femme.

Elle tira sa baguette d'un geste un peu tremblant et chuchota le sortilège deux fois. Les yeux des deux mangemorts se firent vitreux et ils considérèrent que c'était là le signe de sa réussite. Ils stupéfixèrent également la serveuse et lui infligèrent le même sort pour qu'elle oublie tout souvenir de cette dernière heure. Ils quittèrent ensuite le café.

— Où allons-nous ? demanda Ron.

— Je l'ignore.

— On pourrait peut-être aller au Square ? fit Eiden.

La née moldu secoua la tête.

— Nous ne pouvons pas prendre ce risque, nous ne savons pas ce qu'il en est de l'état des protections.

— Tu as une autre idée ?

Elle opina seulement et saisit chacun des garçons par le bras avant de transplanner dans l'obscurité.

0o0o0

Le vent fut les premiers à les accueillir sitôt qu'ils eues transplanné. Puis l'odeur de la mer ensuite. Il faisait bon aussi également mais l'air était lourd, comme avant un orage.

— Bienvenue à Saint Mary's Bay, déclara Théo en guidant son amie près d'un cottage type du bord de mer, à deux pas de la plage où ils s'étaient matérialisés.

Le garçon passa la porte du petit hôtel et demanda une chambre double qui lui fut immédiatement accordé. Les deux jeunes gens montèrent tous les deux et le garçon attendit qu'ils soient seuls pour avouer :

— J'y venais avec ma mère, lorsqu'elle était encore là.

Elie hocha la tête, ne sachant quoi dire.

La chambre était simple, le mobilier de bois clair, un lit, un petit bureau, une armoire étroite et un minuscule balcon qui donnait sur la mer. Dans la nuit noire, on la voyait à peine. Ils prirent un instant pour contempler les étoiles, fort brillantes en cette saison puis ils tirèrent de leurs sacs des vêtements plus confortables. Ils avaient pour une fois troqué leurs besace de cuir pour des objets plus à propos avec leurs vêtements de soirée, mais également garnit de sort de plume et d'extension indétectable.

— Fini la trêve alors soupira Elie.

— Mon ordure de père t'a reconnue en juin et tu peux être sûr qu'il a fait des recherche sur ta nouvelle identité, ce n'était qu'une question de temps avant qu'ils ne devinent, surtout avec la chute du Ministère.

— On aura eu deux ans de relative paix c'est déjà pas si mal.

Théo grimaça et se laissa tomber sur le lit.

— Affronter les mangemorts au Département des Ministère tu appelles cela la paix ?

Il soupira et ajouta.

— En tout cas, j'en connais un qui n'aura plus la paix une fois que Drago saura qu'il a dormit avec toi.

Elle se retourna et lui sourit.

— On a déjà dormit ensemble Théo.

— Oui mais d'ordinaire il est là aussi. Et puis je doute qu'il laisse passer le fait que tu ais disparu avec moi alors qu'il était éloigné par Severus.

— Blaise et Pansy sont avec lui.

— Oui mais toi tu ne l'es pas.

Elle ne répondit pas, elle savait qu'il allait lui reprocher lorsqu'il se retrouverait. Mais c'était le plan et elle préférait le voir un peu en colère que mis en danger. Elle ôta son collier et déposa le petit pendentif louve sur la table de cheveux, laissant Théo en faire de même avec sa petite corneille.

— Et là on attends, déclara-t-il.

— On peut peut-être s'occuper ?

La bouche fine de l'aristocrate se tordit d'un sourire rusé.

— J'ai bien une petite idée mais là Drago m'écorche à coup sûr.

Le rire clair d'Elie s'éleva et elle le poussa un peu du coude en représailles.

— J'espère qu'Eiden et les autres sont en sécurité, dit-elle finalement, après un moment de silence.

— Ils sont avec Hermione, elle a tout prévue tu le sais bien. Tout va bien se passer pour tout le monde.

Elie joua avec son collier un moment puis dit :

— Je suis désolée pour le mariage de Bill et Fleur.

— C'était plutôt bien avant que les mangemorts ne débarquent, déclara le garçon.

— C'est vrai. C'est bien que l'officiant est accepté de faire une double cérémonie pour qu'ils soient aussi mariés à la métisse.

Théo opina et sourit :

— Drago était distrayant.

Malgré elle, Elie sourit aussi.

— Tu es partagée entre les jumeaux et lui dans ce cas n'est-ce pas ? rit le jeune homme. Tu ne peux pas en vouloir à tes amis, ni te moquer vraiment de ton compagnon. Même s'il est vrai qu'il était ridicule.

— Il n'était pas ridicule, opposa la blonde.

— Non c'est vrai, seulement son attitude.

Finalement ils s'endormirent peu de temps après, le visage tourné vers la table de chevet.

0o0o0

Drago atterrie dans une petite cours typique du nord du Royaume-Uni. Immédiatement il arracha son bras de la poigne de Severus et scruta l'obscurité, en alerte.

— Que fais-t-on ici ? questionna-t-il.

— Les chers collègues de ton père ont décidés de s'inviter à notre petite fête, donc nous nous sommes éclipsés, répondit Severus.

— Où sont les autres ? interrogea Pansy, amenée par Rose avec Blaise.

— En sécurité, répondit seulement Severus.

Il gagna le petit porche faiblement éclairé sans plus attendre et frappa. Une vielle porte de bois s'ouvrit en grinçant, révélant une femme d'âge mur aux cheveux gris natés.

— Severus, ces pantins ont agi finalement ? fit-elle en sortant à leur rencontre.

— Ils sembleraient, rétorqua l'homme.

Elle secoua la tête, grommelant en écossais pour elle-même.

— Entrez donc, il n'est guère prudent de rester ainsi dans la nuit.

La femme s'effaça pour les laisser entrer et ils pénétrèrent tous dans une pièce de pierre emplit de bocaux et de vielles outres d'eau de vie qui sentait la poussière et le foin. La femme voulut allumer la lumière mais rien ne se passa lorsqu'elle actionna l'interrupteur.

— Fichu plombs, marmonna-t-elle en se retrournant et se saisissant d'une vielle lampe à huile qu'elle alluma pour les guider dans un long couloir vide.

Ils débouchèrent sur une cuisine à l'ancienne, avec un vieux poêle et une grande table de bois massif. Un chat s'y était installé, mais la femme le chassa pour laisser la place à ses invités.

— Installez-vous, installez-vous, déclara-t-elle en s'affairant pour préparer du thé.

Elle

— C'est très calme pour une fois.

— Robert n'est pas encore rentré, il est avec les petits à cette fête au village mais Amélia doit être dans sa chambre. Elle ne cesse jamais de travailler.

Les trois adolescents s'entre regardèrent, aucun n'avait la moindre idée de ce dont elle parlait. Severus cependant ne semblait pas du tout s'en faire, donc ils gardèrent le silence, le temps d'en savoir plus.

— Je suis très contente de te revoir, Severus, le mariage te réussit, déclara la femme. Et on m'a appris que vous alliez avoir un autre enfant, félicitation.

Severus soupira :

— Comment es-tu déjà au courant Frea ? C'est censé être secret.

— Oh tu sais, ça et là. Minie est passée il y a quelques jours et on en a parlé.

— Ta belle-sœur parle trop, ronchonna le potionniste.

La femme rit en posant une vielle bouilloire d'étain sur la table.

— Tu es bien le seul à le dire.

Elle se retourna encore et déposa une tasse fumante devant Rose.

— Prenez-cela chérie, pour le petit paquet que vous portez. Cela vous fera du bien et vous avez besoins de vitamines.

Elle contempla le potionniste d'un air critique.

— Mmm je devrais sans doute vous en donnez une cure ou deux, vous allez en avoir besoin avec cet énergumène comme époux.

Rose sourit simplement d'un air amusé, la remerciant et les trois plus jeunes contenir difficilement leurs rires. Un regard noir de l'homme les fit cependant détourés le regard, ce qui n'échappa pas à leur hôte.

— Toujours aussi agréable à ce que je vois Sevy. Un véritable tyran avec ces pauvres gosses. Comment ont-ils pu tenir tant d'années à Poudlard, c'est un mystère.

Fort heureusement, elle se pencha à ce moment pour distribuer les tasses, dissimulant les trois amis ricanant à leurs professeurs.

— Alors, qu'avons-nous la, la petite-fille de cette idiote d'Elvina Rowle n'est-ce pas ?

Pansy, surprise par les manières un peu brusques de la femme ne put qu'acquiescer.

— Oui Madame.

— La fille de Bethina ou Aldric.

— Bethina Madame.

— Oh alors tu es la fille de cette véracrasse de Randolff, n'est-ce pas ?

— Oui Madame, répondit la brune, surpris par la connaissance de l'étrangère de sa famille.

— Humm, fit-elle seulement avant de se tourner vers Drago. Eh bien ici non plus pas doute possible. Le petit-fils d'Abraxhas Malfoy et d'Alena Selwyn et le fils de Lucius Malfoy et Narcissa Black. Un vrai petit produit de chez Malfoy celui-ci.

Le garçon grimaça ce que la femme ne manqua pas.

— On ne peut pas renier ces origines tu sais, j'ai déjà essayée. Mais ni eux, ni toi ne peuvent t'enlever le sang qui coule dans tes veines.

— Il peut en faire ce qu'il veut cependant, intervint Severus.

— C'est vrai, il peut, dit-elle ne hochant la tête. Puis elle sourit malicieusement. Ce bon vieux Edgar Malfoy doit se retourner dans sa tombe. La peste soi de cet homme, même la scrofulite n'a pas pu l'avoir.

Drago et Pansy échangèrent un regard, cette femme en savait beaucoup sur eux et leurs familles, pourtant elle ne leurs disait rien.

— Et le fils de Marius je suppose, fit finalement la femme. Amelia sera contente de te voir.

Elle surprit leur regard et sourit :

— Je vous intrigue n'est-ce pas ? Je serais surprise que vous ayez entendu parler de moi cependant, je suis Frea McGonagall.

— McGonagall, fit Pansy, vous êtes la sœur du Professeur McGonagall ?

La femme rit.

— Non, je ne suis pas la soeur de Minie, non, j'ai épousée son frère Robert.

— Vous êtes une sorcière ? demanda Drago.

— Non mon chéri, une Cracmole. Je suis née Rosier. Mon frère Evan a été tué par Alastor Maugrey en 1980. De ce que je sais, mon vieux père est toujours un fervent mangemort, malgré son âge. Il me semble que mon neveu aussi …

— Ils le sont encore tous les deux, confirma doucement Pansy.

Il était évident qu'elle ne les avait plus vu depuis longtemps, si même elle avait connu son neveu. Pansy avait une idée bien précise de ce qu'il avait pu se passer lorsque ces parents avaient appris qu'elle n'irait pas à Poudlard …

— Où sont les autres ? demanda encore une fois Drago qui ne goûtait guère à la non-réponse de son parrain.

— Je l'ignore, en sécurité.

— Comment peux-tu en être sur alors ? opposa le jeune homme.

L'autre lui lança un regard torve.

— Tu crois vraiment que je serais assis tranquillement ici si ce n'était pas le cas. Il s'agit de mes enfants Drago.

Le plus jeune ne répliqua pas mais c'était tout juste. Rose dû le voir car elle ajouta :

— Nous avions prévu que les couvertures des jumeaux tomberaient à un moment ou un autre. Un protocole a donc été mis en place. Dès que nous en avions connaissance de cette chute chaque groupe devait transplanner à l'endroit prévu. Eiden, Ron et Hermione d'un côté, Elie et Théo d'un autre et nous. Nous ne savons pas où sont les autres, c'est une précaution en cas d'attaque.

— Pourquoi ne pas rejoindre le Manoir de Gower ? demanda Blaise.

— Parce que le Ministère est tombé sous le contrôle de Voldemort et nous ne savons pas si les protections du Manoir peuvent tenir face à cela. Ils valaient donc mieux que l'on se sépare et que l'on reste tous en sécurité en attendant qu'Aksel nous confirme qu'il n'y a pas de danger à rejoindre les autres au Manoir.

Ils acquiescèrent, comprenant l'intérêt, même si cela ne semblait guère leur plaire, surtout Drago et Blaise. Cependant un bruit dans une pièce voisine détourna leur attention et ils se tournèrent tous pour voir entrée une femme au visage dur et à la coupe courte et grise.

— Amélia, salua Severus.

— Severus, fit la femme avant de saluer les autres. Si vous êtes là c'est que le Ministère est tombé.

— En effet, Kingsley nous a prévenus il y a peu de temps. Et les mangemorts ont débarqués au mariage du fils Weasley.

Elle secoua la tête et pris la tasse que Frea lui tendait avant de se laisser tomber sur une chaise près du jeune basané.

— Mon cher Blaise, comment vas-tu ?

— Plutôt bien Amélia et vous ? Je suis soulagé de vous voir en pleine forme, répondit le garçon qui connaissait bien la patronne de son père.

— Oh oui Frea s'occupe bien de moi il n'y a pas à dire. Il n'y a bien que la mobilité qui me manque.

— C'est nécessaire pour toi de rester ici tu le sais bien, rétorqua la femme écossaise. Le Lord te cherche toujours activement.

L'ancienne chef du département de la justice secoua la tête mais ne répondit pas. Que pouvait-elle dire de toutes façons, il n'y avait pas d'autres solutions. Des gens de l'Ordre était venue la chercher en pleine nuit, quelques minutes après le rêve du fils de Severus, juste à temps avant que les mangemorts n'investissent sa maison, pour la trouver vide. Elle avait ensuite été conduite en sécurité avant d'être transférer chez Frea. La jeune femme c'était enfuit à onze ans de chez elle, lorsqu'elle avait compris que Poudlard n'enverrait jamais de lettre pour elle. Elle savait bien que son père ne s'embarrasserait pas plus longtemps d'elle en apprenant la nouvelle et préférait tenter la fuite dans la lande que l'avada. Elle avait eu la chance de tomber sur la mère de Minerva et d'être recueillit par une famille de fermier des highlands. Frea n'avait que du dégout pour les sympathisants de Vous-savez-qui est était tout à fait disposé à aider l'ancienne employée du Ministère. Elle et son mari avaient eu un garçon et une fille, à présent grands, et ils avaient adoptés plusieurs enfants cracmols abandonnés et reniés par leurs parents, leur offrant de l'amour et un nom. Ils œuvraient pour le bien, malgré leur absence de magie.

— Alors que faites-vous à présent ? demanda la femme Bones.

— On attend, répondit le potionniste.

L'autre ricana d'un air sombre.

— L'histoire de ma vie à présent.