Le Cap

Chapitre 6

Essoufflée.

Papa,

Tu dois te demander pourquoi je t'écris. Je ne sais pas, à vrai dire, la raison qui me pousse à user d'un moyen si impersonnel que le papier à entête pour te contacter. Mais il semble que j'ai été incapable de capter ton attention ces dernières semaines.

Depuis l'enlèvement d'Eizon, Sana et Tekka, tu t'es complètement renfermé sur toi-même et plus personne ne peut t'atteindre : tu tournes en roue libre, crie sur tes adjoints et conseillers, envoies des dizaines de troupes aux quatre coins du monde... tu ne partages ton inquiétude qu'avec Katara, parce qu'elle comprend, elle.

Je comprends aussi, tu sais, que tu te sentes mal et responsable. Je le sais parce que j'étais là quand ces hommes ont surgi de la terre, quand ils les ont piégés dans ces grandes boîtes en métal. Et je me suis sentie tellement... impuissante ! J'ai essayé, papa je te jure, j'ai essayé de prévenir Eizon et Sana. J'ai crié de toutes mes forces, mais elles m'ont manqué, comme d'habitude. Ils se disputaient, je ne sais pas exactement pourquoi, il lui faisait des reproches et elle répondait avec colère ; puis Tekka a voulu s'en mêler (il est adorable mais il se prend un peu pour le grand frère de tous le monde, c'est irritant) et ça a dégénéré. Au bout d'un temps, j'ai quand même réussi à attirer l'attention de Sana vers moi; trop tard cependant, car un instant plus tard elle était prisonnière d'une cage et disparaissait, ainsi que mon frère et Tekka, sous la surface du sol.

Les hommes en vert sont partis aussi, et je ne croiss même pas s'ils m'aient remarquée... Je me battais contre mon pauvre corps pour produire un son suffisamment puissant pour alerter mes amis, pour échouer une fois de plus, épuisée. Essoufflée.

Je fais le constat de mon inutilité plus encore que de ma faiblesse. Mais toi mon père, le meilleur de tous, refusant de commettre les erreurs de tes pères, tu ne m'en tiens pas rigueur, tu m'approuves pour le peu que je suis, et tu m'aimes. Je sais pourtant que je suis un échec, et qu'Eizon et toi m'en voulez d'avoir volé la vie de ma mère en naissant.

Eizon, ils te l'ont enlevé. Si tu ne le retrouves pas... il ne te restera que moi. Et s'il avait la grâce et la force qui siéent à un prince héritier, s'il incarnait tous tes espoirs, tu ce que tu rêvais, toi-même, d'être à son âge ; je n'ai pour seule qualité que mes bonnes manières et pour seul pouvoir, celui de te rappeler constamment le visage de Lady Mai.

Tu vois, papa, je te comprends.

C'est pour toutes ces raisons que j'ai accepté d'entendre Azula lorsqu'elle est venue me trouver. Elle m'a parlé, et elle me connaissait étrangement bien. Tu ne nous avais jamais raconté ton enfance avec elle, ou les relations que vous entreteniez, mais je me sens malgré tout proche de ma tante, parce qu'il est des choses que nous partageons.

Elle ne m'a pas expliqué comment elle s'était évadée des Catacombes de l'Os de Dragon, mais elle m'a fait une proposition, une promesse. Elle peut m'apprendre à maitriser le feu sans m'épuiser, sans m'essouffler. Elle peut faire de moi une fille dont tu pourrais être fier.

Et je veux la croire. Et je vais la suivre.

Peut-être irons-nous sur l'île de Braise, ou sur la côté d'Ambre... Je t'écrirai pour te tenir au courant de mes progrès.

Ne t'en fais pas, papa, je suis en mains sures.

Je t'aime de tout mon faible cœur,

Ta toute petite Ta-Mei


AN: Voilà pour les nouvelles de la Nation du Feu. Court mais... houahahaherher! (rire démoniaque grippé)

Merci à KeArrow pour sa review. J'espère que ce chapitre aura rencontré tes attentes. Contente que tu aimes les cerises ;-)