Le Cap

Chapitre 7

A l'air libre

- Je crois que je vous dois quelques explications.

- Il était temps !

Maarho avait pris place, en bout de table, dos à la porte, entouré de la jolie Ata et des trois maitres qu'ils avaient sauvés.

Sana se sentait déstabilisée par la nouvelle formation du groupe, par la présence de l'autre jeune fille, par les regards croisés et les échanges verbaux de plus en plus cinglants entre les garçons.

Pourtant, la veille, ils avaient su coopérer pour se sortir, tous les cinq, d'une mauvaise passe...

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Sana et Eizon suivaient leur guide dans les dédales souterrains qui formaient la cache des Exilés. Maarho avait encore postposé les explications, mais il les menait d'un pas sûr vers la sortie. Il semblait avoir une grande maitrise de son élément : il traversait les parois sans encombre, créait de véritables tunnels à la place des impasses, fermait la route à ceux qui voudraient les suivre.

Sana était très impressionnée par une telle maitrise de la terre- qui restait l'élément qu'elle connaissait le moins bien, l'ayant peu « fréquenté ». S'il y avait de la terre au Pôle Sud, elle se trouvait loin en-dessous de l'épaisse calotte de glace.

Maarho devait être né au Royaume de la terre et s'être entrainé toute sa vie.

À l'une ou l'autre reprise, ils durent se dissimuler dans des crevasses ou se comporter comme leur guide leur dictait de le faire, pour éviter les questions d'autres habitants de la forteresse, mais ils atteignirent très rapidement la surface.

- Vous voilà à l'air libre ! annonça le maitre de la terre en faisant éclater le dernier mètre de roche qi les séparait de la lumière du jour.

Sana se précipita hors du trou et gambada dans la prairie qui les accueillait. Eizon leva les yeux vers le soleil et inspira longuement, puis expira avec un sourire de soulagement. Les trois maitres échangèrent un regard satisfait, puis le prince souffla :

- Pfff, c'était facile !

Ils devaient retrouver Ata et Tekka au pied du Mont Karkas à quelques kilomètres de là, dans une zone boisée et dont le sol était parcouru par les taupes géantes. Ils se mirent en route immédiatement et arrivèrent au point de ralliement, une grotte assez larges et peu profonde légèrement en amont de la forêt, avec une demi-heure d'avance.

- Ils ne devraient pas tarder : il y a si peu de maitres de l'air que les conduits d'aération ne semblent pas une issue envisageable et ils ne sont pratiquement pas surveillés.

- Pratiquement ? releva Eizon

- La Confrérie entretient la paranoïa de ses membres, donc le moindre bruit suspect nous alerte.

- Qu'est-ce que c'est que cette « confrérie » au juste ?! interrogea Sana

- Plus tard, plus tard, repoussa Maarho.

Une heure passa sans qu'Ata et Tekka se soient manifestés. Sana fit part de son inquiétude aux deux garçons. Après délibération, et quelques tergiversations (le Prince du Feu ne faisait pas pleinement confiance au maitre de la terre), Maarho partit à la rencontre de leur deux amis manquants.

Restés seuls, Sana et Eizon en profitèrent pour discuter de leur évasion, de leur guide et de la suite que devrait prendre les évènements.

- Qu'est-ce qu'on va faire, maintenant ? demanda Sana, sans savoir si elle attendait une réponse de son interlocuteur.

- La première priorité est de trouver un moyen de communication pour avertir mon père, fit Eizon, lui aussi s'adressant plus à lui-même.

- On pourrait aller chez Maitre Toph, s'exclama Sana, avec un sursaut.

L'idée lui avait échappé, mais maintenant qu'elle y réfléchissait, elle la trouvait astucieuse. Et ainsi Toph pourrait rassurer ses amis qui devaient être au bord de la crise cardiaque et évaluer les qualités de maitre de la Terre de Maarho, et lui indiquer s'il ferait un bon enseignanat pour la jeune Avatar.

Mais Eizon scrutait le paysage puis se tourna résolument vers Sana en disant :

- Je crois qu'on n'est pas très loin de là où ma grand-mère habite.

- Ta grand-mère ? s'étonna la maitre de l'eau, persuadée que la Reine mère avait disparu dix ans avant la fin de la guerre

(Elle avait toujours cru qu'Ozai l'avait tuée, ou quelque-chose dans ce gout-là). Peut-être s'agissait-il de sa grand-mère maternelle ?

- Oui, la mère de mon père, répondit Eizon platement. Elle vit au Royaume de la Terre, de l'autre côté de ces montagnes, dans un village qui s'appelle Par-Tung-Gaan.

- Pourquoi ne vit-elle pas dans la Nation du Feu avec vous trois ?

- Je ne sais pas exactement, admit le prince avant d'ajouter, avec confiance : Mais elle nous accueillera à bras ouvert, ça j'en suis sûr !

Sana offrit un large sourire au maitre du feu qui détourna les yeux en rougissant- détail auquel elle n'attacha pas d'importance. Se tournant vers l'aval, d'où devraient bientôt paraitre Tekka et leur deux « sauveurs », la maitre de l'eau se prit à rêvasser, à repenser avec quel brio le maitre de la terre les avait délivré de la Forteresse, comme il avait repoussé les murs, comme il avait balayé les obstacles d'un mouvement. Il était campé, précis, obstiné. Un vrai maitre de la Terre.

- Tu crois que Maarho ferait un bon enseignant de maitrise de la terre ? demanda Sana, prenant Eizon pour garant.

- Euh- traina ce dernier, pris au dépourvu.

- Il est vraiment extraordinaire, enchérit Sana, penses-tu qu'il ferait un bon enseignant ?

- Je- Je n'en sais rien. Mais ne te jette pas sur le premier venu, tu rencontreras surement beaucoup d'autres maitres de la terre très compétents... Et- euh- souviens-toi du nombre de maitre du Feu que mon père t'a présenté et aucun ne semblait faire l'affaire.

- Oui, mais ce n'est pas pareil... grincha le maitre de l'eau.

- Ah, pourquoi ?

- Aucun de ces maitres-là ne m'a parut bon, c'est tout.

Eizon sembla perplexe, mais n'eut pas le temps d'insister car un grand cri les fit sursauter tous deux : un « Yahooooo » tirant sur les aigus.

Arrivèrent deux fusées, l'une fixée au sol, comme montée sur rails, et l'autre fendant les airs en hurlant de joie : Maarho et Tekka hilares qui faisaient la course, le premier portant Ata sur son dos comme si elle ne pesait rien.

Lorsque Tekka mit pied à terre, il lança

- Je savais que tu ne pourrais pas me battre, Taupinet !

- Tu crois ça !? répliqua le maitre de la terre, distrait par la jeune fille pouffant au-dessus de son épaule.

Il s'arrêta net et tapa d'un pied sur le sol. La roche autour de lui trembla et le maitre de l'air fut propulsé vers le ciel. Le temps qu'il redescende, Maarho était à l'entrée de la grotte et baillait, comme pour dire « Ah, c'est maintenant que tu arrives ? ».

Les cinq jeunes rirent avant d'être interrompus par un « Uhooh » lâché par Tekka depuis la cime d'un arbre proche :

- On a été moins rapide que je croyais, souffla-t-il

- Il faut filer, ils nous ont suivi, approuva Maarho.

Sana empoigna la main du maitre de la terre et lança à Eizon

- On se retrouve où on a dit !

Le prince acquiesça, fit signe à Tekka et Ata de le suivre et disparut dans la forêt.

- Dis-moi, te sens-tu en état de déplacer des montagnes ? demanda Maarho à la jeune Avatar.


AN: Désolée pour le délai. Je n'avais pas envie de décrire la fuite dans les souterrains trop en longueur, et je me suis donc trouvée en grand débat avec moi-même sur la nécessité de ce passage.

Ce n'est pas fini! plus à venir d'ici peu (promis!)

Et pour ceux qui m'aiment un peu, je posterai bientôt mon adresse fictionpress où vous pourrez lire des choses plus 'perso', inspirées de mon petit univers à moi plutôt que de celui d'AtLA


Les reviews me font toujours autant plaisir donc ne vous privez pas et ne me privez pas ^^

Fanatii'k, désolée de te faire attendre. J'espère que tu n'es pas déçue!

HoFSoW, Thanks a lot. I hope you liked the next chapters as well.