Voici la suite. C'est CE chapitre sur lequel je bloquais depuis 3 ans.


Chapitre 17

Un arrière goût d'oignon-banane

Sana était encore allongée sur son futon, jouant dans le noir avec le lourd écu à l'effigie de Roku. L'aube ne tarderait plus. Elle ignorait si cette certitude lui venait de la part de maitre du feu en elle ou des quatre gargouillements incessants des estomacs de Sokka et ses fils à quelques mètres d'elle. Elle fit abstraction du bruit, profitant de cette accalmie. La journée ne serait pas de tout repos.

La jeune femme ne pensait même pas à l'apprentissage de la maitrise de l'air, car elle devait apprendre d'abord à contrôler le feu. Un acte de maitrise accidentel, aussi époustouflant soit-il, ne faisait pas d'elle un maitre en l'élément. Non, l'enseignement que Shen lui prodiguerait ce jour-là serait d'un tout autre genre.

Le guru apparu dans sa vision quelques jours plus tôt l'avait avertie : elle devait se rendre maitre de la cinquième part d'elle, cet Avatar tout puissant qui sommeillait, dont elle redoutait chaque intervention car elle perdait alors tout contrôle.

Sana soupira quand la première lueur de l'aube lui permit de distinguer le dessin du grand front de Roku sur la pièce d'or. Elle se força à ne pas penser au jeune homme à qui elle avait « emprunté » cette médaille. Et puisqu'elle se forçait à ne pas y penser, son esprit vagabond traça dans la pénombre les traits délicats et le teint de lait, et le regard dont la lumière lui était devenue aussi indispensable que celle du soleil.

- Sana, appela la voix de Shen, Sana lève-toi, il est temps de s'y mettre.

Elle sursauta.

- Shen ! Je n'avais pas entendu que tu étais levée, s'exclama la jeune maitre de l'eau.

- J'aurais fait un bien piètre maitre de l'air si tu avais pu ! rit la plus âgée.

Elle sortirent discrètement et gagnèrent la cour intérieure. Shen chuchotait que l'endroit était idéal pour méditer. Un fontaine occupait le centre de l'espace pavé de pierres bleues, et les arcades qui encadraient l'espace étaient garnies de fleurs. Arrivées sous le préau, les deux amies constatèrent que la place était déjà occupée.

Le Seigneur du Feu était assis en tailleur face à la pièce d'eau, les yeux fermés. Il respirait lentement, profondément, plus sûr à mesure que le jour se levait. Il ne se dérangea pas pour les nouvelles venues.

Sana était sur le point de faire demi-tour, mais Shen s'avança résolument et s'assit elle aussi face à la fontaine, jambes croisées, à trois mètres du maitre du feu. La jeune maitre de l'eau l'imita après un instant d'hésitation. Elle calqua son attitude et sa pose sur celle de son amie, et aligna même sa respiration sur celle de la maitre de l'air. Et elle attendit.

Le temps passa. La chaleur du soleil caressait doucement sa nuque. Le bruissement de l'eau semblait ponctuer les secondes qui s'écoulaient. Et Sana attendait.

Elle ouvrit les yeux et fixa Shen avec perplexité. La fille de Aang semblait concentrée et paisible à la fois, comme si elle pratiquait là un exercice enrichissant, et retirait une certaine satisfaction à en surmonter les difficultés. Elle restait assise. Là. Sans bouger.

Oui, et... ?

Après une bonne demi-heure de patience, Sana se décida à interrompre ce que Shen faisait- apparemment rien mais elle n'osait pas en juger- pour poser cette question :

- Heu, Shen, qu'est-ce qu'on attend ?

La réaction des deux ainés fut immédiate : ils ouvrirent de grands yeux ronds, qui bleus océan, qui jaunes or, mais unanimement stupéfaits.

- Tu te moques de moi ? interrogea Shen, incrédule.

Devant leur air perplexe, Sana se sentit rougir. Elle fit timidement « non » de la tête et se sentit obligée d'ajouter :

- Vous vous concentrez depuis une heure, quand est-ce qu'on s'entraine ?

- Mais-mais, bégaya Shen, on ne se concentre pas, on médite. Tu-tu es en train de me dire que tu ne sais même pas en quoi ça consiste ?

Le visage de Sana devait témoigner de son ignorance car Zuko explosa :

- C'est impossible que tu n'aies jamais médité ! C'est indispensable pour trouver la paix et maitriser sereinement ! Mon oncle méditait sans arrêt ! Aang méditait sans arrêt !

La jeune maitre de l'eau s'emporta à son tour :

- Oui, mais Aang a été élevé par des moines, moi c'est Katara qui m'a tout appris et je ne l'ai jamais vue perdre une heure à s'asseoir dans la neige pour respirer!

Cette réaction fit mouche. Katara pratiquait très peu la méditation, elle détestait ces poses passives, cette inactivité. Pour trouver la paix, elle n'avait pas besoin de silence ou de concentration : elle la puisait au quotidien dans sa maitrise, dans ses interactions avec les autres. Katara n'avait jamais aimé l'eau qui dort, trop tranquille, trop fausse. Katara était un torrent, une cascade, un océan. Et Sana lui ressemblait.

- Je veux bien apprendre, plaida la jeune maitre, mais dites-moi d'abord en quoi ça consiste.

Ils le lui dirent. Shen lui expliqua que cet exercice était pratiqué par tous les peuples et ce depuis des millénaires. Qu'il consistait essentiellement à concentrer son attention sur sa respiration ou son pouls. Zuko ajouta qu'à l'étape de la concentration succédait celle de l'abstraction, qui permettait d'évacuer de son esprit toute pensée « parasite ».

Chacun reprit sa pose. Sana « médita » du mieux qu'elle put, tant que Shen et Zuko trouvaient cela utile. Elle se concentra sur son corps pour mieux oublier ce qui se bousculait dans sa tête.

Elle s'appliqua à compter les battements de son coeur. Il lui semblait que ses pulsations étaient très rapides. Cela voulait-il dire qu'elle avait le coeur en forme, ou qu'il bataillait pour pomper son sang ? Le coeur de Tam-tam battait toujours ou trop lentement ou trop vite. C'est pour ça qu'elle avait ces espèces de crises. Elle perdait tout contrôle dans ces moments-là et devenait si faible. Sana avait des crises inverses : elle devenait trop puissante lorsqu'elle perdait le contrôle. Comme lorsque les Néo-Suprématistes avaient provoqué la mort de Katara. Elle les avait massacrés. Et cette fois, Eizon n'avait pas été là pour la rassurer. Eizon, son coeur battait plus vite encore en y pensant.

- Très bien, Sana. Tu vois maintenant combien cet exercice est bénéfique.

Cet encouragement de Shen, qui marquait la fin de leur séance de méditation, arracha un sourire à Sana. Elle ne répondit pas. Non, elle ne percevait vraiment pas l'intérêt de la méditation. Elle n'avait pas réussi un instant à se vider la tête, au contraire.

Zuko avait quitté la cour, sans doute pour aller répondre aux nombreux courriers qu'il recevait chaque jour des différents membres de son concile, et les deux jeunes femmes étaient à présent seules. Le soleil était encore loin de son zénith et l'air restait frais. La fontaine chantait toujours. Non, décidément, la méditation n'avait pas changé grand chose.

Sana se leva pour s'approcher de Shen.

- Tu sais, commença-t-elle, j'ai fait un rêve où tu m'apprenais à maitriser l'état d'Avatar.

L'ainée sourit.

- J'ai moi aussi fait ce rêve. Mais je ne sais pas ce que je suis censée t'enseigner. Je peux te raconter ce que mon père a vécu, parce qu'il m'en a parlé quand j'étais toute petite.

Dans son rêve, le guru chantait à propos d'un savoir hérité en naissant, d'un enfant qu'elle retrouverait et de- de chakras ?

- Tu connais la science des chakras, affirma Sana, certaine de ce que lui révélait sa vision.

Shen ouvrit la bouche pour s'excuser de ne pas détenir un tel savoir, mais se ravisa. Oui, elle connaissait tout ça, elle en avait hérité. Et elle se souvenait de son père. Peut-être fallait-il commencer par là ?

- Mon père, Aang, passait beaucoup de temps à méditer. D'abord parce que les moines pratiquaient la méditation, la recherche de la paix intérieure et de élévation spirituelle. Ensuite parce qu'il n'y a que la méditation qui permet de libérer les chakras.

Sana écoutait attentivement. Aang et son parcours lui semblaient vaguement familiers, comme un souvenir qu'on nous a raconté mille fois et dont on connait les détails comme si on les avait vécu en direct. Aucun des enfants de la génération de Sana n'avait échappé au récit des aventures du Gaang, elle pouvait visualiser leurs rires et leurs disputes comme s'ils s'étaient produit sous ses yeux, comme si une part d'elle y avait assisté, comme si elle avait été là. Mais n'était-ce pas le cas?

D'après Shen, les chakras étaient des pôles d'énergie concentrée dans le corps. Naturellement l'énergie doit circuler entre les bassins, librement, ininterrompue. Mais souvent, ces pôles sont encombrés, pollués, et l'énergie est bloquée. Aang avait appris à ouvrir ses chakras l'un après l'autre.

- Pour ouvrir le chakra, tu dois découvrir ce qui l'encombre. C'est un travail difficile. Es-tu sure d'être prête ?

La question méritait d'être posée. Sana avait-elle en elle la force de fouiller son esprit, de sonder ses émotions et de dénouer ses chakras ? Pouvait-elle vider ses pensées de toutes les idées parasites ? Elle sentait déjà monter en elle une nausée à l'arrière-goût de jus d'oignon. Ou était-ce de banane? Une demi-heure de méditation le matin même lui avait semblé un calvaire, une éternité, serait-elle capable d'aller au delà ?

Pas seule.

oOo

Premier Chakra

Le chakra de la Terre dont le pôle d'énergie est situé à la base de la colonne. Il est perturbé par la peur, la crainte pour sa propre survie.

- De quoi as-tu peur, Sana ?

- D'avoir peur de moi-même, au mauvais moment. Et de me retrouver seule, abandonnée à nouveau. Je me vois toujours orpheline, redevenant orpheline sans cesse. Mais je sais que je ne suis plus seule.

Second Chakra

Le Chakra de l'eau est alimenté par le plaisir. C'est la culpabilité qui retient l'énergie prisonnière.

- Je n'aurais jamais dû me jeter dans les vagues. Je peux me répéter que je n'étais pas moi-même, ça n'effacera jamais cet acte stupide et immature et ridicule. Mais j'ai survécu. Et j'ai appris. Elle peuvent encore m'appeler, je ne partagerai jamais le destin des vagues.

Troisième Chakra

Situé dans l'estomac, le Chakra du feu est alimenté par le pouvoir, et bloqué par la honte.

- J'ai honte d'avoir tué. Non, j'ai honte de n'avoir pas maitrisé mon pouvoir et d'avoir tué. J'aurais préféré une solution plus douce, plus juste. Mais je travaillerai jusqu'à l'épuisement pour que ça ne se reproduise plus.

Quatrième Chakra

Le Chakra de l'air, situé au cœur, se nourrit de l'amour. Et se tarit dans la peine.

- J'ai perdu deux mères. Est-il plus grande peine ? Je les pleurerai encore, toute ma vie durant. Comme je les aimerai toute ma vie durant.

Cinquième Chakra

Le Chakra du son, logé dans la gorge, est lié à la vérité et au mensonge.

- Suis-je si forte ? C'est ce que je me raconte souvent, l'image que je veux avoir de moi-même. Mais je suis si seule, si impuissante face aux évènements. Si dépassée. Je tente d'arrêter un élan-lion avec un brin de paille.

Sixième Chakra

Entre les yeux, le Chakra de la lumière est aussi celui de la clairvoyance. Il est perturbé par les illusions dont on se berce.

- Mais elle est si douce, cette illusion... Elle efface de ma vie le sceau du destin, et me permet de choisir mon chemin, de choisir d'aimer et de vivre paisiblement, normalement. Hélas, je suis l'Avatar.

Septième Chakra

Le Chakra de l'énergie, placé au sommet du crâne. Il est le pôle de la spiritualité, du détachement. Pour l'ouvrir, il faut renoncer aux attaches terrestres. Matérielles et personnelles.

- Renoncer ?

- Aang a eu beaucoup de mal à accéder à ce niveau-là, et plus de mal encore à débloquer ce dernier Chakra. On dit même qu'il n'y est jamais complètement parvenu. Il n'a pu faire preuve d'abnégation au point de renoncer à ma mère.

- Le devait-il vraiment ?

oOo

Trois jours passèrent.

Sana était parvenue à débloquer ses six premiers Chakras sans trop d'encombre, non par la méditation solitaire et silencieuse, mais par le dialogue. En échangeant ses pensées, ses doutes avec celle qui était une grande soeur pour elle, Sana avait trouvé le chemin, avait su pardonner, accepter, assumer, s'apaiser... Mais pas renoncer. Non, comme Aang avant elle, elle n'était pas prête au renoncement.

Aang avait refusé tout net de laisser partir Katara, de l'abandonner. Sana savait que ce n'était pas ce qu'elle devait faire. Ce qu'elle devait accepter, pour déverrouiller le septième Chakra, c'était que ces attaches la détourneraient de son destin, de ses responsabilités, de l'abnégation nécessaire à sa mission d'Avatar.

Elle devait accepter que sa vie primait, parce qu'elle était née à la seconde où Aang avait péri, parce que son premier souffle était le dernier râle du dernier maitre de l'air, et que cette âme millénaire s'était logée dans son corps, parce qu'elle était l'être Unique en somme, elle devait accepter de perdre ceux qui lui étaient chers. Elle devait renoncer à mettre leur vie avant la sienne. Elle devait mettre ses sentiments de côté même les plus purs; les plus innocents et nobles sentiments étaient sans importance face à la fatalité toute puissante.

Trois jours étaient passés durant lesquels chacun s'était entrainé. Et certains avaient fait de surprenantes découvertes.

À l'aube du quatrième jour, Ta-Mei vint tirer Sana par la main, lui demandant de libérer Azula, de la mener jusqu'à la cour. Kaya les suivait, l'air déterminé. Les adultes attendaient là, réunis près de la fontaine. Zuko surtout affichait ses réticences : sa soeur restait une menace et il doutait que sa fille, si persuasive fut-elle, soit vraiment parvenue à l'amadouer.

La petite princesse se mit en position, après avoir indiqué à Azula la posture à prendre. Sana, Maarho et Meda se tenaient sur leurs gardes, prêts à enterrer vivante la Démente au moindre mouvement suspect.

Après un bref échange de regard avec sa soeur de lait, Kaya prit la parole :

- Nous avons organisé cette petite présentation pour vous convaincre de nous laisser vous accompagner demain.

Le père de l'une et l'oncle de l'autre protestèrent, mais furent contraints de se taire par l'argument implacable avancé par Tam-Tam : son regard de chaton-biche.

D'un même élan, parfaitement symétriques et synchronisées, les deux jeunes filles entamèrent alors un kata mêlant mouvements de maitrise du feu et de maitrise de l'eau. Elles firent une belle démonstration de leur talent, jets d'eau et de flammes à l'appui, sans s'épuiser l'une l'autre. Pourtant, chacun savait que les réserves de Ta-Mei étaient limitées, et qu'elle recourrait à celles de Kaya sans même s'en rendre compte.

Née maitre du feu et incapable de faire jaillir une étincelle, elle avait acquis, sans le vouloir d'abord, une maitrise unique des énergies, qui correspondait davantage à l'emploi qu'en faisaient les maitres de l'eau qu'à celui des maitres du feu. Ta-Mei, véritable aimant, faisait circuler les flux autour d'elle et en elle, se maintenant en vie et épargnant sa partenaire.

Pourtant, toutes deux s'essoufflèrent après quelques minutes et durent s'arrêter.

Tous applaudirent.

- C'est quand même beaucoup plus joli que tes pâtés de sable, hein ! lança Keheko à Meda, qui eut une réaction mature que la correction nous interdit de décrire ici.

- C'était super ! s'exclama Sana. Et vous avez mis ça au point en seulement trois jours !

Les deux jeunes filles accueillirent les réactions avec des yeux pleins d'espoir, confiantes dans la réponse positive de leurs tuteurs.

- Ce ne sera pas suffisant, coupa Zuko sans état d'âme.

- Mais... tenta Ta-Mei.

- Tu as fait des progrès incroyables, c'est indéniable. Et je suis extrêmement fier de toi. Mais vous ne pourrez pas vous permettre de vous essouffler en cinq minutes face aux Exilés. Ce ne sera pas un spectacle, mais un combat.

La petite princesse lança encore une supplique interrompue net par son père.

- Je refuse de prendre ce risque : je refuse de te perdre.

Encouragée par Kaya et le regard attentif que les autres posaient sur elle, Ta-Mei s'avança vers son Seigneur du Feu de père, bras croisés sur sa maigre poitrine, déterminée.

- Je veux t'aider à délivrer Eizon. Et j'ai suffisamment de ressources pour t'être utile.

Ensuite, avant que Zuko ait pu prononcer un mot, elle alla se planter devant Azula, à une distance qui fit grincer des dents toutes l'assistance : elle se trouvait juste dans le champ d'action de la Démente qui pouvait l'atteindre avant que quiconque puisse intervenir.

- Tatie, commença-t-elle (et Sokka ne put réprimer une toux sèche), je vais faire comme on a dit, d'accord ?

Et Azula acquiesça, docile.

- Comment a-t-elle réalisé ce miracle ? chuchota Ursa

- Elle sait qu'elle a affaire à plus forte qu'elle, répondit Ta-Mei dans un souffle sourd et presque menaçant.

Azula prit une pose offensive, et fit mine de concentrer ses forces pour attaquer. Elle leva le poing et frappa l'air de toutes ses forces. Mais aucune flamme n'apparut : pas le bleu terrible qui la caractérisait, ni même le orange chatoyant des débutants. Rien. Ta-Mei avait tendu une main dans la direction de sa tante, comme pour se protéger du coup qui n'était jamais parti.

Alors Azula s'effondra.

Épuisée.

Ta-Mei avait rempli ses réserves d'énergie en puisant violemment dans celles d'Azula. Elle l'avait réduite sans même la toucher, en attirant à elle la chaleur dont elle manquait.

Ursa s'était précipitée vers sa fille qui semblait assommée mais était simplement endormie.

- Elle recharge ses batteries, expliqua Kaya qui avait fait son boulot de maitre guérisseuse. Elle dort.

Et toutes l'énergie dont Azula disposait un instant auparavant se trouvait, pour un temps limité, entre les mains de Ta-Mei.

- Voilà, papa. Maintenant dis-moi que je ne suis pas assez forte.


Prochain chapitre: La bataille commence!