Fini les vacances mais je n'abandonne pas Le Cap pour autant !

une petite AN à la fin du chapitre.


Chapitre 21

Chaos

Ata

Vraiment, je ne pensais pas que les évènements pourraient si mal tourner.

Je regrettais tellement d'avoir causé tant de souffrances à mes amis, je voulais me racheter d'une manière ou d'une autre. Puis présenter mes excuses à Eizon, et m'expliquer avec Tekka. Impossible d'oublier le regard qu'il m'a lancé quand les Exilés ont attaqué l'île de Silice. Inutile de me voiler la face, je les ai bel et bien trahis.

J'ai essayé de les retrouver, d'obtenir les renseignements qui me manquaient en interrogeant quelques soldats. Je n'aime pas l'avouer, mais je sais tirer les vers du nez des hommes qui m'entourent. J'ai toujours su. Jusqu'à présent, aucun n'a su me résister.

Jusqu'à aujourd'hui. Je ne me doutais pas que mon propre père serait capable de me mentir. Et de manipuler la Confrérie entière.

Et cette pourriture de Dej qui le couvre depuis des années !

J'ai amené Eizon dans l'arche, croyant vraiment que mon père voudrait d'un accord de paix, une trêve. Mais il ne voit plus que son ambition.

Je ne suis pas un maitre, je me suis de nouveau retrouvée spectatrice impuissante de l'horrible chantage de mon père. Il a propulsé une pierre dans la gorge de ce pauvre Eizon moins d'une minute après nous avoir accueillis dans la seconde enceinte de l'arche et l'a torturé sous mes yeux. Je le suppliais d'arrêter mais il refusait de m'entendre.

Quand Sana est apparue, j'ai su que tout ça allait mal tourner.

Keheko

Bon, là c'était vraiment la mêlée !

Maitre Toph a balancé notre meilleur atout en envoyant Sana à la rescousse de son prince. Je juge pas, mais on aurait vachement aimé la voir avatarer le derrière de ce bâtard de maitre de la terre.

Je ne sais pas exactement combien ils étaient en face. D'après « Dr. Secte » Maarho, la confrérie compte environ deux-cents combattants. On en a affronté moins que ça mais certains étaient teigneux. Et tous étaient maitre d'un élément. Terre et feu pour la plupart. Ouais, en un mot on était dans la merde.

On s'était placé en formation serrée et on se protégeait les uns les autres. Ma mère collait des beignes tellement salées qu'on a dû entendre des mâchoires craquer jusqu'à Kyoshi. Et mon père a mis au tapis un paquet d'attaquants avec des passes incroyables que Piandao a du applaudir depuis sa tombe. Meda faisait le malin avec sa boue mais comme c'était efficace, je me suis retenu de la vanner. De toute façon, Toph s'en chargeait bien.

Tekka s'éclatait comme jamais avec sa maitrise de l'air.

Kaya courait partout avec son eau magique.

Et je dois dire que je me débrouillais pas mal non plus, à quelques écorchures près.

Zuko

De ma vie, j'ai vu beaucoup de batailles. et l'avenir du monde se jouait presque toujours dans ces combats où se mesuraient des maitres d'une puissance et d'une qualité sans pareilles. Mes propres affrontements avec ma sœur ou Katara sont de bons exemples des luttes qu'il m'a fallu traverser en quarante ans.

Mais rarement bataille n'avait mis en présence de telles forces. Les membres de la Confrérie étaient féroces, dévoués à une cause qu'ils croyaient noble et sourds à nos tentatives de paix.

Et notre camp se défendait avec brio. Je gardait un œil sur ma fille, toujours conscient de ses faiblesses qu'elle semblait oublier.

Une secousse provenant de l'arche a distrait Tekka une seconde – alors que jusque-là sa maitrise de l'air avait été très impressionnante compte tenu du peu d'enseignement dont il a bénéficié – et il s'est retrouvé à terre.

Kaya n'a pas hésité une seconde à plonger au centre de notre cercle pour mettre son frère à l' abris et le soigner de sa maitrise de l'eau. J'étais inquiet de savoir Tam sans protection, mais les fils de Sokka et Azula l'entouraient déjà, sans l'entraver.

Dans les minutes qui suivirent, la petite Kaya se balada comme une toupie autour de ses cousins pour soigner les blessures plus ou moins graves.

J'avais face à moi un maitre du feu hargneux. Je tentai bien, comme je l'avais fait plusieurs minutes auparavant, de le convaincre de cesser le combat et de rejoindre la Nation qui était la sienne puisqu'il était un fils du feu. Comme il se montrait franchement hostile, j'optai pour une approche qui m'était plus familière : le mettre hors d'état de nuire, rapidement et sans sentiment. Il donnait dans les grand effets et les jets de chaleur terribles. Traduction : il était orgueilleux et mal entrainé. Et surement incompétent en combat rapproché.

Je parai ses coups d'un bouclier de flammes et m'élançai. Un ou deux poings de feu pour le distraire et j'étais à moins d'un mètre de lui. Juste à bonne distance pour l'envoyer au tapis d'un bon coup de genou. Ce n'est pas le plus élégant, je doute que mon oncle aurait approuvé, mais c'est particulièrement efficace.

Je me tournais à présent vers le reste des troupes Exilées, attendant qu'un nouvel ennemi se mesure à moi.

Je n'ai senti la morsure du coup en traitre lancé par un maitre de la terre qu'au moment où le cri de Kaya m'est parvenu. Mon épaule était traversée par un pieu de roche.

L'adversaire ne se battait pas avec honneur. J'allais leur apprendre comment le Seigneur du Feu traite les lâches! Mais une petite main brune me retint par le bras. La si jeune maitre de l'eau levait ses grands yeux gris vers moi et, timidement :

- Vous êtes blessés. Laissez-moi vous soigner d'abord.

- Inutile, le combat n'est pas terminé, répondis-je en la repoussant, je crois sans trop la brusquer.

- Ça ne prendra qu'une minute... insista-t-elle d'une petite voix.

- Ils gagnent du terrain, je n'ai vraiment pas le temps de jouer ! haussai-je le ton.

Et sa réaction me figea sur place :

- C'est toi qui joues à l'imbécile à refuser que je te soigne ! gronda-t-elle d'une manière si familière, si chère à mon cœur que je n'ai pas osé bouger le temps que l'eau qu'elle manipulait fasse ses miracles.

Moins de dix secondes plus tard, j'étais comme neuf et prêt à en découdre avec les Exilés.

Azula

Je suis un prodige de maitrise. Depuis toujours. Les flammes et les éclairs n'ont aucun secret pour moi.

Et je manipule les émotions au moins aussi bien que l'énergie.

Je suis un prodige et en tant que telle, je ne respecte que moi et ne crains personne.

Et je sais reconnaitre un vrai potentiel qui égale ou dépasse le mien.

Donc, une gamine d'à peine douze ans qui tue sans même le vouloir les deux seules femmes qui aient jamais osé me tenir tête ( l'une en naissant, l'autre en produisant ses premières flammes) je ne peux que la respecter.

Et la craindre ? Non.

On affrontait ces bâtards tordus et lâches qui vivent dans leurs terriers comme des fourmi-rats. Les paysans dits « guerriers » tapaient avec leurs épées et leurs bâtons sur l'adversaire avec tellement de bonne volonté que c'en était presque risible.

Je les voyais tous mesurer leurs coups, s'efforcer de ne pas tuer. Et, malgré tous mes bonnes intentions, je ne suis jamais parvenue à ne pas frapper trop fort.

Mon imbécile de frère s'est laissé avoir par un coup dans le dos. Ahah.

La gamine qui maitrise l'eau- la fille de cette maudite paysanne dont Zuzu s'est entiché- joue les infirmières, ce qui laissait Ta-Mei sans protection. Elle a défendu ses positions avec une ardeur dont nos ancêtres peuvent être fiers. Puis, d'un coup, elle a chaviré.

Elle était à sec. À court d'énergie.

Et l'ennemi l'a senti, immédiatement. Saleté !

S'il l'attaquait, elle serait incapable de se défendre sans se tuer.

Il a suffi d'une seconde d'hésitation et trois maitres de la terre se jetaient sur elle comme des corbull sur une carcasse. Et, bon, je suis pas de la veine héroïque ou toutes ces imbécilités dont mon frère est fan depuis qu'il a rencontré sa maitre de l'eau, mais j'ai dû intervenir. Ta-Mei a craché une belle déflagration Azula's style sur le premier, mais son souffle n'a plus répondu quand le second a levé le poing. Elle n'a pas pu éviter le choc et s'est retrouvée à terre.

Toute leur petite bande de débutants à hurlé. Moi, j'ai agi.

J'ai foudroyé cet imbécile. Zou ! Sur place.

Le troisième était déjà là, plus méfiant et plus coriace. Il a paré mon premier assaut, par hasard sans doute, mais je l'ai eu du second, évidemment.

Puis je me suis tournée vers ma nièce –MA nièce ! – qui respirait bizarrement et était plus pâle que jamais.

J'ai fait un geste que je ne fais jamais.

Je lui ai tendu la main.

Eizon

Je n'ai pas accepté de suivre Ata en naïf. Je savais que son père tenterait une embuscade ou un chantage quelconque. Je m'y étais préparé et y avais consenti pour ouvrir la voie, pour que Sana ait une piste à suivre. Je ne m'attendais pas à ce que Fenkin soit un tel fourbe et, pardonnez-moi le terme, un tel enfoiré.

Après les semaines passées enfermé dans une cellule sombre, je fus ébloui par la luminosité de l'Atrium. Et revigoré.

J'ai traversé le grand espace bruyant et animé en suivant l'Héritière, et à chaque pas quelqu'un la saluait chaleureusement. Nous (Tekka, Sana et moi... enfin, surtout Sana et moi, puisque c'est le seul nous qui compte) n'avions jusque-là perçu que l'aspect guerrier de la Confrérie, mais c'était également une véritable communauté. Et en voyant ces familles, j'ai oublié l'uniforme qui leur donnait une allure de fantôme pour ne plus voir que des humains. Et je doutai que ces personnes – réelles pour moi à présent que je les avais sous les yeux – soient favorables aux desseins guerriers de leurs dirigeants.

Je confiai cette pensée à ma guide, ajoutant :

- J'espère rencontrer les sages. C'est eux qui pourront empêcher une guerre si je parviens à les convaincre...

- Mon père est le seul à pouvoir leur parler, normalement. C'est comme ça depuis longtemps, expliqua-t-elle, apparemment plus confiante que moi dans l'issue de cet entretient.

Nous montâmes quelques marches pour accéder à la porte d'une construction en pierre qui avait la forme d'une immense ruche.

À peine entrés, nous étions entourés de soldats. Prêts à m'attaquer au moindre faux mouvement de ma part, mais attendant l'ordre.

Et Fenkin s'approcha d'un pas impérieux, un rictus passablement irritant gravé sur son visage trop lisse pour un homme de son âge. Il fit un geste de la main, et ses sous-fifres baissèrent leurs poings.

Encore un signe de leur maitre et les gardes nous laissèrent passer.

J'ai suivi Ata et son père dans une seconde salle puis une troisième. Chaque fois nous croisions un ou deux Exilés qui obéissaient à Fenkin au doigt et à l'œil. Je reconnus le dernier, l'une des brutes qui avaient « animé » mon premier séjour ici.

Dans la dernière salle, tout bascula. Après avoir échangé l'une ou l'autre banalité, je demandai à rencontrer les sages. Et Fenkin dévoila son vrai visage,. Il attaqua sans sommation et je ne pus lutter lorsque, pris au piège d'un carcan de roche, il introduisait de force quelque chose dans ma bouche.

Qui vint se loger à hauteur de ma glotte, comme un aliment avalé de travers. Mais impossible de déglutir ou de cracher. Impossible d'inspirer pleinement. Le peu d'oxygène qui atteignait mes poumons me maintenait à peine conscient et en vie.

Je n'avais jamais été privé de mon souffle. Jamais.

Un maitre du feu n'est rien sans air.

Quelques secondes plus tard, Sana apparaissait, secouée et barbouillée de terre.

J'assistai impuissant à son calvaire, incapable d'échapper au mien. Chaque geste que nous faisions pour venir en aide à l'autre renforçait l'ennemi. Sa douleur était ma douleur, mon impuissance était son impuissance.

C'est là, après de longues minutes de torture, que j'ai senti le changement en elle, avant de le reconnaitre dans ses yeux.

D'un geste, elle se débarrassa de Gerik la masse de muscle.

Puis, elle s'approcha à pas lents et jeta sur moi son regard blanc. J'étais fasciné. Pour la première fois, elle semblait calme en l'Etat d'Avatar, elle semblait elle-même. La lumière intense et aveuglante avait laissé la place à une sorte de lueur blanche, pure, parfaite. Ses veines se dessinaient, brillantes sous sa peau mate, traçant un dessin qui rappelait les tatouages des maitres de l'air, mais en plus doux, plus subtil. On devinait le contour de ses muscles et l'endroit où battait son cœur à travers l'uniforme d'emprunt.

Tout à ma contemplation de cette divinité incarnée, je ne me suis pas préparé à la douleur soudaine quand elle arracha la pierre qui obstruait ma gorge.

Je restai un instant hébété en découvrant, parmi mon sang et mes glaires, la minuscule bille de quartz qui avait failli me tuer

Elle se tourna ensuite vers Fenkin, qui avait enfin ravalé son orgueil, et qu'elle fit basculer à travers la pièce.

L'Avatar a balayé la salle du regard, le posant un long moment sur Ata. L'Héritière tremblait de tout son corps sous la face impassible.

Toujours lentement, Sana posa une main à terre. Son expression changea, se durcit.

Alors, elle frappa le sol d'un coup de poing phénoménal dont l'onde de choc fit trembler et tomber les murs de l'Arche. Le souffle emporta les parois de roche qui masquaient les crimes de Fenkin.

Et nous nous retrouvâmes sur une sorte de vaste podium qui avait supporté l'Arche, au milieu de l'Atrium, en plein chaos.

Et dans ce chaos, je ne distinguai qu'une chose.

Ta-Mei, à terre, épuisée. Et la main d'Azula tendue dans sa direction.

Mes yeux devaient me trahir. J'avais abimé mes nerfs optiques en admirant Sana.

Ta-Mei agrippa la main aux longs ongles de félin, confiante.

Non, certainement le manque d'oxygène prolongé avait provoqué des lésions dans mon cerveau.

Et tandis que Tam-Tam se relevait, munie de nouvelles forces...

C'est Azula qui s'effondrait.


J'espère que ce chapitre vous a plu.

Je voulais décrire tout ce qui se passe sur le champ de bataille pendant que Sana se débat avec Fenkin. Mais je ne voulais pas relâcher la tension et faire avancer un peu l'histoire. Le résultat: un chapitre à plusieurs voix. Ceux qui m'ont suivie sur cette fic et "Retours" m'avaient demandé (il y a trois ans, oui, je sais) de reprendre ces changements de focalisation mais je n'en avais pas eu "besoin" jusqu'ici.

J'attends vos reviews!