Chamane
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas.
Résumé : Suite à un accident, Maiko peut voir les auras et les esprits. Tatsuha l'aide à gérer ce pouvoir. Fans de TasuhaxRûichi passez votre chemin.
Pairing : TatsuhaxMaiko, EirixShûichi
Note Fans de TatsuhaxRyûichi, passez votre chemin. Oui, j'adore les couples hétéros, ET ALORS ? J'aime bien le yaoï mais à petite dose, trop de yaoï tue le yaoï selon moi.
Note 2 : Cette histoire fait référence au roman Éternels, d'Alyson Noël.
Chapitre deux
Maiko ouvrit les yeux, haletante, le cœur battant à tout rompre. Que lui était-il arrivé ? Elle était dans un endroit merveilleux où elle parlait avec sa grand mère et soudain, elle avait fait une chute sans fin dans des abysses obscures. Où était-elle à présent ? Allongée dans un lit. Tout était blanc autour d'elle et elle était reliée à des machines.
- Un hôpital ? demanda-t-elle à voix haute.
Elle en eut la confirmation lorsqu'une infirmière arriva, se hâtant auprès d'elle. Elle la regarda d'un air inquiet et bienveillant.
- Ah, tu es réveillée, ma puce ! Je vais en informer les médecins.
Elle marqua une pause avant d'ajouter :
- Tu as mal quelque part ? Je t'ai entendue crier, c'est pour cela que je suis arrivée.
Maiko réfléchit à la question. Non, elle ne souffrait pas. Pas physiquement du moins. En outre, elle se sentait reposée, régénérée. Psychologiquement, c'était autre chose. Soit elle avait fait une EMI, soit elle avait fait un mauvais rêve. Elle penchait pour la seconde option.
Elle s'efforça de sourire d'un air rassurant à l'infirmière.
- Je vais bien. J'ai du faire un cauchemar...
Elle se figea brusquement. Elle venait d'apercevoir la silhouette de Ryuhei, près de l'infirmière. Il semblait bien portant, contrairement à sa vision cauchemardesque précédente. Mais aussi triste.
Elle poussa un cri de joie.
- Ryuhei ! Je suis contente que tu ailles bien !
À peine eut-elle prononcé ces mots que Ryuhei disparut. L'infirmière la regarda d'un air interrogateur et soucieux.
- À qui parles-tu ?
Maiko tressaillit. Elle avait été la seule à voir Ryuhei, de toute évidence. Comment allait-elle ne pas passer pour une folle aux yeux de l'infirmière ? Le mal était fait. Elle avait l'excuse d'avoir reçu un choc à la tête. De toute façon, elle ne voyait pas comment elle allait rattraper ses propos.
- Je suis désolée. J'ai cru voir Ryuhei.
L'infirmière la regarda d'un air anxieux.
- Ryuhei ? Celui qui conduisait ?
Maiko hocha la tête.
- Oui.
L'infirmière la regarda avec tristesse. Cela ne présageait rien de bon.
- Tu as reçu un choc. Peut-être que les hallucinations sont des effets secondaires. Nous allons te faire faire des tests et y remédier, d'accord ?
Ce n'était pas ce qui inquiétait le plus Maiko en cet instant.
- Où est Ryuheï ?
L'infirmière se mordit nerveusement la lèvre.
- Ne t'occupe pas de ça pour le moment, d'accord ? C'est ta santé qui importe.
Maiko n'allait pas se contenter de cette absence de réponse.
- C'est pire si vous ne dites rien. Je ne pourrai pas rester tranquille pendant les tests si je ne sais pas ce qui lui est arrivé.
L'infirmière la regarda d'un air triste et résigné et Ryuhei réapparut à ses côtés, silencieux. Maiko comprit avec horreur ce qui s'était passé avant même que l'infirmière le lui confirme.
- Ryuhei est mort. Nous n'avons rien pu faire. Et son moniteur est dans le coma.
Elle s'approcha et caressa le dos de Maiko pour la réconforter.
- Je suis désolée.
Maiko ne pouvait s'y résoudre. Elle ne pouvait pas croire sa mort, car cela signifiait qu'elle en était responsable. Elle devait lui parler mais elle n'allait pas refaire l'erreur de recommencer devant l'infirmière, qui se faisait déjà suffisamment de souci pour elle.
- J'ai besoin d'être un peu seule, soupira-t-elle.
L'infirmière hocha la tête d'un air compatissant.
- D'accord. Je vais renseigner les médecins sur ton état. Ils te feront faire des tests et ta famille viendra te voir. Ça te va ?
Maiko essaya de sourire, mais n'y parvint pas.
- Oui. Merci.
L'infirmière lui lança un dernier regard inquiet et tourna les talons. Maiko remarqua alors qu'une aura rose émanait d'elle. Était-ce le contrecoup du choc, comme Ryuhei ? Elle avait l'impression que ce n'était pas le cas, même si elle n'avait jamais demandé à voir les esprits et les auras.
Une fois seule, elle se tourna vers Ryuhei.
- Ryuhei, c'est bien toi ? Je suis tellement désolée !
Le visage de l'adolescent se ferma. Il la regarda d'un air douloureux et disparut à nouveau.
- Ryuhei, attends !
Trop tard. Cependant, quelqu'un apparut à sa place. Sa grand mère, qui avait pris l'apparence d'une adolescente.
- Grand mère ! s'exclama Maiko.
Elle lui semblait aussi réelle que Ryuhei. Elle la regarda de ses yeux d'un bleu identique au sien.
- Il s'en veut autant que toi, tu sais ? Laisse-le revenir de lui même. Mais s'il peut partir sans ton aide, c'est tout aussi bien.
Sur ces mots, elle effleura le visage de Maiko et disparut.
Peu de temps après, l'infirmière revint. Elle brillait toujours d'un rose lumineux.
- Tu es prête ?
Maiko acquiesça.
- Oui.
L'infirmière la débrancha aux machines et la fit rouler sur un brancard hors de la chambre. Maiko regarda autour d'elle et vit défiler des gens aux auras dont les couleurs tournoyaient devant ses yeux, des esprits qui parlaient, poussaient des plaintes déchirantes et lui donnaient le tournis. Il lui sembla aussi entendre des pensées résonnant dans sa tête. Elle s'évertua à les ignorer de son mieux.
Elle passa un IRM. Les médecins en déduisirent que tout était normal, ce qui en soi ne l'était pas dans la mesure où elle avait subi un choc violent. Il s'agissait là bel et bien d'un miracle. Ensuite, elle passa un entretien avec un psychiatre. Elle mentit par omission en s'abstenant de lui parler des auras et des fantômes qu'elle avait vus, excepté celui de Ryuhei lorsqu'elle s'était réveillée, puisque l'infirmière était témoin de cette vision.
Comme elle répondait aux questions du psychiatre, celui ci lui adressa un sourire bienveillant.
- Tout va bien, Maiko. Tu n'as jamais eu d'antécédents. Et même maintenant, ton discours est cohérent. Tu sembles seulement effrayée et bouleversée, mais c'est le contraire qui serait inquiétant.
Maiko fronça les sourcils.
- Et...pour ma vision ?
Elle aurait dû être soulagée qu'il n'aborde pas le sujet mais c'était plus fort qu'elle. À sa surprise, il sourit.
- Tu sais, Maiko, je suis un scientifique et je suis rationnel. Mais j'ai aussi l'esprit ouvert. Peut-être ne s'agit-il pas là d'une hallucination, mais d'un esprit réel. Certaines personnes deviennent extralucides après avoir frôlé la mort. Peut-être en fais-tu partie.
Il marqua une pause avant d'ajouter :
- Toujours est-il que je ne veux pas te gaver de médicaments alors que tu n'en as visiblement pas besoin. Il y a plein d'effets secondaires.
Maiko hocha la tête. Elle ne tenait pas à devenir un zombie ou prendre du poids. De plus, elle pensait elle même qu'elle n'était pas folle. Sa grand mère avait été si réelle.
- D'accord. Je vous remercie.
L'infirmière la raccompagna à sa chambre. Elle pouvait désormais marcher. Peu de temps après, ses parents arrivèrent. Ils la serrèrent contre eux. Sa mère éclata en sanglots.
- Ma chérie ! Je suis si heureuse que tu ailles bien !
Maiko ne manqua pas de remarquer l'auras colorée qui émanait d'elle mais ne fit aucun commentaire.
- Je suis désolée. Ce qui est arrivé est de ma faute.
Sa mère fronça les sourcils.
- Certainement pas ! Tu n'étais pas au volant.
- Mais c'est moi qui ai quitté Ryuhei.
Maiko leur raconta alors sa rupture avec Ryuhei, l'insistance de ce dernier pour la raccompagner et les suppliques du moniteur pour qu'il s'arrête et lui laisse le volant.
- Ryuhei était aveuglé par les larmes, conclut-elle tristement.
Son père intervint.
- Tu n'as rien à te reprocher. Je ne veux pas dire du mal de quelqu'un qui est dans le coma mais ce moniteur n'aurait jamais dû laisser Ryuhei prendre le volant. Il aurait dû juger dès le début qu'il n'était pas en état de conduire.
Maiko soupira. Rejeter la faute sur les autres ne la consolait pas vraiment. Ses parents parurent s'en apercevoir.
- Nous avons quelque chose qui te fera peut-être retrouver le sourire. Ou plutôt quelqu'un, dit sa mère.
Elle ouvrit la porte de la chambre et Shûichi apparut. Son aura était aussi rose que ses cheveux. Il lâcha le bouquet de fleurs qu'il tenait pour se jeter au cou de Maiko.
- Maiko ! s'écria-t-il.
La convalescente lui rendit son étreinte.
- Salut, grand frère.
Il éclata en sanglots. Maiko fut touchée, mais guère surprise. Son frère était du genre émotif. Elle entrevit ses pensées. Il se sentait coupable.
- Maiko, je m'en veux de ne pas avoir été plus présent.
Maiko réprima un sourire désabusé. Elle n'avait pas besoin d'être télépathe quand son frère disait exactement ce qu'il pensait. Même si cela n'avait pas été le cas, elle se serait bien passé de cette faculté.
Leur mère donna une tape à l'arrière du crâne de son fils.
- Tu en prends conscience? Tu aurais pu ramener Eiri à ta sœur pour te faire pardonner!
- Ah! s'exclama Shûichi.
Son regard s'illumina, comme sous le coup d'une illumination.
- J'ai failli oublier...
Les yeux de sa mère pétillèrent.
- Il va arriver?
Shûichi secoua la tête.
- Non! Le bouquet de fleurs! Qu'est ce que j'en ai fait?
Son père le lui tendit.
- Tu l'as laissé tomber.
Sa mère leva les yeux au ciel.
- Tu es incorrigible.
Shûichi s'empara des fleurs.
- Merci papa, tu me sauves!
Sur ces mots, il déposa le bouquet devant Maiko. Les fleurs étaient magnifiques. Il s'agissait de camélias.
-Lis le mot! lui demanda Shûichi.
Maiko prit la carte qui se trouvait dans les fleurs et s'exécuta.
Chère Maiko,
Je suis sincèrement désolé de ce qui t'est arrivé. Je te souhaite un bon rétablissement et espère te rencontrer bientôt.
Affectueusement,
Eiri.
Avant l'accident, quel bonheur délirant cela aurait été de recevoir des fleurs avec un mot signé de Eiri Yuki! Mais à présent, cela ne lui apportait qu'un peu de réconfort. Toutes ces auras, ces voix, ces esprits qui la tourmentaient la rendaient folle et elle avait du mal à n'en rien laisser paraître.
Elle s'efforça de sourire à son frère.
- Merci, Shûichi. Cela représente beaucoup pour moi. Vraiment.
Elle s'était exprimée d'une petite voix et Shûichi ne fut pas dupe.
- C'est tout? s'exclama-t-il.
Leur mère le frappa de nouveau au crâne.
- Shûichi!
Maiko lui adressa un faible sourire.
- Ne t'inquiète pas. C'est juste que je ne me sens pas en état de faire des bonds dans tout l'hôpital en hurlant comme une hystérique.
- Évidemment! renchérit sa mère.
Sur ces mots, elle lança un regard appuyé à Shûichi. Celui ci adressa un faible sourire à Maiko.
Comme elle était physiquement en état de rentrer, Maiko ne s'attarda pas à l'hôpital. Elle fut bien entendu conviée à l'enterrement de Ryuhei.
Ce fut un vrai clavaire. À peine Maiko était-elle arrivée au cimetière qu'elle fut submergée par la douleur qui transparaissait dans les pensées des gens, et aveuglée par les auras aux couleurs sombres et inquiétantes. Un cauchemar, en pire dans la mesure où il était réel. C'était tellement insoutenable que Maiko mit des lunettes de soleil pour atténuer la couleur des auras. Elle enfonça sa capeline pour moins bien entendre et se couper du monde extérieur.
Pourtant, elle ne pouvait pas se le permettre. Elle avait l'obligation de saluer les présents. Aussi, quand elle aperçut les parents de Ryuhei, elle s'avança vers eux.
- Bonjour, leur dit-elle d'une petite voix.
La mère de Ryuhei lui adressa un sourire crispé.
- Maiko, ma chérie! Merci d'être venue!
Ses pensées étaient différentes:
Tu étais avec mon fils quand il est mort. Qu'est-ce qui s'est passé? Est-ce de ta faute?
Maiko sentit la culpabilité et la colère monter en elle.
- C'est normal que je sois venue! Et oui, c'est de ma faute, puisque j'ai rompu avec Ryuhei juste avant l'accident ! Vous savez quoi? Collez-moi un procès, si cela vous chante! explosa-t-elle.
La mère de Ryuhei, cette femme qui avait toujours été si aimable envers elle,lui lança un regard choqué. Maiko l'ignora et s'éloigna d'un pas furieux. Elle ne voulait pas entendre ses autres pensées accusatrices. Alors qu'elle se recueillait sur la tombe et y déposait des fleurs, elle ne distingua pas les pensées de ceux qui l'entouraient, tant elles étaient nombreuses. Cependant, elle entendait ce bourdonnement qui lui résonnait aux oreilles de façon insupportable. Après avoir fait son discours sur Ryuhei dans lequel elle disait qu'il avait été un petit ami génial, elle partit presque en courant.
Alors que Maiko pensait que le pire était passé, elle se trompait. Il y avait le lycée. Elle s'y rendit munie d'un sweat dont elle rabattit la capuche sur ses oreilles, de lunettes de soleil et elle boucha ses oreilles à l'aide des écouteurs de son MP3. Quand sa mère la vit, elle parut consternée. Cependant, elle en déduisit que Maiko portait cette tenue en symbole de deuil et ne fit aucun commentaire.
- Tu veux que je t'emmène au lycée, ma chérie?
Maiko sentit la panique l'envahir.
- Non!
Elle respira avant de reprendre:
- Ça ira, maman. Je vais prendre le bus.
Sa mère la regarda avec inquiétude.
- Tu es sûre?
- Oui.
La jeune fille ne voulait pas qu'on risque à nouveau d'avoir un accident à cause d'elle.
Au lycée, les gens se montrèrent distants envers elle, y compris ses amis. Non seulement sa tenue inhabituelle n'incitait pas à l'aborder mais la rumeur de sa culpabilité au sujet de la mort de Ryuhei s'était répandue, sans doute à cause de la mère du jeune homme. Miyabi, la garce du lycée qui aimait avoir des souffre douleur et ne s'en était jamais prise à elle auparavant, changea d'avis.
Maiko tint une semaine. Au bout de ce délai, elle supplia ses parents de la laisser travailler à la maison. Elle n'aspirait qu'à une seule chose, être au calme. Ils acceptèrent, dans la mesure où ce qu'elle endurait au lycée l'empêchait de travailler correctement et pourrait compromettre sa réussite au bac.
Ainsi, elle travailla chez elle, ne s'arrêtant que pour manger. Certains esprits venaient la voir mais elle prenait le soin de les ignorer. Aussi, lorsqu'elle revint au lycée pour passer les épreuves, des boules quiès aux oreilles pour ne pas entendre les pensées des autres, elle s'en sortit bien.
Ainsi, lorsqu'elle apprit, quelques jours après, qu'elle avait obtenu son bac avec mention bien, elle sourit pour la première fois depuis des semaines.
XXX
Shûichi venait de rentrer du studio quand il reçut un coup de fil. Eiri l'enjoignit à décrocher.
- C'est le numéro de tes parents. Réponds.
Shûichi décrocha, espérant avoir des nouvelles de sa sœur. Il ne l'avait pas revue depuis l'hôpital, ne voulant pas la déranger dans ses révisions. Cela ne l'empêchait pas de se faire du souci pour elle.
- Oui? répondit-il.
- Shûichi? C'est Maiko.
Un sourire se dessina sur ses lèvres.
- Maiko-chan! Comment vas-tu?
- J'ai une bonne nouvelle à t'annoncer. J'ai eu mon bac avec mention bien.
Shûichi poussa un cri de joie.
- C'est génial! Grand frère est fier de toi!
- Merci, se contenta-t-elle de répondre.
Shûichi réalisa que si sa sœur avait été dans son état normal, elle aurait été beaucoup plus enthousiaste.
- Je te passe maman, ajouta-t-elle.
Avant que Shûichi ait pu protester, Maiko avait quitté la ligne pour laisser place à sa mère.
- Shûichi?
- Salut, maman.
- Ecoute, je suis très inquiète au sujet de Maiko. Elle s'est renfermée. Elle porte des sweats à capuche trop grands pour elle, elle qui était si féminine. Elle cache son si joli visage avec des lunettes noires et ne parle presque plus. Elle souffre en silence. Je ne supporte plus de la voir ainsi.
Shûichi eut une boule dans la gorge.
- Maman, je suis tellement désolé. Je vais trouver quelque chose pour l'aider. Je ne la lâcherai pas ce coup ci.
- Merci, dit sa mère d'une voix brisée.
Shûichi raccrocha, le cœur gros. Qu'était-il arrivé à sa petite sœur? Il se laissa tomber sur le canapé et cacha son visage entre ses mains.
