Chamane
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas.
Résumé : Suite à un accident, Maiko peut voir les auras et les esprits. Tatsuha l'aide à gérer ce pouvoir. Fans de TasuhaxRûichi passez votre chemin.
Pairing : TatsuhaxMaiko, EirixShûichi
Note Fans de TatsuhaxRyûichi, passez votre chemin. Oui, j'adore les couples hétéros, ET ALORS ? J'aime bien le yaoï mais à petite dose, trop de yaoï tue le yaoï selon moi.
Note 2 : Cette histoire fait référence au roman Éternels, d'Alyson Noël.
Chapitre trois
Shûichi avait enfoui son visage entre ses mains. Il était vraiment inquiet et se sentait coupable, alors qu'il aurait dû se réjouir que sa sœur ait son bac. Une main se posa sur sa tête.
- Quelque chose ne va pas ou tu veux juste que je te réconforte? dit une voix familière.
Shûichi découvrit son visage et regarda l'homme blond au visage angélique et froid qui se tenait devant lui. Son regard doré trahissait une lueur inquiète, ce qui était inhabituel chez lui. En temps normal, Shûichi aurait saigné du nez en voyant Eiri se faire du souci pour lui. En cet instant, il se réjouissait un peu, mais pas assez pour adopter son attitude habituelle. Il soupira.
- Je vais bien. Mais je ne cherchais même pas à attirer ton attention puisque je pensais que tu étais devant ton ordinateur.
Eiri fronça les sourcils.
- Dans ce cas, pourquoi te morfonds-tu?
- C'est Maiko.
Une lueur d'intérêt apparut dans les yeux d'Eiri.
- Ta petite sœur? Tu m'as dit qu'elle avait survécu à l'accident sans aucune séquelle et qu'elle était vite rentrée chez elle.
Shûichi acquiesça.
- Oui, mais psychologiquement, elle ne s'en est pas remise. Elle a quitté le lycée pour travailler chez elle et elle s'est renfermée. Même physiquement, maman dit qu'elle est méconnaissable.
Eiri hocha la tête.
- Ce n'est guère surprenant, si elle a perdu son petit ami.
Shûichi tressaillit. Il venait de se rappeler d'un détail qui n'était pas moindre.
- Justement. Elle venait de rompre avec lui et d'après ce que maman m'a dit, il était aveuglé par les larmes au moment de la collision.
Le regard d'Eiri se fit étrange.
- Je vois.
Shûichi lui adressa un regard interrogateur. Qu'entendait-il par là? Eiri remarqua sa perplexité et poussa un soupir agacé.
- C'est évident, non? Elle pense que c'est de sa faute. Elle se sent coupable.
Shûichi secoua la tête.
- Mais c'est faux! Je ne veux pas qu'elle s'auto-détruise!
Sur ces mots, il cacha à nouveau son visage dans ses mains. Eiri lui caressa les cheveux. Il culpabilisa de s'en réjouir un peu malgré son inquiétude sincère pour sa sœur.
- Shûichi, murmura Eiri.
Shûichi le regarda à nouveau. Eiri l'étudia attentivement avec un regard étrange.
- Toi aussi, tu te sens coupable, n'est-ce pas? Nous ne sommes jamais venus voir ta famille, toi et moi.
Shûichi acquiesça.
- Oui. J'ai été tellement égoïste et centré sur moi même.
Un vrai gamin gâté. Eiri esquissa un sourire en coin.
- Hé bien, il n'est pas trop tard pour y remédier.
Shûichi sentit l'espoir l'envahir. Si Eiri l'aidait, il pourrait se racheter.
- Que proposes-tu?
- Invitons ta sœur à passer les vacances d'été chez nous.
Shûichi fut saisi de surprise. Était-il sérieux? Il n'avait jamais reçu ses amis chez lui, même pour quelques jours et là, il lui proposait d'inviter Maiko, une de ses groupies, pour au moins un mois? Cela ne pouvait pas être vrai.
- Tu le veux vraiment? S'étonna-t-il.
Eiri leva les yeux au ciel.
- Contente toi d'accepter.
Shûichi se jeta à son cou.
- Yukiii! Tu es trop gentil!
Le romancier le repoussa doucement.
- Ça va, on a compris.
Shûichi gloussa. Il n'y a pas si longtemps, Eiri l'aurait envoyé valdinguer à l'autre bout de la pièce à coups de poing. Il sourit à son amant.
- Merci, Yuki.
Ce dernier haussa les épaules.
- C'est un peu de ma faute si tu ne vois plus tes proches. Comme tout tourne autour de moi chez toi, tu t'es isolé. J'y suis donc pour quelque chose.
Shûichi voulut protester, lui dire qu'il n'était coupable en rien, mais Eiri le fit taire d'un nouveau sourire, qui lui promettait des perspectives intéressantes.
- Par contre, nous n'allons plus pouvoir baiser à tout va quand ta sœur sera là. Je te propose donc de compenser dès maintenant.
Cette fois-ci, Shûichi sentit le sang lui monter au nez.
- Plutôt deux fois qu'une, dit-il d'une voix rauque.
Sur ces mots, il embrassa Eiri.
XXX
La joie qui avait habité Maiko lorsqu'elle avait obtenu son bac avec mention assez bien commençait déjà à se dissiper. Elle était de nouveau hantée par sa culpabilité et des esprits. De plus, elle faisait des cauchemars la nuit. La seule chose qui la réconfortait était que ses parents n'avaient que des pensées bienveillantes à son égard, même si elle vivait mal leur inquiétude. Elle avait commencé à réfléchir aux universités qui l'intéressaient, mais comment pourrait-elle supporter toutes les auras et pensées des étudiants? Elle se rassurait en songeant qu'elle avait deux mois pour réfléchir à ce problème.
Alors qu'elle écoutait de la musique dans sa chambre, son téléphone vibra. Elle décrocha.
- Oui?
- Maiko-chan? C'est Shûichi!
Elle sourit. Ces dernières semaines, elle avait eu plus de nouvelles de lui qu'en un an.
- Salut, grand frère. Tu vas bien?
- Je te renvoie la question. Et interdiction de mentir.
Son ton était sévère et Maiko sut que dire la vérité était la seule option.
- Ce n'est pas facile, confessa-t-elle.
- Je sais, répondit son frère avec douceur.
Cela, Maiko en doutait. Il ne pouvait pas imaginer ce qu'elle endurait, même si elle était touchée qu'il essaie de comprendre.
- Écoute, je pourrais te dire tout ce que je veux au téléphone, ça n'ira pas mieux, n'est-ce pas? Je vais employer les grands moyens.
Cette fois ci, Maiko était vraiment curieuse. Qu'est-ce que son grand frère avait encore en tête?
- D'accord. Quel est le plan?
Shûichi ne répondit pas tout de suite, laissant planer le suspense.
- Tu vas passer tes vacances chez Yuki et moi.
Le cœur de Maiko fit un bond dans sa poitrine.
- Tu es sérieux?
- Oui. Je sais que ça paraît incroyable. Mais tiens-toi bien. C'est l'idée de Yuki.
En effet, c'était incroyable. Mais elle ne pouvait pas accepter.
- C'est gentil à lui mais...
Shûichi l'interrompit aussitôt.
- Ai-je halluciné ou tu as bien dit « mais »?
Maiko acquiesça.
- Oui. C'est gentil à lui mais je ne pense pas que ce soit une bonne idée.
Elle venait de déclencher l'ire de son frère.
- Pourquoi? Parce que tu veux te punir? Maiko, c'est tellement injuste!
Celle ci soupira.
- Non. Ce n'est pas pour cela.
- Alors pourquoi?
Il n'allait pas lâcher l'affaire, elle le connaissait.
- Je ne supporte plus le monde extérieur. Je ne pourrai pas sortir.
Shûichi resta quelques instants silencieux.
- D'accord. Pas de problème. Tu resteras à la maison et Eiri et moi serons au petits soins avec toi.
Maiko ne put s'empêcher de sourire.
- C'est une perspective très séduisante.
Elle devinait le sourire triomphant de son frère.
- Là, tu vois! De toute façon, nous viendrons te chercher de gré ou de force. S'il le faut, j'utiliserai même le panda géant de cette cinglée de Rage.
Maiko frissonna. Elle connaissait assez son aîné pour savoir qu'il ne plaisantait pas.
- Tes désirs sont des ordres, capitula-t-elle.
Shûichi poussa un rugissement triomphant.
- Parfait! Je vais prévenir papa et maman de nos projets.
Maiko sourit.
- D'accord. Je te les passe.
Leurs parents acceptèrent la proposition de Shûichi avec plaisir. Comme ils se faisaient de plus en plus de souci pour Maiko ils espéraient que ces vacances lui feraient du bien. En entendant leurs pensées, Maiko comprit qu'ils espéraient que la joie de vivre de Shûichi déteindrait sur elle et qu'elle redeviendrait comme avant. Cela, Maiko n'y croyait pas. Elle ne le redeviendrait que lorsqu'elle serait débarrassée de ses visions et rien ne lui disait que cela arriverait un jour. Elle avait l'impression que le processus était irréversible et que par conséquent la Maiko d'avant était morte.
Cela, elle ne pouvait pas le dire à ses parents, ni à Shûichi. Ils se mettaient en quatre pour qu'elle aille mieux et elle n'avait pas le droit de leur enlever cet espoir.
En faisant sa valise, elle mit plusieurs sweats à capuche de rechange avec des jeans. Quand sa mère vit cela, elle protesta. Il faisait trop chaud et c'était un crime de ne pas mettre ses si jolies tenues d'été. Maiko réussit à la convaincre que c'était pour les soirées où il ferait frais et fit un compromis avec sa mère: elle remplirait sa valise de sweats et jeans pour moitié et de robes d'été pour autre moitié. Celle ci accepta le compromis mais ne fut pas dupe.
Le jour où Shûichi vint chercher Maiko, leur mère désapprouva silencieusement le fait que Maiko ne fasse pas un effort sur sa tenue dans la mesure où elle allait voir Eiri. Elle la comprenait. Si l'ancienne Maiko l'avait appris, elle aurait égorgé la nouvelle.
Quand Shûichi arriva, sa mère se jeta dans ses bras. Lorsqu'elle eut desserré son étreinte, Shûichi détailla Maiko de la tête aux pieds, une lueur inquiète dans le regard, puis sourit.
- Je vais discuter avec papa et maman pendant que tu te changes.
Maiko secoua la tête comme pour chasser sa gêne.
- En fait, je suis prête.
Shûichi la regarda d'un air incrédule.
- Tu vas voir Yuki dans cette tenue?
- Je me sens bien, ainsi.
Shûichi roula des yeux, l'air de dire: « on ne me la fait pas, à moi ».
- Tu sais, ça le changera de toutes ces bimbos en robe moulante et talons aiguilles...
Elle s'interrompit. Derrière ses lunettes de soleil, elle distinguait une silhouette floue près de Shûichi. Un fantôme. Bien qu'elle ne le distinguât que difficilement, il sembla à Maiko qu'il souriait. Elle frissonna.
- Bon, si mes tenues te dérangent, je ferais mieux de rester.
- Non! S'écrièrent Shûichi et sa mère d'une même voix.
Shûichi saisit Maiko par les épaules.
- Excuse-moi. C'est comme tu le sens. Mais viens, s'il te plaît. Yuki a envie de faire ta connaissance.
Ce dernier argument porta, ajouté à l'air sincère et suppliant de son frère. Elle s'autorisa un faible sourire.
- On y va, alors?
Shûichi hocha la tête, soulagé.
- Ca marche, petite sœur. On y va.
Shûichi aida Maiko à porter sa valise et ils se dirigèrent vers une belle voiture. Maiko poussa un cri de surprise.
- C'est la tienne?
Il avait les moyens de se payer une voiture mais Maiko avait du mal à imaginer son frère au volant De plus, elle avait peur de remonter dans une voiture mais cela devrait arriver tôt ou tard. Elle devait prendre sur elle.
Shûichi éclata de rire.
- Pas encore. C'est celle de Hiro.
Un sourire se dessina sur les lèvres de Maiko.
- Hiro? Ca fait une éternité que je ne l'ai pas vu.
Shûichi lui rendit son sourire.
- Hé bien, monte devant si tu veux lui parler.
Il lui adressa un regard rassurant.
- Ne t'inquiète pas. Tout va bien se passer.
Maiko monta dans la voiture et salua Hiro. Il n'avait pas changé. Certes, il avait teint ses longs cheveux auburn en blond mais il avait toujours les mêmes yeux gris bleu,son éternel sourire chaleureux et tranquille collé sur son visage. Maiko ne fut pas agressée par ses pensées et aucun esprit ne le hantait. C'était agréable.
- Salut, Maiko. Félicitations pour ton bac. Tu es une tête.
- Pas autant que toi.
Hiro éclata de rire.
- Ne sois pas modeste!
En voilà un qui ne faisait aucun commentaire sur sa tenue et qui agissait avec elle comme si de rien n'était. C'était très agréable, et réconfortant.
Le trajet fut assez rapide. En déposant Maiko et Shûichi, Hiro leur dit au revoir. Il ne comptait pas s'éterniser auprès de Yuki. Il sembla à Maiko que les deux jeunes hommes ne devaient pas être les meilleurs amis du monde, notamment à cause du fait que ce n'était pas tous les jours facile entre Shûichi et son amant, même si ces derniers temps les choses s'étaient améliorées entre eux. Enfin, cela ne la regardait pas.
Shûichi sonna à la porte, avant de la rouer de coups.
- Yuki! Yukiii!
La porte s'ouvrit à la volée sur un adonis aux cheveux blonds et dont les yeux ambrés dissimulés derrière les lunettes semblait agacé.
- Sérieusement, Shûichi? Tu as encore oublié les clés? soupira-t-il.
La tête rose fit une moue penaude.
- Désolé.
- Idiot.
Maiko laissa échapper un petit rire. La façon dont Eiri Yuki- car c'était bel et bien lui, en chair et en os- réprimandait Shûichi ne semblait pas bien méchante. Sa manifestation d'amusement attira l'attention d'Eiri qui se tourna vers elle. Il la dévisagea d'un air insondable, puis sourit.
- Tu es Maiko?
Eiri Yuki s'adressait à elle pour la première fois. Il n'y a pas si longtemps, elle serait tombée dans les pommes. En cet instant, elle tenait encore sur ses deux jambes mais était intimidée. Elle hocha la tête.
- Oui. Enchantée, Yuki-san, lui dit-elle d'une petite voix.
Contre toute attente, Eiri lui sourit. Sa mauvaise humeur n'était destinée qu'à Shûichi.
- Bienvenue, Maiko. Entre, je t'en prie.
Sur ces mots, il lui passa un bras autour des épaules et l'entraîna à l'intérieur. Ce n'était pas le geste qu'il aurait réservé à une femme avec laquelle il voudrait coucher mais plutôt à une petite sœur. Son geste était protecteur et l'aurait réconfortée si elle ne s'était pas heurtée à une part d'ombre. Elle ne percevait pas ses pensées, seulement une grande souffrance. Aussi, une fois entrée, elle se détacha doucement de lui. Il ne fit aucun commentaire.
- Shûichi va te faire visiter l'appartement. Moi, je serai dans mon bureau, à écrire. Si tu as besoin de quoi que ce soit, de manger, d'une dédicace, d'un conseil, appelle moi.
Maiko hocha la tête avec un sourire.
- Je ne dirais pas non à la dédicace.
Shûichi écarquilla les yeux.
- Elle a vraiment droit à un traitement de faveur!
Eiri le toisa.
- C'est ce que tu voulais, non?
Shûichi rougit et ne sut que répondre. Il prit Maiko par la main.
- Viens. Je vais faire ce qu'il a dit.
Il entraîna Maiko dans tout l'appartement et lui fit visiter toutes les pièces. Maiko sentit la présence d'un esprit à ses côtés, mais il restait silencieux. L'appartement était grand et joliment décoré. Sans doute l'œuvre d'Eiri. Avant de dîner, Maiko se doucha et se changea, renonçant pour la soirée à sa capuche et ses lunettes de soleil. Elle enfila une robe légère et laissa ses cheveux libres.
Quand Eiri la vit, il lui adressa un regard appréciateur.
- C'est à ça que tu ressembles réellement? Tu es ravissante.
Maiko rosit légèrement.
- Merci.
Elle se mit à table et Shûichi arriva.
- Maiko te ressemble beaucoup, en plus c'est une jeune fille intelligente. Je crois que je vais la préférer à toi.
- Ah non! couina Shûichi.
Maiko tressaillit. L'esprit venait de réapparaître aux côtés de Shûichi. Sans ses lunettes de soleil, elle le distinguait nettement. C'était un jeune homme séduisant, et il souriait. D'un air inquiétant.
- Maiko? s'enquit Eiri.
Il avait remarqué son trouble.
- Oui?
- Est-ce que ça va? Tu sais, je taquinais juste Shûichi. Je ne voulais pas te mettre mal à l'aise.
Maiko secoua la tête.
- Oh non! Cela n'a rien à voir avec vous.
Le regard de Eiri se fit de nouveau insondable.
- D'accord. Je te crois.
