Chamane

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas.

Résumé : Suite à un accident, Maiko peut voir les auras et les esprits. Tatsuha l'aide à gérer ce pouvoir. Fans de TasuhaxRûichi passez votre chemin.

Pairing : TatsuhaxMaiko, EirixShûichi

Note Fans de TatsuhaxRyûichi, passez votre chemin. Oui, j'adore les couples hétéros, ET ALORS ? J'aime bien le yaoï mais à petite dose, trop de yaoï tue le yaoï selon moi.

Note 2 : Cette histoire fait référence au roman Éternels, d'Alyson Noël.

Chapitre quatre

Qu'avait voulu dire Eiri par « je te crois »? Cela troublait Maiko. Savait-il quelque chose? Sans doute pas. Il ne pouvait pas être au courant pour les fantômes. Peut-être avait-il simplement compris qu'elle avait des problèmes dont elle ne voulait ou plutôt ne pouvait pas parler. Il n'avait donc pas insisté et ils s'étaient mis à table.

Maiko et Eiri parlèrent des livres du romancier et ce dernier trouva que Maiko faisait des remarques très pertinentes sur ses oeuvres. Il lui dit qu'il aimait les fans comme elle. Shûichi, qui ne lisait pas ses livres, ne fut pas en reste pour autant. Il prit par à la conversation et ils dérivèrent vers d'autres sujets. Maiko aurait passé un agréable moment si la présence du fantôme au sourire inquiétant n'avait pas été là. Cependant, elle réussit à passer outre, du moins en apparence.

Lorsqu'elle aida Shûichi, dont c'était le tour de faire la vaisselle, celui ci lui adressa un regard approbateur.

- Tu as fait une excellente impression à Yuki.

Maiko haussa les sourcils.

- Moi? Vraiment?

Shûichi opina de la tête.

- Je ne te le dirai pas si ce n'était pas vrai. Crois-moi. Il est beaucoup moins bavard, d'habitude. Je crois qu'il s'est pris d'affection pour toi.

Maiko rosit et Shûichi lui sourit.

- Ca me fait plaisir.

- À moi aussi, répondit Maiko.

- Et ce n'est pas tout. Pendant ce dîner, j'ai presque retrouvé l'ancienne Maiko.

- Oh.

Maiko ne lui demanda pas ce qu'il entendait par presque, car cela les aurait entraînés sur un chemin dangereux. Elle n'était pas prête à dire la vérité à Shûichi. Ils lavèrent les assiettes en silence et elle alla se coucher.

Maiko

Elle errait dans l'obscurité à la recherche de cette voix. Elle la reconnaissait.

- Ryuhei ?

Maiko

Elle s'efforçait de localiser l'endroit d'où venait cette voix. Elle semblait se trouver loin devant elle, toujours loin.

- Où es-tu, Ryuhei ?

Sauve-toi, Maiko.

Maiko secoua la tête.

- Non! Je dois te sauver. Ou au moins, te demander pardon.

Trop tard

La voix de Ryuhei, si c'était bien lui, était emplie non pas d'amertume, mais de tristesse. Avant même qu'elle ait pu protester, le paysage changea autour de Maiko. Elle se trouvait dans un appartement sombre, près d'une fenêtre. Les taxis jaunes et noirs lui permirent de réaliser qu'elle était à New York. Bientôt, ce détail n'eut plus d'importance car elle fut interrompue par des cris. Un jeune garçon blond dévêtu regardait un jeune homme. Maiko tressaillit en réalisant que c'était celui qu'elle avait vu près d'Eiri et Shûichi. Le blond le regardait avec haine, horreur et douleur. Il tenait un revolver dans les mains.

- Kitazawa! Comment avez-vous pu me faire ça? Comment avez vous pu m'infliger ça?

Sur ces mots, il se rua sur son interlocuteur, le frappa et lui tira dessus.

Ce fut plus fort que Maiko. Elle hurla.

- Maiko! Maiko! Réveille-toi?

Une voix basse et douce l'incitait à se réveiller et la secouait doucement. Elle cessa de hurler et essaya d'ouvrir les yeux.

- Shûichi? gémit-elle.

- Non. C'est Eiri. Tu peux ouvrir les yeux?

Maiko s'exécuta et vit le visage inquiet d'Eiri penché sur elle.

- Yuki-san...

- Tu as fait un cauchemar. Shûichi dort encore mais j'ai entendu tes cris.

Maiko passa une main sur son propre visage et s'aperçut qu'il était en sueur.

- Je suis désolée.

- Tu n'as pas à l'être. Ce n'est pas de ta faute. En plus, je ne dormais pas, je lisais.

Il regarda Maiko attentivement.

- Tu veux en parler?

Ce fut plus fort qu'elle. Maiko laissa libre cours à ses larmes. Eiri lui caressa doucement les cheveux.

- Du calme. Tout va bien, maintenant. C'est fini.

Maiko se redressa et secoua la tête.

- Non, ce n'est pas fini, hoqueta-t-elle. Le cauchemar persiste quand je suis éveillée. Je vois des morts. Je vois des auras et ma tête est envahie par les pensées des gens.

Le visage d'Eiri tressaillit.

- Et cela ne s'arrête pas avec vous. Je vois un homme qui vous suit, Shûichi et vous. Dans mon rêve, il s'appelait Kitazawa.

Eiri frémit.

- Qu'as-tu dit?

Maiko se rendit compte de ce qu'elle venait d'avouer et se mordit la lèvre.

- Oh non. Je n'aurais pas dû dire tout ça. Vous allez me prendre pour une folle.

Elle enfouit son visage dans ses mains mais Eiri l'obligea à découvrir son visage.

- Pas du tout. Tu as bien fait.

Maiko le regarda avec étonnement. Il lui adressa un sourire amer.

- Tout s'explique. Tes sweats à capuche, tes écouteurs, tes lunettes de soleil. Tout cela te sert de béquilles pour te protéger de tes dons. Mais ce n'est pas très efficace, n'est-ce pas?

Maiko secoua la tête.

- Non. Mais je n'ai pas trouvé mieux.

Elle fronça les sourcils.

- Pourquoi me croyez-vous ?

Le regard d'Eiri se fit songeur.

- Il y a plusieurs raisons à cela.

Maiko était intriguée.

- Lesquelles ?

- Pour commencer, beaucoup de médiums ne sachant pas gérer leurs dons adoptent la même attitude que toi. J'ai vu des émissions, là dessus. Et j'ai discuté avec toi au dîner, ce qui m'a permis de constater par moi même que tu étais tout à fait saine d'esprit, si ce n'est la peur qui hantait ton regard. Par conséquent, je m'en doutais un peu.

Il marqua une pause et Maiko eut le sentiment qu'il n'avait pas terminé.

- Il y a une autre raison?

Eiri hocha la tête.

- Oui. J'ai connu un Kitazawa. Mais je ne tiens pas à en parler. Peut-être plus tard.

Maiko hocha la tête.

- Pas de problème.

Elle était un peu frustrée mais aussi soulagée d'en avoir parlé et d'être crue.

- Merci de me prendre au sérieux.

Eiri esquissa un sourire en coin.

- Ce n'est rien. Quand j'aurai trouvé un moyen de t'aider, là, tu pourras me remercier.

Maiko haussa les sourcils.

- Vous croyez que c'est possible?

Elle éprouvait de la reconnaissance à l'égard d'Eiri mais elle n'osait pas trop espérer. Il acquiesça.

- En fait, j'ai ma petite idée.

- Ah oui?

- Tu la découvriras bien assez vite. Tu devrais te rendormir, maintenant.

Maiko hocha la tête.

- D'accord. Merci, Yuki-san.

Il lui tapota doucement la tête et s'en alla. Maiko éteignit la lumière et ferma les yeux en songeant qu'Eiri Yuki n'était pas comme elle l'avait imaginé.

XXX

Eiri referma son livre et se coucha. Il était vraiment inquiet. Maiko avait vu Yuki Kitazawa. Elle ne savait pas de qui il s'agissait, du moins il l'espérait. Cependant, ce n'était pas ça qui l'angoissait le plus. Shûichi connaissait la vérité alors si Maiko était dans la confidence, ce n'était pas un drame. En vérité, il se souciait surtout de Maiko elle même, pour qui il s'était pris d'affection. Cela ne lui ressemblait pas, mais elle ressemblait beaucoup à Shûichi, en plus posée et plus douce. Il avait envie de la protéger, comme une petite sœur, alors qu'il n'avait jamais eu de petite sœur. Il enlaça Shûichi et s'endormit contre lui.

Le lendemain matin, Shûichi se leva tôt pour aller travailler. Eiri prenait tranquillement son petit déjeuner quand Maiko arriva, les cheveux en bataille. Même ainsi, elle était jolie, à l'instar de son frère.

Il venait à peine de la saluer qu'on sonna à la porte. Eiri ouvrit et découvrit Tôma.

- Salut, Seguchi, grommela-t-il.

Son beau-frète lui adressa un large sourire et brandit un sac de viennoiseries.

- Bonjour, Eiri-chan! Je t'amène le petit déjeuner!

Eiri haussa les sourcils.

- Il y en a assez pour trois?

Tôma se figea.

- Shindô est encore là?

Eiri leva les yeux au ciel.

- Non. Une jeune fille est là.

Le visage de Tôma s'illumina.

- Oooh! Mais ça change tout! Bien sûr que j'ai à manger pour trois! Qui est-ce?

- Sa petite sœur.

Tôma fut charmant, et charmé par Maiko. Cela ne surprenait guère Eiri dans la mesure où elle était très différente de son frère. Elle était beaucoup moins bruyante que lui. Ils passèrent donc un agréable moment, d'autant plus qu'ils se régalèrent. Tôma avait ramené des croissants et des petits pains dorés à souhait et leur avait préparé du chocolat viennois, avec du jus d'orange et de carotte pressé fait maison. Un vrai bonheur.

Eiri demanda à Tôma des nouvelles de sa femme, et du bébé. L'accouchement s'était bien passé et elle était partie au temple familial pour se reposer. Tôma leur rendait visite dès qu'il avait un peu de temps libre et il semblait bien parti pour devenir un papa gâteau. Cela faisait plaisir à Eiri que Tôma aime sincèrement sa femme et son enfant, même s'il débordait toujours d'affection pour lui et manifestait une certaine jalousie pour Shindô.

Lorsqu'ils eurent fini leur repas matinal, Eiri congédia Tôma. Il composa le numéro du temple de Kyoto.

- Oui? répondit une voix féminine et familière.

- Salut, Mika. C'est Eiri.

- Eiri? C'est bien toi?

Eiri émit un grognement.

- Puisque je te le dis. Je croyais que tu reconnaîtrais ma voix entre mille?

Sa sœur fut piquée au vif. Elle avait le même caractère de cochon que lui.

- C'était une question rhétorique! Je suis surprise que tu appelles ici, c'est tout. Si c'était pour avoir des nouvelles du bébé, tu m'aurais jointe sur mon portable, non?

Eiri sourit.

- En effet. Peux-tu me passer Tatsuha?

- Tastuha? Il n'est pas là. Pourquoi?

- Je pense qu'il pourrait aider la petite sœur de Shûichi...

Mika l'interrompit.

- La petite sœur de Shindô? Tu n'as jamais rencontré sa famille!

- Les choses changent. Et si tu me laissais parler?

Son aînée soupira.

- Excuse-moi. Je t'écoute.

Eiri lui raconta ce qui était arrivé à la jeune sœur de son petit ami. Il omit de mentionner Yuki Kitazawa, redoutant que Mika lui ordonne de s'éloigner de Maiko, qui n'avait pourtant rien fait de mal.

- Elle est donc extralucide, observa Mika. Cela arrive suite à des chocs graves. Mais ce n'est pas moi la spécialiste des esprits et de l'au delà. C'est Tatsuha.

Eiri soupira.

- Dommage qu'il soit absent.

- Je lui passerai le message, dit Mika.

Eiri eut alors une idée.

- Je peux passer vous voir, sinon.

- Pardon? glapit Mika.

Son incrédulité vexa quelque peu Eiri, bien qu'elle fut justifiée.

- Je viendrai vous rendre visite, avec Shûichi et Maiko. Ainsi je verrai le petit.

- Tu es sérieux?

- Oui.

Comme Mika ne répondait pas, il ajouta.

- Tu penses que c'est une mauvaise idée.

Elle réagit aussitôt.

- Non! Je suis contente que tu viennes voir le bébé. Mais je ne suis pas sûre que papa accepte de voir ton petit ami. La petite Shindô, encore...

- Il va bien falloir qu'il accepte mon petit-ami. Ecoute, j'y réfléchirai. Passe le message à Tatsuha, d'accord?

- D'accord. Et... Eiri?

- Oui?

- Je suis contente que tu aies appelé.

Eiri esquissa un sourire.

- De même.

Sur ces mots, il raccrocha.

Il s'installa dans son fauteuil pour écrire. Il avait fait des progrès avec sa famille, depuis qu'il connaissait Shûichi. Cette évolution se poursuivait dans le bon sens, mais il fallait que son père fasse des efforts. Cependant, s'il ne l'acceptait pas lui, comment pourrait-il apprécier Shûichi?

XXX

Maiko s'était brossé les dents et habillée. Elle portait, une fois de plus, un sweat à capuche. Elle avait ôté ses lunettes de soleil pour lire quelques chapitres d'un roman d'Eiri Yuki. Là, elle ne risquait pas de se faire assaillir par les auras. Ensuite, elle avait marqué la page, refermé le livre et s'était intéressée aux brochures des universités où elle pourrait aller. Avec la mention bien, elle avait du choix, y compris parmi les universités prestigieuses. L'une d'elle la tentait bien. Elle formait au métier de journaliste. Maiko aurait aimé être critique littéraire. Seule ombre au tableau, pour être journaliste, il fallait avoir le contact facile. Cela n'aurait pas posé de problème avant l'accident. Désormais, c'était mission impossible.

Un bruit de pas se fit entendre dans le salon.

- Maiko?

Elle leva les yeux et vit Eiri.

- Oui?

- Tout va bien ?

Elle acquiesça poliment.

- Oui, Yuki-san.

Elle perçut une réelle inquiétude accompagnée d'une réelle sympathie de la part de l'écrivain. Qui aurait cru qu'une relation de confiance s'instaurerait aussi vite entre son idole et elle? Le fait qu'elle lui ait révélé son secret et qu'il la croie avait aidé.

- Je vais sortir faire quelques courses. J'en ai pour cinq minutes. Je peux te laisser seule?

Maiko sourit.

- Pas de problème.

Eiri prit congé d'elle. Peu de temps après, on sonna à la porte. Maiko rabattit sa capuche, mit ses lunettes de soleil et, le coeur battant, alla ouvrir.

Devant elle se trouvait un jeune homme qui ressemblait trait pour trait à Eiri, si ce n'était qu'il avait les yeux et les cheveux noirs. De lui se dégageait une aura très différente de celle d'Eiri, et beaucoup de sensualité, ce qui la troubla. Cependant, elle n'entendait pas ses pensées.

- Bonjour, dit-elle timidement.

Elle fit mine de le laisser passer mais il resta planté devant elle.

- Seriez vous...monsieur Sakuma? Vous êtes ici incognito?

Ses yeux brillaient d'espoir. Maiko ne savait pas si elle devait rire ou se vexer. Finalement, elle soupira.

- Premièrement, je ne suis pas Ryûichi Sakuma. Deuxièmement, je suis une fille.

Tatsuha parut déçu, puis son visage s'éclaira tandis qu'il entrait dans l'appartement.

- Ah! Tu es la sœur de Shûichi! Tu ressembles beaucoup à Sakuma, en plus féminine. Tes vêtements m'ont induit en erreur.

Maiko grimaça.

- En fait, ce n'est pas vraiment moi.

Une lueur de compréhension apparut dans les yeux sombres du jeune homme.

- Je sais. Je suis Tatsuha, le frère d'Eiri. Nous nous sommes déjà rencontrés, et tu étais différente. C'était très rapide.

Maiko se souvint alors de la fois où elle avait prêté ses vêtements à Ayaka. Il était présent mais ne l'avait pas marquée à l'époque, curieusement. C'était réciproque. Pourtant, en cet instant, Tatsuha la regardait avec intérêt.

- Je sais pourquoi tu t'habilles ainsi. Tu...

Il fut interrompu par l'arrivée d'Eiri.

- Tatsuha? Que fais-tu là?

L'adolescent adressa un sourire à son aîné.

- Salut petit frère. Mika m'a appelé de ta part alors je suis venu.