Chamane

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas.

Résumé : Suite à un accident, Maiko peut voir les auras et les esprits. Tatsuha l'aide à gérer ce pouvoir. Fans de TasuhaxRûichi passez votre chemin.

Pairing : TatsuhaxMaiko, EirixShûichi

Note Fans de TatsuhaxRyûichi, passez votre chemin. Oui, j'adore les couples hétéros, ET ALORS ? J'aime bien le yaoï mais à petite dose, trop de yaoï tue le yaoï selon moi.

Note 2 : Cette histoire fait référence au roman Éternels, d'Alyson Noël.

Chapitre cinq

Eiri regarda Tatsuha d'un air quelque peu étonné.

- Tu as fait vite.

Tatsuha esquissa un sourire.

- Tu me connais. Tu ne m'invites pas à m'asseoir?

Comme Eiri ne s'empressait pas de lui répondre, il lui montra un sac et ajouta.

- J'ai amené des gâteaux.

Eiri hocha la tête.

- Asseyons nous. Ou plutôt, asseyez-vous. Je vais vous laisser seuls, tous les deux. Cela ne t'ennuie pas, Maiko?

Cette dernière secoua la tête.

- Non, Yuki-san.

Elle était un peu intimidée par Tatsuha, pourtant plus jeune qu'elle si ses souvenirs étaient bons mais ne voulait pas le lui montrer. Eiri lui adressa un regard rassurant.

- N'hésite pas à appeler si tu as besoin d'aide.

Tatsuha leva les yeux au ciel.

- Arrête. Je ne vais pas la violer!

Maiko rougit violemment. Shûichi lui avait raconté que Tatsuha avait tenté de coucher avec lui lors de leur première rencontre. Il aimait les garçons comme les filles. Eiri parut, une nouvelle fois, deviner les pensées de Maiko.

- Il plaisante. Mais n'hésite pas à crier ou à le frapper si besoin.

Sur ces mots, il donna une matraque à Maiko. Elle le remercia, ne sachant pas si elle devait rire ou être prise de panique.

Une fois Eiri parti, Tatsuha sourit à Maiko.

- Bon. Qu'est-ce que je te disais avant que mon grand frère arrive?

Maiko réfléchit quelques secondes et se souvint.

- Tu disais que tu savais pourquoi je m'habillais ainsi.

Tatsuha hocha la tête.

- Oui. C'est pour cela qu'Eiri m'a contacté. Il dit que tu as un don qui s'est révélé après l'accident.

- Et tu y crois?

Tatsuha roula des yeux.

- Mon frère n'est pas un menteur.

Aussitôt, Maiko fut sur la défensive.

- Je n'ai rien dit de tel! Je veux juste dire que c'est difficile à croire!

Tatsuha sourit.

- Relax, petite Shindô. Je le sais bien. D'ailleurs, tu vas me prouver les dires d'Eiri.

Maiko sentit la panique l'envahir.

- Comment? Je ne lis pas dans tes pensées.

Alors qu'elle pensait que c'était fichu, Tatsuha éclata de rire.

- C'est parce que je les ai bloquées.

Les yeux de Maiko s'écarquillèrent.

- Comment as-tu fait?

- Je te l'expliquerai plus tard. Pour le moment, je vais débloquer mes pensées et tu vas me dire quelque chose sur moi.

Il lui tendit la main.

- Cela t'aidera peut-être de me toucher.

Maiko prit sa main avec hésitation et un flot de pensées l'envahit. Elle s'empressa de la retirer.

- Tu es obsédé par Ryûichi Sakuma.

Tatsuha ne parut guère impressionné.

- Tout le monde le sait.

Maiko esquissa un sourire espiègle.

- Et tout le monde sait que tu portes en ce moment un boxer avec des lapins roses imprimés à cause de la peluche fétiche du chanteur?

Tatsuha écarquilla les yeux et les pensées que Maiko entendait se turent. Il venait de les bloquer à nouveau.

Maiko esquissa un sourire.

- Tu as eu la preuve que tu voulais?

Tatsuha lui répondit par une autre question.

- Qu'est-ce qui s'est passé, exactement?

Maiko ne lui raconta pas comment l'accident s'était produit, mais décrivit son expérience de mort imminente, l'endroit merveilleux où elle était allée. Ses retrouvailles avec sa grand mère. L'apparition de Ryuheï, sa chute dans les ténèbres et son réveil. Les voix qu'elle avait entendues, les auras, les esprits qu'elle avait vus. Quand elle eut terminé, elle concerta Tatsuha du regard. La lueur lubrique dans ses yeux avait fait place à de l'émerveillement, ce qui le transfigurait et lui donnait l'air plus jeune, lui qui semblait avoir passé les vingt ans en dépit de son véritable âge.

- Tu es allée dans l'été perpétuel.

Maiko fronça les sourcils.

- L'été perpétuel?

Tatsuha acquiesça.

- C'est l'endroit où vont les âmes mortes. Un lieu de transition, mais ceux qui sont passés de l'autre côté peuvent y retourner. Il faut avoir de grands pouvoirs ou s'être entraîné à la méditation pour y accéder.

Maiko lui lança un regard intrigué.

- Ce n'est pas mon cas.

Tatsuha hocha la tête.

- Oui mais tu as fait une expérience de mort imminente. C'est ce qui t'a guidée dans l'été perpétuel mais tu n'as pas franchi le pont. L'été perpétuel a guéri tes blessures physiques et les pouvoirs que tu as obtenu à ton retour en sont les effets secondaires.

- Je vois, fit Maiko, songeuse.

Cela expliquait beaucoup de choses mais ne la réconfortait pas de la mort de Ryuheï, pas plus que cela ne résolvait ses problèmes.

- Qu'est-ce que cela fait de moi?

Tarsuha sourit.

- Une chamane.

Maiko émit un faible sourire.

- Cela sonne plutôt bien.

Tatsuha dodelina de la tête.

- En fait, tu pourrais le devenir si tu apprenais à contrôler tes pouvoirs.

Maiko sentit l'espoir l'envahir.

- C'est possible?

Tatsuha lui lança un regard rieur.

- Bien sûr. Si je peux bloquer mes pensées, je peux t'aider toi. C'est pour ça que je suis là.

Il lui tendit la main.

- Acceptes-tu mon aide?

Sachant qu'elle ne risquait plus d'être noyée par ses pensées, Maiko lui prit la main. Dire qu'elle ne ressentit rien aurait été un mensonge. Sa main était chaude et ferme et en la touchant, Maiko fut submergée par la sensualité du jeune homme, ce qui lui donna des frissons. Cependant, elle s'efforça de n'en laisser rien paraître.

- D'accord, dit-elle. J'accepte ton aide.

Elle voulut lâcher la main du jeune homme mais il la retint.

- Dans ce cas, tu vas venir à Kyoto avec moi.

Les yeux de Maiko s'agrandirent de surprise.

- À Kyoto? glapit-elle.

Tatsuha, qui lui tenait toujours la main, acquiesça.

- Oui. Mon père est un moine bouddhiste. Il y tient un temple.

Maiko réprima un sourire à l'idée qu'Eiri Yuki soit le fils d'un moine. Tatsuha plongea ses yeux sombres dans les siens.

- Tu serais d'accord pour venir y passer un peu de temps?

Maiko se mordilla la lèvre.

- Oui, mais je ne sais pas si Shûichi sera d'accord. Il n'est pas au courant, pour mes dons.

Tatsuha effectua une dernière pression sur sa main et la lâcha.

- Ne t'inquiète pas pour cela. Il ne veut que ton bien alors il acceptera. Eiri et moi allons le convaincre.

Comme Tatsuha souriait, Maiko l'imita.

- Dans ce cas, je suis partante.

Au début, Shûichi se plaignit un peu que Maiko parte à Kyoto alors qu'ils venaient à peine de se retrouver. Mais Tatsuha, avec l'autorisation de Maiko, lui révéla la vérité. Shûichi le prit bien, trouvant plutôt cool que sa sœur ait des superpouvoirs, mais déplorant qu'elle le vive ainsi. Il comprit qu'elle devait apprendre à les maîtriser pour sortir de ce cauchemar.

Le lendemain matin, Maiko refit ses valises à peine déballées. Eiri et Shûichi l'accompagnaient, car ils voulaient voir Mika, la femme de Tôma, et son bébé. Maiko était au courant du fait que le père d'Eiri ne devait guère apprécier Shûichi depuis leur dernière rencontre, même si elle ne connaissait pas les détails. Sans doute n'acceptait-il pas l'homosexualité de son fils.

Ainsi, Eiri et Shûichi ne comptaient pas s'attarder. Ils allaient déposer Maiko, voir le bébé et s'en aller. Maiko était un peu anxieuse et elle commençait à se demander si elle n'avait pas accepté trop vite ce séjour. Cependant, c'était sa seule chance de ne plus vivre un enfer, aussi elle se reprocha d'avoir désormais peur de tout.

Lorsque la voiture se gara, elle se sentit soulagée. Elle n'avait pas provoqué d'accident. Quand elle quitta la voiture, Eiri prit sa valise.

- Vas y, avec ton frère. Je vous rejoins.

Elle échangea un regard avec Shûichi qui semblait tout aussi inquiet qu'elle. Il ne tenait sans doute pas à aller au devant du danger. Alors qu'ils avançaient vers le temple, elle lui demanda du bout des lèvres:

- Le père d'Eiri t'en veut à ce point?

Shûichi hocha la tête.

- Oui. Je ne te l'ai jamais dit mais Eiri était prisonnier d'un mariage arrangé et j'ai saboté la cérémonie.

Maiko laissa échapper un gloussement nerveux.

- En effet, tu as fait fort. Et la fiancée, comment a-t-elle réagi?

Shûichi haussa les épaules.

- C'est Ayaka qui m'a poussé à le faire.

Ayaka? Celle à qui Maiko avait prêté ses vêtements? Elle allait lui poser la question quand elle fut interrompue, le souffle coupé, par une sensation très forte. Celle de la présence d'esprits. Elle n'en avait jamais vu autant. Comment allait-elle supporter cela? Venir avait été une très mauvaise idée. Cependant, à peine eut-elle franchi l'entrée du temple que la sensation avait disparu. Le temple disposait sans doute d'une protection contre les esprits tourmentés. À l'intérieur, elle s'y sentait en sécurité.

Cette impression s'appliquait seulement à la présence de fantômes car aussitôt, l'appréhension à l'idée de revoir le père d'Eiri l'angoissa de nouveau. Cependant, ce n'est pas lui qui se présenta, mais Tatsuha et une jeune femme au regard sévère qui ressemblait beaucoup à Eiri. Sans doute Mika.

- Ah, les Shindô. Je vous attendais. Où est Eiri?

Ce fut Shûichi qui lui répondit.

- Eiri est en train de s'occuper des affaires de Maiko.

Mika hocha la tête et le regarda.

- Tu comptes te présenter ainsi à mon père? Avec tes cheveux roses?

Shûichi acquiesça d'un air de défi.

- Oui. C'est à prendre où à laisser.

Pour la première fois, une lueur d'amusement brilla dans les yeux de Mika.

- Comme tu voudras. Mon père est vieux jeu, il n'a qu'à faire un effort.

Maiko ne put réprimer un sourire. Cette Mika était moins désagréable qu'elle en avait l'air. Il suffisait de ne pas se laisser impressionner. Elle regarda Maiko.

- Tu es la fameuse Maiko?

Elle s'était exprimée avec un mélange de curiosité et de bienveillance.

- Oui, acquiesça Maiko.

Mika l'étudia attentivement.

- Il serait dommage, en revanche, qu'une jolie jeune fille comme toi se présente ainsi. Tu serais d'accord pour laisser Ayaka s'occupe de toi?

Maiko tressaillit en entendant le nom d'Ayaka.

- Avec plaisir.

Elle était doublement sincère. Puisque le temple semblait protégé des esprits, elle n'avait pas besoin de lunettes et de capuche comme boucliers. De plus, elle pourrait revoir Ayaka et peut-être en savoir plus sur ses fiançailles avec Eiri.

Mika lui sourit.

- Dans ce cas, je vais t'emmener auprès d'elle.

Elle posa doucement sa main sur les épaules de Maiko qui ressentit un mélange de bonheur maternel mais aussi d'inquiétude à l'égard d'Eiri et l'emmena dans une chambre où se trouvait une jolie jeune fille aux cheveux noirs lisses et aux grands yeux bleu foncé. Maiko la connaissait.

- Ayaka! s'exclama-t-elle.

Ayaka lui adressa un sourire sincère.

- Bonjour, mademoiselle Shindô!

Maiko lui rendit son sourire.

- Tu peux m'appeler Maiko.

Ayaka rosit.

- D'accord...Maiko.

Mika intervint.

- Bon, je pense que je vais vous laisser, toutes les deux. Ayaka, tu peux aider Maiko à se faire belle pour ce soir?

Ayaka adressa un clin d'oeil à Mika.

- Pas de problème!

Mika lui sourit et les laissa seules. Maiko ôta sa capuche et ses lunettes. Ayaka la dévisagea.

- Le bleu est ta couleur. Du bleu ciel.

Sur ces mots, elle entreprit de coiffer Maiko et de la maquiller.

- Dis, Ayaka...

- Oui?

- Tu étais la fiancée d'Eiri?

Ayaka acquiesça.

- C'est exact.

Elle souriait toujours, son visage dénué d'amertume ou de jalousie.

- Que s'est-il passé? demanda Maiko.

Ayaka lui raconta alors que lorsqu'elle avait découvert la relation entre Eiri et Shûichi, à l'époque où elle était fiancée avec le romancier, elle avait vite compris que le jeune chanteur serait le meilleur espoir de faire retrouver le sourire à Eiri. Elle avait donc provoqué Shûichi pour qu'il se batte au nom de son amour ; lors de la cérémonie de mariage, il s'était travesti en se faisait passer pour Ayaka et avait voulu annuler le mariage. Seulement, il avait fini par péter les plombs et révéler qu'il était le petit ami d'Eiri, proclamant leur homosexualité haut et fort devant le vieux moine. Ce dernier avait été tellement traumatisé qu'il avait renoncé à marier son fils de force.

Ayaka lui sourit.

- Voilà, tu sais tout.

Maiko fut secouée d'un fou rire nerveux.

- Mon dieu, fit-elle lorsqu'elle eut retrouvé son souffle. Rien ne m'étonne venant de mon frère, mais là...

Elle cessa soudain de sourire.

- Son père va nous détester.

Ayaka lui adressa un sourire rassurant.

- Il est devenu plus tolérant. Et crois moi, il ne va pas te détester, au contraire.

Alors qu'Ayaka l'aidait à enfiler le kimono, Maiko posa une dernière question.

- Tu aimais Eiri, mais tu es bien la petite amie d'Hiro, maintenant?

Ayaka acquiesça.

- Oui. Je suis passée à autre chose concernant Eiri et j'aime Hiro. Ne t'inquiète pas pour cela.

Maiko sourit, soulagée. Elle se regarda dans la glace. Ses cheveux bruns et lisses étaient retenus par un ruban bleu et elle était vêtue d'un superbe kimono bleu ciel brodé de fleurs de cerisiers. Modestie mise à part, elle était ravissante.

- J'adore. Merci, Ayaka.

Etant prête, Mika l'emmena dans la salle de cérémonie où se trouvait le chef de famille. Eiri et Shûichi étaient présents, ainsi que Tatsuha. La mâchoire de ce dernier se décrocha lorsqu'il croisa le regard de Maiko, ce qui lui fit plis plaisir qu'elle ne l'aurait imaginé.

Elle prit place auprès d'eux et salua le vieux moine. Il la regarda d'un air sévère.

- Tu es la petite Shindô?

Elle acquiesça.

- Oui, monsieur Uesugi. Merci de m'accueillir chez vous.

Ce dernier la regarda en silence. Soudain, le masque sévère tomba pour laisser place à un visage souriant et affectueux.

- Bienvenue, ma petite! Que tu es jolie!

Maiko le regarda, bouche bée. Le terrifiant père de famille se révélait être un grand père gâteux.

Tatsuha se pencha vers Maiko.

- J'ai oublié de te dire. Mon père adore les filles. Et il est devenu un peu gaga depuis que Mika a accouché.

Maiko sourit, soulagée.