Chamane
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas.
Résumé : Suite à un accident, Maiko peut voir les auras et les esprits. Tatsuha l'aide à gérer ce pouvoir. Fans de TasuhaxRûichi passez votre chemin.
Pairing : TatsuhaxMaiko, EirixShûichi
Note Fans de TatsuhaxRyûichi, passez votre chemin. Oui, j'adore les couples hétéros, ET ALORS ? J'aime bien le yaoï mais à petite dose, trop de yaoï tue le yaoï selon moi.
Note 2 : Cette histoire fait référence au roman Éternels, d'Alyson Noël.
Chapitre huit
Tatsuha la regarda d'un air stupéfait et agréablement surpris. Heureux. Puis, au moment où Maiko allait recommencer à l'embrasser, ses yeux se voilèrent d'inquiétude et il l'arrêta. Maiko gémit de frustration. Elle supplia Tatsuha du regard.
- Pitié, ne me dis pas que tu as changé d'avis, l'implora-t-elle.
Les yeux noirs du jeune homme s'agrandirent.
- Changer d'avis ? Pourquoi ?
- Au sujet de tes sentiments pour moi. Tu ne veux plus être avec moi ?
Son cœur savait qu'il n'en était rien mais elle avait besoin qu'il la rassure et qu'il lui explique son attitude. C'était plus fort qu'elle. Il la regarda avec douceur.
- Bien sûr que si ! Mes sentiments ne vont pas changer aussi vite. Seulement, j'ai peur que ce soit le contrecoup du départ de Ryuhei.
Les yeux de Maiko s'agrandirent. C'était donc ça ? Il redoutait qu'elle soit bouleversée, qu'elle n'ait pas les idées claires. Peut-être craignait-il qu'elle ait encore des sentiments pour Ryuhei, bien qu'elle l'eut quitté. Si c'était cela, il se trompait. Elle devait s'empresser de dissiper le malentendu.
- Tatsuha, tu n'y es pas du tout. J'ai enfin réussi à me libérer, ainsi que Ryuhei, de notre culpabilité commune. Je ne suis donc pas bouleversée, je vais bien. D'ailleurs, si j'ai exorcisé Ryuhei, ce n'était pas seulement pour connaître cette délivrance, mais aussi pour être avec toi. J'ai parlé de toi à Ryuhei et...disons que nous avons sa bénédiction.
Les yeux de Tatsuha s'écarquillèrent.
- C'est vrai ?
Maiko acquiesça.
- Bien sûr. Je dois faire quelque chose pour que tu me croies ?
Tatsuha sourit et capitula.
- Je te crois. Tu es honnête et de toute façon, c'est trop difficile de te résister.
Maiko sourit.
- Cela veut dire qu'on est ensemble, toi et moi ?
Tatsuha opina de la tête.
- Je l'espère.
Le sourire de Maiko s'élargit.
- Alors embrasse moi.
Tatsuha lui donna alors un baiser qui ne ressemblait à aucun des précédents qu'elle avait donnés. Ses lèvres étaient douces et chaudes, son souffle brûlant, son haleine sucrée. Il mettait une telle ardeur et une telle passion dans son baiser que le désir emplit Maiko de ton son être. Non seulement elle aurait voulu que cela ne s'arrête jamais, mais elle désirait poursuivre plus loin, sentir son corps nu contre celui de Tatsuha. C'était surprenant, car elle n'avait jamais ressenti ça pour un autre garçon, d'autant plus qu'elle était vierge. Pourtant, dès qu'elle avait vu Tatsuha, il s'était avéré que son corps avait de nouveaux besoins. Ce devait être pareil pour Tatsuha, qui était réputé pour son appétit sexuel.
Alors qu'elle se demandait où ce baiser allait les mener – elle n'était pas sûre d'être prête – une sonnerie retentit. Tatsuha se dégagea d'elle avec peine et sa résignation lui arracha un sourire. Il décrocha son portable et s'éloigna, mais pas assez pour qu'elle n'entende pas la conversation.
- Eiri ? Non, tu ne me dérange pas, j'étais juste en train d'envoyer une jolie nana au septième ciel.
Maiko sourit pour elle même. Tatsuha était incorrigible.
- Maiko ? Elle va très bien. Elle a énormément progressé et elle contrôle bien ses dons. Quoi ? Oui, ce serait une super idée.
Quand il raccrocha, il revint voir Maiko avec un sourire désabusé.
- Tout va bien ? s'enquit-elle.
Tatsuha dodelina de la tête.
- Si on veut. Mon grand frère et le tien viennent nous voir.
Maiko sourit.
- Et c'est une bonne nouvelle, non ?
Tatsuha haussa les épaules.
- J'imagine. Mais j'ai peut-être fait une bêtise.
Maiko fronça les sourcils.
- Que veux-tu dire ?
- J'ai dit à mon frère que tu maîtrisais bien tes pouvoirs. Il a donc suggéré que lorsqu'ils partiraient, tu partirais avec eux.
- Oh.
Tatsuha dessina du doigt le contour de ses lèvres.
- Or je n'ai pas envie que tu partes. Et toi ?
Maiko sourit.
- À ton avis ?
Elle ne voulait pas partir maintenant, pas alors qu'elle était heureuse et que Tatsuha et elle venaient de réussir à être ensemble. Elle avait besoin de lui, de rester avec lui. Elle le voulait. Ils ne pouvaient pas se séparer. Certes, elle finirait bien par partir mais elle avait besoin d'un sursis. Ensuite, ils aviseraient. Elle eut alors une idée.
Tatsuha, lui, esquissa un sourire.
- Je suppose que nous sommes sur la même longueur d'onde. Que vas-tu dire à Eiri et Shûichi ?
Maiko posa sa main sur le torse de Tatsuha, fin et ferme.
- Je vais leur dire que j'ai besoin de consolider mon bouclier mental et que je vais rester pour t'aider à exorciser d'autres esprits. Ce serait un peu comme un job.
Les yeux de Tatsuha pétillèrent.
- Ça se tient. Donc, cela signifie que tu restes.
Maiko acquiesça.
- Oui.
Tatsuha l'embrassa. Elle apprécia le baiser mais une question la taraudait.
- Est-ce qu'on va leur dire, pour nous ? Je comprendrais que tu veuilles attendre encore un peu.
Tatsuha secoua la tête.
- Pourquoi attendre ? J'ai rarement ressenti ça, je ne veux pas que ça s'arrête. De plus, ils comprendront que tu as une troisième raison de rester.
Maiko fit glisser ses mains sur son torse.
- En fait, c'est plutôt la première raison, avoua-t-elle.
Tatsuha la regarda avec douceur.
- Vraiment ?
Maiko acquiesça.
- Vraiment.
Le jeune homme l'enlaça.
- Alors, j'en suis heureux.
Maiko lui rendit son étreinte, songeant qu'elle était tellement bien dans ses bras que si il l'enlaçait ainsi chaque fois qu'il était heureux, elle ferait en sorte qu'il le soit le plus possible.
Le lendemain, Tatsuha fit de nouveau la cuisine. Ils étaient seuls, son père étant en déplacement et Mika était allée voir de la famille avec son bébé. Aussi, ils passèrent la journée à s'embrasser, se promener main dans la main et visitèrent la ville. Ils n'avaient pas à se cacher de Mika. En effet, ils voulaient attendre que tout le monde soit là pour officialiser leur relation.
Le soir, le père de Tatsuha était revenu, ainsi que Mika, afin d'accueillir Eiri et Shûichi. Il semblait que le père de famille n'était guère content de les voir. Cependant, Tatsuha expliqua à Maiko que ce n'était pas parce qu'il avait une dent contre eux mais parce qu'il ne voulait pas que Maiko parte. Elle sourit, touchée, en songeant que ce n'était pas un problème puisqu'elle comptait rester.
Maiko était assise à l'entrée du temple avec Tatsuha, vêtue d'une robe rose légère, ses cheveux libres. Elle n'avait pas mis de kimono, cette fois ci, mais le jeune homme la trouvait ravissante. Lorsqu'ils virent la voiture d'Eiri et Shûichi, ils se lâchèrent la main et vinrent à leur rencontre.
- Maiko ! s'écria Shûichi en se jetant à son cou.
Maiko lui rendit son étreinte et découvrit que la boule d'énergie rose qui lui servait de frère lui avait manqué. Elle était heureuse de le revoir.
- Salut, grand frère, fit-elle.
Quand il la lâcha, Tatsuha s'approcha de Shûichi.
- Salut, toi, fit-il avant de l'enlacer de façon suggestive.
Shûichi se dégagea vivement de lui.
- Espèce de pervers ! S'indigna-t-il.
Maiko, loin d'être choquée ou jalouse, éclata de rire. Elle croisa alors le regard d'Eiri qui lui adressa un sourire.
- Mon frère est un pervers, n'est-ce pas ?
Elle acquiesça.
- Je suis content de te voir. Tu as l'air d'aller mieux.
Maiko lui sourit.
- Beaucoup mieux.
Sur ces retrouvailles, ils se rendirent à l'intérieur du temple. C'était Tatsuha qui préparait le dîner. Maiko le lui avait suggéré et il avait accepté, pour lui faire plaisir. Comme il s'y était mis avant leur arrivée, le repas fut près peu de temps après. Ils s'installèrent à table, Maiko aux côtés de Tatsuha.
Ce fut Shûichi qui prit la parole le premier.
- Merci d'avoir pris soin de Maiko. Tu es rayonnante, ajouta-t-il à l'adresse de cette dernière. Comptes-tu rentrer avec nous, maintenant ?
Maiko avait prépara sa réponse.
- Non, Shûichi.
Shûichi concerta Eiri du regard puis reprit la parole.
- Non ? répéta-t-il.
Maiko acquiesça. Il semblait perplexe et un peu déçu, ce qui la toucha.
- Pourquoi ? demanda-t-il.
Maiko prit une inspiration et se lança.
- Il y a trois raisons à cela. La première, c'est que je voudrais perfectionner mon bouclier mental. La deuxième, c'est que je voudrais me rendre utile au temple grâce à mes dons et donc y rester encore un peu. La troisième, c'est que quelqu'un me retient ici.
Sur ces mots, elle posa sa main sur celle de Tatsuha, qui lui adressa un regard brûlant. Shûichi resta quelques instants bouche bée.
- Vous...vous deux...vous...
Tatsuha lui adressa un sourire amusé.
- Sortez ensemble, oui.
- Ne fais pas de mal à ma petite sœur ! gronda Shûichi.
L'espace d'un instant, Maiko crut qu'il allait bondir sur Tatsuha et gâcher toute la soirée, mais Eiri le retint par le bras. Mika intervint alors.
- Du calme, Shindô. Mon petit frère est sincère.
Maiko la regarda avec des yeux ronds. C'était Mika elle même qui l'avait mise en garde contre Tatsuha. Elle avait cru qu'elle désapprouverait leur relation et voilà qu'elle prenait leur défense ! Qu'est-ce que cela pouvait bien signifier ? Avait-elle changé d'avis ? Mika, qui parut lire dans ses pensées, lui adressa un clin d'œil complice avant de regarder Shûichi.
- J'ai mis ta sœur en garde, au début. Mais il s'est avéré que Tatsuha n'est pas mal intentionné. Je l'ai vu à la façon dont il la regardait et prenait soin d'elle. Apprendre qu'ils sont ensemble ne me surprend guère.
Eiri l'approuva d'un signe de tête.
- Moi non plus.
Shûichi lui lança un regard ébahi.
- Toi aussi, Yuki ?
L'écrivain hocha la tête.
- Oui. J'ai tout de suite vu la façon dont Tatsuha regardait Maiko, en arrivant. Je suis observateur, c'est nécessaire quand on écrit.
Shûichi fit la moue. Il n'appréciait pas d'être le seul à n'avoir rien vu.
- Et qu'est-ce qui vous prouve qu'il n'est pas mal intentionné ?
Il pointa un doigt accusateur sur Tatsuha et poursuivit:
- Ils ne sont pas dans ta tête !
Tatsuha acquiesça calmement.
- Eux, non, mais Maiko, si.
Sur ces mots, il serra la main de Maiko qui acquiesça en souriant à Shûichi.
- Au cas où tu l'aurais oublié, je lis dans les pensées. Tatsuha m'a laissé voir les siennes.
Shûichi ouvrit sa bouche, la referma. Il semblait à court d'arguments. Eiri le regarda avec tendresse.
- Essaie de leur faire confiance.
Shûichi, qui n'était sans doute pas habitué à ce qu'Eiri le regarde ainsi, s'empourpra violemment.
- Tout ce que tu voudras, Yuki !
Tatsuha échangea un regard amusé avec Maiko.
- Je crois que le problème est réglé.
Maiko acquiesça.
- Donc je reste ici. Désolée si vous vous êtes déplacés exprès, ajouta-t-elle à l'égard d'Eiri son frère.
L'écrivain secoua la tête.
- Non. C'était aussi pour voir de la famille. Tu peux rester, Maiko.
Shûichi roula des yeux.
- Ne reste pas trop longtemps, hein ? J'aimerais que tu passes quand même un peu de temps avec moi.
Maiko le rassura d'un regard.
- Mais oui. Nous avons tout l'été devant nous.
Shûichi parut enfin soulagé. Il se détendit et le dîner fut très agréable. La seule chose qui aurait pu gâcher ce dîner était que lorsque Maiko relâcha son bouclier, elle revint le dénommé Kitazawa rôder autour de Shûichi. Elle referma alors son esprit et le bannit de ses pensées pour le repas. Du moins, elle essaya. Visiblement, cet esprit était lié à Eiri, alors pourquoi semblait-il s'en prendre à Shûichi ?
Cette nuit là, elle refit le même rêve que chez Eiri. Elle se réveilla en sueur mais ne hurla pas. Il lui faudrait en savoir plus sur cet homme.
Le lendemain matin, elle alla voir Eiri et lui demanda à lui parler en privé.
- Yuki-san, j'ai une question à vous poser. Vous n'êtes pas obligé de répondre mais je suis inquiète.
Eiri la regarda avec attention.
- Qui est Kitazawa ?
Eiri se figea.
- Pourquoi me demandes-tu cela ?
- J'ai encore rêvé de lui, cette nuit.
L'espace d'un instant, les yeux d'Eiri s'écarquillèrent d'horreur, puis il reprit son visage impassible.
- Dans ce cas, il est bon que tu restes ici et apprennes à renforcer ton bouclier psychique. Cela devrait t'éviter de faire de nouveaux cauchemars.
Ce n'était pas la réponse qu'elle attendait.
- Vous ne voulez pas me répondre, n'est-ce pas ?
Eiri acquiesça.
- Je suis désolé. Je ne m'y sens pas prêt.
Maiko soupira.
- Ce n'est rien. Je vous ai dit que vous n'étiez pas obligé de répondre. Si jamais vous changez d'avis...
- Je te le ferai savoir.
Maiko le remercia et prit congé de lui.
XXX
Eiri avait fait ses adieux à Maiko et sa famille. Il avait été difficile de décoller Shûichi de sa sœur. Ils étaient montés en voiture, Eiri au volant. Il resta silencieux. Il n'arrivait pas à chasser sa conversation avec Maiko de son esprit. Il ne voulait pas repenser à Kitazawa. Il était avec Shûichi et avait de moins en moins de mal à admettre ses sentiments à son égard. Le seul problème, c'était que lorsqu'il était avec Shûichi, il ressentait la présence de Kitazawa. Qu'est-ce qui clochait chez lui ?
La voix de Shûichi le tira de ses pensées.
- Yuki ?
- Oui ?
Il jeta un regard en biais à Shûichi, qui semblait inquiet.
- Est-ce que ça va ?
- Oui.
Il devina le froncement de sourcils de Shûichi.
- Menteur.
Eiri leva les yeux au ciel.
- Ne me pose pas la question si tu connais la réponse.
- Je m'inquiète pour toi, c'est tout !
Eiri soupira. À quoi bon lui cacher la réalité ?
- D'accord. Maiko a vu Yuki Kitazawa.
Le visage de Shûichi se figea d'horreur.
- Quoi ?
Eiri se tourna vers lui pour mieux le regarder. Il allait lui dire quelque chose mais Shûichi pointa la route du doigt.
- Yuki, attention !
Il regarda la route et vit une biche à quelques mètres de lui. Il freina brutalement et fit une embardée. La voiture zigzagua et alla s'écraser contre un arbre.
