Chamane

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas.

Résumé : Suite à un accident, Maiko peut voir les auras et les esprits. Tatsuha l'aide à gérer ce pouvoir. Fans de TasuhaxRûichi passez votre chemin.

Pairing : TatsuhaxMaiko, EirixShûichi

Note Fans de TatsuhaxRyûichi, passez votre chemin. Oui, j'adore les couples hétéros, ET ALORS ? J'aime bien le yaoï mais à petite dose, trop de yaoï tue le yaoï selon moi.

Note 2 : Cette histoire fait référence au roman Éternels, d'Alyson Noël.

Je vous remercie pour vos reviews! Il n'y en a pas beaucoup mais ça fait tout de même plaisir! Et surtout, TOUTES MES EXCUSES pour ne pas avoir posté pendant si longtemps. J'ai eu des soucis de connexion et je n'avais pas le temps. Pour me faire pardonner, je vous offre les deux derniers chapitres!

Chapitre neuf

Eiri reprit conscience avec une douleur au crâne. Il était dans sa voiture, laquelle était en piteux état.

- Merde ! jura-t-il.

Que s'était-il passé ? Il avait eu un accident ? S'enjoignant à la concentration, il ferma les yeux. Malgré sa migraine, les souvenirs lui revinrent à l'esprit. Il était en voiture avec Shûichi. Ils avaient discuté du fait que Maiko avait vu l'esprit de Kitazawa et une biche avait traversé la route. Eiri avait fait une embardée pour l'éviter, projetant la voiture contre un arbre.

- Merde ! répéta-t-il. Shûichi !

Pris de panique, il se retourna et vit que le frêle jeune homme à la chevelure rose lui tournait le dos, la tête contre la vitre fracassée. Il le saisit par les épaules pour l'obliger à lui faire face. Son amant avait les yeux clos et un filet de sang s'écoulait sur son beau visage.

- Non ! souffla-t-il, desespéré.

Maintenant que celle de Shûichi était en danger, il avait le sentiment que sa propre vie ne tenait qu'à un fil. Il n'allait pas le laisser mourir. Pas question. Shûichi allait s'en sortir. Il chercha fébrilement son portable, manqua de s'énerver et le trouva. Là, il appela une ambulance.

- Je suis Eiri Yuki. Je viens d'avoir un accident de voiture avec mon petit ami, dans la forêt de Kyoto. Venez vite, s'il vous plaît. Il est inconscient et perd beaucoup de sang.

- On arrive, monsieur Eiri. Ne paniquez pas et ne déplacez pas votre ami. Courage.

- Contentez-vous de venir au plus vite, dit-il, et il raccrocha.

Il se retrouva de nouveau seul avec Shûichi. Il quitta la voiture, ouvrit la portière qui abritait son amant et s'agenouilla devant lui. Il lui caressa précautionneusement le menton, de peur de le blesser, d'aggraver son état. Il semblait si fragile.

- Ne me quitte pas, d'accord ? Ne plus être en vie...ça ne te ressemblerait pas. Tu es plein de vie. Tu es ma vie.

Voilà, il l'avait dit. Un sentiment d'amertume lui oppressa la poitrine. Pourquoi fallait-il qu'au moment où il arrivait enfin à exprimer ses sentiments, Shûichi ne puisse plus les entendre ? En cet instant, il se détestait. Il était fou de rage contre sa propre petite personne. Cependant, il se contrôlait et n'osait pas extérioriser sa violence, par égard pour Shûichi. Il respira profondément, et du bout des doigts, parcourut le visage du blessé. Lorsqu'il glissa ses doigts sous son nez, il sentit un souffle tiède. L'espoir rejaillit en lui. Shûichi respirait.

Alors qu'il s'apprêtait à écouter son cœur, pour avoir la confirmation qu'il battait encore, il entendit une sirène retentir. L'ambulance était là. Il ressentit une bouffée de reconnaissaance envers les conducteurs du véhicule.

- Merci d'avoir fait vite, murmura-t-il.

Il regarda les ambulanciers hisser Shûichi sur un brancard et le mettre à l'intérieur du véhicule. Eiri était autorisé à l'accompagner, aussi il s'assit près de Shûichi et le regarda. Après l'avoir contemplé quelques instants, il décida de prévenir Maiko et sa propre famille. Il composa le numéro du temple.

- Allez, décroche, murmura-t-il.

Peu de temps après, la voix de Mika se fit entendre.

- Oui ?

- Mika ? C'est moi.

- Eiri ! Que se passe-t-il ?

Eiri prit une longue inspiration.

- Quelque chose de terrible est arrivé.

XXX

Maiko était en train de lire un livre sur les marches du temple, sans le lire vraiment. Elle pensait à tout ce qu'elle aimerait faire avec Tatsuha. L'une d'elle s'imposait. Elle voulait passer à l'acte, faire ce dont elle se souviendrait toute sa vie. Certes, ce n'était pas raisonnable. Tatsuha et elle en étaient au début de leur relation. Mais elle en brûlait d'envie et si l'expérience se révélait à la hauteur, elle n'aurait pas de regrets ensuite, quoi qu'il puisse se passer, quoi que Tatsuha décide ensuite. À priori, elle n'avait d'ailleurs pas à s'en faire pour cela. Elle avait lu en Tatsuha, elle savait qu'il l'aimait. Si cela n'était pas une garantie suffisante, qu'est-ce qui le serait ? Elle avait donc un projet. Elle ne le ferait pas dans le temple, là où Mika et le père de Tatsuha pourraient les entendre. Elle les respectait et ne voulait pas leur infliger cela. Non, ce soir, elle inviterait Tatsuha à dîner en ville et lui proposerait de passer la nuit à l'hôtel.

Elle se leva, décidée à faire part de son idée à Tatsuha. Alors qu'elle partait à sa recherche, elle faillit heurter Mika.

- Oh, pardon, s'excusa-t-elle.

- Ce n'est rien. Je te cherchais, Maiko.

En voyant l'air grave qu'elle affichait, l'inquiétude envahit la jeune fille.

- Quelque chose ne va pas ?

Mika acquiesça et la regarda avec une tristesse et une douceur inaccoutumées.

- Eiri et Shûichi ont eu un accident.

Maiko tressaillit.

- Oh mon dieu ! Ils sont...en vie ?

Mika hocha la tête.

- Oui. Eiri vient de m'appeler. Il est dans l'ambulance.

Maiko eut un mauvais pressentiment.

- Et Shûichi ?

Mika ne répondit pas tout de suite.

- Il n'a pas repris conscience. Je suis désolée.

Maiko plaqua sa main contre sa bouche. Son frère était en danger. Elle devait l'aider. Miraculeusement, elle réussit à garder son calme.

- Ils sont à l'hôpital de Kyoto ?

Mika acquiesça.

- Oui.

- J'y vais tout de suite.

Mika l'approuva d'un signe de tête.

- Tatsuha va t'y emmener. Tatsuha ? Appela-t-elle.

Peu de temps après, Tatsuha arriva. Mika lui expliqua brièvement ce qui s'était passé. La première réaction de Tatsuha fut de serrer Maiko dans ses bras. Malgré toute la chaleur et le réconfort que cela lui apportait, Maiko se fit violence et le repoussa.

- Tu t'occuperas de moi plus tard. Dépêchons nous.

Tatsuha hocha la tête.

- Tu as raison.

Il l'entraîna dehors, là où il avait garé sa moto. Il tendit un casque à la jeune fille qui le mit et ils montèrent.

- Accroche toi, dit Tatsuha, et ils foncèrent.

Peu de temps après, ils étaient à l'hôpital. Une infirmière les emmena dans une salle d'attente où Eiri se trouvait. Il avait un pansement au front et quelques bleus mais rien de bien méchant. Sans réfléchir, Maiko se jeta dans ses bras. Puis elle revint à la raison.

- Désolée, fit-elle.

Elle tenta de se dégager mais Eiri la retint et lui rendit son étreinte.

- Ne sois pas désolée, au contraire. C'est moi qui le suis.

Alors qu'il se détachait doucement de Maiko, une infirmière arriva. Eiri la toisa.

- Alors ?

Elle regarda tour à tour les trois présents.

- Vous n'allez pas le croire.

Eiri lui lança un regard impatient.

- Quoi ?

L'infirmière se mordilla la lèvre. Elle avait visiblement peur de passer pour une folle. Maiko intervint.

- Nous sommes prêts à tout entendre mais je vous en prie, ne gardez pas le silence.

L'infirmière hocha la tête.

- C'est miraculeux. Toutes les blessures de monsieur Shindô ont disparu.

Eiri soupira de soulagement. Maiko, elle, avait une petite idée des origines de ce miracle.

- S'est-il réveillé ?

L'infirmière s'assombrit.

- Non. Il reste inconscient. Son corps est en parfaite santé, il n'a pas de lésions cérébrales mais...c'est comme s'il dormait. Nous ne savons pas quand il va se réveiller.

Eiri poussa un juron.

- Pouvons-nous aller le voir ? demanda Maiko.

Eiri lança un regard à l'infirmière qui signifiait qu'elle n'avait pas intérêt à refuser. Celle ci opina de la tête.

- Oui. Venez.

En effet, Shûichi semblait endormi et en parfaite santé. Cependant, il ne semblait pas réellement paisible. Il semblait absent. Maiko lui prit la main et ferma les yeux.

Elle ne vit que l'obscurité. Un sentiment de vide l'envahit. Shûichi n'était pas là. Elle débrida son bouclier psychique dans l'espoir de le voir. Il n'était pas là.

- Alors ? s'enquit Eiri.

Maiko le regarda attentivement.

- Shûichi n'est pas ici. Mais j'ai une idée de l'endroit où il est.

Eiri lui lança un regard implorant.

- Où ?

Maiko échangea un regard avec Tatsuha et sut qu'il pensait à la même chose qu'elle. Elle reporta son attention sur Eiri.

- Dans l'été perpétuel.

Eiri haussa les sourcils.

- L'endroit où tu es allée ? Tu es sûre ?

Tatsuha hocha la tête.

- Oui. Cela expliquerait sa guérison.

Maiko saisit Tatsuha par le bras.

- Nous devons y aller. Nous ne risquons rien là bas et Shûichi y est bloqué, pour une raison ou pour une autre. Nous le retrouverons là bas et nous le ramènerons.

Tatsuha acquiesça.

- D'accord.

Eiri intervint.

- Je viens avec vous.

Tatsuha le regarda d'un air ennuyé et compatissant.

- Je suis désolé mais ça ne va pas être possible. Maiko est capable d'y aller grâce à ses pouvoirs et moi grâce à mon expérience.

Eiri s'assombrit et Maiko s'approcha de lui.

- Ne vous en faites pas. Moi aussi, je tiens à Shûichi comme à la prunelle de mes yeux. Je le ramènerai.

Eiri parut se résigner.

- Bon. Mais avez-vous une idée de ce qui le retient entre la vie et la mort ?

Tatsuha allait répondre négativement mais Maiko fut la plus rapide.

- Oui.

Les deux frères la regardèrent d'un air surpris.

- De quoi s'agit-il ? Demanda l'aîné.

Maiko le regarda droit dans les yeux.

- De Kitazawa, l'esprit qui le suit tout le temps. Je pense qu'il est temps que vous me disiez de qui il s'agit.

Eiri tressaillit, puis afficha un air résolu. Il désigna une des chaises autour du lit où gisait l'inconscient à la jeune fille.

- Assieds-toi. Je vais tout te raconter.

Maiko obtempéra et Eiri commença son triste récit. À cause de son apparence évoquant un étranger, son père lui avait mené la vie dure dans son enfance. Tôma Seguchi, le mari de Mika, s'était pris d'une immense affection pour lui et l'avait emmené aux États-Unis. Il avait un précepteur, Yuki Kitazawa. Un jeune homme séduisant, très doux et gentil. Les sentiments qu'Eiri nourrissait pour lui étaient bien plus que de l'affection. Kitazawa s'en aperçut. Un soir, alors qu'Eiri était resté étudier tard, Kitazawa invita des amis à lui. Tous des hommes. Ils étaient là pour « profiter » d'Eiri. Alors que Kitazawa s'apprêtait à violer l'adolescent terrifié, l'un des hommes demanda à Kitaazawa s'il pouvait passer avant lui moyennant la somme de dix dollars, ce à quoi il lui répondit : « Vas y ». Cela, plus que tout le reste, déclencha la fureur d'Eiri, qui réussit à désarmer l'un d'entre eux après le viol et les tua tous.

Eiri releva les yeux vers Maiko.

- Voilà. Tu sais tout.

Maiko était horrifiée.

- Ce Kitazawa est un monstre. Il faut l'empêcher de s'en prendre à Shûichi.

Eiri acquiesça.

- Je suis désolé.

Maiko réussit à lui sourire et le prit dans ses bras.

- Merci de m'avoir raconté tout ça.

- De rien, murmura Eiri.

Elle se dégagea doucement de lui et se tourna vers Tatsuha.

- On y va ? Maintenant ?

Tatsuha vérifia que personne ne s'apprêtait à entrer dans la chambre et acquiesça.

- Oui.

Il regarda son frère.

- Eiri, tu devrais tenir la main de Shûichi et ne plus la lâcher. Parle lui. Cela l'aidera sûrement à se reconnecter à notre monde.

Eiri s'exécuta.

- Tiens bon, Shûichi, murmura-t-il.

Tatsuha regarda Maiko.

- Tu es prête ?

Maiko hocha la tête.

- Oui.

Ils se concentrèrent, main dans la main, et créèrent un voile de lumière dorée. Ils le laissèrent les envelopper et se retrouvèrent dans l'été perpétuel. Ils étaient dans la clairière, comme la première fois que Maiko était venue. Elle fit alors comme la dernière fois. Elle matérialisa un cheval et Tatsuha fit de même. Une fois qu'elle eut chevauché le sien, elle lui flatta l'encolure et lui murmura à l'oreille.

- Conduisez-nous à Shûichi Shindô et Yuki Kitazawa.

Les chevaux partirent comme une flèche et quittèrent la forêt pour les emmener dans une grande ville à l'architecture moderne. Cela semblait être un intéressant croisement entre Tokyo et New York. Maiko et Tatsuha descendirent de leurs chevaux.

- Continuons à pied, dit Tatsuha.

Maiko acquiesça et ils marchèrent. Où pouvait bien se trouver Shûichi ? Tatsuha posa une main sur l'épaule de Maiko, la tirant de ses interrogations.

- Sers toi de ton intuition, ma douce. Ici, elle est plus que jamais développée.

- D'accord.

Maiko se laissa guider par sa petite voix intérieure et eut un déclic.

- Ils sont dans cette rue, dit-elle en désignant la première rue sur la droite.

Sans plus attendre, ils s'y rendirent. À plusieurs mètres d'eux, marchaient côte à côte un jeune homme frêle aux cheveux roses et un homme grand et mince aux cheveux auburn. Tatsuha sourit à Maiko.

- Bien joué.

Maiko s'approcha prudemment d'eux et écouta leur conversation.

- J'ai toujours été là, Shûichi. Près de toi.

Cette voix douce appartenant à Kitazawa était telle que Maiko l'avait toujours imaginé.

- Pourquoi vous intéressiez vous tant à moi ?

- Tu ne réalises pas à quel point tu es unique. Et tu ressembles à Eiri avant que je ne commette l'irréparable. Peut-être avais-je envie de veiller sur toi en conséquence.

- Vous voulez dire que vous vous sentez coupable ? Est-ce pour cela que je ne parviens pas à vous haïr ?

Maiko devina le sourire de Kitazawa.

- Oui. J'étais malade et l'été perpétuel m'a guéri de ce qui était mauvais en moi. Ce qui ne veut pas dire que je me pardonne. C'est pour cela que je ne peux me résoudre à traverser le pont.

Cette conversation était pour le moins inattendue. Maiko n'aurait pas imaginé que Kitazawa serait ainsi. Pourtant, tout était désormais clair pour elle. Elle s'approcha d'eux.

- Vous devez le faire, Kitazawa-san.

Les deux hommes sursautèrent.

- Maiko ! S'exclama Shûichi.

Kitazawa regarda la jeune fille avec intérêt.

- Tu me vois depuis que tu es revenue.

Maiko acquiesça.

- Oui. Écoutez, vous n'aidez pas Shûichi. En lui tournant autour, Eiri ressent votre présence et transpose votre image à celle de Shûichi. Vous leur faites plus de mal que de bien. Encore maintenant, vous retenez Shûichi entre la vie et la mort. Laissez le tranquille. Traversez le pont et vous pourrez avoir une nouvelle vie, une deuxième chance de ne pas faire le mal autour de vous.

Kitazawa acquiesça.

- Tu as raison. Mais il reste une chose qui m'empêche de partir.

- Laquelle ?

Il sourit.

- C'est très simple d'y remédier. Shûichi appelle toujours Eiri par mon prénom : « Yuki ».

Un éclair de compréhension surgit dans les yeux de Shûichi.

- Mais oui !

Il matérialisa la silhouette de son amant, grand, blond, aux yeux ambrés. Il semblait si réel. Puis il le regarda.

- Je t'aime, Eiri.

Les traits de Kitazawa s'apaisèrent et un pont surgit de nulle part. Un pont blanc. Kitazawa sourit à Shûichi et Maiko puis le franchit et disparut. Shûichi disparut à son tour. Maiko comprit qu'il était retourné dans son corps. Tatsuha la rejoignit.

- Il serait temps de retourner à l'hôpital, dit-il.

Ils créèrent un nouveau voile de lumière et le franchir pour se retrouver dans la chambre. Eiri serrait la main de Shûichi en pleurant et en souriant.

- Eiri... Eiri...murmurait Shûichi faiblement.

Maiko et Tatsuha se sourirent. Ils avaient réussi.