Notes: Fidèle à la série jusqu'à l'épisode 11 de la saison 6, après on s'en éloigne clairement.

Merci à Sator et Louli (n'hésitez pas à me laisser votre mail pour que je puisse vous répondre plus personnellement !)

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"Have a Drink on Me"

Chapitre 2

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"With a glass I'm pretty handy
I'm trying to walk a straight line
On sour mash and cheap wine
So join me for a drink boys"

Have A Drink on Me – AC\DC

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Sam ne s'était éveillé que quelques minutes le deuxième jour, juste le temps de réclamer un verre d'eau. Il avait l'air un peu groggy mais rien d'alarmant. Ne posant aucune question, il s'était rendormi sous le regard bienveillant de Bobby.

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Lorsqu'il les passait chez Bobby, Dean aimait savourer les crépuscules sous l'avancée de tôle froissée qui servait de porche à la vieille ferme. En dehors de l'Impala, c'était l'endroit où il se sentait le plus « chez lui ».

Assis sur un fauteuil d'extérieur à deux places, il inspira profondément l'air de ce début de soirée et se détendit les épaules, s'appuyant plus confortablement contre son siège. Il ne fut pas surpris lorsqu'un verre de whisky entra dans son champ de vision.

« Tu entretiens mes vices, sourit-il en suivant des yeux l'ange qui s'installa à ses côtés.

— C'est une réflexion intéressante, je n'y avais pas songé, émit ce dernier en faisant mine d'ignorer la tentative d'humour. Peut-être devrais-je m'en abstenir à l'avenir. »

Castiel avait dit qu'il resterait quelques temps et il avait tenu parole. Dean se sentait étrangement reconnaissant, sans pour autant se départir de l'impression que c'était comme ça que les choses étaient censées être.

Il n'arrivait pas à se figurer Cas en tant qu'ange entré à nouveau dans le droit chemin. Qu'est-ce que ça voulait encore dire, de nos jours « être un ange » de toute façon? Il était impensable qu'il appartienne complètement au Ciel. Pas après qu'il se soit rebellé, pas après tout ce qu'il avait partagé avec l'humanité. Avec lui.

Dean ne voulait pas que Cas devienne humain, mais il ne voulait pas non plus que ce dernier lui soit enlevé au profit du Seigneur. Logique, quand tu nous tiens !

Il tourna la tête pour plonger son regard dans celui de l'ange et ce dernier fit instinctivement de même. Le chasseur réalisa alors qu'assis côte à côte, se regarder dans les yeux réduisait considérablement la distance entre leur visage.

« Cas, s'étrangla Dean. Dégage ! »

L'ange s'exécuta et se leva pour se réinstaller dans le fauteuil d'à côté. Il soupira.

« Je suis là où tu voudrais que je sois ? » interrogea-t-il, et Dean se demanda s'il l'avait rêvée ou non, la note d'ironie dans le ton de l'ange.

« C'est pas comme si on en avait pas déjà parlé. L'espace personnel, ça te dit rien ?

— Si, en effet. Tu m'as exprimé plus d'une fois que partager un espace réduit avec moi te mettait mal à l'aise, statua l'ange d'un ton sec.

— Wow, c'est quoi ça ! souffla Dean.

— Comme je te l'ai déjà dit, mes talents sociaux sont quelque peu rouillés. Et je me demande ce qui te fait penser que ta manière de voir les choses devrait s'appliquer à moi. »

Afin d'appuyer ses mots, il se pencha ostensiblement et plongea son regard dans celui de Dean. Le chasseur toussota pour cacher sa gêne et recula tant bien que mal en s'enfonçant dans son siège. Ses yeux brillants indiquaient qu'il n'en était pas à son premier verre.

« Attends, si tu dois encore me sortir le couplet du 'Je ne suis pas là pour me percher sur ton épaule, je suis un guerrier du Seigneur', je vais carrément chercher la bouteille! »

Castiel poussa un long soupir et leva les mains en signe de reddition. Dean se leva néanmoins et disparut derrière la porte d'entrée.

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« C'est marrant j'en ai rêvé y a pas longtemps, de cette fameuse conversation dans la cuisine de Bobby. » expliqua Dean en revenant s'installer à l'extérieur. Il déposa la bouteille de whisky sur la table d'appoint et tendit un verre à Castiel.

« Tu bois avec moi ? » proposa-t-il. Cela leur arrivait de temps en temps, depuis le retour de l'ange, aussi ne fut-il pas surpris de le voir acquiescer.

« Je me rappelle encore de combien tu me foutais la trouille, à l'époque. Tu me clouais sur place juste avec tes yeux. Ça doit être les avantages de tes supers pouvoirs angéliques. » dit-il en remplissant leurs verres de liquide ambré.

Castiel ne répondit pas, un silence confortable s'étirant doucement entre eux.

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Sentant le goût de l'alcool lui picoter la langue, l'ange haussa un sourcil. Il réalisa qu'il appréciait un verre de bon whisky de temps en temps, tout comme il aimait se fondre dans la chaleur du foyer de Bobby Singer. Il se sentait pleinement capable, à présent, de savourer toutes sortes d'émotions et de sensations humaines, sans pour autant menacer de le devenir... Humain. Pas une seule fois ses pouvoirs n'avaient faibli depuis qu'il était redescendu du Paradis, et nul n'était plus là pour le punir d'éprouver, puisqu'il faisait désormais partie des instances supérieures. Étrangement il se sentait pourtant plus à sa place auprès de ces créatures prétendument emplies de faiblesses et de défauts que parmi les siens. Les siens qu'il avait déjà trahis pour ce qu'il y avait de plus humain en lui. Pour Dean.

« Tu as très vite assumé que je t'appartenais, pourtant. » réfléchit-il à voix haute, reprenant le fil de la conversation abandonnée quelques minutes plus tôt.

Dean tenta en vain de recracher la gorgée qu'il avala finalement de travers, toussa bruyamment et se martela la poitrine du poing. Il reposa son verre sur la table dans un claquement sonore. Castiel pencha la tête de côté.

« Je t'ai choqué ?

— Clairement ! Et après je me demande pourquoi on me prend pour un gay !

— Je ne vois pas le rapport, Dean…

— Quand un gars dit à un autre gars : "tu as très vite assumé que je t'appartenais" ça peut être interprété dans le mauvais sens, c'est tout !

— Quel mauvais sens ?

— Putain, Cas, on a déjà eu cette conversation, soupira le chasseur.

— On ne l'a jamais terminée.

— écoute, retiens juste qu'il y a des trucs qui se disent pas entre mecs, c'est tout. »

Dean vida son verre d'un trait, sentant un malaise s'insinuer en lui. Il détestait devoir fixer ce genre de limite à Castiel c'était un peu comme aller contre sa nature d'être divin. En même temps, il était parfois trop troublant de le laisser agir à sa guise. Il était hors de question que l'ange menace sa virilité. Et puis quoi encore ?

« C'est comme quand t'as dit à Sam qu'on partageait un lien profond. Ça ne se fait pas.

— Et pourtant tu attends de moi que je descende du Paradis sur Terre dès que tu le demandes, que je sois à ta disposition quand tu le souhaites et tu trouves ça normal, tout en persistant à nier le fait que nous partageons un lien profond…

— Argh ! Tu rends les choses trop compliquées, Cas, c'est juste que… » Il s'interrompit, se perdant dans ses pensées.

Castiel sourit et emplit à nouveau leurs verres sans un mot.

Il inspira un grand coup et s'enfonça dans son fauteuil avant de porter le verre à ses lèvres. Dans ces moments-là, l'ange avait tendance à sourire, le genre de sourire qui gagnait ses yeux, et ça le rendait doucement humain.

Dean le dévisagea et se dit que le sourire de Cas avait le droit d'être humain.

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Il se réveilla en sursaut, sentant quelque chose bouger près de lui. Mettant quelques secondes à se resituer, il se rappela qu'il s'était endormi en veillant Sammy. Ce dernier gigotait dans son sommeil, d'ailleurs, et semblait sur le point de se réveiller à son tour.

Anticipant les besoins de son petit frère, Dean attrapa le verre d'eau sur la table de nuit et l'aida à se redresser. Le jeune homme avala goulument tout son contenu et sourit avec satisfaction.

« Wow, j'ai l'impression d'une sacrée gueule de bois. On a fait quoi hier soir déjà ? Bobby a préparé le déjeuner ? Laisse-moi dix minutes, je descends ! »

Sam rayonnait littéralement de santé, d'innocence aussi, d'un je-ne-sais-quoi de frais et de « comme au bon vieux temps » à la fois. Ça faisait cogner furieusement le cœur de Dean dans sa poitrine, et ses lèvres s'étirèrent dans un large sourire.

« Ok… un déjeuner sur le feu, alors, allons-y ! »

Il se sentait con et heureux à la fois. Et s'il y avait bien une chose qu'il avait appris dans l'existence, c'était de profiter de chaque seconde, parce qu'on ne savait jamais ce qui nous serait retiré l'instant d'après. Alors si Sammy avait envie de croire à une gueule de bois et de passer un petit-déjeuner en famille, il n'allait certainement pas protester !

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Descendant les marches quatre à quatre, un énorme sourire toujours accroché à ses lèvres, Dean cria à qui voulait l'entendre :

« Bobby, viens m'aider à faire un petit déjeuner royal pour la chambre du haut ! »

Il entendit quelqu'un s'affairer dans les armoires de la cuisine et se dit que Bobby était sur le coup. Il s'arrêta au salon pour faire un brin de ménage et rassembler toutes les affaires qui s'étaient accumulées çà et là depuis trois jours.

Arrivé à la cuisine, il fut surpris de croiser le regard de Castiel au-dessus de la poêle à frire.

« Rassure-toi, j'ai vu Bobby faire de nombreuses fois, dit l'ange. Je suis heureux que Sam semble être redevenu lui-même.

— Et moi donc ! renchérit Bobby en pénétrant dans la pièce. Donne-moi ça Cas, c'est tout même pas un ange qui va faire le déjeuner de Bobby Singer ! Assieds-toi et prends plutôt une tasse de café. »

Dean s'affaira à dresser la table tout en s'assurant du coin de l'œil que l'ange ne déclenche pas de catastrophe. Castiel remplit prudemment deux tasses de café, mettant un sucre dans l'une d'elle pour la lui tendre sous le regard atterré du vieux chasseur. Dean esquissa un sourire en coin et parla sans réfléchir :

« J'ai encore rêvé de toi cette nuit.

— Je croyais qu'il y avait des choses que deux hommes ne devaient pas se dire » répondit Castiel sur un ton neutre.

Bobby avala de travers et toussota, alors que Dean levait les yeux au ciel. Il coula un regard accusateur en direction l'ange et reprit :

« Sérieusement, à chaque fois que tu fais ton mojo-truc d'ange sur moi, je m'endors et je rêve mes propres souvenirs. Et t'en fais partie, donc, forcément…

— Hm, acquiesça Castiel, tu préférais le lac? » questionna-t-il.

Dean n'eut pas l'occasion de répondre, toute son attention se reportant sur un Sam en pyjama qui venait de débarquer au milieu de la cuisine. Ce dernier s'installa à la minuscule table avec eux et adressa un regard de gosse affamé à Bobby.

« Salut les gars, y a des pancakes ? »

Le vieux chasseur lui servit une généreuse portion de pancakes et de confiture de myrtille avant de lui tendre son assiette. Il tenta d'interroger Dean du regard mais celui-ci semblait perdu dans la contemplation de son petit frère, un sourire ravi toujours accroché aux lèvres.

« Hey Cas, c'est sympa de venir déjeuner avec nous ! » bafouilla Sam la bouche pleine, ce qui lui valut un coup d'œil réprobateur de Bobby.

Il avala une quantité effarante d'eau, de lait, de pancakes et de confiture et puis finit par déclarer qu'il était épuisé et qu'il retournait se coucher. Sans se poser aucune question, juste comme ça.

Les trois autres s'entreregardèrent, étonnés, mais n'eurent pas le temps de répliquer que déjà il montait les marches menant à la chambre où on l'avait installé.

À peine sa tête eut-elle touché l'oreiller qu'il se mit à ronfler paisiblement.

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Dean observa les traits détendus de Sam et se demanda à quel moment exactement il avait oublié de faire son job. « Prends soin de Sammy », ouais… On repassera.

Sa vision des choses avait évolué, forcément. Le temps façonnait immanquablement les évènements à sa manière. Et même si au final il aurait pu clamer « Je te l'avais bien dit, que cette sale pute n'était pas digne de confiance », il avait mal pour Sam. Sam qui avait affronté la trahison et cherché l'absolution pour finir écharpé dans une cage où il n'avait pas sa place, entre les plus puissants guerriers du bien et du mal.

Récemment, il avait revu en rêve le regard affolé et perdu de son frère, face à son jugement implacable.

« Tu sais quoi ? murmura-t-il. J'ai pigé, maintenant. »

Sam avait toujours été un gosse avec le cœur plus gros que lui. Il avait voulu aider tout le monde, il avait voulu croire en tout le monde. Loups garous, rougarous, démons et Dieu-savait-il quoi encore.

Chacun d'entre eux avait un côté humain, un côté humain auquel il avait voulu laisser une chance. À l'époque, lui non plus ne pouvait pas le sortir de son corps, ce sang de démon, alors à la place il avait essayé d'en faire quelque chose d'utile. Pour faire le bien. Qu'aurait-il pu faire d'autre ?

« Je t'ai traité de monstre et c'était la dernière chose que t'avais besoin d'entendre, hein ? Peut-être que si j'avais laissé couler t'aurais pu me faire confiance. Et peut-être que t'aurais dérapé quand même mais qu'est-ce que ça aurait changé au final ?»

Il se sentait incapable de lui les dire en face, les mots qui rassureraient son cadet, alors pourquoi ils sortaient bêtement maintenant, alors qu'il était endormi ? Sans doute précisément parce qu'il n'avait jamais su gérer ce genre de déclaration. Les moments à cœur ouvert où l'on se tombe dans les bras, très peu pour lui, merci. Il ne connaissait pas le mode d'emploi.

« Mais quand même, je devrai te le dire un jour, Sammy. C'était pas toi. C'était pas toi, le monstre. »

Au sortir de l'enfer, un seul démon emplissait son cœur de colère et de honte, la seule ordure qu'il méprisait de tout son être.

« C'était moi »

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Le chasseur regagna la cuisine le regard perdu dans le vague, hésitant entre soulagement et consternation.

« On dirait qu'il est retombé en enfance » articula-t-il en empilant la vaisselle dans l'évier. Il attrapa l'éponge et ouvrit le robinet d'eau chaude. « Il n'a même pas posé de question…

— Je le préfère avec son âme, même si ça veut dire qu'il est retombé en enfance » déclare Bobby, faussement pragmatique. C'était sa manière à lui de se vouloir rassurant.

« Il a simplement besoin de temps, intervint Castiel en s'emparant d'un essuie de vaisselle. Il est normal que le processus de réintégration ait des effets inattendus durant ses états d'éveil. Je ne suis même pas sûr qu'il se soit réellement réveillé. Son esprit doit associer chaque souvenir à un schéma, une sensation, une notion de bien ou de mal inscrite dans son âme. Chaque blessure doit se reformer et guérir à nouveau. Une deuxième naissance est toujours bien plus compliquée que la première.

— Ah. Alors c'est rassurant. Hein ? interrogea Dean.

— Plutôt, oui » répondit Castiel en rangeant un verre essuyé dans l'armoire au-dessus de l'évier.

C'est le moment que choisit Bobby pour lancer les bras en l'air et se lever.

« Et voilà ! Un ange fait ma putain vaisselle dans ma cuisine ! L'apocalypse date définitivement d'hier, les enfants ! » dit-il en s'éloignant vers le salon.

Dean et Castiel échangèrent un haussement de sourcil surpris et retournèrent aussitôt à leur vaisselle.

« Lui aussi il a pété un câble » commenta Dean.

L'ange, qui n'avait cherché qu'à se rendre utile, se contenta de sourire.

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« De quoi rêvais-tu ? » demanda Castiel à la seconde où Dean ouvrit les yeux, le front trempé de sueur. Il frissonnait, s'étonnant de s'être endormi sur le canapé au milieu de la matinée. Il pressa deux doigts sur son cou et fut soulagé de sentir des battements lents et réguliers de son cœur.

« Je rêvais que j'étais au bord de la crise cardiaque ! Je viens de me repasser l'épisode de la fièvre fantôme. Ça fout les boules.

— Quel épisode ? demanda l'ange en fronçant les sourcils.

— Un souvenir, Cas. Rien de plus. »

L'ange hocha gravement la tête :

« Je prends soin de ne pas te rappeler de mauvais souvenir, habituellement.

— T'y peux rien, me suis endormi tout seul, c'est pas toi qui a joué le marchand de sable cette fois-ci. »

Il frissonna à nouveau, malgré son faux air de légèreté. Le fantôme du souvenir de Lilith en petite fille revint le hanter un moment et pire que tout, les visions de l'enfer qui l'accompagnaient. Il renifla avec mépris. Il les avait bien mérités, ses cauchemars.

« Tu sais qui attrapait cette fièvre, Cas ? Les connards ! Les salopards qui prenaient leur pied en martyrisant les plus faibles. J'étais tout désigné finalement.

— Tu ne devrais pas dire ce genre de chose.

— Pourquoi ? Tu préfèrerais oublier que j'ai passé mon diplôme avec mention dans l'art de la torture ?

— Je préfèrerais que tu n'utilises pas de métaphores aussi légères dans certains contextes, oui. Pour le reste, il n'y a rien que je préfèrerais oublier. »

L'air s'échappa soudainement de ses poumons, comme sous l'effet d'un coup de poing, sauf que c'était indolore. Il se sentait mis en pièce à l'intérieur et étrangement ça faisait un bien fou. Il avait presque oublié, à quel point il en crevait. À quel point il la voulait, cette reconnaissance. Pas qu'on efface son ardoise ou qu'on lui trouve des excuses, non. Juste qu'on le regarde droit dans les yeux jusqu'au plus noir de son cœur et qu'on l'accepte. Sans qu'il n'ait à remiser son passé, sans avoir à foutre au placard qui il était. Merde, à quel moment, lui, s'était oublié ?

« Et toi tu ne veux rien oublier… » murmura-t-il comme pour lui-même.

L'ange le dévisagea de ses yeux trop bleus et fronça les sourcils. Il pencha la tête sur le côté et sourit.

« Tu es empli de contradictions, nota-t-il.

— Je suis humain ! » grogna Dean.

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Cela commençait à devenir une habitude : siroter un breuvage quelconque sous le porche de Bobby en début de soirée. Ça avait quelque chose de réconfortant. Dean se dit qu'il aurait pu la mener sans se mentir, cette vie-là. Il ferma les yeux et inspira un grand coup avant de s'appuyer contre la balustrade, sa bouteille de bière à la main.

« Hey, Dean »

La voix reconnaissable entre toute résonna derrière lui il manqua de renverser la moitié de sa bière en se retournant d'un coup, surpris.

« Sam… »

Ce dernier vint à son tour s'appuyer contre la balustrade aux côtés de son frère. Dean lui tendit sa bière et il arbora un sourire enfantin avant d'en avaler une longue gorgée.

« Comment tu te sens ? questionna l'ainé.

— Crevé. J'ai l'impression que je n'ai jamais été aussi crevé de toute ma vie. Il m'a fallu toute la journée pour récupérer de ce matin. Je n'aurais pas imaginé qu'un petit déj puisse être aussi éreintant. Mais à part ça, bien. Mieux que depuis très longtemps. » Il sourit et Dean haussa un sourcil.

« Ça veut dire quoi ça ?

— ça veut dire que je me sens… moi. Et ça fait longtemps que je ne me suis pas senti obligé de faire des choix à la con. » Il haussa les épaules et dévisagea son frère, un quelque chose plein d'espoir dans les yeux.

« Ouais, c'est une bonne chose. Faut dire que les choix à la con, c'est un truc de famille, sourit Dean. Je suis content que tu sois entier à nouveau. »

Appuyant son dos contre la barrière, Sam se retourna et fit face à la maison de Bobby. Il prit une grande inspiration et se lança :

« Dean, il faut que je te dise quelque chose. »

Ce dernier leva la tête vers son frère et lui planta un regard incertain au fond des yeux.

« Je t'ai entendu, tu sais, dans la chambre. Ce que tu m'as dit sur toi après l'enfer et… Ce que j'essaye de dire c'est que… Je comprends. Et merci. Merci pour mon âme, merci pour tout.»

Dean posa sa bière sur la rambarde et dévisagea son frère, le cœur au bord des lèvres.

«Bordel, Sammy… Tu m'as manqué.»

Il se laissa attirer dans une étreinte puissante et serra son frère de toutes ses forces, pour toutes les fois où l'un des deux n'avait pas été capable de le faire.

Quelques instants passèrent avant que cela ne commence à devenir gênant. Sam laissa Dean s'écarter à contre cœur et sourit. Il ne changerait décidément jamais, par certains aspects.

« Ouais, bon, assez pour le moment fillette ! »

Sam ne répondit pas directement et s'appropria la bière de son ainé pour de bon, savourant un petit moment de bonheur.

« Hey, Dean, t'es au courant que Bobby tente d'apprendre le poker à Cas dans le salon ? »

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A suivre.

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