Dicslaimer : Les personnages et l'univers ne m'appartiennent pas mais bien à la CW
Notes: Fidèle à la série jusqu'à l'épisode 11 de la saison 6, après on s'en éloigne clairement.
Merci à Sator, Loulette et Elida17 à qui je ne peux pas répondre plus personnellement faute d'adresse mail. Comme toujours, les filles, n'hésitez pas à laisser votre e-mail.
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"Back In Business"
Chapitre 4
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"I'll do you a favour put your soul for sale
Like a cannon ball going down the track
Need good loving, but I want it back
I was born in trouble, they gave up on me
Teacher preaching what not to be
Call me dirty, trash my name
Just tell the boys that I'm gonna be
Back in business again, back in business again"
Back In Business – AC\DC
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Le temps d'un battement de cil et Castiel était là, au milieu du salon, le visage neutre et son vieux trench coat démodé sur le dos.
« Tu m'as appelé, Balthazar ? » interrogea-t-il en s'approchant de son frère d'armes. Il posa la main sur l'épaule de ce dernier et presque immédiatement Dean se sentit glisser le long du mur, nul lien ne le retenait plus épinglé au papier peint. Sam et Bobby furent également à nouveau libres de leurs mouvements. Ils se levèrent et s'approchèrent prudemment des deux anges qui se fixaient avec intensité.
Balthazar dévisageait Castiel, incrédule. Au bout de quelques secondes il éclata d'un rire amer.
« Incroyable ! Oui, frérot, je t'ai appelé. Un nombre incalculable de fois, d'ailleurs. Et c'est la première fois que tu daignes te pointer ! »
L'ange indigné fit quelques pas dans la pièce et agita les bras de manière théâtrale afin d'appuyer ses propos.
« Nous noterons qu'il est finalement heureux que nos chers concitoyens du Paradis soient des ignares finis en ce qui concerne l'humanité. Surtout ton humanité, Cas ! »
Castiel lui adressa un regard exaspéré et secoua la tête, lui signifiant qu'il n'était pas nécessaire de s'engager sur ce terrain-là.
« Que veux-tu?
— Rien de plus que t'apporter mon aide, petit frère.
— écoute, Balthazar, fit Sam en s'approchant, tu nous as montré à quel point tu peux être… pragmatique par rapport à ce conflit. Pourquoi cherches-tu à t'impliquer maintenant ?
— D'autant plus que t'es rayé de la liste d'invités au Paradis, mon pote ! » argua l'aîné des Winchester.
Bobby poussa un long soupir et se passa la main sur le visage avant de se rasseoir à table. Les quatre autres se tournèrent vers lui quand il éleva une voix ferme.
« Balthazar, il est de toute évidence très clair que tu ne cherches pas à prêter main forte à Castiel par pure bonté d'âme. Qu'est-ce que tu veux ?
— Et bien parlons-en, des âmes, justement ! » s'exclama l'ange en se retrouvant à table avec le chasseur en un clin d'œil. Il prit un air pensif et se tint le menton entre le pouce et l'index. « Dans l'économie post-apocalyptique-avortée actuelle, mes petits amis, vous avez coulé mon portefeuille d'actions ! Et comme si la chute des valeurs mobilières n'était pas suffisante il a fallu que vous m'ôtiez la seule monnaie encore valable !
— Qu'est-ce qu'il nous chante là? souffla Dean.
— Les âmes, intervint Castiel. On l'a empêché de se servir d'âmes comme monnaie d'échange.
— Il faut savoir, reprit Balthazar, que c'était là la seule monnaie capable d'acheter une protection décente, de nos jours.
— Je croyais que tu avais un certain stock d'armes angéliques à ta disposition ! argua Dean.
— Absolument. Il n'y a qu'un léger souci l'asticot : tu te vois, toi, armé d'un bazooka, d'une AK-47 et d'un lance-missile en même temps ? Tu fais comment pour te servir de tout à la fois ?
— Que proposes-tu dans ce cas ? » demanda Castiel.
Balthazar s'approcha lentement de son frère et lui adressa un regard presque tendre.
« Dire que je suis revenu pour toi, Cas. Pour empêcher Raphaël de te détruire encore une fois. Et ma seule récompense a été de te voir me forcer à rendre ces âmes si durement négociées… »
Il éleva la main et plaça sa paume sur la joue de l'ange, son pouce passa furtivement sur la cicatrice barrant son visage. Castiel demeura immobile.
Sam fronça les sourcils en adressant un regard interrogateur à son frère. Dean haussa les épaules, affichant un air ahuri.
« Au vu de cette belle cicatrice, tu n'es pas sans savoir que Raphaël a trouvé un nouveau vaisseau. C'était comment la Floride ?
— Quoi ? s'exclama Sam. La Floride ? Tu veux dire que la tempête tropicale d'il y a deux jours c'était…
— Je veux dire, l'interrompit Balthazar, qu'il y a de nombreuses activités de votre ange préféré dont vous n'avez pas conscience. »
Il coula un regard mi sarcastique, mi accusateur vers l'aîné des Winchester. Dean fronça les sourcils à son tour.
« Pourquoi tu ne nous as rien dit, Cas ? demanda-t-il.
— Je sais que Raphaël peut à nouveau marcher sur Terre, Balthazar, viens-en au fait ! exigea Castiel en ignorant la question du chasseur.
— Je veux votre protection. Et je te veux assigné à résidence un certain temps.
— Assigné à résidence ? répéta Castiel.
— Je te veux dédié vingt-quatre heure sur vingt-quatre à surveiller mes arrières, frérot ! Les Winchester ne sont là que pour ajouter un peu de piment, sinon je risquerais de m'ennuyer.
— Tu sais pertinemment que c'est impossible.
— Oh que si, mon frère, c'est possible ! sourit l'ange en désignant Dean d'un geste de la main. Si, c'est possible.
— Et qu'offres-tu en échange ? demanda ce dernier.
— Le pouvoir d'arrêter cette guerre une fois pour toute. J'ai le rosaire, Castiel. »
Le visage de l'ange se décomposa et se recomposa presque aussitôt. Il adressa un regard énigmatique aux frères Winchester avant d'élever une voix autoritaire.
« Dehors, tous les trois. Nul humain ne pourrait assister au pacte de deux anges. »
Les dits humains n'eurent pas le temps de protester qu'ils se retrouvèrent en un claquement de doigts enfermés dans l'entrée, les portes du salon closes sous leur nez.
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Quelques minutes à peine plus tard, les portes se rouvrirent en grand. Castiel essuyait la paume de sa main à l'aide d'un essuie de cuisine traînant sur la table. Du sang imbibait abondamment le tissu. Dean se précipita à ses côtés alors que Sam prenait place dans le divan, se passant la main sur son visage fatigué.
« On peut savoir ce qu'il se passe ? » interrogea Dean. Castiel évita son regard.
« Il se passe, répondit Balthazar, que le sang de Castiel coule dans mes veines, à présent, et vice-versa. Juste le temps de mener certaines affaires à bien.
— Je vois, émit Dean. Et ça veut dire quoi exactement ?
— Autrement dit, Cas ici présent est mon leurre. S'il m'arrive quoi que ce soit d'infortuné, il le subira à ma place. Seul moyen valable d'assurer ma protection sans que toi, petit asticot, tu ne te retournes contre moi à la première occasion.
— Bordel, Cas ! jura Dean.
— Et en échange, continua Balthazar, je vous remettrai le rosaire. La plus puissante arme du ciel.
— Sainte-Marie mère de Dieu ! souffla Bobby. Vous voulez dire… LE rosaire ? »
Dean coula un regard interrogateur vers le vieux chasseur et soupira profondément alors que Balthazar partit d'un petit rire nerveux.
« C'est le cas de le dire, Bobby Singer. Le rosaire de Marie. Absolument.
— Et comment la relique la plus puissante des cieux pourrait-elle être en ta possession ? se méfia Bobby.
— Et comment le bâton de Moïse s'est-il retrouvé en ma possession, tu crois ? »
Et ce fut tout. Quelques secondes passèrent sans que personne ne trouve rien à répondre. Sam sombrait peu à peu dans le sommeil, affalé dans le canapé, Bobby oscillait entre exaspération et lassitude, et le regard de Dean allait et venait entre Balthazar et Castiel. Ce fut ce dernier qui rompit le silence.
« Balthazar passera la nuit ici, le temps que je prenne certaines…dispositions pour mon absence. Il ne vous sera fait aucun mal ». Il se tourna vers son ancien frère d'arme et soupira : « Comme convenu, je serai là à l'aube. Mais tu sais bien qu'il m'est impossible de passer le plus clair de mon temps ici, Balthazar » avant de disparaître dans un souffle.
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Sam émergea des tréfonds du canapé quelques minutes avant l'aube. Il avisa Bobby plissant des yeux sur un ouvrage bien plus vieux que lui à la lueur de la lampe du bureau. Dean, quant à lui, avait sombré sous un gros volume obscur et ronflait presque discrètement. Sam s'étira en baillant.
« Du nouveau, Bobby ? demanda-t-il en se levant.
— C'est plutôt obscur, répondit le chasseur. Mais attendons que ton frère soit réveillé. Je n'ai pas envie de me répéter.
— Je suis réveillé, commenta Dean de dessous le livre qui lui cachait le visage. Il ne put étouffer un bâillement.
— Bien », soupira Bobby en leur faisant signe de le rejoindre.
Les frères se levèrent et vinrent s'installer au bureau, juste en face de lui. Le vieux chasseur tourna le bouquin de manière à ce qu'ils puissent voir l'illustration et murmura d'un ton docte :
« Voici le rosaire de Marie.
— Sympa le chapelet, commenta Dean.
— Très sympa, attendu qu'il s'agit là d'une des reliques les plus puissante du Ciel. Le chapelet de la Sainte Vierge en personne. Il est composé de quinze dizaines de perles, précédée chacune d'une perle plus volumineuse. Selon l'ancienne croyance, chacune des perles devrait permettre d'accomplir un miracle qui ait un lien avec la foi.
— Quoi c'est un genre de lanterne magique ?
— En mieux. C'est – du moins c'était– l'arme parfaite. Le chapelet est inutile pour les démons seul un ange peut avoir recours à ces souhaits, et encore… »
Un bruissement et un léger déplacement d'air firent sursauter Dean qui tourna la tête. Il posa les yeux sur Castiel apparu à ses côtés. Ce dernier fronça les sourcils et se pencha sur l'illustration.
« Chaque perle peut exaucer le souhait d'un ange, expliqua-t-il, à condition que ce souhait soit lié à un acte de foi.
— Tu pourrais donc souhaiter la paix sur terre comme au ciel et ça marcherait ? Plus d'heures sup' au Paradis ? questionna Dean.
— En quelque sorte » sourit Castiel.
Sam fronça les sourcils. Le sourire de Cas avait quelque chose de mélancolique. Il eut l'impression que l'ange ne leur disait pas tout.
Ce fut le moment que choisit Balthazar pour descendre de la salle de bain, les cheveux encore humide.
« Ah, les douches font définitivement partie de ce que j'aime chez les humains ! commenta-t-il.
— On fait quoi exactement là ? ironisa Dean. On continue de se la jouer petite maison dans la prairie jusqu'à ce que Balthazar se décide à nous donner le rosaire ?
— C'est un peu ça l'idée, l'asticot.
— Génial ! commenta Sam. Bon, si ça ne gêne personne je vais me doucher. »
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Sam regarda sa montre, constatant avec plaisir qu'il tenait éveillé de plus en plus longtemps sans devoir prendre de longues heures de repos en conséquence.
Il n'avait pas encore trouvé le moyen de dire à son frère qu'il se rappelait presque parfaitement des derniers mois et des actes qu'il avait commis dans le seul but de servir ses intérêts. Il avait failli tuer Bobby nom de Dieu ! Il sentit sa gorge se serrer et une panique sourde s'insinuer dans son ventre.
Le vieux chasseur leva les yeux de ses légumes qu'il était occupé à émincer et dévisagea Sam d'un air inquiet.
« Tout va bien mon garçon ? demanda-t-il, soupçonneux.
— Oui, oui, répondit Sam en expirant bruyamment. Je me demande où traîne Dean. Ça fait longtemps qu'il est parti, non ?
— Deux heures à peine, dit Bobby en haussant les épaules, le temps d'atteindre le centre commercial et de ramener la quantité de courses qu'on lui a demandé ça lui en prendra bien deux de plus, surtout qu'il n'est pas vraiment tout seul…
— ça fait déjà trois jours que l'autre se tape l'incruste, remarqua Sam. Je me demande combien de temps ça va durer. »
Le vieux chasseur haussa les épaules, ayant décidé depuis quelques temps déjà de prendre les choses avec philosophie. Il se morigénait souvent afin de ne pas laisser son exaspération filtrer. Ses garçons ainsi que deux anges avaient décidés d'élire domicile chez lui et de toute évidence, personne ne semblait trouver nécessaire de lui demander son avis.
En même temps il était lui-même plus joyeux qu'il ne l'avait été depuis longtemps. Sam et Dean semblaient enfin s'être retrouvés, il avait deux jambes en état de fonctionnement, l'apocalypse était temporairement évitée et bref, il nageait dans les petits bonheurs éphémères d'une vie de chasseur un peu trop remplie.
« Putain ! » jura-t-il en se tournant vers l'évier. Il passa son doigt blessé sous l'eau et se rappela qu'en cuisine il était généralement conseillé de ne pas se perdre dans ses pensées ça évitait de prendre son index pour un morceau de poivron.
« Bobby, ça va ? Fais voir ! »
Sam lui attrapa la main, complètement paniqué. Il regarda la coupure d'un œil inquisiteur et s'assura que ce n'était rien de grave. Bobby le fixait, interloqué.
« Sam, je ne suis pas une vieille mamie en sucre ! Qu'est-ce qu'il te prend depuis quelques jours ? Si j'ai le malheur de trébucher, tu te précipites à ma rescousse comme si j'étais mourant !
— Hein ? Mais non, Bobby, pas du tout, se défendit le jeune Winchester.
— Mais si Sam, tout à fait ! Qu'est-ce qui ne va pas mon garçon ?
— Rien, Bobby. C'est juste que… Je me rappelle, tu sais. »
Le vieux chasseur écarquilla les yeux en déposant l'essuie de vaisselle sur le plan de travail. Il suivit Sam du regard alors que ce dernier s'asseyait à la table de la cuisine. Le jeune homme se prit la tête entre les mains et les mots restèrent coincés dans la gorge de Bobby.
« Je suis tellement, tellement désolé, Bobby.
— Ne t'en fais pas autant, Sam. Ce n'était pas toi, répondit-il en prenant place à ses côtés.
— Qu'est-ce que tu en sais ? Si, c'était moi, mon cerveau, mes décisions.
— Oui mais il te manquait un petit quelque chose », dit-il d'une voix douce. « Regarde-toi maintenant ! Tes yeux toujours torturés et le pli d'inquiétude qui barre ton front, ça c'est toi, Sammy. »
Il ouvrit ses bras et le serra contre lui, dans une position un peu étrange, chacun assis sur leur chaise. Le vieux chasseur pouffa et lui donna quelques tapes rassurantes dans le dos. Il croisa le regard de Castiel au-dessus de l'épaule de Sam, et l'ange fit signe qu'il s'éclipsait pour leur laisser un peu d'intimité.
« Je me demande si je dois être outré que tu aies essayé de me tuer ou flatté de faire office de figure paternelle » souffla Bobby.
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Sam trouva l'ange penché au-dessus d'un énorme volume traitant de la manière dont les légendes païennes s'étaient intégrées à la culture actuelle et aux grandes religions du monde. Tout un programme.
« Hey, Cas, ça va ?
— J'aimerais parfois avoir plus de temps pour faire… ce genre de chose. Lire, découvrir la manière dont les humains ont interprétés l'œuvre de mon père au fil des époques.
— Ah bon ? Je t'imaginais plutôt comme un puits de savoir ! émit Sam, surpris.
— C'est bien plus compliqué que ça, sourit l'ange. Je dispose de beaucoup de réponses, sans pour autant connaître les chemins qui y ont menés.
— Qu'est-ce que tu veux dire par là ? demanda le jeune Winchester.
— Je n'ai pas vécu parmi les hommes, je n'ai pas assisté à chaque évènement qui a changé l'Histoire. Les liens logiques, les évolutions, je les découvre tout comme toi, au travers de ce livre par exemple.
— Mmmh, réfléchit Sam. Je vois. Beaucoup de théorie et zéro pratique, si on veut. Ce qui explique que tu puisses être si innocent parfois.
— Innocent n'est pas le mot que j'emploierais, mais tu peux le voir comme ça », émit Castiel.
Sam s'installa à ses côtés dans le canapé, songeur. Il n'avait jamais vraiment eu le temps, ou pris le temps de se poser ce genre de question au sujet de l'ange.
« C'est marrant, Dean ne m'a jamais expliqué.
— Qu'est-ce qu'il aurait dû t'expliquer ? demanda Castiel en fronçant les sourcils.
— Bin toi ! Comment tu fonctionnes, ce genre de choses.
— Je ne pense pas que ton frère se soit déjà posé la question, argua l'ange.
— J'ai remarqué que vous ne vous êtes pas vraiment adressé la parole, ces derniers jours, tenta Sam.
— On a…certaines choses à régler », conclut l'ange avant d'entendre la voix grave de Dean tempêter juste à côté d'eux.
Le chasseur visiblement exaspéré venait d'apparaître au beau milieu du salon. Balthazar était de toute évidence revenu de sa séance de shopping.
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« Bon t'as fini ? On ne va pas y passer la journée non plus ! » râla Dean.
Balthazar décrocha de la tringle un pull à longues manches et le tint devant lui, plongeant un regard ravi dans les yeux de Dean.
« Qu'en penses-tu ? Ça devrait parfaitement aller à mon petit frère. De la même couleur que ses yeux !
— Je m'en tape, Balthazar ! Ça fait deux heures qu'on est dans ce centre commercial et je ne vois toujours pas pourquoi c'est moi que tu as choisi pour t'accompagner.
— Comme tu le sais, je ne suis pas ton plus grand fan, Dean. T'emmerder a donc quelque chose de… divertissant ! Je m'ennuyais à tourner en rond chez Bobby, ça nous fait du bien de sortir un peu, non ?
— Si tu le dis, soupira Dean.
— Tu sais, ton frère est bien plus amusant que toi.
— Oh, quel dommage que tu ne sois pas venu ici en sa compagnie dans ce cas !
— Je pense qu'il m'en veut encore un peu… Le pousser à tuer sa figure paternelle pour lui éviter de récupérer son âme, tout ça. Ça aurait fonctionné, ceci dit ! Et puis il était bien plus marrant sans son âme.
— T'as vraiment un problème, vieux. Je savais que les anges étaient des connards finis mais à ce point… Tu es inégalable ! cracha Dean en se frayant un chemin entre le rayon des chemises et celui des pulls.
— Pourquoi ? fit Balthazar en lui emboitant le pas. J'ai le mérite d'être honnête au moins. Toi, en contrepartie, t'es le plus gros hypocrite que la terre ait porté! »
Dean se tourna d'un coup et lui agrippa les revers de sa veste, ignorant les regards interloqués des gens autour d'eux.
Balthazar amena deux doigts à hauteur de son front et ils se retrouvèrent dans le salon de Bobby. Le changement de décor ne sembla pas calmer l'aîné des Winchester. Il se tourna vers Balthazar, ignorant la présence de Sam et Castiel. Ces derniers se regardèrent un peu ahuris.
« Qu'est-ce que tu me chantes là ? souffla Dean. Je suis hypocrite ? Mais tu t'es regardé récemment ? Toi et tes petits congénères, vous êtes quoi ? T'en a carrément rien à foutre de cette guerre, t'as préféré tourner le dos à tes propres frères juste pour…
— Tu ne comprends pas ? l'interrompit l'ange. Cette guerre ne s'arrêtera jamais. Elle est pire que la première. Pire que lorsque l'on a enfermé Lucifer dans sa cage.
— Et il y est retourné, dans sa putain de cage ! On s'en est assurés, ok ? Lucifer n'est plus un problème.
— Tu veux qu'on parle de Lucifer ? reprit Balthazar N'est-il pas ce que nous, Dieu, les êtres célestes et les humains en avons fait ?
— Qu'est-ce que tu veux dire par là ? interrogea Dean en se demandant pourquoi il l'écoutait encore.
— Si tu veux mon avis le pauvre gars est un martyre ! Après tout, ne l'appelle-t-on pas 'l'apporteur de lumière' ? Tout comme l'a fait Castiel, il a simplement voulu nous montrer une autre voie ! Il n'était coupable que d'éprouver. Tout comme Cas à présent. Tout comme moi ! Alors garde tes jugements pour toi. »
Il se tourna vers Castiel et lui fit un clin d'œil. Ce dernier fronça les sourcils.
« Lucifer cherchait à déclencher l'apocalypse, Balthazar. Ne me dit pas que détruire l'œuvre du seigneur n'est pas condamnable, argua-t-il.
— Dieu lui-même n'est-il pas condamnable ? N'est-ce pas lui qui a créé les hommes, pétris d'émotions et de sentiments, vivotant dans le culte de l'individu ! Ah oui il est beau le libre-arbitre ! Tu te demandes si la guerre céleste s'arrêtera un jour ? Regarde vers le bas, mon frère ! Regarde ces hommes et leurs guerres. Se sont-elles arrêtées un seul instant ? Leurs guerres d'humains qui ont le goût d'amours torturées et de trahison, de fierté, d'obsessions, de désir, de possession. Tout ce que nous ne sommes pas supposés ressentir. Tout ce que nous aussi, nous éprouvons à présent. Regarde-toi accourir quand la vie de ton humain est menacée !
— Dean Winchester est ma charge, se défendit Castiel, prenant soin d'éviter le regard du chasseur.
— En es-tu sûr ? sourit Balthazar. Parce que personnellement j'ai beau chercher, je n'ai pas encore trouvé qui donnait les ordres. Non Castiel, c'est toi qui choisis de protéger les Winchester. Cela fait bien longtemps que cet humain n'est plus ta charge, et tu le sais très bien ! »
Castiel leva les mains en signe de reddition et soupira en secouant la tête, préférant prendre la porte plutôt que d'argumenter plus avant.
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A suivre.
N'hésitez pas à me laisser un commentaire, positif ou négatif. La critique fait avancer, hein !
