Disclaimer : Persos pas à moi, mais à la CW
Spoilers: Fidèle à la série jusqu'à l'épisode 11 de la saison 6 (Sam récupère son âme). Après on dérive clairement.
Persos : Dean/Cas, Sam, Balthazar, Bobby
Rating: PG-16
Résumé : Cas fait un pacte avec Balthazar, Sam retrouve son âme, Bobby cuisine et Dean réfléchit trop. Mais les armes du ciel ne vont pas se retrouver toutes seules !
NdA : Désolée pour celles à qui j'avais annoncé ce chapitre un plus tôt, j'ai eu pleins d'imprévus ! J'espère que ça vous plaira !

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"Soul Stripper"

Chapitre 12 (Part I/2)

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« Then she made me say things I didn't want to say
then she made me play games I didn't want to play
she was a soul stripper
she took my heart
was a soul stripper
tore me apart »

Soul Stripper – AC\DC

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Dean ferma le robinet et se frotta le visage avant de se tourner vers la présence à ses côtés, prêt à arborer un rictus, mais son sourire s'effaça avant même d'étirer ses lèvres.

« Putain, Cas ! » s'étrangla-t-il en avisant une blessure ouverte et suintante le long du cou de l'ange. Il éleva la main mais suspendit son geste, les yeux écarquillés face à la cicatrice qui se formait déjà.

« N'y touche pas ! avertit l'ange. On ne sait pas de quelle manière ça se transmet. Et vu le degré de propagation, un simple contact devrait suffire.
— Quoi ? Mais comment c'est possible que toi, tu choppes ce truc ? T'es pas immunisé ?
— Techniquement si, mais je suis affaibli et la situation n'a rien d'ordinaire. Ça ira mieux quand j'aurai un peu récupéré.
— ça fait déjà presque une journée complète. Habituellement tu mets moins longtemps pour recharger tes batteries...» grinça Dean, cherchant le regard de l'ange et le soutenant. Il haussa les sourcils, voulant insister sur le sérieux de sa remarque.

Castiel rompit le contact visuel et inspira brièvement.

« Les blessures se guérissent toutes seules en puisant dans mon énergie, ce qui m'empêche de récupérer suffisamment pour me débarrasser de l'affection, avoua-t-il en fixant la pointe de ses chaussures.
— Vive le cercle vicieux !
— En effet. Et cela m'a également retardé dans mon investigation. Je n'ai rien de nouveau pour l'instant.
— Ok. On n'est pas plus avancés et de toute évidence, t'es pas prêt de nous zapper hors d'ici. Va falloir prendre les choses en main pour te sortir de là » argua Dean.

Il jeta sa blouse d'infirmier dans la poubelle des toilettes, prenant soin de l'enfoncer profondément afin que personne ne la remarque. L'ange fronça les sourcils.

« Dean, sois prudent avec ce que tu touches.
— J'ai passé la journée à soigner des éraflures, écorchures et autres lésions sans vraiment faire le tri entre celles créées par la maladie et celles résultant des échauffourées. Si je dois me chopper ce machin, ça finira bien par arriver, alors on peut oublier les précautions d'usage si tu veux mon avis. Et puis au pire il nous reste toujours Balthazar pour me soigner, n'est-ce pas ? »

L'ange acquiesça et leva les yeux au ciel, frustré par son impuissance, son état de faiblesse lui rappelant cruellement sa « chute ». Il se demanda si la présence d'Asmodée dans son esprit y était pour quelque chose, mais seul le silence fit écho à ses pensées. Elle avait déserté les lieux dès sa leçon donnée, mais il doutait que son départ fut définitif.

Il observa le chasseur se laver nerveusement les mains puis se diriger vers le distributeur de serviettes en papier. Dean lui résuma la situation concernant Sam, persuadé que son frère se cachait toujours dans la réserve où il l'avait laissé quelques heures auparavant.

Castiel n'écoutait que d'une oreille, songeant au démon, à l'éventualité de faire part de sa présence à Dean. Mais cela conduirait inévitablement à l'autre conversation, celle où il faudrait parler de sensations et peut-être même de passion. Celle où il faudrait expliquer l'amour ou l'affection, les définir, les mettre sous verre.

Les paroles d'Asmodée résonnèrent en lui et il se surprit à détailler la silhouette du chasseur, la ligne de sa colonne vertébrale qui se dessinait sous son t-shirt sombre, ses épaules qui tendaient le tissu par endroits, et sa nuque. Il changea brusquement de trajectoire lorsque Dean lui fit face.

« Euh... Cas ? » croassa ce dernier, interloqué.

L'ange haussa des sourcils innocents en plongeant son regard dans celui de Dean. Il s'éclaircit la gorge avant d'élever la voix :

« Il y a peut-être autre chose que tu dois savoir, dit-il sur un ton neutre.
— Je suis tout ouïe, grogna le chasseur en fronçant les sourcils.
— Le poison inoculé par le démon semble avoir des effets... secondaires.
— Du genre ?
— Asmodée semble être dans mon esprit, elle peut me parler ou entendre mes pensées.
— Tu es en train de me dire qu'Atchoum s'est payée une loge au premier rang dans ton cerveau plumeux ?
— En effet.
— Ok. »

Ils se dévisagèrent un moment, conscients des implications et des questions qui étaient censées suivre. Cependant ni l'un ni l'autre ne semblait prêt à pousser la conversation plus avant.

Dean se passa une main sur le visage et scanna les alentours, tâchant de se donner une certaine contenance. Sympa, le décor, pour ce genre de conversation : des toilettes d'hosto !

Cas, appuyé contre les lavabos, l'observait sans mot dire.

« Il faut qu'on en parle. »

C'était précisément ce genre de moment qui ne trouvait qu'un mutisme gêné de part et d'autre.

De quoi ? C'était tellement évident que poser la question aurait été insultant. Et pourtant il fallait énoncer la chose, malgré tout, pour être sûrs d'être à bon entendeur. Mais l'énoncer assez vaguement pour ne pas être celui qui s'ouvre en premier.

« D'Asmodée et de tous ses trucs... ? »

Et c'était précisément dans ce genre de moment que le cueillait le doute. L'ange avait beau avoir observé les hommes pendant des millénaires, il ne s'en trouvait pas moins démuni face à cette intonation douteuse, ou simplement face au choix d'un pronom qu'il aurait voulu lire plutôt qu'entendre. Tous ces trucs ou bien tous ses trucs ? La paternité des évènements était-elle entièrement attribuée au démon, ou n'était-il que le déclencheur d'un sentiment qui leur appartenait vraiment ?

« Quels trucs ? demanda l'ange, une inflexion particulière dans la voix.
— Ne te fous pas de ma gueule, Cas. » gronda le chasseur, se déplaçant afin de lui faire face.

Castiel leva les paumes en signe de reddition. Les yeux trop verts le scrutaient étrangement et son ventre se noua.

Asmodée avait raison. Il se sentait au bord d'un précipice, et il eut souhaité que le choix de sauter ne fut pas sien.

Tu aimes comme un gosse, Castiel. Tu te tais pour ne pas gêner les autres.

« Ma question t'agace parce que tu voudrais des révélations sans avoir à te découvrir toi-même, Dean. C'est lâche. »

Il vit la colère s'allumer dans le regard du chasseur lorsque ce dernier agrippa les revers de son imper. Les muscles de sa mâchoire serrée étaient visi bles sous sa peau, Cas les suivit des yeux avant de replonger dans les iris verts.

«C'était réel ? » demanda le chasseur.
— Tu poses toujours des questions imprécises ! Qu'est-ce qui était réel ? »

Ce dernier recula d'un pas, libérant l'ange de son emprise.

« Ce qu'il s'est passé, ce que j'ai ressenti... C'était réel ? »

L'ange soupira, tiraillé entre plusieurs réponses qui étaient toute vraies. Il opta pour la moins risquée :

« Le monde d'Asmodée n'est pas réel. Les ressentis instillés là-bas sont au mieux amplifiés, au pire complètement imaginés.
— ça semblait réel, déglutit le chasseur. Je t'ai embrassé.
— Je t'ai proposé de l'effacer...
— Je ne veux pas que tu l'effaces de ma mémoire ! s'emporta Dean. J'aimerais juste comprendre !
— Il n'y a rien à comprendre.
— Je ne suis pas gay, bordel !
— Moi non plus ! »

Dean lui lança un regard lourd de sous-entendus vaguement reprochés et l'ange haussa les épaules.

« Techniquement en tant qu'être asexué, je n'ai pas d'orientation sexuelle.
— Techniquement tu as un corps de mec et tu en pinces pour un mec, alors tes considérations métaphysiques tu peux te les... »

Dean s'interrompit, mortifié. Castiel éclata de rire. L'ange éleva une voix où se mêlait amusement et lassitude :

« Tu ne devrais pas y accorder autant d'importance.
— Tu plaisantes ? Je passe mon temps à me demander si j'aurais préféré que tu sois une gonzesse ou non. Et j'ai pigé, ok ? Tu me prends peut-être pour le dernier des abrutis mais j'ai pigé pourquoi t'as choisi le look comptable angélique, crois-moi. Parce que tu t'imagines que si tu avais été une femme, j'aurais préféré t'allonger sur une table plutôt que te faire confiance et tu as probablement raison. Mais maintenant on en est là.»

Il s'interrompit brutalement et s'humidifia les lèvres, surpris par son flot de paroles. Il chercha le regard de Cas et le regretta à la seconde où ce dernier releva les yeux. Des yeux trop bleus, un brin moqueurs, mais qui trahissaient néanmoins une interrogation mêlée de lassitude.

Ce fut au tour de Castiel de faire un pas dans l'espace personnel du chasseur. Le fantôme d'un sourire plana un instant sur son visage.

« Que suggères-tu, dans ce cas ? » demanda l'ange.

Dean ouvrit la bouche avant de la refermer sans rien trouver à répondre. Ou du moins sans savoir comment le formuler.

« Je tiens à toi, Cas. Je ne sais pas trop ce que ça fait de moi, mais pendant longtemps t'étais comme… de l'oxygène. Toi et tout ce que tu représentais : Dieu, les anges. Il y avait quelque chose de bien en magasin pour moi. Tu m'as sorti de l'enfer. »

Le chasseur déglutit tout en mettant maladroitement les mains dans ses poches. Il s'éclaircit la gorge et osa à nouveau croiser le regard de l'ange.

« Il y avait quelque chose de bien… en magasin, confirma Castiel en fronçant les sourcils, peu sûr du sens exact de l'expression.
— Vraiment ? ça en valait la peine ?
Tu en valais la peine, Dean » le rassura l'ange.
— Ouais, tout ça était tout beau et tout rose, mais depuis Asmodée tout a changé. Peut-être même bien avant ça, mais c'est elle qui m'a forcé à chercher quelque chose en moi…»

Il s'interrompit et se passa la main sur le visage.

« Mec, tout est tellement confus. »

Castiel soupira en fixant le sol.

« Asmodée l'avait prédit, que tu serais à ce point perturbé par les évènements. »

Le chasseur grogna, vexé d'être de toute évidence prévisible.

« Ah et pourquoi ça ?
— Selon elle, tu es un être de passion, Dean. Et quand tu découvres quelque chose de physique, tu te dois de l'expérimenter. »

Il s'approcha de manière infime et sourit, oscillant entre peine et sarcasme.

« Sauf bien sûr lorsque cela va au-delà de ta conception de toi-même… »

Le chasseur écarquilla les yeux puis fronça les sourcils, dévisageant Castiel. La ligne de ses sourcils, son regard, la couleur de ses yeux, sa mâchoire, sa bouche. Son essence. Tout ce qu'il dégageait. Ce qu'il lui faisait ressentir. Qui lui donnait envie de ce genre d'intimité. De sa bouche contre la sienne.

Qui lui donnaient envie de ses lèvres courbées dans un rictus, de les embrasser et de les mordre en même temps.

Cas fit un geste imperceptible. Juste une infime inclinaison. Il pencha la tête de côté, laissant la prérogative au chasseur.

Dean n'avait qu'à se pencher pour prendre ce qu'il voulait, pour expérimenter. La décision était sur le point d'être prise, et un picotement sur le bout de ses lèvres acheva de le persuader. Le seul moyen de savoir était de baisser absolument toutes ses barrières.

« Cas » souffla-t-il.

Avertissement ou supplique ?

ᴥ ᴥ ᴥ

Le jeune Winchester, désorienté, jeta des regards frénétiques autour de lui, pour finalement constater qu'il était de retour dans la chambre d'hôtel.

« Hey, King-Kong, tu ferais bien de t'asseoir ! » conseilla Balthazar, en avisant sa pâleur.

Bobby déboula aussitôt de la salle de bain, les cheveux encore humides.

« Hola, fiston, assieds-toi, tu vas nous faire un malaise » dit-il en guidant Sam jusqu'au rebord du lit. Il alla lui chercher un linge humide dans la salle de bain et fronça les sourcils en revenant, visiblement contrarié. Il prit néanmoins soin de paraître plus agacé qu'inquiet.

« Tiens, rafraichis-toi. Qu'est-ce qu'il s'est passé au juste ? lui demanda-t-il tout en fusillant Balthazar du regard
— Sam, ici présent, se sentait menacé et m'a appelé. De par le pacte qui me lie à Castiel, j'étais dans l'obligation de littéralement voler à son secours » susurra l'ange en insistant sur la fin de sa phrase.

Le jeune chasseur leva les yeux au ciel mais acquiesça néanmoins.

« Ma couverture avait été compromise, j'étais sur le point de me faire coincer » expliqua-t-il tout en prêtant attention à son rythme cardiaque, revenu à la norme depuis le sauvetage de Balthazar. « J'ai vraiment paniqué, et le seul ange susceptible de m'aider était l'autre andouille, alors je l'ai appelé.
— Non mais vraiment de rien, je t'en prie ! Ne me remercie pas surtout! As-tu la moindre idée de l'énergie qu'il m'a fallu pour exactement te localiser et te transporter jusqu'ici ? » s'indigna l'ange.

Bobby inspira profondément et se pinça l'arrête du nez. Il voulu élever la voix mais fut interrompu par Balthazar qui reprenait son discours :

« Mais plus important, pourquoi suis-je le seul ange disponible ? Qu'est-ce qu'il se passe avec Castiel ?
— Ce n'est pas très clair, répondit Sam. Selon lui il est trop faible comparé aux forces à l'œuvre. Il s'est retrouvé incapable de nous transporter hors de l'hôpital, alors il attend d'avoir suffisamment récupéré.
— Ah. Ignorant petit frère ! » grinça Balthazar en levant les yeux au ciel.

L'ange semblait étrangement pâle mais ni Sam ni Bobby n'y prêtèrent attention, concentrés principalement sur ses paroles.

« Cela fait trop longtemps pour se permettre d'attendre qu'il récupère. Cela n'arrivera pas, il devrait le savoir ! Tant qu'il restera là-bas et que la perle ne sera pas détruite, il n'a aucune chance de retrouver son énergie.
— Il faut qu'on intervienne, ponctua Bobby. S'ils sont tous les deux persuadés qu'il suffit d'attendre on est pas sorti de l'auberge ! »

L'ange fronça des sourcils inquiets malgré lui.

« Cela m'étonnerait quand même beaucoup que mon frère soit inculte à ce point. Il doit bien se douter de ce qui est en train de se passer ! À moins qu'il n'ait raconté tout ça pour ne pas inquiéter l'autre primate...
— Quelles que soient ses raisons, il faut qu'on fasse quelque chose ! argua Sam.
— Toi tu vas gentiment rester ici sans bouger ! Inutile que nous fasse une crise de panique à la moindre occasion parce que tu as peur d'être enfermé, n'est-ce pas Sammy ?
— Ne m'appelle pas comme ça, trouduc !
— Vocabulaire, Sammy, vocabulaire !
— Bon, intervint Bobby, de toutes façons il y a trop de risques que Sam soit reconnu. Il vaut mieux que tu restes ici, décida-t-il en s'adressant au jeune homme. Et on discutera de ces crises de panique dès que ton frère sera sain et sauf ! »

Le ton du vieux chasseur n'autorisait pas la réplique. Il dévisagea l'ange, s'attendant malgré tout à un commentaire quelconque, mais rien ne vint.

Le silence de Balthazar s'étira et sa pâleur en devint presque éloquente. Il se frotta les paupières et cligna plusieurs fois des yeux.

« De toute évidence Castiel n'est pas le seul ange affecté par ce qu'il se passe. J'aurais probablement dû éviter le dernier voyage rapide, ça ne m'a pas réussi, déclara-t-il d'un ton railleur.
— Super ! commenta Bobby, il ne manquait plus que ça : notre deuxième ange est à plat ! Mieux vaut que tu restes ici avec Sam. Inutile d'exposer l'un de nos atouts à quelque chose qui aspire de toute évidence leur énergie.
— Un atout ? répéta Balthazar, feignant d'être embarrassé. Bobby Singer vous me flattez ! »

ᴥ ᴥ ᴥ

« Plus un geste ! » hurla une voix juste après que la porte fut ouverte à la volée.

Dean et Castiel firent tous deux un bond en arrière, surpris de n'avoir entendu aucune sommation préalable. Le chasseur détailla les tenues militaires d'une part, mais surtout les masques de protection que portaient les soldats. Il aperçut également quelques chercheurs en combinaison complète d'extra-terrestre passer devant la porte et en déduisit que la panique était montée d'un cran. Si les médecins commençaient à se balader en combinaisons stériles, c'était que le nombre de victime avait augmenté à vitesse grand V.

Il leva les mains en l'air, peu désireux de tâter les automatiques de l'armée. D'un regard appuyé, il enjoignit l'ange à faire de même. Ce dernier s'exécuta sans donner l'impression de comprendre ce qu'il se passait.

« On peut savoir pourquoi vous menacez des civils ? demanda Dean plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu.
— Nous recherchons une personne se faisant passer pour un chercheur : Le docteur Barret. Je vais devoir vous demander de nous suivre afin de procéder à quelques vérifications. »

ᴥ ᴥ ᴥ

Quelques minutes plus tard, ils se retrouvèrent dans une salle d'attente adjacente à ce qui ressemblait à un local d'examen. Des gardes parientaient avec eux, c'est pourquoi Dean fit signe à l'ange de ne rien tenter. À peine eurent-ils échangé un regard entendu qu'un type en blouse blanche vint leur expliquer la situation :

« Nous sommes actuellement en train de fouiller l'hôpital dans les moindres recoins afin d'être sûrs de ne laisser personne sans les soins appropriés. »

Dean se retint de lever les yeux au ciel. Ils étaient comme des cons en train de fouiller l'hosto à la recherche de Syd Barret, pensant sans doute qu'il était à l'origine du problème. Le médecin ne s'en émut pas et continua d'un ton docte :

« Nous allons vous examiner afin de voir si vous présentez des lésions. Si nous nous trouvons dans ce cas de figure, une batterie de tests plus poussés sera effectuée afin de déterminer le traitement approprié. Dans le cas contraire, on vous gardera en observation quarante-huit heures dans un environnement stérile afin de prévenir toute infection. »

Dean chercha l'ange du regard, tentant de se faire comprendre sans mots. Castiel haussa les épaules, incapable de déterminer quelles conclusions allaient tirer le médecin. Il se savait porteur de l'infection, mais n'avait aucune idée de combien de temps sa peau resterait intacte.

Et puis au delà de ce que le médecin en penserait, il n'avait aucune envie de risquer de contaminer quelqu'un, et certainement pas Dean. Le chasseur avait beau rouler des mécaniques, il n'en était pas moins humain. Exposé de la sorte à la maladie, il y avait peu de chances qu'il passe trois jours sans l'attraper.

Il releva un regard sûr vers le chasseur. Ce dernier fit « non » de la tête en réalisant une seconde trop tard les intentions de l'ange. Il agrippa les revers du trench-coat et ouvrit la bouche, mais Castiel élevait déjà une voix maîtrisée :

« J'ai des lésions » articula-t-il.

Avisant le geste soudain de Dean, les gardes élevèrent leurs armes, le sommant de lâcher son ami.

« Ne fais pas ça ! murmura Dean, plongeant des émeraudes paniquées dans le regard de l'ange.
— Tout ira bien » souffla-t-il en se dégageant délicatement de l'étreinte forcée. »

Il éleva à nouveau une voix neutre à l'attention du médecin qui observait la scène :

« J'ai présenté des lésions sur la nuque et le torse mais elles semblent s'être résorbées. »

Le chasseur soupira et recula d'un pas, dépité. « Fais chier » grinça-t-il entre ses dents.

« Veuillez me suivre, je vous prie » articula le chercheur à l'attention de Castiel.

ᴥ ᴥ ᴥ

« Je me demande où en est Dean... L'heure du rendez-vous est passée, il doit être complètement flippé de ne pas m'avoir trouvé dans la réserve. » songea Sam à voix haute.

Un bruit de déglutition forcée en provenance de la salle de bain lui retourna l'estomac. Il se leva pour chasser la nausée et alla se poster à la fenêtre.

Quelques minutes plus tard, Balthazar émergea de la salle d'eau, dépité.

« J'ai vomi ! annonça-t-il d'un air contrit. Je ne suis pas censé vomir. Je me sens irradié ! »

Sam leva les yeux au ciel et se tourna pour faire face à la moue tremblante de l'ange.

« Pour l'amour du ciel ! » soupira-t-il, se demandant pour la millième fois comment joindre son frère.

Il lança un regard exaspéré à son téléphone, sachant pertinemment qu'il n'y avait plus de réseau actif.

« C'est ridicule ! On ne peut pas tout laisser reposer sur les épaules de Bobby !
— Ne sous-estime pas papa ours ! » sourit l'ange.

ᴥ ᴥ ᴥ

A suivre