*Vous salue et s'incline bien bas de façon à éviter vos regards noirs*

Encore une fois, milles excuses pour ce gros retard. Alors que je vous avais dit que le chapitre 10 ne tarderait pas… Pardon .

Mais j'espère me rattraper avec une bonne nouvelle j'ai pratiquement quatre chapitres d'avance (bon, trois sans compter le dixième), et comme l'inspiration me prend aux tripes ces derniers jours, je pense que j'en rajouterai sur la pile X)

Alors, aujourd'hui vous avez le chapitre dix, et la semaine prochaine je vous mettrai le onzième. C'est aussi bien puisque ce chapitre n'est pas bourré d'action (le prochain un peu plus). Je sais que vous attendez des scènes de chantage, mais comme le titre l'indique, désolée, ce ne sera pas pour tout de suite ; des choses se passent autour du petit jeu de Sirius :)

En fait, ce chapitre relate un peu le passé de Sirius et Severus. Ah, et c'est inédit, je ne pensais pas que j'allais le faire mais la fin se termine par un mini point de vue de James, et ce ne sera pas le seul ^^

Une idée a aussi germé dans ma tête suite à une review d'Edenblack666, qui proposait un James/Sirius. je m'étonne d'ailleurs de ne pas y avoir penser moi-même, puisque j'aime beaucoup les "couples ennemis". Mais, même si j'aurais adorer je ne peux décemment pas l'instauré. L'histoire changerait du tout au tout, et c'est un Sirius/Remus. Mais l'idée était bonne Edenblack666 ;)

Sur ce, je remercie tout mes lecteurs et revieweurs (anonymes) pour votre fidélité et vos petits mots! Et j'espère vous faire plaisir en retour par mes chapitres!

A la semaine prochaine!

Good reading...

Titre: No Blackmailed because Sanction

Rating: T, mais vraiment pour le langage et pour être prudente.

Disclaimer: N'est à moi que la fanfiction; est à J.K.R l'univers d'Harry Potter.


Plusieurs plumes, parchemins et encriers jonchaient la table. Ainsi que trois manuels, chacun ouverts. Mais Sirius ne travaillait pas. Du moins, il ne travaillait plus. Il avait été penché sur ses devoirs de la semaine à venir pendant près de deux heures. Maintenant, il en avait marre et il s'octroyait une petite pause. La tête posée entre ses bras croisés sur la table, son regard était perdu dans le vague. Le silence était complet dans la Salle Commune et pour cause, elle était déserte.

En cette fin d'après-midi de Dimanche, les élèves étaient pour la plupart tous à Pré-au-lard, où bien en revenaient. Et Sirius appréciait grandement cette solitude dont il bénéficiait rarement – Poudlard oblige.

Certains Serpentard étaient restés au château. Dont Severus.

Mais Severus, Sirius ne voulait pas le voir pour l'instant. Ou alors, s'il apparaissait devant lui, de son habituel air renfrogné et grognon, il serait capable de lui envoyer un Confringo en pleine tête.

Le jeune Serpentard soupira, fermant ses yeux. Tout était de sa faute, à Severus ! S'il n'avait pas fait son malin, tout se serait bien mieux passé, il en était sûr. Mais ça ne servait à rien de ruminer. Aussi, le jeune homme se redressa et reporta son attention sur ses devoirs qu'il s'efforçait d'avancer.

Il avait pratiquement fini celui de Potion. Celui de Métamorphose stagnait complètement, il n'avait fait que la présentation du sujet pour les Soins Aux Créatures Magiques et l'Histoire de la Magie avançait plutôt bien. Pour la Divination, Sirius avait décidé qu'il s'y mettrait plus tard. De toute façon ce n'était pas la matière la plus importante et il finirait comme d'habitude par inventer des histoires. Quant à la Défense Contre les Forces du Mal, il avait déjà réuni tous les paragraphes dont il aurait besoin dans les livres. Il ne lui resterait plus qu'à tout mettre en forme.

En fait, peut-être qu'il pouvait arrêter pour aujourd'hui… De toute façon, il doutait de pouvoir arriver à se reconcentrer comme il l'avait fait jusqu'ici.

Des bruits de pas le firent sortir de ses pensées. Sirius jeta un œil par-dessus son épaule avant de soupirer et de reposer son regard sur ses parchemins. Il les enroula tous soigneusement, réunit ses plumes, ferma ses encriers sans accorder la moindre attention à Severus qui venait de s'installer en face de lui.

Le Préfet ne dit d'abord rien. Il se contenta de poser ses mains sur la table et d'observer son ami. Il avait bien essayé de lui parler plus tôt dans la journée, mais Sirius l'avait envoyé chier sans préambule. Il n'avait pas insisté. Mais maintenant, peut-être qu'il pouvait…

« Sirius ? »

« Qu'est-ce que tu m'veux ? »

La réponse du descendant des Black avait claqué, froide et sèche. Severus baissa son regard, plus vraiment certain que le moment soit réellement propice pour parler.

« Juste savoir ce que t'a dit McGonagall. » Répondit-il tout bas.

« Ah, parce que tu t'en inquiètes ? »

De nouveau, la voix de Sirius claquait froidement, agressive. Le sang-mêlé redressa son visage et répondit de façon évidente

« Bien sûr. Surtout que tu ne m'as pas parlé de la journée, alors je me demande bien ce qu'il s'est passé. »

L'aîné des deux eut un rire sans joie. Il se recula sur sa chaise et commença à se balancer sur les deux pieds arrières, posant les siens sur ceux de la table. Il prit un temps pour répondre, ses dents mordillant l'intérieur de ses joues. Et Severus savait que par ce petit tic, il s'empêchait d'exploser.

« Tu crois que si je ne te parle pas c'est parce que je serais tout bêtement de mauvaise humeur ? » Rétorqua l'aîné, ancrant son regard glacial à celui de son ami. « Tu n'es qu'un pauvre imbécile, qui ne comprend rien à rien ! »

Le jeune homme aux cheveux gras fronça les sourcils et pinça ses lèvres. Il s'empêcha de balancer une insulte au Serpentard en face de lui et se contenta de lui rendre son regard tout aussi glacial. Puis Sirius se releva, manquant de faire tomber sa chaise. Il prit son sac en bandoulière qu'il balança sur son épaule et se dirigea vers le couloir du fond avant que le Préfet ne le retienne par le bras.

« Va jusqu'au bout de tes pensées Sirius. Vas-y, crache le morceau ! Qu'est-ce qui te met dans cet état ? »

De nouveau, le bellâtre de Serpentard rit de façon sarcastique. Il se dégagea de l'emprise de son ami avant de répondre

« Tu es mal placé pour me dire de cracher le morceau ! Depuis quand tu fais la gueule sans rien dire ? Combien de fois je t'ai demandé ce que tu avais, et combien de fois tu ne faisais que grogner et m'envoyer chier en retour ? »

« Quel est le rapport ? » S'exclama Severus. « Tu peux rester sur le même sujet s'il te plaît ? On viendra aux reproches plus tard. »

« Plus tard ? Non, je ne crois pas. Les reproches on va les faire tout de suite si tu veux bien. »

Les yeux étincelants de colère, la voix toujours aussi froide, Sirius retira son sac de son épaule pour le laisser tomber au sol avant de se rapprocher vers son ami, le poussant avec force dans un geste de provocation typiquement masculin.

« Qu'est-ce qu'il t'a prit ! Ensorceler Lupin, mais bordel SNAPE OU TU AVAIS LA TETE ! »

Ledit Snape repoussa les bras de Sirius qui venaient une nouvelle fois le pousser. Il recula, afin d'être hors de portée et répondit avec autant de voix

« Je ne vois pas en quoi c'est un problème ! Depuis quand est-ce que tu le défends ? Hein ? Depuis quand ce qui peut lui arriver t'es égale ? T'es amoureux de lui ou quoi ! »

« Ha ! Amoureux ? C'est ça ton explication ? Vraiment, comme je le disais, tu n'as strictement rien compris… Je me fous de ce qui peut lui arriver, mais quand Lupin est censé passer un moment avec moi, TU LA BOUCLES, quand en plus je suis dans une situation risquée, TU T'ECRASES ET TU FAIS CE QUE JE TE DIS ! »

« JE NE SUIS PAS TON CHIEN ! Tu sais quoi Black ! Va te faire foutre, toi et ta clique de Gryffondor, vous me les brisez ! Remets-toi un peu en question bordel de merde, et vois les choses en face ! »

« Vas-y, explique-moi ce que je dois voir ! Vas-y Snape, dis-le… » Menaça Sirius en avançant dangereusement vers lui.

« Peut-être que tes motivations ne sont pas celles que tu crois. Peut-être que tu devrais réfléchir à ce qui te pousse vers lui et(…) »

« Tu peux dire les choses clairement où va falloir que j'aille te chercher les mots au fond de la gorge ? » S'exclama Sirius, furieux.

« Ah non, je ne vais certainement pas te mâcher le travail, tu vas te triturer les méninges tout seul comme un grand ! Ah mais oui, j'oubliais… Comment agir comme un grand quand on est encore qu'un gamin immature ! »

« Ok, pour écouter ce genre de conneries, je suis absent ! Passe par mon hibou ! » Cria l'aîné en s'engageant dans les couloirs du fond après avoir récupérer son sac.

Il s'engouffra dans son dortoir et referma violemment la porte derrière lui avant de balancer son sac sur son lit – celui situé le plus en retrait des autres, dans un renfoncement du mur. Contenant le cri de rage qui le démangeait, le Serpentard envoya avec force son pied contre sa propre malle près de son lit avant de s'y laisser tomber. Il ferma les yeux, tenta de maîtriser sa respiration tout comme ses nerfs et ne les rouvrit qu'une fois sûr qu'il n'allait pas tout exploser dans le dortoir.

Ce soir là, Sirius mangea seul dans la cuisine même du château, deux bonnes heures après le dîner dans la Grande Salle. Ce qu'il ne sut pas c'est que Severus avait fait exactement la même chose. A dix minutes près et ils se croisaient dans la grande cuisine.

Par la suite, Sirius eut du mal à trouver le sommeil. Sa dispute avec son meilleur ami lui tournait sans cesse dans la tête. Les fois où lui et Sev' s'engueulaient étaient sommes toutes rares mais plutôt violentes. A ce jour, Sirius en comptait trois, y compris celle du jour-même.

La première fut celle qui, en quelques sortes, déclencha leur amitié. Ils avaient d'abord passé leur première année à s'ignorer royalement. A cette époque, Sirius traînait d'avantage avec Evan Rosier et Antonin Dolohov. Il arrivait aussi que Mulciber et Avery se joignent à eux. Quant à Parkinson… Il avait suivit Sirius comme son ombre pendant des années. Il continuait d'ailleurs toujours un peu, mais s'efforçait de garder un minimum de fierté.

Antonin Dolohov avait, et ce depuis le début, prit les jumeaux Prewett en grippe. Dès qu'il les croisait dans un couloir, une salle de classe ou n'importe où ailleurs et qu'il en avait la possibilité il les provoquait et en tirait un malin plaisir. C'est d'ailleurs de cette façon que le groupe de Gryffondor et Sirius devinrent ennemis – du moins, si on excluait le fait que Potter ait tellement l'esprit étriqué qu'il ait dès le départ classé la généralité des Serpentard dans le même chaudron.

Quoi qu'il en soit, ce fut au cours de leur deuxième année que tout se déclencha. Sirius et sa bande étaient tombés par pur hasard sur celle de Potter dans un des couloirs du septième étage. Celle-ci était en pleine confrontation avec Severus Snape. Quoique le mot ''confrontation'' ne soit pas vraiment approprié pour la situation puisqu'à trois contre un, l'égalité est nulle.

Sirius avait rapidement compris que les trois Gryffondor tourmentaient avec plaisir le chétif Serpentard. Malheureusement pour lui, Snape, malgré son fort caractère avait toujours eu une physionomie défavorable et son air constamment renfrogné ainsi que son habitude à s'isoler avait fait de lui le souffre-douleur parfait de la petite bande de rouge et or.

Peut-être par esprit de solidarité liée à leur appartenance de maison, on bien tout simplement par provocation, amusement, défi, les six nouveaux Serpentard s'étaient rapidement joint au duel qui faisait rage depuis plusieurs minutes. Potter et les jumeaux Prewett avaient bien compris que la situation s'était clairement inversée et ils avaient tôt fait de fuir.

Sans doute Severus n'avait jamais été aussi humilié. Plus d'un an qu'il avait ce statut au sein de Potter et sa clique et il s'était toujours débrouillé seul, l'empêchant ainsi de perdre totalement sa fierté. Mais ce jour-là, sa fierté, il l'avait perdu. Non seulement ceux de sa maison avaient assisté à la scène mais ils étaient intervenus – pour une quelconque raison – et l'avaient par la suite chambré à souhait.

Et là avaient été les premiers mots échangés entre le deuxième-année-mais-déjà-légendaire Black et l'inconnu-le-froid-et-chétif-Snape. Ce dernier avait alors rejeté toute sa rage contre lui, Sirius ayant été le premier à dégainer sa baguette et celui qui eut le plus participé.

Ce à quoi l'héritier des Black avait répondu en riant que cela faisait depuis un bon moment maintenant qu'il voulait remettre les quatre Gryffondor à leur place, et que c'était désormais chose faite, grâce à l'occasion qui s'était présentée.

Ce qui se passa par la suite fut assez curieux. Severus, bien que toujours profondément humilié avait ressenti quelque chose d'étrange à l'explication du Serpentard aux cheveux longs. Son air nonchalant, presque je-m'en-foutiste, son rire aux drôles inflexions d'aboiements, ses yeux gris pétillants de malice et surtout sa façon d'agir avec lui, de lui parler… Tout était différent d'avec les autres. Autant il se sentait honteux et vexé devant les autres Serpentard, autant pas devant Black. Celui-ci ne semblait porter aucun jugement.

Après cet épisode, Severus s'était peu à peu rapproché de Black, les ficelles d'une amitié naissante se nouant entre elles. Puis, petit à petit, Sirius se détachait de son groupe pour finalement ne former plus qu'un duo avec Severus.

La deuxième dispute qui les avait confrontés eut lieu durant leur cinquième année. Severus avait été nommé Préfet et en avait été particulièrement fier. Sirius, lui, ne voyait là qu'un moyen pratique. Et le plus jeune eut tôt fait de le comprendre. A peine deux semaines après la rentrée, il trouva en rentrant dans sa chambre un Sirius Black nu sur son lit en compagnie d'Evan Rosier et d'une charmante Poufsouffle, ces deux derniers tout aussi nus.

D'abord effaré, Severus avait frôlé la syncope lorsque son ami, échevelé et le rouge aux joues lui avait proposé de se joindre à eux. Violation de l'espace intime et nouvelle humiliation en avisant la moue dégoûtée qu'arborait l'adolescente à la proposition du Serpentard.

Il n'avait alors pas hésité à ensorceler les vêtements des deux inopportuns pour qu'ils se réenfilent d'eux-mêmes sur leur propriétaire. Et, toujours armé de sa baguette il les avait jetés hors de la pièce, fermant la porte d'un sort. Et son explosion avait été volcanique. Sirius n'avait plus jamais réitérer l'expérience, la grosse horloge enchantée qui avait alors volé sur lui se rappelant à son bon souvenir. Son arcade sourcilière en avait fait les frais.

Le jeune Serpentard sourit bien malgré lui d'un air absent tout en passant ses doigts sur la légère cicatrice qui barrait son arcade sourcilière gauche.

Oui, dans l'ensemble, même si ses frasques avaient déclenchées l'une de leurs plus grosses disputes – Sev' ne lui avait plus parlé pendant presque une semaine – c'était un bon souvenir. Sans doute plus pour lui que pour Severus. Et puis, c'est cette fameuse journée, partagée avec Evan et cette Poufsouffle dont il ne se rappelait plus le nom qui lui avait fait prendre conscience de sa bisexualité.

Evan en avait d'abord été étonné, puis amusé. Mais pas dégoûté, même s'il était un pur hétérosexuel. Et après avoir été mis au courant la nouvelle avait rapidement fusée parmi les élèves de Poudlard. Si Sirius lui en avait voulu au départ et l'avait menacé de lui lancer un Bloclang s'il ne fermait pas sa gueule, il devait reconnaître que finalement, la rumeur de sa bisexualité se propageant dans l'école lui avait été favorable. Etrangement, apprendre qu'un Serpentard de sang-pur, héritier de la Noble et très Ancienne Maison des Black était autant attiré par les hommes que par les femmes en avait fait sortir plus d'un du placard.

Sirius sortit de ses pensées en se rappelant ce qui les avaient cheminées. Et sa mine se renfrogna. Severus avait agit en parfait crétin égoïste sur ce coup là. Non, décidément, il ne comprenait vraiment pas les raisons qui l'avaient poussé à ensorceler Lupin.

Une journée passa, puis deux, puis la moitié de la semaine. Les jours se ressemblaient tous. Sirius se levait le matin, il se douchait, allait petit-déjeuner dans la Grande Salle puis assistait à ses deux cours matinaux Il allait déjeuner, s'avançait dans ses devoirs, retournait en cours, continuait ses devoirs et terminait ses soirées en colle.

Des colles longues, fatigantes et ennuyantes à mourir nettoyer, récurer, trier, ranger, étiqueter, réparer, compter, écrire, préparer. Toutes ces tâches s'apparentaient à différents domaines dans différents endroits. Il finit par se demander si McGo n'arriverait bientôt pas à saturation. Il avait fait tout ce qui était humainement possible de faire.

Depuis le Dimanche dernier, il n'avait pas reparlé une seule fois à Severus. Et celui-ci n'était pas venu le voir non plus. De temps en temps, il remarquait le regard du Préfet sur lui, mais lui ne le lui rendait jamais.

Quant à Lupin… Et bien il avait tout sauf le temps de le voir. Ses colles lui prenaient tout son temps après le dîner et il n'avait aucun autre moment de libre dans la journée. De plus, même si c'était le cas il doutait de pouvoir faire quoi que se soit. Il était tellement fatigué qu'à peine allongé sous ses couvertures il s'endormait immédiatement. La veille, il s'était même endormi encore tout habillé.

Si au début il en avait été frustré, maintenant la fatigue primait sur tout. La seule pensée qui subsistait dans sa tête était celle qui le faisait réfléchir quant à la position de Lupin dans tout ça. Pour tout dire, il ne comprenait pas ce qu'il s'était passé dans le bureau de McGo, le Dimanche dernier. Il avait pourtant bien vu que le Gryffondor s'était souvenu de ce qu'il s'était passé, que Severus était allé le chercher pour le ramener vers son bourreau afin que celui-ci puisse expulser ses pulsions charnelles.

Lupin avait eu l'occasion en or – qui ne se représenterait sans doute jamais – de tout raconter ! Il avait, durant quelques minutes, tenu entre ses mains le pouvoir d'intervertir le poids de la balance et d'inverser la situation. Il aurait pu tout raconter sur le chantage qu'il subissait, et faire expulser Sirius de l'école.

Mais au contraire, il n'avait rien dit.

Et c'était perturbant.

Bon, évidemment, il s'en réjouissait et était soulagé, mais il ne pouvait s'empêcher de se dire que quelque chose clochait définitivement trop pour classer l'affaire.

Sirius avait bien pensé à aller parler au Gryffondor, mais – et pour une fois – il avait réfléchi avant d'agir et avait craint qu'en mettant Lupin sur le fait accompli celui-ci ne se rétracte et aille finalement tout raconter à McGonagall. Il en avait encore le pouvoir. A moins qu'il redoute que le Serpentard ne fasse circuler les photographies entre temps.

Le jeune homme aux cheveux longs soupira. D'un air blasé, ou fatigué il posa son menton sur ses genoux qu'il entourait de ses bras. Le soleil commençait doucement à décliner à l'horizon. Bientôt, il devrait se rendre à sa colle et cette perspective ne l'enchantait guère. Tellement qu'il n'avait même pas eu la motivation pour aller faire ses devoirs et qu'il s'était directement rendu dans la cour après le dîner.

Plongé dans ses pensées concernant le Gryffondor, il ne vit pas arriver son jeune frère qui s'installa sur le banc à sa droite en silence.

« Sirius ? »

« Putain, Reg' ! T'es con ! » S'exclama l'aîné en sursautant, ce qui arracha un sourire au plus jeune.

« Désolé, je ne voulais pas te faire peur. Je pensais que tu m'avais vu. »

« Non. »

« Qu'est-ce que tu fais là, comme ça tout seul ? »

« Je réfléchis. »

« Hm… Et Snape ? » Demanda Regulus, incertain.

« De quoi Snape ? »

« Ben, ça fait quelques jours qu'on ne vous voit plus ensemble. »

« C'est un con. » Répondit Sirius en haussant les épaules.

Regulus hocha lentement la tête sans quitter son frère du regard.

« Tu l'aimes ? »

Le septième année tourna son visage vers son cadet, les yeux d'abord écarquillés, puis les sourcils froncés.

« Hein ? » Fit-il très intelligemment.

« Ben, je sais pas, j'demande ça comme ça. Comme vous êtes toujours fourrés ensemble et que soudainement, vous ne vous approchez plus, je(…) »

« T'es complètement tordu Reg', tu l'sais ça ? »

« J'ai dis ça comme ça moi. J'essaie juste de comprendre. » Se défendit le second Black.

« Et bien n'essaie plus. Severus est mon meilleur ami, je l'aime beaucoup mais ça s'arrête là. »

Regulus acquiesça, souriant d'un air mal à l'aise.

« Ah, bah tant mieux. »

« Pourquoi ? »

« Disons que ça ne me plairait pas vraiment de l'avoir comme beau frère. »

Sirius regarda son jeune frère pendant quelques secondes sans rien dire, avant de détourner le regard et de reposer son menton sur ses genoux.

« Tu ne le connais pas. Vous ne le connaissez pas. Severus est quelqu'un de génial. »

« Ouais… Si tu le dis. »

Le septième année lança un coup d'œil à sa montre et se redressa alors, passant la bandoulière de son sac sur son épaule.

« Bon, faut que j'aille en colle. »

Derrière lui, Regulus se releva lui aussi, le suivant.

« Ah, heu… En fait j'avais un truc à te demander. »

« Plus tard. Je vais être en retard si je ne me dépêche pas, et les foudres de McGo, j'en suis saturé, c'est bon. » Répondit Sirius sans s'arrêter.

« Oui mais c'est important, juste deux minutes. J'ai entendu Bella et Jeloa parler tout à l'heure et(…) »

« Plus tard je t'ai dit Regulus ! Et pour être franc, débrouille-toi pour régler tes problèmes avec Bellatrix, J'ai suffisamment la tête pleine comme ça. »

Puis, sans laisser le temps à son cadet de répliquer, Sirius s'engouffra dans le hall de l'école avant de monter le grand escalier de marbre en direction du bureau de la directrice des Gryffondor.

SBRLSBRLSBRL

Le dortoir était silencieux, hormis les légers sons des respirations régulières de Fabian et Gideon. Les jumeaux s'étaient encore une fois endormis dans le même lit. Comme Gideon prenait presque toute la place – notons que le lit n'est pas le sien mais celui de son frère – Fabian se retrouvait à moitié en dehors du matelas. L'un de ses bras pendait mollement dans le vide et bientôt se serait le tour de sa tête. James ne leur laissait qu'une dizaine de minutes maximum avant que Fab' ne tombe du lit.

Le jeune Potter soupira, amusé avant de rediriger son attention sur la Carte de l'Affranchi qu'il tenait entre ses mains. Sa baguette dont le bout était illuminé d'un faisceau blanc éclairait la pièce d'une atmosphère comme lunaire. Il posa la carte sur la couette passée sur ses genoux repliés et fouilla dans le tiroir de sa table de chevet sans quitter la Carte des yeux.

Alors que ses doigts touchaient le fin papier qui emballait une barre de chocolat son regard se figea soudainement. Il fronça les sourcils et se redressa, ramenant sa main sans sa barre chocolatée. Il se saisit de sa baguette et la pointa sur la Carte à l'aspect de vieux parchemin, fixant les deux noms qui se situaient l'un près de l'autre, séparés par une tapisserie dans un des couloirs du troisième étage.

C'était au moins la troisième fois depuis le début de la semaine que James surprenait Remus tout près de Black, à des heures impossibles dans la soirée.

Si au début il avait pensé que c'était une simple coïncidence, que Remus ne devait pas avoir réussi à trouver le sommeil et qu'il se retrouvait sans le savoir tout proche de Black qui devait sans doute être coller, maintenant il trouvait ça étrange. Trois fois ? De plus, depuis l'épisode du soudain sommeil de Remus le week-end dernier, son ami était plutôt étrange. Et, toujours depuis cet épisode, il n'avait pas passé une seule nuit avec eux dans le dortoir.

Un grand bruit fit soudain sursauter James qui en lâcha sa Carte et sa baguette alors qu'un grognement étouffé lui parvenait. Il regarda le lit à sa droite et s'affaissa en soupirant.

« Ma tête ! » Se plaignit Fabian qui se redressait en se frottant vigoureusement l'arrière du crane.

James avait laissé dix minutes aux jumeaux Fabian était tombé au bout de cinq. Nouveau record avant minuit.