Bonjour bonjour ! Et voici le chapitre 7, pour vous servir !
Bonne lecture ! :D
Chapitre 7
Rorry et moi, nous nous installons à une table après nous être servis, et nous sommes bientôt rejoins par la fille du District 10. Elle se présente comme s'appelant Helen, et j'apprends par la même occasion qu'elle et Rorry ont tous les deux 15 ans. Du coin de l'œil, je vois Pelan hésiter, une assiette pleine à la main, quant à l'endroit où il doit s'asseoir et, sans réfléchir, je lui fais signe pour qu'il vienne s'installer avec nous. Je vois presque les rouages de son cerveau peser le pour et le contre, puis il finit par nous rejoindre avec un sourire étrange, un sourire différent de celui que j'ai l'habitude de voir. Je lis dans ses yeux une certaine méfiance et soudain, je me sens mal à l'aise. Puis je vois les tributs du 1 et du 2, assis à deux tables de là, qui rient et parlent fort, et je songe que nous avons, nous aussi, pauvres tributs des districts périphériques, le droit de faire ce genre de chose. Je présente donc Pelan à Rorry et Helen avec enthousiasme, et pendant le reste du repas, nous parlons de choses sans importance et apprenons à nous connaître, comme si nous étions de simples enfants bavardant tranquillement plutôt que des tributs appelés à se sacrifier dans quelques jours.
Je passe le reste de la journée et les deux jours suivants à m'entraîner avec Rorry. Parfois, nous discutons, et parfois non. Helen et Pelan se joignent de temps en temps à nous, et nous mangeons tous les midis ensemble. Nous faisons aussi la connaissance de Sigo, le garçon du 12, et de Camwenn, la fille du 5, que nous rencontrons à l'atelier des nœuds. Nous passons la matinée du deuxième jour à apprendre à faire des collets et des pièges en leur compagnie, ce qui s'avère très utile car tous les deux semblent rodés dans cette discipline. Je m'entraîne aussi au lancer de couteaux avec le garçon du 3, Cilal, ainsi qu'au combat à l'épée, seule cette fois-ci. Je suis d'ailleurs plutôt douée, ce qui ne manque pas de surprendre Clya, la fille du 1, qui passe son temps à cet atelier. Je crois même, à un moment, réussir à lui tirer un sourire, alors que je parviens à esquiver une attaque particulièrement difficile et retorse de l'instructeur. Pendant une seconde, j'ai peur d'avoir trop montré mon agilité, mais je songe que c'était soit ça, soit je me faisais embrocher, et réussis à me convaincre que ce n'est pas grave. Je croise alors le regard de Clya et mon cœur rate un battement. Elle m'a vu, elle sait de quoi je suis capable. Elle ne dit rien, reste immobile à attendre son tour, même lorsque que l'entraîneur me félicite avec ferveur, les yeux pétillants. Ce midi-là, alors que je retourne me servir au buffet, je croise de nouveau son regard et la vois hocher la tête, comme avec respect, et je sais, à cet instant, que je n'ai pas respecté les directives de Qié.
Les Juges sont installés, dès le premier jour, sur une estrade au bout du gymnase. Ils sont une vingtaine et nous observent, heures après heures, jours après jours, nous entraîner. Chaque fois que je lève les yeux vers eux, ils sont en train de boire ou de manger. Plus d'une fois, je songe qu'il doit être bien ennuyant d'être Juge, mais je ne fais jamais part de ma réflexion ni à Rorry, ni à qui que ce soit d'autre, de peur de m'attirer leurs foudres une fois dans l'arène. Je continue donc mon entraînement, en y mettant toute la bonne volonté que je parviens à puiser dans mon cœur. Ce qui, en fin de compte, est une bonne chose, car mes instructeurs paraissent ravis. Je retourne tous les matins à l'atelier de tir à l'arc, pour la plus grande joie de l'homme rondouillard qui l'anime, et je fais des progrès qu'il qualifie de spectaculaires. Tout se passe bien, en dépit de mes craintes, et j'en oublie presque que tout ça ne mènera qu'à une chose : les Jeux de la Faim.
Le midi du troisième jour, notre table est presque aussi bruyante que celle des carrières. Nous sommes à présent sept à déjeuner ensemble : Pelan, Rorry, Helen et moi, comme le premier jour, plus Sigo, Camwenn et Cilal. Pelan ne dit rien, mais Sigo et Helen ne cessent de charrier Rorry sur sa maladresse au lancer de couteaux, ce qui ne manque pas de nous faire rire, Cilal et moi. Rorry est un garçon très calme, et c'est donc facile de se moquer de lui. Sigo, qui est plutôt du genre taquin, s'en est rapidement rendu compte, pour le plus grand malheur du garçon. Tout ça reste cependant tout à fait gentil, et Rorry le sait. Je crois que c'est pour ça qu'il ne réplique jamais rien et laisse dire, son éternel sourire aux lèvres. Je me demande à quoi il songe. Pour ma part, c'est au passage devant les Juges auquel je pense, à l'instant. Je sais que Pelan aussi, c'est pour ça qu'il ne dit rien. Cela ne m'empêche cependant pas de parler avec les autres et de rire comme si de rien n'était, comme si nous n'allions pas être ennemis d'ici trois jours.
Après le repas, on nous installe dans une petite salle contenant 24 sièges et on nous explique que nous passerons devant les Juges dans l'ordre de nos numéros de Districts. D'abord le garçon, ensuite la fille. Je regarde le garçon du District 1, un blond encore plus grand que Pelan, qui file à grand-pas vers le gymnase lorsqu'on l'appelle – Tod quelque chose, quel drôle de nom ! Je me demande ce qu'il va leur montrer. J'ai beau chercher dans mes souvenirs, je n'arrive même pas à me rappeler quels ateliers il a suivi pendant ces trois jours. Je finis par abandonner et jette un coup d'œil autour de moi. Personne ne parle, tous paraissent aussi tendus que si nous allions entrer directement dans l'arène. Même Rorry a renoncé à sourire. Je croise son regard inquiet et essaye de faire paraître le mien plus rassurant que possible, mais rien à faire, son sourire a disparu, et je sais qu'il ne réapparaîtra que lorsque l'attente sera terminée et qu'il sera passé devant les Juges. Quinze minutes passent avant que l'on appelle le nom de Clya. Je fais un rapide calcul dans ma tête. D'ici trois heures, ce sera mon tour. Trois heures. Autant dire l'éternité.
À partir de cet instant, l'attente devient horrible. Au bout d'un moment, c'est au tour de Cilal de passer. Je lui souhaite bonne chance et il me remercie, se détendant pendant une demi-seconde avant de disparaître dans le gymnase. Je croise les doigts pour qu'il les impressionne tous autant qu'ils sont. Cilal est très gentil et vraiment intelligent. Il ne savait pas se battre en entrant dans le Centre d'Entraînement, mais il a appris, encore plus vite que moi, à manier des armes. Il s'est notamment illustré au lancer de couteau, atelier où je l'ai rencontré. Il aime apprendre, je m'en suis aperçu lorsque nous étions à l'atelier, et je l'apprécie beaucoup. Je sursaute en me rendant soudain compte de la stupidité de ce que je suis en train de faire. Dans les Hunger Games, on ne se fait pas d'amis. On tue, pour ne pas être tué, c'est tout. Je frissonne, j'ai presque envie de pleurer devant l'injustice de la situation. J'aimerais que l'entraînement dure toujours et que, par conséquent nous ne soyons jamais obligé de nous entre-tuer dans l'arène. Qié m'avait prévenue, mais j'ai été assez idiote pour me lier d'amitié avec les autres tributs, et j'en viens même à espérer comme une imbécile qu'ils obtiennent une bonne note et fassent bonne impression devant les Juges.
Je suis si furieuse contre moi-même que je n'entends même pas Pelan se lever quand vient son tour. Ce n'est que lorsque les hauts-parleurs s'écrient « Élisabeth Wiseman ! » que j'émerge de mes pensées. Je me lève, sans avoir aucune idée de ce que je vais bien pouvoir montrer aux Juges, et m'avance lentement vers la porte menant au gymnase. Derrière moi, j'entends les voix de Rorry et Sigo qui me souhaitent bonne chance et je me retourne pour leur sourire, avant de passer la porte, qui se referme froidement derrière moi. Inspirant lentement pour me donner du courage, je marche vers l'estrade des Juges qui sont, bien évidemment, en train de boire et de manger. Quelques uns rient à gorge déployée, d'autres bavardent avec leurs voisins. L'un d'eux se demande à haute-voix quand est-ce que ça va bien vouloir finir, et je me fais fureur pour ne pas grimacer. Si c'est comme ça au bout d'à peine trois heures, je n'imagine même pas ce que ce sera lorsque viendra le tour de Sigo et de sa coéquipière du 12.
Je parcours du regard les ateliers présents tout en me plaçant devant les Juges. Je me présente, d'une voix qui, à ma grande surprise, paraît ferme et non tremblante comme je m'attendais à ce qu'elle le soit, et l'un des Juges m'enjoint à commencer. Je prends ma décision en un quart de seconde et m'avance donc vers l'atelier d'escalade, atelier que je n'avais pas approché durant les trois jours, tout comme me l'avait ordonné Qié. Voilà au-moins une chose que j'ai bien fait, ces derniers jours. Je grimpe jusqu'en haut du mur d'escalade avec aisance, et redescend tout aussi facilement. Je sens le regard des Juges dans mon dos, mais je les ignore. Arrivée en bas, je me tourne et, sans hésiter, comme si j'avais toujours eu ça en tête, je vais tirer quelques flèches et lancer un ou deux javelots, puis j'enchaîne quelques mouvements rapides à l'épée. Pour finir, je traverse à toute vitesse le parcours d'obstacles, celui où j'avais fait semblant pendant les trois jours de ne pas y arriver et de tomber toutes les deux minutes. Lorsque j'ai terminé, je suis en sueur et mon cœur bat comme un furieux contre mes côtes. L'un des Juges me congédie en hochant la tête d'un air qui me paraît appréciateur et je sors du gymnase pour rejoindre la salle des ascenseurs.
J'y retrouve une Romia surexcitée, qui m'annonce que Qié et Pelan sont déjà remontés à notre étage. J'ai la tête qui flotte dans les nuages, je ne sais pas si je suis heureuse, fière, terrifiée ou furieuse. Peut-être un petit peu des quatre à la fois. Heureuse d'en avoir terminé avec l'entraînement, fière d'avoir un tant soit peu impressionné les Juges, terrifiée à l'idée que le moment de pénétrer dans l'arène se rapproche si vite, furieuse devant l'injustice des Hunger Games. Je voudrais que rien de tout cela ne mène à la mort. Je voudrais que cela ne soit qu'un jeu, où lorsqu'on est touché, on perd, et c'est tout. Les perdants retournent chez eux, honteux mais bien vivants, le gagnant devient riche et on le célèbre partout dans Panem. C'est tout. Pas de morts sur la conscience, pas d'inquiétude quant à qui tuerai-je et qui me tuera. Mais c'est impossible, bien sûr. Si c'était comme ça, jamais le Capitole ne pourrait asseoir sa puissance sur les Districts. Si c'était comme ça, les Districts se seraient rebellés depuis longtemps, comme ils l'ont fait il y a 67 ans. Je me demande comment la vie aurait été s'ils n'avaient pas échoués. Je me demande si aujourd'hui nous aurions aussi peur, tous autant que nous sommes, si les rebelles avaient renversé le Capitole.
Romia me presse de mille et une questions sur mon passage devant les Juges tandis que nous attendons l'ascenseur, mais je refuse de dire quoi que ce soit. J'imagine que Qié va lui aussi m'interroger à ce propos, et je n'ai aucune envie de répéter cinquante fois la même chose. Bientôt, l'ascenseur arrive, et nous grimpons dans les étages à toutes vitesses. J'ai juste le temps de songer à Rorry et aux autres, espérant de tout mon cœur que tout se passe bien pour eux, et nous sommes déjà au septième. Nous pénétrons dans l'appartement et trouvons Qié et Pelan assis confortablement dans le salon. Comme prévu, ils me questionnent aussitôt et je leur raconte le plus fidèlement possible ma rencontre avec les Juges. Quand j'ai terminé, Qié semble satisfait, et je sens un poids quitter mes épaules. Je n'aurais peut-être pas une mauvaise note, en fin de compte, et ce malgré mon jeune âge. Je pousse un soupir soulagé et interroge Pelan. Il m'explique avec un enthousiasme non-dissimulé qu'il a tranché près de quarante mannequins à la hache avant qu'on lui dise qu'il pouvait s'en aller. J'éclate de rire sans avoir pu m'en empêcher en l'imaginant faire, et me rends compte à quel point l'atmosphère est détendue. Romia rit elle aussi, et même Qié sourit. Il nous déclare que nous avons été parfaits, et l'espoir m'étreint le cœur, pendant une seconde.
Puis je songe à Rorry. À cet heure, il est certainement en train de passer. J'aimerais espérer que tout se passe bien pour lui, mais je ne dois pas. J'ai beau avoir décidé qu'il serait mon allié, l'un de nous deux – voir même les deux – finira bien par mourir. J'imagine une seconde ce que ça me ferait s'il meurt devant mes yeux. Il ne mourra pas de ma main, c'est certain. Comme l'a si finement deviné Qié, j'en serais tout à fait incapable. Rorry est, contre toute attente, devenu mon ami, et je serais incapable de faire du mal à quelqu'un que j'aime. Même si ma vie en dépendait. Mais s'il meurt, tué par l'un des Carrières... Eh bien, j'imagine que je serais plus malheureuse que je ne l'aurais jamais été de toute ma vie. Mais je serais aussi furieuse, si furieuse que j'essayerais de tuer son meurtrier. J'essayerais de le venger, avant de mourir à mon tour. Quant à savoir si j'y parviendrai... Je n'ose même pas y songer. Je préfère me faire la promesse de venger Rorry, s'il advenait qu'il meurt. Car je pense, au fond de mon cœur, qu'il ferait la même chose pour moi.
Finalement, l'heure tourne et il est bientôt temps de dîner. Je décide d'aller me doucher pour me détendre et échapper au stress que je sens monter en moi. Car juste après le dîner, ils donneront les notes des Juges, pour chacun des tributs. Peine perdue, je tremble de tout mon corps en sortant de la douche. Je place ma main dans le séchoir magique – ce n'est sûrement pas ça, son nom, mais je trouve ça plutôt logique de l'appeler comme ça, vu ce qu'il fait – et un courant électrique me parcourt aussitôt, séchant mes cheveux en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Puis je m'habille d'une robe légère trouvée dans mon placard et retourne dans la salle à manger. J'y trouve, en plus de Romia, Qié et Pelan, nos deux stylistes qui m'attendent tous pour manger. J'ai l'estomac trop noué pour avaler quoi que ce soit, et je n'écoute pas grand chose à la discussion de mes compagnons. Pelan est tendu lui aussi, je le sens dans ses gestes et dans ses fréquents regards vers la télé éteinte.
Qié semble s'apercevoir de notre tension et réduit à néant d'un simple coup d'œil à son intention les efforts de Romia pour nous inclure dans la conversation. Je lui en suis énormément reconnaissante. Romia est adorable, mais elle est trop centrée sur elle-même pour se rendre compte de notre malaise. Enfin, ou peut-être trop tôt à mon goût, je ne sais pas, Qié déclare qu'il est temps de regarder la diffusion des notes. Nous nous installons dans l'immense canapé qui fait face à la télé et Qié allume celle-ci. Je suis coincée entre lui et Romia, et mon cœur bat si fort que j'en ai mal. Je regarde Caesar Flickerman, le fameux présentateur télé des Hunger Games, nous rappeler le principe des notes, qui vont de 1 à 12, ainsi que leur importance quant à la question des sponsors. Voilà une chose dont je ne m'étais même pas souciée, ces trois derniers jours. J'avais totalement oublié l'importance des sponsors dans les Jeux. À présent, ma tension est telle que ma gorge est horriblement serrée, et j'ai du mal à déglutir. Enfin, la longue liste des notes débute. Caesar annonce le nom du tribut et une photo apparaît à gauche de l'écran. Il donne alors la note, et celle-ci se met à tourbillonner en douceur autour de la tête du tribut, comme une promesse de sponsors, ou bien de mort certaine.
Bien entendu, les quatre tributs des Districts 1 et 2 obtiennent une note comprise entre 9 et 11. C'est le premier garçon, Tod, qui obtient la note la plus élevée. De nouveau, je me demande ce qu'il a bien pu montrer aux Juges. Je suis furieuse contre moi-même de ne pas avoir fait attention à ce qu'il faisait pendant l'entraînement. C'est, très certainement, le plus dangereux des quatre, et je n'ai aucune idée de ce qu'il sait faire. Je me suis concentrée comme une idiote sur Etrladan, alors qu'il n'était pas aussi doué que ça, obtenant « seulement » un 9. Viennent ensuite les autres. Cilal a obtenu un 7, et la fille de son district a, pour sa part, 3. Puis c'est le tour des Jumeaux, qui obtiennent 10 tous les deux. Le garçon du 5 voit un 8 danser autour de sa photo, et la fille du 6 pareil. Vient le tour de Pelan, et je retiens ma respiration en voyant apparaître son visage. Une demi-seconde d'attente interminable et un 10 se révèle à nos yeux ébahis. Romia, près de moi, pousse un cri suraiguë, et Qié se redresse d'un bond sur le canapé. Pelan semble enfin respirer mieux, et je croise son regard brillant. Je lui souris et il me rend mon sourire, l'air ravi.
- Élisabeth Wiseman !
Mon cœur s'arrête de battre et je me dévisage à la télé, retenant ma respiration. La pose que prend Caesar avant de dire la note me paraît aussi longue que l'éternité. J'ai le temps de songer à Papa, de me demander s'il me regarde, à l'instant, sur l'écran de notre petite télé, dans le salon. J'imagine son visage, les larmes me montent aux yeux. Que pense-t-il ? Est-il inquiet, malheureux, furieux contre le Capitole ? Je songe ensuite aux autres, ceux de notre District. Comme ils doivent être heureux, devant le 10 de Pelan ! Le silence est lourd autour de moi. Tout le monde a l'air de ne plus oser respirer, même Romia. J'ai peur, je n'ai pas envie de savoir, et en même temps je n'en peux plus d'attendre. Caesar ouvre la bouche, j'inspire profondément et mon cœur reprend sa place, battant si vite que tout le monde autour doit l'entendre. Alors, le présentateur aux cheveux vert vif annonce ma note.
C'est un 9 doré qui danse à présent autour de mon visage.
Alors, ça vous a plu ?
Merci pour vos reviews en tout cas, ça me fait énormément plaisir, je ne le dis jamais assez, MERCI !
A bientôt pour la suite des aventures de Lily !
