Salut tout le monde !

Désolée, j'ai mis un peu de temps à écrire ce chapitre, j'ai eu plus de mal que prévu !

En tout cas, bonne lecture ! :D


Chapitre 11

- Rorry !

Je pousse un long soupir rassuré et fusille le garçon du regard, tandis que mon cœur reprend le cours normal de ses battements. Il est là, qui me sourit largement, comme à son habitude. Son blouson est déchiré sur toute la longueur, il porte un couteau à la ceinture et un sac est posé à ses pieds. Un bleu sur sa joue est en train de gonfler, une longue coupure barre son avant-bras droit, mais à part ça, il a l'air plutôt en forme. Le dos appuyé contre un arbre, il m'observe, les yeux brillants, et j'en viens presque à croire que nous ne sommes pas dans l'arène, plutôt dans un endroit tranquille, à faire une balade comme j'en ai fait des centaines pendant toute mon enfance. Mais c'est faux, je le sais. Je dois rester sur mes gardes, et Rorry aussi. C'était une erreur de m'attarder ici aussi longtemps. Si un autre tribut m'avait débusqué avant lui... je n'ose même pas imaginer ce que je serais devenue.

- Espèce d'idiot, je lui reproche, en respirant plus librement cependant. Tu veux me faire mourir d'une crise cardiaque ou quoi ?

- Ce serait une mort bien tranquille, comparée à ce que nous réservent les carrières, soupire-t-il en s'approchant de moi.

- C'est vrai. Mais ne leur laissons pas l'occasion de nous le montrer, si tu veux bien.

- Compte sur moi là-dessus, acquiesce-t-il dans un rire bref. Tu es blessée ?

Il essuie une goûte de sang sur ma tempe et je secoue la tête :

- Rien de grave, c'est déjà cicatrisé. Et toi ? Comment tu t'es fait ça ?

Je désigne sa blessure au bras et il hausse les épaules, l'air de dire que ce n'est rien. J'insiste pourtant pour m'en occuper et il se laisse faire. Je commence par désinfecter la plaie, puis décide de la bander, histoire que ça ne s'infecte pas. Le couteau ne semble pas avoir touché le muscle, la coupure, bien que longue et irrégulière, n'est pas trop profonde ou trop large. J'en suis rassurée, surtout lorsque Rorry m'affirme qu'il ne sent rien du tout. Il ment sûrement, pour me préserver, mais je lui en suis reconnaissante. Tandis que j'entoure son bras de coton blanc, je l'interroge à propos des autres, et son visage s'assombrit alors qu'il répond à voix basse :

- Eh bien, c'était un bazar total, là-bas, je ne suis sûr de rien mais...

- Mais ? je l'encourage, tout en ayant peur de ce qui va suivre.

- Ils ont tués Helen, dit-il après avoir pris une longue inspiration. Alors qu'on courrait se réfugier dans la forêt, peu après que tu sois partie. Un couteau dans le dos. Je ne sais même pas qui l'a lancé. Elle est morte sur le coup. Ensuite, on est tombé sur ce gars du 9, Umut, et on a dû se séparer. Cilal et Sigo sont partis d'un côté, et moi de l'autre. Umut s'est lancé à leur trousses, et moi j'ai pu te retrouver.

- Et sais-tu s'ils...

- Je n'en ai pas la moindre idée, soupire-t-il tristement. On saura ça ce soir.

J'acquiesce, le ventre noué, et fais le compte dans ma tête. Helen. La fille du 11. Le gros garçon du 8. Pedra. Qui d'autres ? Je questionne Rorry, et à ces quatre-là, il ajoute Amesh du district 11, et Camwenn, du 5. Camwenn... Une larme m'échappe en apprenant la nouvelle, que j'essuie aussitôt, à moitié furieuse contre moi-même. Je revois le visage tranquille de la tribut du 5, ses cheveux châtains clairs, ses yeux bruns. Et je songe, abattue, que je ne la reverrai plus. Plus jamais. Je dois avoir la mine décomposée car Rorry attrape soudain ma main et la presse entre les siennes, comme Loki l'a fait, quelques heures auparavant. Loki... Je me demande à quoi il peut bien penser, en cet instant. Où il se trouve, avec qui, s'il me regarde. Et Qié ? Et Romia ? Penser à eux me fait soudain réaliser quelque chose et j'interroge Rorry :

- Et Pelan ? Tu as vu par où il est allé, ou non ?

- Vers l'est je crois, me répond-t-il en haussant vaguement les épaules. Il a survécu, c'est sûr.

Je pousse un soupir soulagé et mon coéquipier me sourit. Je compte sur mes doigts, trouve déjà six morts. J'imagine qu'il y en a d'autres. Des tonnes d'autres. De mes sept alliés du départ, deux ont déjà été tués. Helen et Camwenn. Qui reste-t-il ? Rorry, Sigo, Cilal, Pelan et moi. Je réfléchie une seconde. L'une des carrières est morte. Cilal l'a tuée pour me sauver. Ils ne sont donc plus que trois sur les quatre du départ. C'est même moins que nous. Et les autres ? J'essaye de trouver qui pourrait bien avoir survécu mais n'y arrive pas, et songe que je suis déjà épuisée. Ça commence bien. Nous restons encore un petit moment adossés contre les rochers rouges, puis Rorry suggère de trouver un endroit plus en hauteur pour prévenir de l'arrivée d'éventuels ennemis et nous nous remettons en route. Lui ouvre la marche, la main sur son couteau, et je le précède le plus silencieusement possible, la peur au ventre.

Quelques minutes après notre départ, des coups de canon se font soudain entendre dans toute l'arène. Ces explosions indiquent la mort d'un tribut. Le premier jour, comme il est trop compliqué de compter le nombre de tués pendant le bain de sang, les Juges attendent généralement la fin de celui-ci pour faire résonner les canons. Je compte les coups, le cœur battant un peu plus fort à chacun d'entre eux. Un. Deux. Trois. Et ainsi de suite. Jusqu'au dixième, qui sonne longtemps à mes oreilles, comme une promesse de mort et de vie à la fois. Je mets un certain temps à me rendre compte que les coups se sont arrêtés. Ensuite, je fais une liste dans ma tête, et je sais que Rorry fait de même, de son côté. Aux six que nous avions dénombrés tout à l'heure, nous pouvons à présent en ajouter quatre autres. Qui ? Nous le saurons ce soir. Ce perspective me cloue d'effroi, mais je n'en montre rien.

Nous longeons l'espèce de falaise pendant quelques minutes puis, voyant qu'elle ne semble pas prête de s'arrêter, nous décidons de grimper. L'ascension nous prend un certain temps – surtout parce que Rorry n'est pas aussi rapide que moi et que je dois sans cesse l'attendre – mais nous parvenons bientôt à une hauteur respectable et mon coéquipier déclare une pause. Nous nous installons sur une petite plateforme de deux mètres de largeur sur trois bons mètres de longueur, assez haute pour surplomber la forêt tout en permettant de surveiller les autres tributs au sol. Notre seule crainte est que quelqu'un parvienne à se glisser plus haut que nous, mais nous sommes tous les deux trop fatigués pour continuer d'avancer et décrétons que la paroi lisse au-dessus de notre tête empêchera certainement même le plus adroit des tributs de nous tomber dessus par hasard. Nous sommes loin d'être aussi naïfs, je le sais, mais l'épuisement a ses droits, lui aussi.

Rorry propose de mettre en commun nos affaires et nous étalons le contenu de nos sacs devant nous. Dans le sien, il y a une trousse de premiers soins, des lunettes de nuit, un sac de couchage qui garde la chaleur humaine, une lampe torche, un briquet, un bâtonnet de citronnelle. Et pas mal de nourriture. Nous partageons nos provisions, grignotons quelques lanières de bœuf. Le soir tombe, j'ai de plus en plus conscience de ma gorge sèche comme du papier, mais me décide à ne rien en dire. Au bout d'un moment cependant, je n'en peux plus et en fais part à Rorry. Celui-ci grimace et acquiesce, mais l'un comme l'autre nous savons qu'aujourd'hui ne nous verra pas faire autre chose que rester sur notre plateforme. Qui sait ce qu'abritent ces bois, à la nuit tombée ? Je n'ose même pas me lancer dans des suppositions, certaine que mon imagination me pétrifierait de peur. Ce qui ne serait pas très bon pour les sponsors, je le sais parfaitement.

Nous restons silencieux, et bientôt dans le ciel obscur apparaît le sceau du Capitole, accompagné par l'hymne immuable de Panem. Je me crispe et les visages commencent à défiler. La fille du 2, Pedra, tuée par Cilal pour me sauver la vie. Puis la fille du 3, celle qui avait obtenu une très mauvaise note à l'entraînement. Puis Camwenn. Ma gorge se noue à la vue de ce visage familier, mais celui-ci disparaît avant que j'ai eu le temps de me lamenter, faisant place au visage de la fille du 8. Puis le gros garçon, du 8 lui aussi. La fille du 9. Helen, du 10. Les deux du 11. Et la fille du 12. Et voilà. Je garde les yeux fixés sur le ciel sombre un long moment avant de me rendre compte que le sceau du Capitole a de nouveau disparu. Une pensée me traverse l'esprit et je baisse les yeux sur mes genoux, apeurée. Huit filles sont mortes aujourd'hui. Des tributs femelles, il ne reste plus que la fille du 1, la jumelle du 4, la fille du 6, et moi. Quant aux garçons, seuls deux d'entre eux sont morts, ils sont encore dix, en tout. Bientôt, d'ici une à deux semaines, treize personnes seront mortes. Je me demande bien qui, je me demande si j'aurais l'occasion de le savoir un jour. Peut-être que, quand on meurt, on devient spectateurs de ce qui se passe sur Terre ? J'espère que oui, mais d'un côté j'espère aussi que non. Regarder les gens vivre alors que soi-même, on a plus cette chance, ça doit être sacrément lassant, à force.

Rorry effleure soudain mon bras et je sursaute. Il me sourit et chuchote :

- Je prends le premier tour de garde, d'accord ? Dors, tu es épuisée.

- Pas plus que toi, je rétorque.

- Lily...

- Bon, bon, d'accord, je fais mine de soupirer, alors qu'en fait je suis soulagée. Mais tu me réveilles dès que tu n'en peux plus, promis ?

- Parfait, acquiesce-t-il, dans son large sourire habituel.

Il dépose un léger baiser sur mon front et je me glisse dans le sac de couchage. À peine ai-je fermé les yeux que le sommeil fond sur moi comme un rapace sur sa proie, et je sombre avant même d'avoir pu songer à quoi que ce soit. Lorsque j'ouvre de nouveau les yeux, il fait nuit noire, et je devine à peine la silhouette de Rorry près de moi. Je me demande vaguement ce qui a bien pu me réveiller, lorsqu'un étrange sifflement parvient soudain à mes oreilles. J'ai l'esprit encore trop embué par le sommeil pour arriver à définir sa provenance, même si je suis certaine de connaître ce son. C'est un bruit agaçant, pinçant, qui me donne envie de me cacher sous la couette et de prier pour qu'il s'arrête le plus vite possible. Au lieu de quoi, je me redresse et, plissant les yeux, j'interroge Rorry dans un murmure à peine audible :

- Qu'est-ce que c'est ?

- Des moustiques, répond-t-il sur le même ton. Mais je n'en suis pas sûr.

- Des moustiques ? Ils doivent être des milliers pour faire un bruit pareil.

- Oui. Pour l'instant ils ne sont pas encore sur nous, mais ça ne saurait tarder. Je me demande bien si ce sont des mutations génétiques.

- Sûrement.

Je déteste les moustiques. Ces insectes sont de véritables horreurs, qui sucent votre sang à n'importe quel moment de la journée, dans le district 7. J'ai la malchance d'y être allergique, et dès que l'un d'eux me piquent, j'en ai pour au-moins une semaine de démangeaisons. D'énormes plaques rouges apparaissent à l'endroit de la piqûre, gonflant jusqu'à devenir aussi épaisse que mes doigts, même lorsque je m'efforce de ne pas me gratter. L'enfer, en un mot. Lorsqu'une nuée traverse l'endroit où Papa et moi vivons, je dois rester cloîtrée dans la maison sans pointer ne serait-ce que le nez dehors, même s'il fait chaud. Autant dire que l'annonce que quelques milliers de moustiques ne vont pas tarder à nous tomber dessus ne m'enchante guère. Je préférerais presque combattre tous les carrières à moi toute seule. Presque.

Rorry semble se rendre compte de mon inquiétude et il m'ordonne de me cacher le plus possible dans le sac de couchage. Bientôt, seul le bout de mon nez dépasse à l'air libre, et le garçon l'enduit d'une bonne couche de citronnelle, dans l'espoir qu'elle repousse les maudits insectes. J'aime beaucoup la citronnelle. Maman en mettait partout dans la maison, quand elle était encore vivante. Mes vêtements sentaient toujours cette odeur, quand j'étais enfant. Je croise les doigts pour ne pas avoir de piqûres lorsqu'une pensée me vient soudain et je m'inquiète aussitôt :

- Mais Rorry, et toi ?

- Oh, moi, je suis habitué, me rassure-t-il. Dors Lily, ne t'occupes pas de moi.

Je m'apprête à discuter, mais le bourdonnement s'amplifiant, la peur l'emporte sur tout le reste et je me recroqueville au fond de mon sac de couchage, serrant les yeux très forts comme pour oublier tout ce qui se passe autour de moi. Je n'ai même pas conscience de me rendormir, mais lorsque je m'éveille, il fait moins sombre, et la nuée de moustiques semble avoir disparue. Je passe mon corps tout entier en revu, mentalement, découvre que je n'ai pas été piquée. Je suis si soulagée qu'un large sourire s'étale sur mes lèvres avant que j'ouvre les paupières. Rorry est penché vers moi et me sourit, mais ses yeux sont si fatigués que je me redresse aussitôt, décrétant que c'est mon tour, à présent, de monter la garde. Il ne ronchonne même pas, se roule en boule au fond du sac et s'endort avant que j'ai eu le temps de dire ouf. J'observe un moment son visage calme, écoute sa respiration régulière et légère, puis me concentre sur ma tâche première.

Je suis encore fatiguée, mais mon esprit est parfaitement alerte, même si mon corps l'est moins. J'enfile les lunettes de nuit et commence à balayer les alentours d'un regard acéré, attentive au moindre mouvement, au moindre bruit suspect. Pendant longtemps, rien ne se passe, et je me mets à rêvasser, sans m'arrêter cependant de bouger les yeux de gauche à droite, avec la régularité et la minutie d'un tic-tac d'horloge. Je songe à Papa, à Qié et Romia, à Pelan, à mes alliés encore en vie. Où sont-ils, en ce moment ? Personne n'est mort, cette nuit. À moins que j'ai eu le sommeil assez lourd pour rater un coup de canon, ce dont je doute fortement. Et puis, Rorry m'aurait réveillée. Je croise les doigts le plus fort possible pour qu'ils aillent bien, tous autant qu'ils sont. Sigo et Cilal sont ensemble, j'espère qu'ils ont réussi à semer le garçon qui les poursuivait. Je m'inquiète un moment pour eux, espère de toutes mes forces qu'ils parviennent à le tuer et qu'ils restent tous les deux en vie. Et puis je me rends compte de l'atrocité de ce que je suis en train de penser et les larmes me montent aux yeux. Je ne pensais pas qu'un jour je souhaiterais la mort de quelqu'un. Mais après tout, tout le monde change, dans l'arène. J'essaye de me convaincre que ce ne sera pas mon cas. Que je resterai Lily, que je ne tuerais personne. Et ça marche, car au bout d'un moment, je songe avec tristesse que je voudrais que plus personne ne meurt.

Ce qui est parfaitement impossible, j'en ai conscience.

Au moment même où cette pensée naïve traverse mon esprit, un mouvement sur le sol, à ma droite, capte mon attention. Des craquements de feuilles, des bruits de pas – assez peu discrets, je dois dire – des branches qui bougent, quelqu'un qui éternue. Ils sont au-moins quatre ou cinq pour faire autant de bruit. Je me fige, horrifiée. Les carrières. Des voix parviennent à mes oreilles, de voix râleuses et rauques. Je reconnais sans peine celle du garçon du 1, Tod. Ils se rapprochent. Mon esprit carbure à tout allure pour décider ce que je dois faire. De là où ils sont, nous sommes invisibles, ils ne peuvent pas nous voir. Mais qu'adviendra-t-il s'ils décident d'escalader ? Je n'ose même pas y songer. Il faut que je fasse quelque chose. Quoi ? Je tourne les yeux vers Rorry. Il dort toujours à poings fermés. Si je le réveille, il lui faudra du temps avant de reprendre parfaitement ses esprits, et nous ne pourrons pas fuir au moment venu, j'en suis presque certaine. Et quand bien même, par où pourrions nous nous échapper ? Je suis capable de grimper vite, mais pas Rorry, je le sais. Et je suis sûre que les carrières ont un arc, ou même un épieu ou une lance, et qu'ils pourraient nous transpercer sans problème, malgré la hauteur. Alors quoi ?

Le groupe de tributs est tout proche, à présent. Je les entends parler à voix basse, mais je suis tellement crispée par la peur que je comprends pas un mot de ce qu'ils racontent. Je m'ordonne de réfléchir, mais je n'y arrive pas. Je plisse les yeux derrière mes lunettes et rampe sans bruits jusqu'au bord de notre plateforme. Ils sont là. Sept mètres plus bas, éclairés par des lampes torches et armés jusqu'aux dents. Je reconnais Tod et Clya, du 1, ainsi que Etrladan du 2. Les deux autres me surprennent. Il y a le garçon du 5, dont j'ai oublié le nom, et la fille du 6, Tahlià. Je me demande bien comment ils ont pu faire alliance avec les carrières, mais je songe fermement que ce n'est vraiment pas le moment de s'interroger là-dessus. Au même moment, la voix de Tod s'élève au-dessus des autres et je l'entends s'exclamer :

- Bon, ça fait deux heures qu'on longe cette falaise de malheur, et toujours pas de passage ! Vous me croyez maintenant, quand je dis qu'il faut escalader ?

Je serre les poings si fort que mes jointures en blanchissent. C'est ce que je craignais. Que faire, que faire ? Je m'affole une seconde, songe même à réveiller Rorry. Puis la raison me revient et, d'un coup je sais ce qu'il me faut faire. Détourner leur attention de la falaise, les éloigner le plus vite possible de mon coéquipier endormi. Une seule solution. Faire semblant de prendre la fuite, et les semer. Vais-je réussir ? Rien n'est moins sûr. Mais je dois essayer. Pour sauver Rorry. Il est épuisé, jamais nous ne pourrons fuir ensemble, j'en ai parfaitement conscience. Mais je dois le prévenir. Lui assurer que je vais revenir, que je ne l'ai pas abandonné. Vais-je revenir ? J'écarte cette pensée et prends le temps de fouiller dans le sac du garçon, à la recherche du bâton de citronnelle. Je le débouche, l'odeur sucrée envahit l'air et me redonne courage. J'écris la première chose qui me passe par la tête puis attrape mon sac et me redresse en silence.

Les carrières se disputent toujours à voix basse, je profite qu'ils soient distraits pour grimper des quelques mètres avant de bifurquer vers la gauche. J'avance d'une centaine de pas le long d'une minuscule corniche, plissant les yeux pour voir dans la faible lueur de l'aube. Les arbres me griffent le dos et la nuque mais je n'y fais pas attention. Lorsque j'estime m'être assez éloignée pour qu'ils ne soupçonnent pas la présence de Rorry, je me retourne et, inspirant longuement pour me donner du courage, j'attrape une branche assez proche de moi et la secoue de toutes mes forces. Des craquements retentissent de toutes parts, et j'entends aussitôt les carrières s'interpeller d'une voix excitée. Essoufflée, je jette un coup d'œil dans leur direction. Mes yeux croisent ceux gris et féroces d'Etrladan, nous nous dévisageons une seconde et je m'enfuis alors sans demander mon reste, les carrières sur mes talons.


Alors, qu'en dites-vous ?

Il ne se passe pas grand chose, dans ce chapitre, le prochain sera plus mouvementé ! ^^ Il devrait arriver dans le courant de cette semaine, je pense ! :D

J'espère que ça vous a plu !

Est-ce que, comme Lily (et moi !) vous aussi vous détestez les moustiques ? J'ai toujours trouvé qu'on parlait très peu d'eux, dans tous les romans d'aventure que j'ai lu, alors que ce sont vraiment des horreurs ! Du coup, j'ai pensé à des moustiques génétiquement modifiés... Reste à savoir ce qu'ils font ! ;D

A bientôt pour la suite des aventures de la p'tite Lily ! ^^