Merci beaucoup pour tous les bons commentaires! Ça me rassure quant à mon écriture!
Voilà le deuxième chapitre de cette saga. J'aime à croire que, si Beelzebub avait été un yaoi, il aurait pu ressembler à cela, mais étant beaucoup trop modeste pour oser me mettre au même niveau que ceux qui ont produit cet anime, je ne prétendrai pas avoir le même talent. J'ai encore beaucoup à apprendre, alors voilà... (Tiens, c'est un peu sérieux comme réflexion, nan?)
Enfin, tout cela pour dire que j'espère que vous allez aimer ce chapitre plus long que le premier et la petite surprise que je vous ai laissé à la fin!
Bonne lecture!
Furuichi se dirigea alors vers la maison d'Oga, avec ce dernier à ses côtés. S'il n'avait pas su que son ami était totalement incapable de mentir, il ne l'aurait pas cru amnésique, et ce, pour plusieurs raisons. Premièrement, il s'était souvenu de son nom, ce qui l'intriguait grandement. Il ne se rappelait même pas son propre nom et avait pourtant sorti le sien sans un seul instant de réflexion. Il fut forcé de conclure qu'il avait laissé une trace indélébile dans l'esprit du délinquant, sans se décider à savoir si c'était une bonne ou une mauvaise chose.
Deuxièmement, il ne semblait pas troublé outre mesure par son état. Cette objection ne fit pas long feu dans son esprit, toutefois, puisqu'il savait bien que son ami ne savait même pas ce que le mot « inquiétude » – ou « réflexion », tant qu'à faire – signifiait.
La dernière interrogation qu'il eut fut qu'il ne semblait pas curieux. Qu'il ne s'inquiète pas, soit, c'était normal pour lui, mais qu'il ne pose pas une seule question sur sa vie ou son entourage lui semblait un peu étrange. Il ne réfléchissait donc pas au point de ne pas se demander qui il était?
Notre protagoniste, à ce moment-là, se moquait bien de savoir qui il était. De fait, il ne se souciait d'à peu près rien sauf son ami qui marchait à ses côtés. Il détailla son apparence encore une fois et sentit à nouveau une drôle de sensation dans sa poitrine. Cette fois-ci, il se demanda pendant une grosse seconde ce qu'il ressentait, avant de laisser tout cela de côté avec son habituelle insouciance. Il oublia de sitôt son interrogation et eut de nouveau la tête vide de toute pensée, comme cela lui arrivait peut-être un peu trop souvent.
C'est dans un silence relativement inconfortable qu'ils atteignirent finalement leur destination. Celui qui n'avait pas perdu la mémoire pointa une maison du doigt et apprit à l'amnésique qu'il s'agissait de la sienne. Furuichi s'apprêtait à lui dire à demain et à s'en aller lorsque son camarade lui empoigna à nouveau le bras et le força à le suivre jusque devant la porte.
Il ronchonna et se débattit du mieux qu'il le pouvait, mais Oga se contenta de renforcer son emprise sans rien ajouter. Furuichi leva les yeux au ciel mais décida finalement de se laisser faire, ne pouvant bien sûr pas lutter contre lui, sur le plan physique à tout le moins. C'est ainsi que notre brute favorite posa le doigt sur la sonnette. Son compagnon avait alors déjà abandonné tout espoir de le voir agir de façon normale, aussi se contenta-t-il de soupirer devant ce geste relativement stupide. Depuis quand sonnait-on à la porte de sa propre demeure?
La personne qui lui ouvrit fut Misaki, sa grande sœur, encore plus effrayante que son petit frère. Ce dernier lui demanda, sans aucun préambule et avec toujours le même sourire sur le visage :
- T'es qui?
Ce qui lui valut un coup de poing en pleine figure et une réplique cinglante :
- Depuis quand on demande à sa grande sœur qui elle est?
Oga, qui avait volé non loin de là et avait lâché par le fait même la main de son meilleur ami, se releva en ajoutant :
- Aïe, ça fait mal, imbécile!
Ce à quoi Furuichi ne put s'empêcher d'enfouir une nouvelle fois son visage dans sa paume avec un air dégouté. Il commençait à se fatiguer de la stupidité de son ami et tenta de profiter de la diversion qu'avait causée la jeune femme pour s'enfuir. Il fut toutefois surpris par Oga, qui lui fit un sourire menaçant et lui demanda :
- Où tu t'en vas comme ça?
- Nulle part, qu'il répondit en s'arrêtant immédiatement et en secouant les mains devant lui en un geste qui se voulait pacifique. Il se tourna alors vers la jeune adulte et lui expliqua, tout en pointant son ami du pouce : Misaki-san, c'est peut-être dur à croire, mais il a perdu la mémoire.
- Hah? Fut tout ce qui sortit de la bouche de la fille, qui affichait maintenant une mine à la fois surprise et dubitative.
Un silence inconfortable s'installa entre les trois personnes présentes. Le seul à ne pas faire partie de la famille Oga voulut s'enfuir à nouveau, mais, redoutant le coup de poing qu'il recevrait certainement s'il tentait quoi que ce soit, il resta sur place avec appréhension.
C'est alors que Misaki éclata de rire et commença à bafouiller au travers de ses gloussements :
- Elle est bonne... Tatsumi, amnésique?
Elle s'approcha du garçon aux yeux gris et lui frappa alors l'épaule à répétition dans un geste loin d'être féminin tout en ajoutant :
- Tu es drôle, toi!
Sidérée, la victime de l'incrédulité de Misaki se contenta de la regarder en abandonnant pour de bon tout espoir envers cette famille trop anormale à son gout. Il songea encore à quel point la jeune femme était effrayante, peut-être même plus que son frère, d'une certaine façon. Il essaya quand même de la persuader en ajoutant encore :
- Mais c'est vrai, il a vraiment perdu la mémoire!
C'est alors que la fondatrice des Red Tails arrêta de lui tapoter l'épaule et de rire. C'est ce moment que choisit Oga pour passer devant eux et entrer sans façon dans sa propre maison. D'abord trop surprises pour réagir, les deux personnes restèrent dans la même position pendant un moment. Le premier à sortir de sa torpeur rentra à son tour et s'écria :
- Oga, tu fais quoi?
Ce dernier se retourna et lui répondit d'un ton désinvolte :
- Je rentre chez moi.
Il se mit alors à détailler sa propre maison sans grand intérêt. Il abandonna son entreprise au bout de quelques secondes, moment auquel sa grande sœur entra à son tour. Elle poussa Furuichi sans ménagement et s'approcha de son frangin. Elle lui demanda alors, avec son air menaçant :
- Tu as vraiment perdu la mémoire, ou c'est seulement une farce idiote?
Ce à quoi notre protagoniste sourit stupidement et répondit :
- Je m'en souviens pas.
Cela lui valut évidemment un autre coup en pleine figure. Le grand tacticien qu'était Furuichi – à ses heures, bien entendu – se contenta encore une fois de soupirer devant la situation. Lui qui avait prévu de draguer des filles jusqu'à plus soif était maintenant dans une situation stupide avec des gens stupides qui agissaient stupidement. Il se sentait comme la seule personne saine d'esprit des environs.
Ses réflexions furent interrompues par l'entrée en scène des parents Oga, alias Père et Mère. C'est la mère qui demanda en premier lieu :
- Misaki, qu'est-ce qui se passe?
L'interpelée pointa son frère du pouce avec un air ennuyé et déclara :
- Il semblerait qu'il soit amnésique.
- Ah ra ra, vraiment? Fut sa réponse, et elle posa sa main devant sa bouche en un geste se voulant surpris.
Furuichi voulut crier de désespoir face à cette famille complètement déjantée mais se retint de justesse, jugeant qu'après tout, il avait vraiment envie de vivre.
Le père Oga intervint :
- Tatsumi, si tu veux, je peux t'aider à te rappeler...
Sa suggestion se perdit alors que son propre fils l'interrompit, sans l'avoir écouté outre mesure :
- Bon, où est ma chambre? J'ai envie de dormir, là.
Son père se sentit rejeté et se contenta de déprimer seul dans son coin pendant que personne ne se souciait de lui, pas même sa femme. Ce fut cette dernière d'ailleurs qui répondit à leur fils :
- C'est en haut des escaliers, première porte à droite.
- Sankyuu (Note de l'auteur : « merci » en anglojaponais), lui répondit-il en se dirigeant vers lesdits escaliers.
Sur le chemin, il prit son ami par le poignet et le traina de force avec lui. Le lycéen aux cheveux pâles se débattit fermement, argüant qu'il voulait rentrer chez lui, mais ses plaintes tombèrent dans l'oreille d'un sourd. La famille Oga se contenta de les observer sans esquisser un seul geste pour aider la victime. Ce dernier maudit sa malchance tout en se laissant finalement entrainer de force encore une fois.
Ils entrèrent ainsi dans la chambre plus que banale de l'adolescent et l'opprimé demanda à ce que son tortionnaire le lâche enfin. Ce dernier s'exécuta sans faire de façon et s'assit par terre à côté du lit, invitant dans un geste sans équivoque son ami à faire de même. Avec son millième soupir de la journée – il ne les avait pas comptés, mais était convaincu d'avoir dépassé le cap des milliers –, il fit ce qu'on lui ordonnait et se retrouva à ses côtés.
Trop occupé à ruminer sa propre misère, Furuichi ne se rendit pas compte de la proximité soudaine d'Oga. Il ne remarqua que trop tard que ce dernier était maintenant face à lui et beaucoup trop près à son gout. Il voulut protester, mais à peine eut-il le temps d'ouvrir la bouche qu'elle fut aussitôt assaillie par celle de son ami. Trop surpris pour envisager une quelconque réaction, il se laissa embrasser pendant un certain temps.
Ce n'est qu'au bout d'à peu près une minute qu'il réalisa enfin ce qui se passait et qu'il repoussa l'adolescent aux yeux noirs de toutes ses forces. Confus et rougissant d'embarras, il réussit de peine et de misère à libérer sa bouche de l'emprise de l'autre garçon et à le regarder avec un air abruti. Oga se contenta de lui sourire et se pencha à nouveau sur lui. Furuichi se débattit alors de toutes ses forces mais se refusa à crier, étant beaucoup trop embarrassé par la situation pour vouloir que quelqu'un les surprenne.
Sa résistance était futile, il le savait bien, et c'est ainsi qu'il se retrouva à nouveau à la merci de son agresseur qui en profita pour poser ses mains dans son dos et le rapprocher de lui. Il se surprit à gémir doucement et à apprécier sincèrement le baiser qu'ils échangeaient. Il arrêta alors de réfléchir, contrairement à son habitude, et passa les bras autour du cou de son assaillant tout en lui enfonçant la langue dans la bouche.
Oga, comme à son habitude, avait agi sans réfléchir, et c'est toujours sans penser à ce qu'il faisait qu'il accueillit la langue étrangère avec la sienne. Au bout d'un moment, sentant le besoin somme toute essentiel de respirer, il éloigna son visage de celui de sa proie et le regarda un moment. Ce dernier haletait et rougissait de plus belle. C'est alors qu'Oga demanda, avec son insensibilité légendaire :
- Furuichi, est-ce que t'es gay?
Celui-ci, prit soudainement d'une colère sans limites, rassembla toutes ses forces et lança un coup de poing bien senti à la figure du garçon aux cheveux marron, ce qui lui permit de se lever, de crier : « Stupide Oga! » et de s'enfuir le plus rapidement possible. Il fit claquer d'abord la porte de la chambre, puis celle de la maison lorsqu'il s'enfonça dans les ténèbres à la course. Ce n'est qu'au bout de cinq minutes qu'il ralentit le pas. Il savait bien que ses battements de cœur accélérés n'étaient pas causés que par son essoufflement et il maudit son seul ami qui lui avait volé son premier baiser. Les joues toujours en feu, il lança son poing contre un mur et se jura de prendre sa revanche.
Oga, de son côté, se contenta de se relever, de se faire la réflexion qu'il avait reçu beaucoup de coups dans la journée et de hausser les épaules avec désinvolture.
