Merci pour les bons commentaires!
Troisième chapitre, aussi déjanté que les autres! J'aime trop écrire Oga et Furuichi comme ça, ça change tellement de mon autre histoire!
Sur une autre note, j'ai une mauvaise nouvelle à vous apprendre : le prochain chapitre risque d'arriver un peu en retard. J'en suis sincèrement désolé, mais voilà, d'habitude j'écris à l'avance, mais là, j'ai rattrapé ce que j'avais déjà écrit. Je n'ai aucune idée du moment où je pourrai le publier, alors n'attendez pas de mes nouvelles avant plusieurs jours, si ce n'est une semaine. Je vais faire mon possible, mais je viens de commencer l'université (même si je n'ai pas encore de travaux ou de lecture en tant que telle), ce qui veut dire que j'ai moins de temps. Je m'en excuse sincèrement, mais sachez que je n'ai pas abandonné cette histoire, bien au contraire!
Alors, bonne lecture!
Le lendemain matin, Furuichi, sachant très bien que ce qu'il faisait équivalait à un suicide mais ne pouvant s'en empêcher, se dirigea vers la maison d'Oga en maudissant leur amitié qui voulait qu'il l'aide. Il n'avait toujours pas laissé tomber son projet de vengeance, mais pour l'heure, il voulait être certain qu'il ne ferait pas quelque chose de stupide – quoiqu'il se savait bien incapable de l'en empêcher – et qu'il irait bel et bien à l'école.
Lorsqu'il arriva à destination, aux alentours de sept heures trente, il sonna et fut ouvert par Mère Oga, qui le fit entrer avec un air affable. Il expliqua alors qu'il voulait montrer le chemin de l'école à son ami, ce à quoi elle répondit : « Oh, quelle gentillesse! », tout en posant sa main sur sa propre joue en un geste qui se voulait admiratif. Furuichi, à ce moment, se surprit à la trouver pratiquement normale. Elle ajouta que, malheureusement, son idiot de fils n'était pas encore réveillé. Avec une mine à la fois incrédule et désabusée, il l'assura que ce n'était pas grave et qu'il irait le réveiller lui-même. Encore une fois, elle le félicita pour son amabilité, ce à quoi il répondit que ce n'était vraiment rien en se grattant le derrière de la tête par gêne.
Il monta alors les escaliers et entra dans la chambre de son ami sans cogner. Il le trouva effectivement endormi, dans une position impossible, la couverture en boule par terre. Couché sur le ventre, la tête tournée sur le côté, un bras caché sous son torse et les deux jambes ramenées vers l'avant comme s'il s'était couché après s'être agenouillé; tout cela fit sourire le seul éveillé dans la pièce. Après avoir ri pendant un bon moment, il essuya les larmes qui menaçaient de couler et se fit la réflexion que, s'il y avait bien une chose de positive chez son ami, c'est qu'il arrivait à le faire rire facilement. Il s'approcha alors du lit et posa une main sur son épaule, tout en appelant son nom. Il n'eut aucune réaction, aussi se fit-il plus insistant et ajouta :
- Oga, c'est l'heure de te lever!
Celui-ci grogna et ouvrit finalement les yeux. Ce qui suivit arriva si rapidement que Furuichi n'eut pas le temps de réaliser ce qui se passait, et encore moins de réagir. Oga s'assit d'un coup, le prit par la taille et le ramena contre lui comme s'il ne pesait rien. Puis, il se recoucha dans le lit sans lâcher prise et enroula ses bras et ses jambes autour de lui. À moitié sur lui et le serrant comme un ours en peluche, il referma les yeux et se rendormit presque aussitôt.
Lorsque Furuichi se rendit compte de la situation dans laquelle il était, il commença par rougir violemment. Il essaya ensuite de se libérer tout en sommant son geôlier de se réveiller. Il n'eut encore une fois qu'un grognement comme réponse et commença à se dire que le destin avait vraiment une dent contre lui.
Malheureusement pour lui, il n'était pas au bout de ses peines. En effet, Misaki entra alors sans cogner, manquant détruire la porte, et s'écria :
- Tatsumi, espèce de fainéant, lève-toi! Tu vas arriver en retard à l'école!
Furuichi aurait voulu se cacher dans un trou et ne jamais en sortir. Il se sentit encore plus humilié quand la réaction qu'eut la jeune femme lorsqu'elle les repéra fut de s'excuser de les avoir dérangés et de refermer la porte. Il réalisa avec horreur qu'elle devait se faire des idées sur leur relation et se débattit avec encore plus de force.
Finalement, il réussit à se défaire de son étreinte et se releva. Oga choisit ce moment pour enfin se réveiller. Il se frotta les yeux, bâilla à pleine bouche sans placer sa main devant et dit alors :
- Ah, Furuichi, t'es là?
Cette question plongea l'adolescent abusé dans une colère sans fond. Il feula à la manière d'un chat traqué et se fâcha d'une façon assez comique mais peu convaincante : il se mit effectivement à sauter sur place et à maudire Oga à voix haute. Ce dernier partit à rire et ajouta :
- T'es marrant!
Ne trouvant pas la situation drôle outre mesure, le lycéen aux yeux gris reprit son sang-froid de peine et de misère et se contenta de répliquer :
- Oga, viens, on va à l'école.
Il décida de faire comme si ce qui venait de se passer n'était jamais arrivé. C'était beaucoup trop frustrant et trop gênant pour qu'il ose y penser.
Oga commença alors à se changer devant l'air ahuri de Furuichi. N'avait-il donc aucune pudeur? Il retira son pyjama et enfila son uniforme alors que l'autre garçon dans la pièce essayait du mieux qu'il pouvait de ne pas le regarder. Ce dernier se surprit toutefois à poser de nouveau ses yeux sur lui dès qu'il les avait détournés, comme si un aimant les attirait. Il secoua finalement la tête et décida de ne pas réfléchir à la raison pour laquelle il tenait tant à voir le corps de son ami.
Oga, n'ayant rien remarqué comme à son habitude, se contenta d'ouvrir la porte lorsqu'il fut prêt et de descendre les escaliers. Misaki se tenait dans l'entrée, prête à partir. Elle se retourna vers les deux adolescents et dit, avec une pointe de malice dans la voix :
- Vous auriez pu me dire que vous aviez ce genre de relation! J'ai rien contre, vous savez.
Furuichi rougit et tenta du mieux qu'il pouvait de nier tout. Oga, avec son air habituel, demanda quant à lui :
- Quelle relation?
- Vous sortez ensemble, non?
Furuichi tenta encore une fois de nier et enjoignit son ami à faire de même, ce à quoi il se contenta de répondre :
- Bah, on s'est déjà embrassé...
Le visage de Furuichi se défit en une expression de pure horreur lorsque Misaki pouffa et ajouta :
- Je m'en doutais. C'était tellement évident.
- Vraiment? Se contenta de demander Oga, pour une fois réellement curieux sur son passé.
Il se tourna alors vers son ami et lui demanda :
- On sortait ensemble avant?
Notre protagoniste venait enfin de comprendre la raison de la sensation qui le prenait parfois au cœur : il sortait avec lui et n'avait pas pu l'oublier, malgré sa perte de mémoire. Tout avait un sens, tout d'un coup, c'est pourquoi il ne songea pas outre mesure à remettre en question cette déduction malgré les réactions de Furuichi, qui par ailleurs se contredisaient. Une fois qu'il avait déduit quelque chose, il était du genre à ne pas se laisser convaincre par des réfutations, furent-elles fondées, et à trouver des explications farfelues à celles-ci pour ne pas voir la vérité.
« Ma vie est fichue, » se contenta de penser Furuichi, qui aimait d'abord et avant tout les filles, ou du moins le croyait-il. Sa tête était complètement vide, son esprit était prêt à quitter son corps d'une seconde à l'autre. Alors, quand son petit ami – eh, mais non! – le pris par la main et lui dit : « Allons-y, Takayuki! », il ne réagit pas tout de suite à son nom et se contenta de se laisser trainer jusqu'au dehors. Ce n'est que lorsqu'il se retrouva à l'extérieur qu'il réalisa qu'il venait de se faire appeler par son prénom, ce qui le fit rougir sans qu'il n'en comprenne la raison.
Il se fâcha alors de nouveau contre celui qui était la source de ses problèmes. Il commença à le frapper sur son torse sans lui faire grand damage et lui cria :
- Je te déteste, Oga!
- Appelle-moi Tatsumi. On sort ensemble, après tout, non?
Sur ce, le délinquant se pencha sur son camarade et déposa un court baiser sur sa bouche, avant de se retourner et de lui lancer :
- Takayuki, si tu viens pas tout de suite, je te laisse derrière!
Lorsque Furuichi reprit ses esprits, c'est avec énervement qu'il lui cria :
- Tu vas dans la mauvaise direction!
- Oups, lui répondit-il en se retournant, son habituel sourire sur le visage.
Quand Oga revint vers lui, le garçon au teint pâle lui dit alors, avec toute la hargne qu'il avait pu accumuler :
- Appelle-moi pas Takayuki! Et embrasse-moi pas comme ça!
- Mais les couples font tous ce genre de choses!
Furuichi ne crut pas bon – même s'il aurait peut-être dû – se demander comment Oga pouvait être au courant de cela s'il était amnésique. Il ne se demanda pas non plus ce que « ce genre de choses » voulait exactement dire, ni ce que ça impliquait. Il était tellement en colère qu'il ne réfléchissait plus. Il s'écria :
- On sort pas ensemble! J'aime les filles, merde!
Oga pouffa alors de rire devant l'air ahuri de Furuichi. Ce dernier crut qu'il était devenu fou, avant qu'il n'ajoute finalement, au travers de ses rires :
- T'es complètement gay, c'est évident!
Il rougit d'embarras et tenta, vainement, de contredire son ami, qui retrouva son sérieux – enfin, si tel est qu'il pouvait être sérieux – et lui demanda le chemin. C'est avec l'impression qu'il portait le monde entier sur ses épaules que Furuichi guida finalement son propre fléau vers leur école.
