Désolé pour l'attente et merci pour les bons commentaires!
Voilà, ça devient vraiment un UA. Nos chers protagonistes vont rencontrer les membres du Tohoshinki dans le même ordre que dans l'animé, mais dans des circonstances différentes. Donc, voici le tour de Kanzaki!
Ce chapitre ne contient pas vraiment de Boy's Love, mais il était nécessaire, vous comprendrez pourquoi à la fin. Et puis, bon, il y a aussi que j'aime trop Kanzaki pour ne pas le faire apparaitre même s'il n'est pas très utile au final...
Bonne lecture!
Furuichi se rendit compte rapidement qu'il n'était pas au bout de ses peines. Il avait pensé, naïvement, qu'Oga avait déjà accompli l'équivalent d'un an de catastrophes en l'espace de moins d'une heure et que, par conséquent, le reste de la journée devrait se dérouler sans encombre. Cela ne lui prit pas beaucoup de temps avant de réaliser qu'il avait tort.
Pourtant, tout avait bien commencé. Ils avaient marché en silence jusqu'à l'école et Oga avait arrêté de le harceler sexuellement. Il s'était vraiment contenté de marcher à ses côtés, à une distance raisonnable, sans tenter le moindre mouvement vers lui ou la moindre parole. Furuichi se demanda un moment ce à quoi son meilleur ami pouvait penser, avant de conclure qu'il ne devait pas penser du tout.
De fait, notre valeureux héros – si tant est qu'on puisse le décrire comme un héros, valeureux qui plus est – avait la tête vide. Il savait bien que de trop réfléchir ne sert jamais à rien et qu'il vaut mieux agir selon l'instinct du moment. Et, puisque rien ne nécessitait l'usage de cette aptitude, il se laissait porter par ses pas.
Les deux adolescents arrivèrent enfin face à leur lycée. L'inscription « Lycée Ishiyama », avec ses nombreux graffitis, plut tout de suite à l'amnésique. Lorsqu'il y entra et constata la dégradation des lieux, il reconnut une ambiance qu'il apprécia immédiatement. Il se sentait à sa place. Il se dit alors que c'était vraiment son école et se mit à sourire de son rictus malveillant.
L'autre lycéen, se sentant encore une fois de trop dans cette école, surveillait son ami avec une pointe d'inquiétude. Il reconnaissait bien son expression qui signifiait trop souvent qu'il s'apprêtait à se battre. Il souhaita alors de toutes ses forces qu'ils ne tomberaient pas sur un délinquant trop influent, comme l'un des membres du Tohoshinki, par exemple Kanzaki qui justement tournait le coin...
La bouche de Furuichi s'ouvrit grand et il s'arrêta de marcher complètement. Mais pourquoi le destin s'acharnait-il sur lui? Pourquoi fallait-il que la première personne qu'ils rencontrent soit justement un délinquant beaucoup trop respecté et prompt à donner des coups? Derrière lui le suivaient comme à leur habitude Shiroyama, la brute qui, par un excès de zèle ou un manque de confiance en soi, manifestait une fidélité non méritée à son chef et Natsume, le tacticien rivalisant avec Furuichi – et le battant à plate couture – qui souriait comme à son habitude. Le trio avançait à une vitesse raisonnable et le seul conscient de leur prochaine collision se demandait bien ce que des terminales venaient foutre dans le département des secondes.
Il se trouve que, comme à son habitude, le chef du gang le plus connu avait à nouveau besoin de son fameux yogourt, sans quoi il ne passerait pas la journée. Il avait pensé envoyer son larbin à sa place, mais comme on n'est jamais mieux servi que par soi-même, il avait décidé d'y aller lui aussi. Natsume à ses côtés lui demanda ce qu'il comptait faire en venant ici provoquer les secondes, ce à quoi il répondit avec toute la désinvolture du monde que sa boisson favorite n'était plus disponible qu'en ce lieu. Le garçon aux cheveux longs soupira légèrement mais décida que cette aventure pourrait s'avérer intéressante. Il ne savait pas à quel point il avait raison.
Soudain, le regard de Kanzaki et celui d'Oga se croisèrent. Les deux s'arrêtèrent par un instinct animal. Ils avaient senti une puissance physique dans l'autre et, comme des prédateurs, sentaient la nécessité de défendre leur territoire respectif. Notre cher protagoniste fit confiance à son flair et, sans aucun préambule, lança son poing en direction du terminal. Celui-ci ne bougea pas d'un poil. Il n'en ressentit aucune nécessité puisque Shiroyama arrêta le coup avec sa main.
Le délinquant le plus jeune laissa retomber son poing et se mit à rire en s'écriant :
- Oh mais t'es fort toi! C'est quoi ton nom?
Furuichi, resté bien à l'arrière pour se protéger, redoutait plus que tout la réaction des jeunes adultes. Il savait que son ami avait tendance à exaspérer les autres – lui le premier – alors il redoutait qu'ils n'en viennent trop facilement aux poings. Quoique, songea-t-il avec amertume, cela était déjà le cas.
Shiroyama, abasourdi, se contenta de répliquer :
- Tu nous reconnais pas?
- On se connait?
Natsume se mit alors à rire et ajouta :
- Mais tout le monde connait Kanzaki!
Ce à quoi notre délinquant préféré rétorqua, tout en pointant le subalterne du doigt :
- Alors c'est toi, Kanzaki?
Un fusible sauta dans la tête du chef aux cheveux orange. Qu'on ne le reconnaisse pas du premier coup d'œil était déjà une offense, mais qu'on prenne son larbin pour lui-même, ça en était trop. Shiroyama sentit tout de suite la colère de son presque dieu et se mit en dehors de son chemin, ne sachant que trop bien ce dont il était capable. Natsume, quant à lui, sourit face à la déconfiture qu'essuierait surement ce lycéen un peu trop ignorant pour son propre bien.
Le seul adolescent non délinquant de l'endroit aurait voulu intervenir pour spécifier qu'Oga était amnésique, parce que lui-même était trop imbécile pour y penser, mais il ne s'en sentait pas le courage. En fait, il ne s'en sentait pas l'envie non plus. Encore une fois, il était plongé dans une situation stupide et il se fit la réflexion que son meilleur ami avait vraiment le don de l'entrainer avec lui dans des situations non souhaitées. Enfin, il songea avec ennui que, même si l'adolescent en question n'était pas amnésique, il ne saurait probablement pas qui étaient les personnes devant lui, ce qui le plongea encore une fois dans un état de désabusement total face à la personne qu'il jugeait comme étant le plus aberrant au monde.
Ce qui arriva donc surprit toutes les personnes sauf le principal intéressé et son meilleur ami. En effet, notre Ogre que nous aimons tant arrêta le coup de pied légendaire de son assaillant seulement en croisant les bras devant lui. Ses yeux s'étaient rétrécis en petites fentes et son sourire était devenu plus large encore. Devant l'air incrédule et de son attaquant, et de ses deux amis, il se défit facilement de son pied en ouvrant simplement les bras et ajouta :
- Toi aussi, je t'aime bien!
- Hah? Fut la réaction plus ou moins synchronisée des trois jeunes adultes dont toutes les convictions venaient d'être reléguées aux oubliettes par ce monstre dont la force dépassait tout entendement.
Furuichi se décida alors à intervenir pour éviter un bain de sang. Il lança, avec une voix incertaine :
- Euh, Kanzaki-sempai, Oga a perdu la mémoire, c'est pourquoi il vous a oublié, he he he...
Il se maudit intérieurement de signifier sa présence alors que n'importe quel humain censé serait partit en courant. Et puis, d'abord, pourquoi diable était-ce à lui de dire ce genre de choses? Pourquoi était-il celui qui en pâtissait alors qu'il n'était même pas celui qui avait perdu la mémoire?
Natsume sourit de compréhension et ajouta :
- Ah, c'est donc toi, « Mad dog Oga »! On dit que tu essaies de déloger le Tohoshinki... Est-ce que c'est vrai?
- Mais non, évidemment, jamais il ne ferait une telle chose, ajouta le lycéen aux cheveux gris sans que personne ne lui porte d'attention.
- C'est quoi, le Toshoshikin? (Note de l'auteur : Oui, Oga se trompe, c'est voulu)
Encore une fois, tout le monde sauf Furuichi en fut surpris. Ce dernier prit son ami à l'écart et lui expliqua très brièvement la situation. Oga se contenta d'acquiescer avec un sourire. Cela s'annonçait intéressant. Il pointa du doigt Kanzaki, qui s'était finalement remis de sa surprise et qui essayait par conséquent du mieux qu'il le pouvait d'émettre son aura de puissance, et lui demanda :
- Donc, c'est toi, Kanzaki?
Le grand tacticien qu'était Furuichi empoigna son ami par le bras et lui dit à l'oreille :
- Il est très dangereux, Oga! Le provoque pas! Et vouvoie-le, c'est ton sempai!
- Bah justement, argüa son interlocuteur qui avait arrêté de l'écouter après « dangereux ». Il se retourna vers son adversaire et lui demanda : ça te dit qu'on se batte?
- J'allais te le demander, fis le chef avec une grimace signifiant qu'il était beaucoup plus que contrarié.
Tout le monde s'éloigna prestement des deux ennemis et se posta chacun derrière leur combattant. Plusieurs élèves avaient afflué suite au grabuge et se tenaient à une distance respectable pour observer ce combat qui s'annonçait intéressant. Les cours étaient commencés depuis un moment, mais depuis quand y portaient-ils la moindre attention?
Le combat fut d'une rapidité sidérante. Kanzaki prit l'offensive et tenta son fameux coup de pied, lequel fut évité par Oga. Ce dernier s'empressa donc de lui asséner son « Oga punch » qui s'avéra être le dernier coup du combat. En effet, celui qui le reçut fut tout à fait incapable de l'éviter et partit à voler au travers de la fenêtre. Ils étaient au deuxième étage, c'était donc à prévoir qu'il se retrouverait certainement à l'hôpital.
Tout le monde en fut bouche bée, sauf évidemment le principal actant qui secoua sa main d'un geste désinvolte et avoua :
- Finalement, il était pas si fort que ça!
Il se retourna ensuite vers son « petit ami » et le prit par le poignet tout en lui disant :
- Viens, Takayuki, on s'en va en cours.
Lequel se contenta de se laisser entrainer par son ami. Il était aussi choqué que les autres, mais pour une raison totalement différente : pendant une seconde, une infime seconde, il avait été ébloui par la force dont il faisait preuve, allant même jusqu'à le trouver infiniment séduisant.
