Je remercie toutes celles qui ont lu mon premier chapitre, fautes d'accords (verbe et sujet) comprises, petits messages d'encouragements qui viennent d'ici et du Maroc, merci, merci, merci à Galswinthe, SoSweetySoCrazy et Houda.

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La sonnerie de mon réveil me tire d'un sommeil agité. Encore une fois, je n'ai pu dormir normalement. J'entends par là, une nuit complète, dans les bras de Morphée, sans cauchemars. Depuis mon enfance, sans explications logiques, je me vois tomber dans le vide. Et quasiment chaque nuit, je me réveille, en sueur, sans comprendre ce que je vois dans ce rêve. Mais bon . . .

Je vis à Seattle, au dernier étage d'un immeuble privatif. Haut de seulement trois étages et d'un rez-de-chaussée, occupé par des magasins et des entreprises, en plein dans le quartier de Queen Anne.

Cette ville n'a rien à voir avec une mégapole comme New York, non, mais il existe des petits quartiers comme celui de Republican Street, mon quartier, à l'intersection de First Avenue. Tout près du Key Arena, à côté, serait plus juste, vu que l'établissement se trouve au bout de ma rue. Forcément, je vis à deux pas de la Space Needle, du Memorial Stadium, mais surtout de l'extravagant Experience Music Project.

Comme vous l'avez compris hier soir, je bosse à la morgue de Seattle, je suis médecin légiste, enfin je suis en passe de le devenir officiellement, à l'heure d'aujourd'hui, je suis l'assistante du docteur Cullen, encore élève et bientôt validée. Et si vous avez suivi, c'est le même Cullen que son cher fiston Emmett. Mais bon, j'étais en première année, Em' en cours simplement pour la place qu'il avait dans l'équipe de foot de l'université. Je crois qu'il est pro depuis deux ans et en couple avec une certaine Rosalie Hale. Mais bon, encore une fois, il fait partie de mon passé affectif, je n'ai des nouvelles de lui et du reste du groupe que je fréquentais, seulement parce que ma petite sœur Alice en a décidé utile. Elle a trouvé le boulot de ses rêves, dans un journal féminin local, le Girl Empire. Rien qu'avec le nom de ce magazine, j'étais certaine qu'elle y aurait sa place. Ma sœur m'a saoulé toute son adolescence et donc toute la mienne avec les Spice Girls et le Girl Power. . .

Moi j'ai fait mes études à la U-dub, ou plus communément appelé l'université de Washington. Elle est la plus grande du nord-ouest des Etats Unis, et accueille jusqu'à 40 000 étudiants, à 2 000 près. J'ai étudié la médecine, fais mon internat au Seattle Grace, mais me suis rabattue vers le médico-légal. C'est là que j'ai rencontré mon mentor, Carlisle Cullen. Un dieu vivant parmi les hommes. Le meilleur coroner que cette ville est connu, le meilleur du pays.

Je ne sais pas ce qui a pu me diriger vers cette branche de la médecine mais très tôt, j'ai eu envie de travailler pour mon prochain. Mon père Charlie m'a même proposé de rentré dans la police, avec lui. Mais il faut être honnête, je suis tellement maladroite que je pourrais me tirer une balle dans le pied simplement en voulant sortir mon arme de son holster.

J'avais donc choisi de devenir médecin légiste, un métier utile pour résoudre des affaires criminels, des morts accidentelles, ou pas. Pour infos, un coroner, c'est une formation de médecin, complétée par une formation juridique. Et puis je me suis toujours dit que dans le meilleur des cas, je pourrais toujours retourner à Forks. Il s'y trouve un petit hôpital et une morgue minuscule mais au moins je pourrais être utile.

Mais bon (vous remarquerez que je le répète souvent), je ne pense pas encore à ma retraite et c'est la seule chose qui me pousserait à vivre, ou revivre dans ce petit comté d'Olympia, se serait mes vieux jours ou ma famille.

Il faut que vous sachiez que la justice fait régulièrement appel à nous, pour des expertises et nous, nous les sollicitons quand on découvre que l'un des corps à notre charge à des marques suspectes. Donc, il faut savoir que nous travaillons pour la ville mais pas forcément sous les ordres des forces de l'ordre. Sans eux, nous pratiquons de simple constat, exemple, mort naturelle, chute mortelle . . . mais quand nous travaillons avec la police ou le bureau fédéral, c'est pour mettre au jour des traces de violences subies par la victime, parfois, des traces de sévices corporelles y compris sexuelles. On est amené à donner un avis d'expert et donc de faire une autopsie plus poussée, si je peux dire. Le but, à ce moment-là, c'est de trouver des preuves qui aideront les enquêteurs à appréhender un criminel, ou simplement le retrouver. Mais ce qu'oublient beaucoup de personnes, c'est que grâce à cet examen, on peut retrouver le nom et la famille de la victime. A ma plus grande peine, il arrive que le corps qui me fait face, posé sur ma table d'autopsie, ne me révèle rien de ses origines.

Ce matin, je dois autopsier une jeune femme, qui a été retrouvé dans le Puget Park, tout près de Harbor Island. C'est dans le cadre d'une enquête sur un violeur en série, que nous devons nous occuper d'elle. Le maire attend de nous que nous donnions des conclusions sur la cause probable de sa mort et évaluer si il y a bien eu viol.

La morgue de Seattle dans laquelle je travaille se trouve au 5901 Airport Way street, elle dépend du Virginia Mason Hospital Center, qui se trouve dans la First Hill. De chez moi, je m'y rends directement à vélo. Plus simple, plus rapide, mais pas toujours plus court. Il me faut 20 minutes à vélo, les bouchons et les transports en commun me font perdre 1 heure et plus, autant passé du temps en plein air.

Je m'étire, faisant craquer les jointures de mes doigts. Je pousse de petits cris de contentements. Je n'ai vraiment pas envie d'y aller. Ce n'est pas humain, il n'est que 5h du matin, mais je sais que Carlisle ne me pardonnerait pas d'arriver en retard.

Eh oui, mon patron ne supporte pas de perdre son temps sur une affaire d'homicide. Et aujourd'hui, le cadavre qui hante notre morgue, était celui d'une toute jeune fille de 15 ans.

- bouh, je resterais bien au lit moi.

Mais malgré ma flemme évidente, je sors de mon petit Eden. Un tour sous la douche, une tasse de café froid, un beignet au pomme, une cuillère de baie de Goji et c'est parti pour une longue, longue journée.

Arrivée en bas de l'immeuble, tirant mon vélo derrière moi, je lève les yeux vers le ciel. Gris, bien sûr. J'enfile mes gants en cuir, des mitaines pour cycliste aguerri et cadeau de ma cher petite sœur.

- c'est un accessoire de mode ma chérie, m'avait-elle dit.

Alors que j'enfourche ma bécane, je vois ma propriétaire venir vers moi. Cheveux châtains, pas plus d'un mètre soixante, légèrement enrobée, mais rien de fatal, elle est proche des soixante printemps et ses traits reflètent le visage d'une belle femme.

Madame Franklin, ma propriétaire, m'a laissé un message hier soir me demandant de la rappeler. En la voyant devant moi, je sais que je n'y couperais pas. J'ai oublié et puis il était tard.

- bonjour madame Franklin.

- Bella, j'attendais votre appel.

- désolée mais je suis rentrée tard et il est que 6h, un peu tôt me semblait-t-il pour vous déranger.

- oui, tu as raison ma grande, il est très tôt, mais je devais absolument te voir.

- je suis pressée ce matin, il n'y a pas moyen de se voir un peu plus tard.

- oh Bella, il faut que tu saches.

Elle s'approche de moi, elle est un peu essoufflée et glisse son bras sous le mien. Je n'ai pas le choix.

- viens marchons, on avancera vers ta destination et tu n'auras pas complètement perdu ton temps précieux avec moi.

- madame Franklin, je n'ai pas voulu dire ça.

- je sais, je te taquine.

Elle me pousse légèrement, pour que j'avance. Alors sans plus attendre, me voilà en train de marcher dans la rue, en compagnie de ma propriétaire, une première en 3 ans.

- voilà Bella, je vais partir pour Dallas, j'ai envie de soleil et j'ai toujours aimé le Texas.

- C'est . . . euh, c'est bien.

- Oui ma grande, mais je me doute que tu ne t'y intéresse pas. Si je suis là, c'est pour te dire que j'ai vendu cet immeuble.

- ah.

- Bella, il faut que tu saches que le nouveau propriétaire compte réaménager l'immeuble et tu es ma dernière locataire.

- Oui, j'ai vu les Marquèz du premier, partir la semaine dernière, mais je croyais que les Sloan étaient en vacances ?

- non ma chérie, tu es seule depuis une semaine, en dehors de l'épicerie et du magasin de prêt à porter.

- je me disais aussi, pour une fois tout était calme.

- oui, je sais que le petit dernier de la famille Sloan, était un petit peu, dirons-nous, bruyant !

- oui, lui dis-je. Mais où voulez-vous en venir ?

- oui je m'égare, je voulais te prévenir que l'acheteur avait repris ton bail, donc si tu souhaites rester, tu peux.

- tant mieux, je ne me sentais pas de chercher un nouvel appartement.

- oui je sais comme c'est dur de se loger dans cette ville, tout y est cher.

- je ne vais pas me plaindre, j'ai une bonne paye.

- ne te moque pas d'une vieille femme.

- non, j'ai des revenus moyens il est vrai, mais je pense que tout s'améliorera dès que je serais titularisée.

- c'est pour bientôt.

- oui, aujourd'hui je suis attendu pour une . . . enfin pour mon travail et je dois être notée.

- alors je viens comme un cheveu sur la soupe.

- non, je partais plus tôt pour être sûr de tout préparer, mais dites-moi, quand est-ce que doivent débuter les travaux d'aménagements.

- oh, sa ma fille, tu devras lui demander. Tiens j'ai dans mon sac son numéro.

Elle fouille dans son sac à main, et en sors une carte en bristol. Elle me la tend. Elle est simple. Un nom : Edward C Masen, suivie de son numéro, un cellulaire et une adresse dans le centre, à deux pas d'ici.

- je pense lui rendre une visite.

- oh je pense que ce ne sera pas la peine, il m'a dit qu'il devait venir ce week-end.

- samedi, ou dimanche ?

- non, tout le week-end, lui et son ami vont aménager eux même, leur nouveau duplex.

- il va vivre ici ?

- oui, il compte jumeler le premier et le deuxième.

- il veut faire un duplex dans mon immeuble !

La moutarde venait de me monter au nez. Mais non de nom, il est incroyable que du jour au lendemain, mon petit paradis soit perturbé . . . comme ça.

- bien, alors si tu vas le voir, dis-lui que tout est bon pour moi.

Ma propriétaire fait demi-tour et s'éloigne, le sourire aux lèvres et le pas guilleret. Moi je suis énervée comme jamais. Je regarde ma montre, 6h20, merde, merde, merde et merde. Je vais finir par être en retard.

Contre toute attente, je ne le suis pas. Il est 7h moins 10. J'ai juste le temps de m'habiller. Je sors de la douche, attache mes cheveux, me glisse dans mon pyjama bleu et attrape ma blouse. 7h02, ça va.

Je sors des vestiaires, la tête basse, concentrée sur mon badge que je n'arrive pas à accrocher à l'élastique de mon pantalon. Je suis stoppée net, quand je rentre dans un corps musclé et immense.

- oh, pardon, euh, finis-je par dire ne sachant pas qui se tient devant moi.

- Pas de problème, c'était un plaisir.

Je regarde l'homme qui est face à moi. Il est blond, cheveux courts, la peau bronzée, un dieu vivant, d'après les critères de beauté de ma frangine.

- Bonjour, moi c'est James, et toi.

- James ?

- pas courant pour une belle brune.

- comment ça ? Euh, oh, non, non, moi c'est Isabella.

- Isabella, c'est tu que cela signifie amant de Baal en italien.

- Euh, non, mais merci. Désolée mais je n'ai pas le temps de refaire mon instruction, pas maintenant, tu m'excuses, le doc m'attend.

- pas de problème, on se voit plus tard.

- oui, c'est ça.

Je m'esquive, alors que je le vois se pencher vers mon visage et je m'éloigne. Non mais vraiment, il y a des types qui se croient tout permis. Je rentre dans la salle d'autopsie numéro 4, la mienne pour les heures à venir.

Je prépare mon matériel, produit désinfectant, lingettes, draps de protection, la scie, les marteaux, scalpel, ciseaux, pinces, bassine, poubelle . . . et je continuais à comptabiliser l'ensemble des instruments que je pourrais avoir besoin.

- je pense que tu as tout le matériel nécessaire, et même plus que nécessaire.

- oh, Carlisle, vous m'avez fait peur.

- ce n'était pas le but.

- je sais.

- tu as l'air stressée.

- au plus haut point.

Il me regarde un instant. Je profite de son silence pour vérifier mon matériel une fois de plus, les poches avec scellées, pour les prélèvements, cotons tiges pour le relevé ADN, du coton, des poches poubelles, et tout ce qu'il faut pour embaumer quelqu'un.

Je relève la tête vers mon mentor. Il a le sourire aux lèvres, les bras croisés sur sa poitrine. Ses yeux bruns, sont rieurs, il est tout en charme et j'avoue que s'il n'avait pas l'âge d'être mon père, soit 45 ans, j'en aurais bien fait mon quatre heure. Sous le coup je rougis de mon audace, mais si vous pouviez le voir. Il fait plus jeune que son âge, je lui donne à peine plus de 35 ans.

- merci Bella, mais je ne vois pas le rapport.

- hein ! Quoi ?

- oui, tu me disais que je faisais plus jeune que mon âge.

- oh, euh, pardon, je ne sais pas pourquoi je vous ai dit ça, désolée Carlisle.

- pas de problème, on s'y met quand tu veux.

Je me positionne près de la table d'autopsie où le corps de la victime nous attend. Je regarde mon patron. Il me sourit et me fait signe de commencer. Je prends la télécommande de la chaine et lance le cd qui s'y trouve. Je repose le boitier sur la paillasse. Je prends le dictaphone et lance l'enregistrement.

- Jeune fille de 15 ans, brune, cheveux court, pas de marque de maquillage, pas de vernis aux ongles des mains . . .

Je lève le drap au niveau de ses pieds, Carlisle me regarde en silence, alors je continue.

- . . . n'y aux pieds. Elle n'a aucune trace de tatouages, de piercings. Mais je vois qu'elle a une tache de naissance au-dessus de l'œil droit, en forme de cœur, taille 3 millimètres sur 2, couleur rose clair.

L'autopsie se déroule comme ça pendant 2 heures, je décris le physique de la victime, sa taille, son poids, tout ce que je peux voir à l'œil nu et plus. Quand vient le moment des prélèvements, Carlisle m'apporte son aide, car malgré le fait que je sois évaluée, tout ce que cet examen nous apprendra, nous permettra de connaitre les termes de sa mort, les circonstances. Je glisse le spéculum entre les jambes de ma cliente, respectant sa pudeur, même si je sais qu'elle ne s'en offusquera pas.

Une fois que l'on est sur ma table, c'est que tout est fini. Il ne reste plus qu'à nos équipes de découvrir la vérité.

- Carlisle, nous avons un problème.

- lequel Isabella ?

- il y a des traces de pénétration, mais pas de trace de violence.

- donc, rapport consentie.

- les résultats toxicos nous le diront.

- quoi d'autre.

- attendez.

Je glisse le test ADN dans les plis de chair, il ne révèle rien. Je prélève plusieurs échantillons. Alors que je pense avoir fait le tour de la situation, mon regard est attiré par un morceau de matière non identifié.

- Doc, il me faudrait une boite, vous savez les petites.

- tu as trouvé quelques choses ma grande.

Il me tend la boite, il a pensé à mettre des gants à usage unique. Il tient la boite stérile, ouverte devant moi. Je laisse le morceau tomber dedans. Il ferme la boite, appose un scellé, et l'étiquette.

- bon nous avons fait le tour.

- Je ne sais pas, c'est un test ?

- non, Bella, rit-il, allé coupes les micros, et envoie les échantillons au labo, je les veux pour hier.

- Ok patron.

- ah oui Bella, j'oubliais.

- Oui, Carlisle, je peux faire quelques choses pour vous ?

- Oui, demain tu n'oublieras pas de passer par l'accueil pour récupérer ton badge.

- mais je l'ai là.

- Bella, tu ne vas pas rester avec ton badge d'étudiante jusqu'à la fin de ta carrière.

Sur ce, il sort en riant de la pièce. Il me faut un instant pour réagir, je range le corps de la jeune fille dans son tiroir. Tous les instruments, envoyant un laveur. Quand je sors enfin mes gants, que je me lave les mains, je lève la tête vers le miroir qui me fait face.

- ça y est Swan, tu es légiste.

Je souris à mon reflet, j'ai franchi une nouvelle étape. Je suis médecin légiste. Enfin. Je pousse un cri et me mets à sauter partout, tout à ma joie, je ne vois pas que quelqu'un entre dans la salle, je ne vois pas qu'il approche en silence, ni ce qu'il tient dans les mains, mais aurais-je pu le prévoir ? Ouiiiiii ! Un sot glacé m'atterrit sur la tête

- Ahhhhhhh !

- alors Swan, enfin apte ma grande.

- mémémémé-merermerde-dededede, Quil, elle est glacée, t'es fou.

Il me prend dans ses bras, me collant contre lui, il est vraiment comptant pour moi, mais je préfèrerai me changer avant de prendre froid.

- bienvenue dans la cour des grands, ma belle.

- merci, Quil, mais là il faut que je me change.

- moi aussi poupée, tu veux qu'on le fasse ensemble.

- ca y est, tu gâche un bon moment-là, tu te transforme en connard.

- mais Bella.

Je m'écarte de lui, le sourire aux lèvres, dégoulinant de partout et me dirige vers les vestiaires. Au fur et à mesure que j'avance dans le couloir, mes collègues sifflent et applaudissent sur mon passage. Je tourne la tête vers l'arrière et je vois mon agresseur se pavanait, fière de lui, au point de faire la révérence.