3
Et voilà, le week-end. Le meilleur moment de la semaine en dehors des vacances. J'aurais dû partir pour Forks, dès ce matin, mais je voulais rencontrer mon nouveau propriétaire. Je ne comptais pas faire un effort vestimentaire pour lui, alors aujourd'hui, c'est jean et t-shirt. Je compte même faire ma lessive avant de partir.
Je descends d'un étage et me dirige vers l'ancien logement des Sloan, je frappe à la porte, attends un instant puis je tourne la poignée, la porte n'est pas fermée, je rentre.
- bonjour, il y a quelqu'un ?
Je pénètre dans le salon, puis me tourne vers l'entrée de la cuisine. Personne.
- et haut du bateau, il y a quelqu'un ?
- oui mon capitaine.
Je sursaute, je ne m'attendais pas à avoir une réponse, et surement pas venant du sol. Je ne vois qu'une bâche. Je la soulève, et j'ai une vue direct sur l'appartement du dessous, mais surtout, j'ai une vue imprenable sur le postérieur d'un homme. Bon, je reviens dans le monde réel et je me reprends, je disais donc, je vois un homme de dos.
- vous êtes mademoiselle Swan ?
- exact, vous êtes monsieur Masen ?
- oui, descendez voulez-vous, la porte est ouverte.
- euh, oui, bredouillai-je. Ok, j'arrive.
Je prends le chemin en sens inverse et sors dans le couloir. Je prends mon linge sale au passage. Je l'avais laissé au bas de l'escalier. Arrivé un étage plus bas, je repose celui-ci. Je regarde dans le couloir. Il est envahi de bâches, de plaques de plâtres, d'outils en tout genre. J'avance lentement, évitant les cartons, les boîtes, et tout ce qui est répandu au sol.
- Monsieur Masen, appelai-je.
- Oui je suis là, dans le salon.
Je marche lentement vers la destination annoncée. Nos appartements ont tous la même disposition, ça aide.
- Bonjour, m'annonce-t-il.
- bonjour.
Un homme me tourne le dos, toujours le même bien-sûr, il est accroupi, les mains recouvertes de gants en cuir. Il porte un masque anti-poussière, et une combinaison jetable. Je le regarde arraché les plaques de lino du sol. Il continus un instant, puis semble avoir fini. Il se relève et se tourne vers moi. Il porte des lunettes intégrales.
- eh bien ça, c'est de l'équipement.
Il rit, en tout cas le bruit qui sort du masque semble être un rire. Il retire celui-ci, et de délicieuses démarcations apparaissent, faisant apparaitre sa peau claire. Il enlève ensuite ses lunettes de protections. Je vois apparaitre alors de merveilleux yeux verts. Il est magnifique.
- Bonjour mademoiselle Swan.
- Bella !
- Bella ? D'accord, appelez-moi Edward dans ce cas-là.
- bien. Je suis désolée de vous déranger mais . . .
- ce n'est pas le cas, j'avais besoin d'une pause.
Il passe devant moi, et se dirige vers la cuisine. Il ouvre une glacière qui est posée au sol. Il l'ouvre, attrape une des bouteilles de bières qu'elle contient.
- vous en voulez une mad . . . Bella ?
- non merci, c'est un peu tôt pour ça.
- oui, sans doute, mais mon associé n'a rien prévu d'autre, et puis, elle est sans alcool.
- j'ai des jus de fruits à la maison si vous voulez.
- non, merci, je ferais avec ça. Au moins jusqu'à ce que ce lâcheur se ramène avec le déjeuner.
- comme vous voulez. Si vous changer d'avis vous savez où me trouver.
- vous êtes descendu simplement pour me dire ça.
- euh, non, je vais laver mon linge et je trouvais normal de venir me présenter à vous.
- excusez-moi si je suis un peu brusque, je pensais que vous vouliez parler de votre location.
- eh bien, il est vrai que je n'ai appris que vous veniez ici . . . il y a peu de temps, pour être franche, je l'ai su avant hier.
- oui, il est difficile de trouver un bien de cette qualité au prix auquel je l'ai eu.
- oui, Seattle est une ville qui coûte cher, tant mieux pour vous. Je voulais savoir si vous continuerez à me louer l'appartement du 3ème ou s'il faut que je me trouve un autre logement.
- pour le moment rien ne change.
- ok, bien, merci pour votre temps.
- merci d'être venue.
- je vous le répète, si vous avez besoin de quelques choses, n'hésitez pas.
- bien, c'est noté.
Je le salue bêtement de la main, comme le ferait un enfant. Il est étonnant de voir comme certaine personne, manque de confiance en elle. Moi c'est le cas. Au moins j'aurais quelques choses à raconter à Angela et à ma famille.
J'attrape ma panière et descends au sous-sol, où se trouve la buanderie. Etant la seule à l'utiliser, je sépare mon linge dans les trois machines qui me font face. En 1, le blanc. En 2, la couleur. Et en 3, le linge fragile. Je me pose face aux machines, ayant vérifié que j'y ai bien glissé la lessive et l'adoucissant. Je sais que j'en ai pour 1h30 pour que la dernière machine se termine et 2h de plus pour le linge que je mettrais au sèche-linge. Donc je remonte à mon appartement, bien décidé à y faire le ménage, que j'avais sérieusement délaissé ces derniers temps.
Au bout d'une heure, j'en avais fini avec ma salle de bain, ma chambre, le salon et les toilettes. Je regardais ma cuisine. Plus-qu'-elle. En jetant un œil à ma montre, je me rends compte qu'il faudrait que je me bouge, si je ne veux pas rester coincer ici, pour le week-end.
Dévalant les escaliers, je dérape sur la dernière marche et évite de peu de m'affaler, mais deux bras puissant me réceptionnent. Mais la vitesse aidant, on se retrouve au sol, dans un grand bruit de chute, de cris de douleurs et de bâches éventrées.
- merde, putain.
- désolée, mon pied . . . ça va ?
- oui, oui, oui. J'aurais quelques bleus demain.
- James ?
Je regarde mon sauveur et j'éclate de rire.
- eh bien, il était dit que tu me rentrerais dedans ma belle.
- oui, deux fois la même semaine.
- tu commences déjà à compter nos rencontres, j'étais sûr de te plaire. Bella, c'est ça.
- oui, mais ne prends pas tes rêves pour des réalités, mon beau, je suis simplement très maladroite.
- si tu le dis. Tu me trouves beau, une preuve de plus de mon sexe-à-pile. Tu fais quoi ici, tu me cherchais.
- tu deviens lourd mon gars.
C'est Edward qui vient de nous rejoindre. Il s'est changé. Jean et polo griffé. Il m'aide à me relever, et ensuite son compagnon. Je me passe la main dans les cheveux, je ne suis pas à mon aise, coincée entre deux mecs beaux comme des dieux, surtout avec la tenue que je porte, et mes cheveux en bataille.
- non, Ed, t'inquiète, c'est une collègue.
- Vous vous connaissez ?
- je ne dirais pas ça, dis-je, je l'ai simplement vu une fois au boulot, mais je suis d'accord pour le côté lourdaud.
- hey poupée, un peu de respect, me lançe James.
- hey coco, je te demande la même chose, déclarai-je, sensiblement énervée.
- on se calme, nous-coupe-Edward. James Nomads, un ami, pour l'instant en tout cas, dit-il en me regardant, Isabella Marie Swan, ajoute-t-il en regardant son pote, ma locataire.
- enchantée, dis-je, comme une enfant qui vient de se faire rabrouer.
- idem, lança mon nouveau collègue.
- bon ben, je crois que tout le monde est présenté. Il ne manquerait plus que l'on ne s'entende pas entre voisins.
- oh, c'est votre ami, je n'avais pas compris, et sa façon de m'accoster, je ne l'avais pas compris. Vous êtes colocataires en somme.
- oui, James et moi on se connait depuis longtemps, plus de 10 ans maintenant.
- vous êtes de Seattle ? Demandai-je.
- oui et non, moi j'ai vécu en Europe avec ma mère et son mari, avant de revenir vivre dans l'Etat de Washington, mais James lui est un pur produit de la Californie.
- d'où le côté drague.
- il y a de ça, rit-il.
- hey, je suis là, je vous rappelle.
- oui, dis-je, je vous remercie de m'avoir évité une chute. Je vais vous laisser, mon linge m'attend.
- à plus tard Bella.
- Oui, à plus tard les garçons.
Je me dépêche de rejoindre ma lessive, cherchant à m'éloigner le plus de ces deux mecs. Ce n'est pas possible de voir le nombre de mecs homos, beaux comme des statues grecs et qui ne satisferont jamais une femme.
J'étais en pleine réflexion, je transférais le linge dans le sèche-linge. Quand je fis partir l'appareil, un doux ronronnement se fit entendre. Je pris le reste de mon linge et le triais. Je le mis sur l'étendoir.
Je lançais un dernier coup d'œil à la minuterie de la machine, 1h37.
- eh bien, au moins j'ai le temps de finir mon ménage et même de prendre une douche, avant d'aller chez Charlie.
- tu te parles toujours toute seule, ou seulement quand tu fais ta lessive.
- hum, et toi, tu prévois toujours la bière mais pas une autre boisson.
- de quoi parles-tu ?
- Edward, ce matin, il n'avait que ça à boire.
- Hey, je ne pensais pas qu'il s'y mettrait si tôt.
- c'est ce qu'il a dit. Tu vas vivre ici.
- oui, c'est un truc qu'on voulait faire depuis longtemps avec Ed'.
- ah . . . c'est bien. C'est la première fois que vous vivez ensemble.
- non, on a eu une chambre . . . d'étudiant ensemble, dirons-nous, puis il a dû s'occuper d'affaires familiales.
- oui c'est gentil de me le dire, mais je ne crois pas que cela me regarde.
- oui, pardon, j'ai tendance à toujours parler de lui, c'est plus simple.
- non, tu peux me parler de toi si tu veux et d'ailleurs depuis quand on se tutoie.
- depuis qu'on a fait un vol plané dans les escaliers, ça rapproche.
Il me sourit, très sérieux et je ne pus m'empêcher de rire de son comportement. Il est sans gêne ce mec.
- ok, si tu le dis. Alors tu me racontes.
- il y a rien à dire, j'ai grandis en Californie, jusqu'à mes dix-huit ans, puis je suis venu ici, j'ai fait médecine, j'ai choisi la médecine légale, rencontrer mon premier ami ici en la personne d'Edward, et depuis 10 ans, je gravite dans son cercle intime.
- le soleil de la Californie ne te manque pas trop.
- atrocement, dit-il avec un air dramatique. Non, l'océan un peu.
- tu as le pacifique ici.
- oui, mais l'eau est à une température, beaucoup moins agréable.
- oui, je me doute qu'elle doit être froide.
- gelée, tu veux dire.
Je suis étonnée de la différence qu'il y a entre ces deux hommes. L'un me trouble au plus haut point, tandis que l'autre me met à l'aise, ou presque.
- je t'embête, c'est ça, me demande-t-il.
- non, pas du tout. Je pensais simplement que vous pourriez venir boire un verre un de ces soirs.
- quoi Ed et moi.
- oui gros béta, qui d'autre, quand je parle de vous deux ?
- je pensais que tu craquais pour moi.
- mais non, non, pourquoi tu dis ça. Je, je voulais juste être polie. Mais je vois qu'il n'y a pas de quoi avec toi.
Je prends ma panière pour sortir, puis je me rends compte que j'en aurais besoin pour plus tard, alors je fais demi-tour et la pose à même le sol, à côté du sèche-linge.
- je m'excuse, je suis un gros nul, mais je ne sais pas toujours comment faire avec les nanas.
- prends des cours auprès de ton copain, lui, il est correct.
- ouais je sais, Ed est toujours parfais.
Je le laisse dans sa complainte et prends la direction de l'escalier. Je gravis rapidement les marches jusqu'au rez-de-chaussée. Je détache rapidement mon vélo et part en balade, le temps de me calmer. Je ne supporte pas les crises, alors je m'en éloigne et ce mec me colle de trop près depuis que je l'ai rencontré. Ok, j'avoue, je suis un peu associable, mais il faut me comprendre, j'ai déjà eu une sœur qui m'a pris la tête gamine. Elle me collait, comme un chewing gum à une basket. Et ce mec me donnait l'impression d'être traquer.
Après 20 minutes à pédaler comme une dératée, dans les rues de ma ville, je me retrouve de nouveau devant la porte de mon immeuble. Je descends de mon deux roues, le glisse dans l'entrée. Je le pose contre le mur, à sa place habituelle. Je remonte les escaliers en faisant le moins de bruit. Je ne souhaite qu'une chose, c'est préparé mes affaires et partir pour Forks. J'ai 3 jours devant moi. Je ne bosse pas ni lundi, ni mardi.
Arrivé face à ma porte, je vois qu'un mot y est collé.
« Je ne voulais pas te faire peur. Désolé. James. »
Ouais ben c'est dommage. Je rentre dans mon appartement, vais directement dans la cuisine. Je prends une brique de jus de fruit et m'installe sur une chaise. Je retire négligemment mes tennis, glissant un pied sous ma cuisse. La tête appuyait contre le mur, je laisse mon regard se perdre dans la contemplation de la Spice Needle, enfin la partie que je vois de ma fenêtre.
Je prends le temps de finir ma boisson et je me mets au travail, presque rien à faire, je ne fais que déjeuner dans cette pièce. Quand je sais que mon but est atteint, je retourne dans la salle de bains. Je laisse l'eau remplir lentement la baignoire, y laissant tomber des sels de bains parfumés à la fraise.
Le temps que l'eau atteigne le niveau que je désire, je rentre dans ma chambre, ouvre mon armoire et sors un sac de voyage. J'y jette deux jeans, une robe, que je ne mettrais de toute manière pas, un pull, trois débardeurs, des sous vêtement et mon vieux t-shirt de la U-dub. Alors que je ferme mon sac, j'y glisse un blouson en supplément, il fait toujours frais là-bas.
Je me glisse enfin dans l'eau bouillante. C'est une fois mon corps recouvert par l'eau que je me rends compte que je suis épuisée. Doucement, sans que je ne puisse y résister, je sombre dans le sommeil.
J'entends des coups à la porte, mais je n'ai pas de porte autour de moi. J'entends le clapotis de l'eau toute proche, une cascade peut être. Je suis dans la clairière. Au milieu de la forêt de Forks. Je suis allongée dans l'herbe, des milliers de fleurs violettes m'entourent. Je sens une présence près de moi. Je tourne ma tête vers celui dont je tiens la main. Je ne le vois pas. Il brille de mille éclats, et je ne vois que lui, tout en ne pouvant pas distinguer les traits de son visage.
Toujours ces bruits contre une porte, j'entends comme une explosion. Une explosion de matière. Je me fais la réflexion qu'il faut que je change de porte d'entrée. Maintenant, j'entends mon nom, il est crié. Mais je suis bien, l'eau coule toute proche, et son écho me berce. Je n'ai pas envie de répondre. Je tourne mon visage vers la forêt. Le soleil est en train de se coucher. L'ombre des arbres court à une vitesse vertigineuse vers nous, vers moi.
La voix reprend. Elle crie mon nom. Je vois le soleil qui décline, et ma main sert celle de l'inconnu près de moi. L'eau ne coule plus, son chant ne m'atteint plus. Mes yeux se posent sur la main de l'inconnu proche de moi et remonte lentement vers son bras, puis son épaule. Le soleil a disparu à l'horizon, et je vois apparaitre lentement le visage de l'homme à mes côtés. Quand enfin la lumière se fait sur ses traits . . .
- Bella, ouvre les yeux, Bella, s'il te plait, réveille-toi, c'est Edward. James, coupe l'eau et enlève la bonde. Merde, merde.
Je sens sa main sur mon visage, elle est douce, mais je n'arrive pas à respirer. Je ne peux simplement pas réagir. Je sens que l'on me tire hors de l'eau. Je sens ma peau glissait le long de la paroi métallique de la baignoire. Chose étrange, deux mains soutiennent mes épaules et ma tête, mais d'autre retiennent mes jambes. J'ai tout d'un coup très froid, je grelotte, mon corps est parcourus de spasmes.
- oui Bella, c'est bien, tousse ma grande, tousse.
- elle respire ?
- elle essaye.
Je n'arrive pas à bouger. Je ne suis plus dans la prairie de Forks, mais dans ma salle de bains, dont je ne suis jamais partie, bien sûr. Deux paires d'yeux me dévisagent. Je tousse à m'en étouffer, je sens l'eau sortir de ma bouche par jets, mon corps est tordu par la douleur. Je regarde le visage d'Edward, il est soucieux, je regarde James, il est tout autant. Je pleure de douleur maintenant. Ma gorge me brûle, mes poumons sont en feux et une fois sur deux, quand je tente de respirer, je crache de l'eau et je m'étouffe.
Au bout de plusieurs minutes, j'arrive à avoir une respiration normale. Je n'ai plus froid. Je suis dans mon lit et deux mecs sont couchés de chaque côté de mon corps.
- tu te sens mieux ma belle, me demande James.
- oui, dis-je d'une voix éraillée.
- tu veux boire quelque chose, me demande Edward.
- j'ai . . . mal.
Il saute hors du lit et va vers la cuisine.
- je vais te faire une tisane, c'est la recette spéciale Masen, que je tiens de ma mère, qui la tient de sa mère, etc . . .
- merci, soufflai-je.
- ça va ma belle, me redemande James. Tu nous as fait une peur. Tu t'es pris pour une sirène.
- oui, j'avais sommeil, je ne pensais pas m'endormir.
- heureusement que l'eau a dégouliné du plafond.
- désolée.
- ce n'est pas à moi que tu dois des excuses, mais au proprio.
- je sais, soufflai-je.
- et voilà, ni trop chaud, ni tiède, la perfection.
- Merci Edward, je suis désolée. Vraiment.
- reprends des forces, on verra plus tard pour le reste. Ok ?
- ok !
- je n'ai pas eu besoin de te réanimer, mais il serait plus sérieux que tu ailles voir un docteur.
- oui patron.
Je sens mes yeux se fermer, je ne sais pas ce qu'il y avait dans ce breuvage, mais je me sens légère, le sommeil reprend ses droits sur moi et je sombre une nouvelle fois.
