Merci à vous pour les Reviews, merci Jackye, Annetoutsimplement, nina, Galswinthe et SoSweetySoCrazy.

Bon, si je résume vos commentaires, il faut que :

je m'améliore sur mes fautes d'accords, d'orthographe . . . je rassure certaine d'entre vous, je le fais même pas exprès. Lol.

Une amie m'a lancé un défi en intégrant à mes textes, des mots à double sens, et qui n'existent pas réellement. Donc dans le troisième chapitre, vous avez sexe-à-pile, au lieu de sex-appeal, définition de mon amie : vibro (un sexe avec des piles) ou homme désirable.

pour certaines d'entre vous, Bella couche trop vite, alors oui, mais elle est en manque (ça arrive et même au meilleure) et il est sacrément attirant. Comme certains mecs aiment à le dire, ils ne sont pas faits de bois, eh bien, elle non-plus.

Elle aurait dû réfléchir à 2 fois avant de coucher avec lui, mais elle est en confiance, car condom, pas de brusquerie et comme toutes les filles naïves, elle est touchée par sa fragilité (passagère ou non ?). et elle est grave en manque.

Où mène la colère de James ? est-elle liée à une relation James/Edward ou une rivalité James/ Bella/ Edward.

Sans répondre à vos questions, c'est une entrée en scène pour la suite (forcément, sinon ça sert à rien) et pour mettre en avant les personnalités des personnages principaux. Alors je vous propose de tenir bon, même si vous êtes perdus et d'attendre la suite. Vous aurez des réponses, pas toujours celles que vous auriez aimées mais des réponses.

Pour celles qui trouvent que le Lemon est arrivé trop tôt, je suis désolée mais la suite est dans les lignes qui suivent.

Bonne lecture.

5

Dès la première seconde où j'ouvre les yeux, je sais que je viens de faire le con, et je l'ai fait avec beaucoup d'applications. J'y ai mis les formes, la délicatesse et la douceur, et beaucoup, mais alors, beaucoup de plaisirs.

La réalité est la suivante : j'ai fait l'amour à une femme qui m'a séduite au premier coup d'œil, me donnant envie de la toucher, alors que je ne la connaissais que depuis 5 minutes. Comme à mon habitude, j'ai fait des recherches sur la personne avec qui je partagerais mon logement, ou presque. Rien à dire. Pas de casier, pas de ragot de voisinage. Le plus surprenant c'est de ne pas l'avoir rencontré plus tôt.

Une douleur vive dans mon biceps gauche me ramène dans le présent. Je ne sens plus le bras sur lequel repose la tête de Bella. Je tente de bouger les doigts pour que le sang recommence à circuler un tantinet soit peu. Mais je n'y gagne qu'un fourmillement dès plus désagréable.

Par dépit, je tourne la tête vers elle et je la regarde dormir. Elle est vraiment très jolie, belle et si simple. Pas de faux ongles, pas de maquillage en excès, pas de rajouts, tout ce que je vois est 100% d'origine, et je sais de quoi je parle, je suis chirurgien esthétique.

Loin du cliché à la Nip/Tuck, non, moi je fais dans la reconstruction. Grand brûler, malformation génétique, accident de la route ou de la vie quotidienne. J'ai 29 ans, et grâce à mon héritage maternel, j'ai pu ouvrir une clinique, à deux pas d'ici. Elle tient plus d'un dispensaire, mais je suis opérationnel, c'est le principal, ouverture officielle prévue la semaine prochaine.

Je repense à ce qu'ont été ces douze dernières années. L'accident de voiture de mon beau père et ma mère. La mort de celui-ci, quasi immédiate, et celle de ma mère, quelques semaines plus tard. J'avais 17 ans à ce moment-là.

Puis mon retour aux USA. Complètement paumé. Le premier contact avec mon paternel, douloureux. A cette époque, on ne l'aurait jamais pris pour mon père. Moi 17 ans, lui 33. Et oui, je suis né d'une première fois entre deux adolescents, lors du bal de promos.

Ma mère a été envoyé en suisse pour accoucher, sa famille étant connu, famille bourgeoise de Californie, de Bakerfields, on ne lui laissa pas le choix. Elle passa trois ans là-bas, mais contre toute attente ne m'abandonna pas.

A 20 ans, pas un sous en poches, elle est partie pour Paris, passé des dizaines de castings, tournant petits spots publicitaires et apprenant sur le tas la langue de Molière. Quand j'ai eu 5 ans, elle avait arrêté de rêver à une carrière dans le mannequinat. Elle défilait dans les maisons de Haute Couture, lors des salons privés. C'est là qu'elle rencontra Aaron Démétrios, un homme d'affaire britannique, d'origine grecque. A 23 ans, elle épousa un homme de 20 ans son ainé, d'effrayant la chronique dans les tabloïdes. Elle s'en moqua. Elle était amoureuse. Il fut un père pour moi, m'offrant mon premier piano. Il m'aimait, je l'ai toujours appelé papa, même si ma mère ne m'avait jamais caché qu'il ne l'était pas.

A 10 ans, je demandais à ma mère le nom de mon père. Elle refusa. A 12 ans, elle m'emmena rencontrer sa famille. Son départ pour la Suisse s'était conclu par une séparation qu'elle croyait définitive avec ses parents. Une amie à elle, de son ancienne vie, lui appris la mort de son père.

Je rencontrais ma grand-mère maternelle pour la première fois. Elle ne m'adressa jamais la parole. Pour elle, je n'étais rien, je n'existais pas. Profitant que nous nous trouvions en Californie, je lui demandais qu'elle me laisse un bon souvenir de son Pays.

« Lequel, me demanda-t-elle »

« Je veux voir mon père, je t'en prie, m'man »

Elle accepta. Je ne fus pas déçu. Elle se renseigna, appela Aaron pour le prévenir. Nous restâmes deux mois aux Etats Unis. Mon père, je ne le vis que quelques minutes, et je l'ai haï.

« Mon fils, mais Elisabeth, il y a 13 ans, tu as disparue, comment veux-tu que je te crois.

- il voulait connaitre son père.

- pourquoi ne pas me l'avoir présenté plus tôt.

- je ne voulais pas que tu te sentes dans l'obligation, de faire quoi que ce soit pour lui, pour nous. »

J'ai pleuré plusieurs heures, dans mon coin, ce père ne pouvait être le mien. Il était à l'opposé de ce que j'imaginais. Pourtant physiquement déjà, notre lien de sang était indéniable. Même carrure, même cheveux bruns roux, tyran sur le cuivre pour moi et le blond vénitien pour lui. En dehors de mes yeux verts, tout en moi était une réplique de mon père.

A partir de cet instant, de notre rencontre, il m'écrivit toutes les semaines. M'envoyant des photos de sa famille, de mon petit frère. Me racontant sa vie, ses études, son métier. Et pour mon anniversaire, noël et toutes les fêtes chrétiennes du calendrier, j'ai reçu un présent. La plus belle surprise fut le jour de mon premier concert. Il avait parcourus la moitié du globe pour venir me voir. J'avais 14 ans. Ce soir-là, je rencontrais mon demi-frère pour la première fois. Jamais on ne perdit le contact. Mes parents s'entendaient bien. Leurs compagnons respectifs s'appréciaient. Le paradis. Mais à 18h57, un vendredi où ils venaient me chercher au conservatoire, ma mère et Aaron eurent un accident. Vous connaissez la suite.

A 17 ans, j'étais à la tête des millions que mon beau père avait légués à ma mère, et dont j'avais hérité à mon tour. Drogue, alcool, prostitués. Je sombrais dans le vice, la dépression, je ne voulais plus vivre.

Mon père fit jouer son droit parental, passant des tests génétiques pour montrer notre filiation. J'ai dû faire une cure de désintox avant qu'il n'accepte que je vive avec eux, c'est là-bas, au centre, que j'ai rencontré James. Il avait eu une enfance difficile. Mère toxico, père alcoolo. Maintenant avec le recul, je me rends compte que mon père a bien fait, après tout, Em' n'avait que 14 ans.

Oui, si vous ne l'aviez pas compris, Carlisle Cullen est mon père et mon frère est le footballer Emmett Cullen. J'ai gagné une amie en la personne d'Esmé, une confidente. Elle m'a sauvé la vie, en acceptant un enfant qui n'était pas le sien à venir mettre le souk dans sa maison.

En quelques semaines, je lui mangeais dans la main. C'est une personne douce et aimante qui ne pose jamais de jugements sur personne, quelques soient les bêtises faites. Aujourd'hui je l'appelle maman, mais je n'oublie pas la mienne.

Il est étrange de voir que je n'ai jamais pu appeler Carlisle papa, ou en de si rares occasions, et pourtant Emmett est mon frère, et pas un demi-frère à mes yeux. Je me dis qu'inconsciemment, je n'ai jamais pardonné à mon père d'avoir douté de sa paternité. Je l'adore. Donc mon vrai nom, depuis mon adoption officielle, est Edward Cullen Masen.

Je suis sorti de mes pensées par une Bella qui s'étire, évitant de peu de m'éborgner.

- coucou, lui dis-je.

- salut.

- tu veux manger quelques choses ?

- non, il faut que je me lève, il est quelle heure ?

Je cherche mon mobile qui a glissé entre le matelas et le mur.

- 5h30.

- mmmh.

- mmmh ?

- je resterais bien profiter de ta chaleur, mais je dois me préparer pour le boulot.

- ah.

- oui, monsieur Masen, je suis de matin cette semaine, 7h30 à 16h30.

- bien.

- tu fais la tête ?

- non, je réfléchissais.

- bien.

Elle se redresse et lève le drap. Elle sourit devant sa nudité. Je lui tends mon t-shirt.

- merci monsieur. Je ne pouvais décemment pas me balader dans cette tenue, dans les couloirs, que diraient les voisins.

- je crois que tout compte fait, je vais garder ça, lui dis-je en tirant sur mon bien.

- nan, nan je le garde, dit-elle en l'enfilant. Déjà que j'ai honte de mon petit moment d'exhib' à la sortie de mon bain.

- c'est étrange, nous n'avons pas les même souvenirs là-dessus.

- idiot.

- non ! Fis-je faussement outré. Je suis bon dans mon domaine et je sais reconnaitre . . .

- prétentieux.

Elle se baisse vers mon visage et m'embrasse. Je l'attire contre moi, la faisant tomber sur moi.

- Merci pour cette nuit Edward.

- tu me flattes.

Elle me tire la langue et tente une nouvelle fois de se lever.

- tu ne voudrais pas que l'on se dise au revoir d'une façon plus sympathique.

- hum, je ne sais pas, tu me propose quoi ?

- hum, je ne sais pas, tu pourrais me faire une surprise.

Elle glisse sa main vers mon entre jambe et me demande.

- une surprise comme celle-ci ?

- mmmh, oui, c'est bien.

- et comme ça.

- mmmh, mmmh. Oui, Bel-la.

Elle avait commencé par des caresses, pratiquant des va-et-vient lents, puis de plus en plus rapide, appliquant ses lèvres sur ma verge. C'est le summum, le bonheur absolu de commencer la journée comme ça. Quand elle dépose ses lèvres sur mon gland, un frisson me parcourus.

- bordel.

Elle taquinait ma sensibilité, enfonçant jusqu'à la garde mon membre dans sa bouche, mordillant, léchant. Je lui passe une main dans les cheveux. Quand arrive le moment de l'orgasme, je la repousse.

- Je viens Bella.

- mmmh.

- arrêtes, s'il-te-plait, je vais . . . je vais . . .

Je ne peux retenir plus longtemps ma semence qui explose dans sa bouche. Elle avale la moindre goutte de mon nectar, léchant mon membre, jusqu'à ce qu'il soit net. Je soupire de plaisir, posant ma tête sur le lit, je reprends mon souffle.

- merci Bella, c'était, c'était . . . pfiou !

- mmmh, oui, oui, je sais. Sur le campus j'avais été élue Miss pipe.

- hein ?

- je rigole Masen, bon tu m'excuses, mais il faut vraiment que j'y aille.

- non, reste ?

- peux pas. Mais je te propose de venir diner chez moi, ce soir.

- tu veux remettre le couvert ?

- non, tenir simplement mon engagement. Un repas, et de l'aide pour repeindre ton plafond.

- ce n'était pas un coup d'un soir pour moi.

Elle se lève lentement, gardant le silence. Je me rends compte de la brusquerie de mes mots mais je ne sais pas faire simple, je n'aime pas me compliquer la vie. Je ne tourne jamais autour du pot.

- je ne joue pas Isabella.

- Edward, tu vas trop vite.

Une seule phrase, 4 mots, une gifle monumentale. Et merde pauvre mec, tu croyais quoi ? Le coup de foudre ? Mon cul, et merde, juste un plan baise. Elle sort de la chambre, s'arrête à la porte. Je suis en mode déprime assurer.

- à ce soir.

- oui.

- désolée de te décevoir.

- on en parle ce soir Bella.

- ok !

- ok !

Contre toute attente, la journée qui démarrait sous les meilleurs hospices, venait de prendre une direction bien sombre. Mais je sais au fond de moi que sa réaction est plus que logique. Je me tourne sur le ventre, le menton a en appui sur mes mains.

- je vais lui prouver qu'elle se trompe, et qu'on est fait l'un pour l'autre, on est fait pour être ensemble, c'est évident ! Foi de Cullen.

Après avoir pris une bonne douche, ranger un peu le souk dans la chambre et la cuisine, j'appelle ma mère.

- coucou mon chéri.

- Salut Esmé, je voudrais des conseils pour mon achat à Seattle.

- bien sûr mon grand, tu veux qu'on se voit aujourd'hui ?

- si tu peux, j'ai besoin d'une architecte de ta trempe, je ne sais pas dans quoi je me suis engagé, mais il y a du boulot.

- tu veux que j'emmène de quoi manger ensemble ce midi.

- non, j'ai ce qu'il faut. Prévois du vin pour une salade, si tu veux.

- non, mon grand, de l'eau suffira, je te remercie des efforts que tu fais.

- oui, cette année, cela va faire 12 ans que je n'ai pas bu une goutte d'alcool ou pris une bouffée de n'importe quelle drogue.

- oui mon fils, 144 mois.

- oui, près de 4580 jours.

- je suis fière de toi.

- a tout de suite maman.

- oui, je t'aime.

- moi aussi.

Je raccroche. Il y a douze ans, j'ai tout perdu, ma famille, ma santé mentale, et même l'usage de mon corps.

A 17 ans, orphelin, j'ai voulu mourir. Exta', acide, cocaïne, héroïne. Tout ce que je pouvais sniffer ou prendre, je l'essayais. J'étais devenu en quelques jours le roi de la picouse, une vraie loque, un cadavre ambulant. Additionné à ça, l'alcool, les filles faciles et les putes en tout genre. Tout était bon pour souffrir. Tous les moyens à ma disposition étaient acceptable du moment que je me punissais pour être en vie et pas eux. Jusqu'à mon overdose.

C'est dans cette période sombre de ma vie que Carlisle et sa famille m'ont sauvé, dans tous les sens du terme. Je leur dois la vie. Après de multiples comas éthyliques, et cette nuit où j'ai pris une dose de trop, j'ai fait mon programme aux alcooliques anonymes. Il existe douze étapes chez les AA, pour pouvoir sortir de notre addiction à la boisson. Etant drogué et alcoolique, j'ai dû soigner l'un de mes démons pour repousser le second.

En 1 : J'ai dû admettre mon impuissance face à l'alcool et la perte de la maitrise de ma vie.

Facile, je n'avais plus de vie, pas d'ami, que du mépris.

En 2 : j'ai dû admettre la présence d'une force supérieure.

J'ai compris qu'il fallait que j'accepte de m'en remettre aux autres pour me sortir de cet enfer

En 3 : j'ai confiais mon âme à Dieu.

Je ne suis pas croyant, mais j'ai confiais ma santé à des professionnels et à d'anciens AA. Ces trois étapes sont essentielles. Elles doivent leur réussite pour deux raisons, 1) abstinence alcoolique et 2) abstinence sexuelle, pour que notre addiction ne soit pas remplacée par une autre. Sans suis alors l'étape la plus dur pour moi.

En 4 : faire un inventaire moral de moi-même.

Mes parents étant morts, il m'a fallu des mois pour admettre que je n'étais pour rien dans leur accident.

En 5 : avoué mes pêchés, à Dieu et à un de mes paires.

Je ne remercierais jamais assez mon parrain Sam Uley, pour m'avoir tant de fois soutenu, écouté. Pour m'avoir mis son pied au cul quand c'était nécessaire.

En 6 : on accepte que seul Dieu puisse faire disparaitre nos défauts.

Et donc, en toute logique,

En 7 : je me suis repenti et j'ai prié pour que mon addiction disparaisse.

C'est l'acceptation de nos faiblesses, après, les étapes se suivent, mais pas sans difficultés.

En 8 : j'ai dû dresser la liste des personnes que je pensais avoir blessés.

En 9 : réparer mes torts, sans en créer d'autres.

Pour moi ces étapes furent toutes cruciales et douloureuses. J'avais apporté du malheur et beaucoup des personnes de mon entourage à cette époque, étaient mortes d'overdoses.

En 10 : faire notre inventaire personnel et reconnaitre nos torts.

En 11 : prier.

Sam me prenait dans ses bras dans ces moments-là. Me rassurant sur l'importance de me défaire de mes bêtes noires, des fantômes du passé, pour avancer.

En 12 : je suis devenu à mon tour un parrain, pour transmettre ce message à d'autres AA. Mais j'ai arrêté depuis.

Je ne sais pas vraiment pourquoi je pense à ça maintenant. Sans doute parce que j'ai peur de ce que j'éprouve pour ma locataire. J'ai peur ! Je ne pensais pas avoir à nouveau des émotions si intenses, je ne pensais pas revenir si proche de ce que je ressentais adolescent.

Il est bientôt midi, je dresse une table simple pour nous deux. Je remplie un saladier avec la salade Iceberg que j'avais réservé pour mon tête à tête avec Bella. Me souvenir de hier après-midi me fait sourire.

Quand elle m'a dit ce qu'elle pensait de la relation que nous avons, James et moi, j'ai d'abord été offusqué, mais elle était détendue, en confiance. Pour elle j'étais un homo, rien à craindre. Je n'avais pas pu résister au challenge qu'elle me lançait. Je l'avais vu se décomposer à vue d'œil, quand je m'approchais d'elle. Si elle n'avait pas réagis avec tant de . . . violence à mon approche, je l'aurais prise sur place, sans préliminaire.

- tu as l'air heureux.

- Esmé, je ne t'ai pas entendu arrivée.

- je vois ça.

Elle me prend dans ses bras. Puis me tiens à bout de bras. Elle scrute mon visage, détaillant les moindres mouvements de mes yeux, leurs pattes d'oies, mes lèvres et le pli amer qui apparait quand je suis soucieux ou mécontent.

- tu as fini ton enquête ?

- très drôle, je vérifiais que tu allais bien, dit-elle.

- hum.

- tu as encore perdu du poids toi, tu t'alimentes correctement au moins.

- oui, mais tu sais que j'avais beaucoup à faire, avec la clinique, puis les travaux ici.

- je sais que ça ne me regarde pas, mais tu as largement les moyens de faire faire ces travaux par des professionnels.

- oui, je sais, mais c'est important pour moi. Une manière de me reconstruire, d'avoir un chez moi.

- bien. Alors qu'avons-nous à manger ?

- salade Caesar, son pain à l'ail qui sort juste du four et j'ai un sorbet à la fraise si tu veux.

- parfait mon grand.

Nous nous installons sur la table de la cuisine, seul meuble que contient mon appartement. Parlant de tout et de rien, jusqu'à la fin du repas.

- alors montre-moi l'ampleur des dégâts.

- bon, je te fais un rapide topo. Dans un futur très proche, je souhaite fusionner le second et le premier étage, pour un duplex.

- ok, et le troisième.

- plus tard. Il y a une perte de surface à cause des couloirs qui desservent les appartements du premier.

- donc au second il n'y en a qu'un seul logement.

- oui mais le couloir est intact, la perte est moindre c'est pour ça que je ne t'en parlais pas.

- as-tu les plans.

- oui, je te les attrapes.

Je sors de la pièce où nous nous trouvons pour les attraper, dans mon sac de sport. A peine les ai-je glissé devant elle, qu'Esmé part dans des calculs, vérifiant où sont les murs porteurs, ceux qui sont renforcés et enfin les cloisons simples.

- tu vois là, il n'est pas possible de faire tomber le mur du couloir du second, je pense toutefois qu'on pourrait faire des ouvertures en arcade, cela apporterait de la lumière dans le salon et la salle à manger et en plus je pourrais voir pour aménager le coin où se trouver l'ancienne porte d'entrée. Je pensais à un coin détente, tu sais je vois bien un fauteuil et un coin bibliothèque, mais c'est juste un exemple.

- l'idée est très bonne, continus je t'en prie.

- regarde . . .

Elle prend une des serviettes en papier que j'avais mis sur la table pendant notre repas. Elle dessine une vue aérienne du niveau deux, puis une autre du même niveau en y incluant une perspective pour montrer la disposition des trois arches qu'elle souhaite créer.

- tu vois, l'immeuble à sa façade exposée plein ouest.

- oui, ce qui implique beaucoup de luminosité en journée et en soirée.

- exactement, donc tu vois qu'il y a le long du corridor 5 fenêtres, mais tu as pratiquement 3 mètres entre l'ancienne porte et la première ouverture, c'est là, après avoir condamné la porte, que je te propose d'installer ou soit ton bureau ou la bibliothèque, voir les deux.

- le couloir est large, facilement 2 mètres.

Elle sort une règle graduée de son sac.

- tu avais tout prévue, la taquinais-je.

- chérie, j'ai eu deux fils, il a bien fallu que je développe mon sens de l'organisation.

- pour moi ou pour Em'.

- vous deux.

Je ris, et la serre rapidement contre moi, lui déposant un baiser sur le sommet de son crâne.

- bon d'après le plan, 2.07m de large, oui, un couloir très large, typique de l'époque ? Je ne pense pas mais une demande du propriétaire d'origine.

- approximativement 6.2m². (Nb : 3 x 2.07)

- ta faculté à calculer aussi rapidement m'a toujours bluffé.

- je ne voulais pas être prétentieux en te disant 6.21m².

- menteur.

- maman !

- bon oui, un peu plus de 6m², et en plus tu as une hauteur sous plafond de près de 3.60m, tu fais un 1.86m, il y a largement de quoi faire, imagine une bibliothèque de cette hauteur avec une niche intégrée pour un PC, un fauteuil . . . style club, comme celui de Aaron, qui est à la maison.

- oui, peut-être, dis-je troublé.

- mais . . . bon, le second pas possible de toucher au mur du couloir.

Elle pose ses deux mains sur la table et réfléchie à voix haute : « donc si je fais le calcul, mmmh, 7.2m de haut, mmmh, en gardant le mur du couloir du second, ou, ou, mais oui, en le remplaçant par des poutres IPN, pour remplacer la cloison sans mettre en danger le 3ème, cloison en verre pour faire passer la lumière, on pourrait, mais oui, oui, mais les fenêtres seraient plus hautes, ouais, mais »

- Edward, on pourrait te faire un triplex, écoute la norme en hauteur de plafond est de 2.2m (inventé par moi), nous avec le premier et le second, on cumul une hauteur de 7.2m, sans compter l'épaisseur du plancher qui sépare les deux niveaux, il est possible de faire trois niveaux.

- tu crois ?

- oui, et je pense qu'on pourrait remplacer le mur du second, par des poutres en fer, et jouer avec le moderne et l'ancien, style entrepôt.

Elle attrape sa feuille, le plan, raccorde, trace, souligne et me dis.

- Regarde ce croquis, il faudrait certainement mettre des poutres pour assurer le plancher du 3ème, le renforcer au maximum, c'est ton plafond en somme.

- oui.

- mais il y a un gros problème à résoudre avant que je ne retourne à mes comptes d'apothicaire.

- lequel ?

- le budget ?

- je ne comprends pas.

- chéri, il y en a pour des centaines de milliers de dollar, entre l'aménagement, les transformations, et je ne te parle pas des peintures et tout le matériel.

Elle a l'air de réfléchir à un autre problème majeur, dont elle me fait part.

- Et puis de par mon métier, je ne te parle même pas du mobilier. Tu sais qu'il y a de bonnes affaires à faire dans les Yard sales (vide maison aux USA), dans la région il y en a pas mal.

- Esmé, on va commencer par faire venir un de tes collègues, pour qu'il chiffre les dépenses.

- tu as raison, et pour les travaux, Dexter Wells est un maitre dans sa catégorie.

- non, j'ai quelqu'un d'autre en vue.

- ah, ok, et bien si tu as besoin de quelques choses, tu sais que je me tiens à ta disposition.

- oui, justement !

- je t'écoute ?

- tu me fais mon devis rapidement, j'aimerais profiter de mon logement le plus rapidement possible.

Elle me regarde, confuse.

- mais, Edward, mon grand, il est mieux que ce soit quelqu'un d'objectif, un regard neuf.

- ce que tu as su me présenter en quelques minutes me plait, j'aime les idées que tu as avancées.

Elle est émue. Elle est partagée entre joie et retenu.

- mais je ne peux pas te demander de l'argent mon chéri.

- tout travail mérite salaire, je veux que tu me présente un dossier avec les mêmes fourchettes de prix qu'un de tes clients classiques et je te demande de trouver l'entreprise qui prendra en charge la mise en applications des plans que tu me proposeras et que je choisirais.

- mais . . .

- madame Cullen, il n'y a rien à dire, je vous laisse une semaine.

- mais . . .

- et les travaux devront commencer dès le lendemain de la signature du contrat.

- d'accord, patron.

Je lui souris, elle me prend par la taille, posant sa tête sur mon épaule. Nous passons le reste de la journée, à parler de tout et de rien, comme une mère et son fils. Quand enfin elle me quitte pour retourner chez elle, elle me fait promettre de venir manger à la villa.