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Quelle journée, mais quelle journée. J'étais sortie de son appartement avec des doutes et des milliers de questions. Comment réagir face aux déclarations qu'il m'a faites. Imaginez rencontrer quelqu'un et trois jours plus tard avoir partagé son intimité, de nos jours, je sais que c'est largement possible mais venant de moi, c'est aussi probable qu'une invasion de la Suisse sur la Belgique.

On m'a toujours gratifié de n'être qu'une frileuse en amour ou dans mes relations personnelles, qu'elles soient amicales ou plus. Mais quand même, avoir eu une nuit aussi merveilleuse, m'avait poussé à me montrer plus « démonstratrice », sur une fellation, pratique peut courante chez moi, pour preuve, je ne l'avais essayé qu'à la demande de mon premier petit copain. J'avais détesté. Et je l'avais quitté. Tout Emmett Cullen qu'il était. Cette rupture fut horrible car cet idiot, pour se venger de mon départ, passait son temps à me « taquiner » sur cet épisode de notre relation « sentimental » et en plus, jamais ouvertement, toujours par le biais d'une des pom-pom-girls.

J'avais mis du temps à m'en remettre, et j'avais cumulé les décisions idiotes. J'étais retournée chez mon père, mettant fin à mon semestre, et de 1. J'avais accepté de sortir au ciné avec Jake, et de 2. Moi, Bella, je m'étais laissé séduire par ses gestes tendres et son insistance, erreur numéro 3. La quatrième fut de croire que ça marchait vraiment entre nous. Il m'a quitté au bout de trois mois, il avait eu le coup de foudre pour une fille de la Push.

Je pense qu'il me trompait depuis longtemps quand il m'a annoncé qu'il voulait rompre. En y repensant aujourd'hui, je sais que je ne l'ai jamais aimé autrement que comme un ami, même si je jalouse sa relation avec la belle Leah. Ils sont fusionnels et j'ai toujours rêvé de pouvoir vivre une relation proche de la leur.

Et aujourd'hui, l'homme le plus beau qu'il soit me dit que pour lui, « ce n'est pas un coup d'un soir ». Quoi répondre. Et il ajoute « Je ne joue pas ». Là, il avait fini d'enfoncer le clou.

Ma journée était passée sans trouble évident, mais le comportement de James quand il prit ma relève ne me rassura pas du tout. Il était froid, me regarder sans parler, et avait un rictus limite flippant aux lèvres. Je ne sais pas vous, mais j'ai cru qu'il allait me mordre.

Puis l'heure est venue de rentrer. Je ne pris même pas le temps de saluer mon collègue, ni Carlisle du même coup et sortis pour faire quelques courses. Je ne savais pas quoi faire pour le diner. Plus tôt que de réfléchir trois plombes sur quoi faire, je décidais de décider de faire mon choix, direct sur les étals de mon épicier favoris.

A peine arrivée sur place, je suis déjà en panne d'inspiration. Je ne sais pas ce qu'il aime, ni s'il est allergique à un produit, ou à des herbes. Il avait prévu une salade Caesar, il y a quoi dans une salade de ce type. Bon évidemment, il y a la salade Iceberg ou de la romaine, mais quoi d'autre. J'ai tellement peu dormi cette nuit que je n'arrive pas à me concentrer.

Je me masse les tempes, « réfléchis Belli Bell », il y a quoi comme ingrédient. Oh et puis zut, des lasagnes, je vais faire des lasagnes, tomates pelées en boite, parmesan, gruyère râpés, viande de bœuf, de veau, et de porc.

Je commence à flâner dans les rayons, attrapant au passage ce dont j'ai besoin.

- ah du persil, de l'ail, un bouquet garni. Et oui, de quoi faire une béchamel, et des feuilles de lasagne.

Une bouteille de vin rouge, et hop, les courses sont faites. Je me félicite de toujours me balader avec un sac à dos car là, j'aurais eu du mal pour rentrer en vélo. Je regarde l'heure sur mon mobile. 17h45. Et merde, j'aurais juste le temps.

En quelques minutes, je suis en bas de mon immeuble. J'ouvre la porte, poussant mon vélo à l'intérieur, j'évite de peu de rentrer dans quelqu'un.

- oh, pardon, dis-je, ça va ?

- oui, ne vous inq . . . Bella Swan ? Que fais-tu ici ?

- je vis là ? Mais vous êtes qui ?

- tu ne me reconnais pas ? Esmé, Esmé Cullen, la femme de . . .

- oui, pardon, madame Cullen, la femme de Carlisle, désolée, je ne vous ai pas reconnu, vous avez fait quelque chose à vos cheveux, non ?

- mon époux n'a rien vu, ni mes fils. Oui, ma chérie, des rajouts, c'est Rosalie qui m'a décidé.

- cela vous va très bien.

- comment vas-tu ?

- bien, votre époux m'a fait passer mon dernier examen pratique, il me reste l'oral, et un écris, sans compter mon mémoire.

- Carlisle ne tarit pas d'éloge sur toi.

- merci.

Je rougis, les compliments et moi, n'ont jamais fait bon ménage. Je baisse la tête et la relève, pour me donner une contenance.

- j'ai été ravie de vous revoir Esmé. Mais dites-moi, vous allez vous occuper des travaux de monsieur Masen ?

- oui !

Je me tourne vers les escaliers. Edward se tient sur la dernière marche. C'est lui qui vient de nous interrompre. Il m'a surprise, je ne l'avais pas vu approché, et vu la réaction d'Esmé, elle non plus.

- oh, que tu m'as fait peur Edward !

- désolé Esmé, dit-il, bonsoir Bella.

- Bonsoir Edward.

Il me regarde avec intensité, je ne sais plus où me mettre. Il a un sourire aux lèvres et je fronce les sourcils, devant le plaisir qu'il prend à me voir rougir. Quant à la femme de mon patron, son regard passe de mon logeur à moi, et réciproquement. Elle a l'air surprise, mais son visage s'illumine. Elle s'approche de lui, l'embrasse sur la joue, en le serrant légèrement contre elle, puis elle se tourne vers moi, m'offre son plus beau sourire et au moment de nous croiser, me serre doucement l'avant-bras. Je me retourne pour la voir s'éloignée. Quand la porte se referme, je me retourne vers mon amant.

- tu peux m'expliquer ce qui vient de se passer.

- quoi ? dit-il faussement surpris.

- tu te moques de moi, ne me dis pas, que tu n'as pas vu le regard qu'elle nous a lancé ?

- non !

Sur ce, il s'avance vers moi, attrape mon vélo, et le suspend à sa place. Il revient à mes côtés et me prend par la taille. Il me regarde, puis passe sa main dans mes cheveux. Il embrasse le bout de mon nez.

- tu as passé une bonne journée ?

- oui, merci, dis-je, incapable de réagir. Et toi ?

- oui, j'ai trouvé un architecte, les travaux vont être plus importants que ce à quoi je m'attendais.

- ah, et que va dire ta voisine ?

- je ne sais pas du tout.

- je rigole monsieur Masen, quoique, si je ne peux plus atteindre mon logement, je risque d'être un peu embêter.

- ah, si ce n'est que ça, tu pourras toujours venir chez moi.

Je le regarde, sans lui donner de réponse. Il est sérieux, j'en jurerais. Et pourtant c'est tellement agréable, de pouvoir trouver quelqu'un en rentrant chez soi. Le plus étonnant, c'est que jusqu'à présent, je ne m'en étais jamais rendu compte. Je ne suis même pas surprise d'être si proche d'un homme que je ne connais que si peu, depuis quelques jours à peine.

- tu vas toujours aussi vite.

- non.

Il caresse mon dos, passant ses longues mains sous mon sac, alors que je commence à apprécier le massage, il l'interrompt et attrape mon fardeau.

- mais tu as quoi là-dedans, ça pèse une tonne.

- j'ai un repas à préparer, mon cher.

- ah oui, et tu ne préfèrerais pas passer directement au dessert, me demande-t-il, du tac au tac.

- non monsieur, j'ai trop faim pour ça.

- depuis quand n'as-tu pas manger ?

- hum, je dirais, faisant semblant de réfléchir, mon petit dèj' hier matin, et de rajouter en voyant son regard ahuri, à non ma pomme de ce matin . . .

- mais tu es inconsciente, et en plus tu rentres à vélo . . .

- . . . du calme, mon bel ami. Je monte, je cuisine, et nous mangerons ensemble, comme ça tu verras de tes yeux que je me nourris.

- non, il est hors de question que tu cuisine pour moi, alors que je ne t'ai rien donné.

- monsieur, lui dis-je charmeuse, je ne suis pas d'accord avec vous, vous m'avez donné beaucoup de votre personne. Et puis, je cuisine pour moi aussi !

- ne m'allume pas, ou je te . . .

- oui ?dis-je en prenant une mine ingénue.

Avant que je ne puisse réagir, il me plaque contre le mur, m'embrassant avec fougue. Ses lèvres sont dans mon cou, ses mains sous mon pull et je suis essoufflée par mon propre désir.

- arrêtes, s'il-te-plait.

- mmmh.

- Edward ! Edwaaaard.

Il me soulève une jambe, la plaquant à son flanc, me collant contre lui. Malgré nos vêtements, je sens son érection contre mon intimité, et mes sous-vêtements s'humidifier immédiatement à ce simple contact. Je lui retire sa chemise, il me retire mon pull et le débardeur qui se trouvait en dessous.

Et pendant que nous nous embrassons, je lui défais sa ceinture et lui descends le pantalon. Il se recule, il attrape quelque chose dans la poche arrière de son jean, puis, libérant ses jambes de son pantalon, je regarde son membre tendu sous le coton de son boxer, et je me lèche copieusement les lèvres. Il rit et me repousse contre le mur, embrassant ma poitrine, léchant et mordillant mes tétons, je suis au bord de l'implosion.

- prends-moi.

- mmmh.

- je t'en prie. Edward. Prends-moi.

Il me serre un instant contre son torse, me dévisageant. Puis il passe ses mains dans mon pantalon, après que j'eus défait mon bouton et baissé la fermeture. Il glisse ses doigts sous l'élastique de mon slip et caresse ma fleur.

Il joue avec mon clitoris, le pinçant doucement, effectuant des petits cercles pour le durcir. Je tremble de tant de bien-être.

- tu es toute humide.

- mmmh.

- j'adore ça.

- mmmh, Edward, continu, oui, oui, oui, hum, c'est-trop, oui, trop, bon.

- tu aimes ce que je te fais mon amour.

- oui, continu, oh oui, comme ça, c'est, c'est . . . merveilleux.

Il continus ses attouchements, se baissant au niveau de mon entre-jambe, il attrape mon jean et le descends jusqu'à mes chevilles. arrête de me toucher, le temps de passer l'un de mes pieds hors du vêtement.

Il me soulève du sol, me plaquant contre le mur, et frotte sa verge tendue contre mon pubis en feu. Je noue mes jambes autour de sa taille et l'embrasse. Il s'écarte de la paroi de pierre et marche doucement, avec précaution, vers l'escalier. Il se retourne et s'assoie, moi toujours dans ses bras. Il passe sa main sur ma nuque, et me regarde.

Puis il baisse l'élastique de son boxer, laissant son sexe sortir de sa cage. Je le regarde, je ne peux m'empêcher de rire quand je vois ce qu'il tient entre ses dents.

- tu as toujours une capote sur toi ? C'est pas bon signe.

- tu préfères attraper une cochonnerie.

- pourquoi, tu as . . . une IST.

- non ! S'écrie-t-il, je te parle d'un bébé.

- merci de t'en inquiéter.

- tu préfères parler ou . . .

Je me place au-dessus de lui, je lui prends le condom, et le place sur sa verge, puis, écartant l'élastique de mon shorty je m'empale sur sa queue. Comme à chaque fois, une légère douleur lors de la pénétration, puis une décharge électrique.

Je balance mon corps d'avant en arrière, effectuant des va et vient soutenus et rapides, mon désir est intense, mes besoins infinis et je sais que la durée de l'acte ne changera rien au plaisir commun que nous partageons.

J'accélère encore la cadence, balançant la tête en arrière. Je l'entends gémir. Il prononce mon prénom avec ardeur, empoignant mes seins, titillant mes tétons. Puis je l'entends rugir, au même instant, je laisse un cri de béatitude m'échapper. Lentement, je continus mes va et vient, puis me laisse tomber sur son torse.

- merci ma chérie, merci.

- hum.

- tu as été merveilleuse.

- oui, tu crois.

- oh oui, une merveille.

- alors tu ne m'en voudras pas si je te dis que je n'ai plus du tout envie de cuisiner.

Je pose mon menton sur son torse. Il me regarde, il sourit largement, découvrant ses dents blanches.

- non, pas du tout.

- tant mieux, car j'ai envie d'une pizza.

Il éclate de rire, je ferme les yeux de bonheur. Il pose ses bras dans mon dos, me réchauffant, alors que je sens la température de la pièce me ramener sur terre. Je me tortille contre lui, pour me réchauffer.

- je t'aime.

Je ne sais pas ce qui vient de se passer. Je rougis de ce que je viens de dire, de ce que je viens d'oser dire. Je n'ai rien calculé. Je n'ai rien vu venir. Je plonge mes yeux dans les siens. Attendant la claque que je m'apprête à prendre.

- je t'aime aussi, Isabella Swan.

Je ne sais pas quoi dire. Rien. Il me sert contre lui. Un geste simple et intime, mais qui me met la pression. La « Swan », je pense que tu as trouvé ton maitre, t'es dans la m . . . c'est officiel, c'est pas un coup d'un soir.