Merci encore pour votre soutien. Merci de vos encouragements. Je sais que pour certaines d'entre vous le revirement de situation dans ma story est trop important, j'espère toutefois que vous apprécierez la suite.

Je tenais à m'excuser car je n'ai pas pris le temps dans les derniers chapitres de remercier les lectrices assidues que vous êtes. Donc merci à Galswinthe+++, SoSweetySoCrazy, Annetoutsimplement, oliveronica Cullen Massen, joannie28.

Merci aussi à celles qui suivent l'histoire : , Angele130578, frimousse30, Delphine94, Mamanlily, miss-stella6, mafrip, blackmoon76, ktinou, Suunn shiinee, moinini, Celine11, crepuscule2512.

Bonne lecture.

8

Je ne lui avais rien dit. Je ne voulais pas qu'elle sache que j'allais régler mes comptes avec mon ami. Ancien ami. Je me dirigeais rapidement vers le logement de James. Marchant rapidement jusqu'à la clinique pour récupérer mon véhicule, garé dans le garage au sous-sol.

Je ne savais pas s'il serait chez lui, ce que j'avais retenu cette semaine, c'est qu'il avait des horaires, en suivant de ceux de Bella. Donc si elle est au travail maintenant, sachant qu'elle débauche dans deux heures, qu'il va au travail en moto, qu'il lui faut approximativement 10 minutes pour faire la route, avec tout ce que j'avais pris le temps de rassembler comme information sur les habitudes de vie de mon « pote », il devait se trouver chez lui.

Cela fait douze ans que je le connais, je sais que le vendredi, il ne prévoit rien dans sa journée, sauf urgence. J'espère qu'il n'en a pas eu dernièrement.

Je suis devant la porte de sa maison du quartier de Queen Anne. Elle est de plein pied et je sais que s'il est chez lui, il m'a vu arriver. J'ai tapé dans le mille, quand le panneau de bois s'ouvre devant moi. Je ne suis même pas surpris de le voir en caleçon, avec une clope au bec, je suis sûr qu'il a bu et j'en suis navré, car je sais ce que nous avons partagés.

Il a vécu la haine d'un père alcoolo et d'une mère qui se prostituait pour se payer un rail de coke. Il a connu les attouchements des hommes qui venaient se faire rembourser les dettes de ses parents qui le regardaient subir une sodomie alors qu'il n'avait que 8 ans. Il a eu une dent de casser par un type parce qu'il ne voulait pas lui faire une fellation.

La drogue et l'alcool ont été des substituts à l'enfer qu'il vivait au quotidien. Son histoire est terrible car il ne vient pas d'une famille défavorisée. Loin de là. Il doit sa survie et ses études à sa grand-mère, Rosa Lynn Nomads, propriétaire d'une ligne de restauration et de plusieurs centres commerciaux.

Elle ne se doutait pas du calvaire de son petit-fils. Elle a découvert tout ça, de la manière la plus simple, en rendant visite à son fils. James était assis dehors, le corps couvert de bleus et d'hématomes, les yeux hagards, à demi-inconscient. Ce qui à choquer la vieille dame, c'est la tenue de l'enfant. Et ce récit je le tiens de sa propre bouche. Elle ne lui a jamais dit, trop pudique et surtout honteuse de ne pas avoir été là pour lui.

Elle est morte l'année dernière. James a mal vécu cette perte, il lui a tout donné et tout accepter. Jamais il n'aurait fait médecine si elle ne le lui avait pas imposé.

Rosa, une femme forte, un caractère hors du commun. Elle a su faire interner son fils et sa belle-fille, pour qu'il se soigne. Elle a tout fait pour eux, mais dès leurs sorties, ils ont acheté leurs doses de trop.

Je regarde l'homme qui est devant moi, j'ai l'impression de replonger dans le passé. James a repris la drogue à la mort de ses parents. Comme toutes les victimes, il s'en voulait de ne pas avoir pu faire quelques choses pour eux. Mais je sais qu'il les hait. Rien de plus normal, ils étaient ses bourreaux. Le jour où il m'a annoncé leur mort, il avait le sourire d'un gosse à qui on a fait un beau cadeau.

- tu veux quoi ?

- Bella ? Que lui as-tu dis.

- la vérité.

- on va parler ici, ou tu me laisse entrer.

Il dégage l'accès de son entrée et je me glisse à l'intérieur. Tout y est nickel, et cela ne m'étonne pas. Il a un problème avec la saleté, cadeau hérité de sa grand-mère. Elle avait l'habitude de lui dire « ta maison reflète ton âme ».

Je le laisse passer devant moi, il se dirige vers la véranda à l'arrière de la maison. Elle donne sur la forêt. Il s'assoit sur l'une des chaises qui se trouvent autour de la table de jardin métallique. Il me propose silencieusement de faire de même. Je reste debout.

- c'est quoi pour toi la vérité, James.

- écoute, tu es mon ami, cette fille vivait là, ok, je suis sûr qu'elle ne l'a pas prémédité mais le coup de la noyade, puis son malaise quand tu es seul avec elle. Et puis elle était différente. Avec moi elle faisait la fille cool, puis quand tu étais à proximité elle était différente. Elle flirt avec moi, et je la vois dans ton lit.

- on ne faisait rien à cet instant James.

- arrêtes ton char, pourquoi tu vas toujours sur mes plates-bandes. Je te l'ai dit qu'elle me plaisait.

- mais, tu m'as dit « une fille au boulot», et puis Bella n'a jamais rien fait pour t'allumer, qu'elle est la véritable raison de ton comportement.

- Bella est l'une des seules femmes de mon boulot, tu le sais, c'est là où ton père boss tu le sais ? C'est l'unique raison.

- je ne savais pas que tu parlais d'elle, il y a Clara et Linda, à l'accueil, et je ne connais pas tous les employés de la morgue.

- Ed', tu m'as encore une fois piqué une gonzesse.

- je n'ai jamais forcé personne, et entre Bella et moi, c'est une évidence, il n'y a pas de calcul, de ma part ou de la sienne.

- tu ne peux pas t'empêcher de sauter sur tout ce qui a des miches.

- arrêtes, je ne te reconnais plus depuis quelques jours.

- mais putain, ouvres les yeux, le doc te l'a dit, tu ne dois pas te trouver une autre addiction pour en oublier une autre.

- n'inverse pas la tendance, tu t'es remis à fumer, merde !

- combien de temps as-tu mis pour coucher avec elle.

Je le regarde, il est convaincu par ce qu'il dit. Il n'écoute rien de ce que je lui dis et tourne toujours autour du même sujet. « Bella ». Il pense que je lui pourris la vie et encore une fois, je l'aurais trahi. Il aurait pu, des années plus tôt, mettre en doute les sentiments que j'ai pour Bella mais il est impossible de ne pas voir l'amour qui nous lie. Sauf pour quelqu'un qui n'a jamais reçu d'amour. Il est étrange comme on regarde différemment une personne, quand on s'aperçoit qu'elle tente de nous manipuler.

Il est face à moi et pour l'instant, il ne fait rien. Je sais pourtant qu'il ne laissera jamais Bella tranquille, il a décidé qu'elle était la bonne, celle qu'il attendait, son obsession. Il est un chasseur infaillible quand il veut quelque chose, rien arrive à l'en distraire. Je ne sais pas où cela va nous mener, mais il reste mon ami ou l'a été trop longtemps pour que je le laisse tomber.

- je l'aime.

- tu ne la connais pas.

- je l'aime.

- elle ne connait rien de ta vie.

- je lui ai tout dis ?

- quoi ? La drogue, le sexe, nous ?

- oui, tout.

- et tu lui as dit pour toi et moi.

- nous sommes amis, enfin je le croyais. Il n'y a jamais eu de nous, arrêtes avec tes ambiguïtés.

- non Eddie, tu lui as dit, tu sais de quoi je parle. Est-ce-que tu lui as dit.

Je sais très bien où il veut en venir. Une soirée. Pour moi une expérience de jeunes, mais le fait qu'il m'en parle, plus de 10 ans après, sans jamais l'avoir mentionné avant, me prouve qu'il est désorienté ou simplement psychotique, avec des troubles évidents de la personnalité.

- ce n'était qu'une expérience, je n'étais pas moi-même et toi aussi.

- j'ai aimé chaque minute dans tes bras et je recommencerais maintenant si tu me le demandais.

- on était des gamins, on se cherchait.

- je ne me cherchais pas. J'avais tout ce qui m'avait toujours fait défauts.

- je me souviens que vaguement de ce jour-là. Et je n'en éprouve aucun plaisir.

- tu as aimé, je t'ai fait hurler de plaisir.

- non, James ! Tu m'as pris en traitre, à un moment ou les anxiolytiques et les calmants me mettaient dans le coaltar. Avoir la tête dans le goudron. Tu sais ce que c'est ! Plus que quiconque.

- tu peux dire ce que tu voudras, cela ne changera rien au fait que j'ai eu ta queue dans ma bouche et que tu as adoré.

- pauvre type, ce que tu oublis de dire, ce que tu as l'air d'oublier, c'est que tu l'as fait pendant mon sommeil. Alors que j'étais abruti par les médicaments qu'ils nous donnaient pour lutter contre le manque.

- tu as jouie dans ma bouche.

- tu es barge, j'étais en plein délire, je croyais que j'étais avec une fille et dire que je t'avais pardonné.

- tu m'as pardonné. Mais je me fous de ton pardon. Tu es à moi.

Je souffle, des émotions et des sentiments que j'avais enterrés avec cette période sombre de ma vie refont surface. Et je mets du temps à intégrer les mots.

- non, connard, tu m'as violé cette nuit-là, tu m'as touché comme aucun homme ne m'a jamais touché. Pendant des années je n'ai pas pu être dans la même pièce qu'un autre homme sans crainte.

- et moi ? Tu m'as tourné le dos alors que je voulais juste baisé avec toi. Tu aurais pu faire un effort.

- j'ai cru que tu avais . . . je pensais que tu déconnais toutes ses fois ou tu faisais allusions à . . . mais t'es un grand malade, un psychopathe. Mais t'es vraiment un sale con. Vas te faire . . .

- enculé ? Mais avec plaisir ! Tu as aimé et tu ne veux pas l'admettre.

Je le regarde, encore, je ne le vois plus du tout comme l'ami d'avant. Il est vraiment étrange de s'apercevoir que l'on ne connait pas son propre frère. C'est ce qu'il était pour moi. Il ne montre aucune émotion, aucuns regrets. Il est calme. Je reprends le cours de notre conversation, un ton plus bas.

- James, j'ai cru que ton passé t'avait poussé à faire ça, cela n'est arrivé qu'une fois, je t'avais pardonné. On était en miettes à cette époque.

- je t'ai tout donné.

- mais merde, James, je venais de perdre mes parents, je n'étais pas conscient de ce que tu faisais. J'étais dans les vapes.

- tu ne m'en as jamais reparlé.

- forcement, j'ai cru que c'était un speed lié à mes crises de manque.

Je me passe les mains dans les cheveux. Je souffle et je m'assoie sur la chaise face à lui. Comment ai-je pu passer à côté de l'évidence. Il a besoin d'un suivi psy.

- je n'ai jamais rien fait avec toi. Je croyais que tu étais mon ami.

- mais je le suis Ed', c'est pour ça que j'ai dû éloigner toutes ses salopes qui te tournaient autour.

- de quoi tu parles ?

- Tanya a été la première, puis Maria, elle, il m'a fallu de la ressource pour m'en débarrasser.

- qu'est-ce-que tu dis.

- oh, pas de crainte mon frère, elles sont retournées chez elles.

- tu as fait quoi bordel, James.

- ce qu'il fallait.

Je renverse la table d'un coup de main, qui ne le fait même pas sursauter et me jette sur lui. Je lui lance mon poing dans la figure, pour le faire taire.

- mais de quoi tu parles, tu leur as fait quoi ?

- je les ai éloignées de nous.

Il me repousse, je tombe sur le dos. Il se jette sur moi et me rend la pareil, il vise ma mâchoire et ne me loupe pas. Je me mets à quatre pattes, essayant de me redresser mais un coup de pied dans les côtes me clous à terre. Un autre dans la tête me fait perdre connaissance. Je glisse au sol, la lèvre en sang, une côte cassée certainement. Je n'ai pas conscience de la pluie de coups que je reçois.

- j'ai fait ça pour toi, pour nous.

Je ne sais pas ce qui s'est passé après ça. Je me suis simplement réveillé la joue posé au sol, avec une douleur aux côtes et une à la mâchoire qui me laissent penser que je vais devoir faire un tour à l'hôpital. De l'humour, je dois vraiment être dans un mauvais état. Je prends uns bouffée d'air, mais une brûlure dans les poumons me coupe le souffle, réduisant ma tentative en une quinte de toux accompagnée de perte de sang. Je crache plusieurs fois de la substance rouge.

Je me tourne difficilement, me mettant en PLS, puis glisse ma main dans la poche de mon pantalon. Je trouve mon cellulaire. Je compose le plus rapidement le numéro de mon sauveur, enfin je l'espère.

Le bruit d'une tonalité me rassure, la ligne n'est pas occupée. Une première sonnerie, une seconde, une troisième. Je m'impatiente, mon souffle est court pour éviter que mes côtes ne se lèvent trop largement, la douleur est insupportable.

- allo !

- Em', soufflai-je, à bout de force.

- Eddie, comment vas-tu grand-frère.

- suis chez James, vite, s'te plait.

- hey, frérot t'a un problème.

- . . .

- EDWARD ?

- . . .

- merde, appelle les urgences Rose.

- . . . m'ci.

- Edward, ne raccroche pas, essaye de rester conscient, les secours arrive, j'arrive.

- . . .

- merde réponds, réponds moi.

- . . . cris pas, 'ai mal.

- Edward, tu as intérêt à rester conscient jusqu'à ce qu'on arrive avec Rosalie.

- mmmh.

J'entends des bruits dans le combiné, mais je n'ai plus la force de le tenir sur mon oreille. Je calle ma main sous ma tête, et j'y glisse mon portable. Je sais que je vais sombrer dans l'inconscience d'une minute à l'autre, et moins que ça.

Je ne sais pas le temps qui est passé. J'ouvre les yeux, je tente en tout cas. Je vois Rosalie entrer la première. Elle court vers moi, les yeux en larmes. Elle se jette à genoux près de moi, se laissant glisser sur le sol carrelé. Elle me caresse la tête. J'essaye de la rassurer en souriant, mais je ne peux pas. Emmett est debout derrière elle, il parle avec vigueur dans son portable, il me regarde et se détourne, passant sa main dans ses cheveux. Je crois savoir maintenant que je suis dans un sale état.

Peu de temps après leur arrivé, les secours entre à leur tour. Ils m'auscultent, faisant le tour de mes paramètres vitaux et de mes contusions, palpant mon flanc en m'arrachant des cris de douleurs.

- aaaahhhh, mal.

- monsieur, quel est votre nom ?

- Ed . . . C'len, dis-je.

- c'est mon frère, Edward Cullen, reprend Emmett.

- bien, Edward, nous allons vous installer sur le brancard, vous allez avoir mal. Mais il faut qu'on vous transporte à l'hôpital.

- ok.

- courage frérot.

- Edward, souffle Rose, en m'embrassant le dessus de la main.

- reculez, oui à la une, à la deux, à la trois.

- AHHHHHHHHHHHH.

- c'est bon monsieur Cullen, on vous amène aux urgences.

Mon calvaire continus jusqu'à ce qu'il glisse ma couche dans l'ambulance. Il m'installe un cathéter au bras gauche et une perf'. Je sens l'action du liquide, un calmant.

Je ne sais pas où je suis.

Je suis sortie du travail à l'heure, je suis rentrée directement à la maison. Je pensais qu'Edward serait là, mais non. Il devait encore être à la clinique. Je monte les marches jusqu'au dernier, réfléchissant à ce que j'allais emporter pour ce week-end. Si on va à Forks, en cette saison, on sait qu'il faut se couvrir et se prémunir contre l'humidité. Je mets en charge mon mobile.

Je suis las de mes réflexions quand j'entends la porte d'entrée s'ouvrir.

- salut mon chéri, je suis à l'heure tu vois, pas toi ?

- mmmh.

- Edward ?

- non ma grande.

Je sors de ma chambre, et je tombe nez à nez avec James. Mon sang ne fait qu'un tour et je pars en courant vers ma chambre. Je ne sais pas pourquoi j'ai cette réaction, mais je sens qu'il faut que je m'en aille. Il a le regard fou et un rictus mauvais aux lèvres.

J'ai juste le temps de claquer la porte et de la bloquer avec la chaise qui était à côté. Il tape comme un détraqué contre la paroi en bois. Je pousse mon armoire devant. Elle pèse son poids mais je ne veux pas que ce mec m'attrape.

- Bella, tu ne m'échapperas pas.

- qu'est-ce-que tu veux ?

- mais toi ma chère.

Je cris, les nerfs à vifs, mon monde vient de basculer dans l'horreur, mon seul espoir est qu'Edward arrive le plus vite possible.

- vas t'en, Edward va bientôt arriver.

- ça tu vois, ça m'étonnerais beaucoup.

Je recule contre mon lit, les coups s'intensifie contre ma porte, des larmes de peur ont emplies mes yeux.

- pourquoi tu dis ça ? Tu n'as pas fait de mal à Edward.

- oh, non, rien d'irréversible, enfin je crois.

Il éclate de rire. Les coups stoppent, mais je sais qu'il est là. Je reprends mes esprits et cherche mon sac à dos, celui du boulot, là où se trouve mon mobile. Je le trouve et fouille à l'intérieur. Merde, merde, merde et merde. Il n'y est pas. Et merde, je l'ai mis à charger dans le salon.

- Bella, tu sais qu'un jour où l'autre tu devras sortir de là.

- la ferme.

- Bella, sors. Tu ne crains rien.

- où est Edward ?

- chez moi, il dort.

Je pousse un cri. Mon dieu, qu'est-il arrivé à mon amant, je me laisse aller au sol, le dos contre le mur de la salle de bain où je me suis réfugiée. Je laisse mes larmes couler en silence.

- va-t'en, je ne dirais rien à personne, va-t'en.

- non Bella, tu as eu quelque chose d'Edward, et je ne suis pas préteur. Demande à ses ex.

Il éclate de rire, un rire de sadique.

- mais je suis bête, tu ne peux pas, elles sont plus en état de répondre à la moindre question.

- tu es malade James, il faut que tu demandes de l'aide à quelqu'un.

- je me sens très bien, si tu me laissais entrer, tu verrais comme je me sens bien. Et puis, tu es mal placée pour me donner des conseils.

- laisse-moi, je ne t'ai rien fait, dis-je sans conviction en levant les yeux vers le plafond

- SI, rugit-il, tu m'as pris la seule personne qui met toujours respecter. Il est à moi.

- mais Edward ne . . .

- ne prononce pas son nom salope, tu ne le mérite pas.

Je m'essuie les yeux avec ma serviette de bain. Je me relève, je viens de voir la trappe qui mène aux combles. Le plafond est trop haut, et je ne sais pas comment l'atteindre. En dessous, il y a la baignoire. Je monte dessus, tendant les bras vers l'ouverture, mais il y a plus d'1 mètre entre elle et moi. Je descends, et vais dans la chambre. J'ai un tabouret, et une petite coiffeuse en noyer. Je transporte le premier dans la salle de bains. Je retourne dans la chambre. Je sursaute, quand la voix de James reprend.

- tu fais quoi Bella, je t'entends marcher ? Bella, REPONDS salope.

Je l'ignore, il ne me reste que peu de temps, j'en suis sûre. J'ai les nerfs à vifs et quand il hurle de cette manière, je ne peux m'empêcher de sursauter. Maintenant qu'il sait que je trafique quelque chose, je ne fais plus attention aux bruits que je fais, et presser par mon envie de fuir, je tire le meuble jusqu'à la salle d'eau. Il pèse plus que ce à quoi je m'attendais. Si je me rachète des meubles un jour, je ne les prendrais plus en chêne, juré.

- tu fabriques quoi la dedans, Bella.

Il reprend ses coups contre la porte, avec une fureur telle que je sais qu'il va bientôt entrer. Un fracas me signale que son bras est passé au travers de la porte et du fond de mon armoire. En jetant un œil à l'intérieur, je vois qu'elle est toujours à la place où je l'ai mise. Il grogne de douleur et m'invective. Mais toute la haine et la peur qu'il fait naitre en moi me pousse à m'activer dans mes gestes, oubliant ma maladresse. Je ne sais pas comment, mais j'arrive à mettre le meuble en bois à cheval sur la baignoire. Je mets dessus le tabouret. Je suis à cours de temps, je ne peux pas me permettre de vérifier si la structure de la tour que je viens d'ériger est solide. Je claque la porte de la salle de bain et glisse le verrou. Un geste pour le ralentir car je sais que cela ne l'arrêtera pas. Je monte sur la baignoire, puis sur la coiffeuse. Le tout, tangue un peu, je me retiens au mur pour reprendre mon équilibre. Je monte enfin sur le tabouret, je me retiens juste à temps, de basculer en arrière. Je suis pliée en deux, ma tête contre le plafond, je pousse la trappe des mains. Elle résiste un instant, puis se lève, elle pèse lourd, et je n'arrive qu'à la soulever. Je me place lentement en dessous, pour avoir un meilleur appui. J'essaye de ne pas penser aux coups qui résonnent contre la porte de la salle de bain cette fois ci. Je pousse de toutes mes forces et contre toutes attentes, elle cède. Je suis prise d'un fou rire. Je décale la plaque sur le côté. Je me redresse à l'intérieur. Comme je m'en doutais, il y a poussière et autre habitant nuisible. Je ne réfléchis pas, et je monte à l'intérieur. Je me hisse, frappant l'air de mes jambes pour me donner de l'impulsion. Mon pied rentre en contact avec un objet, je tourne la tête et voit James derrière moi. Il tire sur ma jambe. Il est hors de question que je baisse les bras maintenant. Je me tourne sur le côté, faisant effectuer une torsion des plus douloureuses à mon genou, mais je l'ignore. Je lui envoie mon pied libre de toutes mes forces en plein visage. Il tombe en arrière, atterrissant dans la baignoire dans un grand bruit mat. Sa tête émet un bruit sourd peu rassurant. Je le regarde un instant. Je l'ai peut-être tué.

Je commence à vouloir descendre pour m'en assurer quand je vois une de ses mains bouger. Je me rejette en arrière, m'assaillant au bord de l'ouverture. Je me mets sur les genoux et entame mon périple dans les combles.

Il y fait froid, humide et une forte odeur de moisi me prend à la gorge. Mais j'avance. Du jour transperce par la trappe que je viens de quitter, tout, autour de moi n'est que nuit. Je ne vois pas où je vais.

Je m'arrête après quelques mètres. Il faut que je réfléchisse à la meilleure manière de me tirer de là. Je sais que la salle de bain est la pièce la plus éloignée du couloir qui mène aux escaliers. Il faut que je traverse toute la largeur. Je sais également qu'il y a l'ancien conduit pour le linge sale qui est là. Mais il faut que je trouve la trappe du couloir.

Je recommence à avancer, sursautant quand je rentre ne contact avec une matière étrangère. La voix de James recommence à me parvenir. Il a l'air furieux. Il cogne contre le plafond. Je ne sais pas de quoi il se serre pour accéder à cette hauteur, mais le sol sous mes jambes tremble dangereusement.

Je continus ma course, quand j'entends un bruit de chute. Comme si un pan de mur avait cédé. Je ne peux m'empêcher de tourner la tête. Tout une partie du plafond a été arraché et un immense trou se tient à la place. Je vois la tête de mon poursuivant y apparaitre.

- Bella, Bella, tu ne peux pas m'échapper.

- la ferme.

- on est seul ici. Personne ne sait que tu es ici. Et ton cher Edward n'est pas en état de te venir en aide.

- ta gueule.

- que tu es agressive, rit-il, je ne vais pas te faire de mal, non, je vais te faire la même chose que ton chéri. Tu verras, je suis expert. Je ne te ferais rien que l'on ne met déjà fait.

Il éclate d'un rire hystérique. Je tremble en imaginant de quoi il peut vouloir parler. Je continus mon avancé. Je suis à la limite du désespoir. Mais tout d'un coup, je rentre en contact avec le bois qui encadre la trappe du couloir. Je passe mes jambes de chaque côté de l'ouverture et tente du bout des doigts de la lever. Elle ne bouge pas. Elle est faite pour être ouverte dans bas et je n'ai rien avec moi.

Un autre fracas. Je tourne la tête, encore un pan du plafond, mais cette fois de la chambre. Je commence à paniquer, me sentant prise au piège. Je place mes deux pieds sur la trappe et tape un grand coup. Rien.

- Bella, que fais-tu mon ange ?

Je recommence, en y ajoutant le poids de mon corps. Mauvais choix. Je passe au travers, m'écrasant durement au sol. Une douleur m'élance du genou à la cheville et mon bras pend sur le côté.

- merde, putain de merde, mais tu fais quoi, salope.

Je ne pense plus, je ne souffre plus, j'ai bien trop peur pour ça. Je me redresse, la colonne pour le linge sale est à moins de 2 mètres. Je me déplace avec lenteur, mais la peur de mourir me porte vers ce que je pense être mon seul espoir. Je pousse la porte, une trappe qui bascule d'avant en arrière. Je tente de glisser ma jambe malade, mais je ne peux pas.

- ah, te voilà.

Il est au bout du couloir, je ne pense plus à rien, et me laisse tomber la tête la première à l'intérieur. La chute est rapide et abrupte. Je tends mon bras valide en avant dans une dernière tentative de me protéger. Le choc est violent.

Il est plus que furieux. Je l'entends qui tape dans les murs au-dessus de moi. J'ai peur et je tremble, je suis parcourus de frissons. Les coups stoppent un instant et reprennent un peu plus proche. Il est descendu d'un étage. Je vois sa tête passer par l'ouverture qu'il a faite dans le mur.

- je ne te louperais pas ma grande, j'arrive.

Je suis coincée, je suis prise au piège. Je pleure, les larmes me font tressauter. Je glisse d'un mètre de plus. Je ne sais pas ce qui me retient de tomber plus bas, mais je prie pour que tout s'arrête, que tout ça prenne fin.

Je suis dans les vapes. Je vois des lumières défilées au-dessus de ma tête. Des visages apparaissent devant mes yeux. Rosalie et Emmett qui pleurent, tous les deux. Puis plus rien.

Dans ce qui me semble n'être qu'une seconde, je ré-ouvre les yeux. Une lampe de scialytique est devant moi. Je referme les yeux. Je suis en train de me faire opérer.

Je reprends lentement conscience de mon corps. La douleur est présente, mais les antalgiques font leur travail. Je cligne des yeux, la lumière du couloir est agressive. Je ferme à nouveau les mirettes. Je sens alors une main sur mon bras.

- Mon chéri, Edward, tu m'entends.

- maman ?

- oui mon ange.

- Edward ! Oh putain tu nous as fait peur frérot.

- Em', ton langage, le gronde Esmé.

- maman, je me fous de mon langage, j'ai cru perdre mon frère.

- suis là.

- oui frérot et tant mieux.

- merci Em'.

- tu rigoles.

Je lui souris, mais une douleur paralyse mon geste, le transformant en grimace.

- Bella !

- qui, demande-Rose qui entre dans la pièce.

- sa locataire, ajoute-Esmé.

- James, il est devenu fou.

- quel est le rapport mon chéri ?

- il va lui faire . . . du mal.

- elle est où, demande Emmett.

- à la maison.

Je pers connaissance. Sombrant dans un sommeil sans rêve.

Je ne suis que douleur. Mon parcours dans le conduit a été plus court que prévu. Mon bras gauche est cassé, il est coincé sous ma tête. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis là. J'ai mal et je pleure en silence. Je ne sens plus le sang circulait dans mes jambes dont les genoux sont collés à mon front.

Je suis entre le premier et le rez-de-chaussée. Je le sais car ma tête s'est cognée à deux reprises contre les trappes du second et du premier.

Je n'entends plus rien, que le bourdonnement du sang à mes oreilles. J'inspire difficilement car le poids de mes jambes comprime ma cage thoracique, m'empêchant de respirer à mon aise. La douleur, la peur, le froid.

Voilà les sentiments qui sont les miens quand j'entends la porte d'entrée de l'immeuble qui s'ouvre. Elle ne claque pas immédiatement, j'en déduis donc que plusieurs personnes pénètrent dans l'immeuble.

Je ne sais pas si James est toujours là, je jurerais avoir perdu connaissance à un moment de ma chute car je n'entends plus de coups contre les murs.

Les personnes qui sont rentrées, parlent, mais je ne comprends pas ce qu'elles disent. Je me concentre sur le son de leur voix, elles ne me sont pas inconnues. Je bouge légèrement, pour que mes jambes ne pèsent plus sur ma poitrine et je commence à crier.

- à l'aide.

Ce n'est qu'un souffle, j'ai du mal moi-même à entendre ma propre voix. Je renifle. La poussière que j'ai ingérée et les débris que j'ai reçus, ne facilitent en rien mes gestes. Mais c'est mon seul espoir de m'en sortir. Je respire doucement, je retente de pousser un cri, mais une voix m'arrête.

James est toujours là, je tremble de peur, et si les nouveaux venus sont des amis à lui, je ne donne pas cher de ma peau. Je recommence à pleurer, les tremblements sont de plus en plus violents, accentuant les douleurs dont mon corps est parcourus. Ce cauchemar ne prendra donc jamais fin. Je peste contre moi-même et l'idée stupide qui m'a pris de rentrer dans ce conduit.

Nous étions entrés dans l'immeuble, mon père et moi. Carlisle m'avait rejoint dès qu'il avait su que Bella pouvait être en danger. Je ne pensais pas rencontrer la copine de mon frère sous ce jour-là. Une fois dans l'entrée, une vision apocalyptique nous a tout de suite saisis. Les murs avaient été massacré et l'objet du délit été appuyé contre les marches de l'escalier. La masse avait le manche de casser.

- merde mais qu'est-ce qui s'est passé ici.

- je ne sais pas fiston, mais ça n'augure rien de bon pour Isabella.

- merde, si je tiens ce salaud.

- chut.

Mon père regarde de tout côté. Il a entendu quelques choses. Je regarde dans la même direction que lui, et vois en haut des marches une forme, un corps.

Je m'élance en avant, j'ai peur de découvrir . . . Quoi ? La masse est sombre. Mais la taille me permet déjà de savoir que ce ne peut pas être une femme, trop massive.

- James.

La forme bouge et se tourne vers moi. Il est méconnaissable. Sa tête est couverte de sang, au moins, cette Bella ne s'est pas laissé faire. Il se redresse, se mettant debout, découvrant sa stature impressionnante. Mais dans mon boulot, les gros bras je connais.

- Emmett Cullen et son papa.

- James que t'arrive-t-il, lui-demande mon père.

- Carlisle, vous savez, il arrive parfois que les démons du passé refassent surface.

- qu'as-tu fais de Bella ?

- Oh, rien, cette salope m'en a fait voir de toutes les couleurs.

- où est-elle, m'écriai-je.

- oh, oh, oh le footballer est sur les nerfs.

- James, où-est-Isabella ?

Je regarde autour de nous. Il y des trous dans le mur, assez grand pour laisser passer le haut du corps d'un adulte. Des morceaux de bois sont éparpillés au sol, sans doute les restes d'une trappe. Je sais que dans les anciennes pensions, il existait un conduit dans chaque couloir qui se terminait dans la buanderie.

- papa appelle la police.

- partez bande de cons.

- papa ! Les secours également.

Carlisle attrape son portable. Il s'éloigne pour que les cris de James n'empêchent pas son interlocuteur de comprendre son appel.

- James, assis toi et je ne te ferais pas de mal.

- tu crois m'impressionner ?

- non, je tente de sauver ta peau connard.

Il se jette sur moi. Mon père est en contrebas, je sais que si nous tombons, il risque de nous recevoir et de nous suivre dans une chute. Je sais qu'il sera blessé si je ne stoppe pas l'énergumène qui court vers moi.

Quand il arrive à ma hauteur, je le propulse d'un coup d'épaule contre le mur. Il s'affale dans l'ouverture qu'il a lui-même pratiqué dans le mur. J'entends des morceaux de plaquo tomber à l'intérieur du conduit. Puis des cris étouffés. James tombe lourdement au sol. Je le pousse s'en ménagement et passe la tête dans la brèche.

- Bella, tu es là ?

J'entends un bruit, pas réellement un cri, mais je suis certain qu'elle est là.

- p'pa, elle est là-dedans, j'en suis sûre.

- bien, je garde un œil sur lui, va au sous-sol. Trouve où le conduit s'arrête.

Je reçois des morceaux de plâtres sur les jambes et mon postérieur. Je tourne la tête vers le bas et je vois filtrer le jour. Je dois être arrivé au bout du conduit. Au bout du rouleau aussi. J'ai l'impression de rêver, j'ai cru entendre la voix de mon ex, à croire que je revis les heures les plus sombres de mon adolescence, version maso, parce que là, je morfle plus physiquement que jamais.

- Bella.

Cette fois, la voix vient d'en dessous. Je suis en train de fantasmer sur la dernière personne qui met sauvé alors que j'avais besoin d'aide. L'esprit est une machine étrange, qui ne cesse de me surprendre. Je dois être en bien mauvais état, si mon esprit se créait un héros de substitution.

- Bella, je suis le frère d'Edward, vous m'entendez ?

- ben je sais que tu es son frère.

- Bella, continuez à parler.

- tu te rends compte, je ne pensais pas te revoir.

Je ne parle pas assez fort pour qu'il m'entende mais je ne peux pas m'empêcher de commenter la moindre de ses phrases.

- Bella, je ne vous entends pas bien, mais voilà, je crois que vous êtes sur la plaque qui obstrue le conduit, je vais vous sortir de là.

- tu m'as fait souffrir Em'.

- je commence à retirer le premier écrou, il y en a une dizaine. Vous m'entendez Bella.

- arrêtes de me vouvoyer, on a failli coucher ensemble.

Je me demande vraiment si je fantasme sur un sauvetage par mon premier héros ou si je perds vraiment la boule et que je vais finir par me dessécher ici.

- j'ai soif.

- Bella parlez je vous prie, je ne vous entends plus.

- je suis en train de parler là, idiot. Si tu savais comme je te hais Emmett Cullen.

- je vous entends, je suis au troisième.

- tant mieux pour toi, plus que 7.

- Bella, essayez de vous retenir au maximum, je ne sais pas si je pourrais vous rattraper.

- on ne t'a jamais appris à respecter les lieux d'un crime. Tu n'es même pas docteur.

- Bella, j'ai oublié de me présenter, moi, c'est Emmett, Em' pour la famille, vous faites partis de la famille. Alors je te propose qu'on se tutoie.

Je ris doucement. Il veut qu'on se tutoie, il est drôle. Il m'a vu dans le plus simple appareil et il me demande l'autorisation de me tutoyer, il est drôle. Je me répète. Mon pouls est rapide, je délire, j'ai un gros problème là.

J'entends des voix, elles ne s'adressent pas à moi. Mais je sais qu'elles sont là pour moi. Il y a Carlisle maintenant, un rêve qui va finir bientôt si j'ai déjà le légiste avec moi. Je ris de ma blague.

- Bella, tu m'entends ma grande.

- oui patron, 5/5, dis-je encore dans mon délire.

- Bella, peux-tu parler plus fort ?

- doc, j'ai un truc à vous dire qui pourrait mettre un terme à nos bonnes relations de travail.

- Bella, on continus, tiens le coup.

- ouais, ouais, mais si je dois mourir, je dois vous dire, j'ai couché avec votre fils ainé et j'ai failli le faire avec votre cadet, mais je dois dire que le premier était le second . . . enfin le premier que j'ai rencontré c'était le second . . . une vrai charade.

- elle délire Emmett ce qui veut dire qu'elle a une commotion ou peut être une hémorragie.

- j'ai besoin de ton aide papa, j'ai peur qu'avec son poids, elle emporte la plaque de contre-plaqué et que je n'ai pas le temps de la rattraper.

- Je ne suis pas si grosse, bon ok, j'ai abusé des donuts hier mais quand même, et puis oui, il y a eu la pizza l'autre soir, mais je n'avais pas mangé depuis près de 24h, alors hein là, c'est facile.

- Bella, nous allons te sortir de là, cela risque d'être un peu brusque.

- même violant, ajoute mon ex.

Je n'eus pas le temps de polémiquer sur le fait que je souffrais déjà beaucoup, que je me retrouvais en travers de 2 paires de bras.

- aaaaaahhhhhhh.

- Bella !

- oui Em', Bella, dis-je, le monde est petit.

Je laisse ma tête pendre dans le vide, je suis épuisée, je veux dormir. Je sens que l'on me pose à terre. Je n'ai même plus la force de crier quand l'un d'eux manipule mon épaule démise. Je sens qu'on prend mon pouls, puis on manipule mes jambes. Le constat tombe.

Je regarde la fille qui est allongée devant moi. Je ne peux croire que c'est elle. Du jour au lendemain, elle a coupé les ponts. J'étais un con et je ne rêvais que d'une chose à cette époque.

- elle a de multiples fractures du bras gauche et son épaule est démise, une vilaine entorse du genou et de la cheville.

- eh ben.

Mon père ne se doute pas de mon trouble. Je la regarde, elle est salement amochée. Pourtant, elle est là même. Pas de fioriture, pas de chichis, une fille, non, une femme nature.

- elle a fait une mauvaise chute, et on ne voit que le sommet de l'iceberg.

- les secours ne devraient plus tardés. Et James, demandai-je, reprenant pied dans la réalité.

- il était inconscient et la police est en chemin.

- papa !

- oui, fiston.

- tu sais, quand j'étais à l'U-dub.

- oui ?

- la fille qui m'a rendu si mal.

- oui ?

- c'est elle.

Il me regarde. Il ne comprend pas tout de suite de quoi je lui parle, je sais qu'il est idiot de parler de ça maintenant mais je ne peux pas m'en empêcher. J'ai aimé cette fille comme un fou.

- mais, je croyais qu'elle s'appelait Isa.

- Bella, c'était pour les autres p'pa.

- on en parlera plus tard.

Je baisse de nouveau la tête vers mon amour de jeunesse. Je pensais que la douleur était loin, mais je la sens me retourner le cœur. Je réfléchis à la situation. Elle est avec mon frère. Le monde est petit. Minuscule.